Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 1 – Épilogue 1

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Épilogue

La nouvelle de la mort du souverain patriarche du Clan du Sabot, Yngvi, s’était répandue comme une traînée de poudre sur tout le champ de bataille.

Au début, les membres du Clan du Sabot se trouvant là ne le croyaient pas ou ne le voyaient que comme des mensonges, mais dans le silence qui s’ensuivit en provenance de leur quartier général, leurs doutes commencèrent à grandir.

Yngvi n’était certainement pas le genre d’homme qui laisserait ses soldats paralysés par le chagrin. Cependant, il était le type qui pouvait, en voyant le chaos dans ses troupes, et en donnant des ordres rapides, les rassurer.

S’il avait été vivant et qu’il avait entendu les fausses nouvelles comme quoi il était censé être mort, il aurait sûrement fait une démonstration ostentatoire pour démontrer qu’il était en bonne santé.

Mais cela ne s’était pas produit.

Ce n’était qu’une question de temps avant que les soldats réalisent que les supposés mensonges étaient vraiment des faits. Et à ce moment-là, ils avaient été assaillis par une incertitude si grande que c’était comme si le sol tremblait sous leurs pieds. Ils s’étaient battus sans avoir aucun doute quant au fait qu’ils gagneraient parce qu’ils avaient Yngvi. Comment un souverain aussi puissant et héroïque avait-il pu être abattu par le souverain d’un clan ennemi ?

Presque tous les soldats du Clan du Sabot, à l’exception des officiers, étaient des fermiers ou des esclaves. Ils avaient été forcés de se battre. Plusieurs de ces soldats avaient finalement commencé à lâcher leurs armes et à s’enfuir.

Après que ces quelques individus aient fait ça, alors qu’un ou deux autres les poursuivraient, cela se transforma rapidement en une désertion massive. En ce moment, c’était comme si l’ordre dans leur rang n’avait jamais existé, et l’armée du Clan du Sabot s’était dissoute en quelques minutes.

Pendant ce temps, les forces alliées du Clan du Loup et du Clan de la Corne n’avaient fait qu’accroître leur enthousiasme face à la nouvelle de la mort du général ennemi.

S’il y avait eu un digne commandant en second qui aurait pu prendre en charge l’armée à la place de Yngvi, peut-être auraient-ils résisté. Mais il semblerait que Yngvi avait été bien trop grand pour ça. Il y avait beaucoup de généraux et d’officiers compétents dans l’armée du Clan du Sabot qui avaient été précieux pour Yngvi, mais personne ne pouvait le remplacer maintenant qu’il était parti.

Les forces combinées du Clan du Loup et du Clan de la Corne poussèrent des cris de victoire à la vue des forces du Clan du Sabot en pleine débandade.

***

Le jour suivant, dans la Capitale du Clan de la Corne, Fólkvangr, ils avaient organisé une magnifique fête afin de célébrer leur victoire.

Comme si l’on avait placé une bénédiction sur le Clan du Loup et le Clan de la Corne, le ciel s’était éclairci, ne laissant pas de nuages et l’on pouvait s’attendre à un jour parfait pour un festival.

Partout dans la ville retentissaient les sons des flûtes et les claquements des tambours, alors que les personnes étaient ravies d’avoir été sauvées et de pouvoir continuer leur vie.

Sur la place centrale de la ville, les soldats des deux clans buvaient ensemble. La seule façon de persuader deux ennemis acharnés de devenir amis était de trouver un ennemi commun. Bien qu’ils se querellaient depuis des années en tant qu’ennemis acharnés, cette victoire avait, tout au moins, commencé à balayer leurs vieilles hostilités.

Yuuto poussa un lourd soupir devant le rire vulgaire et audacieux des soldats se trouvant au loin. « Je suppose qu’après tout c’était vraiment une victoire facile. »

Vu le charisme qu’il avait eu, la mort d’Yngvi plongerait le Clan du Sabot dans le chaos. Même si son second lui succédait, ce nouveau souverain aurait les mains pleines pendant un certain temps, essayant de régler les questions d’autorité et de pouvoir au sein de son propre clan.

En d’autres termes, bien qu’ils aient côtoyé le Clan de la Corne, le Clan du Sabot avait été détruit, ne laissant aucune trace de leur grandeur passée. Ils n’étaient plus un pays qui envahirait les autres selon leurs caprices. Dans tous les cas, il était acceptable de dire que la menace lorsqu’il avait lancé une attaque sans précédent contre le Clan de la Corne avait été détruite.

Cependant, une montagne de problèmes était encore présente.

La mort du souverain suprême Yngvi avait probablement eu l’effet d’éveiller les ambitions des clans voisins, qui avaient probablement regardé ça comme une occasion d’attaquer tel des vautours. Si on regardait seulement le Clan de la Corne, il avait obtenu la paix à ce moment-là, mais en regardant Álfheim dans son ensemble, cette récente bataille conduirait à un sentiment général de malaise.

Si cela entraînait une perturbation dans le Clan de la Corne, alors, tout comme cette fois-ci, le Clan du Loup serait sûr de s’impliquer.

Pourtant, on ne pouvait pas prédire avec certitude l’avenir. Yuuto avançait toujours à tâtons dans le noir afin de trouver un moyen de rentrer chez lui au 21e siècle.

Yuuto avait l’intention que le Calice qu’il avait partagé avec le Clan de la Corne et le Clan de la Griffe soit un lien durable, il aurait donc besoin de prendre des dispositions pour que les relations amicales perdurent après son départ. Le simple fait de penser à ça lui donnait des maux de tête.

Mais son problème actuel était...

« Hmm, l’eau est si bonne, » murmura Sigrun. « C’est comme le butin offert par notre victoire. »

« Bien plus que cela. Ceci vous ramène à la vie, » ajouta Félicia. « Ahh... ma fatigue est comme emportée par elle... ♪. »

« Quand tu dis ça, cela donne l’impression que tu es une vieille dame, Félicia, » déclara Sigrun.

« V-Vieille !? S-Si je suis une vieille femme, alors tu l’es aussi, Run ! Tu n’as que sept jours de moins que moi ! » répliqua Félicia.

« Tu es toujours focalisée sur ça !? Tu vas vraiment avoir besoin de surmonter ça, » répliqua Sigrun.

« Comme si tu pouvais comprendre les sept jours de labeurs supplémentaires que j’ai vécus à cause de ça ! » s’exclama Félicia.

Félicia et Sigrun avaient déclenché une dispute, et Yuuto s’était interposé entre elles.

Bien qu’il ait tant de choses en tête, Yuuto voulait juste qu’elles le laissent un peu tranquille.

Ils se trouvaient tous dans la source chaude géante se situant au cœur de la capitale du Clan de la Corne. Il s’agissait d’un lieu saint, normalement seulement accessible pour ceux qui travaillaient à de saintes tâches. Ces personnes l’utilisaient afin de se nettoyer avant les cérémonies. Par conséquent, même si cela aurait pu être naturel, les deux femmes étaient nues comme au jour de leur naissance. Et, même s’il y avait un homme en leur présence, aucune des deux filles n’avait tenté de se couvrir.

La vérité était qu’une partie de la raison pour laquelle il avait occupé son esprit avec de telles pensées gênantes était d’éviter de trop penser à cette situation. Mais même ainsi, le fait que ses yeux se tournaient parfois vers leurs corps était quelque chose qu’il ne pouvait pas empêcher de faire en tant que gars.

Il avait tenté de faire appel à son propre sens de la raison, et même s’il avait pu se retenir, il avait eu du mal à garder le contrôle. Le doux bruit de l’eau s’éclaboussant avait finalement attiré son regard.

« Hihi ! Si tu es vraiment curieux, alors viens voir par ici, » Félicia riait. « Après tout, mon esprit et mon corps t’appartiennent totalement, Grand Frère. »

« Arg ! Ne dis pas de telles choses embarrassantes ! Je ne regarde rien. Je ne suis pas intéressé ! » Yuuto avait menti, se mettant en colère en réponse à ce regard diabolique.

C’était comme s’il avait complètement perdu tous ses sens face au regard normalement tiède de Félicia. À ce moment-là, Yuuto s’était demandé comment les choses avaient fini comme ça, puis il avait répondu à sa propre question.

Yuuto se baignait généralement seul dans la capitale du Clan du Loup. Au début, ses partisanes avaient essayé de l’aider quand il prenait son bain, mais il avait fermement refusé, insistant sur ça. « Laissez-moi au moins profiter de mon bain en paix ! » Mais maintenant, ils étaient dans le bastion du Clan de la Corne, où ils s’étaient battus pour leur vie l’autre jour. C’était Félicia qui avait insisté sur le fait qu’il ne pouvait pas être laissé seul dans cet état de nudité, le plus vulnérable d’entre tous.

Cela étant dit, Yuuto serait bien retourné à la capitale du Clan du Loup, mais un festin afin de célébrer leur victoire était en cours ici au palais. Naturellement, en tant que patriarche souverain du Clan du Loup, Yuuto n’avait d’autre choix que de participer, car il était le principal parti qui avait conduit tout le monde à la victoire au cours de cette bataille.

Et Yuuto était sale à la suite des nombreux jours qu’ils avaient passés à voyager jusqu’ici. Comme il s’agissait d’une fête organisée pour le clan voisin, s’il ne veillait pas à ce que son apparence soit correcte, cela se refléterait négativement sur le Clan du Loup.

Alors que maintenant il avait pu enfin prendre un peu de repos, le fait d’avoir ces deux belles filles qui s’étaient placées de chaque côté de lui fit qu’il avait couvert un peu son corps, rougissant. Il n’y avait pas un soupçon de dignité qu’on attendrait d’un héros qui avait détruit un grand clan tel que le Clan du Sabot.

« Arg ! Pourquoi est-ce que vous deux devez me protéger ainsi ? » gémit-il. « Si on y pense, des gardes masculins auraient été bons dans ce cas là. »

« Mais je suis toujours ta garde, Grand Frère, n’est-ce pas ? » demanda Félicia.

« Il s’agit d’un ancien territoire ennemi, » déclara Sigrun. « Je serais nerveuse si Félicia était la seule avec toi. Je pense que je suis la plus adaptée à cette tâche, en tant que le plus Fort Loup d’Argent, Mánagarmr. »

« C’est vrai, oui. Et puisque Run est également une femme, le fait qu’elle me voit nue ne me dérange pas du tout, » déclara Félicia.

« Avez-vous oublié que je suis du sexe opposé !? » s’exclama Yuuto.

« « Toi, tu es un cas particulier, » » tous deux affirmèrent en même temps alors qu’Yuuto s’enfonçait dans l’eau chaude.

Si Mitsuki l’apprenait, elle couperait probablement tout lien avec moi, pensa Yuuto, car un frisson l’atteignait même dans la chaleur du bain.

En parlant de Mitsuki, il réalisait seulement maintenant qu’il était parti au combat sans lui dire où il allait. Elle était probablement inquiète qu’elle n’ait toujours pas eu de ses nouvelles. Cette pensée l’avait en quelque sorte rendu agité.

« J-Je vais juste me nettoyer, » dit-il. « J’ai encore besoin de préparer certaines choses. »

D’une manière ou d’une autre, incapable de rester plus longtemps, Yuuto se leva en étant un peu paniqué et se dirigea vers la zone de lavage. Il était un peu gêné qu’elles le voient nu, mais elles l’avaient vu quand il était rentré dans le bain. Sa priorité était de sortir de là. Un homme de vertu ne devrait pas se permettre d’être dans une telle situation.

« Oh ! S’il te plaît ! » Sigrun retint Yuuto, cherchant l’épée qu’elle avait appuyée à proximité contre un mur.

Son ton dur l’obligea à se retourner, craignant que certains malandrins ne soient prêts à l’attaque, alors il se raidit.

Il ne pouvait pas vraiment le dire à travers la vapeur, mais elle était beaucoup plus petite que Félicia, avec une forme légèrement plus arrondie. Il tourna brusquement son regard dans la direction que regardait Sigrun : l’entrée du bain. Après avoir tendu l’oreille, il pouvait entendre une sorte de bruit.

Peut-être que quelqu’un allait venir.

Les meilleurs membres de l’unité Múspell supervisée par Sigrun se trouvaient de l’autre côté du mur. Yuuto pencha la tête, certain que, si c’était une personne suspecte, elle ne pourrait pas entrer de front. Mais à ce moment-là, il vit une ombre qui se tenait là.

« Que font ces imbéciles ? Je leur avais dit de ne laisser passer personne, » Sigrun cracha ces paroles d’un ton agité puis elle marcha pour se placer à plusieurs pas devant Yuuto.

Ce faisant, ses fesses toniques se frayaient un chemin dans la ligne de vue d’Yuuto, et il ne pouvait pas détourner le regard alors qu’elle était devant l’entrée, alors un sentiment de dégoût de lui-même à un moment aussi crucial surgit au sein d’Yuuto.

« Grand Frère, » une voix familière se fit entendre.

« Linéa...? » Yuuto ne pouvait pas la voir à travers la vapeur, mais il avait reconnu sa voix.

Elle n’était pas une personne suspecte, mais plutôt le maître de ce château, et sa subordonnée. Elle était entrée, et bien sûr les gardes du corps de l’unité Múspell auraient été incapables de la renvoyer.

Franchissant la vapeur, Linéa était apparue. Alors qu’ils avaient été cachés par le tissu, ses flancs et ses cuisses étaient visibles, ce qui donnait aux yeux d’Yuuto un endroit sans danger pour regarder.

« De quoi avez-vous besoin, Grande Soeur ? » demanda Félicia d’une voix froide.

Techniquement, Félicia avait été la première à devenir la petite sœur d’Yuuto, donc Félicia était celle qui devait s’appeler « Grande Sœur », mais comme Linéa était la souveraine du Clan de la Corne, sa position sociale était plus élevée, et donc Félicia avait dû choisir d’utiliser cette façon de s’adresser à elle pour le refléter.

« J’ai quelque chose d’important à discuter avec vous, en tant que souveraine du Clan de la Corne, » déclara Linéa.

« Est-ce vraiment si important que nous devons en discuter ici ? » demanda Yuuto. « Je peux écouter ce que vous avez à dire plus tard... »

« Ils disent que si vous voulez être vraiment honnête avec quelqu’un, vous devez tout lui exposer. Et donc, j’ai pensé que si je devais le faire, alors ici était le seul endroit où nous pouvons en discuter... »

« Hmm. Et pourtant, malgré cela, vous couvrez votre face avant, » Sigrun renifla, semblant s’ennuyer.

Simple comme elle l’était, cela semblait encore un peu moche pour elle de le dire. C’était en fait quelque chose qu’Yuuto s’attendait d’elle. Et pourtant, à l’intérieur de lui, il laissa échapper un petit cri.

Si elle avait nargué Linéa comme ça, alors sûrement...

« ... Comme vous le souhaitez, jeune subordonnée, » la serviette protégeant le front de Linéa était alors tombée.

Ces silhouettes ! Pensa Yuuto alors qu’il voulait bercer sa tête dans ses mains en raison de sa frustration. Il était entouré de tous côtés par de la chair féminine. Il avait essayé de toutes ses forces de ne pas baisser les yeux, mais il avait également semblé que le fait de regarder de côté serait considéré comme grossier.

Franchement quel genre de torture est-ce ? Se demandait Yuuto en larmes.

Alors qu’il restait là, incapable de regarder Linéa, Félicia se mit à parler à sa place. « Alors, de quoi vouliez-vous lui parler ? »

Pendant un court laps de temps, Linéa sembla perdue, avant que son regard acéré se fixe avec force sur Yuuto avant qu’elle ne parle. « Grand Frère ! S’il vous plaît, épousez-moi ! »

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Un commentaire

  1. Ah, la grande scène du bain public/source d'eau chaude indispensable à toute bonne histoire nippone 🙂

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