Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 1 – Chapitre 5 – Partie 2

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Acte 5

Partie 2

À peu près au même moment, une unité du Clan de la Corne avec à sa tête Linéa avait atteint la capitale du Clan de la Corne en toute sécurité, prête pour la bataille.

Cela faisait deux mois que Linéa n’était pas allée dans son bureau, mais elle n’avait pas le temps pour le sentimentalisme. Elle avait continuellement chassé tous ceux qui étaient venus lui rendre visite. Finalement, quand elle avait donné la plupart de ses instructions, son corps avait été saisi par une grande fatigue.

« Ces choses appelées étrier sont incroyables, » murmura Linéa, se penchant en arrière dans sa chaise.

Linéa ne possédait pas une très bonne compétence en équitation. Mais elle avait toujours été capable de parfaitement contrôler son cheval tout en le faisant avancer au trot, sans avoir besoin de faire passer sa monture sur une allure de galop.

De toute évidence, un cheval et son cavalier avaient chacun leurs propres volontés. Ce qui signifiait que, parfois, on agirait de manière imprévisible vis-à-vis de l’autre. Par exemple, même un frisson pourrait jeter le cheval dans un état de confusion. Dans ce cas, le cavalier perdrait probablement son équilibre et tomberait. Et en essayant comme il pourrait de rétablir leur posture, il n’y aurait rien à attraper sur le cheval pour s’aider.

C’est pourquoi le fait d’avoir ces étriers fournissait une certaine forme d’assurance pour tout changement qui pourrait survenir. Même au niveau de compétence de Linéa, elle pouvait galoper sur un cheval. Pour cette raison, les voyages qui prendraient normalement quatre jours en chariot avaient été raccourcis de deux jours. Cette différence représentait quelque chose d’énorme.

Au retour de Linéa, l’absence à la fois de la matriarche souveraine du Clan de la Corne et de son commandant en second avait conduit à un désaccord interne. Ce conflit était lié au fait de savoir si le clan devait se rendre face aux envahisseurs ou riposter. Si elle était arrivée même un jour plus tard, la scission entre les deux factions aurait complètement divisé le clan. La raison pour laquelle elle l’avait fait à temps était grâce à ces étriers.

Plus important encore, avec les étriers, il faudrait seulement un peu d’entraînement pour que les soldats apprennent à se battre avec des armes à cheval. Quand cela lui avait été signalé, elle avait réalisé qu’elle n’avait jamais envisagé cette possibilité. Ou plutôt, il serait juste de dire que ce n’était pas quelque chose qu’elle avait eu l’occasion de considérer, car la pensée de se battre avec des armes au sommet d’un animal si instable défiait tout bon sens.

Pour être sûr, ce n’était pas une question d’incompétence ou d’esprit borné. Les principaux soldats du Clan du Loup, Sigrun et le commandant en second Jurgen avaient beaucoup plus d’expérience à cheval qu’elle, ainsi que plus d’expérience avec les tactiques militaires. La même chose était vraie pour le héros du Clan du Sabot, Yngvi. Et même ainsi, ce n’était pas quelque chose qu’ils avaient même envisagé, pensant que c’était irréalisable.

Ce n’était pas une surprise, car l’étrier ne serait pas développé avant le quatrième siècle avant J-C, ce qui signifiait qu’ils voyaient un objet de près de deux millénaires dans le futur ! Pour Yuuto, il avait été complètement incapable de monter à cheval à un moment donné et il s’était demandé simplement si une selle et des étriers pouvaient le rendre plus facile pour lui, mais c’était une technologie tellement avancée pour cette époque que cela pourrait aussi bien être une tricherie.

« Pour commencer, il arrive avec ces longues lances, et maintenant ces étriers... Grand Frère Yuuto est vraiment un dieu de la guerre ressuscité, » murmura Linéa.

« Ce n’est nullement exagéré. Ce conseil de guerre qu’il a menée m’a donné des frissons. Haha ! » Le sous-commandant du Clan de la Corne, Rasmas, avait ri après ça. Comme si le fait de déclarer ses mots lui avait fait se rappeler de la scène, son corps avait instinctivement eu un petit frisson. « Pour le dire franchement, j’ai ressenti une telle indignation à la pensée que tu serais en aval d’un tel chiot, Princesse, mais il pourrait tout à fait être plus comparable à un lion... J’étais si aveugle. »

« Je suis surprise que tu admettes ça, Rasmas, » déclara Linéa. « Pourtant, cette bataille semblait si désespérée, et maintenant, il semble que nous pourrions gagner. ».

« Gagnons, peu importe comment. Nous ne devons pas nous laisser piétiner par le Clan du Sabot, » répliqua Rasmas.

« Oui, tu as raison ! » déclara Linéa, en faisant un signe de tête décidé.

Elle ne pouvait s’empêcher de penser que c’était sa propre faiblesse qui avait permis cette crise. Même après avoir assumé le rôle de général, elle n’avait jamais pu faire disparaître le doute constant quant à la possibilité qu’elle ne puisse pas gagner cette bataille. Mais elle n’avait pas de temps pour y penser maintenant. Tout ce qu’elle pouvait faire désormais était de donner tout ce qu’elle avait à ce qu’elle pouvait changer.

« Princesse, en cas de victoire dans cette bataille, j’ai une proposition, » déclara Rasmas d’un ton très formel.

« Pourquoi es-tu si formel ? » demanda Linéa. « Et c’est un peu hâtif de parler d’après victoire avant même que nous ayons gagné. »

Cette bataille était vraiment pour le destin et l’avenir du Clan de la Corne.

Ce n’était pas le moment pour les pensées oisives, c’était le moment de se consacrer corps et âme à la victoire. Sur les champs de bataille, le moindre manque de force mentale signifiait la différence entre gagner et perdre, ou plus importants, la vie et la mort.

Elle pensait que quelque chose comme ça aurait dû être bien plus évident pour un soldat comme Rasmas ayant un long passé militaire que pour quelqu’un de jeune comme elle.

Mais à la seconde où elle avait entendu la proposition de Rasmas, toutes ses pensées avaient été balayées. En fait, même si ça n’aurait pas dû être ainsi, pendant longtemps, l’esprit de Linéa s’était vidé de toutes pensées.

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6 commentaires

  1. Je signale un lapsus :

    l’étrier ne serait pas développé avant le quatrième siècle (avant à la place de) notre ère.

    Avec le doublé concernant avant, il faudrait trouver une autre formulation.

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