Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 1 – Section 3 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Mon travail et l’imminence du Jour de la Corruption

« Je dois les surveiller autant que je le peux. »

Je n’avais plus autant de temps pour surveiller mes villageois étant donné que j’avais commencé mon travail, mais je travaillais pour leur bien. Ils travaillaient aussi très dur, surtout sur leurs défenses. La clôture en bois qui entourait l’entrée n’était plus un assemblage grossier de poteaux et de planches, elle avait été renforcée avec des rondins serrés et construite jusqu’à ce qu’elle soit aussi haute que Gams, puis renforcée avec de nouvelles planches. Mais comme elle n’avait jamais subi de véritable attaque, je me demandais quelle était sa résistance réelle.

J’avais décidé de faire un test : j’avais dressé l’un des rondins que les villageois m’avaient envoyés et j’avais essayé de le frapper avec une batte dans le coin du jardin. Je ne m’étais arrêté qu’au moment où j’avais senti des yeux me transpercer l’arrière de la tête. Je m’étais retourné pour voir maman qui me regardait fixement, le téléphone à la main, l’air préoccupé. J’avais vite fait de l’emballer après ça. Quoi qu’il en soit, j’avais quand même constaté qu’il faudrait beaucoup de force pour casser les rondins.

Heureusement, la clôture n’était pas la seule protection des villageois. Ils avaient construit une simple tour de guet en bois juste à l’entrée de la grotte. Cela leur permettait de voir par-dessus la clôture et de repérer les monstres de plus loin. Apparemment, cela donnerait également à Murus un endroit pour utiliser son arc, mais je ne pouvais pas être sûr qu’il se battrait lors du Jour de la Corruption. Je devais supposer qu’une des femmes finirait par faire office de vigie à la place. Murus traînait toujours dans la grotte. Je commençais vraiment à me demander s’il comptait vraiment partir. S’il n’allait pas aider à protéger les autres, il avait probablement prévu de disparaître dans le chaos de l’attaque.

Il ne restait que trois jours. Et comme c’était le premier Jour de Corruption auquel j’allais être confronté, je devais espérer que ce serait comme une étape de tutorat et que cela se passera en douceur. Mais je savais maintenant que le Village du Destin suivait ses propres règles. Je ne pouvais pas me permettre de baisser ma garde. Si mon village était anéanti, c’était fini. Chaque décision que je prenais devait être prudente.

J’avais 540 PdD. Je pouvais utiliser mon salaire pour acheter le reste des points dont j’avais besoin pour mon golem. Ce golem semblait être ma meilleure chance d’assurer la survie de mon village, avec ou sans Murus. J’avais passé une grande partie des dix dernières années à jouer à des jeux vidéo, des jeux de combat, des FPS, des jeux d’action, et je savais que je n’aurais aucun mal à contrôler le golem. Mais ce n’était pas seulement pour le Jour de la Corruption que je voulais le golem. Jusqu’à présent, la seule façon dont je pouvais « jouer » au jeu était d’écrire des messages. Je voulais faire plus que ça, et ce sentiment grandissait de jour en jour. Si j’avais un golem, je pourrais les aider directement, au lieu de me contenter d’observer.

« Ce soir, c’est ma dernière garde. Demain, je passerai la journée à me préparer pour le Jour de la Corruption. »

Mon patron avait aussi mentionné qu’ils manquaient de personnel le mois prochain, il m’avait donc demandé de travailler quelques jours. J’avais accepté avec joie. Après le travail de ce soir, je devrais enfin pouvoir m’offrir mon golem.

Lorsque mon taux de PdD avait augmenté suite aux offrandes des villageois, j’avais calculé que j’atteindrais facilement mon objectif, mais il semblerait que l’anxiété de ces derniers jours ait ralenti les choses. La gratitude était abondante lorsque leur Dieu les aidait activement, mais je n’avais pas fait de miracle ces derniers temps, et mes messages récents avaient tous été assez peu inspirés. Le fait qu’ils ne se sentent pas particulièrement reconnaissants n’était donc pas étonnant. J’avais pensé à faire un petit miracle dans l’espoir de regagner plus que ce que j’avais perdu, mais la seule chose que j’avais essayée, mettre du soleil quand Lyra se plaignait de son linge mouillé n’avait pas semblé affecter mes points.

« Je devrais travailler sur la façon dont le jeu calcule les PdD… mais plus tard. Pour l’instant, je dois me concentrer sur la sécurité de mes villageois. »

J’espérais juste que ce serait suffisant. Ils avaient la clôture et une issue de secours dans la partie la plus profonde de la grotte. Ils avaient aménagé la seule pièce qui n’était pas utilisée comme chambre, et un vieux débarras avec des murs en planches de bois et des outils éparpillés comme abri d’urgence. Mais le plus gros problème restait la puissance de combat. Gams et Murus étaient encore tout ce que j’avais. Rodice n’ayant aucune expérience du combat, il avait donc été affecté à la dernière ligne de défense à l’intérieur de la grotte, et bien que Chem ait chassé avec son frère et pouvait se battre un peu, sa magie de guérison la rendait bien trop précieuse pour la risquer en première ligne. J’avais étudié quelques stratégies tirées d’anciennes guerres civiles au Japon, mais je n’avais pas assez de personnes pour les utiliser. J’avais aussi pensé à utiliser des pièges, mais aucun de mes villageois n’avait l’expertise nécessaire pour les fabriquer. J’avais même lu les romans isekai que j’avais achetés afin de trouver des idées, mais là encore, les seules idées valables nécessitaient plus de main-d’œuvre que je n’en avais. De plus, tout cela n’était que de la fantasy, je ne savais donc pas à quoi m’attendre.

J’avais soupiré. Je savais à peine comment survivre moi-même, et j’avais appris plus d’informations utiles de Murus que de mes recherches. Mais je ne pouvais pas me permettre de me laisser abattre. J’avais décidé de consulter à nouveau les archives, au cas où je trouverais quelque chose qui pourrait m’aider.

*****

Après avoir déjeuné ensemble ce jour-là, mes villageois étaient restés dans la grotte, prenant le temps de se reposer. Gams polissait ses deux épées préférées en silence. Chem priait ma statue. Même si elle était très occupée, elle priait toujours trois fois par jour, au petit-déjeuner, au déjeuner et au dîner. Alors que mes autres villageois se contentaient de joindre les mains, elle se mettait toujours à genoux et priait à haute voix.

« S’il te plaît, veille sur nous encore aujourd’hui, Seigneur. »

Mes PdD augmentèrent un peu. Il semblerait qu’au moins la moitié des PdD que j’obtenais par la gratitude provenait de la seule Chem.

« Tu peux mettre ça sur l’étagère pour moi, chérie ? »

« Bien sûr, laisse-moi juste finir de laver ça. »

Rodice et Lyra nettoyèrent après le déjeuner et faisaient la vaisselle ensemble. Le fait que Rodice aide aux tâches ménagères quand il n’avait rien d’autre à faire n’était pas inhabituel. Les hommes étaient en fait considérés comme plus désirables lorsqu’ils faisaient leur part du travail ménager, mais connaissant Lyra, je me demandais si elle l’avait entraîné à le faire.

« Gams… Est-ce que le Jour de la Désolation va bien se passer ? » demanda Carol avec anxiété tout en tirant sur sa manche.

Je voulais croire que c’était une question innocente, et qu’elle n’essayait pas de faire en sorte que Gams la dorlote. Mais je savais que ce n’était pas le cas.

« Corruption, » corrigea Gams.

« Ne t’inquiète pas. Nous avons toutes sortes de choses pour nous protéger des monstres. »

« Et tu me protégeras si des monstres effrayants m’attaquent, hein ? Parce que tu es mon grand frère ! »

Carol lui sourit et passe ses bras autour de sa taille.

Chem les regarda tous les deux avec insistance.

« Je te l’ai dit mille fois, il n’est pas ton frère, Carol. C’est le mien », dit Chem.

« Gams, elle me fait peur ! », se lamenta Carol

Son air innocent était en fait très convaincant.

« D’accord, d’accord », soupira Chem tout en faisant un geste d’apaisement.

Elle regarda alors son frère : « Gams… selon toi, comment se passera la journée de demain… ? »

« Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour nous préparer au pire », dit Rodice, se joignant à la conversation.

Lyra lui prit le bras, l’expression trouble.

Les villageois tournèrent leurs regards inquiets vers Murus, qui connaissait cette forêt mieux que quiconque. Il fit une pause dans son mélange d’herbes pour répondre à leur question non exprimée.

« C’est la Forêt Interdite, où vivent de nombreux monstres différents. Même moi, j’ai tendance à rester à l’écart lorsque le Jour de la Corruption approche. Je crains de ne pouvoir vous donner beaucoup d’espoir. »

Murus secoua la tête tristement, mais je croyais en lui autant que les larmes de crocodile de Carol.

« Je t’en prie, ne t’inquiète pas. Nous te sommes très reconnaissants pour ton aide. Merci pour tout ce que tu as fait », dit Chem tout en souriant et en s’inclinant profondément devant lui.

Je souhaitais tellement qu’il soit la personne gentille et désintéressée qu’elle pensait qu’il était.

« Si seulement notre chariot pouvait être réparé, nous pourrions sortir d’ici. Mais… nous ne pouvons quand même pas sortir d’ici à pied ? », dit Rodice.

« Gams ou moi pourrions probablement sortir dans la forêt à pied. Cependant, si nous devions protéger les autres, les choses seraient… beaucoup plus difficiles. », répondit Murus.

Donc en gros, le reste du groupe se mettrait en travers du chemin. Les autres villageois n’avaient rien dit. Ils étaient probablement en train de penser à quel point ils étaient impuissants.

« Nous allons devoir nous retrancher et rester forts. Ne vous inquiétez pas, je vais tous vous protéger. Nous allons nous en sortir. », dit Gams avec de la détermination dans la voix.

J’avais jeté un coup d’œil à Murus, curieux de voir sa réaction. Il fronçait les sourcils avec anxiété, mais je ne savais pas si son expression avait quelque chose à voir avec ses véritables sentiments.

Gams regardait également Murus.

« Merci pour tout. Ton aide a été précieuse… mais je ne pense pas qu’il soit juste de te mêler à nos problèmes le jour même. », dit-il au médecin.

Tout le monde, à l’exception de Carol, copia cette démonstration de gratitude. Carol ne l’avait fait qu’après avoir regardé autour d’elle et s’être rendu compte qu’elle était la seule à être exclue.

Murus les avait tous regardés avec de grands yeux, il avait l’air aussi surpris que moi. Mes villageois avaient dû comprendre qu’il avait l’intention de partir.

« Vous n’avez pas besoin de me remercier. J’aurais dû vous le dire plus tôt, mais même si j’aimerais vous aider, ma famille et mes proches m’attendent. J’avais prévu de prendre mon congé ce soir. J’ai rassemblé quelques herbes utiles avant mon départ. »

L’expression de Murus était troublée, et on aurait dit qu’il avait mis du temps à prendre sa décision. Que se passait-il vraiment dans sa tête ?

« Vous partez, Murus ? », demanda Carol.

« Oui, Carol. Je dois vous quitter à regret. »

« Mais vous reviendrez quand même nous voir ? »

Carol tendit la main pour la serrer et leva les yeux vers lui avec des yeux larmoyants.

Il lui tapota doucement la tête en réponse. Cela aurait été une scène émouvante, si seulement je n’avais pas su ce qu’il projetait. Murus était avec mes villageois depuis plus de deux semaines, et je me demandais si le fait de vivre avec mes villageois l’avait changé. Je ne savais toujours pas grand-chose de lui, mais il n’avait pas l’air d’un homme mauvais. Il avait respecté toutes les règles et coutumes de mes villageois pendant son séjour, et je ne pouvais m’empêcher de me demander si quelqu’un ne le forçait pas à les espionner. Il n’avait jamais rien fait pour les mettre en danger. J’espérais donc que cela signifiait que sa gentillesse à leur égard était au moins partiellement authentique.

Quoi qu’il en soit, à deux jours de l’évènement, nous avions un homme en moins. Mais le regard déterminé de mes villageois me disait qu’ils étaient déjà prêts à se battre sans lui.

*****

Je m’étais penché en arrière sur ma chaise et je m’étais étiré, puis j’avais vérifié l’heure dans le coin de mon écran.

Oh, zut ! Je vais être en retard au travail !

Notre entreprise avait un minivan qui s’arrêtait chez chaque travailleur pour les récupérer. Il devait arriver dans dix minutes. J’avais enfilé l’uniforme vert clair qu’ils m’avaient donné il y a quelques jours et j’avais couru en bas pour trouver de la nourriture sur la table et maman avec un sourire compatissant. J’avais englouti mon dîner juste à temps.

« À plus, maman ! »

« Travaille bien, Yoshio ! »

Durant les prochaines heures, je devrais oublier mon village et me concentrer sur le travail.

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