Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 2 – Chapitre 5 – Partie 8

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Acte 5

Partie 8

Avant l’arrivée de Yuuto, le Clan du Loup avait perdu la plupart de ses batailles et avait été contraint de battre en retraite un nombre incalculable de fois. Chaque fois, il s’agissait de Skáviðr qui avait agi comme arrière-garde. La façon dont il s’était moqué de ses ennemis tout en tuant dans les rangs de soldats ennemis lui avait valu le titre de Níðhǫggr, le Boucher Ricanant.

C’était au cours de leur retraite, avec le Clan de la Foudre à leurs trousses, que ce faucheur de morts avait montré sa vraie force.

« Continuez à vous battre ! Personne n’est autorisé à battre en retraite jusqu’à ce que j’ordonne le contraire ! Si vous ne voulez pas mourir, alors battez-vous pour votre vie ! » Skáviðr avait continué à donner des ordres pendant qu’il embrochait des rangées de soldats avec sa lance. Bien que sa voix soit douce, elle provoquait une peur dans le cœur de ses hommes.

Pour une armée, le meilleur soldat était celui qui suivait les ordres. Une force qui se déplaçait comme une masse coordonnée avait de meilleures chances de victoire et un taux de pertes plus faible. Par conséquent, la discipline était roi.

Et Skáviðr était un homme qui avait publiquement exécuté des douzaines de personnes pour avoir désobéi aux ordres.

S’il donnait un ordre, il allait être suivi à la lettre. Tout le monde dans le Clan du Loup connaissait les conséquences de la désobéissance.

« N’oubliez pas que le Clan du Loup récompense la bravoure, » avait-il crié. « Tout soldat qui tombe aux champs d’honneur verra sa famille soutenue par le clan pour le reste de sa vie ! Vous savez tous que notre maître n’est pas du genre à rompre ses promesses ! »

Les membres du Clan du Loup le savaient très bien.

Yuuto avait appris de l’histoire de Wei Yang, et s’était assuré que les gens aient confiance en la loi. La façon dont il l’avait fait était d’avoir placé un tronc d’arbre à la porte du sud. Puis, il avait promis assez d’argent pour durer toute une vie si quelqu’un portait le tronc jusqu’à la porte du nord.

Naturellement, la plupart des citoyens ne l’avaient pas cru. Cela semblait trop beau pour être vrai, et ils n’avaient même pas pris la peine d’essayer de déplacer le tronc. Mais un homme curieux l’avait essayé sur un coup de tête. Comme promis dans son édit, Yuuto lui avait accordé une pile d’argent.

Il avait répété des actions similaires jusqu’à ce que le peuple du Clan du Loup ait implicitement confiance que toute promesse qu’il ferait serait tenue.

Si l’on menaçait de punir ceux qui désobéissaient, les individus deviendraient rapidement insatisfaits. Un leader avait besoin à la fois de la carotte et du bâton s’il voulait inspirer la loyauté de ses citoyens.

« Ne pensez qu’à l’ennemi devant vous. Combattez pour vos compatriotes, pour votre pays, et surtout, pour votre famille ! »

« Uwoooooooooooh ! » Les hommes de l’arrière-garde libérèrent un cri de guerre désespéré.

Ils savaient que s’ils essayaient de fuir, Níðhǫggr mettrait fin à leur vie. Il avait réussi à tenir tête à Mánagarmr, le Loup d’Argent le plus Fort, de sorte que les soldats moyens savaient qu’ils n’avaient aucune chance. Ils mourraient d’une mort honteuse en tant que déserteurs. Pire encore, on ne s’occuperait même pas de leur famille.

Au moins, s’ils mouraient au combat, leurs familles n’auraient pas faim, et ils seraient honorés par leurs camarades. Si l’enfer les attendait quand même, ils pourraient aussi bien choisir celui qui avait de meilleurs avantages.

Ils se battaient donc le dos au mur. Le désespoir leur donnait des forces. Ils s’étaient battus avec une telle férocité que les soldats du Clan de la Foudre, connus pour être les troupes les plus courageuses au service d’un patriarche qui ne craignait rien, avaient même faibli.

Le moral était essentiel pour gagner n’importe quel combat.

Normalement, lorsqu’une armée poursuivait un ennemi en fuite, c’étaient eux qui auraient l’avantage et qui tueraient facilement les traînards. Le droit de voler les armes et l’équipement de l’ennemi vaincu était la récompense que les soldats recevaient pour avoir risqué leur vie.

Mais personne ne voulait continuer à risquer sa vie après avoir déjà gagné. Ils voulaient juste prendre ce qu’ils avaient pillé et rentrer chez eux. Il allait de soi que leur moral commencerait à fléchir lorsqu’ils se demandaient pourquoi ils se battaient.

Juste au moment où ils étaient sur le point de se briser, un homme avec un marteau de guerre avait plongé dans la mêlée avec un cri fougueux. « Hors de mon cheminnnnnnn ! »

Il avait écarté les lances qu’on lui avait placées devant et il s’avança sur son char. Contrairement aux autres soldats du Clan de la Foudre, il n’avait pas peur de la détermination du Clan du Loup à se battre jusqu’à la mort.

« Est-ce que Steinþórr est revenu ? Non, ce n’est pas lui, » murmura Skáviðr.

Ce nouveau venu avait les mêmes cheveux roux flamboyant que le patriarche du Clan de la Foudre. Même son visage et son physique étaient semblables. Mais leurs âges étaient complètement différents. Alors que Steinþórr semblait avoir dix-neuf ans, cet ennemi était dans la fin de la vingtaine. De plus, cet homme n’était pas aussi intimidant que Steinþórr.

« Mais il est quand même fort, » déclara Skáviðr dans l’irritation.

Les soldats d’élite du Clan du Loup s’étaient jetés sur ce nouveau combattant, mais ils n’avaient même pas été capables de l’égratigner.

Il y avait des chances qu’il soit un Einherjar. Les soldats normaux n’auraient aucune chance.

« Éloignez-vous de cet homme ! Je m’occupe de lui ! » Skáviðr avait appelé ses hommes. Il avait finalement réussi à les réveiller suffisamment pour qu’ils se battent jusqu’à la mort ; il ne voulait pas que le moral sur lequel il avait tant travaillé soit ruiné par un seul homme.

Il avait enfoncé ses éperons dans son cheval et avait poussé sa lance sur le nouveau venu.

L’homme aux cheveux roux avait dévié la lance de Skáviðr et avait crié : « Ngh ! Alors tu es le général de l’arrière-garde ! Tu es très doué. En effet, tu fais un ennemi digne de ce nom ! Je suis VingeÞórr, l’homme qui t’enverra au Valhalla. Sculpte mon nom dans ton âme ! »

« Ah, donc vous êtes le frère stupide. Ça doit être dur, d’être commandé par votre jeune frère, » déclara Skáviðr en ricanant.

VingeÞórr s’était mis en colère. « Espèce de salaud ! »

Il semblerait que Skáviðr ait touché un point sensible. On pouvait voir comment il avait mérité son titre.

« Uwooooooooooooooooooooooh ! »

« Hmph ! »

VingeÞórr avait fait pleuvoir une tempête de coups sur Skáviðr. Bien qu’il se soit toujours tenu dans l’ombre de son frère cadet, VingeÞórr était quand même un grand héros connu même par le Clan du Loup. Il était l’Einherjar de Grídarvöl, la Massue Géante. Et comme son nom l’indiquait, ses coups avaient été les plus puissants que Skáviðr ait jamais ressentis.

« Quand il s’agit de force pure, vous avez même battu notre Loup d’Argent, » déclara Skáviðr froidement.

« Loup d’Argent ? Tu veux dire Mánagarmr. C’est la plus forte parmi une bande de faibles. Si mon frère n’était pas là, je serais l’homme le plus fort... Quoi !? Arg ! » Une douleur brûlante avait brûlé la poitrine de VingeÞórr.

La lance de Skáviðr lui avait transpercé le cœur.

VingeÞórr n’avait même pas vu le coup venir.

« Vous n’êtes même pas digne d’être mon ennemi. »

Le corps de VingeÞórr avait glissé hors du char lorsque Skáviðr avait retiré sa lance. Il n’avait même pas souri en enlevant le sang de son arme.

Les troupes du Clan de la Foudre regardaient le cadavre de leur chef. L’un de leurs plus grands héros venait d’être tué, et par un homme qui ressemblait à la Grande Faucheuse elle-même.

Tandis que les soldats du Clan de la Foudre hésitaient, l’armée du Clan du Loup avançait.

« U-Uwaaaaaaaaaaaaaah ! » L’un des soldats du Clan de la Foudre avait lâché son arme et s’était enfui.

Sur ce, le barrage avait cédé. L’un après l’autre, les soldats avaient commencé à fuir et à déserter.

« On dirait qu’on les a repoussés », avait dit Skáviðr. « Dans ce cas, il n’y a aucune raison de rester. Retraite, messieurs ! »

« Uwooooooooooooooooooooooooh ! Níðhǫggr ! Níðhǫggr ! Níðhǫggr ! » Les soldats du Clan du Loup avaient levé les armes et avaient acclamé leur chef, heureux d’avoir survécu.

Skáviðr avait servi d’arrière-garde dans d’innombrables batailles dans lesquelles ils s’étaient retirés. Il n’était même plus capable d’en tenir le compte. Malgré cela, il avait toujours survécu.

Cet homme sombre, à l’air sinistre, semblait avoir été évité par la mort elle-même. Mais c’était précisément pour cela que ses soldats l’avaient trouvé si fiable.

Parce qu’ils savaient qu’il les sortirait de n’importe quel piège mortel imaginable.

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3 commentaires

  1. Merci pour ce combat - totalement zappé dans l'animé -.

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