Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 1 – Section 2 – Chapitre 2

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Chapitre 2 : Le Village et ses Offrandes suspectes

« Est-ce encore un de tes prix ? », demanda maman.

J’avais à peine enregistré sa question qu’un vague sentiment de panique s’était installé. Est-ce que c’était une sorte d’envoi du monde du jeu vers moi ? Non, c’était stupide. Comme je me le répétais, ce n’était qu’un jeu ! Ça devait venir des développeurs.

« Je commence vraiment à perdre la tête… »

« Qu’est-ce que tu… Oh mon Dieu ! Il y a des fruits là-dedans ! Quelle forme étrange ! Je n’ai jamais rien vu de tel. », dit maman en haletant.

Quand elle en sortit un de mon paquet, le fruit qu’elle tenait dans sa main était identique à celui du jeu.

« Ce n’est pas vrai… »

« Où les as-tu gagnés ? Ils sont magnifiques ! On peut les avoir pour le dessert ? »

« Oh, oui, bien sûr. »

Maman m’en avait tendu un avant d’emporter la boîte dans la cuisine. Je l’avais regardé fixement. Il n’y avait aucun doute sur le fait que c’était un vrai, un authentique fruit. Je l’avais reniflé. Il sentait bon.

« Ça doit être une sorte de nouvel hybride », avais-je dit d’une voix forte tout en essayant surtout de me convaincre.

« Je crois que je vais en prendre une bouchée. »

Je me sentais un peu nerveux, mais il serait impoli envers mes villageois de ne pas essayer. Attendez, non, il était absurde de penser qu’ils l’avaient vraiment envoyé. Mais après une bouchée, tout ce que je pouvais penser était à quel point c’était délicieux. Il était riche et juteux, l’équilibre parfait entre le sucré et l’aigre. Et je me sentais bien après l’avoir mangé, très bien, en fait. À chaque respiration, le parfum fruité et rafraîchissant me revenait en mémoire. Ma famille les aimerait aussi.

J’avais jeté un coup d’œil dans la cuisine pour constater que ma mère avait déjà déballé la boîte et l’avait laissée près de la poubelle. J’avais décollé l’étiquette de l’expéditeur avant de remonter dans ma chambre. Peu importe le nombre de fois où je lisais l’étiquette, les mots ne changeaient jamais. L’expéditeur était le Village du Destin. Ce qui m’intéressait le plus, cependant, c’était l’adresse. Le paquet original du jeu n’avait pas d’adresse de retour, mais celui-ci en avait une.

« Hokkaido, hein ? Hmm… »

Je l’avais saisi sur le net. L’image satellite montrait un petit immeuble de bureaux. C’était un endroit isolé en dehors d’une ville célèbre dont j’avais entendu parler. Le bâtiment faisait environ cinq étages, et l’extérieur semblait assez daté. L’équipe qui travaillait sur un jeu d’avant-garde travaillait-elle vraiment dans un tel endroit ? Peut-être était-ce qu’un petit bureau pour l’équipe marketing, et le développement se faisait ailleurs.

Mon paquet avait donc été envoyé depuis un endroit réel. Dommage que je n’aie pas eu l’argent ou le courage d’aller à Hokkaido pour le vérifier.

« Merci pour le cadeau, les gars », avais-je marmonné tout en pensant à moitié que c’était probablement leur idée d’une blague.

Si c’était une blague, ils m’avaient bien eu. Je pensais que l’obligation de connexion à Internet était juste pour pouvoir acheter des PdD, mais peut-être qu’ils collectaient aussi des données sur le jeu. J’étais après tout un testeur alpha, même si j’oubliais toujours ce fait.

De toute façon, les fruits étaient délicieux, je supposais donc que tout s’était finalement bien passé.

*****

Le jour suivant, ma mère m’avait encore appelé.

« Yoshio, viens ici tout de suite ! »

Maman n’avait pas l’air contente. Je m’étais précipité en bas pour la trouver me faisant signe de la porte d’entrée.

« Un autre paquet de ce Village du destin ! Les fruits étaient jolis, mais qu’est-ce qu’on est censés faire avec ça ?! »

Elle montrait une bûche. Une bûche que j’avais reconnue.

La veille, j’avais écrit à mes villageois pour les remercier :

« Mes villageois, merci pour les fruits. Même si je n’ai pas besoin de manger pour survivre, je peux quand même apprécier la saveur de la nourriture. Mais s’il vous plaît, ne vous surmenez pas en m’en envoyant davantage. La nourriture est d’une importance vitale pour votre survie. Vous pouvez envoyer des offrandes autres que de la nourriture lorsque cela est nécessaire, et vous n’avez pas besoin d’en envoyer tous les jours. S’il vous plaît, faites passer vos propres besoins en premier. »

Essayer de parler de façon formelle et chaleureuse en même temps était vraiment difficile. Tenant compte de mon message, le lendemain matin, mes villageois avaient décidé de m’envoyer une de leurs meilleures bûches. Il ne m’était pas venu à l’esprit que je recevrais vraiment une bûche. Le fruit avait été une farce amusante, mais ça ? Ces développeurs étaient fous…

Même quand il était là, devant moi, j’avais du mal à en croire mes yeux.

« Je crois que je vais le mettre dans le jardin », avais-je proposé.

« Oui, utilise tes muscles à bon escient », dit ma mère en fermant la porte d’entrée derrière elle et en me laissant dehors.

J’avais trouvé une corde dans l’abri de jardin et je l’avais attachée autour du rondin. Elle était aussi grosse que moi, alors j’avais tiré avec tout ce que j’avais.

« Merde ! Depuis quand le bois est-il si lourd ? »

Malgré un départ difficile, j’avais réussi à la faire avancer. Je n’avais pas été complètement inactif ces dix dernières années, j’avais continué à faire de l’exercice. Je ne m’attendais cependant pas à ce que ça me soit utile pour ça.

Une fois la bûche dans le jardin, j’avais fait une pause. Malgré la courte distance entre la porte d’entrée et le jardin, j’étais trempé de sueur. Avoir dit à mes villageois d’abattre des arbres me faisait sentir maintenant mal. Je ne pouvais m’empêcher d’imaginer ce que cela devait être de traîner toutes ces bûches dans la forêt.

Notre jardin était suffisamment grand pour que la bûche ne gêne pas, mais je ne savais toujours pas quoi en faire. Peut-être que je pourrais la vendre ? Mais j’aurais besoin d’une licence… Je pourrais le demandé à mon père. Comme il travaillait pour une entreprise d’importation, il pouvait peut-être savoir ce que c’était. Ou peut-être qu’il le voudrait, car il aimait le bricolage.

Quoi qu’il en soit, les développeurs du jeu avaient prouvé qu’ils étaient dévoués au projet, mais j’étais sûr qu’ils n’essaieraient pas de faire mieux.

*****

Je m’étais dit que les développeurs devaient avoir terminé, mais le lendemain, j’étais à quatre pattes dans le jardin, désespéré. Mes villageois m’avaient envoyé un paquet de viande. De la viande de monstre emballée sous vide !

Dès que j’avais vu Gams et Murus abattre une créature ressemblant à un sanglier ce matin-là, j’avais eu un sentiment de malaise au creux de l’estomac. Une fois l’offrande de morceaux de choix déposée sur l’autel, j’avais eu des sueurs froides.

« C’est quoi ce Village du destin, Yoshio ? Ce porc a l’air bon, et il y en a beaucoup… », demanda ma mère.

J’avais essayé de réfléchir rapidement. Maman étudiait la viande de près pendant qu’elle la découpait.

« Ça pourrait être du sanglier. J’ai répondu à un sondage en ligne sur les sources alternatives de viande, de fruits et autres… pour une petite entreprise dans un petit village. Ils ont suivi mes idées, ils doivent donc envoyer ces trucs pour me remercier. »

« C’est merveilleux, Yoshio ! »

Maman tapa alors dans ses mains avec joie. Eh bien, on dirait que j’étais coincé avec cette histoire. Je suppose que, techniquement, j’aidais à développer un village. Et hé, j’avais même eu un emploi de testeur de jeux !

Enfin, peut-être pas.

Je n’étais pas prêt à dire non à des trucs gratuits, mais je ne pouvais pas m’empêcher de m’émerveiller devant les développeurs de jeux. Comment diable faisaient-ils ça ? Les villageois ne devaient envoyer que certains types de choses, que la société gardait en réserve. Ça me paraissait encore un peu fou, mais je ne voyais pas d’autre explication.

Peut-être que la sortie officielle du Village du Destin serait commercialisée auprès de personnes riches ayant trop de temps à perdre. Les gens pourraient facilement dépenser 10 000 yens par mois pour ce jeu, avec les microtransactions en supplément. Le prix serait justifié par le fait que les joueurs recevraient des offrandes de leur village. Ils auraient des tonnes de joueurs et pourraient même collaborer avec des entreprises alimentaires. Imaginez ce que les gens dépenseraient pour obtenir ces fruits et ces viandes exclusifs !

« Recevez des objets du jeu directement à votre porte ! »

Je ne pouvais pas m’empêcher d’être impressionné. Je savais que ce n’était qu’une supposition de ma part, mais cela avait beaucoup de sens, et cela expliquait l’IA super complexe et tout le système d’offrande. Cela avait également ajouté un tout nouvel élément interactif au jeu, faisant apparaître vos villageois comme des personnes ordinaires et travailleuses. Je m’étais à nouveau demandé pourquoi on me l’avait envoyé : m’avait-on pris pour une personne riche qui pouvait se permettre tous les extra ?

Si j’avais raison, il serait intelligent de tirer le maximum du jeu avant qu’ils ne réalisent leur erreur. J’étais retourné dans ma chambre et m’étais assis devant l’ordinateur. Comme d’habitude, mes villageois travaillaient dur. Chaque détail de leurs conversations était suivi, et le jeu montrait chaque larme et chaque tache sur leurs vêtements. La façon dont ils se déplaçaient, leurs expressions… tout était si naturel et réaliste.

« C’est juste une nouvelle technologie incroyable… non ? »

Il y a une minute, j’étais si sûr de ma théorie sur le jeu et les développeurs derrière lui. Mais maintenant que je regardais à nouveau mes villageois, je m’étais rendu compte que ce n’était pas le cas.

 

 

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