Le Maître de Ragnarok et la Bénédiction d'Einherjar – Tome 1 – Chapitre 1 – Partie 5

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Acte 1

Partie 5

« Ouffffffffffffffff ! »

Une fois que la réunion des patriarches souverains avait été ajournée et que Linéa était complètement hors de vue, l’épuisement s’était abattu d’un coup sur le corps d’Yuuto. Il s’agissait probablement du résultat d’avoir dû maintenir une telle tension pendant si longtemps.

Après ce si long soupir, son corps glissa hors de son siège jusqu’à arriver sur le sol.

« V-Vas-tu bien, Père !? Est-ce que quelque chose est arrivé à ton corps ? » Sigrun se précipita jusqu’à se mettre à genou devant Yuuto, sincèrement paniquée.

Pas l’ombre de la froideur ou de la dureté qu’elles avaient affichée face à Linéa était encore présente en elles. Réalisant cela, Yuuto ne pouvait pas s’empêcher d’afficher un sourire ironique.

Tous les membres du Clan du Loup acceptaient très mal de se faire appeler des chiens, mais la façon dont Sigrun agissait maintenant rendait impossible de ne pas penser à un chien qui gémissait d’inquiétude pour son maître. Bien sûr, il n’y avait aucune possibilité qu’il dise quelque chose d’aussi impoli, alors il avait simplement dit autre chose à la place.

« Je suis juste fatigué, » déclara-t-il. « Tu t’inquiètes toujours trop. Bien que je suppose que je sois faible et fragile selon les normes de ce monde. »

« N-Non, ce n’est pas..., » la voix de Sigrun avait diminué d’intensité et ses paroles s’évanouirent dans le silence.

Elle pense vraiment que je suis faible, pensa Yuuto en affichant un sourire ironique.

Mais il ne la blâmait pas du tout pour ça. Quand il était arrivé dans ce monde, la nourriture et l’eau n’étaient pas tout à fait convenables avec ce qu’il pouvait consommer à ce moment-là, et il avait régulièrement eu du mal à garder quoi que ce soit dans son estomac. Il soupçonnait que l’image restait même maintenant dans les souvenirs de Sigrun.

« Hehe ! Affalé sur le sol comme ça, personne ne croirait que tu étais le grand “Hróðvitnir” dont le nom est célèbre parmi nos pays voisins, » les yeux de Félicia se plissèrent en raison de son amusement.

Yuuto s’était glissé sur le sol, s’appuyant contre les pieds de la chaise pour se soutenir, que la dignité soit damnée.

« Ce n’est que de l’infamie, et non pas de la célébrité, » déclara-t-il en se redressant.

À la suite de l’incident survenu à Van, Yuuto avait acquis le surnom de Hróðvitnir, « l’Infâme Loup », ainsi que la réputation à travers le continent d’être un despote impardonnable et inhumain.

Il avait en vérité aidé à répandre cette réputation partout où il pouvait.

Tout comme avec Sun Tzu, Yuuto avait commencé à lire Le Prince de Machiavel après être devenu souverain afin d’acquérir des connaissances convenables à un dirigeant. Il y était dit que ceux qui seraient des dirigeants, tout en se comportant normalement avec bienveillance, devraient être insensibles ou carrément vicieux à certains moments. Il avait également écrit que, si l’on devait commettre de telles atrocités, elles devraient être faites tout à la fois, plutôt que petit à petit.

Cela ferait que les gens vous craignaient, leur retirant tous désirs de vous combattre, et finalement les incitaient à vous obéir.

Un exemple célèbre de ceci avait été l’atrocité par Masamune Date au château d’Odemori. Après avoir capturé le château, Masamune avait procédé au massacre de ses habitants. En entendant cela, son ennemi Sadatsuna Oouchi avait été absolument terrifié et s’était retiré au château d’Obama sans se battre. Après avoir atteint le château d’Obama, Masamune l’avait capturé sans avoir à verser la moindre goutte du sang de ses propres hommes. Plus tard, Sadatsuna Oouchi devint même soumis à Masamune.

En ce sens, on pourrait dire que l’idée du Vánagandr était née de cet événement.

« Je ne peux toujours pas l’accepter, » Sigrun avait déclaré cela avec indignation. « Le Père n’a jamais commis d’atrocité à Van. Il est une personne si bienveillante... »

« Je ne suis pas bienveillant, juste doux, » répondit Yuuto avec une expression douloureuse, marmonnant en secouant la tête d’un côté à l’autre.

La réalité n’était pas si simple. Tout comme être impartial et insensible pouvait vous permettre d’éviter des effusions de sang à certains moments, être trop amical pourrait en fait conduire un ennemi à vous prendre à la légère, et ainsi intensifier non seulement les combats et les effusions de sang à la suite de ça.

Il était vrai qu’Yuuto avait brûlé Van, mais en réalité, il avait secrètement déplacé ses habitants vers une ville du territoire du Clan du Loup avant de le faire. Et ainsi, la légende de ses atrocités était née.

On disait qu’il ne pouvait pas y avoir d’endiguement des rumeurs. Si la vérité se répandait et que les clans voisins voyaient le Clan du Loup comme faible, cela pourrait mener à des combats où beaucoup plus de sang du Clan du Loup serait versé que celui des habitants de Van qui avaient été épargnés. Pourtant, bien qu’il ait connu ce risque, Yuuto n’avait pas été capable de tuer ces personnes. Il ne pouvait pas aller aussi loin. Il ne pouvait pas être si insensible.

Il avait agi ainsi même si la réalité de ce monde, dans lequel la faiblesse et la douceur seraient remboursées par des effusions de sang, lui avait été clairement montrée à maintes reprises.

« ... Hein !? » s’exclama-t-il. Il fut soudain enlacé avec force.

Dans l’instant suivante, une sensation douce et chaude couvrit son visage.

Encore ? Dès qu’il avait réalisé qui c’était, Yuuto avait paniqué et avait essayé de se retirer.

« Je trouve ta générosité inestimable, Grand Frère, » déclara Félicia. « S’il te plaît, ne te blâme pas. »

La douce et tendre voix de Félicia lui enleva la force de résister. Il pouvait entendre son rythme cardiaque. C’était comme si son dégoût de soi qui avait meurtri son propre cœur avait été guéri.

« ... Félicia, merci, comme toujours, » déclara-t-il.

« Hehe ! Je n’ai rien fait qui nécessite que tu me remercies, » répondit-elle.

« Pourtant, j’apprécie, » déclara-t-il.

« Je-j’ai aussi beaucoup de respect pour toi, Père !! » déclara Sigrun.

« Ah, et merci aussi à toi, Run, » déclara-t-il.

« Super ! » Un sourire se répandit sur le visage de Sigrun comme une fleur en pleine fleuraison. Elle était vraiment folle de joie en entendant les mots simples d’Yuuto.

Yggdrasil n’était ni l’époque ni le lieu où Yuuto était né et avait grandi. Il y avait beaucoup d’aspects de la vie courante ici qui était incommodante pour lui, et le mal du pays soufflait régulièrement dans son cœur tel un vent glacial. Mais il avait aussi des personnes comme Félicia et Sigrun qui avaient pris soin de lui, et qui l’avaient aidé.

Un sourire apparut soudain sur les lèvres d’Yuuto. « Tout va bien. Allons-y et retournons à notre ville, Iárnviðr. »

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2 commentaires

  1. Merci pour se chapitre hate de lire la suite de l'histoire

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