Le Monde dans un Jeu Vidéo Otome est difficile pour la Populace – Tome 8 – Chapitre 9 – Partie 3

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Chapitre 9 : Colin, le plus jeune des fils

Partie 3

« Anjie nous a préparé de délicieuses friandises à partager », dit Livia en l’amadouant. « Si tu ne te dépêches pas, nous allons tout manger avant que tu n’aies le temps de goûter ! »

Les filles s’étaient placées devant lui pour cacher Noëlle et Léon, qui essayaient de le forcer à les suivre et à partir. Les larmes coulèrent dans les yeux de Colin. À travers les espaces entre Anjie et Livia, il entrevit Noëlle dans les bras de Léon. Ses joues étaient rouge vif. Il avait ressenti deux choses en un clin d’œil : premièrement, que Noëlle était son premier amour — ce n’est que maintenant qu’il réalisait vraiment ce qu’il ressentait pour elle. Deuxièmement, son cœur s’était brisé. Il savait que Noëlle aimait Léon, pas lui.

Les émotions s’étaient abattues sur Colin comme une vague. Il fondit en larmes et quitta la pièce en courant. Son cri de colère résonna dans le couloir alors qu’il s’enfuyait : « Léon, gros bêta ! »

« A -Attends ! » Anjie l’appella en panique.

Le cri de Livia la rejoignit. « Colin, s’il te plaît, écoute ! »

Noëlle était tout aussi choquée par sa soudaine explosion. « Colin, qu’est-ce qu’il y a !? »

Colin continua à courir, mais ses pieds avaient semblé ralentir au son de la voix de Noëlle. C’était comme si elle lui demandait de faire demi-tour. Puis, la voix de Léon avait retenti et le fit sursauter.

« Colin ! Qu’est ce que j’ai fait !? Dis-moi ! »

Il ne pouvait pas faire face à Léon.

Il s’était enfui. Colin agita ses jambes à toute vitesse jusqu’à ce qu’il soit en sécurité dans sa chambre. Il passa devant quelqu’un dans le couloir qui lui déclara de ne pas courir comme ça, mais il n’était pas dans un état mental pour tenir compte d’un tel avertissement.

À la seconde où il claqua la porte derrière lui, Colin plongea dans son lit et sous sa couverture. Il éclata en sanglots déchirants qui refusaient de se calmer.

Très vite, quelqu’un était venu frapper à sa porte. Il pouvait dire qui était là par les voix qu’il entendait : Léon et Luxon, rejoints par Anjie et Livia.

« Colin, sors de là ! Quoi que j’aie fait de mal, je m’excuserai ! Parlons-en, d’accord ? Je sais qu’on peut s’en sortir si on en discute, » déclara Léon.

Ensuite, Luxon essaya de le dissuader. « Je doute que ce soit une option viable. »

« Pourrais-tu choisir un meilleur moment pour te moquer de moi ? »

« Je ne me moque pas de toi. Je t’informe simplement que le bon choix pour l’instant est de donner à ton frère un peu d’espace. »

« Colin ! S’il te plaît, parle-moi. Je t’en supplie, sors. »

Les tentatives de Luxon pour faire taire Léon l’avaient rendu encore plus furieux. La fissure dans sa voix montrait clairement à quel point il était désespéré, l’idée que son jeune frère le déteste avait sévèrement ébranlé ses nerfs. Aussi fréquemment et ouvertement que Léon rabaissait ses sœurs, l’inverse était vrai avec ses frères. Tout le monde pouvait voir à quel point il s’était ouvert à la fois à Nicks et à Colin, ce dernier en particulier. Il était beaucoup plus indulgent avec Colin qu’il ne l’était avec Finley. L’idée que Colin en soit venu à le détester ne plaisait pas du tout à Léon.

« Calme-toi », dit Anjie dans un effort pour l’apaiser. « Laisse ton frère tranquille pour l’instant. »

« Je ne peux pas ! Je ne veux pas qu’il me déteste. »

Léon avait l’air d’un enfant boudeur et obstiné. Livia essaya néanmoins de le persuader avec douceur. « Il a besoin de temps. Nous devrions attendre que Colin se calme d’abord, d’accord, Monsieur Léon ? Donne-lui l’occasion de se calmer. »

« Mais… mais je… »

Léon était impudent et effronté à l’excès, mais la simple suggestion que Colin était en colère contre lui fit s’évaporer jusqu’à la dernière goutte de sa bravade.

Finley passait dans le couloir à ce moment précis, et voir Léon ramper devant la porte de Colin lui hérissa le poil. « Qu’est-ce que tu fais ? »

« Colin s’est enfermé à l’intérieur. Il a dit que j’étais un imbécile. Sais-tu pourquoi il a dit une telle chose ? »

« Parce que c’est exactement ce que tu es : un imbécile. »

« Excuse-moi ! »

« Sois honnête avec toi-même ! Tu es bien trop tendre avec lui. Tu devrais être plus affectueux avec moi. Je suis ta petite sœur. »

« Je déteste les petites sœurs ! »

« C’est quoi ton problème ? Veux-tu te casser ? »

« Ne crois pas que je vais être indulgent avec toi parce que tu es ma petite sœur. J’ai souffert sous la coupe de petites sœurs pendant trop longtemps, tu m’entends ? Pousse-moi à bout et je te le rendrai au centuple ! »

La proclamation de la vengeance de Léon sur sa propre petite sœur avait incité Luxon à commenter avec une extrême exaspération : « Tu ne peux pas rembourser quelqu’un à moins qu’il ne te fasse quelque chose d’abord. Plutôt que d’attendre qu’il fasse quelque chose, ne serait-il pas sage de trouver un moyen de couper le conflit à la racine ? »

« Colin, » déclara Léon, ignorant complètement Luxon, « Je suis désolé pour ce que j’ai fait. Je te jure, je m’excuserai devant toi si tu viens ici ! »

Colin était resté blotti sous sa couverture. Il reniflait en prononçant les mots : « Ce n’est pas juste du tout. »

C’est ainsi que sa première expérience de l’amour s’était terminée brusquement.

 

☆☆☆

 

« Colin me déteste. Ma vie est finie. »

Toute la famille s’était réunie dans le salon. La plupart de mes frères et sœurs étaient là — Nicks, Jenna, et Finley. Luxon était également présent, mais Anjie et Livia avaient choisi de ne pas y assister. Ils savaient à quel point j’étais déprimé, mais aucun d’entre eux n’avait tenté de me consoler.

Nicks avait une lettre dans les mains. Il soupira en se creusant la tête. « Franchement, imagine à quel point ça serait cool si je savais écrire de la poésie et tout ça. J’aurais dû étudier ça davantage à l’école. Tout ce que j’ai, c’est des phrases périmées et des clichés — je n’ai pas la moindre idée de ce qui passe pour un boniment de nos jours. » La lettre était de Mlle Dorothea. Depuis que nous étions revenus du territoire des Roseblades, elle et mon frère avaient pris l’habitude d’échanger des lettres comme celle-ci. Nicks hésitait sur la façon de répondre à chaque fois.

Nous, les frères et sœurs, étions assis autour d’une table dans le salon. Jenna était assise juste en face de Nicks, grignotant joyeusement des biscuits qui avaient été laissés sur la table.

« Toi ? Tu écris de la poésie ? » dit-elle en se moquant. « Avec ton manque de goût ? Elle ne ferait que se moquer de toi. Tu ferais mieux d’arrêter pendant que tu es en tête. »

Nicks lui adressa un sourire narquois. « Je sais très bien que je n’ai pas de goût, mais je suis ton grand frère. Montre un peu plus de respect, tu veux ? »

« Tu veux que je te traite d’idiot comme je le fais avec Léon ? J’en serais ravie », plaisanta Jenna, qui n’était pas du genre à se laisser faire.

Nicks ne semblait pas avoir l’énergie de la prendre à partie. « Tu m’appelles comme ça de temps en temps. Bref… que dois-je faire de ma réponse ? Pensez-vous que c’est une bonne idée d’envoyer un cadeau ? »

La main de Finley s’était levée à la mention des cadeaux. « Je veux des accessoires ! Je commence bientôt à l’académie, tu te souviens ? Je veux avoir la possibilité de m’habiller quand j’y vais. » Elle attendait avec impatience ses débuts à l’école et voulait des bijoux qui iraient bien avec son uniforme.

Nicks s’était moqué, « Tu n’en as pas besoin. »

Jenna acquiesça, mais pour une raison différente. « Il est préférable d’acheter ces choses dans la capitale. Les choses se passeront mieux pour toi si tu te renseignes sur les tendances là-bas avant d’acheter des bijoux. »

« Quoi ? C’est vrai ? » Finley s’était penchée en avant sur sa chaise. « Cela signifie-t-il que tu n’es pas au courant des tendances actuelles, Jen ? Tu étais dans la capitale il n’y a pas si longtemps, non ? »

« Ne fais pas comme si c’était bizarre que je ne sois pas dans le coup. Les tendances changent chaque année, tu sais. »

« Ahh. Alors, dis-moi au moins quels sont les bons magasins que je peux visiter pour acheter des trucs. Hé, en fait, pourquoi ne pas simplement visiter la capitale ensemble ? »

« C’est une idée géniale ! » Jenna tapait dans ses mains avec plaisir. « Peut-être que pendant que je te suivrai dans tes courses, je pourrai me trouver un bel homme à épouser. »

« C’est probablement trop demander. »

« C’est faux ! Si je ne peux pas trouver un gars là-bas, alors je serai coincée ici dans la campagne pour qui sait combien de temps. Je veux vivre en ville ! »

Ils étaient tous insupportablement bruyants.

J’étais assis sur ma chaise, les genoux serrés contre ma poitrine, mais j’avais lentement abaissé mes pieds vers le sol. Me levant de mon siège, j’avais écrasé mes deux mains sur la table. Le son surprenant de l’impact avait résonné dans toute la pièce. Personne ne pouvait m’ignorer plus longtemps, tous leurs regards s’étaient tournés vers moi.

« Ça vous tuerait de m’écouter et de montrer un peu d’intérêt ? » avais-je grommelé. « Colin me déteste. Il se terre dans sa chambre au moment où nous parlons ! C’est un problème sérieux. Mais chacun d’entre vous est plus préoccupé par son propre stupide… »

Je n’en ai rien à foutre de vos problèmes d’abrutis ! Écoutez mes problèmes ! C’est le résumé de ma crise. Cela avait effectivement mis en colère toutes les autres personnes dans la pièce.

Les sourcils de Nicks s’étaient plissés tandis qu’il me fixait. « Le problème avec Colin mis à part, j’ai des choses plus importantes à me préoccuper que ta stupide histoire de sanglots. Comme la façon dont je vais répondre à la lettre de Mlle Dorothea, par exemple. »

Jenna ricana avec l’hostilité d’un chat en colère, les poils levés. « Votre petite querelle de frères et sœurs ne signifie rien pour moi ! C’est tout mon avenir qui est en jeu. Je dois aller à la capitale, me trouver un homme riche et sexy, et m’installer. Je veux vivre en ville ! »

« D’accord », avais-je lâché, trop intimidé pour dire autre chose. Jenna semblait paniquée par ses perspectives, étant donné qu’elle avait déjà obtenu son diplôme et qu’elle avait peu d’occasions de visiter la capitale.

Ma bouche s’était fermée et je m’étais assis sur ma chaise.

Luxon fit remarquer avec suffisance : « Tu as mis en colère toute la salle. »

« Connard ennuyeux. Ferme-la. »

« Volontiers. Nicks, je peux vous aider à écrire votre réponse si vous le souhaitez. » Il avait joyeusement accédé à ma demande de se taire, pour ensuite se diriger vers Nicks et lui parler à la place.

« Vous êtes sérieux ? »

« Certainement. Le maître vous a causé tant de problèmes. S’il vous plaît, laissez-moi l’opportunité de vous soutenir. J’ai préparé un certain nombre d’options de cadeaux possibles que vous pourriez envoyer à la dame. »

« Merci. Vous êtes tellement plus utile que Léon. »

« Naturellement. »

Jenna leva la main, sentant une opportunité. « Oh, moi la prochaine ! Présente-moi un gars qui est beau et plein aux as. »

« Je crains que ce soit une demande un peu difficile à satisfaire pour moi. Cependant, si vous souhaitez que je partage des informations sur un candidat possible, je peux le faire. »

« Tu peux ! Vraiment ? Qui ? Comment est-il ? » demanda Jenna avec empressement.

« L’homme s’appelle Roland. Il a une quarantaine d’années, certes, mais je pense que son apparence répondrait à vos critères de beauté. C’est un bel homme qui semble plus jeune que son âge. De plus, il possède l’une des plus grandes fortunes du royaume. »

Ce rat ? De toutes les personnes qu’il pourrait recommander ?

« Eh bien, » dit Jenna, « son âge est un peu un problème, mais je peux passer outre. De quelle maison vient-il ? Dis-moi tout. »

« C’est le roi du Royaume de Hohlfahrt. »

Jenna gifla Luxon sans hésiter. Il était un solide morceau de métal, et son visage s’était crispé sous la douleur. « Tu as du culot de recommander Sa Majesté ! Il n’y a aucune chance que je sois d’accord avec lui ! »

« Il a un harem très étendu. J’ai estimé que vous seriez un ajout convenable si vous le désirez. »

« Pas question ! Pourquoi devrais-je me contenter d’un type qui a déjà un tas d’autres — euh, non, je veux dire… Il n’y a aucune chance qu’une fille comme moi puisse être avec Sa Majesté. » Jenna avait failli laisser échapper son mépris pour les hommes qui gardaient plusieurs femmes, mais elle s’était corrigée tout de suite. Même elle, comme beaucoup d’autres dans la nation, respectait le roi de Hohlfahrt.

« Est-ce comme ça que vous le sentez ? Quel dommage ! »

Ou peut-être que ce n’est pas exactement du respect. Plutôt de la peur, me suis-je dit. Quoi qu’il en soit, je ne voulais pas que Jenna fasse partie de sa collection de jouets. Elle était une loque, ne vous y trompez pas, mais elle était de la famille. J’aurais eu de la peine pour elle.

Je regardais tristement mes deux frères et sœurs aînés s’occuper de Luxon. Finley remarqua l’aura de morosité qui m’entourait et m’interpellé. « Tu ne vaux vraiment rien, tu sais. Tu es un héros du royaume. »

En me voyant dans cet état, il lui était difficile de comprendre le titre qu’on m’avait donné. Honnêtement ? Je ressentais la même chose.

« Pour le dire franchement, si je suis un héros, ce pays est condamné. »

Finley fit la grimace. Ma réponse avait détruit l’image qu’elle avait de moi. « Plutôt pathétique quand tu le dis. »

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Claramiel

Bonjour, Alors que dire sur moi, Je suis Clarisse.

Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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