Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 2 – Chapitre 5 – Partie 7

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Acte 5

Partie 7

« Putain de merde ! Je ne suis pas encore satisfait ! » Steinþórr se plaignait à lui-même, ouvrant et fermant son poing à plusieurs reprises.

Il n’avait jamais affronté un adversaire aussi coriace. Pourtant, à la fin, il avait laissé sa proie glisser entre ses doigts.

La rage couvait en lui.

« Je pense que tu es la seule personne qui voudrait encore se battre après ça, Père. On les a peut-être chassés, mais c’est nous qui avons perdu plus d’hommes. » Þjálfi, le bras droit de Steinþórr, secoua la tête, alors que son expression était sinistre.

Steinþórr pourrait être celui qui avait mené son clan à la victoire, et celui qui avait décidé contre qui ils se battraient. Mais c’est Þjálfi qui avait formé les troupes, s’était assuré qu’elles étaient ravitaillées et avait maintenu l’ordre dans les rangs. Il était de facto le quartier-maître de l’armée. Ses paroles ne devaient pas être prises à la légère.

« Oh, c’est vrai ? Eh bien, je suppose que c’est vrai que nous sommes tombés dans son piège. »

« En effet. Même si j’ai horreur de l’admettre, ses troupes sont beaucoup mieux entraînées. Tu nous as sauvés d’une sacrée défaite, Père. » Þjálfi avait souri amèrement.

La différence dans les forces de leurs armées avait été mise en évidence dans cette bataille, et le Clan du Loup avait l’avantage. Même pour un commandant de génie, il aurait été impossible de surmonter cet avantage. Le Clan du Loup avait même réussi à vaincre Yngvi, l’un des commandants les plus habiles et les plus intelligents que Þjálfi connaissait, avec une armée ayant la moitié de la taille du Clan du Sabot. Et pourtant, le Clan de la Foudre avait surmonté la distance écrasante en force entre eux et le Clan du Loup, tout cela grâce à un seul guerrier.

« Mais il semble que même le Patriarche du Clan du Loup ait découvert qu’il ne peut pas nous prendre de front », avait dit Þjálfi.

Bien qu’il semblait calme, l’esprit de Þjálfi était un tourbillon d’émotions.

Qui d’autre au monde que Steinþórr aurait pu réaliser un tel exploit ? Cet homme avait été envoyé du ciel pour apaiser les conflits d’Yggdrasil, et il devait être le prochain dirigeant du monde. De cela Þjálfi était certain. Il était également certain qu’il était né pour l’aider dans cette quête.

« Hmph, mais cela ne veut pas dire qu’on peut les laisser s’enfuir comme ça, » Steinþórr avait grogné.

« En effet. Notre armée a un équipement beaucoup plus léger que le leur. Si nous les poursuivons maintenant, nous devrions pouvoir les rattraper facilement. Si nous les laissons s’échapper ici, ils reviendront avec un autre tour de passe-passe. Les écraser maintenant serait mieux, » déclara Þjálfi.

« Ça a l’air amusant à sa façon. » Steinþórr avait fait craquer ses articulations.

Alors qu’il aurait préféré les combattre à nouveau après qu’ils aient repris des forces, l’idée de les affronter de front à l’heure actuelle avait plus qu’assez d’attrait.

D’autant plus que son équipe avait été la perdante en termes de nombre de pertes subies, frapper maintenant serait l’occasion parfaite de se venger et de combler la différence.

Steinþórr avait mis sur son épaule son marteau de guerre puis il avait déclaré ça à ses hommes. « Très bien, allons à la poursuite ! Tout le monde, suivez... »

« Attends, s’il te plaît », déclara une voix prudente. « Tu peux envoyer tes hommes à la poursuite, mais tu devrais rester ici et te reposer. »

Le propriétaire de cette voix était, bien sûr, Þjálfi.

« Oh, ne soyez pas ridicule », Steinþórr avait répondu ça. « Je ne me suis pas encore assez amusé. »

« Je sais mieux que quiconque à quel point ton endurance est sans fond, mais... la guerre est gagnée en gardant les soldats reposés et nourris. Tu n’as rien mangé depuis que tu t’es battu, n’est-ce pas ? »

« Mrrghhh... »

Grooooooooooooowl ! Aux mots de Þjálfi, l’estomac de Steinþórr avait émis un grand rugissement.

Bien que Steinþórr possédait une force monstrueuse, il était toujours humain. Après avoir combattu si longtemps, il était naturel qu’il ait faim.

« Je vais te faire préparer un char neuf et des vêtements de rechange, » déclara Þjálfi. « Je doute que leur patriarche se soit retiré à pied, donc de toute façon, tu en auras besoin. »

Steinþórr n’avait pas pu réfuter cette logique, alors il avait froncé les sourcils en silence.

Son vieux char était trop endommagé pour rouler maintenant. Il aurait pu en prendre un à l’un de ses officiers, mais cela aurait été mal perçu en tant que patriarche.

Ses vêtements étaient si tachés de sang qu’ils étaient aussi roux que ses cheveux. Pire encore, le sang avait commencé à sécher et à raidir ses vêtements. Il ne l’avait même pas remarqué jusqu’à ce que Þjálfi l’ait signalé, mais maintenant cela le rendait mal à l’aise de les porter.

La plus grande arme du Clan de la Foudre était le moral de ses troupes. Et Steinþórr avait instinctivement compris que c’était lui qui les avait inspirés. Il savait que s’il avait l’air pitoyable, cela découragerait ses hommes.

« Tch, je suppose que tu as raison. »

« Je suis content que tu comprennes. N’aie crainte. Cette fois-ci, notre ennemi est très solide. Les combats ne font que commencer. Nous aurons besoin de ta force à nouveau bien assez tôt, » déclara Þjálfi.

Steinþórr était assis au sol avec ses jambes croisées. « Hmph, si tu le dis. Je vais laisser Ving s’occuper de la poursuite. Maintenant, donne-moi à manger ! »

« Oui Sire, je vais t’apporter quelque chose tout de suite. » Þjálfi s’était incliné avec une révérence et s’était dépêché pour trouver de la nourriture.

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