Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 1 – Chapitre 5 – Partie 1

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Acte 5

Partie 1

À l’origine, le Clan du Sabot était une ramification du Clan du Sanglier, un clan qui avait jusqu’à il y a peu, exercé une grande influence à Álfheim, mais alors ils étaient devenus un minuscule clan en s’isolant dans la partie la plus à l’ouest d’Álfheim... qui était d’ailleurs la pointe la plus occidentale d’Yggdrasil lui-même.

Après cela, l’actuel souverain patriarche du Clan du Sabot, Yngvi, avait suivi son ascension vers sa position en avalant tous les clans qui entouraient la famille principale du Clan du Sanglier, transformant ainsi le Clan du Sabot en l’un des dix meilleurs clans sur la centaine présente sur la surface d’Yggdrasil.

Yngvi, l’homme qui avait ressuscité le Clan du Sabot, avait eu 36 ans cette année. Son corps débordait encore de la force de la jeunesse, mais il était aussi enveloppé dans l’entêtement et la ruse que son expérience apportait. Son corps et son esprit étaient clairement à leurs apogées, ce qui avait stimulé encore plus loin son désir de puissance. Même s’il gagnait tout le territoire qu’il pouvait acquérir à sa portée, cela ne ferait qu’encore plus amplifier son ambition.

S’il s’emparait du territoire fertile du Clan de la Corne autour du bassin du Körmt, il ne faisait aucun doute que l’influence du Clan du Sabot allait croître de façon exponentielle et que le chemin vers l’Empereur Divin et d’Ásgarðr s’ouvrirait pour eux.

Le Clan du Sabot avait attendu une occasion propice depuis quelque temps déjà. Puis, ils avaient appris que le Clan de la Corne et le Clan du Loup se battaient, mais qu’en plus, le Clan du Loup avait écrasé l’armée du Clan de la Corne.

En plus de cela, ils avaient appris par l’intermédiaire de leurs espions que la souveraine du Clan de la Corne était retenue prisonnière par le Clan du Loup, et que même le commandant en second avait pris congé pour aller inspecter l’état actuel de sa souveraine. Cela avait créé une circonstance opportune unique dans une vie.

En vérité, ce que le Clan de la Corne offrait maintenant ne pouvait guère s’appeler de la résistance, et le Clan du Sabot avait rapidement vaincu trois forteresses. Yngvi avait trouvé tout cela plutôt décevant et insatisfaisant. Pourtant, il n’avait pas perdu son temps en des lamentations. Il était simplement passé à l’attaque de la capitale du Clan de la Corne, Fólkvangr.

« Heh heh heh! » ricana-t-il. « Cela doit signifier que les cieux me préparent à être le Souverain Suprême. »

Ce qu’il disait était arrogant, franc et simple. Normalement, les insécurités pour ceux qui sont au sommet leur faisaient dévaler la pente, mais comme le chef du Clan du Sabot était plein de confiance, les gens au-dessous de lui ne ressentaient aucune peur ou trépidation. Ne pas avoir le moindre manque de confiance était un autre type de compétence de commandement.

En refrénant son désir de prendre et de saisir, Yngvi avait ordonné à ses soldats de faire une pause. « Nous allons camper ici pour ce soir. Cependant, ne baissez surtout pas votre garde. »

Aussi fier qu’il soit, Yngvi était un général ayant une longue histoire de service militaire. Il savait au plus profond de son être que la moindre négligence sur le champ de bataille pouvait signifier la mort. Il ne serait pas assez fou pour continuer à marcher par orgueil alors que ses soldats étaient épuisés. Après tout, il aurait besoin des services des enfants et des petits-enfants de ses soldats. Il ne serait pas bon de les faire mourir en vain.

Décidant de leur prochain mouvement dans une tente qui avait été érigée, Yngvi réalisa soudainement qu’il y avait une activité chez les troupes de l’arrière.

« Hm ? » murmura-t-il. « Quoi... ? »

À peine avait-il commencé à se demander ce qui se passait que...

Bwooooooo !!! Bwooooooo !!!

Un bruit à se crever les tympans retentit dans toute la zone. C’était le bruit provoqué par une attaque ennemie.

« Bien, bien !! Je n’aurais pas pensé qu’ils oseraient lancer la première attaque ! » Les coins de la bouche de Yngvi se contractèrent en un rictus alors qu’il se levait. Il s’attendait à ce que le Clan de la Corne s’enfermerait comme une tortue dans sa carapace et qu’il ne voudrait surtout pas en sortir.

Mais c’était exactement ce que Yngvi espérait. Un siège aurait pris beaucoup trop de temps.

Comme il était en possession d’un territoire aussi vaste, la terre du Clan du Sabot avait des frontières avec bien plus de pays que les terres du Clan de la Corne. Il deviendra de plus en plus dangereux pour le Clan du Sabot de concentrer ses soldats uniquement sur le Clan de la Corne. Et si Yngvi, le souverain, restait trop longtemps loin de son pays, trop de choses seraient laissées inachevées. Donc, s’ils pouvaient tout régler sur le champ de bataille en une fois, ce serait une raison de grande célébration pour lui.

« Eh bien ! Maintenant, finissons-en rapidement avec eux, » dit-il avec confiance, debout pour examiner l’ennemi qu’il était sur le point de détruire.

Mais même cette arrogance avait été emportée aussi rapidement qu’une plume par le vent.

La tente d’Yngvi était située sur une haute colline à partir de laquelle il pouvait surveiller toute son armée. Un spectacle incroyable se déroulait maintenant au-dessous de lui, éclairé par des torches et le clair de lune.

« Q-Qu’est-ce que c’est !? » s’exclama Yngvi.

À en juger par le symbole qu’ils portaient, les soldats semblaient être membres du Clan du Loup. Ils étaient venus aider leurs proches du Clan de la Corne et ils s’étaient joints à la bataille. C’était bien. Tout se déroulait selon son plan.

Leurs nombres étaient encore plus faibles que ce à quoi il s’attendait. Il y avait probablement seulement une centaine de soldats dans cette troupe. Ce n’était absolument pas suffisant pour affronter l’armée du Clan du Sabot qui comptait environ 10 000 hommes.

Pourtant, toutes les cents membres du Clan du Loup étaient à cheval.

Et contre cette centaine de cavaliers, les troupes du Clan du Sabot avaient été incapables de riposter efficacement. Totalement surpassés par leur adversaire, ils réussissaient à peine à se battre et tombaient rapidement dans la panique, alors que des cris de douleur et d’angoisse s’élevaient du champ de bataille et que le camp lui-même tombait dans le chaos.

« Leurs troupes sont à cheval !? Des imbéciles ! Comment comptent-ils se battre !? » cria Yngvi.

Se battre à cheval demandait d’effectuer une longue période de formation. Au moins cinq ou dix ans. Peu importe le clan, être capable de trouver des individus qui pouvaient monter à cheval était difficile..., ils étaient une denrée rare.

Le Clan du Sabot était l’un des Grands Clans. Il y en avait un petit nombre qui pouvait monter à cheval. Yngvi lui-même était chevronné, et il était même parmi les meilleurs de son clan.

Pourtant, même avec ses compétences, il ne songerait jamais à se battre à cheval. Avec le peu de soutien offert au niveau de jambes, il y avait l’angoisse que le combat à cheval conduirait inévitablement à être mis à terre par son cheval puis abattu. Combattre avec l’ennemi à cheval était un jeu de hasard.

Ou c’était comme ça que cela aurait dû être.

Les troupes qui avaient lancé l’attaque de nuit tiraient flèche après flèche depuis des carquois attachés sur leurs dos, tandis que d’autres soldats frappaient à la vitesse de l’éclair avec des lances qu’ils tenaient fermement dans leurs mains, faisant rage avec une telle ferveur sans jamais perdre leur équilibre.

Ils utilisaient amplement la centaine de personnes à leur disposition, comme s’ils avaient été formés pendant des années pour cette attaque. Parmi eux se trouvait une femme assez jeune pour qu’on puisse l’appeler à la place une jeune fille.

C’était comme dans un cauchemar.

Yngvi s’était pincé dans sa cuisse, et avait bel et bien senti une poussée de douleur. Ce n’était pas un rêve, c’était la réalité.

« Cela... ne peut pas être possible ! » *Clack !* il avait giflé avec forces ses deux joues, essayant de revenir à la réalité.

C’était le champ de bataille, et en ce moment, ils étaient attaqués par l’ennemi. Et lui, en tant que commandant, ne pouvait perdre la tête maintenant.

« Calmez-vous tous ! » beugla-t-il. « Aussi inattendu que cela puisse être, l’ennemi n’est présent qu’en un petit nombre. Si nous restons calmes, nous pouvons les vaincre ! Messagers ! Informer les lignes de front ! Dépêchez-vous ! »

Yngvi avait crié si fort que sa voix avait semblé se casser, et ceux proches de lui s’étaient remis au garde-à-vous. Plusieurs de ses hommes s’étaient précipités vers les lignes de front en panique.

Quoi qu’il en soit, Yngvi était encore le héros qui avait uni le gigantesque Clan du Sabot. Les généraux ordinaires, se précipitant dans la confusion, ne feraient qu’aggraver la situation.

Il s’était rapidement ressaisi et s’était orienté vers la situation.

C’était facile à mettre en mots, mais la situation était chaotique, changeant d’instant en instant, et avec une erreur de calcul capable de transformer le cours de la bataille qui pouvait faire changer de la victoire à la défaite, il était très difficile de rester calme.

Plus que tout, la raison pour laquelle il avait été capable d’étouffer facilement le chaos sur les lignes de front était le respect et la confiance qu’il avait mérités grâce à ses nombreuses réalisations militaires, ainsi que sa volonté d’exécuter quiconque aurait poussé ses opérations militaires dans le désarroi.

Cependant, le général ennemi était assez capable. Dès qu’il avait vu que le Clan du Sabot s’était ressaisi, il avait ordonné une retraite. Ils s’étaient retirés soudainement et en douceur, sans soupçon de doute ou de confusion.

Alors qu’ils s’étaient préparés avec une contre-attaque, les soldats du Clan du Sabot étaient plus qu’un peu déçus.

« Ne les laissez pas s’enfuir ! »

« Attrapez-les ! »

« Faites-les tomber de leurs chevaux ! »

Naturellement, avec leurs cris de colère, les soldats du Clan du Sabot cherchaient à les poursuivre. Mais bien sûr, l’ennemi était à cheval alors ce n’est pas réalisable. Comme pour afficher clairement qu’il était impossible de les rattraper, ils s’éloignèrent lentement, jusqu’à ce que le Clan du Sabot les perde de vue dans l’obscurité de la nuit.

Après avoir tourmenté leurs forces, l’ennemi s’était échappé sans même avoir vu l’un de ses soldats se faire abattre. Il ne pourrait y avoir aucune plus grande disgrâce pour les soldats du Clan du Sabot.

Mais pour le Clan du Sabot, ce n’était que le début du cauchemar.

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7 commentaires

  1. Merci pour le chapitre. Yuuto a mit au poin l'étrier ?

  2. C'est sur Word press. A priori, je suis tout considéré comme abonné car je reçoit un message d'erreur quant j'inscrit mon adresse électronique sur ''abonné vous'' mais j'ai beau cochez les cases avertissez moi par e mail, je ne reçois plus rien.

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