Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 1 – Section 1 – Chapitre 7

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Chapitre 7 : Chapitre 7 : Frère Parfait et Frère Honteux

Pendant que Gams se reposait, les autres villageois se mirent au travail. D’abord, ils choisirent une des petites chambres, la nettoyèrent et installèrent Gams dans un des lits abandonnés. Il pourra ainsi mieux récupérer. Le médecin était resté à son chevet pour le surveiller pendant que les autres villageois commençaient le vrai nettoyage. Lyra prit immédiatement les choses en main.

« Faisons tous de notre mieux pour que lorsque Gams sortira, il soit étonné de voir à quel point c’est propre et net ici ! Rodice, mon cher, rassemble tout ce que nous ne pouvons pas utiliser et mets-le dehors. »

« Compris. Je vais voir s’il y a des objets qui méritent d’être réparés et j’en prends note. », répondit Rodice.

Je pouvais voir à sa réaction qu’il était habitué à ce que sa femme lui donne des ordres.

« Carol, tu fais la poussière dans les chambres, sauf dans celle de Gams. Et travaillons en silence afin qu’il puisse se reposer. »

« Il y a quatre chambres. Je peux partager celle de Gams. Je parie qu’il me laissera partager son lit ! », dit Carol, qui se passa ensuite les mains sur le visage, embarrassée, quand elle réalisa ce qu’elle avait dit.

Chem regarda fixement la jeune fille à travers la fente de la porte de la chambre de Gams. Carol semblait vouloir dire quelque chose, mais au lieu de cela, elle s’était retournée et s’était remise à nettoyer.

« Je suis sa sœur, je devrais être celle qui partage le lit avec lui. Il la laisse abuser de lui beaucoup trop facilement, il devrait apprendre à lui dire “non”. », dit Chem.

Elle continua ainsi à marmonner sombrement pendant qu’elle travaillait.

Lyra semblait sur le point de donner une tâche à Chem, mais elle s’était ravisée et était passée à autre chose. J’étais heureux de voir que la plupart de mes villageois s’entendaient bien. Il n’y avait que Chem et Carol qui se disputaient de temps en temps.

Cette grotte était une véritable aubaine (bien qu’indirectement, je suppose). Même si des monstres parvenaient à entrer, les différentes pièces pouvaient être fermées pour les protéger pendant que Gams agissait pour les chasser. J’étais sur le point de pousser un soupir de soulagement quand j’avais remarqué quelque chose d’étrange. Il y avait une bulle au-dessus de la tête de Gams avec le mot « rêve » écrit dessus. J’avais regardé le médecin pour voir sa réaction, mais il l’ignorait. Le plus probable étant qu’il ne pouvait pas du tout la voir. Je ne savais pas vraiment pourquoi le jeu voulait que je sache qu’il rêvait, mais j’avais cliqué dessus, sans m’attendre à ce que quelque chose se passe.

L’écran était devenu noir.

 

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Quel était cet endroit ? Cela ressemblait à une ruelle lugubre d’un village inconnue, tout en pierre et en métal, sans aucun arbre en vue. De la neige tombait et se déposait légèrement sur les dalles. Des lanternes suspendues à des poteaux de chaque côté du chemin diffusaient une faible lumière. La nuit semblait si froide que j’avais presque commencé à frissonner.

Là, un jeune homme et une petite fille marchaient main dans la main. Il me semblait qu’ils auraient dû être couchés dans leur lit, et pas en train de marcher dans cet endroit inhospitalier. Le visage de l’homme était sinistre, et la fille semblait prête à fondre en larmes à tout moment. Il était vêtu d’une armure de cuir, et les épées qu’il portait dans le dos et à la hanche me dirent qu’il était épéiste. La fille portait un manteau bien trop grand sur elle et laissait parfois entrevoir le pyjama qu’elle portait en dessous.

« Où va-t-on, Gams ? »

« Ailleurs, Chem. »

C’était donc des versions plus jeunes de Gams et Chem. Il n’y avait pas encore de cicatrices sur le visage de Gams, et celui de Chem était adorablement rond. Ils semblaient tous les deux en détresse. Il avait dû se passer quelque chose, et Gams avait dû être malheureux de traîner sa petite sœur dehors par une nuit aussi froide.

« Que va-t-il arriver à maman et papa ? »

« Ne t’inquiète pas pour eux. Ils ne sont plus nos parents. »

« Mais si nous ne rentrons pas bientôt à la maison, ils vont être très en colère ! »

Chem baissa les yeux vers le sol. Sa main libre tremblait, et pas à cause du froid.

« Nous ne rentrerons plus jamais à la maison, alors n’aie pas peur, d’accord ? »

Gams tapota doucement la tête de Chem. Le sourire qui accompagnait ses paroles n’était pas très convaincant.

Ils avaient dû s’enfuir de chez eux. On aurait dit que leurs parents étaient violents.

Le duo continua de marcher en silence. Le rythme de Chem était de plus en plus lent, jusqu’à ce qu’elle finisse par s’arrêter et s’accroupir sur le sol.

« Je ne peux plus marcher. »

« Fatiguée, hein ? Viens, je vais te faire faire un tour sur mon dos. »

Chem grimpa sur le dos de Gams. Et bien qu’elle ait toujours l’air triste, il y avait une petite lueur de soulagement dans ses yeux. Gams avançait à un rythme plus lent, emmenant sa sœur plus loin de la maison.

« Gams, pourquoi maman et papa me détestent-ils ? Est-ce que je suis une mauvaise fille ? »

« Bien sûr que non ! », dit Gams, un peu trop fort.

Chem tressaillit à sa voix.

« Ce n’est pas vrai. Tu n’es pas une mauvaise fille. Ce sont de mauvais parents. », dit-il, plus calmement cette fois.

« Ils ont dit qu’ils allaient me vendre comme esclave parce que j’étais mauvaise… Ils ont dit que puisque je n’allais être là que quelques jours de plus, je devais être une bonne fille. »

Ce n’était pas juste une tentative de fugue innocente. Je savais que la maltraitance des enfants existait même dans ma société moderne, mais je n’avais jamais entendu parler de quelque chose d’aussi horrible auparavant…

« Oublie-les, Chem. Ce ne sont pas nos parents, ils ne valent rien. Ils n’ont même pas de travail. Ils ne font qu’accumuler des dettes de jeu, et maintenant ils veulent te vendre pour les payer. J’allais venir te chercher une fois que je serais un chasseur à part entière, mais j’aurais vraiment dû agir plus tôt. Je suis désolé. »

Gams regardait le ciel nocturne, le regret étant clair dans ses yeux.

« À ce moment-là, j’étais heureuse de voir que tu étais venu. »

« Ne t’inquiète pas. On va bien s’amuser à partir de maintenant, d’accord ? »

« Je t’aime, Gams ! »

Chem serra son frère très fortement et enfouit son visage dans son cou.

Je comprenais maintenant pourquoi elle l’aimait tant et se fiait autant à lui : il venait à son secours quand elle en avait besoin.

« Pas étonnant que tout le monde aime Gams. Il est beau, et il a un cœur d’or. »

Le rêve s’était évanoui, me ramenant à la grotte.

 

***

J’avais continué à observer mes villageois jusqu’à ce que je réalise qu’il était presque l’heure de déjeuner. J’étais affamé, et mes yeux commençaient à être inconfortablement secs. Il était temps de faire une pause. Mais au moment où j’étais sorti dans le couloir, la porte de la chambre voisine de la mienne s’était ouverte, révélant ma jeune sœur Sayuki. Cela faisait longtemps que nous ne nous étions pas croisés ainsi. Elle se frottait l’arrière de la tête, comme si elle venait de se réveiller, mais son expression changea dès qu’elle me vit.

« Argh, c’est toi. », dit-elle de mauvaise humeur

« Es-tu de repos aujourd’hui ? »

La question était sortie de ma bouche avant que je puisse m’en empêcher.

J’avais depuis longtemps perdu la notion des jours de la semaine. Et grâce au Village du Destin, c’était encore pire ces derniers temps.

Je suppose que ça veut dire qu’on est dimanche.

Elle avait travaillé tard hier soir, c’était pourquoi elle était encore en pyjama.

Tout comme Gams et Chem, ma sœur et moi ne nous ressemblions pas beaucoup. Les gens aimaient nous le dire chaque fois qu’on nous voyait ensemble. C’était probablement parce que ma sœur était conventionnellement belle et que j’avais l’air d’une loque.

Quand elle était au lycée, elle me parlait de tous les types qui lui avaient fait des avances. Elle était encore plus jolie maintenant qu’à l’époque. C’était comme si je n’avais hérité d’aucune des qualités de mes parents pour qu’elle puisse les avoir toutes. Ses beaux cheveux noirs tombaient juste sous ses épaules. Ses yeux s’étaient rétrécis, me repoussant presque rien que par leur regard.

Même sans maquillage, elle était jolie. Je m’étais presque surpris à la fixer. Si je n’étais pas son frère, je l’aurais probablement trouvée encore plus belle que je ne la trouvais. Elle avait encore une vingtaine d’années, et je ne pouvais pas m’empêcher d’être jaloux. J’aurais aimé être aussi jeune à nouveau.

La façon dont elle me regardait me disait que j’allais me faire engueuler si je jetais encore un regard dans sa direction.

« Je vais juste aux toilettes », avais-je marmonné en m’éloignant.

Je n’avais plus trop envie d’aller déjeuner maintenant. Et je doutais qu’elle le fasse aussi si je descendais.

« N’utilise pas les toilettes du bas, d’accord ? »

Je n’avais jamais eu envie de me battre avec elle, et je ne pensais pas non plus en avoir le droit. Elle gagnait de l’argent pour notre famille. Je ne faisais que prendre de l’espace.

« Je sais, » avais-je répondu.

Sayuki détestait même l’idée de partager une salle de bain avec moi et me le rappelait souvent, et maintenant je m’en tenais à la salle de bain de l’étage par habitude. Et de toute façon, elle était plus proche de ma chambre.

« Ne dis pas juste “je sais” ! », murmura Sayuki.

Elle continua à marmonner pour elle-même, mais je n’avais pas entendu la fin parce qu’elle était déjà à mi-chemin dans l’escalier. Peut-être voulait-elle que je me dispute avec elle.

Je n’avais pas la volonté de lui parler, car elle était toujours en colère contre moi. Nous étions proches quand nous étions enfants, mais comme la plupart des bonnes choses dans ma vie, c’était une chose du passé. Quand j’avais commencé à être désillusionné par la vie, elle commença à me traiter comme un étranger. Et quand j’avais finalement renoncé à chercher un emploi, elle cessa même de me parler. Avant tout cela, nous sortions ensemble assez souvent.

Maintenant, nous nous parlions à peine. Mais je ne pouvais pas voir ce qu’elle pensait que j’aurais dû faire différemment. Peut-être que j’aurais dû… non.

J’avais réalisé que je me serrais le ventre.

Ressasser le passé était inutile. Je m’étais habitué à ce que ma sœur me traite de la sorte, mais après avoir vu le rêve du passé de Gams et Chem, je me sentais à vif et peiné aujourd’hui.

Gams s’était occupé de sa sœur. Je ne l’avais pas fait. Comment pouvais-je ne pas me comparer ?

Je savais que Sayuki aurait préféré avoir un frère comme Gams. De retour dans ma chambre, j’avais veillé sur mes villageois jusque tard dans la nuit.

 

***

Comme d’habitude, ils avaient travaillé toute la journée sans se plaindre. Ils étaient toujours là pour se soutenir et prendre soin les uns des autres. Chem apporta un verre d’eau à son frère alité avec un sourire. Ils avaient vraiment une bonne relation. Si seulement Sayuki et moi pouvions être comme eux…

« Je veux changer. »

Mes yeux s’étaient élargis de surprise en entendant les mots sortir de ma bouche. J’avais senti quelque chose éclabousser le dos de ma main, une fois, puis une autre. C’était chaud et humide. Des larmes.

« Alors je pleure, hein ? J’ai tellement de regrets… que j’en pleure ? ! Alors pourquoi n’ai-je rien fait ? ! », avais-je bégayé pour moi-même.

Mes mots s’étaient transformés en sanglots. Je ne pouvais pas m’arrêter.

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2 commentaires :

  1. Wilfried Le Baron

    Merci pour le chapitre!! Tu peux changer protagoniste-kun!!

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