Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 4 – Chapitre 2 – Partie 5

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Acte 2

Partie 5

« ... Qu’est-ce que c’est que cette situation !? » Yuuto était hors de l’eau, assis sur un rocher de forme pratique, et complètement désemparé.

Ses yeux étaient encore fermés, il n’avait donc pas une bonne idée de la situation, mais il pouvait voir que les filles étaient entassées autour de lui en entendant le bruit de leur respiration.

« C’est le résultat d’innombrables discussions que nous avons eues, en tirant une leçon de l’échec du bain du Clan de la Corne, sur la façon dont tout le monde pouvait montrer correctement son dévouement envers toi, Grand Frère, » déclara Félicia.

« Pourquoi cette petite chose est-elle si importante pour vous ? » cria Yuuto d’une voix aiguë.

Un dicton populaire disait que les hommes venaient de Mars et les femmes de Vénus. Même à l’ère moderne du XXIe siècle, ce qui se passait dans la tête des femmes restait un mystère total pour les hommes.

Et en effet, il en était de même pour Yuuto à ce moment-là. Rien n’avait de sens pour lui.

« L’appeler “une petite chose”, c’est trop, » le réprimanda Félicia. « Je ne peux pas te permettre de dire ça, Grand Frère. Chacune d’entre nous t’est reconnaissante du fond du cœur, et nous souhaitons exprimer ce sentiment en te lavant le dos, mais jusqu’à présent nous n’avons pas été capables de le faire. Nous ne pouvions pas laisser passer une occasion aussi rare. »

« D’ailleurs, nous avons déterminé nos positions équitablement en tirant au sort, » déclara Kristina, en tenant le bras gauche de Yuuto. Il pouvait dire par le ton de sa voix qu’elle aimait l’observer dans cette situation.

Albertina tenait son bras droit. Sigrun était à côté de sa jambe droite, et Ingrid était à côté de sa gauche, rougissant et murmurant, « Oh mon Dieu, oh mon Dieu, » à elle-même.

Linéa était juste devant lui, les deux genoux au sol et penchés sur lui avec une serviette.

Et sa fidèle adjudante Félicia avait, semble-t-il, tiré au sort le fait de s’occuper de son dos.

Yuuto s’était battu jusqu’au bout pour laisser son entrejambe en dehors de ça. La serviette enroulée autour de sa taille était son dernier acte de résistance contre elles. Jamais auparavant dans sa vie un seul morceau de tissu n’avait été aussi important pour lui.

D’ailleurs, Éphelia avait refusé le tirage au sort. Les subordonnés directs du patriarche, qui avaient échangé avec lui le Serment sacré du Calice, attendaient avec ferveur l’occasion de réaliser le désir qui leur avait été refusé pendant si longtemps. Elle avait trouvé l’idée d’une esclave comme elle qui participait trop impudente.

« Augh, qu’on en finisse, c’est tout ! Mais une fois que c’est fini, on rentre directement à la maison ! Compris !? » La déclaration de Yuuto avait été rejetée et avait suscité un peu de ressentiment. Il se sentait comme un morceau de viande sur la planche à découper.

La retenue avec laquelle Yuuto ne devait pas ouvrir les yeux était digne d’éloges.

C’était un homme de la campagne à l’ancienne. Le monde d’Yggdrasil n’était pas un monde où le choix de qui et si elle devait se marier était une question de liberté personnelle, comme au Japon du 21e siècle.

Tout comme ce qui s’était passé au Japon avant le boom économique de l’après-guerre, et comme Félicia l’avait vécu, la société d’Yggdrasil était froide envers les femmes qui ne pouvaient se marier.

Dans un monde avec ces valeurs, Yuuto s’était fermement engagé à ne pas regarder une femme nue célibataire, car il était incapable de prendre ses responsabilités à l’ancienne et de l’épouser.

Mais il ne pouvait pas non plus nier que le même attachement à ses valeurs lui avait coupé les moyens d’échapper à cette situation.

« Très bien, je vais commencer, Grand Frère. » Yuuto entendit la voix de Linéa, et il sentit une serviette mouillée commencer à frotter contre sa poitrine.

« Avec ta permission, Père ! »

« Eh bien, Père... »

« Commençons, Grand Frère. »

Il ressentait la même sensation en commençant par les bras et les jambes. Ça chatouillait un peu, mais ça faisait aussi du bien. Le fait d’avoir une autre personne lavant son corps était en fait une expérience intensément agréable. Et celles qui le lavaient étaient toutes des filles d’une beauté exceptionnelle.

 

 

Même s’il avait les yeux fermés, il ne pouvait s’empêcher d’y penser. Il sentait la zone entre ses jambes devenir plus chaude.

Ce n’était pas ce genre d’acte entre un homme et une femme, ce n’était rien de plus qu’une expression de la piété filiale des filles à leur Grand Frère et père juré. Yuuto s’était répété ça dans son esprit, mais — .

treinte.*

« Uwagh !? Mademoiselle F-Félicia, qu’est-ce que vous utilisez pour me laver le dos !? » Yuuto était si étonné qu’il parle à Félicia dans un langage poli.

Félicia répondit en chuchotant à son oreille, d’une voix pleine de sensualité. « C’est évident... Je te lave avec ma poitrine. »

« Q-Qu-Quoiii !? » s’écria Yuuto.

« Laver le dos de mon Grand Frère bien-aimé avec un simple outil ou un chiffon serait le summum de la grossièreté. Je dirais que te laver avec mon propre corps est la façon la plus fidèle et la plus pure d’exprimer ma dévotion envers toi ! » déclara Félicia.

« Il y a définitivement quelque chose qui ne va pas avec haaaaagh !? » Yuuto sentit soudain quelque chose de mouillé contre la plante de son pied gauche.

« R-R-R-Run ! Qu’est-ce que tu viens de faire ? » demanda Yuuto.

Qu’est-ce que c’était ? Yuuto n’avait pas la moindre idée. C’était une sensation qu’il n’avait jamais ressenti de sa vie.

« Je te léchais le pied, Père. Euh, ç-ça n’a pas fait mal, j’espère ? » demanda Run.

« T-Tu me lèches !? » s’écria Yuuto.

« Oui, j’avais peur qu’une soldate maladroite comme moi puisse abîmer ta précieuse peau, alors j’ai demandé conseil à Félicia, et elle m’a répondu que je devrais utiliser ma langue, » déclara Run.

« Félicia, quel genre de conseil donnes-tu à Run ? » demanda Yuuto.

« Kh... ! C-C-C-Comme prévu des deux personnes les plus proches de Grand Frère ! Je ne peux pas me permettre d’avoir peur dans cette situation ! » déclara Linéa.

« J’ai autant de gratitude envers Yuuto que vous toutes, et je ne vais pas perdre ! » cria Ingrid.

« Vous devriez tous les deux prendre l’habitude de la compétition et l’utiliser pour autre chose ! » déclara Yuuto.

Les cris désespérés de Yuuto n’avaient pas atteint leurs oreilles. Il avait commencé à ressentir des sensations chaudes et douces sur sa poitrine et sa jambe droite qui ne venait pas du tissu. Il ne voulait pas penser à ce que c’était, et n’avait vraiment plus la capacité d’y penser.

Il était déjà depuis longtemps dans les sources chaudes fumantes, et il commençait à s’évanouir. Sa situation actuelle ne l’aidait pas. En fait, cela ne faisait qu’empirer les choses.

« D’accord, je vais aussi essayer ! » s’exclama Albertina.

« Al, tu es encore trop jeune pour ça, alors utilisons ces chiffons de lin pour le frotter, d’accord ? » déclara Kristina calmement.

« Wôw, wôw, ça a l’air si incroyable, Maître ! » s’écria Éphy.

Le fait que les plus jeunes filles ne participaient pas à cette compétition arrivée ex-aequo était une consolation au moins, mais cela n’avait pas arrêté les autres.

« Ah... oh... merde..., » Yuuto avait l’impression que quelque chose était sorti de son nez. Mais, il n’avait plus la capacité de penser à ce que c’était.

Comme sa conscience commençait à s’estomper, il avait seulement senti la sensation que sa tête tournait, et le sentiment étrange de ne pas savoir de quel côté était en haut.

« Grand Frère !? »

« Père !? »

« Grand Frère !? »

« Y-Yuuto !? »

« Père !? »

« Maître !? »

Le son faible et lointain des voix des filles fut la dernière chose que Yuuto entendit avant qu’il perde enfin conscience.

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