Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 1 – Chapitre 5 – Partie 7

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Acte 5

Partie 7

« Arg ! Encore eux ! » Yngvi cracha de dégoût.

Juste au moment où le Clan du Sabot avait lancé son attaque-surprise, ils avaient eux-mêmes été confrontés à une autre attaque-surprise. Ils avaient fini par être pris dans quelque chose appelés un mouvement de tenaille. L’ampleur de cette disgrâce continuait de traverser son corps.

Ils avaient été complètement pris par surprise par l’ennemi. La haine qu’il ressentait emplissait tout son corps.

« Lieutenant ! Bloquez l’avancée des troupes du Clan de la Corne ! Je vais m’occuper de ces mecs là-bas ! » Laissant quelques soldats supervisés par son lieutenant, Yngvi lâcha son ordre avant de faire tourner son char pour faire face aux soldats à cheval.

Les forces du Clan de la Corne, qui avaient mené la charge initiale, avaient depuis longtemps perdu leur esprit combatif. Ils n’étaient plus une menace.

« Ici et maintenant, je vais libéré toute la rage que j’ai accumulée sur vous, imbéciles ! »

Ces ennemis avaient refusé de se battre de front, chaque fois choisissant simplement de fuir. S’ils venaient pour la tuerie, alors c’était tout simplement l’occasion favorable qu’il avait souhaitée depuis trois jours.

Les troupes avec les longues lances étaient encore une menace, mais avec la mobilité des chars, les choses allaient sûrement bien se dérouler. À l’heure actuelle, l’instinct né de ses années d’expérience militaire lui avait indiqué que la véritable menace qu’il devait vaincre n’était autre que cette unité de soldats à cheval.

Et pourtant, ce qui s’était déroulé ici aurait toujours été incroyable pour Yngvi s’il ne l’avait pas vu de ses propres yeux.

Les troupes à cheval passèrent devant lui, allant deux fois plus vite que les chars, avant d’arriver sur leur côté. Augmentées par la vitesse à laquelle ils se déplaçaient, leurs lances heurtèrent les roues des chars les unes après les autres.

Les chars étaient constitués d’un chariot de bois sur qui se tenaient tout au plus deux hommes massifs et qui étaient soutenus par deux roues. Il pouvait supporter une telle charge frontale. Mais en heurtant directement les roues des chariots depuis les côtés, les cavaliers avaient neutralisé leurs mouvements, puis avaient perturbé l’équilibre des chars qui avaient fini par se voir renverser les uns après les autres sur leurs flancs.

« Argg ! » cria Yngvi.

« Ahh ! »

« Ohhh ! »

Les soldats éjectés de nombreux chars avaient été transpercés par des lances ou écrasés par des chevaux venant en sens inverse. Inutile de dire que le char était l’arme la plus puissante sur Yggdrasil. Le simple fait de regarder les gains énormes apportés au cours de la bataille quand ils avaient attaqué les troupes du Clan de la Corne montrait que c’était une évidence.

Mais c’était limité à cette seule époque. Dans un autre millier d’années, le char régnerait jusqu’à ce qu’il soit chassé du théâtre mondial des champs de bataille par l’apparition de cavaliers. Sur le plan de la main-d’œuvre et des capacités, les forces militaires du Clan du Sabot avaient eu le dessus, car elles avaient les chars et pouvaient se déplacer plus rapidement. D’un autre côté, depuis sa création, l’unité Múspell s’était entraînée spécifiquement afin de combattre les chars. C’était ce développement qui avait fait que la différence dans les capacités offensives était plutôt unilatérale.

L’unité de chars du Clan du Sabot, qui s’était vantée d’être imbattable sur tout Álfheim, avait toujours mené une bataille unilatérale alors qu’aucun ennemi ne pouvait lancer une contre-attaque efficace contre eux. Bien que beaucoup pouvaient s’y opposer, les chars avaient toujours eu la mobilité et la vitesse de leur côté.

Voici donc la raison pour laquelle cette situation inattendue les avait tellement paralysés.

L’un des cavaliers du Clan du Loup interpella Yngvi, qui avait pris position au centre de ses chars. « Si vous portez une telle tenue, alors vous devez être l’un de leurs généraux ! Eh bien ! Votre tête m’appartient et je viens la réclamer ! » Il avait préparé sa lance pour le combat avant de charger Yngvi.

« Mon Dieu ! Quelle surprise..., » murmura Yngvi.

Quand quelqu’un d’aussi expérimenté qu’Yngvi voyait une personne prête à se battre avec son arme, il pouvait avoir une idée de ce que cet individu était capable de faire. On avait l’impression que cette personne était un combattant talentueux, mais à la fin, rien de plus et rien de moins. Il ne pouvait toujours pas comprendre comment il pouvait rester sur son cheval tout en balançant sa lance autour de lui.

« Prends ça ! » La lance du cavalier visait les roues du char d’Yngvi. Il frappa à ce moment-là.

Mais Yngvi avait déjà été témoin de cette attaque avant ça.

Clang !

La lance d’Yngvi repoussa la lance du cavalier loin des roues de son char.

S’il savait d’où venait l’attaque, un tel exploit était facile pour lui.

« Gamin capricieux ! » s’exclama-t-il. « Reconnais ton supérieur ! Les morveux comme toi ne seront jamais un adversaire valable pour un Einherjar tel que moi ! Je porte Gullinbursti, le Sanglier d’Or Qui Tire Le Char ! »

Yngvi avait alors mis tout ce qu’il avait dans les deux bras, balançant avec puissance sa lance. Avec la masse de cette attaque, il propulsa la lance du cavalier dans le ciel. Cette force physique anormale était le pouvoir accordé par Gullinbursti. Puis Yngvi avait enchaîné avec une nouvelle attaque afin de trancher la gorge du cavalier.

« Argh ! »

Une voix faible émanait de lui alors que le sang jaillissait de son cou, et l’homme tomba mollement sur le sol. Le cheval, ayant perdu son maître, avait commencé à regarder autour de lui en pleine panique.

« Christophe ! Salaud ! » À ce moment-là, une jeune fille avait pointé son regard vers Yngvi, enragée qu’il ait tué le subalterne avec lequel elle s’était entraînée depuis si longtemps.

Il s’agissait d’une beauté, avec des cheveux argentés qui attiraient l’œil et qui s’étendaient derrière elle. Elle n’était clairement pas faite pour le champ de bataille. Mais ses yeux étaient différents de ceux des femmes dans les pièces du fond de son palais. Ce n’étaient pas les yeux d’une femme. Il s’agissait des yeux d’un animal féroce qui, si l’on s’approchait d’elle en étant mal préparé, vous tuerait à coup sûr.

Pendant les attaques nocturnes, Yngvi n’avait pas été capable de distinguer les visages de loin, seulement les yeux, mais la façon dont ces yeux et ces cheveux argentés luisaient au clair de lune lui avait laissé une telle impression. Il avait été témoin des flèches qu’elle avait décochées, terrassant plusieurs de ses subordonnés. Cette fois-ci, il pouvait clairement voir sa férocité sur un champ de bataille. Elle était clairement plus forte que tous les autres soldats.

« Petite fille ! » s’exclama-t-il. « Donc tu es la responsable de cette unité ! »

« Très certainement ! Je suis l’Einherjar de Hati, le Dévoreur de la Lune ! Je suis le Mánagarmr, Sigrun ! Je vois que vous êtes vous aussi un guerrier d’élite. Alors, donnez-moi votre nom ! » déclara Sigrun.

« Un chien de montagne comme toi aurait dû entendre mon nom il y a longtemps, » répliqua Yngvi. « Je suis le souverain patriarche du Clan du Sabot et le souverain suprême de tout Álfheim, Yngvi ! »

« Ohhh, alors, avec votre mort, nous aurons gagné cette bataille ! » répondit Sigrun.

« Oublie ça ! Sans toi pour les commander, tes troupes à cheval tomberont rapidement dans le chaos ! Je vais arracher cette tête de tes épaules ! » cria-t-il d’une voix retentissante.

« Intéressant. Prenez-là, si vous pensez pouvoir le faire ! » elle avait crié tout aussi férocement.

Sigrun avait chargé. En se croisant, Sigrun avait pointé sa lance sur le haut de l’épaule de Yngvi et avait frappé. Contrairement au cavalier de plus tôt, elle était beaucoup plus rapide. Sa vitesse était si rapide que c’était clairement une attaque qu’on aurait pu appeler divine.

Cependant, il s’agissait de Yngvi, le héros du Clan du Sabot qui avait battu de ses propres mains plus d’une centaine de combattants ennemis. Il pouvait facilement voir le mouvement de la lance. Un son aigu avait retenti lorsque les deux lances s’étaient affrontées.

Celui qui avait été poussé par la force fut cette fois-ci Yngvi. Il avait frappé avec son dos les parois de son char.

Cela avait été décidé non par une différence de force physique brute, mais par une différence de vitesse. Il y avait une différence majeure dans la vitesse d’un cheval qui portait seulement une femme de petite taille contre la vitesse de deux chevaux destinés à tirer un char avec deux grands hommes à l’intérieur. Cette vitesse avait affecté l’élan et l’impact de leurs attaques.

Ayant dépassé le char d’Yngvi, Sigrun avait tiré sur les rênes de son cheval. Peut-être en état de choc, les pattes avant de son cheval s’étaient levées.

« Qu’est-ce que c’est !? » Yngvi ne pouvait que voir ce qui se déroulait devant lui comme de la magie noire. Avec son cheval dans cette posture, et alors même qu’elle tenait son arme sans la laisser tomber, comment pouvait-elle ne pas tomber ?

Ce qui l’avait surpris encore plus, c’était que cette fois-ci, elle avait tiré la bride vers la droite et, en un instant, s’était retournée pour poursuivre le char de Yngvi.

Il était captivé par sa capacité à manier le cheval. S’ils n’avaient pas été dans le genre de situation qu’ils étaient, il l’aurait facilement invitée à devenir sa subordonnée.

Mais dans tous les cas, c’était le champ de bataille et ce n’était pas le moment pour avoir de telles pensées frivoles.

Saisissant le bord de son char, il se releva, attrapa sa lance et la prépara à la hâte.

Le char sur lequel il était monté était encore au milieu d’un virage. Il avait trouvé que la mobilité des chars était si fiable jusque-là, mais maintenant, voyant l’harmonie entre le cheval et le cavalier devant lui, il ne pouvait s’empêcher de se sentir lent en comparaison.

« Préparez-vous ! » cria-t-elle.

« Ce n’est rien ! » rugit-il en retour.

Après avoir été une nouvelle fois attaqué par la lance, Yngvi se soutint en posant une jambe sur la paroi du char, abaissant son centre de gravité, puis il répliqua à cette attaque.

Les yeux de Sigrun semblaient indiquer qu’elle était choquée. Elle ne s’attendait probablement pas à ce qu’il empêche un coup si critique.

« Hmm ! Cette force, cette coloration... cela doit signifier que votre arme est faite de fer ? » demanda Sigrun.

« Pfff ! Tu n’es pas la seule à avoir une arme en fer ! » répliqua Yngvi.

Pour être sûr, le fer était un métal qui était rare, et avait donc cinq fois la valeur de l’or. Mais en tant que quelqu’un qui était devenu le souverain d’un clan majeur comme le Clan du Sabot, il était naturel que Yngvi soit entré en possession de certaines armes pour son propre usage. Cette lance avait été avec lui pendant dix ans, protégeant sa vie et servant de partenaire de confiance au cœur de la bataille.

Après cela, les deux guerriers arrêtèrent leurs chevaux et continuèrent l’échange de coups à la vitesse de l’éclair.

En raison de la férocité de leur combat, les soldats proches des deux troupes n’oseraient pas approcher pour aider. N’importe qui qui ne pourrait pas entrer habilement dans la lutte serait probablement balayé sous l’assaut de coups, et il était probable qu’il mourrait d’une mort futile parmi la fureur des attaques.

C’était devenu une telle lutte pendant très longtemps, leur bataille se terminant sans cesse par ce qui semblait être un match nul, leur faisant perdre l’équilibre.

Leur vitesse était presque égale. Mais il y avait une différence regrettable dans leur force physique.

En général, avoir une hauteur supérieure dans la bataille était avantageux. Naturellement, attaquer de plus haut donnait plus de force aux attaques. En prenant en compte tout cela, c’était Sigrun qui était désavantagée.

Au fil du temps, le désavantage unilatéral de Sigrun était devenu de plus en plus apparent. Quand elle s’était déplacée pour attaquer, elle avait dû balancer sa lance vers le haut dans un arc de cercle. Yngvi avait esquivé la plupart de ses charges jusqu’à ce moment-là, la laissant poignarder l’air avant de riposter. Elle avait du mal à compenser et à garder sa posture en arrêtant les attaques ennemies. Elle avait été repoussée en arrière, perdant l’équilibre.

Yngvi n’avait aucune intention de laisser cette opportunité lui échapper. Il avait donc donné pour pouvoir effectuer ce coup final, utilisant cette occasion pour effectuer une attaque de balayage sans compromis.

« Haah!! »

« Arg! Quoi !? »

Sigrun utilisa sa vitesse divine pour réagir et tourna sa lance verticalement, bloquant son attaque. Cependant, elle était trop légère et donc, son corps avait été projeté dans les airs.

À ce moment-là, Sigrun avait lâché sa lance et avait essayé de rouler alors qu’elle avait frappé le sol afin de diffuser l’impact produit pour avoir été jeté en bas de son cheval. Ce n’était pas quelque chose qu’elle avait dû réfléchir pour le réaliser. Jeune comme elle était, elle suivait simplement l’intuition qu’elle avait développée à partir de tant d’expérience sur les champs de bataille.

« Tch ! »

Utilisant l’élan obtenu, Sigrun avait rapidement récupéré une posture debout. Elle avait pratiqué des chutes plusieurs fois, mais cela ne voulait pas dire qu’elle n’avait pas subit l’impact. Son visage était tordu par la douleur. Si elle avait atterri sur son dos, il n’y avait aucun doute que les blessures auraient été si graves qu’elle n’aurait pas pu bouger pendant un certain temps. Pourtant, il était évident qu’elle s’était retrouvée dans une situation des plus désavantageuses.

« Je suppose que cela signifie que je gagne, » les coins de la bouche de Yngvi se tendirent vers le haut alors qu’il tournait une fois de plus la pointe de sa lance vers Sigrun.

Une partie de ses capacités était de pouvoir calculer les attaques et les défenses sur la base d’une estimation rapide de ses forces par rapport aux faiblesses de l’ennemi. C’était quelque chose qu’il avait perfectionné au cours des vingt années qu’il avait passées sur les champs de bataille.

« Tu as vraiment beaucoup de talent, petite fille... non, héros du Loup Sigrun, » continua Yngvi. « Si tu étais née cinq ans plus tôt, le résultat de notre conflit aurait probablement été contraire. »

Pour Yngvi, c’était le compliment le plus élevé possible. Après tout, aussi arrogant qu’il fût, il laissait entendre que Sigrun avait la capacité d’être encore plus grande que lui.

Ceux qui avaient de la force devraient mener, et ceux qui n’en avaient pas devraient suivre. C’était la survie du plus fort et la loi primaire de ce monde, Yggdrasil. Le système de clan lui-même fonctionnait sur le même principe. Yngvi était un parfait exemple de tout ceci.

Dans son royaume, il avait traité les faibles comme des esclaves sans valeur. Ils devaient travailler jusqu’à la mort sans que cela le dérange le moins du monde, et il ne les considérait même pas comme des humains. Mais, dans le cas contraire, s’il était confronté à une personne forte, et cela même si elle était son ennemie, il lui montrerait du respect.

Sigrun regarda Yngvi tout en restant silencieuse. Ses yeux affirmaient que, même si la situation était désastreuse, elle n’avait pas perdu son esprit combatif.

Yngvi s’était également ressaisi. Bien que les deux opposants soient forts, Yngvi avait l’avantage de l’expérience. Et la différence entre être à pied ou dans un char était importante.

Et plus que toute autre chose, la portée d’attaque était vitale dans une bataille. Et sans sa lance, tout ce qu’elle avait sur elle était une épée à sa ceinture. Ainsi, le fait d’essayer d’atteindre Yngvi, qui était dans son char, serait difficile. Il y avait seulement une chance sur dix mille qu’il pourrait perdre. Mais il savait en raison des années d’expérience qu’il avait, que peu importe comment il pouvait respecter un adversaire, il ne pouvait faire preuve d’aucune négligence. Un sanglier blessé deviendrait seulement encore plus vicieux.

« C’est la première fois depuis longtemps que j’ai eu une bataille si passionnante, » cria-t-il. « Puissions-nous nous revoir au Valhalla ! »

Yngvi chargé vers Sigrun avec son char.

Même s’il sentait qu’il ne pouvait pas se résoudre à écraser une telle guerrière, il savait aussi que c’était l’étiquette d’un soldat d’en sortir une autre de sa misère. Yngvi enfonça sa lance de toutes ses forces dans le cœur de Sigrun.

« Quoi !? » Dans la seconde suivante, il lui arriva quelque chose qui s’était déjà produit plusieurs fois dans cette campagne... un spectacle qui se déroulait devant lui qui lui faisait douter de ce qu’il voyait...

La lance d’Yngvi était une arme invincible qui lui avait valu la victoire dans de nombreuses batailles, détruisant de nombreuses armes et lui assurant sa gloire. Les soldats du Clan du Sabot croyaient sincèrement que les cieux eux-mêmes avaient accordé à Yngvi cette lance.

La pointe de cette arme rare raffinée en fer météorique tomba, coupée comme si elle n’était que du beurre.

La fille devant lui tenait une arme étrange qui brillait de la même couleur argentée que ses cheveux. C’était une arme que Yngvi n’avait jamais vue dans sa longue carrière militaire. C’était une épée, mais c’était une épée à un seul tranchant. La lame elle-même avait une courbure douce et présentait un motif étrange et magnifique sur toute sa longueur, comme des vagues de lignes blanches. Non seulement cela : peu importe le nombre de fois que la lame avait pu être utilisée, il n’y avait même pas un soupçon de fêlure dedans.

« Haaa ! » Avec un cri aigu, Sigrun avait décollé du sol et avait sauté dans les airs. Elle tenait avec force cette arme mystérieuse et belle au-dessus de sa tête, puis l’avait déplacée vers le bas.

« Argggg!! » Yngvi avait immédiatement atteint son épée sanglée à ses côtés afin d’arrêter le coup. Bien qu’il avait toujours préféré combattre avec sa lance jusqu’à maintenant, cette épée était aussi une lame rare faite de fer météorique raffiné.

Même cela ne suffisait pas pour arrêter la lame de son ennemi, et avec une grande force, cela s’était faufilé à travers son épée et avait tranché dans le haut de son épaule.

Avec une entaille, le son horrible de la chair étant coupé avait atteint ses oreilles.

« Je vais vous retourner vos mots déclarés plus tôt, héros du Clan du Sabot, » dit-elle. « Si je n’avais pas eu Père, le résultat de notre duel aurait été le contraire. »

Tenant toujours son épée en hauteur, Sigrun avait atterri sur un genou au moment où elle avait touché le sol. Le flash dans son esprit était le moment où, en dépit d’avoir clairement l’avantage en étant sur son cheval rapide, elle avait été battue et envoyée au sol. C’était vexant, mais à ce moment-là, elle avait perdu la bataille en tant que combattant. Ce qui avait finalement inversé le cours de leur duel était simplement la différence de qualité de leurs armes.

« Ahhhhh ! Notre souverain est tombé ! » cria un soldat.

« Ce n’est pas possible ! Notre souverain !? Impossible qu’il ait été vaincu par cette petite fille ! »

« Retraite ! Sans notre souverain, nous ne pouvons pas gagner ! »

« Ehhhaaaaaahh!! »

Les soldats du Clan du Sabot avaient émis des cris de deuil. Ils avaient été jetés dans le chaos complet à la mort de leur souverain, qui avait été loué comme étant le plus fort.

Les autres chars du Clan du Sabot se retournèrent en pleine panique et ils fuirent.

Yngvi avait vraiment été le grand homme responsable du maintien en place du Clan du Sabot. Les paroles du souverain avaient été loi : « Suivez le souverain, et la victoire sera vôtre. » On pourrait dire que ce qui avait attiré les membres du Clan du Sabot était une dévotion presque religieuse.

En d’autres termes : il avait été la source de leur structure ferme pendant la bataille, mais maintenant qu’il était parti, leur structure était devenue plutôt fragile.

« Ngh... Outch ! » Sigrun chancela quand elle essaya de se lever, plissant le visage en raison de la douleur aiguë provenant de son pied gauche. Quand elle était tombée du cheval, son pied avait été pris dans la sangle, et elle l’avait tordu.

Sigrun avait tout de suite vu qu’Yngvi était tombé de son char à la suite de cette attaque. Jetant un coup d’œil autour d’elle, elle le trouva rapidement.

Traînant sa jambe, elle s’approcha de lui et regarda dans son visage.

*Toux* « C-C’est quoi cette arme ? » D’une manière ou d’une autre, Yngvi n’avait pas encore rendu son dernier souffle. La rune de Gullinbursti, le Sanglier d’Or Qui Tire Le Char, devait lui avoir donné une étrange force physique.

Cependant, sa poitrine était teinte en rouge par la présence de beaucoup de sang, et l’ombre de la mort éclipsait son visage. Tout le monde pouvait clairement dire qu’il ne vivrait plus longtemps.

Avant d’aller au combat, le plan aurait pu être de le prendre vivant, mais à la fin, Sigrun n’avait pas eu ce luxe, et ainsi elle avait dû faire le choix de le condamner à l’exécution publique.

Sigrun parla, poussant l’arme qu’elle tenait devant Yngvi. « Apparemment, ça s’appelle un nihonto [1]. Bien que Père ait peur que ce ne soit pas quelque chose au même niveau de ce que son vrai père était capable de faire. »

Dans la zone entre deux chaînes de montagnes qui formaient le territoire du Clan du Loup, ils avaient pu trouver dans le sol du sable de fer de haute qualité. Ils avaient ensuite affiné le sable de fer dans un four de style Tatara, une méthode de raffinement spécifique au Japon, puis ils avaient utilisé l’acier résultant, le tempérant et l’affinant encore et encore en une lame si fine qu’elle pourrait couper le fer entre de bonnes mains.

Avant même qu’il ait été assez vieux pour savoir ce qui se passait, Yuuto avait regardé son père au travail. Toute l’opération avait été gravée à l’intérieur de ses rétines. Il avait étudié le four de style Tatara encore et encore. Ces expériences lui avaient été énormément profitables dans ce contexte.

C’était quelque chose que lui et Ingrid, le maître de la forge, avaient passé une demi-année à travailler, donnant tout pour le créer.

« Donc tu es... en train de me dire qu’il y a des armes encore meilleures... que ça ? » demanda Yngvi en haletant. « Ce monde est si... *toux*... si vaste. J’aurais aimé en avoir moi-même... *toux*... mais il ne semble pas que cela se produira maintenant. Mais... si je dois mourir par les mains d’une guerrière comme toi... alors... je... suis... satisfait... ! »

« Je ressens également beaucoup de fierté d’avoir pu croiser ma lame avec quelqu’un comme vous. Nous nous reverrons au Valhalla, » répondit Sigrun.

« Hmph ! » Yngvi avait donné un sourire satisfait et avait définitivement fermé ses yeux.

Ce furent les dernières paroles de l’homme puissant qui avait commandé les habitants d’Alheim.

Sigrun enfonça sa lame dans le sol puis baissa doucement la tête. Elle exprimait ses condoléances pour la mort d’un guerrier.

Après une période de prière silencieuse, Sigrun avait de nouveau soulevé la lame et l’avait poussée vers les cieux.

Le souverain du Clan du Sabot, Yngvi, avait été tué par Sigrun du Clan du Loup !

Notes

  • 1 La dénomination nihonto (日本刀, « sabre japonais ») décrit l’ensemble des armes blanches fabriquées selon une technique japonaise particulière. Cette appellation comprend le très célèbre katana (ou shinken s’il est de facture moderne), mais aussi le tachi, le wakizashi, le tantō, les épées montées sur manches long tels que le naginata, le nagamaki ainsi que les pointes de lances comme le yari.

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