Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 5 – Acte 4 – Partie 3

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Acte 4 : Le beuglement en vain

Partie 3

« Uugh… C’est bien une ecchymose. » Détachant le tissu de protection enroulée autour de son ventre, Yuuto grimaça pendant qu’il inspectait les dommages.

Selon les critères d’Yggdrasil, Yuuto était encore du côté le plus faible de l’échelle, mais il marchait beaucoup tous les jours et s’entraînait à l’épée quand il le pouvait. Ses muscles abdominaux étaient tendus et bien définis.

« Je suis désolée pour ça. » Ingrid semblait assez coupable de l’incident, mais Yuuto l’avait rejetée d’un seul coup d’œil.

« C’est bon. Même les singes tombent des arbres, » répondit Yuuto.

« Me traites-tu de singe ? Ahh, peu importe, je crois que je comprends ce que tu veux dire, » déclara Ingrid.

« Ah, désolé, » dit Yuuto. « Le seul autre dicton qui me vint à l’esprit était “Même l’écriture de Daishi contient des erreurs”, et je suis presque sûr que tout cela se serait certainement perdu dans la traduction. »

« Hein. Dans tous les cas, c’est un petit réconfort, car rien de tout ça ne t’a frappé au visage. Sigrun et Félicia m’auraient vraiment tuée, » déclara Ingrid.

« Nan, même ces deux-là ne se fâcheraient pas autant pour un truc comme ça, » déclara Yuuto.

« Ouais, espérons-le. Ces deux-là sont si férocement dévouées quand il s’agit de toi, que parfois c’est carrément effrayant, » déclara Ingrid.

« Ha ha ha ha ha. » Yuuto ria sèchement, mais il ne tarda pas à redevenir sérieux. « Mais tu sais, pour quelqu’un comme moi, c’est quelque chose dont il peut être incroyablement reconnaissant. C’est pour ça que je voulais au moins leur donner quelque chose en retour pour leur anniversaire. »

« Hé, ne parle pas comme si tu ne valais rien. C’est irrespectueux quant à leurs sentiments. Et tu sais que leur dévouement à ton égard peut parfois les rendre carrément effrayantes. » Ingrid avait reformulé sa première phrase en souriant.

Au moins, il n’y avait plus de ressentiment entre Yuuto et Ingrid à propos des cadeaux pour les deux autres filles.

« Oui, tu as raison, » dit Yuuto.

Finalement, Yuuto se demandait toujours pourquoi Ingrid était fâchée contre lui, mais il décida qu’il valait mieux laisser dormir les chiens.

« D’accord, » dit Ingrid. « On dirait qu’il en faut un peu plus. »

Surveillant de près le feu dans le four de traitement du verre, Ingrid avait pompé le soufflet de pied et avait envoyé plus d’air.

En voyant le regard tout à fait sérieux et concentré dans les yeux d’Ingrid, le pouls de Yuuto s’était accéléré. La vue d’une personne qui s’appliquait vraiment à une œuvre avec tout son esprit et toute sa volonté pouvait parfois être plus belle et plus séduisante que si elle était couverte des plus beaux vêtements.

Bien sûr, ce genre de chose était bien trop embarrassant à dire à voix haute.

Alors, Yuuto avait choisi la question suivante qui lui était venue à l’esprit. « Oh, oui. Comment le coke s’en tire-t-il comme combustible ? »

C’était le nom des roches noires que les deux hommes avaient pelletées dans les fours, un combustible fabriqué en faisant cuire du charbon en l’absence d’air afin de l’affiner.

L’histoire de l’homme avec le charbon remontait à 315 av. J.-C. Les traces de son utilisation dans les forges de la Grèce antique remontent à l’époque de l’Antiquité.

Cependant, l’utilisation du charbon était restée assez limitée pendant longtemps, les combustibles à base de bois restant les plus répandus jusqu’à une époque plus proche de l’ère moderne. L’utilisation et la popularité du charbon avaient finalement explosé pendant la révolution industrielle britannique du XVIIIe siècle.

« Ça marche plutôt bien, » déclara Ingrid. « Il a tellement plus de potentiel thermique que j’hésitais au début. »

« D’accord, c’est bon. Dans ce cas, faisons de notre mieux pour l’utiliser pour la fabrication du verre là où c’est possible. Nous raffinons aussi le fer, alors nous ne devrions pas trop compter sur les combustibles ligneux si nous pouvons le faire. »

Yuuto s’était assis et fixa la fournaise, le menton relevé d’une main.

La production du verre avait nécessité de très grandes quantités de combustible.

Depuis l’Antiquité jusqu’au Moyen-Âge, des ateliers de production de verre avaient été construits au milieu des forêts, qui étaient alors complètement vidées de leurs arbres pour servir de combustible. La production se déplacerait alors vers une autre partie de la forêt et poursuivrait cette tendance, se déplaçant même à travers toutes les zones boisées d’une région.

Même les chaudières japonaises de style tatara que le Clan du Loup utilisait avaient besoin d’une grande quantité de bois pour se chauffer. Le Clan du Loup avait eu la chance d’avoir des forêts abondantes sur son territoire, mais même avec cela, il était facile d’imaginer qu’ils pourraient finir par épuiser rapidement toutes ces ressources.

Heureusement, à l’époque où Yuuto s’était rendu au mont Surtsey, il avait découvert une couche de charbon (appelée lit de charbon) dans l’une des crevasses de terre causées par la faille active dans la région. Il avait immédiatement décidé qu’il fallait l’exploiter et l’utiliser.

À ce moment-là, Ingrid s’était exaspérée et lui avait crié. « On a fait tout ce chemin pour que tu puisses te détendre ! Ne recommence pas à essayer de travailler maintenant ! »

Eh bien, dans le présent, cette partie n’avait pas changé.

« Oh, bon sang, arrête d’essayer de trouver des façons de penser à ton travail de patriarche à chaque seconde ! » s’écria-t-elle « On est là pour faire des cadeaux d’anniversaire, n’est-ce pas ? »

Puis elle l’avait légèrement frappé à la tête avec son poing.

Pour une raison quelconque, c’était un sentiment réconfortant.

« C’est vrai. D’accord, guide-moi si tu en as besoin, gronde-moi si tu en as besoin. Je suis entre tes mains. Faisons-le ensemble, chef ! » Yuuto sourit, s’adressant énergiquement à son professeur comme le feraient ses apprentis.

*

« Chef ! Si on fait du verre, pourquoi m’as-tu donné ce papier et ce stylo en roseau ? » Yuuto se retrouva à lever la main et à exprimer son mécontentement.

Même s’il était venu ici pour fabriquer et travailler le verre, il avait été assis à un bureau avec un stylo et du papier comme s’il était de retour dans son bureau. Et il était loin du four, donc avec les murs de l’atelier enlevés, il faisait terriblement froid ! Cette combinaison lui avait donné envie de poser des questions sur cette configuration.

« Stuuupide, » se moqua Ingrid. « La première chose à faire est de décider exactement ce que tu veux faire, ou sinon, nous n’avons rien. »

« Ohhhh… »

Yuuto avait une vague idée dans sa tête de ce qu’il voulait faire. Cependant, le travail du verre n’était pas assez facile pour que vous puissiez simplement faire ce que vous vouliez après un jour ou deux.

Pour le dire franchement, même pour un génie comme Ingrid, il avait fallu au moins un mois de dur labeur avant qu’elle puisse produire quelque chose d’assez bon pour être vendu. Pour ses apprentis, cela avait pris plus de six mois.

En d’autres termes, sans l’aide d’Ingrid à chaque étape, Yuuto n’aurait jamais pu créer ce qu’il voulait. Elle avait donc certainement besoin d’informations détaillées sur ce qu’il voulait faire exactement.

« J’ai des échantillons là-bas, » dit Ingrid. « Utilise-les comme guide, imagine ce que tu veux faire et dessine-les sur le papier. »

« Hmm… OK, j’ai compris ! » déclara Yuuto.

Il y avait quelque chose de semblable à l’image dans son esprit parmi les échantillons, de sorte qu’il avait été en mesure de dessiner en douceur une illustration de ses idées sur le papier.

Yuuto n’avait pas la chance d’avoir le génie naturel de son père biologique et d’Ingrid, mais il était quand même assez habile avec ses mains. Son illustration était assez finement détaillée.

« Celui-ci est pour Félicia, et celui-là pour Run, » dit-il en montrant les papiers.

« Hmm, donc ce sera un vase monofloral pour Félicia. Et pour Sigrun… qu’est-ce que c’est ? Ce truc ne tient pas la route, tu sais ? » Ingrid plissa son front pendant qu’elle étudiait le dessin.

Yuuto était content de lui-même alors cela avait réussi à lui mettre cette expression confuse sur son visage. Le coin de sa bouche s’était mis à trembler pendant qu’il expliquait.

« C’est un type d’ornement appelé carillon à vent. Dans mon pays natal, on appelle les verres comme ceux-ci un furin, qui signifie “cloche à vent”. Cette partie en forme de baguette capte le vent et tape la cloche… et elle produit une sonnerie très douce et jolie, » expliqua Yuuto.

Yuuto ne pouvait tout simplement pas imaginer donner à Sigrun un vase ou une tasse à fleurs en verre, ils ne correspondaient pas bien à sa personnalité. Quand l’idée du carillon l’avait frappé, il avait serré les poings en triomphe.

Normalement, c’était une décoration saisonnière pour les mois d’été au Japon, mais quelque chose à propos du son clair et beau qu’il faisait semblait bien correspondre à Sigrun.

Ingrid acquiesça, impressionnée. « Hein. Je vois. Plutôt intéressant. Je parie que les nobles de Glaðsheimr feraient la queue pour acheter cette chose. »

« Hé ! Tu m’as frappé le dos pour avoir pensé au travail. Alors, ne pense pas à tes plans d’affaires tout de suite ! » s’écria Yuuto.

« Tch, tais-toi. C’est bon si je le fais. » Ingrid avait jeté cette remarque par-dessus son épaule, puis avait continué à étudier le dessin en murmurant à elle-même. « Si je prends ça et… alors fais ça avec… hrm… »

« J’ai juste dessiné ce que j’avais en tête sans trop y penser, mais tu crois qu’on peut y arriver ? » demanda Yuuto.

« Ouais, pas de problème. Très bien, la chaudière est aussi presque prête. Mettons-nous au travail pour les faire, » déclara Ingrid.

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Un commentaire :

  1. Lapsus dans la phrase suivante :
    C’était le nom des roches noires que les deux hommes ( personnes, Ingrid est une femme) avaient pelletées dans les fours, un combustible fabriqué en faisant cuire du charbon en l’absence d’air afin de l’affiner

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