Maou Gakuen no Hangyakusha – Tome 2 – Chapitre 2 – Partie 3

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Chapitre 2 : Voici donc la chambre de Miyabi

Partie 3

En ce moment, j’étais dans la chambre de Miyabi.

C’était la première fois que j’entrais dans la chambre d’une fille. J’étais un peu nerveux.

« Désolée Yuuto, la chambre est petite comme ça. »

« N-Non… C’est moi qui suis arrivé si soudainement. »

À propos de sa chambre, je ne savais pas quoi en dire.

C’était une pièce de la taille de quatre tatamis et demi. Plus petite que ma chambre. Elle était remplie de meubles et de bagages. Il n’y avait pas de place pour y déposer un pied.

La majorité de la pièce était occupée par un lit. Moi et Miyabi étions assis côte à côte dessus.

Le lit était clairement déséquilibré par rapport à cette pièce. La taille était prévue pour une pièce plus grande qui pouvait être remplie avec d’autres meubles.

J’avais regardé par la fenêtre le manoir voisin.

 

D’après l’adresse qu’on m’avait donnée, ce manoir devrait être la résidence Yuugaoze. Cependant, est-ce que je peux poser des questions à ce sujet ?

« Ce manoir appartenait à notre famille. Mais seulement jusqu’au mois dernier. »

« … S’est-il passé quelque chose ? »

« Oui… en fait, nous avons été trahis par les diables subalternes en qui nous avions confiance… »

Miyabi avait petit à petit parlé. Selon elle, il y avait eu une trahison de la part des nobles qui étaient les subordonnés de sa famille et leur domaine, leur fortune et même leur territoire avaient tous été pris.

« Quelle histoire horrible… ! »

« Même Otou-sama est suspecté d’une trahison dont il ne se souvient pas et a été convoqué dans le monde des démons… nous avons à peine gardé la propriété de cette maison, et seules Okaa-sama et moi y vivons… »

Il était compréhensible qu’elle soit découragée par une telle situation. Ou plutôt, quand j’avais pensé à la façon dont elle avait enduré ce genre de circonstances tout en agissant gaiement, c’était si louable que mon cœur avait eu mal.

« Et, comment est-ce devenu comme ça… as-tu une idée ? »

« … C’est l’œuvre de ce type. Le candidat au titre de Roi-Démon, Mitsuishi Ibiza. »

Je m’étais souvenu de cet homme au regard frivole et à l’atmosphère de fêtard.

« Ce type, hein… »

« Oui. Je ne sais pas pourquoi, mais il vise le territoire de Yuugaoze et moi depuis un certain temps… »

Juste au moment où Miyabi avait fermé la bouche, la porte coulissante avait glissé en produisant un certain bruit.

« Puis-je m’imposer ? »

Le paravent coulissant s’était ouvert et une belle femme à l’air raffiné, vêtue d’une chemise de nuit, était apparue. Elle portait un plateau avec un service à thé dessus et entra dans la chambre de Miyabi.

Cette personne était donc la mère de Miyabi… Miyabi deviendrait sûrement comme ça en grandissant. Son beau visage, et puis son style. Son sex-appeal mature était stupéfiant.

De plus, elle avait l’air absurdement jeune.

Même ma mère avait l’air étonnamment jeune grâce à l’effet anti-âge de la bague qu’elle avait reçue des diables, mais celle-ci l’avait clairement surpassé.

« Okaa-sama… J’ai déjà dit que tu n’avais pas besoin de te donner autant de mal. »

Miyabi marmonna avec un visage légèrement troublé… attends, est-ce un discours de dame ?

Avant ça, quand elle saluait mes parents, elle utilisait aussi une manière polie de parler. C’était surprenant à ce moment-là, mais Miyabi utilisait-elle aussi cette façon de parler avec sa famille ?

« Êtes-vous le candidat au titre de Roi-Démon des Amoureux ? »

« O-Oui. Je m’appelle Morioka Yuuto. Miyabi-san a toujours été d’une grande aide pour moi depuis tout ce temps ! »

Uwah, je suis vraiment nerveux pour une raison inconnue.

« Alors Miyabi s’est occupée de vous… est-ce que je peux un peu vous parler ? »

OUI, bien sûr.

Il n’y avait pas de place pour s’asseoir, alors sa mère était restée debout. C’était inexcusable de la faire rester debout comme ça, alors je m’étais aussi levé.

« Pour être honnête, je n’arrive toujours pas à y croire, même maintenant. Un humain candidat au titre de Roi-Démon. Êtes-vous… vraiment un humain, et en plus un candidat au titre de Roi-Démon ? »

J’avais sorti l’Arcana des Amoureux de mon collier. Dès qu’elle avait vu l’Arcana dans l’étui accroché à mon cou, les yeux de la mère de Miyabi s’étaient ouverts en grand.

« Que je sois humain ou non, je pense que vous devez le savoir en tant que diable. »

« Oui… oui, je le sais. »

Elle avait dit cela et elle avait baissé les yeux tristement.

« Avec ceci… La maison Yuugaoze sera terminée de toute façon… »

« Okaa-sama !? »

« Les Amoureux sont déjà désavantagés même dans des circonstances normales. Malgré tout, je pensais que si la jeune femme de la maison Himekami était impliquée, alors peut-être… mais, même cet espoir est anéanti avec ça. Même la ruine de notre maison doit faire partie du destin. »

« Il n’y a rien de tel ! »

Miyabi s’était levée et avait crié.

« … Miyabi ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi parles-tu de cette façon ? »

Miyabi avait soudainement vacillé lorsque sa mère l’avait regardée avec surprise. Elle était soudainement à court de mots.

« — Non, ah… Yuuto est, il, c’est inconcevable que… Je veux dire… »

La mère de Miyabi avait baissé les yeux tristement et était sortie de la pièce.

L’écran coulissant s’était fermé. Après un moment, Miyabi avait marmonné.

« Yuuto… désolée. »

« Pourquoi t’excuses-tu ? Ce n’est pas comme si ta mère avait dit quelque chose de mal. »

« — Mais ! »

J’avais posé ma main sur l’épaule de Miyabi et l’avais fait asseoir sur le lit une fois de plus. Je m’étais également assis à côté d’elle et lui avais souri.

« Mais quand même, tu parles comme une vraie dame, même si tu es chez toi, hein. »

Les joues de Miyabi avaient rougi timidement en entendant ça. Elle avait fermé sa bouche.

« C’est l’inverse ! C’est parce que je suis à la maison que j’agis ainsi. Notre maison est d’un rang de noblesse assez élevé, donc la discipline ici est dure. Mais, quelque chose comme ça ne me convient pas du tout. »

Miyabi avait souri comme si elle était impuissante.

« Cependant, je peux dire les phrases clichés. Mais en dehors de ces lignes, je ne peux que gémir “uuh” et me taire “shiiin”. Je suis juste trop désespérée. C’est pire quand je vais faire à une fête. La plupart du temps, je me tais et je fais corps avec le mur. »

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »

J’avais inconsciemment éclaté de rire.

« Je suis aussi stupide. C’est comme pour les formules magiques. C’est difficile pour moi et je ne peux pas bien les comprendre. C’est pourquoi je ne peux pas non plus utiliser de magie forte. Et donc, je deviens déprimée “zuuun”. En plus, plus je deviens morose et plus ma personnalité devient taciturne. »

« Miyabi, je ne peux pas du tout imaginer que tu sois actuellement comme ça. »

« Au collège, il y a eu cette fois où la voiture qui venait me chercher est tombée en panne. C’était une chance rare, alors les filles de ma classe m’ont invitée et je suis allée jouer en ville pour la première fois sur le chemin du retour de l’école. C’est là que j’ai vu par hasard les filles au look flashy en ville… c’était ma rencontre avec la mode des filles. »

Miyabi avait souri en se souvenant de son passé nostalgique.

« Elles avaient l’air vraiment libres et fortes. À partir de là, j’ai commencé à garder ce secret pour Okaa-sama et Otou-sama. Et puis —, »

Miyabi s’était tournée vers moi avec des yeux brillants.

« C’était incroyable ! J’étais ravie pour une raison inconnue et la confiance a constamment augmenté en moi. C’est comme si j’étais devenu une personne complètement différente. Même si je ne peux pas parler avec courtoisie, je peux simplement dire ce que j’ai en tête sans me soucier de cela. Quand j’ai pensé à cela, je suis devenue capable de parler énormément. Cela m’a rendue encore plus heureuse ! »

Quand j’avais vu Miyabi parler comme si elle s’était beaucoup amusée, ça m’avait aussi amusé.

Il est certain que le fait de voir Miyabi sous la forme d’une dame protégée et de parler comme telle m’avait fait la regarder avec envoûtement, mais Miyabi ne semblait pas se voir comme étant elle-même sereine lorsqu’elle se comportait de cette façon.

Le visage ravi de Miyabi était soudainement devenu sinistre.

« C’est pourquoi… il y a un an et demi, quand j’ai appris que quelqu’un harcelait notre maison, je ne pouvais absolument pas lui pardonner. Je me suis entraînée à battre l’agresseur “pow wow”, mais… »

« Mais il est difficile d’obtenir un résultat à l’entraînement n’est-ce pas… ? »

Elle m’avait lancé un regard perçant.

« Tu dis ça, Yuuto ? »

« Euh… bien, j’ai le pouvoir de l’Arcana du Roi-Démon avec moi… plus important, dis-tu qu’Ibiza a exécuté son plan depuis six mois ? »

« Peut-être que c’est encore plus long que ça. Tout le monde avait de bonnes relations avec nous depuis plusieurs générations, mais ensuite, tous nous ont trahis. Je ne sais pas pourquoi, mais c’est sûrement à cause de la magie unique de ce type. »

Je m’étais souvenu de cette présence inconnue qui ressemblait à celle d’un serpent.

C’était… la magie unique de ce type ?

« C’est pourquoi je vais absolument battre ce type noir et bleu ! »

« Mais, il est coriace, tu sais ? »

L’incident dans le gymnase hier. À ce moment-là, non seulement les autres candidats au titre de Roi-Démon, mais aussi le directeur Gandou avaient eu peur d’Ibiza. Cela signifiait que son pouvoir était vraiment puissant.

Est-ce que Miyabi et moi pourrions gagner contre quelqu’un comme ça ?

Miyabi avait fait un grand sourire et avait fait un signe de paix.

« Pas de problème, pas de problème. Parce que la maison Yuugaoze a cette carte maîtresse magique ! »

« La carte maîtresse ? »

« Oui. Pour ainsi dire, un coup ultime ! »

« Le coup ultime ! »

« C’est quelque chose de génial qui va faire “DOGAGAGAAAAN”, et ensuite “DOYAAAAA-” ! Sûrement ! »

« … Et, plus précisément, de quel genre de magie s’agit-il ? »

« Qui sait ? »

« … »

Qui sait, a-t-elle dit.

« Je ne peux rien y faire ! Un ancêtre qui peut l’utiliser n’est jamais réapparu depuis un très, très long moment ! »

Miyabi était devenue rouge vif et elle avait commencé à s’excuser désespérément.

« Mais, cette formule magique, elle est transmise par mon sang. »

« Par ton sang… ? »

« Ouaip ouaip. C’est ce qu’on appelle la magie de la lignée sanguine. »

« C’est la première fois que j’entends ce terme… la formule magique qui circule dans le sang est-elle appelée ainsi ? »

« Oui. Je ne sais pas de quel genre de pouvoir il s’agit, mais apparemment c’est grâce à cette magie que mon ancêtre s’est élevé pour devenir margrave. Il semble qu’il était aussi doué pour se lier d’amitié avec des humains influents et des démons puissants. Grâce à cela, il s’est fait beaucoup de camarades… ce sont les nobles subordonnés de la maison Yuugaoze. »

— Soudain,

La voix d’Arcana avait résonné dans mon oreille.

{Attention. Une menace approche. Ne baissez pas votre garde.}

Qu’est-ce que… ?

Je m’étais levé du lit comme s’il y avait un feu allumé sous moi.

« Miyabi ! Il y a un ennemi qui approche ! »

Miyabi s’était également levée avec une expression grave.

« Ne me dis pas… que c’est Ibiza !? »

Miyabi s’était précipitée hors de la pièce vers l’entrée.

Je l’avais suivi et j’étais sorti de la maison.

« !? »

De l’autre côté du jardin, il y avait trois silhouettes à la porte qui était presque hors de ses gonds.

« Eh, ils vivent vraiment dans ce genre d’endroit ? C’est incroyable. »

« Ils sont vraiment tombés en ruine. Je me déteste quand je pense que nous nous sommes inclinés devant eux. »

Ces gens, c’était les nobles qui étaient les subordonnés de Miyabi avant ça. Rebecca et Maki, si je me souviens bien. Et puis — .

« Weeei ! Ce soir, c’est la meilleure soirée, n’est-ce pas ? »

« … Mitsuishi Ibiza. »

« Oh ? Quoi ? Le candidat des Amoureux est aussi ici !? Quelle coïncidence ! »

Miyabi avait jeté un regard noir aux trois intrus.

« Vous trois, qu’est-ce que vous faites ici !? »

« Bien sûr, nous sommes ici pour te récupérer, Miyabi-chan. »

Ibiza avait levé les yeux vers le luxueux manoir de la maison Yuugaoze à côté — le manoir qui lui appartenait maintenant.

« Mes préparatifs sont également enfin terminés. Maintenant, je vais pouvoir utiliser cette magie que j’attendais avec impatience ! »

Une magie attendue avec impatience ?

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