Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 2 – Chapitre 4 – Partie 3

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Acte 4

Partie 3

Trois jours après l’arrivée de Yuuto à Iárnviðr, les renseignements que Kristina avait recueillis sur le Clan de la Foudre s’étaient avérés corrects.

L’homme devant lui dans la salle d’audience était d’âge moyen, peut-être 40 ans, et était vêtu de fourrures grises. On aurait dit des peaux de loup.

« Que faites-vous ici, envoyé du Clan de la Foudre ? » demanda Yuuto d’une manière hautaine, reposant son menton dans une main.

Le visage de l’envoyé était tendu et pâle, mais il n’y avait pas d’hésitation ou de peur dans ses yeux, seulement une sorte de résolution tragique.

Après avoir mouillé ses lèvres une fois avec sa langue, l’envoyé avait commencé à parler d’une voix tendue. « Je porte un message de mon patriarche. »

« De cet... de Steinþórr ? » Yuuto avait presque dérapé et il avait presque dit « cet idiot », sa façon habituelle de se référer à Steinþórr, mais il avait réussi à se rattraper. Il ne pouvait pas se laisser aller à traiter le patriarche du Clan de la Foudre d’idiot devant l’un des membres de ce clan.

« Félicia, » déclara Yuuto.

« Grand Frère, » répondit-elle.

Yuuto avait fait un geste avec sa tête, et Félicia s’était approchée de l’envoyé et avait accepté le message de sa part, en suivant gracieusement les actions que l’étiquette requérait. Elle était retournée au côté de Yuuto et avait regardé le contenu du message une fois, puis elle avait ouvert les yeux en raison d’une grande surprise.

« Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça dit ? » demanda Yuuto.

« Je le lirai à haute voix exactement tel qu’il est écrit. Informez le Seigneur Yuuto, patriarche du Clan du Loup, que je suis Steinþórr, patriarche du Clan de la Foudre. Le patriarche du Clan du Sabot que vous avez tué, Yngvi, était mon frère juré par le Calice, et aussi le père par le sang de ma femme bien-aimée. Nos cœurs, mari et femme, sont déchirés par le chagrin. Je voudrais envahir le territoire du Clan du Loup dès maintenant, afin de prendre votre tête et de l’offrir devant la tombe de mon cher frère, mais nous, du Clan de la Foudre, nous ne voulons pas d’une guerre dénuée de sens. Si vous du Clan du Loup avez le moindre regret pour vos actes et souhaitez faire amende honorable, alors remettez-nous immédiatement la ville de Gimlé. Si vous refusez, nous ne vous montrerons aucune pitié... Il n’y a plus rien dans le message. »

« Même les bêtises ont leurs limites ! Nous n’accepterions jamais de telles exigences absurdes ! » cria Sigrun.

« Avez-vous oublié que c’est le Clan du Sabot qui a envahi le Clan de la Corne en premier ? » Jörgen avait fait rage. « Notre patriarche n’a fait que respecter le lien sacré du Calice et envoyer des troupes pour les aider ! Et la mort est un compagnon de guerre constant. Nous n’avons rien à être blâmé ! »

Avant que Yuuto n’ait eu l’occasion d’ouvrir sa bouche pour répondre, Sigrun avait protesté contre son indignation, suivie de son second, Jörgen. Ils étaient assis en silence dans la salle d’audience, mais ils ne pouvaient pas rester ainsi.

Le message avait été une démonstration unilatérale de grossièreté volontaire envers le Clan du Loup, il était donc naturel qu’ils se fâchent tous les deux. Il s’agissait d’essayer de provoquer une bagarre, pour le dire clairement. Mais Yuuto restait étrangement calme, avec une expression douloureuse, comme s’il prenait le message à cœur.

« Hmm, la colère du Seigneur est certainement justifiée, » déclara-t-il. « Gimlé est une terre extrêmement importante pour le Clan du Loup, et pourtant j’aimerais faire tout ce que je peux pour éviter un conflit armé avec le Clan de la Foudre, qui est connu pour leur courage intrépide dans les combats. J’aimerais avoir un peu de temps pour y réfléchir. »

« Père !? »

« Père !? »

« Grand Frère !? »

Jörgen, Sigrun et Félicia s’étaient retournés pour faire face à Yuuto, leur incapacité à croire ce qu’il disait était écrite sur leur visage.

Yuuto les avait réduits au silence avec un regard significatif, puis s’était tourné pour sourire largement à l’envoyé. « Envoyé, vous devez être fatigué de votre long voyage. Je vais faire préparer une chambre pour vous, donc vous devriez vous détendre à Iárnviðr pendant un court moment en tant qu’invité. Le pain sans grains que nous faisons ici est exquis, vous savez ? Et nos montagnes regorgent de gibier sauvage. Nous vous offrirons toute notre hospitalité, alors amusez-vous bien. »

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre et bonne continuation!

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