Maou No Hajimekata – Tome 2 – Chapitre 14 – Partie 1

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Chapitre 14 : Donnons au héros une mort cruelle

Partie 1

« Votre Majesté. Il y a une chose sur laquelle j’aimerais que vous portiez votre attention, » déclara le magicien en s’agenouillant. Il semblait avoir plus de 60 ans. Ses cheveux étaient complètement blancs et il affichait une expression paranoïaque derrière ses lunettes. Il s’appelait Toscan, le fidèle premier ministre du roi.

« Tu as mon oreille, » déclara le roi.

L’autre était un homme aux cheveux roux, partiellement blanc, qui portait une robe rouge luxueuse. Il était grand, et il atteignait six pieds et demi (environ deux mètres) et présentait un physique musclé. Sa barbe ample s’allongeait comme du feu, où elle ornait sa poitrine comme la crinière d’un lion. Alors que le grand homme était au milieu de la cinquantaine, il possédait la force de vitalité qui lui donnait l’air d’avoir 10 ans de moins.

Son nom était Wolf Diel Sevran Ru Ela Grandiera I. le roi du puissant pays de Grandiera.

« J’en ai déjà parlé, mais il s’agit du “Roi-Démon Aur”, qui a subjugué le royaume de Figuria, » déclara Toscan.

« Je pensais t’avoir dit qu’un pays aussi petit ne vaut pas mon attention, » déclara Wolf.

Wolf avait déplacé une pièce d’échecs vers l’avant. Il n’y avait pas d’adversaire. C’était une composition d’échecs… en d’autres termes, un problème d’échecs.

« Mais… il y a eu un rapport selon lequel quelqu’un ressemblant à Yunis a été vu dans ses partisants, » déclara Toscan.

« … Oh ? » s’exclama Wolf.

Sans s’arrêter, Wolf continua à déplacer les pièces d’échecs.

« Cette fille ennuyeuse ! Alors elle s’est retrouvée dans un tel endroit après s’être enfuie de la maison, n’est-ce pas ? » demanda Wolf.

« Qu’est-ce que vous allez faire ? » demanda Toscan.

La main de Wolf s’arrêta alors qu’il réfléchissait. Puis il plaça le pion blanc en diagonale devant le roi noir.

« Ramène-la, » ordonna Toscan.

Le roi noir n’avait nulle part où aller.

« Si elle résiste, tu peux la tuer, » continua Toscan.

Le roi n’eut d’autre choix que de prendre le pion, Wolf l’écrasa avec la tour blanche, le brisant en poussière…

« On dit que ce continent de Lafenice compte 12 petits et grands pays au total, » expliqua Aur en dessinant les lignes d’une carte simple à la craie. Devant lui, les visages habituels de Lilu, Yunis, Spina et Ellen étaient là, alors qu’elles étaient assises à table, écoutant ses instructions.

La seule différence, c’était que Marie, qui n’avait pas l’intention d’écouter en premier lieu, avait le visage enterré dans la table et Mio était assise vers l’arrière, l’air ennuyé.

« Le royaume de Figuria… eh bien, il est récemment devenu connu comme le Pays du Démon ou le Pays du Roi-Démon. Ce pays est situé par ici, » déclara Aur.

Aur avait dessiné un petit cercle vers le centre, légèrement à l’ouest du continent.

« Au sud se trouve le grand pays, Grandiera. Ce pays puissant possède un ordre de chevaliers commandés par le Roi Wolf, le Roi-Héros. En termes de force militaire, ils sont sans égal sur ce continent. Il n’était pas à l’origine un si vaste pays, mais il a rapidement englouti leurs voisins, atteignant sa grande taille dans un très court laps de temps, » expliqua Aur.

Aur avait encerclé la moitié inférieure du continent comme s’il la traçait. La taille était presque 10 fois plus grande que celle de Figuria.

« Au nord se trouve l’état religieux, Lafenice. On pourrait les appeler le premier pays de ce continent. C’est un pays dont les traditions remontent à plus de mille ans. Leur chef actuel est la Sainte Meria. Ils ont longtemps maintenu leur neutralité et ne sont jamais les premiers à attaquer, mais ils n’auront aucune pitié une fois provoquée. Quelques pays l’ont déjà appris à leurs dépens. Même Grandiera ne levait pas le petit doigt contre eux, » continua Aur.

Aur avait encerclé la moitié supérieure du continent. Maintenant, la plupart des places sur le continent avaient été comblées.

« D’autres pays remarquables sont Ravana, avec ses chevaliers dragons à l’est, et Alfheim, le pays des elfes blancs. Il y a d’autres pays, mais ils sont petits et ne partagent aucune frontière avec nous, alors nous pouvons les ignorer, » continua Aur.

Aur dessina encore plus de cercles dans les espaces vides et posa la craie.

« D’abord, nous ne devons en aucun cas, contrarier Lafenice. Ils nous laisseront tranquilles tant que nous ne les attaquerons pas, mais ils nous annihileront s’ils concluent que nous sommes hostiles. Il ne restera plus rien de nous quand ils auront fini, » déclara Aur.

« Mais, Grandiera est supérieur à eux en termes militaires, n’est-ce pas ? » demanda Yunis.

Aur acquiesça à la question de Yunis.

« Militaire, oui. Mais la Sainte de Lafenice n’est pas une sainte autoproclamée. Elle est littéralement une messagère de Dieu, servante des anges. S’opposer à Lafenice serait la même chose que s’opposer aux cieux, » répondit Aur.

« Mais Dieu n’est-il pas mort pendant la guerre des dieux ? » demanda Lilu.

« En effet. Mais même si leur patron est mort, ces ennuyeux anges sont toujours au paradis. Tout comme nous, les démons, n’avons pas disparu, » Logan répondit avec une réponse lourde à la question de Lilu.

« Maintenant que j’y pense, n’as-tu pas vécu la guerre Shinma… ? » demanda Lilu.

« Oui. Bien que j’étais en bas de la hiérarchie, il n’y a donc pas de quoi être fier, » répliqua Logan.

C’était la raison pour laquelle un démon aussi puissant que Logan était appelé un « bas de la hiérarchie ». Il y a des milliers d’années, à une époque connue comme l’âge des dieux, de nombreux démons menés par le légendaire Madouou, avait mené une guerre contre le Dieu qui vivait au ciel. C’était la guerre Shinma. Dans cette guerre, Logan était au niveau minimum de sa force de combat.

« Pourtant, tu sais ce que c’est que d’être du mauvais côté du paradis, » déclara Yunis.

« Ce n’est pas si différent que de faire de chaque démon ton ennemi. La plupart des supérieurs de là-haut ont aussi été détruits. Il n’y aura plus jamais de guerre Shinma, mais, avec notre force actuelle, nous ne pourrions pas les battre même s’ils avaient les yeux bandés, » répliqua Logan.

« Oui, ce n’est pas possible, » déclara Yunis.

Yunis était tout à fait d’accord. On disait que ses capacités de combat étaient hors du commun, mais qui pourrait dire si elle gagnerait contre deux ennemis aussi puissants que Logan. S’il y en avait trois, il n’y aurait plus d’espoir.

« Cela dit, la vraie menace, c’est Grandiera. Ils ont déjà annexé de nombreux pays et ils font activement la guerre à d’autres. Il est fort probable qu’ils nous attaqueront sans provocation, » déclara Aur.

« Mon père adore faire la guerre…, » murmura Yunis en se grattant la tête. « J’ai quitté la maison parce que je détestais ça. J’en ai assez d’être un outil de guerre. Le meurtre d’innocents pour ta propre ambition, les coloniser, je ne pouvais pas le supporter, »

Yunis déclara ça avec détermination et regarda vers Aur. « Mais tu es différent, Aur ? Même si tu conquiers d’autres pays, tu t’occupes des gens. On ne les maltraite pas et on n’en fait pas des esclaves. Tu les diriges de manière responsable en tant que roi. »

« Mais, bien sûr, » répondit Aur.

Bien qu’il acquiesça d’un signe de tête, Aur n’était motivé par aucun sens de la moralité. En fait, c’était simplement sa méfiance envers les humains.

Il était nécessaire pour Aur de s’occuper fermement des pays afin de les étendre et d’enlever les graines de la rébellion. C’était soit cela, soit détruire complètement les pays ennemis et augmenter la population de ton propre pays, comme Wolf le faisait.

Parce qu’Aur ne croyait pas aux humains, il avait choisi la méthode qui diminuerait le risque de rébellion. Cela signifierait moins de rébellions s’il régnait sur un groupe diversifié de personnes au lieu de permettre à une race unie de se multiplier.

« Donc, si travailler sous tes ordres signifie que nous pouvons l’arrêter, je suis même prête à me battre contre mon père, » déclara Yunis.

« Tuerais-tu ton propre sang avec tes mains ? » demanda Aur.

L’expression de Yunis fut quelque peu troublée par les paroles d’Aur.

« … Je suis prête à le faire, c’est ce que j’aimerais dire, mais… Je suis désolée, je n’y arriverai peut-être pas, » répondit Yunis.

« Je vois. Eh bien, je ne forcerai pas…, » déclara Aur.

« Ce n’est pas ça, » Yunis coupa les mots d’Aur et secoua la tête. « Simplement, je ne pourrai pas le vaincre. Parce que mon père est beaucoup plus fort que moi. »

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