Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 1 – Section 2 – Chapitre 3

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Chapitre 3 : Le travail acharné des villageois et ma panique

Après deux semaines de jeu du Village du destin, je recevais une offrande presque tous les jours. Certaines étaient géniales. D’autres, pas tant que ça. Au moins, je les avertissais de ne rien envoyer d’illégal, comme des armes.

« Je ne peux pas accepter d’objets dangereux en offrande. Veuillez garder vos armures et vos armes pour vous. »

J’avais un peu peur que mon message fasse penser aux développeurs que je prenais le jeu trop au sérieux, mais au moins je n’aurais pas à m’inquiéter de recevoir une épée par la poste. Même si ça serait plutôt cool.

Pourtant, c’était les trucs comestibles que j’appréciais le plus. Et mes parents étaient d’accord.

Ma mère disait des choses comme : « Est-ce qu’ils vont envoyer plus de fruits ? C’était si bon, et je pense même que je me sens en meilleure santé quand je les mange ! Oh, et Sayuki a adoré la viande qu’ils ont envoyée ! »

« La viande était bonne. On peut vraiment voir la différence entre la viande de chasse et la viande d’élevage. », en convenait papa.

Je n’avais pas entendu mon père parler autant depuis des années. Il avait dû vraiment aimer cette viande.

Après cela, j’avais laissé entendre à mes villageois que leur Dieu du Destin préférait la nourriture aux autres offrandes. En conséquence, ils nous avaient à nouveau envoyé des pommes en forme de poire, ainsi qu’une variété d’autres produits de leur monde. Mon préféré était le fruit ressemblant à un kaki qui avait le goût du raisin.

Cela ne voulait pas non plus dire que les bûches avaient cessé d’arriver. Nous en avions reçu une troisième hier.

Ils avaient aussi envoyé un des orbes de lumière de leur grotte. J’avais ouvert la porte pour ce paquet avant que ma mère ne puisse l’atteindre. Quand je l’avais inspecté dans ma chambre, cela ressemblait à une pierre ordinaire, mais elle brillait. Même s’il s’agissait en fait d’une pierre fabriquée avec une ampoule à l’intérieur, c’était suffisamment étrange pour que je ne veuille pas que ma famille la voie. Je l’avais posée dans un coin de ma chambre et j’avais mis une boîte dessus pour que sa lumière ne puisse pas s’échapper. Je la sortais pourtant afin de l’utiliser la nuit. Cela m’avait permis de réduire ma consommation d’électricité.

Lorsque j’avais commencé à recevoir ces cadeaux quotidiens, maman cessa de me harceler pour que je cherche un emploi. Notre relation commença à redevenir ce qu’elle était pendant mes années d’école. Je savais que si je laissais mon village s’effondrer, je serais de retour à la case départ. J’avais donc redoublé d’efforts. Je m’étais creusé la tête afin de trouver les meilleurs moyens d’économiser mes PdD et d’obtenir le maximum de PdD des offrandes de mes villageois. J’avais même entré mes gains quotidiens de PdD dans une feuille de calcul afin de compter les jours jusqu’à ce que j’atteigne mon objectif.

J’avais passé le reste de mon temps à étudier comment transformer le bois.

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Mon père n’ayant pas voulu de la bûche, j’avais donc décidé d’en faire quelque chose.

« C’est plus dur que je ne le pensais. Peut-être que le livre est faux ? »

J’étais face à la bûche qu’ils m’avaient envoyée. Elle était juste là, et si j’apprenais à travailler le bois, je pourrais découvrir quelque chose qui pourrait aider mes villageois. Malheureusement, il faisait déjà bien trop sombre pour faire quoi que ce soit. Nous avions déjà dîné, et la lumière du salon qui se répandait dans le jardin était tout ce dont je disposais pour travailler. J’avais sorti une grande lampe de la remise pour éclairer un peu plus la situation pendant que je parcourais la page du livre de menuiserie.

Tirez, plutôt que de pousser votre scie. Remarquez la direction du grain du bois…

Voici le genre de choses que vous aviez besoin de faire pour comprendre. Tout ne se résumait pas à cliquer sur des choses.

Je m’étais secoué les mains et j’avais essuyé la sueur de mon front. J’avais décidé de travailler un peu plus longtemps avant de prendre un bain. Je m’étais penché sur le livre, et avant même de m’en rendre compte, la lumière du jour s’était complètement éteinte. J’avais dû perdre la notion du temps, car quand j’avais levé les yeux, j’avais trouvé mon père qui me regardait.

« Qu’est-ce que tu fais ? »

« Je pensais faire quelque chose avec cette bûche au lieu de la laisser traîner. J’ai emprunté tes outils… »

« C’est bon. »

Et bien qu’il n’ait pas l’air d’avoir autre chose à dire, il n’avait pas bougé. Avec son visage impassible, je n’avais aucune idée de ce qu’il pensait. J’avais donc décidé de continuer. Avec un peu d’effort, j’avais réussi à scier les deux extrémités de la bûche. Mon premier objectif devrait probablement être d’apprendre à scier correctement. J’avais essayé de planter la scie dans le bois à nouveau… mais rien ne s’était passé. J’avais ensuite essayé de la retirer, mais j’avais utilisé tellement de force pour l’enfoncer qu’elle était coincée.

« Laisse-moi voir. »

Marchant dans ses sandales depuis le salon, mon père s’était approché de moi.

Il avait facilement sorti la scie du bois et commença à trancher la bûche comme si c’était une miche de pain.

« Whoa… »

Je m’émerveillais de sa vitesse.

« Ta technique de sciage est affreuse », dit mon père sans se retourner pour me regarder.

La plupart des gens se seraient mis en colère pour une telle remarque, mais je savais que ses mots avaient un sens caché. J’étais après tout son fils, même si aucun de nous n’agissait comme tel. Quoi qu’il en soit, les actes étaient plus éloquents que les mots, et ce week-end-là, mon père m’avait aidé à transformer le rondin en clôture de jardin.

Et tout ceci était dû au Village du Destin. J’étais censé être leur Dieu, mais dernièrement, j’avais le sentiment qu’ils faisaient plus pour moi que je faisais pour eux. Après tout, ils se débrouillaient bien avant mon arrivée, mais ils m’avaient donné une nouvelle perspective, un but et une raison de changer. J’avais adapté mes habitudes de sommeil à celles de mes villageois, me couchant à onze heures et me levant à six heures. J’allais les voir et prenais mon petit-déjeuner après le départ de mon père et de ma sœur. Malgré les améliorations que j’avais apportées, j’avais encore trop honte de prendre le petit-déjeuner avec tout le monde et de les voir partir. Je ne pouvais pas les regarder partir au travail comme si de rien n’était, alors que c’était la seule chose que je n’arrivais jamais à faire.

Une fois de retour dans ma chambre, j’étudiais tout en gardant un œil sur mes villageois. Mes lectures ne se limitaient plus à la menuiserie, j’étudiais maintenant la cuisine et les techniques de survie. Mais je n’étais toujours pas près de trouver des conseils valables que je pourrais donner à mes personnages.

Pour le déjeuner, j’utilisais mes nouveaux talents de cuisinier pour me préparer quelque chose de simple. Maman sortait tous les après-midi de la semaine, alors je passais généralement le déjeuner seul. Après le déjeuner, je m’entraînais un peu avant de rédiger et de prononcer la prophétie du jour. Je passais le reste de la journée à planifier l’utilisation de mes PdD, à dîner avec mes parents et à prendre un bain. Je visitais ensuite les environs du village avant de m’endormir. Le lendemain, je me réveillais, et tout le processus recommençait.

Et par rapport à tout ce que nous avions vécu au début, le village traversait actuellement une période de paix. En fait, je m’étais presque convaincu que rien n’allait jamais changer… jusqu’à ce que cela arrive.

*****

« On dirait qu’on en a fini avec la clôture maintenant. »

Gams s’était levé après avoir enfoncé le dernier clou avec un soupir de soulagement.

Puisqu’ils n’avaient plus besoin de construire des maisons, mes villageois avaient décidé d’utiliser leur bois pour créer une clôture autour de l’entrée de la grotte, et elle était enfin terminée. Ce n’était pas grand-chose de plus que des poteaux et des planches minces, mais elle pouvait retenir les monstres pendant un certain temps, au moins assez longtemps pour que Murus puisse les tuer et que les autres puissent s’enfuir plus profondément dans la grotte. Son existence était au moins rassurante.

Avec la générosité de la forêt et la rivière voisine et ses poissons en abondance, la nourriture n’était toujours pas un problème. Les réserves de mes villageois augmentaient. L’hiver serait bientôt là, et j’avais déjà prévu de ne plus demander d’offrandes comestibles lorsque la pénurie de nourriture commencerait. Mais pour l’instant, ils s’en sortaient bien. Ils fumaient le poisson et la viande pour les faire durer, et ils avaient trouvé du sel dans les grottes pour assaisonner leur nourriture, au grand soulagement de Lyra. Personnellement, le fait qu’ils n’aient pas de poivre pour l’accompagner me fit sentir mal, mais les épices semblaient être un luxe dans le monde du jeu.

Ils avaient un abri, de la nourriture et de l’eau. Tout aurait dû être parfait, mais quelque chose clochait. Ils se comportaient bizarrement ces derniers temps, ils étaient presque agités. Gams était constamment sur ses gardes, et il sursautait au moindre bruit, surtout lorsqu’il était de garde. Les autres villageois souriaient de moins en moins.

« Leurs conversations deviennent aussi un peu gênantes… »

Il y avait une lourde tristesse dans l’air. Je les voyais souvent regarder les objets en bois qu’ils apportaient chacun du village (j’avais compris qu’il s’agissait de calendriers), soupirant chaque fois qu’ils voyaient un jour de plus passer.

« Peut-être qu’il y a un grand jour qui arrive. Peut-être qu’il y a une tradition qui les faisait déprimer. »

Mais même après avoir lu chaque bribe de conversation que je pouvais dans le journal, je n’avais toujours aucune idée de ce qui les dérangeait. Jusqu’à ce qu’un villageois tout aussi confus que moi prit la parole.

« Qu’est-ce qui ne va pas, maman et papa ? », demanda Carol un soir, alors que tout le monde se préparait à aller se coucher.

Enfin, je pourrais avoir une réponse ! Merci, Carol. J’avais zoomé pour voir ce qui se passait.

« Oh, rien, Carol. Ne t’inquiète pas. »

« Ne t’inquiète pas, ta maman et ton papa sont toujours aussi amoureux ! »

Ils avaient souri et s’étaient penchés dans un câlin mutuel.

Carol plissa les yeux de façon suspecte : « Ce n’est pas ça ! Tout le monde soupire, se morfond et fait semblant d’avoir peur et tout ça ! »

Lyra et Rodice échangèrent un regard inquiet. Ils regardèrent Gams et les autres pour demander de l’aide, mais ils se contentèrent de faire de petits signes de tête encourageants.

Rodice hésita avant de poser une main douce sur la tête de sa fille.

« Eh bien, Carole… Nous ne voulions pas t’inquiéter, mais te souviens-tu au village, quand nous te disions de rester à l’intérieur à la fin de chaque mois et d’aller te coucher tôt ? »

« Oui ! Je n’aimais pas ça, parce que tous les adultes étaient toujours grognons ces jours-là, et je n’avais pas non plus le droit de quitter le village ! »

« Ces règles étaient destinées à vous protéger, toi et les autres enfants. Tu connais déjà les mois de l’année, n’est-ce pas ? »

« Oui. Chaque mois, un Dieu différent veille sur nous ! Le Dieu de la Lumière, le Dieu du Clair de Lune, le Dieu du Feu, le Dieu de l’Eau, le Dieu des Plantes, le Dieu de la Foudre, le Dieu de la Neige, et le Dieu de la Terre ! »

J’avais noté tout cela. Non seulement c’était intéressant, mais ça pouvait être utile. J’avais ensuite réalisé qu’elle n’avait pas mentionné le « Dieu du Destin ».

« Tu es si intelligente, tu te souviens de tous, Carol. »

« Mais, papa, il y a bien plus de mois que ces sept-là, non ? Il y a douze mois entiers, donc on a besoin de cinq autres Dieux ! »

Tu lis dans mes pensées, Carol.

« C’est un très bon point ! À l’origine, chaque Dieu était réponsable d’un jour de la semaine. »

« Oh, je le sais aussi ! Lumdi, Lundi, Feudi, Eaudi, Pladi, Neidi, et Tedi ! »

Leur façon de compter les jours était donc très similaire à la nôtre. Je supposais qu’il fallait que ce soit le cas pour que le jeu progresse en temps réel comme il le faisait.

« C’est vrai, Carol. Les Dieux qui s’occupent de chaque jour de la semaine sont appelés les Dieux Majeurs. Ensuite, il y a les nombreux Dieux mineurs qui travaillent sous leurs ordres. Le Dieu du Destin, qui nous surveille, est l’un d’eux. »

Je m’étais demandé si je devais répondre à l’un des Dieux Majeurs… C’était une question intéressante. Mais de toute façon, qui superviserait le Dieu du destin ? Peut-être le Dieu de la Lumière, ou le Dieu du Clair de Lune…

« Pendant de nombreuses années, les choses étaient paisibles. Mais certains dieux mineurs sont devenus jaloux et ont déclenché une grande guerre entre les dieux majeurs et mineurs. Pendant les trente et un premiers jours, il y eut un puissant et terrible vent glacial. Le 120e jour, le Dieu des Plantes a pris le dessus. Le 182e jour, le dieu de l’Eau et le dieu de la Foudre se sont violemment affrontés. Le 243e jour, le Dieu du Feu s’est déchaîné, et ainsi de suite. Il a fallu une année entière pour que la bataille se termine. »

Une année semblait soit trop longue, soit trop courte pour une bataille entre Dieux. J’avais toujours pensé que les batailles mythologiques duraient des centaines ou des milliers d’années. Même si les autres villageois avaient probablement déjà entendu cette histoire, ils écoutaient tout aussi attentivement que Carol.

« Les Dieux majeurs ont gagné et ont pris en charge le monde. Chaque Dieu a pris en charge la période pendant laquelle il a fait la plupart de son travail. Et c’est pourquoi nous avons sept Dieux majeurs responsables de leurs mois. »

« Mais qu’en est-il des Dieux qui ont perdu ? », demanda Carole.

« Les Dieux qui ont perdu sont devenus connus comme les Dieux corrompus. Ils ont été scellés au plus profond de la terre, mais ils vivent toujours, et leur pouvoir augmente toujours. Une fois par mois, ils donnent une partie de leur pouvoir aux monstres du monde, dans l’espoir de revenir à la surface un jour. On appelle ça le Jour de la Corruption. »

« C’est toujours le dernier jour du mois. C’est pourquoi il est si dangereux de sortir. Les monstres sont encore plus forts et plus vicieux ce jour-là », ajouta Chem.

L’explication terminée, les villageois s’étaient préparés à aller se coucher. Je ne savais pas exactement à quel point le dernier jour du mois serait dangereux, mais on n’était jamais trop préparé.

« Je suppose que cela explique toute l’angoisse dernièrement… »

J’avais cliqué sur l’un des calendriers de la grotte. Les jours correspondaient aux nôtres dans le monde réel. En vérifiant mon propre calendrier, j’avais vu qu’on était le 20 novembre, ce qui nous donnait dix jours avant la fin du mois. Il me semblait donc que le jeu était configuré pour avoir une grosse attaque de monstre par mois. Il était logique qu’un jeu fait avec autant de soin ait des événements spéciaux assez souvent. Même si je ne savais pas quelle serait l’ampleur de l’attaque ni quelle forme elle prendrait, je devais trouver un moyen d’aider mes villageois à se défendre.

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