Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 1 – Section 1 – Chapitre 4

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Chapitre 4 : Chapitre 4 : Les Villageois Laborieux et leur Dieu Paresseux

« Déjà le matin ? »

J’avais bâillé tout en jetant un coup d’œil à la lumière qui s’échappait de sous les rideaux. J’avais vérifié l’horloge près de mon oreiller. Il était 9 heures du matin.

« 9 heures du matin, hein ? Ça fait longtemps que je ne me suis pas levé à une heure aussi normale. »

D’habitude, je n’ouvrais les yeux que dans l’après-midi. J’avais essayé de me rappeler à quelle heure je m’étais couché. J’avais joué au Village du Destin jusque tard dans la nuit. Bon, ce n’était pas comme si je jouais vraiment, disons plutôt que je regardais. J’avais appris beaucoup de choses, y compris que mes villageois se couchaient ridiculement tôt !

Dès que le soleil se couchait, ils mangeaient leur dîner et allaient directement au lit. Gams restait debout pour faire le guet, mais même lui était au lit avant neuf heures.

J’étais pourtant un peu préoccupé par leur dépendance à l’égard de Dieu, moi. Leur dévotion extrême semblait être une bonne chose au début, mais j’avais entendu une conversation qui m’avait mis mal à l’aise :

« Pourquoi ne pas aller au lit, Gams ? »

« On ne sait pas quand un monstre peut attaquer, Rodice. Nous avons besoin de quelqu’un pour faire le guet. »

« Dieu a fait un miracle sous nos yeux et nous a parlé directement ! Il veille sur nous. Il éloignera les monstres. »

« Je l’espère… »

Je voulais leur dire que je n’étais pas si puissant. Je me demande s’ils pensent que je pourrais toujours les garder en sécurité. Ils avaient supposé que mon ordre de couper du bois avait une signification et que j’avais un plan pour compenser les problèmes logistiques. Ils pensaient tous que j’avais tout prévu.

« J’espère qu’ils ne vont pas commencer à penser que je peux les garder en sécurité tout le temps. Je devrais peut-être leur dire que je ne suis pas tout-puissant… mais si je faisais ça, leur gratitude baisserait probablement, ainsi que mes PdD… »

C’était un sacré dilemme. Désireux de ne pas décevoir, j’avais fini par chercher en ligne des informations sur la façon de traiter le bois, jusqu’à ce que je m’endorme.

Peut-être que si je n’avais pas gaspillé dix ans de ma vie à regarder des vidéos, à parcourir les médias sociaux et à troller sur des forums de discussion, j’aurais vraiment quelque chose de valeur à leur dire. Peut-être même que je saurais comment traiter tout ce tas bois qu’ils avaient coupé. Au moins, j’aurais quelques économies que je pourrais utiliser pour mes PdD. Si leur Dieu était un membre actif de la société au lieu d’un grabataire minable, leur vie serait bien plus facile.

« Les jeux sont censés être amusants ! Ils ne sont pas censés me faire réfléchir à mes choix de vie ! »

Les jeux étaient censés être une évasion de la réalité. Mais mes villageois avaient tout donné, même Carol. J’avais aussi entendu une autre conversation hier soir.

« Carol, tu es si petite ! Pas besoin de te fatiguer trop. »

« Être petite n’est pas une excuse, père. Je veux faire ma part ! », avait dit Carol.

« Tu sais que tu peux me demander de l’aide si ça devient trop dur, n’est-ce pas, Carol ? », lui rappela gentiment Rodice.

« Merci, père ! Mais je vais m’en sortir ! »

Même si Rodice donnait tout ce qu’il avait, il s’était quand même assuré que sa fille allait bien. Je l’avais vu se décider à aller l’aider, puis s’arrêter, plusieurs fois. Et Carol, toute jeune qu’elle était, travaillait sans se plaindre.

Je savais que ce n’était qu’un jeu, mais ces personnages semblaient vraiment vivants. Et plus vivants que moi en tout cas. J’avais toujours eu peur du travail honnête. Les voir faire tant d’efforts pendant que je restais assis à ne rien faire me serrait la poitrine. Chaque pas qu’ils faisaient et chaque charge qu’ils portaient était comme une coupure fraîche dans mon cœur pourri.

J’avais regardé autour de moi. Des emballages de bonbons sur le sol, c’était les restes d’une friandise que ma mère avait achetée pour l’essayer elle-même, avant que je les arrache et les engloutisse. Tout ce que j’avais accompli au cours de la dernière journée était de la création d’ordures, de la vaisselle sale, des piles de linge. Franchement, ma prophétie quotidienne à ces gens devrait être qu’ils ne devraient pas trop attendre de moi.

S’ils mettaient trop de foi en moi, cela pourrait les empêcher d’agir à un moment critique et le village pourrait être détruit. Après tout, je n’avais droit qu’à un seul essai dans ce jeu.

 

***

J’avais mis du temps à trouver un message qui ferait comprendre à mes villageois mes pouvoirs limités sans leur faire perdre confiance en moi. J’espérais seulement qu’il serait suffisant. Je regardais anxieusement mes villageois lire ma prophétie quotidienne.

« Tout le monde ! Le Seigneur nous a envoyé un autre message », dit appelé Chem tout en amenant les autres à arrêter ce qu’ils faisaient pour se rassembler autour d’elle.

« Je vais vous le lire. Mes chers croyants, j’ai perdu certains de mes pouvoirs. Tout ce que je peux faire, c’est veiller sur vous avec amour et accomplir de temps en temps de petits miracles. Vous devez travailler ensemble pour survivre. C’est mon souhait le plus cher. Si vous le faites, vous recevrez ma bénédiction. »

Leur silence fut long et gênant, et j’avais regardé en retenant mon souffle tout en espérant que cela se passerait comme je l’avais prévu. Je n’entendais rien à travers les haut-parleurs de mon ordinateur, à part le gazouillis des oiseaux et le bruissement des arbres. Je m’étais donc demandé ce qui leur passait par la tête. Peut-être avaient-ils déjà vu clair en moi et perdu la foi ? Honnêtement, ça faisait mal à voir. J’aurais dû trouver quelque chose de mieux, mais il était trop tard pour faire quoi que ce soit maintenant.

« Oh, comme c’est merveilleux ! Le Seigneur nous aime et veille sur nous ! Merci, Seigneur ! »

Chem, folle de joie, tomba à genoux et commença à me louer.

« Il a accompli un grand miracle pour nous, même sans tous ses pouvoirs ! Et il nous a donné sa bénédiction, même si nous sommes indignes ! Je suis sûre qu’Il a perdu ses pouvoirs dans une grande lutte contre les forces du mal, mais Il a quand même accompli un miracle pour nous, même au milieu de sa détresse ! !! Nous devons travailler dur et ne pas L’accabler ! »

Merci de m’avoir couvert, Rodice !

J’avais été impressionné par la quantité de mimiques qu’il était capable d’intégrer dans ses louanges à mon égard. On aurait dit que je les avais convaincus. J’avais alors laissé échapper un soupir de soulagement. Et pendant que mes villageois continuaient à me remercier, j’avais remarqué que mes PdD augmentaient.

« La prophétie quotidienne a donc un effet direct sur mes PdD. »

Mes PdD avaient beaucoup augmenté pendant que je regardais, mes villageois devaient être vraiment contents de moi. Mais je n’en avais toujours pas assez pour obtenir le familier que je voulais. J’avais commencé avec 100 PdD hier et j’en avais gagné 110 de plus aujourd’hui. Je m’attendais à une cinquantaine par jour, mais il semblerait que je les avais sous-estimés. Pourtant, les miracles seront rares pendant un bon moment encore. Je pouvais probablement m’en permettre un par semaine, mais ce n’était vraiment pas suffisant. Mes villageois avaient besoin de beaucoup plus que ce que je pouvais leur offrir. Par exemple, les femmes voulaient un endroit convenable pour dormir.

« La charrette est pleine de courants d’air et n’est pas non plus très sûre — j’aimerais avoir un autre endroit où dormir ! Si seulement nous avions une sorte de clôture ou de mur pour nous protéger des monstres. Cela permettrait aussi à Gams de nous protéger plus facilement », dit Chem.

« Je m’inquiète pour le stockage de la nourriture. Si seulement nous avions un peu plus de sel », répondit Lyra.

La plupart de leurs conversations portaient sur ce dont ils avaient besoin pour survivre. Si j’avais plus de PdD, j’aurais pu résoudre au moins une partie de leurs problèmes. Mais je ne pouvais pas en gaspiller pour le moment.

« Je suppose que mon seul choix est de payer… »

J’avais mis mes prix non ouverts aux enchères en ligne. S’ils étaient tous vendus, j’en tirerais environ 30 000 yens, pas plus. Je pourrais vendre mes mangas et mes jeux dans un magasin de vente d’occasion, mais cela me forcerait à sortir. Et je n’étais plus sorti en plein jour depuis environ deux ans.

J’avais jeté un coup d’œil à l’écran. Mes villageois devenaient de plus en plus humains à mesure que je les regardais. Ils travaillaient dur pour survivre. Les choses allaient bien, mais nous étions encore au début du jeu. On ne pouvait pas savoir ce qui allait se passer, mais j’étais sûr que ce serait intéressant. Je détestais l’idée qu’ils meurent avant que je puisse voir tout ça.

Je devais les aider, et pour cela, j’avais besoin de plus de PdD. Est-ce que c’est ce que ressentent les flambeurs, me suis-je demandé, lorsqu’ils dilapidaient leur argent encore et encore dans leurs jeux en ligne ?

« Je suppose que je vais sortir… »

Enlevant mon sweat-shirt et mon pantalon, je m’étais changé en des vêtements plus appropriés. Tout était un peu serré sur moi. Je n’avais pas pris de poids, j’étais juste peu habitué à porter quelque chose d’aussi restrictif. Au moment où je m’étais regardé dans le miroir, je vis un trentenaire pataud qui était mort à l’intérieur.

Quand j’étais enfant, je pensais qu’être un adulte signifiait être une personne respectable avec un bon travail, et peut-être une famille. Je pensais que je grandirais pour être comme eux. Au lieu de ça, j’étais là. Je ressemblais à un adulte, mais à l’intérieur, j’étais toujours un enfant. Peut-être même que j’étais moins responsable qu’un enfant. À l’époque, j’étais allé à l’école et tout ça. Tout ce que j’avais à montrer ces dix dernières années, c’était ma capacité à jouer à des jeux et à écrire des messages sur Internet.

Même maintenant, mon cerveau me disait que je n’avais pas à faire ça, que je pouvais enlever ces vêtements et retourner au lit. Normalement, j’aurais écouté, décidant que je pouvais réessayer demain, repoussant tous mes espoirs d’un jour de plus. Mais aujourd’hui, c’était différent.

Je m’étais retourné vers mes villageois. Rodice et Gams enlevaient l’écorce des troncs dans un silence amical. Ils travaillaient si dur, mais je ne les avais jamais entendus se plaindre. Chem était à la recherche de nourriture. J’avais entendu Gams dire qu’elle n’avait pas beaucoup d’endurance, mais cela ne l’arrêtait pas. Lyra lavait des vêtements à la rivière voisine. L’eau devait être froide, elle soufflait sans cesse sur ses mains pour les garder au chaud. Carol aidait partout où elle le pouvait, souriant tout le temps et ne mentionnant jamais son estomac vide.

Mon travail consistait maintenant à subvenir à leurs besoins. Même s’ils n’étaient que des personnages de jeu, je me sentais responsable d’eux. Ils étaient le coup de pouce dont j’avais besoin. J’avais quitté ma chambre et j’avais descendu les escaliers. Quand j’étais passé le salon, ma mère me repéra.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? Tu sors ? »

« Je reviens vite. »

« Très bien… Amuse-toi bien. »

Je voyais bien qu’elle était surprise, mais elle ne m’avait rien demandé d’autre. Pendant un instant, j’avais cru entrevoir un sourire, mais il était parti trop vite pour en être sûr.

« À plus ».

Cette réponse était tellement simple, mais je ne l’avais pas dit depuis des mois et des mois.

Il faisait froid dehors. Je n’avais pas remarqué que c’était l’hiver. Ayant passé toute ma vie dans un environnement climatisé, je n’avais jamais fait attention à la météo.

J’avais déverrouillé mon vélo avant de hisser ma jambe sur la selle. J’étais un peu nerveux, cela faisait si longtemps, mais finalement, mon corps s’était souvenu de ce qu’il fallait faire. En traversant le quartier, j’avais remarqué que les passants parlaient entre eux. Je m’étais demandé s’ils ne se moquaient pas de moi, s’ils ne faisaient pas des commérages sur un homme de mon âge, dehors en plein milieu de la journée. Les questions tournaient dans ma tête. Je savais que j’étais probablement paranoïaque, mais j’avais peur. Je ne pouvais pas supporter le fait d’être ridiculisé. Ce n’était probablement que mon imagination, mais je pouvais entendre leurs rires dans mes oreilles, et cela me faisait honte.

Je voulais faire demi-tour et rentrer chez moi, mais je m’étais souvenu de mes villageois. Ils étaient probablement en train de travailler dur en ce moment. Je voulais leur faciliter la vie, ne serait-ce qu’un peu. J’avais donc gardé les pieds sur les pédales.

 

***

Je me sentais beaucoup plus à l’aise à l’intérieur du magasin d’occasion, où personne ne me reconnaîtrait. Et j’avais bien réussi. J’avais vendu deux sacs remplis de mangas que j’avais déjà lus à mort et tous mes vieux jeux. Le seul jeu dont j’avais besoin en ce moment était Le Village du Destin. Je n’en avais pas tiré grand-chose, mais l’un des mangas avait maintenant un anime, et il s’était vendu plus cher que prévu.

J’avais été tenté de prendre un fast-food avant de rentrer, pour me faire plaisir, mais j’avais décidé de ne pas le faire. À la place, j’avais fait un petit tour à la boutique d’occasion.

D’abord, j’avais pris un livre de menuiserie et un magazine sur la construction en rondins. Les informations étaient probablement toutes en ligne, mais il serait bon d’avoir un livre sur le sujet. Après tout, on ne savait jamais ce qui était réellement vrai en ligne. Et alors que je continuais à parcourir les rayons, me demandant s’il y avait autre chose d’utile, j’étais arrivé dans la section des LN. C’était rempli de romans isekai populaires. La plupart d’entre eux étaient gratuits en ligne, ce qui les rendait parfaits pour un NEET fauché comme moi, les loisirs gratuits étant tout ce que je pouvais me permettre.

Les versions imprimées étaient éditées et améliorées, et elles étaient accompagnées d’illustrations. J’avais vraiment envie d’acheter un exemplaire de ma série préférée, pour soutenir l’auteur, mais je n’avais tout simplement pas l’argent nécessaire pour le moment.

« Dans beaucoup de ces livres, un type apporte ses connaissances modernes à une société médiévale et en retire tout le mérite, non ? »

Ma propre situation avec Le Village du Destin était très similaire. Peut-être que ces livres me seraient quand même utiles ? J’avais acheté quelques exemplaires d’occasion, juste au cas où.

Même en vivant aux crochets de mes parents, j’étais tellement fauché que je devais acheter mes livres d’occasion. Quelle pensée déprimante ! Même les enfants savaient qu’il fallait de l’argent pour aller quelque part dans le monde, mais je m’étais caché cette vérité pendant tout ce temps. Tout ce que je voulais, c’était rentrer chez moi. Mais sur mon chemin, j’avais vu une pâtisserie que ma famille avait l’habitude de fréquenter. À l’intérieur, une petite famille choisissait un gâteau avec son enfant. Ils étaient tous souriants.

« Ce n’est peut-être pas une mauvaise utilisation de mon argent… »

Je m’étais arrêté et j’avais pris quatre puddings, qui eurent toujours du succès auprès de ma famille.

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