Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 3 – Chapitre 2

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Chapitre 2 : Une promenade en bateau peut créer une bonne ambiance

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Chapitre 2 : Une promenade en bateau peut créer une bonne ambiance

Partie 1

Qui était cette fille, je me le demande...

Le jour du bal du soir, Néphy s’habillait dans un magasin de vêtements.

Zagan s’était arrangé pour que Néphy porte une nouvelle robe au bal du soir, mais les deux ne savaient pas comment mettre une robe. À l’époque où Néphy en avait déjà porté une, sa robe avait aussi été mise par une autre personne.

Et celle qui serrait les ficelles du corset de Néphy, avec ses belles ailes vertes tremblantes, était sa bonne amie Manuela. Il y avait un miroir placé devant les yeux de Néphy, et elle se tenait simplement là, les bras écartés, tandis que Manuela continuait à mettre la robe avec une habileté louable. Après un moment d’ajustement de la force du nœud, son amie Manuela lui posa une question.

« Le corset est-il douloureux ? » demanda Manuela.

« Non. Cela me convient ainsi, » répondit Néphy.

« Si tu as l’intention de beaucoup manger, je peux le relâcher un peu ? » demanda Manuela.

« Je ne mangerai pas tant que ça, » répondit Néphy en ayant l’intention de faire un sourire amer alors que le bout de ses oreilles tremblait. Cependant, alors même qu’elle le faisait, le cœur de Néphy s’inquiétait toujours de la Néphy Noire qui l’avait attaqué à Kianoides.

Zagan l’avait réconfortée, mais cette fille serait sûrement au bal du soir où ils allaient. En pensant à la façon dont elle allait la retrouver, Néphy avait fini par avoir peur.

Je... suis vous — qu’est-ce que cela voulait dire exactement ? En regardant sa propre silhouette reflétée dans le miroir, Néphy avait soudain essayé de toucher sa joue. Si les couleurs sur le visage de Néphy étaient inversées, alors celui de cette fille était exactement le même.

Par-dessus tout, c’était une enfant maudite aux cheveux blancs comme Néphy. Cependant, ses yeux étaient déformés par la haine. Comparés à Néphy, qui avait tout jeté, ces yeux étaient comme des antipodes.

Et par-dessus tout, le pouvoir qu’elle exerçait était effrayant. C’est la sorcellerie qui manipulait les cristaux. C’était certainement une puissance terrifiante, mais si on leur demandait s’ils surpassaient la sorcellerie de Zagan et Foll, alors la réponse était un non catégorique. Cependant, ayant commencé ses études de sorcellerie sous Zagan, Néphy comprit. Je peux comprendre exactement ce que cette personne disait...

C’était un pouvoir dont la structure était différente de celle de la sorcellerie qu’exerçaient ces deux-là — un pouvoir proche du mysticisme. Tout en pensant que c’était épouvantable, Néphy avait détourné son pouvoir avec « ce langage » dans l’instant qui avait suivi et avait pu le commander.

C’est pourquoi les mots de Sombre Néphy lui avaient poignardé le cœur. Ces mots étaient sûrement quelque chose de mauvais. Et pourtant, Néphy en comprenait le sens, et probablement, ne serait-ce qu’en les disant... ?

Est-ce que je vais aussi... finir comme ça, je me demande... ?

Détester quelque chose, tuer calmement des gens, exercer ce pouvoir terrifiant d’une manière aussi horrible. Zagan lui donnerait-il son amour si elle était comme ça ? Non, il ne le ferait certainement pas. Si elle s’accrochait à lui, il n’abandonnerait jamais Néphy. Cependant, elle deviendrait simplement un parasite pour lui... un obstacle.

Ce serait insupportable d’être réduit à ne servir à rien comme ça. La raison pour laquelle Néphy était revenue au service de Zagan après avoir été chassée du château était qu’elle voulait le soutenir. C’est pourquoi Néphy n’avait pas pu ouvrir son cœur à ce sujet, même à Zagan. Et tandis qu’elle se tenait les épaules et tremblait, une main berça doucement son bras.

« Néphy, ça va ? »

C’était Manuela. Avant même que Néphy ne s’en rende compte, elle avait fini de mettre la robe. Il s’agissait d’une robe de couleur monochrome, qui utilisait le blanc comme thème sous-jacent, tandis que ses décorations principales étaient faites d’ornements noirs. Il y avait aussi un ruban d’un cramoisi profond autour de sa poitrine qui donnait une impression frappante. Ajoutant que c’était Zagan qui l’avait choisi pour elle, Néphy avait pensé que la robe était plus que ce qu’elle méritait.

Cependant, Néphy secoua la tête comme s’il ne se passait rien du tout.

« Je vais bien. Je réfléchissais, c’est tout, » répondit Néphy.

« Mais tu n’as pas l’air bien du tout..., » répondit Manuela.

Manuela avait ensuite pincé les joues molles de Néphy.

« Néphy, même dans le meilleur des cas, les muscles de ton visage sont raides, mais en ce moment, on dirait un masque. Tu penses que c’est bien de faire cette tête quand tu vas à une fête avec ton maître ? » demanda Manuela.

« C’est... pas... bien, » répondit Néphy.

« N’est-ce pas ? Alors c’est peut-être mieux de parler de ce qui s’est passé, » déclara Manuela.

À la manière de Manuela, elle disait à Néphy qu’elle donnerait ses conseils. Néphy était naturellement reconnaissante pour ses pensées, mais elle n’en avait même pas encore parlé à Zagan. Ce n’était pas quelque chose qu’elle pouvait si facilement mettre en mots.

Et, comme si elle pouvait voir à travers le cœur de Néphy, Manuela regarda le visage de Néphy dans le miroir.

« C’est à propos... de ce sorcier qui s’est déchaîné en ville récemment et qui te ressemblait, Néphy ? » demanda Manuela.

Le corps de Néphy avait tremblé au début. Il ne semblait pas que Manuela l’avait elle-même vu. Mais si elle en avait entendu parler, cela signifierait que c’était devenu une rumeur en ville. Manuela avait alors fait un sourire timide.

« Ton choc se voit sur ton visage tout de suite, tu vois ? » Manuela enroula ses ailes vertes autour du corps de Néphy par-derrière en disant cela, puis continua : « Cette fille était-elle... ? Famille ? Ou une connaissance, peut-être ? »

« ... Non, je ne pense pas... qu’on se connaisse, » Néphy ne l’avait jamais vue dans le village elfique où elle vivait. Et franchement, si elle venait du village, elle aurait sûrement entendu parler d’une fille qui était dans la même situation qu’elle.

« ... C’est juste que... je ne l’aime... vraiment pas, » répondit Néphy.

« Eh bien. C’est le genre de fille qui lancerait soudainement une attaque en plein milieu de la ville, alors c’est logique, » répondit Manuela.

« ... Je ne veux... jamais finir comme elle. » Et alors que Néphy disait cela, maltraitant sa voix, Manuela frotta son visage contre la joue de Néphy comme Zagan l’avait fait l’autre jour.

« Stupide Néphy. Il n’y a aucune chance que tu finisses comme ça, n’est-ce pas ? » déclara Manuela.

Manuela ne savait pas... que Néphy comprenait le langage utilisé par la Sombre Néphy, et que Néphy manipulait le pouvoir de cette fille comme si c’était le sien. Cependant, bien que Néphy n’ait pas pu lui répondre, Manuela avait continué à parler comme si elle trouvait cela étrange.

« Si ça t’inquiète tant que ça, reviens chez moi. Ta grande sœur te transformera en Néphy quand tu voudras... Ou quoi, tu ne crois pas en moi ? » demanda Manuela.

« Ce n’est pas... le cas, » déclara Néphy.

« Alors c’est bon, n’est-ce pas ? Néphy, tu nous as moi et ton maître avec toi. Il y a aussi la petite Foll et aussi tous les habitants de la ville ! » déclara Manuela.

La poitrine de Néphy devint chaude. Elle, qui avait fermé son cœur à cause de la solitude, était maintenant traitée avec gentillesse par Zagan, Manuela et tout le monde en ville.

« ... Mais si je m’accroche à quelqu’un comme ça, j’ai l’impression que je vais finir par me haïr, » déclara Néphy.

Tandis que Néphy prononçait ces mots en gémissant, Manuela se frappa la tête d’une tape de la paume.

« Néphy, ça ne s’appelle pas “s’accrocher”. Ça s’appelle “compter sur quelqu’un”, non ? » déclara Manuel.

« Compter sur quelqu’un... ? » demanda Néphy.

Néphy la fixa avec étonnement et Manuela lui brossa doucement la tête.

« Ouaip. Tu comptes sur nous. N’avoir personne sur qui compter, c’est vraiment triste, tu sais ? » déclara Manuela.

Est-ce que s’accrocher et se fier... est différent ?

Pour Néphy, qui avait toujours été seule dans le village elfique, les deux mots ne semblaient pas du tout différents. Si elle essayait de s’accrocher à quelqu’un, elle serait sans faute frappée et rejetée tout en étant regardée d’un air froid. S’en remettre à quelqu’un aurait dû être la même chose. Après tout, c’était un péché pour une enfant maudite qui n’aurait jamais dû exister.

Le fait que Néphy ait renoncé à « s’accrocher » et à « compter sur les autres » s’était produit quand elle était extrêmement jeune.

Maître Zagan... est différent de tous les elfes. Elle l’avait compris, mais elle avait oublié depuis longtemps le concept même de faire confiance aux gens. Elle ne savait pas du tout comment « compter » sur les autres... Et puis, Manuela avait parlé comme si elle voyait à travers les pensées dans le cœur de Néphy.

« Alors, si Zagan se retrouvait dans une situation comme la tienne, que voudrais-tu faire ? » demanda Manuela.

« Ce n’est pas évident ? Je voudrais qu’il m’en parle quoiqu’il arrive, et j’appuierais... Ah..., » alors qu’elle s’énervait pour faire valoir son point de vue avec véhémence, Néphy avait fait entendre une voix embrouillée.

« C’est comme ça que ça se passe. Ça ne fait pas mal, hein ? » demanda Manuela.

« ... Tu as raison, » déclara Néphy.

Si Néphy poussait de son propre gré, si elle ne s’arrêtait pas et ne s’accroupissait pas, ce n’était pas « s’accrocher » à qui que ce soit. Ce n’était pas la même chose que d’être un parasite unilatéral. Et cette prise de conscience avait permis à Néphy de faire enfin un pas en avant.

« Je vais... essayer d’en parler correctement avec Maître Zagan, » déclara Néphy.

C’était le problème de Néphy. Peu importe, qui était cette Sombre Néphy, et même si quelque chose en elle devait changer en s’impliquant avec cette Sombre Néphy, Néphy devait régler ce problème.

Oui, je veux que Maître Zagan le sache. C’est pourquoi elle n’avait pas voulu s’en soucier toute seule, et au lieu de cela, elle allait ouvrir son cœur à Zagan. Et alors que Néphy l’en avait informée, Manuela lui caressa la tête pour louer sa mignonne petite sœur.

« Voilà. Si jamais tu as envie de pleurer, alors viens tout de suite. Je le cacherai même à ton maître, » déclara Manuela.

« Si ça arrive un jour, je serai à tes soins, » répondit Néphy avec obéissance.

Trouvant sa réponse inattendue, Manuela avait regardé en réponse avec émerveillement. Au bout d’un moment, elle avait souri comme si elle pensait à une mauvaise blague.

« Fufufufu, je t’attends, d’accord ? J’ai une trop grande quantité de sous-vêtements à recommander, tu sais ? » déclara Manuela.

« Je m’abstiendrai de telles choses, » déclara Néphy.

En voyant sa bonne amie sortir une culotte qui semblait n’être faite que de ficelles, Néphy avait catégoriquement refusé sa proposition.

 

 

***

Partie 2

Quelques heures plus tard, Zagan et les autres s’étaient rassemblés au sommet d’un luxueux bateau pour passagers qui pourrait même être utilisé pour un voyage de plusieurs mois. Le bateau, qui flottait sur la surface du plus grand lac du continent, Suflighida, était le lieu du bal du soir tenu par Archidémon Bifrons. Et en regardant par la fenêtre d’une chambre d’amis, Foll poussa un profond soupir.

« Nous sommes sur un bateau... n’est-ce pas ? Et nous sommes bien sur un lac ? » demanda-t-elle.

La taille du lac lui avait fait croire qu’il pouvait envelopper même une île. S’ils partaient au centre, la côte devenait floue, et c’était assez profond pour que, quoi qu’on fasse, ils ne puissent pas plonger jusqu’au fond.

Zagan et les autres avaient été conduits à une grande cabine entièrement meublée. Il y avait un salon qui pouvait correspondre à la taille du hall d’entrée d’un château, et ils avaient même des chambres disponibles pour toutes les personnes présentes. Foll regardait par la fenêtre du salon. C’était une petite fenêtre incrustée qu’on ne pouvait pas ouvrir, mais à cause de la hauteur près du pont du navire, il était possible de voir à l’extérieur.

Si on lui assignait une classe, ce serait sûrement une cabine de première classe. Dans un coin du salon se trouvait un réfrigérateur qui utilisait de la sorcellerie pour empêcher la glace de dégeler, et à l’intérieur, il y avait même un ensemble d’alcool froid disponible. À part cela, il y avait aussi du jambon, du fromage, du chocolat et toutes sortes de délicates sucreries, de sorte qu’ils pouvaient survivre même s’ils y restaient coincés pendant des jours et des jours.

En dehors de Foll, qui était collée à la fenêtre, Zagan, Néphy et Raphaël étaient également tous réunis dans la pièce. Chacun d’entre eux était assis à sa guise sur des chaises séparées. Mais Chastille n’était pas encore arrivée. Après tout, en tant que Chevalière Angélique, si on la voyait s’entendre avec Archidémon Zagan à la vue du public, alors on ne savait pas quels ennemis elle se ferait. C’est pourquoi ils avaient décidé de se rencontrer sur place.

Zagan était habillé d’une robe de mage comme d’habitude, mais Néphy et les autres portaient des robes de soirée, même si c’était Manuela qui avait décidé unilatéralement de cela et qui mettait toutes leurs tenues en accord. Néphy avait une robe monotone et Foll une robe avec une jupe courte à volants.

Alors que les yeux de Zagan rencontraient ceux de Néphy, ses oreilles pointues devinrent rouges aux extrémités, et elle déplaça son regard vers le bas. Quand elle était allée s’habiller, elle faisait un visage un peu perplexe, ce qui l’avait inquiété, mais maintenant elle semblait aller bien. Ses problèmes étaient réglés... ou plutôt, il semblait qu’elle avait rassemblé une certaine détermination.

Et à partir de là, Néphy était d’autant plus belle. Sa tenue de femme de chambre habituelle est adorable, mais cette robe est vraiment belle, n’est-ce pas !?

Et comment était-il supposé exprimer exactement ses sentiments avec des mots ? Zagan ne pouvait rien faire d’autre que pousser un soupir. Le soleil s’était déjà couché, mais il restait encore un peu de temps avant le bal du soir. Ils avaient donc décidé d’attendre. Tandis qu’ils réfléchissaient, perdant leur temps, Zagan baissa le regard vers l’emblème de sa main droite.

Bifrons est-il déjà arrivé ? Depuis qu’il était monté à bord du bateau, l’Emblème de l’Archidémon de Zagan avait commencé à palpiter de temps en temps comme s’il contenait la chaleur. Il se peut qu’un autre emblème à proximité ait provoqué une sorte de réaction. Cela dit, Néphy et les autres se sentaient probablement aussi mal à l’aise que lui. Et dans ce cas, il n’y avait aucune chance qu’il puisse faire une telle tête.

Dans un effort pour se distraire, Zagan avait déplacé son attention sur Foll. Les yeux ambrés de sa jeune fille brillaient de mille feux, et il pouvait voir qu’elle était absorbée par quelque chose.

« Est-ce ta première fois sur un bateau ? » demanda Zagan.

« Ouaip... Car franchement, je n’avais jamais eu besoin d’en utiliser un, » déclara Foll.

« Je vois. C’est certainement vrai, » déclara Zagan.

Il n’y avait aucune raison pour qu’un dragon comme Foll fasse des pieds et des mains pour monter à bord d’un bateau humain. Il lui aurait été possible de monter sur l’un d’eux pour s’amuser, mais en tant que jeune dragon, Foll n’était probablement même pas descendue dans les habitats humains toute seule, et son père était le dragon vénéré en tant que Sage Dragon Orobas. C’était un peu difficile de penser qu’il se déguiserait en humain juste pour monter sur un bateau.

« Ça te plaît, toi ? » demanda-t-il.

« Hmm. Tout est bancal et amusant, » déclara Foll.

« Est-ce que tu aimes... ? » Zagan pensait qu’elle aimait la vue, mais c’était la façon dont le bateau se balançait qui l’amusait.

Néphy avait ensuite incliné la tête sur le côté.

« Maître Zagan, êtes-vous déjà monté à bord d’un navire ? » Voyant qu’elle demandait cela, il s’est avéré que c’était aussi la première fois que Néphy était sur un bateau.

Eh bien, on dit que le village elfique caché est encore plus au nord dans les montagnes que Norden, donc c’est logique. Elle n’avait probablement jamais eu la chance d’entrer en contact avec des bateaux. Après avoir eu de telles pensées, Zagan acquiesça sérieusement.

« Quand j’étais gosse, je suis tombé dans la cargaison en fouillant pour essayer de voler de la nourriture, puis quelqu’un a mis le couvercle et l’a chargé à bord avec moi dedans. C’était bien que j’aie quelque chose à manger, mais j’ai échappé de justesse à l’asphyxie, » expliqua Zagan.

Après cela, un marin avait remarqué quelques bruits et l’avait sorti de la cargaison, mais il avait été pris pour un passager clandestin et battu pour cela... Comme Zagan avait mangé toute la nourriture qu’il pouvait y trouver, il ne pouvait pas vraiment leur en vouloir pour ça.

Les oreilles de Néphy tombèrent comme si elle trouvait cela déchirant, puis elle hocha la tête profondément comme si c’était quelque chose qui lui était arrivé.

« Je comprends parfaitement. J’ai aussi été incapable d’endurer ma faim une fois et j’ai essayé de lécher du miel dans l’entrepôt à nourriture, mais j’ai été enfermée et j’ai failli mourir de froid, » déclara Néphy.

Zagan essaya d’imaginer la vue d’une jeune Néphy léchant sournoisement du miel, et sa poitrine commença à s’échauffer avec un sentiment agréable, mais il lâcha alors une voix dangereuse en réponse à ces mots inexcusables.

« Donne-moi une description détaillée de celui qui t’a fait vivre une telle chose. Je vais leur faire goûter la même agonie, » déclara Zagan.

« Je suis reconnaissante pour cette considération, mais je crois qu’ils sont déjà morts, » déclara Néphy.

Les elfes du village de Néphy avaient été attaqués par les humains, et la majorité d’entre eux avaient été tués. Bien sûr, c’était eux qui avaient abusé de Néphy, donc Zagan n’avait pas eu la moindre pitié pour eux, et Néphy s’était aussi efforcée ces derniers temps de ne pas y penser du tout. Néanmoins, Zagan secoua la tête.

« Et s’ils ne sont que morts ? Il y a d’innombrables sortilèges qui peuvent réveiller les morts. Ce n’est vraiment pas grand-chose. Bien sûr, il semble que les morts-vivants n’ont pas leurs cinq sens, mais leur personnalité demeure. Il y a de nombreuses façons de leur offrir l’agonie, » déclara Zagan.

Ce n’était pas la spécialité de Zagan, mais s’il en avait besoin, il l’étudierait immédiatement. Cependant, Néphy secoua la tête alors que ses cheveux blancs comme neige se balançaient.

« Vous n’avez pas besoin de vous donner tant de mal pour me venger, » déclara Néphy.

« Hmph... Tu es si gentille, Néphy, » déclara Zagan.

« Maître Zagan, vous n’avez pas non plus riposté contre celui qui vous a enfermé dans le tonneau, n’est-ce pas ? » demanda Néphy.

Zagan avait été un peu troublé par sa logique rationnelle.

« Eh bien, les fruits que j’ai volés étaient délicieux..., » déclara Zagan.

« Oui. Le miel était aussi très sucré, » répondit Néphy.

« ... Vous deux... vous avez eu une vie difficile, » déclara Foll.

Tandis qu’ils se sympathisaient entre eux, Foll avait porté son attention sur eux d’une manière quelque peu étonnée. Zagan s’éclaircit alors la gorge comme s’il repoussait ça.

« Raphaël. Je suppose que tu as sûrement au moins déjà été sur un bateau ? » demanda Zagan.

Raphaël, sur lequel Zagan s’était ensuite concentré, ne portait pas sa tenue de majordome habituel, mais portait une armure complète. C’était l’armure de Valefor.

Le visage de Raphaël était trop connu des sorciers. C’est pour ça qu’il portait l’armure que Foll manipulait avant. Il y avait le fait qu’il correspondait à son bras artificiel, mais c’était aussi le meilleur choix pour cacher son visage et prendre une autre identité.

C’est pour cela qu’il était maintenant « Valefor ». Mais il avait retiré son casque dans leur cabine. Et après avoir un peu réfléchi, Raphaël hocha la tête en réponse.

« Dès que j’avais fini de chasser les sorciers jusqu’à l’épuisement, on m’envoyait immédiatement sur le front suivant. Tuer des sorciers sur des navires n’était pas non plus un événement rare, » déclara Raphaël.

Comme Raphaël lui-même n’avait aucune hostilité envers eux, c’était pratiquement une blague. Raphaël marmonna alors sérieusement.

« Le lac est beau. Le vent est rafraîchissant aussi. La brise marine salée de l’océan adhère même à l’Armure Sacrée. Le désagrément de tout cela a involontairement transformé mon expression sinistre. »

L’Armure Sacrée était une armure créée par l’église pour s’opposer aux sorciers. On disait que l’un d’eux, portant une telle armure, était capable de fracasser la terre à mains nues, à mesure qu’il gagnait un pouvoir surhumain.

Si l’expression de cet homme devenait plus sombre, il aurait sûrement l’air d’un bourreau éblouissant avec sa faux à la main. Zagan aurait dû avoir pitié de ceux qui l’accompagnaient sur le bateau.

Zagan avait ensuite porté son attention sur l’armure de Valefor.

« En parlant d’armure, est-ce que c’est gênant ? » demanda Zagan.

« Non. Au contraire, je me sens même mieux que l’Armure Sacrée que j’ai dû porter pendant si longtemps. Avec ça, je ne me laisserai pas distancer par cette racaille de sorciers, » répondit Raphaël.

Raphaël était un Chevalier Angélique. Après avoir perdu son bras gauche dans la bataille précédente et s’être débarrassé de son Armure Sacrée détruite, il serait poussé dans un coin même contre un sorcier de bas rang. C’est pourquoi Zagan avait reconstruit l’armure de Valefor en Armure Sacrée. Raphaël marmonna alors avec beaucoup d’intérêt.

« Mais, mon seigneur, qu’est-ce que c’est que ça ? Le processus de fabrication de l’Armure Sacrée est caché dans l’église. Même pour un Archidémon, il ne devrait pas être quelque chose qui peut être créé à un moment donné, » déclara Raphaël.

« Eh bien, voyons voir. Tout d’abord, c’est une technologie qui n’a aucun sens pour les sorciers, » déclara Zagan.

En entendant cela, Raphaël pencha la tête sur le côté.

« L’Armure Sacrée est une puissance rare qui est capable de s’opposer à un sorcier. Pour quelqu’un comme toi, c’est une chose, mais ne serait-ce pas une puissance qui mérite d’être recherchée par un sorcier de rang inférieur ? » demanda Raphaël.

« C’est déraisonnable. Les Épées Sacrées et l’Armure Sacrée ont une structure fondamentalement différente de celle de la sorcellerie. Peu importe les recherches que tu y fais, cela ne s’applique pas à la sorcellerie. Et mis à part cela, un sorcier novice ne serait pas en mesure de comprendre comment faire de telles recherches, donc il n’y a aucun avantage à enquêter sur ça, » répondit Zagan.

***

Partie 3

Même Zagan avait besoin des livres du Palais de l’Archidémon, une véritable Épée Sacrée, et de Néphy avec lui pour arriver enfin à ce point. Et même après avoir eu tant de mal à saisir le processus de fabrication, c’était un pouvoir qui ne s’accordait pas du tout avec la sorcellerie. En d’autres termes, même si un sorcier faisait des recherches, il n’y avait rien à gagner. C’est pourquoi même les Archidémons n’avaient sûrement jamais pensé à faire des recherches à ce sujet. Même dans l’héritage de Marchosias, les livres relatifs aux Épées Sacrées et à l’Armure Sacrée étaient peu nombreux.

Pendant qu’ils en parlaient, Foll était descendue de la fenêtre et s’était jetée sur les genoux de Néphy. Il semblait qu’elle s’intéressait à ça en entendant les mots « Épée Sacrée ». Et pendant qu’elle faisait cela, Néphy suivait naturellement le courant et brossait la tête de la jeune fille. Zagan avait alors commencé à expliquer dès le début.

« Voyons voir, Raphaël. Sais-tu exactement pourquoi l’Armure Sacrée de l’Église détient du pouvoir en elle ? » demanda Zagan.

En réponse, Raphaël secoua la tête. « J’ai le regret de dire que ce n’est pas le cas. Une instruction est inutile pour une épée qui tue. »

« Eh bien, tu marques un point. C’est probablement la même chose pour tous ces Chevaliers Angéliques, » après tout, même Chastille ne semblait pas connaître le fonctionnement de l’Armure Sacrée.

La chambre d’amis avait un stylo et du papier à disposition. Et comme Zagan les sortit de la table, il commença à dessiner un certain motif de symbole.

« Ton Armure Sacrée porte ce motif d’écusson gravé dessus. »

L’Armure Sacrée que Raphaël portait avait été réduite en pièces lors de la dernière bataille. Comme il avait perdu son pouvoir, Zagan l’avait pris à des fins de recherche, mais après avoir essayé de l’analyser, il avait trouvé un talisman à l’intérieur avec un écusson gravé dessus.

Raphaël et Foll avaient jeté un coup d’œil au symbole que Zagan avait fait.

« C’est... le symbole gravé sur l’Épée Sacrée ? » demanda Foll.

« Ouais. Ce n’est pas exactement la même chose, mais ce sont les mêmes lettres. Il semble que graver ces lettres lui donne du pouvoir. Cela signifie que les Épées Sacrées et l’Armure Sacrée utilisent le même principe pour gagner en force, » répondit Zagan.

En d’autres termes, le Célestian. Et puis, avec un « toutefois », Zagan avait fait une expression comme si tout le processus était assez pénible.

« On dirait que cette chose ne peut pas être utilisée comme un circuit. Il n’y a eu absolument aucun effet quand j’ai versé du mana dedans. Il n’y avait pas non plus de sens à ajouter des circuits, et il semble aussi qu’il s’agisse d’une catégorie différente de celle de la sorcellerie des dragons. »

Dans ce cas, cela perdait tout son sens à être recherché du point de vue d’un sorcier. Tandis que Zagan regardait Foll, les tresses vertes de la jeune fille se balançaient en secouant la tête.

« Papa avait peut-être des informations, mais ce n’est pas quelque chose qu’il m’a appris, » déclara Foll.

C’est pourquoi ses recherches avaient pour l’instant atteint leurs limites. Et avec un « Hmm », Raphaël acquiesça aussi.

« Alors, pourquoi es-tu capable de le manipuler maintenant ? » demanda Raphaël.

« C’est grâce à Néphy, » répondit Zagan, puis il continua, « Néphy a regardé ton Épée Sacrée et y a lut “Metatron”. »

Elle l’avait fait même si l’utilisateur de l’épée, Raphaël, ne savait même pas que la gravure n’était que le nom de l’épée. Néphy hocha alors humblement la tête.

« Oui. C’est différent des lettres utilisées dans le village elfique, mais je l’ai peut-être déjà vu quelque part... Mais, ce n’est pas comme si j’avais appris à le lire ou à l’écrire, donc je n’en comprends pas vraiment le sens, » expliqua Néphy.

À part les lettres pour Metatron et celles gravées à l’intérieur de l’Armure Sacrée, Néphy ne pouvait rien écrire. Mais quand même, le fait de pouvoir le lire était un indice énorme. Cela s’expliquait par le fait que l’étendue de chaque lettre et l’endroit où les délimitations avaient été faites avaient été précisés.

Quelques jours après que Néphy ait précisé comment les lire, les recherches de Zagan sur le Célestian progressèrent rapidement. Et maintenant, même Zagan était capable de le lire et de l’écrire dans une certaine mesure.

« Pouvoir le lire sans en comprendre le sens devrait signifier que, de toute façon, ces lettres sont en quelque sorte liées à Néphy, » déclara Zagan, puis il s’arrêta avant de reprendre : « Je pensais que si Néphy était peut-être celle qui reproduirait le symbole, alors il aurait du pouvoir. »

Et c’était la raison pour laquelle ils avaient pu préparer l’Armure Sacrée pour Raphaël.

De plus, selon Raphaël, sa performance était apparemment plus élevée que celle de l’Armure Sacrée régulière.

Cela signifiait probablement que, plutôt que quelqu’un qui ne connaissait pas le sens, il était plus efficace si quelqu’un qui comprenait les lettres l’écrivait.

« Ainsi, celle qui a reconstruit ton armure en tant qu’Armure Sacrée, est Néphy. Si Néphy n’était pas là, ces recherches n’auraient pas été aussi loin, » expliqua Zagan.

« Cela me fait plaisir de vous être utile, Maître Zagan, » déclara Néphy.

C’étaient des mots humbles, mais elle était aussi heureuse d’être louée. Ses oreilles étaient rigides et frissonnaient légèrement à plusieurs reprises. Raphaël posa alors sa main sur sa poitrine et s’inclina respectueusement devant elle.

« Comme on pourrait s’y attendre de Lady Néphy, la femme qui reçoit l’affection de mon seigneur, » déclara Raphaël.

« Qu-Quoi... !? » s’exclama Néphy.

Et comme prévu, elle n’avait pas été capable de supporter les louanges venant d’eux deux. Néphy se couvrit le visage en rougissant, et tout en la regardant d’un air empli de plaisir, Zagan continua à parler.

« Il est probable que ce sont des mots elfiques, ou d’une race qui leur est proche. Y a-t-il un prêtre ou quelque chose dans l’Église dont la lignée est proche de ça ? » demanda Zagan.

Il était probable qu’il y avait un proche parent d’un elfe ou quelque chose de semblable qui fabriquait l’Armure Sacrée, mais le Célestian devrait avoir été une langue perdue même pour l’Église. C’est sûrement pour cela qu’ils n’arrivaient pas à en comprendre le sens aussi précisément que Néphy le pouvait.

Et c’était probablement aussi la raison pour laquelle il n’y avait que douze Épées Sacrées en service.

Comme le Célestian était perdu, ils ne pouvaient plus en produire. Et ayant réalisé cela, Foll ouvrit grand les yeux.

« Alors, Néphy peut-elle aussi reproduire une Épée Sacrée ? » demanda Foll.

C’était une question évidente, face à laquelle Néphy secoua la tête.

« Non. J’ai essayé de le faire, mais ça n’a pas marché, » répondit Néphy.

« Hm... Il y a probablement besoin d’un rituel qui implique un lieu ou une condition spécifique. Si c’était quelque chose de si facile à faire, alors l’église et les elfes auraient sûrement déjà coopéré pour en faire plus, » expliqua Zagan.

Bien sûr, elle avait pu lui conférer une certaine puissance, mais elle ne pouvait pas du tout se comparer à l’Épée Sacrée originale.

Même Néphy, qui pouvait créer une Armure Sacrée avec plus de puissance que l’original, ne pouvait faire remonter qu’une fraction de la puissance destructrice des épées originales. À moins qu’un grand nombre de conditions ne soient remplies, il était peu probable qu’elle produise un jour une treizième Épée Sacrée.

Ce n’est pas comme si je voulais vraiment une Épée Sacrée ou quoi que ce soit, alors peu importe.

Tout au plus, Zagan cherchait à prendre une contre-mesure contre les démons et les secrets de l’Emblème de l’Archidémon. La raison pour laquelle il enquêtait sur les Épées Sacrées était que l’Emblème de l’Archidémon et les Épées Sacrées avaient un point de similitude dans leur conception de leur symbole.

Cependant, Néphy n’était pas non plus capable de reconnaître les lettres dans l’Emblème de l’Archidémon. Le sceau ressemblait à celui du Célestian, mais il semblait qu’on ne pouvait pas le démêler complètement simplement en touchant ce langage.

Je ne pense pas qu’il n’y ait aucun lien de parenté.

La raison pour laquelle Zagan était venu au bal du soir de Bifrons était en grande partie parce qu’il espérait obtenir de nouvelles informations à ce sujet. Et après avoir réfléchi pendant un moment, Zagan avait serré le poing droit.

« Quoi qu’il en soit, la recherche commence à porter ses fruits. Néphy, d’ici là, je te demanderai sûrement de coopérer avec moi régulièrement. Foll, Raphaël, je vais vous faire travailler tous les deux, » déclara Zagan.

« Hmm. Je ferai de mon mieux, » déclara Foll.

« Comme tu le veux. Tu peux me laisser m’occuper de toutes les tâches ménagères, » déclara Raphaël.

« ... J’attends beaucoup de vous, » déclara Zagan.

Contrairement à son visage diabolique, Raphaël était capable de s’acquitter sans problème de toutes les tâches ménagères en tant que majordome. C’est au point où, par inadvertance, il avait allumé les flammes de la compétition dans le cœur de Néphy.

Eh bien, avec la diminution du fardeau des tâches ménagères qu’elle devait faire, je passe plus de temps avec Néphy, alors je lui en suis reconnaissant.

Zagan plissa les yeux une fois de plus en se plaçant sur une chaise.

« Cependant, l’enjeu actuel est le bal du soir de Bifrons, » déclara Zagan.

Il n’avait pas pu inviter Zagan juste pour être copain.

« Bifrons a probablement l’intention de commencer quelque chose d’inutile pendant le bal du soir. Notre adversaire est un Archidémon, alors ne perdez pas votre concentration, » déclara Zagan.

Alors qu’il leur demandait de se préparer, Foll et Raphaël acquiescèrent d’un signe de tête. En voyant cela, Néphy avait saisi sa jupe, puis ouvrit la bouche pour parler, comme si elle arrivait enfin à une conclusion.

« Maître Zagan. Il y a quelque chose dont j’aimerais parler —, » déclara Néphy.

« Excusez l’intrusion. »

Sans même frapper, la porte de la chambre s’ouvrit, interrompant ce que Néphy avait à dire. Tu oses m’interrompre alors que Néphy était sur le point de dire quelque chose ? Tu ne peux pas lire l’atmosphère ? Celui qui a ouvert la porte n’était qu’un jeune sorcier, mais Zagan l’avait regardé, les yeux remplis de haine.

« Eeek, oh non... »

Le jeune sorcier s’était probablement rendu compte qu’il venait de faire quelque chose de mal, et il était tombés sur ses fesses et s’était mis à trembler.

Dois-je l’étrangler jusqu’à ce qu’il meure ici ? Zagan commença à rassembler du mana dans sa main, mais Néphy secoua la tête comme si ce n’était pas grand-chose.

« Maître Zagan, réprimez votre colère. Cette personne n’a pas une sorte de relation d’affaires avec vous ? » demanda Néphy.

Le jeune sorcier hocha rapidement la tête comme sauvée par les paroles aimables de Néphy.

« Eu-Euh. Le compagnon de l’Archidémon Zagan vient d’arriver, » déclara l’homme.

Compagnon... ? Chastille, hein ? Dans ce cas, il ne pouvait pas l’ignorer. Alors, Zagan s’était levé à contrecœur.

« Compris. J’y vais maintenant. » Et puis, il regarda Néphy.

« Désolé. Alors, qu’allais-tu dire ? » demanda-t-il.

« ... Non, ce n’était rien, » les oreilles de Néphy tombèrent en disant cela. Il était clair que son impulsion avait été brisée.

Et moi qui pensais qu’elle allait me dire qui l’avait attaquée en ville..., il semblait finalement qu’elle allait en parler, alors le sorcier qui avait coupé dans leur conversation étais devenu de plus en plus ennuyeux pour Zagan.

Et puis, alors qu’ils quittaient la chambre d’amis...

« Kekekekekekeke... »

Il entendit un rire familier qui lui paraissait tout à fait contre nature.

« Zagan. Qu’est-ce qu’il y a ? » Zagan s’arrêta et Foll pencha curieusement la tête sur le côté quand elle lui posa cette question.

« ... Non, ce n’est rien, » déclara-t-il.

Par hasard, on est peut-être déjà dans les toiles de Bifrons, hein ?

Avec une appréhension dans la poitrine qui ne correspondait pas du tout au début d’un banquet, Zagan se dirigea vers le pont du navire.

***

Partie 4

« ... Zagan, il y a quelques petites choses que je voudrais clarifier, » déclara Chastille. On aurait dit qu’elle les attendait sur le pont. Elle portait une robe écarlate assortie à ses cheveux, et elle avait un tissu décoratif d’un blanc pur enroulé autour de sa taille. En y regardant objectivement, ce n’était pas un mauvais ensemble. Son Épée Sacrée semblait cachée quelque part, car elle n’avait pas de grande épée sur elle.

Il semblerait qu’elle avait été la dernière invitée à monter à bord, car le bateau avait commencé à s’éloigner tranquillement du port peu après leur rencontre. Le lac se jetait dans plusieurs rivières, et l’une d’entre elles menait même à Kianoides. Chastille avait probablement utilisé cela pour venir ici.

Le visage de Chastille semblait au bord des larmes alors qu’elle se tenait immobile sur le pont, et elle n’avait pas continué sa phrase, ce qui avait grandement troublé Zagan.

« Hmm, quoi ? Je t’en prie, j’écoute, » déclara Zagan.

Chastille regarda ce qui se trouvait sur le pont avec une expression pâle quand il l’interrogea.

« C’est... vraiment le lieu du bal du soir, non ? » demanda Chastille.

« Ouais, c’est vrai. Bifrons a un bon goût pour le faire sur un bateau, » déclara Zagan.

 

 

Le soleil s’était complètement couché pendant que le groupe parlait dans la chambre d’invité. Ainsi, le lac était teinté par les couleurs du soir, et peut-être parce que la lune était cachée par les nuages, la seule source d’illumination était les bougies placées sur les tables. C’était un espace sombre où le fait de s’éloigner de plusieurs pas de l’autre ne permettait pas de distinguer le visage de l’autre.

Parmi les préjugés envers les sorciers propagés par l’Église, il y avait ce qu’on appelait un sabbat. C’était un rituel suspect où se rassemblaient des sorciers dont on disait qu’ils adoraient le diable.

En réalité, la plupart des sorciers ne rêvaient même pas de coopérer, alors ils ne tiendraient rien comme une assemblée. En plus, aucun d’eux ne vénérait rien comme un diable. Pourtant, l’atmosphère de ce lieu ressemblait tellement à un sabbat que toute tentative de défendre les sorciers était inutile.

De plus, le bateau à passagers flottait complètement isolé dans un énorme lac. Si un assassin de quelque chose comme l’Église s’approchait, ils le sauraient tout de suite, ou ils pourraient déplacer le bateau à tout moment et le jeter par-dessus bord. Tous ceux qui causaient des problèmes pouvaient être chassés de la même manière, donc c’était vraiment le lieu idéal.

Alors que tous ces faits s’étaient additionnés dans son esprit, Zagan avait jeté un coup d’œil à l’état du bateau une fois de plus. Sa longueur hors de l’eau était à peu près la taille d’une arène d’un côté à l’autre. Il pourrait sûrement accueillir jusqu’à deux mille passagers. C’était un voilier avec trois mâts apparemment robustes et de multiples voiles suspendues à eux. Et sur le pont principal, plusieurs tables étaient alignées, décorées de croix voyantes et d’un assortiment de bouteilles d’alcool et de verres. Peut-être parce qu’il était manipulé par la sorcellerie, il ne pouvait rien voir qui ressemblait à un équipage. Dans l’ensemble, il n’y avait probablement même pas cinq navires d’une telle envergure sur l’ensemble du continent.

On dirait qu’ils ont de l’alcool en réserve, aussi..., Zagan avait pris l’un des verres dans sa main pour l’essayer et avait trouvé que c’était une liqueur de qualité. Il ne connaissait encore rien aux marques et autres, mais ce n’était en rien inférieur à ce que Barbatos lui avait apporté auparavant. Tout en vérifiant l’état du pont, Zagan inclina la tête sur le côté.

« Alors, il y a un problème ou quoi ? » demanda Zagan.

« Non, je veux dire..., » Chastille avait fait une tête troublée et avait regardé sur le pont une fois de plus, puis elle avait dit : « Disons simplement... que l’obscurité est belle... mais pourquoi y a-t-il une telle musique dans le coin ? »

Il y avait un piano au coin de la terrasse, et à côté se trouvaient plusieurs musiciens alignés là avec des violons, des flûtes et toutes sortes d’autres instruments, jouant de la musique de mauvais augure. Le chanteur était une ondine... Non, une sorte de sirène. C’était une belle fille aux cheveux bleus, mais la partie inférieure de son corps ressemblait à celle d’un serpent ou d’un poisson ou quelque chose du genre.

En tenant compte de tout le reste sur le bateau, c’était la seule fleur qui fleurissait dans ce sombre bal du soir. C’était une décision de bon goût.

« C’est parce que c’est un bal du soir. Il y en a beaucoup ici qui souhaitent parler sans être entendus par les autres. Cela est susceptible d’aider à dissimuler les voix de ces types de personnes, » répondit Zagan.

Tout d’abord, si un sorcier essayait sérieusement d’écouter, ce niveau de bruit n’avait aucun sens. Mais même ainsi, cela allait faire une différence dans la façon dont on se sentait. Et après qu’il lui ait expliqué cela, le visage de Chastille était devenu encore plus sombre, alors qu’elle désignait les musiciens.

« Alors, qui sont ces musiciens ? Euh, ils ne semblent pas être en vie...., » demanda Chastille.

Ceux qui jouaient des instruments étaient des squelettes avec des tenues plutôt basiques enroulées autour d’eux. Il semble qu’ils utilisaient des os bien entretenus, de sorte qu’ils ne montraient aucun signe d’émiettement et qu’ils ne sentaient pas la pourriture. Cependant, les os ne pouvaient pas produire une voix. La chanteuse-sirène était entourée de morts-vivants qui tremblaient sur place. Néanmoins, voyant à quel point sa chanson n’était pas affectée, même Zagan pouvait voir qu’elle était une pro.

« Ce sont probablement des familiers de Bifrons ou quelque chose comme ça. La chanteuse est sûrement une sirène engagée, puisque sa voix n’est pas mauvaise du tout, » expliqua Zagan.

Alors que la pièce se précipitait vers son point culminant, une voix telle le cri de mort d’un corbeau avait retenti. Le simple fait que sa gorge n’ait pas cessé de fonctionner après ça était impressionnant. Chastille avait alors fait une grimace comme si elle n’y croyait pas.

« Les sorciers... dansent-ils sur ce genre de musique ? » demanda Chastille.

« Hein... ? Danser ? Qu’est-ce que tu racontes ? » Zagan pencha la tête sur le côté, ayant trouvé sa notion étrange du fond du cœur, et les oreilles de Néphy commencèrent à trembler d’un frémissement.

Se pourrait-il qu’elle s’intéresse à la danse ?

Cependant, Zagan n’avait jamais dansé auparavant. Tout en s’inquiétant de ce qu’il devait faire, Chastille se mit à trembler alors qu’elle continuait à parler.

« C’est un peu tard pour demander, mais qu’est-ce qu’un bal du soir pour vous exactement ? » demanda Chastille.

« Qu’est-ce que tu veux dire... ? N’est-ce pas un endroit où les sorciers s’affrontent les uns les autres ? » demanda Zagan.

Chastille avait été complètement choquée par ses paroles.

« Si c’est comme ça, dis-le-moi à l’avance ! J’ai même fini par venir dans cette tenue, n’est-ce pas !? » Chastille était venue au bal avec une robe qu’une noble porterait à une fête. Jetant un autre coup d’œil sur sa tenue vestimentaire, Zagan fit un signe de tête.

« C’est pas mal, non ? » demanda Zagan.

« V-Vraiment ? Penses-tu qu’elle convient... ? Attends, ce n’est pas ce que je veux dire ! » s’exclama Chastille.

Zagan avait ensuite incliné la tête sur le côté comme s’il ne comprenait pas où elle voulait en venir.

« Néphy et Foll portent le même genre de vêtements. Y a-t-il un problème ? » demanda Zagan.

Même si c’était différent du bal du soir d’un noble, c’était quand même un rassemblement formel. Les termes « sorciers » et « étiquette » étaient contradictoires, mais il était logique de porter des vêtements officiels dans de telles situations... Zagan portait sa robe habituelle, mais c’était une tenue de soirée pour un sorcier.

En regardant autour de lui, il pouvait aussi apercevoir d’autres sorciers habillés ici et là. Tous les sorciers ne semblaient pas ignorer leur apparence personnelle comme Zagan et Barbatos. Néphy essaya alors de réconforter Chastille.

« Ça te va très bien, Chastille, » déclara Néphy.

« O-Oh, Néphy, ta robe te va aussi... Attends, je te le dis, mais ce n’est pas ce que je veux dire, » Chastille avait l’air d’être sur le point de fondre en larmes à tout moment alors qu’elle tenait sa jupe, puis elle avait baissé la voix pour se plaindre.

« Quoi que j’en pense, je suis un Chevalier Angélique, et tout le monde autour de moi est un sorcier, tu sais ? » déclara Chastille.

Ayant entendu cela, Zagan avait finalement compris ce qu’elle voulait dire... Non, si possible, il ne voulait pas vraiment le comprendre. Zagan l’avait alors regardée avec étonnement comme s’il n’arrivait pas à le croire.

« ... Je ne pense pas que ce soit possible, mais... es-tu venue sans arme ? » demanda Zagan.

Bien sûr, comme elle portait une telle robe, il était clair qu’elle ne portait pas une grande épée, mais il pensait qu’elle l’apporterait au moins à bord comme bagage. Pour pouvoir s’opposer aux capacités physiques des sorciers, les Chevaliers Angéliques de l’Église portaient une armure appelée Armure Sacrée qui avait reçu des miracles sur elle. Même l’armure de Raphaël avait été spécialement reconstruite pour une telle tâche. Cependant, même si Chastille apparaissait comme telle, elle avait une quantité convenable de pouvoir sans porter l’Armure Sacrée. C’est pourquoi Zagan avait trouvé ce courage admirable, mais...

Chastille s’était mise à trembler sur place en hochant la tête.

« J’ai... au moins apporté mon Épée Sacrée. Mais... rien d’autre que ça..., » déclara Chastille.

Zagan avait mis la paume de sa main au visage.

« Je me souviens certainement avoir dit que c’était un bal du soir..., » déclara Zagan.

« Un bal du soir, ce n’est pas une fête, d’habitude ? C’est pourquoi... Je pensais que tu m’avais invitée à... ce genre de..., » déclara Chastille.

Ça n’aurait pas été si étrange pour l’Église de faire une descente dans un bal du soir. C’est pourquoi Zagan n’avait jamais pensé qu’il était possible qu’un Archange, même un Archange comme Chastille, ne connaisse pas la vraie nature de son invitation.

Comme Zagan ne savait pas quoi dire, Raphaël, le visage caché par le casque de Valefor, avait poussé un bon rire et avait élevé la voix à la place de Zagan.

« Absurde ! Si c’est ton épée, qui est vénérée comme la plus rapide parmi les Archanges, alors tu pourrais faire tomber cette maudite racaille de sorciers avant même qu’ils puissent jeter un sort, exact ? Ils ne valent pas un comportement aussi timide, » déclara Raphaël.

« C’est vous qui m’avez dit d’être la bannière de la faction d’unification, n’est-ce pas !? Alors pourquoi vous parlez comme si j’allais les tuer !? » s’écria Chastille.

« Parce que toute ma carrière a été comme ça ! » répondit Raphaël.

***

Partie 5

Cet ancien archange, Raphaël, était un homme qui avait tué près de cinq cents sorciers en légitime défense.

Après qu’ils se soient criés dessus, Chastille s’était soudainement tue. Cependant, tous les sorciers autour d’eux tournèrent simultanément leur regard vers elle.

Eh bien ! Si vous criez d’une voix si forte, évidemment tout le monde vous entendra...

Si un sorcier en avait envie, il pouvait tout voir sans problème, même dans un environnement aussi sombre. Et même avec la musique endiablée jouée par les interprètes, les voix de Chastille et de Raphaël résonnaient partout sur le pont. Après leur démonstration, tous les sorciers qui étaient sur le pont l’observaient de près.

« Cette femme, il a dit qu’elle est un Chevalier Angélique, non ? »

« Elle me dit quelque chose... Oh, je sais, je sais. C’est la seule Archange femelle. »

« Cette satanée Église... Vous ne pensez pas qu’ils se dirigent vers un bal organisé par un Archidémon, n’est-ce pas ? »

« Ne soyez pas si prétentieux... Devons-nous la tuer ? »

Comme on pouvait s’y attendre, les personnes invitées au bal du soir d’un Archidémon étaient plutôt vicieuses. Plutôt que d’hésiter, tous les sorciers bouillonnaient de colère. Zagan avait alors poussé un soupir comme si toute la situation était tout à fait ennuyeuse.

Si elle était jetée dehors sans même son Armure Sacrée, qui sait ce qui finira par lui arriver...

À l’intérieur, elle était un peu comme une épave, mais l’apparence de Chastille était bien en ordre. Après tout, elle savait que la plupart des sorciers n’étaient pas assez gentils pour laisser une femme ennemie qui marchait vers eux sans arme.

Zagan étendit alors son manteau alors qu’il parlait.

« ... Quelle fille ennuyeuse ! Je suppose que je n’ai pas le choix, alors... Viens avec moi, » déclara Zagan.

Puisqu’il ne savait pas ce que Bifrons essayait de faire, Zagan ne voulait pas se démarquer inutilement. Cependant, il venait de perdre l’occasion de le faire. Passant intentionnellement au centre du pont, il avait commencé à marcher vers l’avant de l’embarcation. Néphy et Foll s’alignaient derrière lui, et Raphaël le suivait également tout au fond.

Et, comme s’ils avaient choisi le bon moment, les interprètes avaient changé de chanson et avaient commencé à jouer une pièce solennelle, tandis que Raphaël faisait entendre une voix d’admiration.

« Oh mon Dieu... Cette musique est la “Marche du Seigneur Démon”, hein ? Il semble que les musiciens là-bas comprennent un peu la situation, » déclara Raphaël.

Zagan n’était pas familier avec la musique, mais apparemment, c’était une musique composée pour représenter l’invasion du roi des démons avec ses serviteurs derrière lui. C’était une pièce qui provoquait un malaise indescriptible de ce seul son.

Et c’était précisément pour cette raison que des regards de révérence s’étaient rassemblés autour de Zagan alors qu’il marchait avec audace dans la foule. Chastille fit entendre sa voix d’une voix agitée.

« Q-Qu’est-ce qui t’as pris de marcher au milieu d’eux ? » demanda Chastille.

« Dans de tels moments, tu dois faire preuve d’audace. Au moins, si je me présentais en train de me recroqueviller au moindre instant, en tant qu'Archidémon, ils tenteraient immédiatement de me couper la tête, » déclara Zagan.

« C’est peut-être le cas, mais..., » Chastille avait fait entendre une voix angoissée, mais elle l’avait tout de même suivie. Et en regardant Zagan marcher comme s’il présentait son groupe, les sorciers se mirent à parler en chuchotant.

« Merde, c’est Zagan. »

« Le nouvel Archidémon, hein ? Regardez ! Celui derrière lui, c’est l’Apparition Valefor. »

« Il y a eu une rumeur selon laquelle il aurait été tué, mais je suppose qu’il a choisi de servir Zagan... »

Comme il cachait son visage avec un casque modelé selon un serpent, Raphaël fut reconnu comme l’Apparition Valefor. Malgré cela, Raphaël marchait derrière Zagan avec un regard indifférent. Ensuite, leurs regards s’étaient tournés vers Néphy.

« Qui est cette elfe aux cheveux blancs ? »

« C’est la femme de ce type. Sois prudent. On dit que le Purgatoire a vu ses membres arrachées l’un après l’autre pour l’avoir draguée. »

« Ouais. Ils disent qu’après avoir été torturé pendant sept jours d’affilée, le Purgatoire a été autorisé à vivre après lui avoir juré obéissance absolue. »

Le Purgatoire était le surnom de Barbatos. C’était vrai que Zagan l’avait battu, mais il semblait que des rumeurs étrangement exagérées circulaient.

Maintenant que j’y pense, si Chastille est ici, est-ce que ça veut dire que Barbatos suit aussi ?

Cet homme semblait incapable de réprimer sa colère de ne pas avoir été invité au bal du soir. Il était tout à fait possible qu’il soit venu sous prétexte qu’il était son escorte. Après cela, toute l’attention s’était portée sur Foll, qui titubait à côté de Néphy.

« Ces cornes... La petite derrière lui est-elle un dragon ? »

« On dirait bien que oui... Je ne sais pas qui c’est, mais on dit que Zagan a tué Raphaël pour la propriété de cette fille. »

« Alors c’est vrai qu’il a tué ce chasseur de sorciers ? »

L’histoire de la défaite de Zagan contre Raphaël en était une qu’il avait intentionnellement diffusée. Le fait qu’il ait achevé le « plus redoutable » Archange fut efficace pour atténuer l’hostilité des imbéciles qui voulaient lui prendre sa place. Et il semblait que son plan s’était déroulé comme il l’avait espéré. Après qu’ils eurent fini de discuter de son exploit, l’attention des sorciers s’était finalement portée sur Chastille.

« Si cette femme est alignée là avec lui, cela veut-il dire que Zagan a même la Vierge de l’Épée Sacrée sous son contrôle ? »

Chastille avait alors fait une tête insatisfaite.

« Sous ton contrôle... Je ne me souviens pas avoir jamais accepté de devenir ta subordonnée, » déclara Chastille.

« Reste en là, c’est tout. Sinon, tu vas te faire tuer, » déclara Zagan.

« Eeek, » Chastille s’accrocha au bras de Zagan en poussant un petit cri. Et en voyant cela, les sorciers poussèrent tous un soupir.

« Regardez-moi ça. C’est le visage d’une gonzesse. »

« Je vois... Donc ça veut dire que c’est la maîtresse de Zagan, c’est ça ? »

En entendant ces murmures, le visage de Chastille était devenu rouge vif. « Q-Qui est une gonzesse ? »

« Tais-toi, Tête de Poney. Tu veux mourir ? » déclara Foll en giflant les fesses de Chastille.

Si Chastille ne semblait pas faire partie du groupe de Zagan, alors il n’y avait aucune chance que les sorciers du bal du soir la laissent vivre.

« A-Argh ! Hic... »

Après avoir été grondée même par Foll, Chastille poussa honteusement un gémissement avec les larmes aux yeux. Heureusement, l’hostilité des sorciers qui les entouraient avait au moins été réduite. Et alors qu’ils terminaient de traverser le pont, Zagan s’était mis en place sur un siège préparé à l’avant du bateau. Il voulait s’asseoir sur la chaise et se détendre, mais Chastille ne lâchait pas son bras.

« ... Hé, arrête ça, » déclara Zagan.

« T-Tu te trompes ! C’est... euh... Mon bras est totalement raide, alors..., » répondit Chastille.

Cette jeune fille timide n’avait probablement pas ressenti le moindre soulagement de survivre après avoir traversé tout un groupe de sorciers en étant désarmés. Et Zagan n’arrivait pas à la dégager du bras sur lequel elle se serrait. En regardant cela, dans une attitude inhabituelle, les oreilles de Néphy se mirent à trembler nerveusement.

« Alors, je peux t’aider ? » demanda Néphy.

« Eeek, d-désolée..., » déclara Chastille.

L’expression de Néphy était la même que d’habitude, mais sa voix contenait une colère froide. Peut-être à cause de cela, Chastille s’était tenue toute droite et avait pu se séparer du bras de Zagan.

D’une certaine façon, ce genre de réaction de Néphy était assez rafraîchissante...

Néphy était celle qui effectuait courageusement beaucoup de tâches pour le bien de Zagan, mais il y avait très peu d’occasions où elle faisait connaître son désir de le monopoliser. Il y avait aussi le fait que Néphy était mauvaise quand il s’agissait de déclarer ses propres intentions, mais fondamentalement, Zagan et Néphy était toujours seuls ensemble. C’est pourquoi elle n’avait pas eu beaucoup d’occasions de montrer une telle attitude.

Même si elle était en colère, Zagan était heureux de pouvoir voir un visage qu’il ne pouvait habituellement pas voir. Et en la regardant, Zagan s’était précipité sur la chaise. Comme il s’agissait du siège le plus loin sur la proue, il se trouvait à une hauteur supérieure et offrait une vue ininterrompue sur le pont. C’était vraiment l’endroit où se trouvait le siège de l’invité d’honneur.

Tandis que Zagan était assis là, Néphy et Foll s’alignèrent sur sa gauche, et Chastille et Raphaël s’alignèrent sur sa droite. Posant son coude sur le repose-coude, il croisa les jambes comme s’il faisait un spectacle majestueux et fixa son regard sur le pont. Et tandis que Zagan souriait sans crainte, les sorciers déglutirent nerveusement.

« C’est donc... L’Archidémon Zagan et ses confidents, hein ? »

« Zagan n’était pratiquement personne jusqu’à il y a quelques mois, alors comment a-t-il fait pour subjuguer ce groupe ? »

C’était pénible d’avoir un front fort, mais c’était aussi agréable de les avoir dans un tel état d’esprit. Après avoir contemplé le navire, Zagan prit un verre de vin sur la table et porta de nouveau son attention sur les sorciers réunis. Et à leur propre discrétion, les interprètes avaient aussi soudainement arrêté leur musique.

Le pont du bateau était tombé dans un silence total.

« Il semble qu’il n’est même pas nécessaire de me nommer, mais je suis Zagan. Celui qui s’est vu confier le siège le plus bas des Archidémons. »

Sa voix n’était pas si forte que ça, mais elle résonnait doucement jusqu’à la poupe du navire. Et puis, Zagan avait levé son verre de vin haut dans les airs.

« Il semble que le mécène ne soit pas encore arrivé, mais amusons-nous, messieurs. »

Les sorciers prirent alors des verres dans leurs mains sans se soucier de qui ils étaient et échangèrent un toast. Bien que ce ne fût que superficiel, c’est à ce moment que les sorciers réunis acceptèrent Zagan en tant qu’Archidémon.

***

Partie 6

Après que Zagan eut fini de boire son verre de vin, la musique bruyante avait recommencé à se faire entendre. En raison de son bluff ostentatoire, l’hostilité à l’égard de Chastille semblait avoir disparu. Et ayant vérifié cela, Zagan poussa un soupir déconcerté.

Je ne suis pas très doué pour imiter une telle bouffonnerie. Le temps qu’il passait au château à lire tous les grimoires qu’il pouvait trouver et à se détendre avec Néphy et Foll fut des centaines de fois plus intéressant. Malgré tout, essayant d’en trouver la valeur, Zagan regarda les sorciers sur le pont.

C’était quelque chose que les autres sorciers employaient déjà, mais en utilisant la sorcellerie pour amplifier légèrement la lumière dans ses globes oculaires, il s’assurait que sa vision soit la même que si c’était le jour.

Il y a plusieurs visages familiers ici, hein ? Zagan était largement ignorant quand il s’agissait d’informations sur d’autres sorciers, mais même ainsi, il connaissait au moins les noms et les visages des anciens candidats Archidémon... Cela dit, c’est seulement parce que Barbatos lui en avait déjà parlé.

À cet endroit, il y avait la Lame Noire Kimaris. Et un autre était quelqu’un de semblable à l’Enchanteresse Gremory, mais comparé à avant... D’une certaine façon, son apparence et son âge étaient complètement différents.

Je suppose qu’on ne peut pas vraiment compter sur l’apparence d’un sorcier, la dernière fois qu’il l’avait vue, c’était dans une salle de vente mal éclairée. Ce n’était pas comme s’il confirmait correctement à quoi ressemblait son visage, alors c’était simplement que quelque chose ne semblait pas à sa place. Et pendant qu’il regardait le pont, Foll avait soudain jeté un coup d’œil à son visage.

« Zagan, Zagan ! » Foll cria, puis tourna sur place en jouant comme si elle lui demandait quelque chose.

Maintenant que j’y pense, je n’ai pas fait l’éloge de sa robe, n’est-ce pas ? Malheureusement, avant qu’il ne puisse le faire, Chastille avait fait une erreur verbale, mais c’était quand même un échec pour lui en tant que père. Et ainsi, Zagan acquiesça d’un signe de tête pompeux.

« Hmm. Ces vêtements... sont mignons, » déclara Zagan.

Elles sont mignonnes parce que tu les portes... La jeune fille était mignonne d’une manière différente de Néphy. Et Zagan commença naturellement à caresser la tête de Foll pour accompagner ses louanges. La jeune dragonne ferma partiellement les yeux comme si c’était agréable, et ensuite elle commença à tirer sur les ourlets de la robe de Néphy.

« Et la robe de Néphy ? » demanda Foll.

« Hmm. N’est-il pas évident que c’est magnifique ? » demanda Zagan.

« ... Maître Zagan, c’est embarrassant, » s’exclama Néphy.

Le bout de ses oreilles était légèrement teint en rouge, et Néphy remuait. Son comportement timide était encore plus charmant qu’avant, de sorte que Zagan avait fini par être involontairement fasciné par elle. Finalement, après avoir toussé pour s’éclaircir la gorge, il regarda à nouveau leurs silhouettes.

« Qu’est-ce que ça fait de porter cette robe ? » demanda-t-il.

« Eh bien, je trouve qu’il est facile de se déplacer avec et plutôt joli... C’est... bien mieux que celle que je portais quand je vous ai rencontré, Maître Zagan, » répondit Néphy.

« Je-Je vois... »

Si tu le dis comme ça, je vais perdre mon sang-froid !

 

 

La robe blanche pure que portait Néphy lorsqu’ils s’étaient rencontrées était également magnifique, mais Zagan voulait la laisser porter quelque chose d’un peu plus gai. Comme Zagan lui-même n’était pas en mesure d’expliquer exactement ce que cela signifiait, il avait dû demander l’aide de Manuela, ce qui lui faisait un peu mal à la tête, mais... Et bien, même ainsi, cette vendeuse frivole avait préparé une tenue qui correspondait parfaitement aux attentes de Zagan. Cette fois-ci, la robe possédait une splendide finition qui lui avait donné envie de soupirer.

Dans ces moments-là, je veux juste être seul avec elle...

Cette façon de penser était plutôt déraisonnable lors d’un bal de sorcier, mais Zagan aimait tellement Néphy qu’il ne pouvait pas s’en empêcher. Afin de se distraire de ces pensées, Zagan se tourna vers Chastille.

« Pour l’instant, il n’y a probablement pas d’idiots qui oseraient provoquer mon animosité. Tant que tu agis avec prudence, tu devrais être en sécurité. Fais ce que tu veux ici, » dit Zagan, insinuant qu’elle devrait faire preuve de tact. Chastille peigna sa frange et lui répondit en le regardant fixement.

« Laisse-moi te demander en retour : penses-tu vraiment que c’est suffisant dans cette situation ? » Chastille parla avec résolution... ou loin de là, les larmes aux yeux, et Zagan ne purent s’arrêter de soupirer.

Si tu es consciente de toi, ne devrais-tu pas essayer de le corriger ? C’était bien mieux que de faire des bévues majeures en l’ignorant, mais...

Tandis que Zagan mettait la paume de sa main sur son visage, Néphy avait saisi la main de Chastille et la leva sur sa poitrine.

« On restera ici à parler jusqu’à ce que tu te sois un peu calmée, cela te va ? » demanda Néphy.

Il voulait être tout seul avec Néphy, mais si elle disait cela, alors il n’y avait rien à faire. Quoi qu’il en soit, voyant qu’il finirait par chasser Chastille s’il continuait ainsi, Zagan avait fini par s’inquiéter et n’était plus capable de se sentir détendu. Chastille avait saisi alors la main de Néphy comme si elle était émue.

« Oh, merci, merci. Néphy, tu es toujours si gentille, » déclara Chastille.

« ... Tête de poney, n’as-tu pas honte d’être une pleurnicharde inutile tout le temps ? » demanda Foll.

« Bien sûr, mais ce n’est pas quelque chose qui peut être corrigé aussi facilement ! » répliqua Chastille.

Foll la regarda d’un regard méprisant et Chastille avait fini par fondre en larmes. Et comme on pouvait s’y attendre, après avoir trouvé cela pitoyable, Néphy réprimanda Foll pour cela.

« Foll, tu ne peux pas dire de telles choses méchantes. On dirait que Chastille n’a pas beaucoup de possibilités pour le calme en ce moment, alors tu devrais être gentille avec elle, » déclara Néphy.

« Est-ce que Tête de poney a-t-elle déjà vraiment été calme ? » demanda Foll.

« Je ne sais pas, mais pour l’instant, ça semble plus grave que d’habitude, » répliqua Néphy.

« ... Néphy, j’apprécie l’idée, mais j’ai vraiment l’impression que tu me frappes quand je suis à terre, » déclara Chastille.

Eh bien, je suppose que c’est juste la façon de Foll de dire : « Si tu ne te remets pas en forme, alors tu ne pourras pas te protéger ».

Fondamentalement, Néphy et Foll parlaient mal et n’exprimaient pas bien leurs émotions. Une balle perdue d’un tel niveau était sûrement triviale. Cela avait ainsi été plus ou moins transmis à Chastille. Après s’être essuyé le visage, elle s’était finalement relevée.

« Aller jusqu’à faire en sorte qu’une petite enfant s’inquiète pour moi est bien trop pitoyable. Je vais... bien maintenant, » déclara Chastille.

Le bout de son nez était encore rouge, mais comme Chastille souriait, Foll secoua la tête comme si ce n’était rien.

« Tout ce que j’ai fait, c’est donner des conseils qui conviennent à une aînée. Ne t’inquiète pas pour ça, » déclara Foll.

« Des conseils, dis-tu... Non, maintenant que tu le dis, quel âge as-tu ? Tu n’as pas l’air d’avoir plus de dix ans... » demanda Chastille.

Les dragons étaient une race légendaire dont on disait qu’ils vivaient pour l’éternité. Leur croissance était proportionnellement lente par rapport à cette durée de vie, de sorte que Foll, qui était encore jeune comme un dragon, aurait déjà vécu une quantité considérable de temps.

Et bien, en le convertissant à l’âge humain, elle a probablement à peine 10 ans. Zagan s’était convaincu de cette manière. Et après ça, Foll avait regardé fixement Chastille en réponse.

« Ne connais-tu pas le dicton qui dit qu’il est impoli de demander son âge à une dame ? Tête de cheval, » demanda Foll.

« Je pense que c’est un argument solide, mais celle qui a commencé à en parler, c’est toi, n’est-ce pas ? » demanda Chastille.

Après avoir pensé qu’elle s’était enfin remise sur pied, cette fille s’était de nouveau effondrée. Et comme ses yeux commençaient déjà à se troubler de larmes, Zagan lui avait posé une question.

« Maintenant que j’y pense, où sont les trois idiots qui sont toujours autour de toi ? » demanda Zagan.

Chastille avait toujours les Trois Idiots du Ciel d’Azur... ou plutôt, les Trois Chevaliers du Ciel d’Azur, qui l’accompagnaient en tout temps. Ils semblaient assez bêtes, mais en tant que Chevaliers Angéliques, ils avaient un certain niveau de force et occupaient des positions suffisamment élevées. En entendant sa question, Chastille hocha la tête d’un air désagréable.

« Je les ai laissés au port de Suflaghida, » répondit Chastille.

« Ah, après tout, tu ne peux pas les laisser causer des problèmes avec les sorciers, » déclara Zagan.

« Non, ce n’est pas pour ça..., » Chastille s’était mise à tourner les deux index l’un vers l’autre, puis avait tourné au rouge vif et avait baissé la tête.

« S’ils étaient là, je ne pourrais pas te parler correctement, n’est-ce pas ? » demanda Chastille.

Zagan plissa ses sourcils. Qu’est-ce que cette fille veut dire par là... ?

C’était vrai qu’ils ne pourraient pas avoir de discussions valables si les trois idiots étaient présents, mais après avoir passé du temps avec Néphy et Foll, Zagan avait l’impression qu’il avait appris à mieux comprendre les subtilités des émotions des autres.

D’une façon ou d’une autre, il avait l’impression qu’elle ne le pensait pas dans le sens des affaires ou d’une conversation amicale. Ce n’était pas comme si Zagan lui-même ne pensait rien d’elle, mais s’il était poussé à le dire, c’était quelque chose proche du désir de protéger qu’il avait pour Foll.

Quoi qu’il en soit, Chastille était beaucoup trop maladroite, à tel point que si quelqu’un ne la sauvait pas, elle tomberait soudainement et mourait juste devant ses yeux.

On avait dit que Chastille était très populaire auprès des gens malgré son appartenance à l’Église, mais il commença à soupçonner que cela venait de ces sentiments d’être incapable de la laisser seule, qu’il ressentait. En tout cas, ses sentiments étaient différents de l’amour.

Eh bien, peu importe. Tant que cela ne gênait pas Zagan et Néphy, ce qu’elle ressentait n’avait pas vraiment d’importance. Chastille elle-même n’était aussi certainement pas assez folle pour être incapable de discerner cela.

***

Partie 7

... De plus, elle avait peut-être elle-même l’intention de cacher ce fait. Quoi qu’il en soit, même s’il recevait de l’affection d’une femme autre que Néphy, il ne saurait pas quoi dire ou faire, alors il valait mieux le laisser en suspens. Et tout en prétendant qu’il ne réalisait rien, Zagan continua la conversation.

« Alors, est-ce que la gestion de cette faction d’unification ou quoi que ce soit d’autre va bien ? » Zagan s’était arrêté jusque-là, ce qui avait fait que Chastille l’avait regardé avec émerveillement.

« Comme c’est inattendu. Je n’aurais jamais pensé que tu t’inquiéterais de telles choses, » déclara Chastille.

« Vraiment ? » demanda Zagan.

« Comment le dire... ? Tu ne te soucies pas du tout de l’Église, n’est-ce pas ? » demanda Chastille.

Zagan avait ensuite fait un signe de tête avec un « oui ».

« Si je vois quelqu’un s’effondrer après avoir été empoisonné, je ferai preuve d’un peu de sympathie, » déclara Zagan.

« Hein, tu... tu... étais... inquiet pour moi... ? » demanda Chastille.

Alors qu’il répondit d’un ton gentil, le visage de Chastille était teint en rouge jusqu’aux oreilles.

Hein ? Ai-je tout gâché ? Même si Zagan n’avait pas l’intention de la mener en bateau, il serait pitoyable de lui causer un malentendu bizarre. Même dans le meilleur des cas, cette fille était trop pitoyable. Et pendant que Zagan paniquait à l’intérieur, Chastille s’éclaircit la gorge d’une toux et redressa son dos.

« Je suis reconnaissante que tu t’inquiètes pour moi, mais il n’y a pas eu de problèmes... C’est-à-dire, ce n’est pas comme s’ils m’avaient fait faire quoi que ce soit. Un mois s’est écoulé depuis, et il n’y a pas vraiment eu de mouvement, » déclara Chastille.

« Est-ce ainsi que cela fonctionne ? » Zagan s’émerveilla devant la réponse inattendue. Raphaël prit alors la parole à sa place.

« N’est-ce pas évident ? Le but de la faction d’unification est d’éviter tout conflit inutile avec ces maudits sorciers. Ce que tu cherches, c’est à démontrer une relation unifiée avec les sorciers, ce qui te rend parfaite comme tu es maintenant, » déclara Raphaël.

En d’autres termes, c’était parfait tant qu’elle s’entendait bien avec Zagan.

Quand j’en ai entendu parler pour la première fois, cela m’a semblé beaucoup plus important que cela..., cependant, c’est Raphaël qui lui en avait parlé. C’était un homme dont la maladresse provoquait des malentendus et des préjugés en marchant. Si Barbatos était ici, il dirait sans doute de façon désagréable : « Ce n’est pas à toi de dire ça ! » si Zagan mentionnait une telle chose, mais ce n’était peut-être pas tout à fait loin de la vérité.

Chastille avait alors fait une expression compliquée, comme si elle n’était pas totalement convaincue.

« Mais nous ne savons pas quand les démons seront ressuscités, n’est-ce pas ? Alors, n’est-il pas urgent de construire des relations amicales entre l’Église et les sorciers ? » demanda Chastille.

« C’est quelque chose qui sera résolu si la puissance de mon seigneur grandit, » déclara Raphaël.

Bien qu’il ait quitté son siège d’Archange, ce n’était pas comme si Raphaël prenait ses aises dans sa retraite.

C’est sûrement pour ça qu’il s’est donné du mal pour devenir mon majordome.

Parce qu’aider Zagan à construire son autorité était lié à l’accomplissement de la volonté du Sage Dragon Orobas, il obéissait donc à Zagan. Zagan l’avait compris, mais il avait quand même laissé échapper un grognement avec un « Hmph ».

« Tu parles beaucoup de tes objectifs, mais si quelqu’un se met en travers de mon chemin, qu’il s’agisse d’un archange, d’un sorcier ou autre, je n’ai pas l’intention d’aller doucement avec lui, » déclara Zagan.

Il l’appréciait assez pour la considérer comme une amie, mais l’existence de Chastille n’était pas absolue sur sa liste de priorités. Tant que Chastille était une servante de l’Église et un Chevalier Angélique, elle pourrait être une ennemie dépendante des ordres de l’Église. Et le changement dans leurs objectifs déclarés était directement lié à tout danger auquel Néphy ou Foll étaient exposées. S’il le fallait, Zagan écraserait tous ceux qu’il jugeait nécessaires.

Eh bien, si elle devient une ennemie, Néphy serait triste, alors au moins, je ferai de mon mieux pour m’en occuper prudemment...

Et après que Zagan les en ait clairement informés, Raphaël s’était mis à rire.

« C’est ce qui fait de toi mon seigneur. Si tu n’étais pas comme ça, les autres sorciers ne suivraient jamais, » déclara Raphaël.

Et ce majordome astucieux semblait obéir à Zagan, en plus de comprendre complètement sa personnalité. Sa parole et sa conduite étaient certainement maladroites, mais c’était un homme qui pouvait de temps en temps se conduire comme s’il avait tout prévu.

Zagan haussa les épaules et répondit. « Peu importe ce que tu penses, tant que tu ne te mets pas en travers de mon chemin, ça ne me dérange pas. »

« Je t’ai déjà promis mon épée. Je n’ai pas pourri au point d’aller à l’encontre de mon vœu de chevalier. »

Sa loyauté envers Zagan n’était probablement pas un mensonge.

Sans cela, Foll ne s’attacherait pas non plus à lui. Elle s’était sûrement lassée de ces discussions pénibles. Foll avait grimpé sur Raphaël et était montée volontairement sur son épaule alors qu’elle s’endormait... C’était certainement le moment pour les enfants de commencer à avoir sommeil. En tout cas, avant ça, Foll détestait Raphaël, car c’était sa cible de sa vengeance. Cependant, maintenant elle pouvait le voir comme sa famille, comme elle le faisait maintenant, alors c’était bien de le croire.

Chastille frappa alors sa poitrine et hocha la tête.

« Zagan, tu as des choses à faire, non ? Je n’ai pas l’intention d’être assez faible pour te retenir, alors... Non, je ne suis peut-être pas forte non plus, mais, euh... ce que je veux dire..., » pour une raison ou une autre, Chastille murmurait d’une manière inintelligible, mais malgré cela, elle avait fini par adopter une attitude résolue et continua, « je pense... Je veux devenir quelqu’un sur qui tu peux compter. »

Zagan fut stupéfait de ses paroles directes, et Néphy la regarda aussi avec émerveillement.

« Tu m’as déjà sauvée bien des fois, alors je veux te rendre la pareille. Que tu le justifies par l’unification ou par la coopération, je veux être dans ce genre de relation, » déclara Chastille.

« Comptez sur... hein ? » Zagan avait fait une tête renfrognée en ruminant sur ses paroles.

« Je ne peux pas dire que je comprenne vraiment le concept de compter sur les autres. Je n’ai jamais essayé de faire ça, » déclara Zagan.

« Vraiment ? »

« ... Qu’est-ce que tu essaies de dire ? » Zagan avait fait une tête interrogative quand elle lui avait posé la question, alors Chastille avait tourné son attention vers Néphy.

« N’as-tu pas déjà toute confiance l’un dans l’autre ? Tu ne t’en rends peut-être pas compte, mais je crois que tu t’es déjà fié à Néphy, » déclara Chastille.

Pour une raison quelconque, Zagan n’avait pas pu nier ces mots. « ... Tu as peut-être raison. »

Ce jour-là, lorsque Zagan affronta pour la première fois les Archidémons, il les craignait et garda Néphy à distance. Il l’avait blessée et l’avait laissée seule.

Mais quand même, Néphy m’est revenue. À ce moment-là, il avait l’impression de comprendre ce que signifiait « avoir son cœur sauvé ». Il avait aussi l’impression qu’on le soutenait.

C’était sûrement la même chose que de compter sur quelqu’un. Ce n’était pas seulement Néphy. En plus de faire des recherches sur les Épées Sacrées et le symbole de l’Archidémon, Zagan avait clairement lui-même dit qu’il attendait beaucoup de Foll et de Raphaël.

Sur ce point, il était déraisonnable de prétendre qu’il ne s’en remettait pas à eux. Eh bien, si on lui demandait si le jour viendrait où Zagan s’en remettrait ainsi à Chastille, il ne pourrait que pencher la tête sur le côté. C’était pour ça que Zagan avait pris un verre avec un « Hmph ».

« Avant de faire une telle demande, tu dois atteindre le point où tu es en mesure de prendre soin de toi-même, » déclara Zagan.

« ... Qu’est-ce que tu crois que je suis ? » déclara Chastille, puis elle poussa un soupir. Néanmoins, cette fois, elle n’avait pas éclaté en larmes. Et en la laissant, Zagan avait déplacé son attention de l’autre côté de la table.

« Alors, le type qui se faufile là-bas depuis un moment. As-tu besoin de quelque chose ? » demanda Zagan.

Il y avait un sorcier qui regardait Zagan tout le temps dans l’ombre depuis la proue du bateau.

***

Partie 8

« Eeek? »

Quand Zagan l’avait appelé, le sorcier avait poussé un cri et s’était écrasé au sol. D’après son apparence, il semblait être un garçon d’environ douze ou treize ans... Non, ou c’était peut-être une fille ? Sa corpulence était délicate comme celle d’une fille, et ses os ne semblaient pas ressortir, mais d’après le pantalon et la cravate qu’il portait, c’était un garçon. À cet âge-là, il était également possible qu’ils aient simplement pris du retard dans son développement physique.

C’est celui qui est venu nous appeler plus tôt, hein ?

À l’époque, Zagan se préoccupait de Néphy, donc il n’y prêtait pas vraiment attention, mais était-ce l’un des subordonnés de Bifrons ?

Alors que le sorcier, qui était un garçon ou une fille ou quoi que ce soit d’autre, se levait en étant agité, il s’était frotté les mains et affichait un sourire forcé.

« Bonsoir, ravi de vous rencontrer. Je m’appelle Néron. Je voulais saluer le nouvel Archidémon et je me suis empressé de me présenter devant vous, » déclara-t-il.

Zagan jeta un coup d’œil sur Néron, le regardant du bout des orteils jusqu’au sommet de sa tête. Néron avait des cheveux dorés et des yeux verts. Ses traits faciaux étaient bien en ordre, mais il ressemblait étrangement à celui d’un garçon et d’une fille. Et pourtant, Zagan ne pouvait rien sentir du tout comme du mana venant de lui.

Qu’est-ce que c’est que ça... ?

Le mana qu’il pouvait sentir chez Néron était celui d’une personne ordinaire sans lien avec la sorcellerie. C’était à peu près juste de dire que Néron était au niveau d’un candidat-sorcier. Ils n’étaient pas du même niveau que ceux qui étaient invités au bal du soir d’un Archidémon. En fait, c’était clairement une personne ordinaire. Et c’est exactement pour cette raison que la méfiance de Zagan s’était renforcée.

« Comme c’est étrange. Pourquoi un salaud comme toi est sur ce bateau ? » demanda Zagan.

« Argh, c’est, hum... » marmonna Néron en collant ses mains et sa tête contre le pont.

« Désolé ! S’il vous plaît, pardonnez-moi. Comme vous pouvez le voir, je suis un sorcier débutant, mais je n’ai aucun talent, donc je ne peux pas l’utiliser même après avoir essayé pendant toute une année ! C’est pourquoi j’aimerais que l’estimé Archidémon me prenne peut-être pour disciple ! » déclara Néron.

Un bal du soir était un endroit où les sorciers faisaient des affaires. Après que Zagan eut audacieusement établi son existence sur le bateau, il était inévitable que des sorciers se présentent pour essayer de le contacter.

Chastille plissa alors ses sourcils.

« En d’autres termes, vous êtes un passager clandestin ? Je ne suis pas vraiment du genre à parler, mais c’est assez imprudent..., » déclara Chastille.

« Je comprends que c’est irréfléchi de ma part, mais c’est tout ce que je peux faire ! » déclara Néron.

Zagan plissa brusquement les yeux. Je vois. Je comprends maintenant. Et parvenant à un accord, il hocha la tête.

« Malheureusement, je n’ai pas le temps pour prendre un disciple, » déclara Zagan.

Zagan enseigna la sorcellerie à Néphy parce qu’il voulait qu’elle ait un moyen de se protéger. A part cela, même Foll apprenait par elle-même en lisant tous les livres du château. Alors qu’il en informa Néron d’un ton dominateur, Néron s’accrocha à lui, comme s’il disait qu’ils iraient jusqu’à lécher les bottes de Zagan.

« S-S’il vous plaît, faites quelque chose ! Je porterai vos bagages, je ferai vos repas ou tout ce que vous voudrez ! Si vous le désirez, je lécherai même vos bottes ! » déclara Néron.

... Il ne pensait pas que Néron parlerait de lécher des bottes.

En regardant Néron, qui semblait sur le point de pleurer et de gémir, Néphy avait fait entendre une voix comme si elle les plaignait.

« Maître Zagan. Ne serait-il pas bien d’écouter au moins un peu ce qu’il a à dire ? » demanda Néphy.

« Ce n’est pas la peine. Ce type est — . »

Zagan entendit alors une voix criarde derrière lui, interrompant ce qu’il allait dire.

« Keeheeheehee, ce serait mieux pour vous de ne pas faire confiance à un sorcier, vous savez ? Les sorciers sont après tout tous des menteurs. »

En un rien de temps, un sorcier tout seul apparut derrière Zagan, se tenant à l’extrémité de l’étrave du navire.

Wôw... C’est impressionnant de s’approcher à ce point sans que je m’en aperçoive..., Zagan poussa un soupir d’admiration. Et avec cette silhouette sous les yeux, Néron était tombé en arrière.

« E-Eeek ? »

Au bout de la proue se tenait une vieille femme qui tenait une grande faux dans sa main. Elle portait un manteau qui ressemblait à un vieux chiffon de la tête en bas, et ses doigts rugueux et osseux portaient plusieurs anneaux avec de grosses pierres précieuses dessus. Ses bras et ses jambes étaient desséchés comme un arbre mort, et son dos était courbé. Et pourtant, la faux qu’elle tenait dans sa main était environ deux fois plus grosse que son corps. Et de sa tête, elle avait des cornes tordues comme celles d’une chèvre qui poussait.

Un fomorien, hein ? Comme c’est rare.

C’était une race dont on disait qu’elle héritait du sang des démons, et aujourd’hui une espèce plutôt rare et peu abondante, comme les elfes. Ils étaient également célèbres pour leur haut niveau de mana, qui correspondait à leur lien supposé avec les démons.

« Tu es... l’Enchanteresse Gremory, exacte ? » demanda Zagan.

Quand elle était jeune, elle avait peut-être une apparence digne d’une enchanteresse, mais... une vieille femme de cent ans... Comme elle était sorcière, elle avait probablement vécu plusieurs fois plus longtemps. Pourtant, être surnommée une enchanteresse était si cruelle que même Zagan ressentait un peu de sympathie. Mais il avait l’impression qu’elle était un peu plus jeune la dernière fois qu’il l’avait vue.

Maintenant que j’y pense, Barbatos n’a pas non plus dit que Gremory était une vieille femme..., à l’époque où il venait d’avoir Foll au château, quand Barbatos entendit parler d’une fille adoptive, le nom de Gremory était apparu. Cela aurait vraiment été très impudent de dire « menteur » si c’était le cas. Cette apparence d’une vieille femme ne semblait pas être sa silhouette réelle. C’était probablement le même système de sorcellerie que Foll qui utilisait d’habitude pour prendre la forme d’un humain. Et tout en continuant d’épauler sa faux, la vieille dame se pencha respectueusement jusqu’à la taille.

« Keehee, être reconnu par un Archidémon est extrêmement délicieux. Je m’appelle Gremory. J’ai pensé à saluer le nouvel Archidémon, » déclara Gremory.

« Je n’ai pas besoin de tes flatteries éhontées, » déclara Zagan.

« Keeheeheehee, mettre de côté un rang comme celui-là est tout à fait impressionnant, » déclara Gremory.

La vieille femme montrait ses dents jaunies en riant et en haussant la voix. Cependant, bien que la vieille femme se trouvait face à Zagan, sa conscience était concentrée sur la jeune fille sur l’épaule de Raphaël. C’était un regard qui montrait qu’elle avait découvert une sorte de trésor.

« ... As-tu des affaires à régler avec ma fille ? » demanda Zagan.

Pour les sorciers, la race des dragons était une existence extraordinairement précieuse jusqu’à la dernière goutte de sang et d’écailles. Même si elle était devant un Archidémon, il lui était possible d’essayer de les piéger.

Tandis que Zagan élevait la voix avec l’intention de la tuer si elle posait ses mains sur Foll, les épaules de la vieille femme tremblaient en riant avec un « kukukuku ».

« Ce n’est rien, je me demandais juste si les beaux papillons dont l’Archidémon s’entoure allaient être enlevés ou non. C’était juste une préoccupation. Il semble que ce n’était qu’une ingérence inutile, n’est-ce pas ? » demanda Gremory.

En murmurant cela, Gremory avait jeté un coup d’œil fixe sur Néron. Le fait que Néron se prosternait et pleurait pour gagner de la sympathie était quelque chose que Zagan savait au moins. C’est pourquoi Zagan voulait immédiatement les chasser. Jetant un coup d’œil de côté au tremblement et au cliquetis de Néron, Zagan marmonna d’une manière fatigante.

« Si tu veux montrer que tu t’inquiètes, alors fais-le-lui savoir. »

« Eeek, tu me trahis, Zagan !? »

Déplaçant le point de la conversation vers Chastille, elle s’était levée et avait poussé un cri. Chastille se recroquevillait déjà avec la vieille femme flippante sous ses yeux. Cependant, Gremory se froissa le nez comme si elle ne l’aimait pas.

« Je déteste les Chevaliers Angéliques. Comme si ça m’intéressait qu’elle meure, qu’elle vive ou qu’on la garde dans les parages, » déclara Gremory.

Et Chastille était à court de mots. Le sentiment d’affection profonde qu’elle montrait à Néphy et Foll s’était envolé quelque part et avait été remplacé par une hostilité brutale.

Si Bifrons n’avait pas convoqué Chastille ici, rien de tout cela ne serait arrivé..., Zagan avait une raison de plus de donner une bonne raclée à cet Archidémon. Et tandis qu’il était troublé par ce fait, une ombre planait sur la vieille femme.

« Mlle Gremory, c’est impoli de votre part de dire des choses aussi mesquines. »

C’était une voix jeune, comme celle d’un garçon... mais lorsque Zagan leva les yeux vers le propriétaire de cette voix, il resta sans voix. Ce qui se tenait là, c’était un grand homme avec la crinière virile d’un lion.

Ce type est... la Lame Noire Kimaris, enfin, je crois ?

En tant que thérianthrope, il n’avait pas le visage d’un humain, mais celui d’une bête avec une fourrure noire de jais. L’éclat doré dans ses yeux avait une acuité qui semblait assez terrifiante pour faire fuir le roi des bêtes et le faire courir.

C’était un géant qui égalait Raphaël en taille, et Zagan pouvait voir son corps bien musclé même sous sa robe. Et ce géant se tenait habilement au sommet de la balustrade à l’avant du bateau.

« C’est un plaisir de vous rencontrer, Archidémon Zagan. Je m’appelle Kimaris. Comme vous pouvez le voir, je suis un sorcier léonin, » Kimaris avait courtoisement salué la vieille femme, puis l’avait prise par la nuque avec ses griffes épaisses.

« Je suis désolé, Sire Zagan. Cette personne a une sale bouche, mais en vérité, c’est quelqu’un de bien. En voyant tous ces enfants de races rares comme les dragons et les elfes, elle craignait qu’ils n’aient vécu quelque chose de terrible. Pardonnez-lui, s’il vous plaît, » déclara Kimaris.

« Laisse-moi partir, Kimaris ! Je n’ai rien fait qui mérite des excuses ! » s’écria Gremory.

Le lion viril s’inclina à plusieurs reprises et défendit la vieille femme.

« Alors, vous êtes des connaissances ? » marmonna Zagan, quelque peu décontenancé.

« Oui. Bien que je puisse paraître assez féroce, je suis un peu lâche, alors je compte sur Mlle Gremory depuis un certain temps, » déclara Kimaris.

« Vraiment... ? » demanda Zagan.

D’une manière ou d’une autre, que ce soit à cause de l’impact de son apparence ou de l’apparence de sa silhouette, Zagan avait l’impression de regarder un Raphaël au cœur fragile. Si vous mettiez ce type et Raphaël dans une seule personne, vous obtiendriez un bon... Non, vous ne le feriez pas, hein ?

Cela ne produirait qu’une créature inexplicable qui était un géant au comportement lâche, au visage diabolique et à l’incapacité de dire quoi que ce soit d’autre que des choses tyranniques.

Zagan jeta un coup d’œil à la vieille femme, et elle brandissait sa faux alors qu’elle se débattait et se comportait violemment.

« J’adore les animaux ! Qui aiderait quelqu’un comme toi parce qu’il aime ça !? » s’écria la vieille.

« Mlle Gremory, si vous dites des choses comme l’amour dans cette situation, même moi, je me sentirai mal à l’aise, » déclara Kimaris.

En regardant la combinaison particulière d’une vieille femme et d’une bête, Zagan avait l’impression qu’il était complètement ridicule de s’imposer devant eux.

 

 

Si ces types devenaient des Archidémons, le monde ne deviendrait-il pas plus pacifique ? Même si Zagan n’avait pas comploté quoi que ce soit, il pensait que ces deux-là allaient protéger Néphy et Foll. Chastille ouvrit alors la bouche pour parler, comme si c’était aussi une déception.

« Comment le dire... Même parmi les sorciers, il y a des types qui dégagent de bonnes vibrations, hein ? » demanda Chastille.

« Je vous remercie beaucoup. Mais, si vous essayez de faire du mal aux autres sorciers, Mlle la Chevalière Angélique, je mettrais en jeu ma vie pour vous combattre, » déclara Kimaris.

« Eeek ! Pourquoi juste moi ? » s’écria Chastille.

Voyant la lueur dorée dans l’œil du lion s’illuminer d’une soif de sang, Chastille poussa à nouveau un cri.

Les Chevaliers Angéliques étaient après tout les ennemis naturels des sorciers.

Et, comme s’il n’avait pas d’autre choix, Zagan commença à expliquer qu’il fallait faire la médiation entre eux.

« Gremory, Kimaris, comme vous l’avez compris, cette fille est un Chevalier Angélique de l’Église, Chastille. L’un des Archanges... C’est une manieuse d’Épée Sacrée, » déclara Zagan.

Et lorsqu’il l’avait présentée ainsi, ils avaient tous les deux montré une franche hostilité à l’égard de Chastille. Cependant, Zagan avait simplement continué d’une manière indifférente.

« D’après son apparence, elle ressemble à une pleurnicharde, mais il semblerait qu’elle veuille coopérer avec des sorciers, » continua-t-il.

« ... J’ai franchement l’impression que la façon dont tu as dit ça n’a fait qu’empirer les choses, » Chastille avait poussé une voix insatisfaite, et Gremory et Kimaris avaient fait des grimaces comme s’ils regardaient un voleur véreux.

« Voulez-vous dire qu’elle abandonne l’Église et qu’elle est en train de rendre service aux sorciers ? » demanda Gremory.

« Comme on pouvait s’y attendre, même moi, je trouve cette histoire un peu trop commode, » Kimaris l’avait suivie dans ses pensées.

Ils avaient tous les deux retourné des paroles de déni comme si c’était naturel, mais Zagan s’était penché sur son verre et avait parlé comme si ce n’était pas grand-chose.

« C’est sans importance. Si un manieur d’Épée Sacrée m’obéit, alors je ne serai pas dérangé. Si elle fait quelque chose comme me trahir, je peux lui arracher la tête et la mettre de côté, » déclara Zagan.

« Il n’y a aucune chance que je te trahisse ou quoi que ce soit, hein !? » s’écria Chastille.

Comme si tout lui avait été retiré, Chastille n’avait plus aucune dignité.

Eh bien, je suppose qu’elle a le pouvoir de trancher au moins en deux les deux qui se tiennent devant elle..., Gremory et Kimaris étaient tous deux des sorciers dont les noms avaient été inscrits comme candidats Archidémon, mais si Chastille les avait sérieusement frappés avec son Épée Sacrée, même sans son Armure Sacrée, ils ne pourraient probablement même pas se battre. Après l’avoir regardée pendant un moment, Kimaris avait rétréci brusquement ses yeux dorés et parla d’une voix douce.

« Je m’inquiète aussi pour Mlle la Chevalière Angélique, mais faites attention, Sire Zagan. Vous avez l’air gentil, alors je pense qu’il y aura des gens qui essaieront d’en profiter, » déclara Kimaris.

Et celui que Kimaris regardait fixement en disant que c’était encore Néron. Néron devint si pâle et trembla si violemment qu’il avait l’impression qu’il allait se salir à tout moment. Cependant, Zagan plissa ses sourcils.

« C’est de la gentillesse, n’est-ce pas ? Je crois que ce mot n’a rien à voir avec les sorciers, et encore moins avec les Archidémons, » déclara Zagan.

« Le cœur de ressentir de l’affection pour l’autre est ce que les gens décrivent comme de la “bonté”. Sire Zagan, c’est exactement la même émotion que vous montrez à chacun de vos partisans, n’est-ce pas ? » demanda Kimaris.

Après lui avoir dit des mots aussi simples, Zagan n’avait pas pu s’y opposer.

C’est quelque chose de trop embarrassant pour que je le dise une telle honnêteté. Incapable de garder son sang-froid, Zagan avait détourné son regard en se grattant la joue.

« Ah, euh... Eh bien, j’apprécie ton avertissement. Je ferai de mon mieux pour être prudent, » déclara Zagan.

« Oui. Alors, nous allons y aller, » déclara Kimaris, puis s’était arrêtée tout en serrant encore la nuque de Gremory. Leurs silhouettes ressemblaient beaucoup à celles d’une vieille femme et de son chien bien-aimé.

Ce type... est peut-être venu ici pour protéger Gremory ?

Les émotions qu’il pointait vers cette vieille femme étaient semblables à celles que Zagan ressentait pour Néphy et Foll. Zagan avait l’impression que la raison pour laquelle Kimaris avait fait tout son possible pour venir était qu’il s’inquiétait de la sécurité de Gremory alors qu’elle parlait ainsi devant un Archidémon.

Les sorciers sont des méchants, mais peut-être que tout le monde n’a pas une personnalité brisée comme moi..., si cela se voyait à la surface, on en profiterait, alors peut-être que tout le monde gardait simplement ce côté d’eux-mêmes secret.

Zagan envisagea sérieusement à cette idée alors qu’il restait silencieux.

***

Partie 9

Après avoir écarté par Kimaris et Gremory, les épaules de Chastille se baissèrent de manière écrasante.

« ... Je pensais m’être préparée à tous ces abus, mais je suis vraiment traitée avec cruauté, » déclara-t-elle.

« C’est de ta faute d’avoir révélé que tu es un Chevalier Angélique sans raison, » répliqua Zagan.

« Ce n’est pas moi qui ai dit les mots “Chevalier Angélique”, n’est-ce pas ? » Chastille regarda Raphaël d’un air blasé en disant cela, mais le géant ne fit que hausser les épaules d’une manière insouciante.

Après cela, Zagan s’était concentré sur Néron. Peut-être parce qu’il était complètement submergé par Kimaris, Néron se cachait une fois de plus près de l’escalier et jetait un coup d’œil sur Zagan et les autres. Bien que les autres sorciers pointaient leur regard sur eux, Gremory et Kimaris avaient probablement tué leur enthousiasme. Personne n’avait l’intention d’aller parler à Zagan. Il s’arrêta donc sur une chaise voisine et fit signe à Néphy de s’approcher de lui.

« Maintenant, il semble que tous les obstacles aient disparu. Tu peux t’asseoir, Néphy, » déclara Zagan.

« Quoi... ? Je suis bien debout, » déclara Néphy.

« Alors... Chastille devrait-elle prendre ce siège ? » demanda Zagan.

« ... Je vais m’asseoir, » déclara Néphy.

Se gonflant les joues, Néphy s’était assise à côté de Zagan. À ce moment-là, Foll avait ouvert des yeux endormis alors qu’elle était encore perchée sur l’épaule de Raphaël, puis regarda vers la table près de la cabine où il y avait une série de nourriture.

« J’ai faim. Zagan, puis-je manger ça ? » demanda Foll.

Zagan hocha la tête et Foll sauta rapidement sur le pont et courut. Et puis, Raphaël s’était mis à parler.

« Dans ce cas, j’exige que tu me laisses agir à ma discrétion. C’est une bonne occasion d’évaluer les normes de ces satanés sorciers, » déclara Raphaël.

Il parlait d’une voix affreuse et substantielle qui ressemblait plus à un ordre qu’à une demande, mais il disait probablement qu’il voulait aller juger les mérites de tous les sorciers à bord.

« Je vais te l’autoriser. Fais ce que tu veux, » déclara Zagan.

« Mon seigneur a donné sa permission. Tu peux venir, Chastille, » déclara Raphaël.

« N-Non, je vais rester ici juste un peu... ! » Chastille éleva la voix de façon hystérique face à l’invitation soudaine.

« Tu ferais bien d’apprendre la technique pour comprendre cette foutue atmosphère. Si tu avais été un peu plus sage, tu n’aurais sûrement pas exposé ta vie au danger aujourd’hui, » déclara Raphaël.

Il voulait probablement dire : « Si vous ne lisez pas un peu plus l’atmosphère ici, alors Zagan vous grondera. » Et Chastille avait fait une tête maussade en réponse.

« ... C’est assez embarrassant d’être sermonné à ce sujet par vous..., » déclara Chastille.

Raphaël était celui qui avait tué près de cinq cents sorciers à cause de son discours et de sa conduite trompeuse. Ce n’était pas déraisonnable que Chastille se plaigne. C’est ainsi que, tout en faisant une tête extrêmement insatisfaite, elle avait quitté en larmes Zagan et Néphy.

Après le départ de tous les autres autour de la table, leur entourage se tut. Il semblait qu’une musique venait de se terminer, et c’était les quelques secondes de silence avant que le morceau suivant ne commence.

Le bruit des vagues du lac du soir retentissait doucement. Contrairement à la brise marine salée de l’océan qui collait à la peau, le vent soufflant sur le lac était doux et agréable. En regardant le ciel, la lune était visible à travers un trou dans les nuages.

On aurait dit qu’il y avait la pleine lune. Une lumière pâle éclairait le pont sombre, et même sans sorcellerie, il devenait possible d’avoir une vue sur tout le navire.

Il y avait un croissant de lune le soir de ma première rencontre avec Néphy, n’est-ce pas ? Même maintenant, Zagan se souvenait clairement de l’image d’elle tendant les mains vers la fine lune. En y repensant, Zagan avait appelé Néphy.

« Hmm, euh, Néphy. »

« Oui ? » demanda Néphy.

« Veux-tu t’asseoir ici ? » demanda Zagan, se laissant aller.

Qu’est-ce que je raconte !?

Tout ce qu’il voulait dire, c’est qu’il voulait être un peu plus proche d’elle... Pourtant, alors que Zagan frappait ses propres genoux, le bout des oreilles de Néphy rougissait comme si elle était troublée par sa suggestion.

« C’est... gênant de faire ça ici, » déclara Néphy.

Bien qu’il y ait eu une interruption dans la venue des sorciers qui s’approchaient d’eux pour le moment, le fait n’avait pas changé que tous leurs regards étaient tournés vers Zagan. Zagan acquiesça d’un signe de tête agité.

« O-Oh. Je le sais, » déclara Zagan.

Et alors qu’il essayait de faire un visage nonchalant, Néphy avait encore une fois gonflé ses joues.

« Maître Zagan, vous avez été un peu méchant dernièrement, » déclara Néphy.

« C’est parce que tu m’as montré toutes sortes de nouveaux visages dernièrement, Néphy, » déclara Zagan.

Il s’agissait de mots qui lui viennent directement du cœur. Après avoir reçu cette attaque-surprise, Néphy avait tourné dans un rouge vif et avait baissé les yeux.

« ... Maître Zagan, c’est injuste, » déclara Néphy.

Elle n’avait pas l’air si insatisfaite, mais elle n’arrivait pas à l’accepter. Les bouts de ses oreilles rougies se mirent à trembler d’un frémissement.

Maintenant que j’y pense, je me demande quelle sensation ont les oreilles de Néphy..., la dernière fois, quand il lui avait caressé la joue contre la sienne, elles étaient assez dures. Cependant, quand elle était détendue, il avait l’impression qu’elles semblaient molles. Ne pouvant plus cacher sa curiosité, Zagan essaya de toucher doucement l’oreille de Néphy.

« Hyaaaa ? » Le corps de Néphy trembla en poussant un adorable cri. Quant à l’oreille, elle était encore plus douce que prévu. Et pourtant, j’avais l’impression d’avoir des rougeurs et de la chaleur.

Comme elle n’est pas choquée, est-ce douloureux de le faire à l’improviste, hein ?

La dernière fois, elle aurait dû être bien plus que choquée. Une telle tension pouvait avoir un rapport avec la dureté de ses oreilles. Et pendant que Zagan faisait de telles observations, les yeux de Néphy se mirent à tourner en rond.

« Maître Zagan ? » demanda Néphy.

Cela faisait longtemps que Zagan n’avait pas entendu Néphy faire une voix aussi déconcertante. Il ne l’avait peut-être pas entendue depuis qu’elle lui avait ouvert son cœur sur le mysticisme. Grâce à cela, Zagan était revenu à la raison instantanément.

« Ah, euh... Désolée. J’étais juste curieux, » déclara Zagan.

« Curieux au sujet de... mes oreilles ? » demanda Néphy, puis, curieusement, elle toucha ses propres oreilles pointues. Et en réponse, Zagan acquiesça vigoureusement.

Dans un sens, c’est le point le plus mignon de Néphy, alors pourquoi ne le serais-je pas !?

Quand il voulait savoir comment se sentait Néphy, la première chose que Zagan regardait était ses oreilles. Ainsi, lorsqu’il regarda les réactions abondamment expressives qu’elles avaient, il était tout à fait naturel que sa beauté se multiplie. Et peut-être que ces sentiments s’étaient manifestés lorsque Néphy avait levé les yeux vers Zagan, les yeux tournés vers Zagan.

« ... Si cela vous fait plaisir, alors faites-le tant que vous le voulez, » proclama Néphy, puis rapprocha son visage de lui, présentant ses oreilles sans défense.

Est-ce que c’est vraiment bon ? Bien sûr, c’est Zagan qui avait exprimé ses pensées à ce sujet, mais il n’avait jamais pensé qu’elle dirait que c’était bien de les toucher. Après avoir pris une grande inspiration pour calmer ses nerfs, Zagan fit face à Néphy une fois de plus avec détermination.

« Alors, je les touche, d’accord ? » demanda-t-il.

« O-Oui, » déclara-t-elle.

Timidement, Zagan essaya de toucher les deux oreilles de Néphy comme s’il les enveloppait. Et ces oreilles, qui étaient teintées d’un rouge fébrile, étaient beaucoup plus chaudes qu’auparavant. Il s’était alors rendu compte de la sensation de tendresse qu’il avait entre les doigts.

Je ne sens rien comme un pouls, donc il n’y a pas d’artères, non ?

Le visage rougit de Néphy et la façon dont sa poitrine bougeait indiquait clairement que son cœur battait comme un marteau, mais que son pouls n’était pas transmis jusqu’à ses oreilles. Alors que Zagan essayait de les stimuler avec curiosité, les oreilles dans ses mains frémissaient.

Ses oreilles douloureuses devinrent alors progressivement plus dures. Il pouvait dire que la tension de Néphy s’accumulait en elle.

« Haaah... Haaaa... »

Un souffle s’échappa des lèvres de Néphy. Était-ce peut-être parce que c’était chatouilleux ? Néphy se mordait le doigt et gardait les yeux serrés fermement, avec l’intention de le supporter, mais cela ne faisait que la rendre inutilement plus envoûtante.

Qu’est-ce que c’est ? J’ai l’impression de faire quelque chose d’extrêmement obscène en ce moment... Néanmoins, Zagan voulait voir d’autres réactions de ce genre de la part de Néphy et avait glissé ses doigts de la base de ses oreilles jusqu’à leurs extrémités pointues.

« Hyaaafuuuu ? » Les yeux de Néphy s’étaient ouverts et son corps s’était arqué. Voyant des larmes couler de ses yeux, Zagan retira ses mains, paniquant.

« D-Désolé. Ça t’a fait mal ? » demanda Zagan.

Et pendant qu’il était tout paniqué, Néphy secoua la tête.

« Non, ce n’est pas grave. C’est la première fois qu’on me touche dans un tel endroit, alors..., » répondit Néphy.

« Je-Je vois... »

Il semblait que Néphy ait été déconcertée par une première sensation.

En y réfléchissant bien, les oreilles sont sensibles même pour les humains, n’est-ce pas ?

Zagan aurait refusé tout de suite si quelqu’un lui avait demandé de le toucher. Et en pensant à la façon dont Néphy lui avait laissé toucher une partie si précieuse de son corps, il avait commencé à se sentir un peu bizarre. Incapables de se regarder directement dans les yeux, les deux détournèrent leur visage.

« Hein ? » Et puis, tous les deux avaient finalement remarqué que leur petit échange était surveillé par tout le monde sur le pont. La sirène du groupe musical avait même oublié de chanter et avait la bouche bée. Chastille essayait d’obtenir de la nourriture et avait sa fourchette vide qui était maintenant dans les airs. Raphaël se servait de son grand corps pour bloquer la ligne de visée de Foll. Foll piétinait violemment comme si elle était incroyablement mécontente. Kimaris et Gremory détournèrent le regard comme s’ils n’étaient plus capables de regarder cette scène.

Zagan et Néphy s’étaient ensuite séparés l’un de l’autre avec une vigueur extrême. Et tout en éventant rapidement son visage de sa main, Néphy murmura quelque chose en chuchotant à voix basse.

« ... La prochaine fois, euh, s’il vous plaît, faisons ça... quand nous serons seuls... »

Plutôt que de dire qu’il y avait un problème à les toucher à nouveau, Zagan comprit ses paroles comme signifiant qu’elle voulait qu’il le fasse à nouveau.

« Fuwah ? »

Tandis que Zagan se retournait, Néphy avait le visage détourné et elle se couvrait les oreilles, mais ce qu’il pouvait voir d’eux à travers les espaces entre ses doigts était teint en rouge vif.

Donc, elle ne détestait pas vraiment ça... ?

Cependant, Zagan serait-il vraiment capable de garder son sang-froid habituel après avoir été témoin d’une telle réaction ? Il semblait qu’elle n’était pas si insatisfaite qu’on lui ait touché les oreilles, mais cela dit, la question de savoir si elle accepterait d’autres actes était une tout autre histoire.

... Attends ! je ne lui ai pas dit « je t’aime » jusqu’à présent, n’est-ce pas ?

Comme on pouvait s’y attendre, l’ordre des événements était plutôt rétrograde. Et pendant que Zagan s’inquiétait sans cesse de ses erreurs, Néron se frotta les mains l’une contre l’autre, se rapprochant de lui.

« Eheh, eheheheh! Je vois que le Seigneur Zagan et Lady Néphy ont une relation harmonieuse. Ah, votre verre est vide, vous savez ? Dois-je le remplir pour vous ? » demanda Néron.

Il semblait que Néron n’avait pas encore abandonné. Après avoir pris une bouteille de vin sur la table, Néron avait commencé à remplir délibérément le verre de Zagan.

Cependant, Zagan avait simplement fait un visage clairement mécontent en réponse.

« Je n’en ai pas besoin. Dégage tout de suite, » déclara Zagan.

« Laissez-moi faire. Tout ce que je veux, c’est vous rendre service. Oui, vous pouvez simplement me considérer comme un épouvantail ou quelque chose comme ça ! » déclara Néron.

... Comme c’est honteux. Dois-je le frapper ?

Cependant, après s’être donné la peine de créer une ambiance paisible avec Néphy, il ne voulait pas faire quelque chose d’aussi grossier. Et pendant que Zagan gémissait à ce sujet, Néphy tournait timidement la tête vers lui.

Elle regarda Néron un instant et, pensant peut-être que c’était pitoyable de les chasser, elle ouvrit résolument la bouche pour parler.

« Maître Zagan. Il y a quelque chose... dont j’aimerais vous parler, » déclara Néphy.

Rien qu’en entendant cela, Zagan pouvait immédiatement dire que c’était à propos de ce qui s’était passé à Kianoides l’autre jour. Elle était restée silencieuse et n’en avait même pas parlé à Zagan, mais il semblait qu’elle avait finalement envie de s’ouvrir à lui.

« Vas-y, continue. Je veux l’entendre, » déclara Zagan.

Après qu’il lui ait hoché la tête, Néphy avait poussé un soupir comme si elle était soulagée. Et puis, elle avait fait une expression déterminée quand elle avait commencé à parler.

« Maître Zagan, c’est à propos de ce qui s’est passé l’autre jour. Quand je suis allée à Kianoides avec Foll, nous avons été attaqués par une certaine personne, » déclara Néphy.

« ... Un subordonné de Bifrons ? » demanda Zagan.

« Je ne... sais pas vraiment. Mais, je crois qu’il est peut-être un peu différent d’un sorcier, » déclara Néphy.

« Ce n’était pas un sorcier ? » demanda Zagan.

Cependant, d’après la façon dont Néphy l’avait formulé, ce n’était pas non plus l’œuvre d’un Chevalier Angélique.

Et juste au moment où il attendait ses prochaines paroles...

« Hein... ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Brouillard ? »

Une brume blanche se précipita sur les pieds de Zagan et enveloppa la zone. Cela repoussait le clair de lune, alors que ses mouvements ressemblaient même à ceux d’une bête massive. Le brouillard gonfla en un éclair, et tout ce qui se trouvait au-delà du souffle de Zagan avait été complètement teint en blanc sous ses yeux.

Avant que Zagan puisse écouter tout ce que Néphy avait à dire, un événement mystérieux avait soudain commencé.

***

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Un commentaire

  1. Merci pour le chap ^^

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