Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 1 – Chapitre 4 – Partie 3

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Acte 4

Partie 3

Les statues qui devaient représenter des dieux étaient alignées sur un autel en forme de pyramide faite de pierres dentelées empilées. Au-dessus de l’autel, le miroir était accroché là. C’était lui qui avait amené Yuuto dans ce monde. Il y avait également une torche qui brûlait sans fin.

La Cérémonie du Calice qui s’était tenue devant l’autel avait été une affaire sacrée, menée dans un silence quasi total. Mais maintenant, les hommes étaient assis près de l’autel, faisant de la musique avec des pipeaux, et les femmes se perdaient à danser au rythme de la musique.

L’une de ces femmes était l’adjudante de Yuuto, Félicia. Déjà connue pour sa grande gamme de talents polyvalents, Félicia était également une danseuse talentueuse et éminente du Clan du Loup.

Il s’agissait d’une fête afin de célébrer le fait que le Clan du Loup et le Clan de la Corne étaient devenus définitivement liés. Il y avait beaucoup de personnes qui admiraient les danseuses, et autant d’individus à proximité qui riaient et buvaient ensemble autant qu’ils le voulaient.

« Tout le monde semble passer un bon moment, » Yuuto fit un commentaire à ce moment-là.

Le fardeau de la cérémonie étant maintenant dissipé, Yuuto profitait de l’atmosphère de la fête et de la nourriture qui l’accompagnait. Bien qu’il ne pensait pas qu’il soit approprié pour lui de s’engager directement dans ces frivolités, il n’avait nullement détesté voir cette célébration animée.

Il y avait eu un soubresaut à côté de lui.

Debout derrière Yuuto, à la place de Félicia, Sigrun s’était instantanément mise debout tout en dégageant une dangereuse aura.

« Salut, Yuuto frérot. Cela fait deux mois, » quelqu’un avait déplacé un pichet juste devant Yuuto.

Il s’agissait d’un homme qui semblait être dans la fin de la trentaine, avec un gros ventre et un sourire joyeux qui avait laissé une impression.

« Bonjour, frère, » déclara Yuuto. « Comment allez-vous depuis le temps ? »

« Je te suis reconnaissant pour tes préoccupations, merci beaucoup, » répondit l’homme. « Eh bien, je vais bien. Mais, wôw, penser que le Clan de la Corne céderait si facilement. Ah, il n’y a aucune chance pour qu’un gars comme moi soit un adversaire digne de toi. Je me sens juste complètement embarrassé quant à ma propre stupidité de l’époque. »

« C’est troublant d’entendre une telle flatterie de la part de mon frère, » déclara Yuuto avant de demander. « Alors qu’est-ce que vous complotez cette fois-ci ? »

« Quoi !? Je ne suis nullement en train de comploter quelque chose. C’est ce que je ressens vraiment. Tu es si dur. Oh, tiens. »

Alors que l’homme s’inclina humblement, il tendit le pichet à Yuuto.

Yuuto prit son verre et accepta le liquide que l’homme y versa. Il avait ensuite soulevé la tasse jusqu’au nez de Sigrun, et seulement une fois qu’elle hocha la tête en affirmant que tout était sûr qu’il avait replacé la tasse devant lui.

Le nom de l’homme était Botvid, et il était le frère cadet subordonné d’Yuuto. Il était apparu en ce moment comme étant timide et plutôt servile, donnant l’air d’un homme qui n’arriverait jamais nulle part. Mais en réalité, il était le souverain patriarche du Clan de la Griffe, avec qui le Clan du Loup avait été embarqué dans de violents combats jusqu’à il y a deux mois.

Contrairement à Yuuto, qui avait acquis la supériorité grâce à ses connaissances modernes, cet homme avait grimpé à la position de souverain par la force brute, et il avait presque à lui seul poussé le Clan du Loup au bord de la destruction. Il était l’incarnation même d’une personne qu’il ferait bien de ne pas juger par son apparence.

« Je ne dirais pas que c’est des manigances, mais j’avais quelque chose que je voulais te demander, » déclara Botvid.

« Oh ? » Yuuto avait pris une autre gorgée de sa boisson. Il ne pouvait pas s’empêcher d’avoir soif en raison de la quantité de nervosité qu’il ressentait en étant face avec cet homme, avec qui il ne pouvait pas baisser la garde même pendant une seconde.

Même sans tenir compte de la barrière défensive qu’il érigeait autour de son cœur, il avait fini par sursauter.

« Je me demandais juste quelle considération tu donnerais quand à ton propre mariage, » demanda Botvid.

« Pbfhuh!? » À peine préparé pour la question qui lui arrivait, Yuuto cracha la gorgée d’eau qu’il avait dans sa bouche. Bien sûr, cela avait atterri directement sur le visage de Botvid, qui était assis juste en face d’Yuuto.

Yuuto toussa violemment. « D-Désolé ! »

« Ce n’est rien. S’il te plaît, ne t’inquiète pas à ce sujet. Je suppose que c’est descendu dans le mauvais trou ? » Le souverain souriant du Clan de la Griffe s’essuya le visage et fit un commentaire amusant.

À ce moment-là, n’importe qui qui observerait l’homme le verrait comme étant une personne généreuse et ayant un grand cœur, mais Yuuto savait qu’il y avait de la tromperie cachée sous ce visage de poker. À partir du moment où Botvid était apparu devant Yuuto, le sourire sur son visage n’avait pas vacillé, et cela même quand Yuuto lui avait vomi de l’eau.

« On me dit que rien n’a encore été décidé à ce sujet, » déclara l’homme.

« Je-Je suis encore un peu jeune pour me marier, » répondit Yuuto.

« Tu n’es absolument pas trop jeune. Frère, tu es exactement à l’âge où il serait tout à fait normal de prendre une épouse, » affirma Botvid.

« Hmm... » Yuuto était en perte de réponse.

Il avait répondu du point de vue de quelqu’un de l’époque moderne. Mais ayant observé la façon dont les gens s’inquiétaient pour Félicia après avoir attendu trop longtemps alors qu’elle avait dix-sept ans selon leur calendrier, il comprit que leur façon de penser était différente.

« Eh bien, que penses-tu de ma fille ? » demanda l’homme en souriant.

« Donc c’est votre véritable but. Vous avez ainsi vraiment intrigué quelque chose, » Yuuto avait fait un léger grognement et avait reposé son menton dans ses mains. Plus il vieillissait, plus la conversation devenait pénible et ennuyeuse.

Fondamentalement, cela devait être un mariage stratégique. Yuuto avait du mal à accepter ce genre de choses, mais il savait, à cause de son adoration pour la période des Royaumes Combattants, que cela avait été une pratique courante partout dans le monde jusqu’aux temps modernes.

« Nullement ! Je pensais qu’il serait peut-être avantageux pour nous de forger un lien plus durable avec toi et le Clan du Loup, » déclara l’homme. « Et à propos de ça ? Dis oui maintenant et je pourrais ajouter une seconde pour adoucir l’affaire ? »

« Wôw, hé..., » s’exclama-t-il.

Qu’est-ce qu’il est, un présentateur pour une émission de magasinage à domicile essayant de faire plaisir afin de vendre ses marchandises ? pensait Yuuto, étonné.

D’une certaine façon, cela montrait à quel point il était désespéré de gagner les faveurs d’Yuuto. Offrant ses deux filles, il essayait clairement de forger des relations favorables.

La perception d’Yuuto de lui-même était assez faible, mais les faits étaient clairs. Au cours de l’année depuis son arrivée au pouvoir, il avait restauré le Clan du Loup alors même que celui-ci était au bord de la destruction, et il avait écrasé le Clan de la Griffe et le Clan de la Corne sans les détruire complètement. En regardant objectivement, l’évaluation d’Yuuto du point de vue de Botvid comme étant une excellente perspective de mariage pour ses filles était bien présente.

Il y avait également le fait que, à mesure que les relations entre le Loup et la Corne se seront approfondies, le Clan de la Griffe avait probablement senti un danger imminent. Des trois clans, il était le plus faible.

Botvid s’était alors courbé, rapprochant son visage de celui d’Yuuto. « Je peux moi-même te le dire, ce sont vraiment de magnifiques filles. Eh oui, elles ressemblent à leur mère. Tu peux être assuré qu’elles ne ressemblent pas à moi. »

« Je pense que vous êtes un peu hâtif, » déclara Yuuto en levant une main pour que Botvid ne vienne pas plus près. Il faisait de son mieux pour échapper à la puanteur de l’alcool qui se dégageait de l’homme d’âge moyen. « C’est une question d’importance politique. Ce n’est pas quelque chose que vous pouvez décider sous l’influence de l’alcool. »

Bien qu’Yuuto ait été ambigu à ce sujet, accepter la proposition n’était pas une option pour lui. Il n’avait aucune intention de s’installer dans ce monde. L’idée de se marier avec une personne de ce monde ne lui était jamais venue à l’esprit.

« Oh, je suis désolé, » déclara l’homme. « Je pensais juste que ça pourrait être un bon moyen d’unir nos clans sur le long terme. »

Réajustant sa position sur son siège, il était clair que Botvid n’avait pas l’intention d’abandonner. En vérité, une lumière brillait dans les yeux de Botvid, comme s’il venait de se souvenir de quelque chose.

Il avait alors fait un simple signe de tête. « Mmm, tu marques un point, Grand Frère. Eh bien, je ne veux certainement pas gagner la colère de tous ceux qui assistent à cette belle fête en monopolisant l’homme du moment. À plus tard. »

Botvid gifla ses genoux et se leva, se retirant comme si son air nonchalant jusque-là n’avait été qu’une ruse.

Yuuto avait un mauvais pressentiment en voyant le dos de l’homme disparaître.

Il faudra du temps avant que ses prémonitions portent ses fruits.

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Un commentaire

  1. Merci pour le chapitre. Opération Harem en marche 😉

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