Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 3 – Chapitre 1 – Partie 5

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Chapitre 1 : Acte 1

Partie 5

« Haah... haah... » Yuuto respira lourdement, complètement essoufflé, alors qu’il se penchait avec les deux mains sur ses genoux.

Il était évident que le sanctuaire dans lequel il avait été convoqué se trouvait près du sommet d’une grande tour. Mais il n’avait pas compté sur la différence d’effort qu’il fallait pour gravir une tour par rapport à sa descente.

Après avoir forcé Félicia à lui servir de guide et avoir fait un grand spectacle de course jusqu’à la tour, il avait commencé à monter la tour à pleine vitesse. L’escalier interminablement long avait finalement complètement sapé son endurance.

Apparemment, cette tour s’appelait la Hliðskjálf, un nom qui signifie « tour sacrée ». Au premier coup d’œil, elle semblait mesurer entre quinze et vingt mètres de haut. C’était à peu près la même hauteur que le toit du lycée que Yuuto fréquentait. Yuuto avait escaladé tout cela à pleine vitesse, donc dans un sens, il était inévitable qu’il soit aussi épuisé.

Bien sûr, Félicia était toujours à ses côtés et n’était pas à bout de souffle. « Allez-vous bien, Seigneur Yuuto ? »

C’est simplement parce que j’ai couru trop fort au départ, et je n’ai pas eu un petit déjeuner complet, se dit Yuuto, mais sa tentative de se consoler était creuse.

C’était une Einherjar, tout comme Sigrun, et on lui avait accordé des capacités physiques beaucoup plus impressionnantes que celles d’une personne ordinaire. Yuuto comprenait cela sur le plan intellectuel, mais plus il restait longtemps dans ce monde, plus sa fierté en tant qu’homme était complètement détruite.

« Ouff... Oh, wôw. Voilà donc à quoi ressemblent les villes de ce monde. » Yuuto avait enfin repris son souffle. Il se retourna et vit les rues de la capitale du Clan du Loup s’étaler sous lui.

Les bâtiments alignés à l’intérieur des hautes murailles du centre-ville étaient tous d’un étage avec des toits plats, mais il y avait une certaine grandeur dans leur apparence, une indication qu’ils faisaient partie de l’enceinte du palais où les puissants résidaient. Yuuto avait toujours associé les palais et les châteaux avec une couleur blanche, alors voir tout teinté du rouge de briques lui avait semblé un peu bizarre.

À l’extérieur de ses murs, c’était un monde totalement différent.

Tout près des murs se trouvaient des rangées de maisons simples et modestes. Il les avait vus de près sur le chemin du retour, et ils avaient l’air de n’être faits que de boue et d’argile malaxées. Aux yeux de Yuuto, ils ressemblaient à une version plus grande de quelque chose qu’un enfant pourrait construire pour le plaisir.

Mais même ces maisons étaient apparemment celles des personnes relativement plus aisées, et à mesure que l’on s’éloignait, les maisons étaient de minces cabanes aux toits de chaume.

Il s’était rendu compte d’un fait important grâce à des choses comme les murs de la chambre de Félicia et sa faïence. Il semblerait que la civilisation de ce monde n’avait pas vraiment progressé.

« Eh bien, oubliez ça. Le miroir est plus important en ce moment. » Yuuto se retourna et fit son premier pas vers le sanctuaire.

L’intérieur était un peu plus petit que le gymnase du lycée de Yuuto. Contrairement à la nuit précédente, il n’y avait plus les dizaines de personnes présentes, et les lieux étaient complètement vide et silencieux maintenant, assez pour que les pas de Yuuto fassent écho sur les murs.

Les murs intérieurs avaient été recouverts de ce qui ressemblait à du plâtre durci, et la belle surface blanche avait été recouverte de diverses peintures murales. Et comme dans un temple bouddhiste ou une église occidentale, il y avait une atmosphère à la fois grandiose et solennelle qui s’imposait à lui.

« Oh, le voilà, » déclara-t-il.

Se dirigeant vers le fond de la pièce, il y trouva le miroir divin exposé sur un autel et acquiesça d’un signe de tête de satisfaction. Cette similitude entre les miroirs ne pouvait en aucun cas être une coïncidence.

« Euh ! Y retournez-vous vraiment ? » lui demanda Félicia, ses yeux de cobalt vacillaient en lui demandant ça.

Pour elle, Yuuto était l’Enfant de la Victoire Gleipsieg, envoyé par les dieux pour la sauver, elle et son peuple, de la crise dans laquelle ils se trouvaient. S’il retournait dans son monde natal sans rien faire ici, qu’en adviendrait-il d’eux ? Cette inquiétude et cette peur étaient écrites sur son visage.

« ... Oui, je veux le faire. Je suis désolé, » Yuuto posa avec douceur une main sur la tête de Félicia pendant qu’il parlait.

Peu importe la situation, il n’aimait pas voir une fille qui avait l’air de vouloir pleurer. Il n’aimait pas cette Sigrun, mais Félicia l’avait bien traité. Il voulait faire quelque chose pour elle en retour et il désirait devenir le genre de personne qui pourrait l’aider, mais il savait qu’un tel rôle le dépassait comme il était en ce moment. En pensant les choses d’un point de vue plus équilibré, il y avait une limite à ce qu’un élève du collège médiocre comme lui pouvait accomplir dans un monde comme celui-ci.

« Eh bien, je suis sûr que c’est un chemin difficile pour vous, mais faites de votre mieux ! » déclara Yuuto.

Puis, levant la main en signe d’adieu, Yuuto avait allumé son smartphone et activé l’application d’appareil photo. Debout, dos à l’autel, il avait pris une photo de lui et du miroir divin avec la caméra tournée vers l’avant —.

— et il ne s’était rien passé.

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2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

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