Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 4 – Chapitre 2 – Partie 2

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Acte 2

Partie 2

Entre-temps...

« Quoi ? » Il y avait eu un cri soudain venant du haut-parleur du smartphone.

« Hein ? Qu’est-ce qui ne va pas, Mitsuki ? » demanda Yuuto, légèrement paniqué.

La puissance du signal reçu par son téléphone avait été considérablement influencée par la phase actuelle de la lune. Ce n’était que quelques nuits après la nouvelle lune, et Yuuto avait donc gravi les marches de la Hliðskjálf, la tour sacrée du Clan du Loup, jusqu’à la pièce du sanctuaire, ou hörgr, à son sommet.

Du coin de l’œil, Yuuto pouvait voir un membre familier de la garde de son palais se tenir immobile et tranquille sur le côté. Apparemment, Félicia et Sigrun avaient été convoquées par Jörgen à une sorte de réunion, et cet homme les remplaçait.

Il faisait déjà bien tard dans la deuxième moitié de l’automne, et dans des endroits dans les montagnes comme Iárnviðr, les nuits étaient très froides. Yuuto se sentait coupable d’avoir fait en sorte que d’autres personnes le suivent dans ce froid pour quelque chose d’aussi égoïste.

« Ah, n-non, désolé, Yuu-kun. Il n’y a rien qui cloche. C’est juste que j’ai senti ce froid étrange me couler dans le dos. Je me demande ce que c’était ? » Mitsuki s’était calmée.

Yuuto pouvait facilement l’imaginer maintenant, la tête inclinée sur le côté, perplexe.

« Es-tu sûre que tu n’as pas attrapé un rhume ou un truc dans le genre ? » dit Yuuto en riant un peu. « Veille bien sur ta santé. Il fait déjà assez froid là-bas aussi, non ? »

« Hmm, je n’ai pas vraiment l’impression que c’est cela... Yuu-kun, fais attention aussi, d’accord ? »

« Ah, ça va aller. Je m’assure de m’habiller chaudement, » répondit Yuuto.

« Euh, ce n’est pas vraiment ce que je veux dire... fais juste attention. »

« C’est vrai, je sais. Je ferai attention. »

Il n’était pas sûr de ce à quoi il était censé faire attention, mais il l’avait quand même dit, acquiesçant de la tête.

Comme toujours, elle est si inquiète, Yuuto s’était dit avec un sourire ironique, mais en réalité, il avait en vérité fait tant de choses qui allaient l’inquiéter encore et encore, alors il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir pour cela.

Pourtant, cette fois au moins, il pensait que Mitsuki s’inquiétait pour rien.

« Ne t’inquiète pas pour moi, » déclara-t-il. « C’est vrai qu’on ne sait jamais ce qui va se passer ici, mais pour l’instant, c’est calme. »

« Argh... Je ne sais pas pourquoi, mais cela m’a rendue encore plus anxieuse, » la voix de Mitsuki, venant du haut-parleur, semblait troublée.

En effet, c’était exactement comme Yuuto l’avait dit : Iárnviðr, les choses étaient occupées et trépidantes, mais c’était paisible.

 

 

Cependant, il y avait eu aussi des incidents qui ne pouvaient se produire qu’en temps de paix.

L’intuition d’une femme était vraiment une chose redoutable.

Plusieurs jours s’étaient écoulés sans incident, et le mouton sans méfiance — Yuuto Suoh — s’était retrouvé au sommet d’un cheval.

Yuuto n’était pas encore assez habile pour monter seul, alors il était assis derrière Félicia.

Le mont Surtsey, où ils se dirigeaient, n’était pas une région très développée, donc les routes n’étaient pas bien entretenues. La calèche qu’ils utilisaient normalement pour voyager aurait pris deux jours, mais en voyageant directement à cheval, ils pourraient y arriver avant le coucher du soleil aujourd’hui.

Il était extrêmement important de pouvoir réduire de deux jours le temps de déplacement lorsque les choses étaient aussi occupées comme elles l’étaient dernièrement.

« Pourtant, même si je suis très occupé, j’aurais vraiment dû prendre le temps de pratiquer l’équitation..., » Yuuto grogna en levant les yeux vers le ciel bleu et clair, temps rare pour cette fin d’automne.

Un souverain devait projeter une image de force physique à ses sujets à tout moment, quelle que soit la vraie vérité. Si la personne responsable était perçue comme faible, son règne ne serait pas aussi efficace.

L’opinion de Machiavelli sur le sujet, telle qu’énoncée dans Le Prince, était : « Un prince doit se méfier, strictement et avant tout, d’être méprisé ou dénigré. »

Yuuto trouvait pathétique que toutes les filles qui l’accompagnaient manipulassent très bien leurs chevaux, et pourtant il ne savait pas encore monter à cheval. Il avait estimé que c’était exactement le genre d’affichage honteux qui conduirait les gens à le mépriser.

Bien sûr, la vérité était que voyager avec un si grand groupe de belles jeunes filles avec lui, l’une d’elles assise avec lui sur son cheval, projetait une image d’une telle force que ses propres sujets tremblaient devant sa puissance, mais il n’avait aucun moyen de savoir cela.

Mais Yuuto et ses grognements furent immédiatement réprimandés par Félicia, ainsi que par Sigrun, qui était à leurs côtés.

« Oh, franchement, Grand Frère ! » déclara Félicia gaiement. « Ne nous inquiétons pas de telles choses aujourd’hui. »

« Elle a raison, Père, » Sigrun avait acquiescé. « Au moins pour la durée de ce voyage, oubli ces soucis formels et détends-toi. »

L’objectif déclaré de ce voyage était que le Yuuto, normalement surchargé de travail, ait la chance de se reposer et de se détendre.

Lorsqu’ils lui avaient proposé l’idée pour la première fois, Yuuto avait refusé en disant : « Je ne peux pas prendre des vacances pendant que tout le monde est si occupé. » Mais avec son commandant en second, l’assistant du second, le chef des anciens du clan et tous ses subordonnés de confiance d’Einherjar le suppliant de « faites une pause cette fois-ci », même un souverain invaincu dans la guerre comme Yuuto s’était trouvé forcé d’admettre sa défaite.

« Je suis vraiment un bâtard chanceux, d’avoir des sujets aussi loyaux et dévoués dans ma famille, » murmura Yuuto d’un soupir ironique, mais c’était une ironie teintée de vérité.

Maintenant qu’il avait l’occasion d’y réfléchir, depuis qu’il était devenu patriarche, c’était un flot continu de crises et d’incertitudes. Il avait passé chaque jour à travailler sans vraiment avoir eu la chance de prendre des vacances.

Le fil bien tendu se coupe facilement, comme le dit l’adage. Il devrait probablement y aller doucement et se détendre de temps en temps.

Yuuto se sentait un peu coupable d’avoir fait en sorte que ses subordonnés s’inquiètent tellement pour lui, et en même temps, il sentait une grande chaleur dans son cœur qu’ils pensaient tous tellement à lui.

« Eh bien, je suppose que je vais accepter leur gentillesse cette fois-ci et m’amuser. » Yuuto avait profité de l’agréable sensation du vent frais de l’automne contre son visage, et du paysage qui passait.

Voyager à cheval sur la route était très différent de l’expérience de l’équitation en calèche.

D’abord et avant tout, il y avait le mouvement du dos du cheval sous lui, l’impression qu’il était au sommet d’une chose vivante. Il sentait clairement non seulement les pas du cheval, mais aussi de petits mouvements comme le balancement de la tête ou l’ondulation de la queue. Ce genre de sensation aurait été impossible à vivre en calèche.

La hauteur de son point de vue était également radicalement différente. Le paysage environnant lui paraissait différent et nouveau.

En regardant tout cela, je me rends compte qu’une grande partie du « paysage naturel » du Japon est assez artificiel, pensa Yuuto.

Même les lieux appelés « parcs naturels » dans son pays étaient des endroits où les arbres étaient plantés en privilégiant la beauté visuelle, avec des cerisiers en fleurs au printemps et des feuilles d’érable colorées à l’automne.

La petite ville où Yuuto avait grandi était entourée de montagnes, mais tous les arbres étaient des cèdres japonais, plantés pour leur cycle de croissance rapide et leur facilité d’utilisation dans les zones résidentielles.

En comparaison, la nature d’Yggdrasil était totalement intacte. Il y avait des roches et des cailloux éparpillés partout, et la diversité de la vie végétale grandissait au hasard, d’une manière qui paraissait beaucoup moins belle que la nature du Japon.

Mais c’était vraiment naturel.

Pendant un bon moment, Yuuto se laissa simplement absorber par la majesté de ce paysage.

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