Murazukuri Game no NPC ga Namami no Ningen toshika Omoenai – Tome 1 – Section 1 – Chapitre 5

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Chapitre 5 : Chapitre 5 : Un pauvre homme et une paix brisée

En rentrant à la maison, j’avais tendu les puddings à ma mère, qui regardait toujours la télé.

« Est-ce pour nous ? Merci ! »

« J’en ai assez pour tout le monde. »

Comme je ne voulais plus voir le visage souriant de ma mère, je m’étais dépêché de retourner dans ma chambre. Je n’avais rien fait d’autre que d’acheter un dessert. Ce n’était pas comme si j’étais rentré avec un ticket de loterie gagnant. J’étais toujours le même bon à rien que j’avais toujours été. Une si petite chose ne devrait pas me rendre si fier.

« Mais qu’est-ce que je fais de ma vie ? »

Je m’étais donné une bonne gifle pour reprendre mes esprits et je m’étais assis devant mon ordinateur. Mes villageois travaillaient joyeusement. Une fois qu’ils étaient de nouveau en sécurité sur mon écran, je commençais à feuilleter le magazine et le livre que j’avais acheté. J’avais hâte d’obtenir des PdD afin d’accomplir un miracle, mais si je ne faisais pas mes recherches, il y avait de fortes chances que je les gaspille. Je devais être sûr de prendre les meilleures décisions pour mes villageois.

Tout d’abord, j’avais décidé d’acheter des PdD, juste au cas où. Environ 20 000 yens devraient suffire.

 

***

Le livre sur le travail du bois s’était avéré très captivant. C’était le soir précédent la tragédie. Mes villageois étaient en train de se préparer pour le dîner. La veille, j’avais trouvé une fonction qui me permettait de consulter l’historique de leurs conversations. Je l’avais fait défiler, à la recherche de ce que j’avais manqué pendant la journée.

« Le temps est si beau. »

« Oui. »

« J’espère que nous ne rencontrerons pas de monstres ! »

« Moi aussi. »

Allez Gams, Rodice essaie d’apprendre à te connaître !

Gams était un gars honnête et direct, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’être désolé pour Rodice. Ça devait être comme parler à un mur de briques.

J’avais l’impression de lire leurs conversations privées, mais c’était le meilleur moyen pour moi de savoir comment les aider. En tout cas, ce fut ainsi que j’avais essayé de me justifier. J’avais ouvert le journal.

« Le linge devrait bientôt sécher », dit Lyra.

« C’est bien d’avoir la rivière si près », répondit Chem.

« Ça ne me dérangerait pas de me baigner… mais que se passerait-il si des monstres attaquaient pendant que je suis nue ? »

« Sans compter que les hommes pourraient revenir ! »

« Je ne suis pas inquiète. Mon mari et ma fille m’ont vue nue des centaines de fois, et je suis sûre que Gams n’aurait pas envie de regarder une vieille dame mariée ! », dit Lyra en riant.

C’était vrai. Lyra était censée avoir trente ans, le même âge que moi. Personnellement, je ne pensais pas qu’il y avait quelque chose de « vieux » chez elle. Elle avait une belle silhouette et était plutôt belle, même pour quelqu’un coincé dans la nature sans maquillage ni bijoux.

Pour être honnête, j’étais plutôt jaloux de Rodice.

« Ça ne me dérange pas non plus si Gams me voit ! », annonça Carol.

Sachant à quel point Carol aimait Gams, je ne serais pas surpris de la voir lui demander de la rejoindre dans la rivière.

« Ne sois pas stupide, Carol. Et je n’en sais rien, Lyra. Mon frère est peut-être un gentleman, mais c’est toujours un mâle au sang chaud ! »

Chem devait être plus attachée à son frère que je ne le pensais…

Leur conversation n’avait rien d’époustouflant, mais j’en avais appris un peu plus sur l’origine de mes villageois.

« Je dois me demander… quels étaient ces monstres qui ont attaqué notre village ? C’était tellement étrange, même en considérant la date. Et puis, juste comme ça, tout le monde est parti. »

Que voulait-elle dire par « en considérant la date » ? J’avais pensé à le demander dans ma prochaine prophétie, mais en même temps, je n’étais pas sûr que ça en valait la peine.

« Notre village était grand, nos murs étaient solides et bien construits, et nous avions tellement de chasseurs forts comme mon frère. Nous aurions dû être capables de nous défendre. »

« Je me demande si le gentil vieux couple d’à côté va bien », dit Carol.

Même en lisant le texte, je pouvais imaginer à quel point elle devait être triste.

« La forêt est peut-être dangereuse, mais nous n’avons plus d’options tant que nous n’aurons pas réparé les roues du chariot… Je doute qu’elles puissent nous porter pendant une journée dans leur état actuel. »

En faisant défiler l’historique, il semblerait que mes villageois venaient d’un village de quelques centaines d’habitants, ce qui était à peu près la moyenne pour ce monde. Un jour, un groupe de monstres les avait attaqués et, bien qu’ils aient essayé de se défendre, ils s’en étaient sortis de justesse. D’autres personnes étaient avec eux, mais ils avaient été séparés lorsqu’ils s’étaient enfoncés dans les bois, et maintenant ils ne connaissaient même pas leur chemin de retour, et s’il était même sûr d’essayer. Et quand bien même ils le feraient, le chariot était pratiquement détruit. Ils étaient coincés.

Maintenant, je comprenais pourquoi il y avait un miracle pour « retrouver les autres villageois ». Peut-être que si je l’utilisais, je pourrais faire travailler plus de gens dans mon village.

« Le dîner est prêt ! »

Au son de la voix de ma mère, j’avais fermé mon livre. Pour une fois, mon père se joignait à nous pour le dîner. D’habitude, il rentrait du travail beaucoup plus tard. Ses cheveux étaient séparés et gominés dans leur style habituel, et ses yeux regardaient froidement derrière ses lunettes à monture noire. C’était un homme franc qui ne disait jamais plus qu’il fallait. Il ressemblait ainsi un peu à Gams. Nos emplois du temps étaient si différents que nous ne nous voyions que quelques fois par mois, et nous n’avions jamais grand-chose à nous dire. Après une grosse dispute que nous avions eue il y a quelques années, il semblait totalement indifférent à mon égard. Il n’était pas méchant, juste désintéressé.

« Où est Sayuki ? », avais-je demandé.

« Elle fait des heures supplémentaires. Elle a dit qu’elle serait en retard. »

« Je vois. »

C’était assez courant actuellement.

Sayuki était ma petite sœur. Même si elle était un peu plus jeune que moi, elle travaillait déjà dans le domaine de ses rêves et avait le sourire aux lèvres chaque jour. En fait, elle aimait faire des heures supplémentaires. Je ne savais pas exactement ce qu’elle faisait, mais je pense qu’elle était dans l’administration ou quelque chose comme ça.

« Oh, c’est vrai ! Okiku-san m’a donné des cornichons faits maison aujourd’hui. Tu en veux ? », dit soudainement ma mère.

« Bien sûr. »

« Le temps était si beau que je suis allée me promener dans le parc. C’est là que je l’ai rencontrée ! On a fait du shopping ensemble, et elle m’a invitée à entrer… »

Ma mère n’en finissait pas de raconter sa journée pendant que mon père et moi mangions en silence, en ajoutant seulement une interjection de temps en temps pour lui faire savoir que nous l’écoutions toujours.

Je m’étais rendu compte que j’avais de la chance d’avoir ce que j’avais. Nous vivions dans une maison individuelle à l’écart de la ville. Pour l’instant, le grand et beau jardin ressemblait davantage à un champ, empilé avec de vieilles étagères et chaises en bois que mon père construisait à ses heures perdues, mais il disait vouloir en faire quelque chose un jour. Si ma famille avait été pauvre, elle n’aurait pas pu supporter le fardeau d’un fils paresseux comme moi. Ici, j’avais de la nourriture, un abri, et même Internet. Comparé à mes villageois, je n’avais pas à me plaindre.

Après avoir fini de manger, je m’étais levé pour retourner dans ma chambre quand ma mère m’arrêta.

« Pourquoi ne prends-tu pas un de tes puddings avec toi ? Regarde, chéri. Yoshio les a achetés pour nous. », dit-elle à mon père.

« Vraiment ? Je vais donc en prendre un. »

Comme je ne pouvais pas dire s’il était en colère ou heureux, j’avais couru jusqu’à ma chambre avec mon pudding dans les mains.

Maman avait attendu que papa rentre à la maison pour servir le dîner, il fut donc plus tardif que d’habitude aujourd’hui. Tous mes villageois, sauf Gams, étaient déjà endormis dans la charrette. À la lumière du feu de joie, son visage semblait encore plus fort et plus stoïque que d’habitude. Le village avait de la chance de l’avoir. La magie de Chem n’était constituée que de sorts de guérison, et même si j’aimais bien Rodice, il n’était clairement pas fait pour le combat, ni physiquement ni émotionnellement. Il était plus enclin à fuir les monstres qu’à les attaquer. Gams était le seul combattant. J’avais appris en lisant les conversations de mes villageois qu’il gagnait sa vie en chassant des monstres.

Après avoir appris que leur Dieu n’était pas tout-puissant, mes villageois avaient décidé de se relayer pour surveiller les nombreux monstres nocturnes qui vivaient dans ces bois. Le fait de voir Gams debout, veillant sur ses compagnons, m’avait mis à l’aise. J’étais sûr que son apparence y était pour quelque chose. Il avait des cheveux noirs et des yeux sombres. Je ne savais pas exactement quelle était sa taille, mais à en juger par la taille des autres, il devait approcher les 1,80 m, voire plus. Il avait une épée longue et une épée courte, et était très capable de les manier toutes les deux en même temps. J’avais tiré beaucoup d’informations sur lui en lisant les conversations entre Chem et Lyra. Il était également extrêmement sérieux et calme, et ne se plaignait jamais, même si la tâche qu’il avait à accomplir était désagréable ou ardue. C’était certainement la personne la plus fiable du village, et ils ne s’en seraient probablement pas sortis sans lui.

« Je compte sur lui autant que sur mes villageois. Je devrais probablement voir si je peux obtenir quelques habitants supplémentaires. »

Cinq personnes, ce n’était pas suffisant. Je pouvais augmenter ma population en utilisant mes PdD, mais cela était stupidement coûteux. Le coût variait selon le type de personnage, il y avait des marchands, des soldats, des archers, des civils, des charpentiers… Il y avait aussi une option « Aléatoire ». Je savais que la meilleure chose à faire était de l’éviter. Je ne voulais pas risquer de leur apporter une sorte de criminel… et je ne voulais pas non plus devenir accro au jeu pour obtenir des ressources pour mon village. J’avais vu à quel point il était facile de perdre une tonne d’argent sur les jeux gacha si l’on ne faisait pas attention.

De plus, même si je trouvais d’autres villageois, ils n’auraient nulle part où vivre. Et comme il n’y avait plus de place dans le chariot, quelqu’un aurait dû dormir dehors. Construire une maison où mes villageois pourraient se reposer tranquillement devait être ma priorité absolue.

« Une maison… », m’étais-je murmuré à moi-même.

Devrais-je dépenser tout l’argent que j’avais gagné pour acheter un charpentier afin d’accélérer le processus ? Les matériaux n’étaient pas un problème, ils vivaient au milieu d’une forêt. Il y avait déjà beaucoup de rondins, et cinq troncs étaient dépouillés de leur écorce. Gams supervisait l’abattage des arbres, tandis que Rodice était chargé de les transformer. Les troncs étaient gros, et on en tirerait probablement un bon nombre de planches. Le problème était qu’elles avaient encore besoin de temps pour sécher correctement.

Et tout cela mis à part, je voulais toujours vraiment un familier. De plus, j’estimais que je devais toujours avoir des PdD sous la main en cas d’urgence. Je suppose que j’aurai à le découvrir demain…

Pas besoin de se précipiter. De plus, j’aurais plus de PdD demain. Le fait de laisser Gams faire le guet tout seul me mettait mal à l’aise, mais je ne pouvais rien faire d’autre. J’avais décidé qu’il était temps de me coucher, afin de me lever tôt demain pour décider de ma prophétie.

À ce moment-là, j’avais entendu un bruit bizarre venant de l’ordinateur. Je m’étais retourné pour voir le mot « Attaque ! » écrit en rouge sur l’écran. Gams était en train de dégainer ses deux épées et se préparait au combat.

« Tout le monde ! Réveillez-vous ! »

Les visages endormis des villageois surgirent de la charrette à son appel.

« Qu’est-ce qui se passe, Gams ? », cria Chem.

« Des monstres ! Garde tout le monde dans le chariot, Chem ! »

« Est-ce que Gams va s’en sortir ? », demanda Carol avec anxiété tout en sortant la tête.

« Ne t’inquiète pas pour moi ! », dit Gams en souriant.

Carol et ses parents s’étaient retirés dans le chariot comme on leur avait dit. Chem serra ses mains devant sa poitrine et posa son regard inquiet sur son frère.

« Je peux me battre… »

« Ton travail est de me guérir si quelque chose ne va pas. Pour l’instant, prends soin des autres. »

Chem hésita avant d’acquiescer et de suivre les autres dans la charrette. Je n’étais pas capable de voir à l’intérieur, mais je pouvais imaginer Rodice et sa famille se blottissant et tremblant de peur. Sur la carte, je pouvais voir assez loin, grâce aux efforts d’exploration de mes villageois. Mais l’obscurité de la nuit signifiait que seule la zone autour du feu de camp était visible pour le moment.

Deux grands loups noirs étaient apparus dans l’obscurité. J’avais cliqué sur l’un d’eux pour voir ce que le jeu avait à dire.

« Loup-garou. On sait relativement peu de choses sur ces carnivores vicieux. À ce qu’il paraît, il s’agit de loups ordinaires qui s’étaient transformés en monstres. Ils sont plus forts que les loups ordinaires, certains ont même des crocs venimeux. »

« J’espère que Gams va s’en sortir… Je sais qu’il est fort, mais c’est deux contre un. »

Les loups s’étaient approchés de Gams, mais il avait tenu bon. S’il se concentrait d’abord sur un des loups, les choses seraient plus faciles, mais il prendrait le risque de voir l’autre s’attaquer au chariot. Les chevaux étaient attachés à un arbre proche, mais heureusement, il ne semblait pas que les loups s’intéressaient à eux pour le moment. Au lieu de cela, ils s’étaient séparés pour venir sur Gams des deux côtés, montrant leur intelligence.

« S’il te plaît… S’il te plaît, gagne, Gams ! »

Je ne pouvais rien faire d’autre que prier et regarder. Mais je ne savais pas qui je priais, vu que j’étais censé être le Dieu de ce monde.

« Attends ! Je suis Dieu ! Je devrais être capable de faire quelque chose ! »

Je m’étais empressé d’ouvrir le menu des miracles et de le faire défiler alors que Gams commençait à faire un geste. Les loups-garous bondirent sur lui. Gams balança ses deux épées en même temps. Il y eut un bruit d’entaille, et l’instant d’après, les loups étaient tombés au sol.

« Whoa! »

Malgré son incroyable exploit, Gams n’avait pas hésité à asséner un coup de grâce à chaque loup-garou. Bon sang, Gams était vraiment quelque chose !

« Vas-tu bien, Gams ? », demanda Chem tout en courant vers lui.

Gams posa sa main sur sa tête et sourit doucement.

« Je suis désolé. Prends soin de… tout le monde… », dit-il.

Gams s’était effondré sur le sol.

J’avais cliqué sur lui frénétiquement, me demandant s’il avait été blessé sans que je m’en aperçoive. Et au moment où je l’avais fait, il y eut un texte rouge clignotant sur sa boîte d’état.

« Empoisonné. »

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