Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 1 – Section 2 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Le Dieu Vénéré et son style de vie pingre

Trois jours après l’installation de mes villageois dans la grotte, Gams s’était complètement rétabli. Et il l’était suffisamment pour aider aux travaux lourds. Il explorait la zone le jour et montait la garde la nuit. Soit les gens de ce monde guérissaient très vite, soit leurs médicaments étaient incroyablement efficaces. Peut-être que les développeurs savaient simplement que personne ne voulait attendre des siècles pour que ses villageois guérissent.

Le nom du médecin était Murus. J’étais content qu’il se soit installé avec les villageois. Pendant que ses longs cheveux noirs étaient attachés, j’avais étudié son visage. Ses yeux bridés étaient longs et étroits, et son nez parfaitement droit. Son corps était mince et gracieux. Sa façon de parler m’avait fait penser que c’était un homme, mais son apparence androgyne me fit demander s’il n’était pas une femme déguisée. Si le jeu était entièrement vocal, je le saurais peut-être avec certitude.

Quoi qu’il en soit, Murus était un excellent ajout à mon village. Non seulement il avait une connaissance approfondie des plantes et de la médecine, mais il connaissait bien la géographie locale. C’était aussi un excellent archer. Avec Murus et Gams qui montaient la garde, je pouvais dormir tranquille la nuit. Et ce n’est pas tout, Murus pouvait faire de la magie à base de plantes. Il séchait les troncs d’arbres de mes villageois et les préparait à servir d’abri. Honnêtement, il avait l’air plutôt OP.

La magie faisait partie de la vie quotidienne dans ce monde. Je m’en doutais déjà grâce à la magie de guérison de Chem, mais l’ajout d’un mage végétal était encore une surprise. Je m’étais demandé quelles autres sortes de magie étaient présentes, attendant que je les découvre.

Et bien que je sois heureux d’avoir invoqué un nouveau venu aussi utile, tout ne se passait pas sans heurts. Murus était traité comme un « invité » dans mon village. Lorsque j’avais cliqué sur lui, je n’avais pu voir que son nom. Le reste de ses informations était noirci avec le mot « secret » écrit dessus. Il y avait probablement des conditions à remplir pour qu’il rejoigne mon village, mais je n’arrivais pas à les comprendre. J’avais espéré qu’après avoir dépensé 20 000 yens, je pourrais au moins l’avoir de façon permanente. Je suppose que je devais simplement être reconnaissant du fait qu’il ait sauvé Gams… c’était ce que j’essayais de me dire.

« Allez, rejoignez-nous… »

Au moins, la grotte était encore mieux que ce à quoi je m’attendais. C’était un lieu de vie confortable pour mes villageois, et elle était équipée pour répondre à tous leurs besoins. Il n’y avait pas de lumière naturelle, mais il y avait des lanternes lumineuses éclairées par des « orbes de lumière », une sorte de minerai spécial dans ce monde qui brillait de mille feux. Il y avait aussi des pioches et des outils de forgeron laissés par les mineurs. Il y avait même des armes qui traînaient. Aucun de mes villageois ne savait forger, mais j’espérais qu’un jour, un nouveau villageois possédant ces compétences arriverait.

Ils vivaient enfin comme une vraie communauté. Pour être honnête, la découverte de cette grotte semblait trop belle pour être vraie, mais je ne devais pas m’attendre à un réalisme total de la part d’un jeu vidéo. Je pense que le personnage que j’invoquerais en premier y conduirait mon peuple. Même un jeu plein de microtransactions devait avoir à un moment donné pitié de moi.

Murus savait quelles plantes et baies étaient comestibles, et la rivière voisine était pleine de poissons. Parfois, Gams et Murus revenaient même avec de la viande, ce qui était une bonne chose, car ils n’avaient plus rien à manger de leur village d’origine. Je m’étais dit que la prochaine étape serait de labourer un peu de terre pour les cultures.

La famille de Rodice avait l’habitude de cultiver de la nourriture dans leur village, les connaissances en agriculture n’étaient donc pas un problème. La zone autour de la grotte regorgeait de végétation, le manque de terre fertile n’était donc pas non plus un problème. Le problème était qu’ils n’avaient rien à faire pousser.

Dans la plupart des jeux, je sélectionnais une parcelle de terre et mes personnages commençaient à labourer. Quelques jours plus tard, les cultures poussaient, comme par magie. Mais Le Village du Destin n’était pas comme la plupart des jeux. Je m’étais demandé s’il n’était pas temps d’appeler un marchand.

Depuis l’acte coûteux d’appeler Murus, je n’avais pas fait d’autre miracle, j’avais donc fait remonter mes PdD. Mes villageois m’étaient incroyablement reconnaissants d’avoir sauvé Gams, et j’avais déjà récupéré un quart de ce que j’avais utilisé pour appeler Murus.

Mes villageois vivant dans une paix relative, j’avais sauté une des prophéties quotidiennes. Mais comme ils commençaient à s’inquiéter du fait que je les avais abandonnés, j’avais donc recommencé à envoyer un message chaque jour, même s’il n’y avait rien d’instructif. C’était difficile de trouver quelque chose de nouveau à dire chaque jour et de continuer à faire preuve de piété. J’avais même trouvé des vidéos de sermons en ligne pour essayer de trouver des choses que je pourrais voler pour les raconter. Je n’arrivais pas à trouver de nouveaux commandements à leur donner, alors je me contentais généralement de leur envoyer du superflu pour les faire patienter.

« Mes villageois, veillez à boire beaucoup d’eau potable chaque jour. Reposez-vous quand vous êtes fatigués. Gardez vos corps au sec, car la nuit venue, l’humidité vous donnera froid. Prendre soin de votre santé est d’une importance vitale. Ne l’oubliez pas. »

Ce message me donnait l’impression d’être leur grand-père. En fait, c’était exactement le genre de choses que les parents de mon père, à la campagne, disaient quand je leur rendais visite. Mais c’était difficile de trouver quelque chose de profond chaque jour. C’était vraiment devenu une sorte de corvée. J’aurais aimé être plus décontracté avec mes villageois, mais je ne voulais pas les embrouiller. De toute façon, j’étais plus préoccupé par ce que je devais faire avec mes PdD que par l’écriture de messages. En vérité, même si mes villageois avaient des besoins et des envies, je voulais vraiment un familier.

Il y en avait un en particulier que je ne pouvais pas quitter des yeux. J’avais cliqué dessus, ce qui fit apparaître la description.

« Golem. Humanoïde. Comprends les commandes de base et travaille toute une journée sans avoir besoin de se reposer. Il peut être contrôlé via une manette de jeu. »

Les Golems étaient un élément de base de la fantasy. Leurs principales caractéristiques étaient leur grande taille et leur corps de pierre durable. Ce n’était pas seulement la capacité de combat potentielle qui m’avait attiré, mais aussi le fait qu’il puisse travailler toute la journée. Ce serait une aide considérable pour une petite population.

Ensuite, il y avait le fait que je pouvais le contrôler. Enfin, je pourrais faire plus que simplement regarder et envoyer des messages. J’en avais tellement envie, mais je n’en avais pas les moyens — même si le curseur de ma souris s’en approchait sans cesse avant que je ne m’en empêche. La plupart des miracles coûtent entre 100 et 200 PdD, mais le golem coûtait la bagatelle de 700 PdD ! Cela représente 70 000 yens ! Bien sûr, je n’avais pas à le payer… mais pour l’instant, je ne recevais qu’environ 10 PdD par jour de mes villageois. Cela signifiait attendre presque deux mois, et ne faire aucun miracle pendant ce temps. Je n’avais pas la patience pour cela, d’autant plus que je voulais appeler un marchand pour rendre la vie de mes villageois un peu plus facile. Et, bien sûr, il pourrait y avoir une autre urgence…

Si je pouvais me permettre d’acheter des PdD, ce ne serait pas un problème, mais mes économies étaient anéanties, même celles de mon enfance et les restes de l’allocation que j’avais reçue de mon père lorsque nous étions encore en bons termes. Pour l’instant, j’avais 160 PdD, ce qui n’était pas mal, vu que j’en avais utilisé 300 pour invoquer Murus. Mais la gratitude ne pouvait pas me mener bien loin. Les bribes de conseils que j’en étais réduit à envoyer ne faisaient pas grand-chose. L’autre option était d’augmenter la population du village, mais là encore, cela signifiait dépenser des PdD pour un miracle. Y avait-il des événements aléatoires faisant en sorte que quelqu’un puisse se joindre au village sans que je doive payer ?

Alors que je regardais et réfléchissais, mes villageois s’étaient rassemblés. Ils transportaient les bûches et leur faisaient… quelque chose, mais quoi ?

« Tu es sûr que c’est suffisant, Chem ? »

« C’est ce que nous ressentons qui compte, Gams. Il veille sur nous, alors je suis sûr qu’il comprendra. »

Chem serra la main de son frère.

Ils s’aimaient plus que jamais. Des fois, je pourrais jurer avoir vu quelque chose d’un peu plus intense que l’amour fraternel dans le regard de Chem, mais je n’en étais pas sûr.

« Alors, vous construisez un autel avec une statue de Dieu ? »

« C’est ça, Murus. J’aimerais que nous puissions gérer quelque chose de plus extravagant pour Lui, mais un lieu de culte sera suffisant. », dit Chem.

Les frères et sœurs avaient créé une statue à partir de rondins, et elle était impressionnante. Il fallait loucher un peu pour comprendre qu’elle était censée avoir une forme humaine, mais l’effort qu’ils avaient mis dedans me réchauffa le cœur.

« S’il vous plaît, acceptez nos humbles cadeaux, Seigneur », dit Chem tout en plaçant un bol de fruits sur l’autel.

Ce type de fruit était populaire auprès des villageois, il avait la forme de poires, mais le même rouge profond que les pommes.

À l’exception de Murus, tous mes villageois s’étaient avancés pour prier devant l’autel. Lorsqu’ils avaient terminé, le fruit s’était mis à briller d’une forte lumière. La lumière s’estompa progressivement, et quand elle s’estompa, l’offrande avait disparu.

« Merci, Seigneur », dit Chem, émerveillé.

J’étais vraiment surpris, mais ils avaient pris les choses en main. Si l’existence de Dieu était connue de tous, la disparition d’offrandes devait sembler tout à fait normale. Rien ne disait que les lois de la physique devaient être les mêmes dans un monde complètement différent.

Et puis, vous savez… c’était un jeu vidéo.

Les graphismes de ce jeu étaient si réalistes que je continuais à penser que je surveillais une dimension parallèle ou quelque chose comme ça. Il fallait vraiment que j’arrête d’être aussi surpris lorsque quelque chose de fantastique se produisait.

L’offrande fit remonter mes PdD, ce à quoi je ne m’attendais pas. Une explication était apparue sur mon écran :

« Les Points de Destin augmentent lorsque vos villageois font des offrandes. Plus ces offrandes sont précieuses, plus vous gagnez de points. Les villageois prospères pourront offrir des offrandes plus coûteuses ! »

J’étais quoi, leur papa gâteau ?

C’était une information utile. Je pouvais encourager mes villageois à m’offrir tout ce dont ils n’avaient pas besoin. Je n’avais pas encore envoyé ma prophétie quotidienne… C’était peut-être le bon moment pour le faire.

Même si des offrandes de plus grande valeur étaient préférables, je ne voulais pas imposer un trop lourd fardeau à mon peuple. J’avais décidé d’adopter une approche plus douce.

« J’ai reçu vos offrandes. C’est un grand plaisir pour moi de savoir que j’ai inspiré une telle gratitude. Cependant, je ne souhaite pas que vous vous imposiez un fardeau trop lourd. Comprenez que ce ne sont pas seulement vos offrandes qui me plaisent, mais aussi les sentiments qui les accompagnent. Ce sont ces sentiments et ces offrandes qui me confèrent le pouvoir d’accomplir des miracles, mais je me contenterai des surplus de votre vie quotidienne. »

J’avais repensé à ce que j’avais écrit. Même si j’essayais d’être humble, j’avais l’impression d’être un peu égoïste. Mais mes villageois étaient tous des gens simples et gentils. Ils ne penseraient pas en mal de moi.

J’avais envoyé mon message. Immédiatement, mes villageois commencèrent à s’étonner de ma « modestie » et de ma « prévenance ». Leur acceptation franche de mes paroles m’avait en fait un peu inquiété. S’ils vivaient dans le Japon moderne, ils seraient des cibles de choix pour les escrocs ou les sectes.

D’ailleurs, n’était-ce pas ce qui se passait en ce moment même ?

Quoi qu’il en soit, j’avais maintenant une nouvelle source de PdD. Qu’elle provienne de restes de bûches ou même de déchets, ça m’était égal. J’avais passé le reste de la soirée à chercher des informations en ligne, comment transformer le bois et comment jouer à Dieu quand on est transporté dans un autre monde.

*****

Le temps passa en un clin d’œil. Lorsque mes yeux commencèrent à être secs, je m’étais tourné pour regarder par la fenêtre, pour constater que le soleil était déjà couché.

« Ce jeu fait vraiment passer le temps… »

Je venais de décider de faire une pause quand j’avais entendu ma mère m’appeler d’en bas.

« Yoshio ! Tu as un paquet ! »

Un autre prix ? J’avais vraiment eu de la chance ces derniers temps. Bien que le fait que je n’aie pas gagné à la loterie soit une honte.

J’étais descendu pour trouver ma mère portant une boîte en carton.

« C’est lourd. Qu’as-tu commandé cette fois ? »

« Rien ! Laisse-moi voir… Attends, quoi ?! »

Il y avait une petite étiquette avec le nom de l’expéditeur. Ce nom était Le Village du Destin.

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