Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 6 – Acte 3 – Partie 6

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Acte 3

Partie 6

Il se retourna ensuite vers Rífa, et inclina la tête devant elle.

« Je suis désolé pour tout ça. Nous agissons tous avec de mauvaises manières en votre présence. »

« Vous avez raison, » s’écria Erna. « Avez-vous une idée de qui... »

Rífa agita la main pour faire taire la femme, qui commençait à s’énerver. « Non, non, ça ne me dérange pas. En fait, je trouve cela assez réconfortant. »

Il semblerait qu’il y avait autre chose qui préoccupait plus la fille née en haut lieu.

Les yeux de Rífa étaient pratiquement scintillants. « Hee hee, se rassembler avec d’autres dans un groupe bruyant autour d’un pot chaud comme celui-ci, c’est la première fois que nous en faisons l’expérience. »

Son regard était fixé sur le grand pot de fer noir au centre de la table de kotatsu, reposant dans une zone creusée dans le plateau de la table de sorte qu’il se trouvait juste au-dessus de la source de chaleur pour le kotatsu. À l’intérieur de la marmite, il y avait un méli-mélo de viandes, de légumes et d’autres ingrédients, tous cuits ensemble dans un ragoût bien chaud.

Le ragoût bouillonnait joliment, et un délicieux arôme se répandait dans la pièce.

Yuuto déglutit de façon audible tandis que l’odeur lui mettait l’eau à la bouche. « Eh bien, comme il semble à peu près prêt, est-ce qu’on mange ? Ma subordonnée Sigrun ici présente a la capacité de détecter tout ingrédient dangereux ou toxique dans quelque chose dans la zone, alors soyez assurée, vous n’avez rien à craindre à cet égard. »

Yuuto avait jeté un coup d’œil rapide à Sigrun, et elle avait hoché la tête en réponse.

C’était Sigrun qui s’occupait du pot, et elle l’avait brassé avec soin et en silence tout ce temps.

« Ohh, quelle femme fiable ! » Rífa fit un signe de tête enchanté. « Alors, commençons tout de suite. »

Elle avait tendu sa brochette de bois vers une coupe de porc au cœur de la marmite…

Et il y eu un claquement ! alors que la grande cuillère à mélanger de Sigrun la repoussa vers le haut.

« Ce morceau vient juste d’être placé dans la casserole et n’a pas été cuit correctement. »

« H-hey ! Espèce d’impudente… ! » Erna haussa à nouveau la voix en réprimande.

« Préféreriez-vous que je la laisse manger de la viande crue qui n’est pas sûre ? » demanda Sigrun.

Cela réduisit la protestation d’Erna d’une seule réplique, et le garde du corps impérial se tut à contrecœur.

« Argh… »

Il semblait que Sigrun ne se souciait pas du tout de qui elle avait affaire, renonçant à toute délicatesse sociale, même avec ceux de la célèbre Maison Jarl.

Cela va de soi, car même avec Yuuto, à qui elle avait juré son obéissance absolue, elle restait insistante et un peu dominatrice en matière de nourriture et de repas.

Selon Félicia, « Même le chien de garde le plus loyal grognera encore sur son maître s’il tente d’interférer avec son repas. »

Peut-être quelqu’un comme Sigrun, dont la vie tournait autour de la survie sur les champs de bataille, connaissait-elle l’importance d’une bonne alimentation grâce à son expérience personnelle, et c’était donc un domaine dans lequel elle ne ferait de compromis avec personne.

« Celles-ci sont bien cuites et parfaites à manger, » dit Sigrun, et sans attendre la confirmation, elle ramassa les ingrédients et le bouillon dans un petit bol de soupe.

« Voilà, » dit-elle, en remettant poliment le bol.

… à Yuuto.

Apparemment, le fait qu’elle ait placé Yuuto au premier rang des priorités n’avait pas changé, quelle que soit la situation.

Les sourcils d’Erna tremblaient visiblement, et bien qu’elle ne dise rien, il était clair que le fait d’ignorer le statut de Rífa l’avait encore davantage mise en colère.

En une fraction de seconde, Yuuto pensa à la situation et passa le bol à Rífa en un mouvement fluide, comme si c’était le plan depuis le début. « Hm, merci. Voilà, Lady Rífa. »

Une belle manœuvre, si je puis dire. Intérieurement, Yuuto s’était donné une énorme tape dans le dos.

« … Voilà pour toi. Père. » Remettant à Yuuto un deuxième bol, Sigrun s’adressa directement à lui, avec insistance.

Apparemment pour elle, le bol qu’elle avait rempli en premier et qu’elle voulait donner à son père assermenté et qui avait été donné à quelqu’un d’autre l’avait un peu blessée dans ses sentiments.

Cette loyauté intense commençait à donner l’impression qu’elle pouvait semer le trouble, et Yuuto commençait à avoir un peu peur.

« Ohh. C’est donc le ragoût chaud d’Iárnviðr. » Rífa prit quelques bouchées et mordit longuement dedans. « … Hmm, je ne dirais certainement pas que ça a mauvais goût, mais la saveur est certainement plus légère que celle de Glaðsheimr. »

Comme toujours, l’impératrice divine avait l’habitude qu’on s’occupe de ses besoins, mais elle ne savait pas comment être attentive aux sentiments des autres.

Cette fois, ce sont les sourcils de Sigrun qui avaient tremblé d’irritation. La remarque de Rífa avait clairement touché un nerf.

Sigrun était, comme Yuuto le savait, une femme qui prenait très au sérieux et personnellement les questions concernant la nourriture. Elle avait l’air prête à dire quelque chose d’horrible, comme. « Si tu vas te plaindre, alors ne le mange pas. »

Plutôt que de donner à Sigrun la chance de dire quoi que ce soit de dangereux, Yuuto s’était mis en marche.

« Vous savez, Lady Rífa, Iárnviðr se trouve sur les hauts plateaux dans les montagnes, et nous sommes assez loin de la côte, donc la plupart de nos recettes ici utilisent peu ou pas de sel. Maintenant que vous visitez nos terres, pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour savourer une saveur locale que vous ne pourriez pas découvrir chez vous ? Je crois que c’est l’un des secrets d’un bon voyage. »

C’était comme si une étincelle errante pouvait déclencher les choses à tout moment, et Yuuto sentait déjà un mal de ventre qui commençait. Les parties concernées n’avaient probablement pas vraiment l’intention de commencer quoi que ce soit entre elles, bien sûr.

Dans des moments comme celui-ci, Yuuto pouvait compter sur Félicia, son adjudante de confiance et compétente, ainsi que l’autre personne dans la salle qui comprenait comment la véritable identité de Rífa jouait un rôle dans cette situation.

Malheureusement…

« Tu as tellement de chance, Éphy », gémit Félicia. « À peine plus de dix ans… »

« L-Lady Félicia, vous êtes encore très jeune et belle ! » s’exclama Éphelia.

« Toujours aussi belle, n’est-ce pas ? Pourtant, en effet… »

« Ah, ahhhh, n-non ! Pardonnez-moi, s’il vous plaît ! »

« Ce n’est pas grave. Je suis après tout déjà une “tante” de vingt ans. »

Malheureusement, Félicia semblait être occupée à grommeler contre Éphelia comme si elle était barman, et ne lui serait d’aucune utilité pour le moment.

Yuuto avait vu cela comme un très mauvais signe quant à ce qui allait arriver.

 

***

Il se trouve qu’une mauvaise intuition au sujet d’une situation avait tendance à s’avérer correcte plus souvent qu’on ne le voudrait.

Toutes les filles, en particulier Linéa et Sigrun, étaient des personnes avec une bonne maîtrise d’elles-mêmes qui comprenaient la vieille maxime. « C’est bien de boire, mais il ne faut pas trop boire. » Mais cette fois, cela ne semblait pas être le cas.

Tandis qu’une Félicia ivre ouvrait la voie avec ses tactiques agressives, chacune d’entre elles tombait, une par une, dans la fosse avec elle.

« Quoi, tu veux dire que tu ne boiras pas quand je te verse de l’eau ?? » hurla Félicia.

Dans le monde japonais du 21e siècle, tous seraient légalement mineurs et interdits à la consommation, mais dans le Clan du Loup, il n’y avait pas de lois particulières concernant l’alcool. C’était simplement la coutume sociale générale que les gens commencent à boire vers l’âge de quinze ans, alors qu’ils seraient considérés comme des adultes.

Heureusement, cela avait permis à Yuuto de sortir les jumelles et Éphelia de cette situation et de les mettre au lit, mais c’était la limite de ce qu’il pouvait faire.

« Hee hee hee hee hee ! Ohhhhh, Grand Frèrrrreee ? » dit Félicia d’une voix chantante. « Tu bois, toi ? »

Elle s’était jetée sur Yuuto tout en tenant un pichet de vin et en le renversant, et Yuuto avait tenu sa tasse avec lassitude pour attraper ce qui s’était répandu.

« Oui, je bois, Félicia. Grâce à toi. »

À en juger par le fait qu’elle remplissait sa tasse jusqu’au bord, il semblerait que sa remarque sardonique lui avait survolé la tête.

« C’est drôle, parce que tu n’as pas du tout l’air ivre, » se plaignit-elle.

« Tu as peut-être raison. »

Ce serait plus facile si je pouvais être ivre comme elle en ce moment ? Yuuto se demandait ça amèrement.

Il pouvait dire qu’il était effectivement un peu ivre. Cependant, c’était tout. Peut-être était-ce parce que Rífa était ici, et qu’il se sentait fortement responsable de ne pas perdre le contrôle de ses facultés… ou peut-être était-ce parce qu’il avait une tolérance incroyable pour l’alcool. Quoi qu’il en soit, pour quelque raison que ce soit, peu importe la quantité d’alcool qu’il buvait, il n’avait jamais l’air d’être plus que légèrement en état d’ébriété.

Bien sûr, Yuuto s’était demandé s’il n’était pas vraiment mieux d’avoir son bon sens dans une situation comme celle-ci.

« Hah hah hah hah hah ! Comme c’est délicieux, comme c’est délicieux ! » Mais Rífa riait du fond du cœur. En ce moment pour Yuuto, c’était la seule grâce salvatrice ici.

Bien sûr, si Rífa n’avait pas été là, Yuuto aurait pu échapper à ce scénario avec les trois enfants.

Il ne pouvait pas vraiment laisser la Þjóðann toute seule ivre à une fête, alors il avait dû continuer à rester ici. Il n’arrêtait pas de la surveiller nerveusement, craignant que lui ou les autres ne fassent quelque chose pour l’offenser.

Félicia riait. « Grand Frère ! ♥ S’il te plaît, bois plus ! Tee hee hee hee ! »

« Ouais, ouais, ouais. » Yuuto avait vidé une autre tasse de vin, son cœur souhaitant au moins à moitié que ça marche cette fois-ci.

L’étrange chaleur propre à l’alcool qu’il avait autrefois trouvée désagréable ne se faisait plus remarquer. Peut-être s’était-il habitué à boire.

Une fois sa tasse vidée, Félicia l’avait rempli de nouveau avec joie.

Au moins, Félicia s’amuse bien aussi, et elle semble avoir oublié ce truc sur son âge pour le moment. Peut-être que je peux m’en sortir, après tout ? Commençant à sentir les premiers signes de soulagement sur ses nerfs, Yuuto avait apporté la coupe à ses lèvres.

« Ohhhh, il fait si chaud ici ! »

Félicia commença soudain à se déshabiller et Yuuto se mit à cracher son verre.

Bien sûr, pendant les mois d’été, Félicia portait des tenues plutôt minces, alors ce n’était pas comme si Yuuto n’avait pas l’habitude de la voir montrer beaucoup de peau. Pourtant, l’acte d’une femme qui se déshabille contient quelque chose qui est particulièrement tentant pour un homme.

De plus, à cause de sa consommation d’alcool, la peau de Félicia était légèrement rouge à certains endroits, ce qui semblait la rendre encore plus sexy. C’était si séduisant que Yuuto aurait préféré ne pas avoir regardé.

« Qu’est-ce qu’il y a, Grand Frère ? » Félicia sourit.

« Qu-Qu-Qu-Qu’est-ce que c’est… Est-ce parce qu’il fait chaud qu’on peut se déshabiller tout d’un coup !? »

 

 

« Hm, je vois, » Sigrun s’était emballée. « S’il fait trop chaud, on peut simplement se déshabiller. Comme c’est parfaitement logique. »

« Allez, Run, toi aussi, » ricana Félicia.

« Uwaaagh ! Non, arrête ! Run, arrête ! » Yuuto cria de panique au point que sa voix devint presque fausset.

Sigrun avait commencé à se déshabiller rapidement et avec enthousiasme, mais elle s’arrêta quand même à son ordre.

Au moins en ce sens, peu importe à quel point elle était ivre, elle était toujours la Sigrun qui s’était engagée à obéir totalement à Yuuto.

« Qu’y a-t-il, Père ? » demanda-t-elle.

« Réfléchis-y ! Je suis là aussi, un homme ! Tu comprends le problème, n’est-ce pas ? »

« Ahh, maintenant, je comprends. Veux-tu bien accepter mes excuses? Je manquais de considération. » Sigrun inclina la tête devant Yuuto et continua. « Félicia m’en a parlé. Plutôt que d’arracher ses vêtements d’un seul coup, il est beaucoup plus agréable pour un homme quand la femme se déshabille lentement, petit à petit, d’une manière taquine. En d’autres termes, tu préférerais que je le fasse ainsi. »

« Non, non ! Ce n’est pas ce que je voulais dire ! »

« Ngh, en tant que patriarche du Clan de la Corne, je ne peux pas me permettre de prendre du retard sur elles deux…, » murmura Linéa.

« Très bien, si tout le monde doit se déshabiller, je peux aussi ! » s’écria Ingrid.

« Quoi !? »

L’alcool semblait donner de l’élan à tout, et maintenant, pour une raison inconnue, l’étincelle avait été allumée sous la détermination de Linéa et l’orgueil obstiné d’Ingrid. Elles avaient commencé à se déshabiller toutes les deux.

Il n’était plus possible pour Yuuto de reprendre le contrôle de la situation par lui-même. Il se tourna vers Rífa.

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