Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 3 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Je vais me fâcher même si celle qui a levé la main contre ma fiancée est une belle fille

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Chapitre 1 : Je vais me fâcher même si celle qui a levé la main contre ma fiancée est une belle fille

Partie 1

« ... Comme je le pensais, ça ne marchera pas comme de la sorcellerie, hein ? » déclara Zagan.

Le soir. Dans les archives du château de Zagan. Zagan gémissait en regardant un bout de papier qui possédait un mystérieux motif dessus. C’était semblable à un circuit de sorcellerie, mais c’était différent.

Les symboles normaux utilisaient des circuits formés en lignes droites et en cercles comme thème de base, et chaque forme individuelle n’était pas si compliquée. En fait, beaucoup d’entre eux pourraient être enfilés ensemble d’une telle façon et inclus dans un cercle magique sous n’importe quelle forme. Cependant, les symboles sur le bout de papier n’utilisaient que des lignes qui se tordaient comme des serpents, et non seulement ils n’utilisaient pas de lignes droites, mais ils utilisaient souvent des points.

On aurait dit que beaucoup de lettres étaient réunies, mais si c’était le cas, il ne pouvait pas du tout dire où les délimiter, ou si elles n’étaient qu’une seule lettre, ou même si c’était une certaine forme de vocabulaire.

C’était quelque chose que Zagan avait copié de la gravure sur la grande épée placée debout devant ses yeux. Au sommet d’un sinistre piédestal sculpté dans l’obsidienne se trouvait une épée d’une beauté indigne. Et des symboles pâles étaient gravés le long de sa lame d’un blanc pur. C’était une Épée Sacrée.

Il faisait partie d’une série d’objets utilisés par l’Église pour détruire le roi des démons, et était aussi leur plus grande arme contre les sorciers. En plus, c’était un symbole de leur pouvoir. Il n’y en avait que douze, et l’une de ces Épées Sacrées était entre les mains d’un roi parmi les sorciers, l’Archidémon Zagan.

Si ce fait était rendu public, l’équilibre du pouvoir entre les sorciers et l’Église s’effondrerait sûrement. S’il menaçait l’Église en se basant sur ce fait, alors il pourrait probablement le confier à une personne influente pour y accumuler une fortune. C’était vraiment un trésor qui pouvait ébranler le monde.

Quant à la grande Épée Sacrée en question, Zagan avait pris un marteau de la table dans sa main et essaya de le frapper contre la lame sans le moindre signe de respect. Voyant que la lame était ébréchée par l’impact, il pouvait dire que la résistance du métal lui-même n’était pas si grande. Si le cardinal qui idolâtrait l’Épée Sacrée voyait cette action, il ferait probablement une crise cardiaque. Mais pour le dire franchement, la personne en question était déjà sous une pierre tombale.

Tout en enquêtant sur l’Épée Sacrée, Zagan avait essayé de vérifier l’effet des symboles en eux-mêmes en les insérant dans un cercle magique, mais il avait été incapable d’activer une sorte de pouvoir.

Y a-t-il quelque chose comme un ordre d’activation ? Ou est-ce qu’un rituel est nécessaire ? Ou peut-être que le simple fait de l’écrire requiert un pouvoir particulier ?

Pour le moment, Zagan avait compris quels étaient les matériaux utilisés pour les peindre et avait utilisé la même chose, mais ils semblaient sans rapport. Et, comme incapable de cacher sa fatigue, Zagan se frotta les yeux et regarda sa main droite.

Un sceau gravé par le mana était alors remonté à la surface de sa main. L’Emblème de l’Archidémon... C’était la preuve de son statut qui contenait un mana énorme en lui.

Zagan avait deux buts. L’un était de trouver un moyen de tuer les démons, et l’autre de trouver une méthode pour détruire l’Emblème de l’Archidémon.

Sans un moyen de briser ce truc, je ne pourrai pas tuer les douze autres Archidémons.

La raison pour laquelle il enquêtait sur l’Épée Sacrée était que les armoiries gravées dessus ressemblaient à celles de l’Emblème de l’Archidémon. Toutefois, il n’avait pas eu d’autre choix que d’admettre que les résultats de son enquête n’avaient pas été favorables.

Zagan claqua des doigts en s’irritant.

« Raphaël, tu es là ? » demanda-t-il.

« M’as-tu appelé ? » Un majordome était apparu de nulle part, vêtu d’une queue-de-pie avec une armure placée autour de son bras gauche. Même dans le meilleur des cas, cet homme avait un visage effrayant, et en plus, il avait une horrible cicatrice gravée en travers de la joue jusqu’à son front qui lui donnait un air diabolique. Il semblait avoir plus de cinquante ans, mais de sa colonne vertébrale parfaitement droite à son corps tempéré, on ne sentait pas du tout qu’il s’était émoussé avec l’âge.

Ce n’était vraiment pas si surprenant. Cet homme était un ancien archange qui avait tué 499 sorciers. Ayant perdu son bras gauche, il portait une armure artificielle, mais ses véritables capacités étaient toujours aussi fortes. Un mois s’était écoulé depuis que lui et Foll avaient fini par vivre dans le château de Zagan.

 

 

Zagan montra du doigt l’Épée Sacrée posée sur le piédestal.

« Raphaël, tu as dit que même toi, tu ne comprends pas les symboles de cette épée, n’est-ce pas ? » demanda Zagan.

« J’ai le regret de dire que c’est exactement comme tu le dis, » répondit Raphaël.

« Montre-moi un peu de son pouvoir. » Sans aucune hésitation, Zagan ordonna à l’ancien Archange qui tenait le plus haut compte de sorciers morts par sa main de l’histoire. Après que Raphaël ait retiré l’Épée Sacrée du piédestal d’obsidienne, il prononça calmement son nom.

« Écoutez mon appel — Épée Sacrée Metatron. »

Alors qu’il l’appelait, l’Épée Sacrée s’était revêtue d’une flamme pâle. C’est la Flamme de la Purification qui aurait jadis abattu le roi des démons. En touchant cette flamme, toute sorcellerie allait perdre son pouvoir sans exception. Et même un Archidémon n’était pas à l’abri de ce destin.

Le fidèle majordome avait saisi l’Épée Sacrée à deux mains et frappa Zagan sans hésitation. Avec un cliquetis, de minuscules étincelles se répandirent, et l’épée vêtue de feu s’arrêta devant Zagan.

J’ai saisi une Épée Sacrée et même son manieur. Il n’y a aucune aide que je ne mettrai pas à profit, pensa-t-il. Un cercle magique élaboré et compliqué se dressa devant Zagan qui pensait à sa bonne fortune.

« ... Hmm. Comme je le pensais, le pouvoir ne vient pas de la lame. On dirait que ces armoiries me rappellent quelque chose, » déclara Zagan.

L’épée elle-même n’était faite que de métal dur. Ce qui en avait vraiment fait une Épée Sacrée, c’était les armoiries gravées dessus. Il n’y avait pas eu d’erreur sur ce point, mais...

D’une façon ou d’une autre, je ne sais pas du tout comment ça marche...

Ce n’était pas compliqué de la même façon que les circuits de sorcellerie. Non, on aurait même dit qu’il s’agissait d’un simple sort d’une seule phrase, mais le principe qui le sous-tend avait échappé à Zagan. Même après avoir fait des pieds et des mains pour que le propriétaire effectue cette démonstration, il était toujours dans une situation difficile.

Bien qu’il soit le plus jeune sorcier à obtenir le titre d’Archidémon de l’histoire, sa confiance en tant que sorcier avait été anéantie. Ainsi, Zagan poussa un soupir quand il ouvrit la bouche pour parler.

« Bon travail. C’est assez, » déclara Zagan.

« Comme tu le souhaites, » s’exclama Raphaël. Et puis, en regardant Zagan, qui semblait être à bout de souffle, il poursuivit : « Mon seigneur, as-tu aussi des difficultés à éclaircir les mystères de l’Épée Sacrée ? »

« C’est vrai. Écoute, il ne semble pas y avoir d’erreur sur le fait que ces choses sont des lettres, mais elles semblent provenir d’une tradition complètement perdue, » expliqua Zagan. « Elles ne ressemblent à aucune lettre existant actuellement, et semblent également avoir une structure différente de celle des circuits. »

Une tradition perdue signifiait des traditions et des cultures qui avaient été réduites au néant. Évidemment, s’il n’y avait plus personne pour le transmettre, il ne serait même pas laissé dans les livres. L’Église gérait la distribution des Épées Sacrées, mais même eux ne comprenaient pas la signification du motif de ces symboles.

Reconstruire de telles informations prendrait de nombreuses années à un expert, de sorte que même si Zagan était le plus jeune sorcier de l’histoire à devenir un Archidémon, ce n’était pas quelque chose qui pouvait être fait rapidement. Trouvant cela ennuyeux, Zagan regarda fixement l’Épée Sacrée que Raphaël tenait en main.

« Honnêtement, c’est à un point tel qu’il est beaucoup plus convaincant de penser à cette épée comme à un être vivant appelé “Épée Sacrée”, » déclara Zagan.

Zagan s’était concentré sur la partie qu’il avait frappée avec un marteau plus tôt. Il aurait certainement dû être ébréché, mais au lieu de cela, elle avait semblé parfaitement aiguisée. Il semblait que l’épée avait la capacité de se réparer toute seule. Le majordome acquiesça d’un signe de tête et répondit.

« Je vois. Nous ne savons pas non plus si c’est forcément faux, » déclara Raphaël en levant son Épée Sacrée en disant cela, puis en rajoutant : « Les Épées Sacrées choisissent leurs porteurs. Même lorsque je touche cette épée, en de rares occasions, j’ai senti quelque chose ressembler à une volonté. De plus, bien qu’il s’agisse de la même arme, on dit que la façon dont sa puissance est affichée diffère selon le porteur. »

« Maintenant que tu le dis, la tienne est en flamme et celle de Chastille est de lumière, hein ? » déclara Zagan.

Ce n’était pas comme si l’une surpassait l’autre ou quoi que ce soit d’autre, mais cela aurait pu signifier que les attributs des épées avaient été modifiés pour correspondre à ceux de leur manieur. Et ce qui avait décidé de ce que c’était était probablement la « volonté de l’Épée Sacrée » dont parlait Raphaël.

Si elle avait une volonté, cela signifiait qu’il était possible de la considérer comme quelque chose de plus proche d’un être vivant sous la forme d’une épée.

Cependant, puisqu’elle avait la forme d’une épée, alors il devrait y avoir un créateur original.

Une épée était faite pour être maniée par les individus. Et s’il y avait quelqu’un qui les fabriquait, il existait une méthode de fabrication à un moment donné.

« Plutôt que d’analyser l’épée elle-même, il serait peut-être plus réaliste d’examiner cette option, » déclara Zagan.

Bien sûr, il y avait beaucoup de choses qui étaient claires en enquêtant sur les Épées Sacrées. En comparant avec les informations contenues dans les livres du Palais de l’Archidémon, Zagan avait découvert que ces lettres étaient autrefois appelées Célestian. Elles semblaient être les lettres utilisées par la divinité depuis les temps anciens, mais on disait qu’elles provenaient du commencement de ce monde et qu’elle avait été perdue depuis très longtemps.

C’était une langue totalement inconnue. Le sens et même la prononciation n’étaient pas clairs, il serait donc difficile d’obtenir plus d’informations à ce sujet. Tandis que Zagan se perdait dans ses pensées, Raphaël avait finalement remis l’Épée Sacrée sur le piédestal.

« Est-il temps que je te rende l’Épée Sacrée ? » demanda Zagan.

« Si je dois l’exercer, tu peux me l’ordonner, » déclara Raphaël.

Et pendant qu’ils parlaient de ces choses... Le front de Zagan s’était plissé.

La barrière de Kianoides s’est-elle activée ? La barrière qu’il avait préparée dans le cas où la bataille éclatait en ville pour réparer les dommages causés aux bâtiments s’était automatiquement activée. Il l’avait fait pour qu’il réagisse même si Néphy ou Foll se battaient aussi, alors...

Zagan avait sauté sur ses pieds quand de telles pensées lui étaient venues à l’esprit.

« On en reparlera plus tard. Il semble que quelque chose se soit passé proche de Néphy et Foll, » déclara Zagan.

Et alors qu’il affichait une expression assez grave, Néphy et Foll n’étaient revenues saines et sauves qu’un instant plus tard.

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Partie 2

« Que s’est-il passé ? » Après avoir regardé les visages de Néphy et Foll à leur retour, l’expression de Zagan était devenue encore plus sombre. Pour l’instant, elles ne semblaient pas être blessées. Grâce au cercle magique de Kianoides qu’il avait mis en place à l’activation d’attaques, leurs vêtements ne montraient non plus aucun signe de déchirure ou de saleté. C’était le genre de personnes qui ne montraient pas beaucoup d’émotion sur leurs visages, alors elles avaient l’air normales au premier coup d’œil.

Après tout, ma barrière ne peut pas guérir les blessures des êtres vivants, pensa-t-il.

Comme Zagan s’était spécialisé dans la sorcellerie qui allait améliorer son propre corps physique, il ne pouvait pas faire que la barrière guérisse les blessures des autres. Dernièrement, le nombre de personnes qu’il devait protéger s’était soudainement multiplié, alors il songeait sérieusement à étudier et à corriger ses faiblesses.

Cependant, même sans blessures, la façon dont Foll ne voulait pas lâcher la main de Néphy et la façon dont les oreilles de Néphy s’affaissaient d’une manière hagarde montraient clairement que quelque chose était arrivé. Et tandis que Zagan les regardait fixement, attendant leur réponse, la première à ouvrir la bouche fut Foll.

« Zagan, tu sais..., » cependant, alors qu’elle essayait de dire quelque chose, Néphy lui serra avec force sa main. « ... Ce n’est rien du tout. »

Il semblerait que Néphy ne voulait pas en parler... ou plutôt, elle ne voulait pas qu’on en entende parler.

Pour l’instant, je vais chercher le coupable et l’étrangler à mort.

Il y avait des témoins dans la ville, donc ce ne serait pas si difficile de suivre leurs traces. Cependant, c’était quelque chose qu’il pourrait faire plus tard. Pour l’instant, il devait d’abord faire quelque chose. Zagan avait commencé par s’accroupir devant Foll, faisant correspondre sa ligne de mire.

« Foll, tu vas bien ? » Zagan croyait qu’il lui était arrivé quelque chose. Et comme il lui demandait cela, Foll lui fit un petit signe de tête.

« ... Je vais... bien, » répondit Foll, regardant Néphy d’un air inquiet. Zagan brossa doucement la tête de Foll.

« Dieu merci. Raphaël a commencé à préparer le dîner dans la cuisine. Dis-lui d’aller te chercher du jus de fruits. Tu l’as mérité, » déclara Zagan.

En disant cela, Zagan regarda Raphaël, et le vieux majordome avait senti ce que Zagan voulait dire et il hocha la tête.

« Alors, viens avec moi, Foll. J’ai acquis des fruits frais. Je les réduirai en déchets broyés comme tu le souhaites, » déclara Raphaël.

Il ne peut pas dire : « Je vais te faire ce jus que tu aimes »... ?

Le majordome avait fait un sourire diabolique, comme pour dire qu’il allait détruire toute une ville, ce qui avait fait que Zagan lâcha un soupir. Néanmoins, Foll s’y était aussi habituée.

« Hmm..., » après avoir lâché à contrecœur la main de Néphy, Foll avait suivi Raphaël dans la cuisine. Attendant qu’il ne puisse plus la voir de dos, Zagan leva les yeux vers Néphy tout en s’accroupissant.

« Ah... Hum, comment dire... ? Si c’est maintenant, personne ne t’entendra à part moi..., » Zagan laissa maladroitement son regard vagabonder tout en murmurant cela, et Néphy plaça ses yeux vers le bas.

« Toutes mes... excuses..., » Néphy s’était excusée, même si elle n’en avait pas besoin.

Alors c’est vraiment dur d’en parler, hein ? pensa Zagan.

Si c’était quelque chose dont elle ne voulait même pas parler à Zagan, alors au moins, ça devait être choquant, ce qui l’avait amené à s’en inquiéter d’autant plus. Cependant, il savait qu’il serait malavisé d’essayer de la forcer à divulguer l’information.

Mais alors, que pouvait-il faire ? Néphy était une personne plutôt réservée au fond, et Zagan était aussi faible en conversation. Jusqu’à ce jour, il ne lui avait toujours pas transmis les mots « Je t’aime ». Comme ils étaient tous les deux comme ça, ils avaient appris à ressentir ce que l’autre disait par des gestes et des changements d’expression, mais Zagan était complètement incapable de ressentir ce qui s’était passé. Pourtant, Zagan n’était pas un Archidémon si faible en volonté qu’il se retirerait juste parce qu’il ne pouvait pas comprendre.

Si elle n’est pas prête à partager, alors je vais me taire et la réconforter jusqu’à ce qu’elle le soit !

Une fois, alors qu’il se sentait déprimé, Néphy l’avait laissé utiliser ses genoux comme oreiller. Et pour une raison ou une autre, son cœur s’était retrouvé à l’aise. C’est certainement ce que l’on ressentait lorsqu’on se sentait « réconforté ». Après avoir réfléchi aussi loin, Zagan secoua la tête dans le déni.

Calme-toi. Franchement, comment suis-je censé lui faire utiliser mes genoux comme oreiller dans cette situation !? D’ailleurs, ce n’était pas parce qu’il était heureux que Néphy ait fait cela qu’il aurait pu faire la même chose pour elle et obtenir le même résultat.

Zagan y avait désespérément réfléchi. En regardant Zagan le faire, Néphy murmura d’une voix chuchotée.

« Maître Zagan, la vérité est que..., » commença Néphy.

Je vois. Je dois juste trouver une situation où elle peut avoir un oreiller à genoux, n’est-ce pas ? Zagan avait eu la révélation d’une idée géniale et n’avait pas réalisé que Néphy avait commencé à dire quelque chose.

« Écoute-moi, Néphy, détends ton corps, » déclara Zagan.

« Euh, ah, oui. » Alors même que ses oreilles frémissaient d’étonnement, Néphy fit ce qu’on lui disait et laissa diminuer la force dans ses épaules. Après vérification, Zagan prit Néphy et la souleva dans ses bras. Il effectuait, semblait-il, une « portée de princesse ».

« Eu-Euh ? Hein ? » Néphy fit entendre une voix déconcertée alors que ses oreilles pointues devenaient rouge vif. Et avec l’anxiété de ses pieds qui ne touchaient plus le sol, Néphy enlaça le cou de Zagan par réflexe. Deux renflements avaient pu être identifiés même à travers le tablier et la robe d’une seule pièce alors qu’elle poussait contre lui.

Elle est douce, ou devrais-je dire légère... Plus important encore, quelle est cette odeur agréable !? Zagan se déplaça involontairement la tête en arrière et faillit tomber, mais ainsi, il commença à marcher vivement avec Néphy toujours dans ses bras comme si ce n’était rien.

« Argh, ohhhh... »

Néphy émettait des bruits incohérents, mais Zagan avait déjà perdu tout sens de la réalité à cause du choc et était incapable de lui répondre.

Pour l’instant, Zagan savait qu’il avait fait une erreur, mais il était beaucoup trop déterminé pour abandonner si tôt.

***

Partie 3

Il s’était avéré que l’endroit où Zagan s’était rendu était les archives. Plutôt que la salle du trône, c’est plus exigu et confortable ici.

Comme il est difficile d’être vu de l’extérieur, cela serait probablement efficace pour régler son état d’esprit. Bien qu’il soit un peu tard, Zagan s’était rendu compte que les archives étaient un endroit commode pour pouvoir être seul.

Et peut-être parce qu’elle avait complètement perdu la tête à cause du choc, Néphy était restée comme elle était et avait laissé Zagan faire ce qu’il voulait.

... Non, elle était peut-être complètement hébétée, en vérité. Ses yeux s’agitaient follement, et elle s’accrochait au cou de Zagan tout le temps.

Ah, mais elle ne peut pas utiliser mes genoux comme oreiller ici.

En plus du fait que les archives dépassaient leur capacité maximale en livres. Zagan, et même Foll, utilisaient fréquemment l’endroit, de sorte que les tomes s’empilaient sur le sol. Ce n’était pas si mal, mais il n’y avait pas vraiment d’espace pour s’allonger.

Après s’être un peu inquiété de cela, Zagan s’était tenu sur place tout en portant encore Néphy. En tant que sorcier, Zagan ne se sentait pas du tout fatigué de porter une fille légère comme elle. Pourtant, plutôt que de se tenir debout, il pensait que Néphy serait plus soulagée s’il était assis...

Malheureusement, un silence inconfortable régnait dans toute la salle.

Peu de temps après, Néphy l’interrogea d’une voix très perplexe. « E-Euh, Maître Zagan, qu’est-ce que c’est que ça !? »

Je ne le sais pas non plus ! Même s’il était censé réconforter Néphy, il ne savait plus quoi faire. Et comme s’il glissait sur son malaise, l’un des talons de pieds de Zagan avait retenti.

Le livre qu’il avait commencé à lire, qu’il avait laissé au sommet d’une table, flottait tout seul et s’envolait pour se placer devant Zagan.

« Il est encore temps d’attendre le dîner... Je vais continuer à lire. »

C’est ainsi qu’il avait fini par créer un espace extrêmement incompréhensible où il lisait avec la fille qu’il aimait assise sur ses genoux. Pourtant, curieusement, il n’avait senti aucun signe que Néphy n’appréciait pas ça.

Peu de temps après, Néphy semblait incapable de supporter son embarras et commença à se tortiller avec de légers mouvements, mais comme Zagan l’enlaçait dans ses bras avec un livre ouvert devant lui, elle ne pouvait pas se lever de ses genoux.

Et après ça, peut-être après s’être résignée à son sort, Néphy corrigea légèrement sa posture sur les genoux de Zagan. Et puis, sans se retourner pour regarder Zagan, elle avait commencé à murmurer comme si elle se parlait à elle-même.

« Euh, Maître Zagan, à propos de ce que j’essayais de dire tout à l’heure..., » déclara-t-elle.

« ... Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Zagan.

Quoi qu’il en pense, Néphy essayait d’entamer une conversation sérieuse. Mais leur configuration actuelle était-elle vraiment la bonne façon de l’écouter ? Il n’était pas sûr, mais il avait aussi l’impression que ce ne serait pas bon de laisser Néphy tout de suite loin de lui.

Le simple fait de hocher la tête en retour lui demandait tant efforts alors que Zagan se débattait en pleine agonie sur ces questions. Et qu’elle connaisse ou non l’état mental de son seigneur, Néphy avait sorti une lettre de sa poche.

« Dans la ville de Kianoides, une certaine personne me l’a remise, » déclara-t-elle.

Alors c’est le coupable qui a bouleversé Néphy !?

La quantité d’informations que l’on pouvait tirer d’une lettre ne s’arrêtait pas à son simple contenu. En analysant la calligraphie, on pourrait chercher à savoir qui était la personne en question. De la qualité du papier et de la forme de la papeterie, on pouvait trouver les particularités de l’endroit où ces marchandises étaient distribuées et même où elles étaient obtenues. De plus, le simple fait d’avoir à tenir un instrument d’écriture avec la main avait fait en sorte que la personne en question n’avait d’autre choix que de toucher directement la lettre. Et quand ils l’avaient fait, ils auraient laissé une trace de mana dessus sans exception.

Le fait est que Zagan n’aurait aucun mal à trouver le coupable avec un seul morceau de papier à lettres. Déplaçant son regard sur le papier qui ne comprenait qu’une seule page, Zagan louchait des yeux.

« Une invitation à un bal du soir... Quoi ? » De plus, l’expéditeur était Archidémon Bifrons.

Bifrons... C’est le prochain plus jeune Archidémon, non ?

Jusqu’à ce que Zagan devienne un Archidémon, ce sorcier était le plus jeune de l’histoire à le faire. Et il s’était avéré que cet Archidémon Bifrons était l’individu qui avait perturbé Néphy. Tandis que Zagan luttait pour endurer sa colère furieuse face à ce fait, Néphy inclina légèrement sa tête sur le côté.

« Un bal du soir... c’est ça ? » demanda-t-elle.

« Je vois. Tu n’es toujours pas au courant de ces trucs, hein, Néphy ? C’est un peu comme un rassemblement social de sorciers, » déclara Zagan.

Il pensait que l’image des sorciers, dont on disait qu’ils n’avaient rien d’autre que leurs propres recherches dans la tête, et d’un rassemblement social s’était heurtée, mais cela ne pouvait pas être plus loin de la vérité.

« La recherche coûte de l’argent. Et il est aussi possible de savoir que vous voulez être monopolisé par un autre sorcier. De tels rassemblements sont donc l’endroit idéal pour que les sorciers se rencontrent et échangent, » déclara-t-il.

« Et Maître Zagan, vous avez été invité à une telle chose ? » demanda Néphy.

« Je ne le saurai pas si je ne jette pas un coup d’œil à l’intérieur, » déclara-t-il.

En pensant qu’il s’agissait d’une invitation écrite par un Archidémon, il soupçonnait qu’il y avait une sorte de piège, mais il s’était avéré qu’il n’y avait aucun signe qu’un charme avait été jeté sur le papier. Alors, il n’y avait probablement aucun danger à l’ouvrir.

Tandis que Zagan tapait à nouveau avec son talon, le tiroir de la table s’était ouvert, et un couteau placé à l’intérieur avec un fourreau ornemental élaboré flotta vers eux. Le couteau dériva alors dans l’air de façon instable et s’installa dans les mains de Néphy.

« Ouvre-le et jettes-y un coup d’œil, » demanda Zagan.

« D’accord, » déclara-t-elle.

S’étant peut-être déjà habituée à la situation... ou plutôt, ayant quelque chose en elle qui s’était engourdie, Néphy avait répondu de sa voix monotone habituelle et avait brisé le sceau du papier à lettres avec le couteau. Après cela, une seule carte était tombée depuis l’intérieur de l’enveloppe.

« Lis-le à voix haute pour moi. » Zagan pensait qu’il serait bien qu’il lise la lettre lui-même, mais il avait supposé qu’en la faisant parler, il lui remonterait le moral.

... Il voulait aussi entendre la voix de Néphy.

Néphy acquiesça d’un signe de tête comme si elle n’en doutait pas du tout.

« D’accord. “Cher Archidémon Zagan, dans le but d’approfondir ma relation avec vous, mon nouveau camarade, j’ai pensé à tenir un bal du soir. PS”... Hein ? » Et là, la voix de Néphy s’arrêta. Zagan l’avait ensuite interrogée à ce sujet d’une voix aussi douce que possible.

« Qu’est-ce qu’il y a... d’écrit là ? » demanda-t-il.

« ... “P.S., j’aimerais inviter tous les habitants concernés de votre château. Archidémon Zagan, l’elfe blanche, Mlle Néphélia, Mlle Valefor, l’ex-archange Raphaël Hyurandell, et aussi, la belle ancienne servante, la Vierge de l’Épée Sacrée, Mlle Chastille Lillqvist,” » avait lu Néphy.

Même Zagan avait poussé un gémissement en entendant ça.

Ce qui veut dire qu’ils nous surveillent depuis un bon moment, hein ?

Ils savaient que Chastille avait été une servante au château, même si cela n’avait été que pour quelques jours, et il avait même une idée de la véritable identité de Foll. Dans tous les cas, il était logique de supposer que cet Archidémon les avait sous surveillance depuis plus d’un mois.

Néphy continua alors d’une voix tremblante.

« “J’implore les cinq personnes susmentionnées de bien vouloir passer chez moi. J’attends une réponse favorable. Archidémon Bifrons.” » Et avec ce nom, ainsi que l’heure et le lieu du bal, la lettre d’invitation avait pris fin.

Les treize Archidémons, hein ? Lorsqu’il affronta les Archidémons pour la première fois, Zagan avait eu peur. Ne voulant pas laisser Néphy dans un endroit où elle serait impliquée avec de tels monstres, il avait même essayé de la tenir loin de lui.

C’était le souvenir d’une défaite inesthétique et misérable. Mais quand même, Zagan ricana en élevant la voix.

« C’est une invitation provocante, » déclara-t-il.

L’entendant élever sa voix qui semblait ravie, Néphy tourna la tête avec surprise. Et comme Zagan avait finalement aperçu son visage, il avait remarqué que ses oreilles se relâchaient comme si elle était secouée.

« Maître Zagan, avez-vous l’intention d’y aller ? » demanda-t-elle.

Zagan avait incliné la tête sur le côté.

« Un Archidémon a fait tout son possible pour envoyer une invitation personnelle. Il n’y a aucune raison de ne pas se conformer, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

En tout cas, ce sont des adversaires qu’il faudra bien que j’écrase. Quelle différence de pouvoir y avait-il entre les autres Archidémons et Zagan ? C’était certainement une bonne occasion pour lui de s’en rendre compte. Par-dessus tout, Zagan devait leur apprendre à quel point cela ne servait à rien de faire de lui un ennemi.

La raison pour laquelle il avait organisé un festival de sang pour tout intrus ignorant était dans ce but précis, donc même si son adversaire était un Archidémon, cela ne changerait pas. Au contraire, précisément parce qu’il s’agissait d’Archidémons, il devait leur faire comprendre clairement, faute de quoi ce genre d’événements ne ferait que se répéter.

En entendant cela, Néphy avait ouvert ses yeux et sa bouche pour parler avec hésitation.

« Je suis bien consciente qu’il est impertinent de ma part de dire cela, mais... ne pensez-vous pas... que c’est quelque chose comme un piège ? » demanda Néphy.

« Hein... ? N’est-ce pas évidemment un piège ? » demanda Zagan.

Zagan préférerait que quelqu’un lui dise s’il y avait d’autres possibilités. Le fait que Zagan chérisse Néphy plus que sa propre vie était quelque chose que les autres Archidémons savaient déjà. En plus d’aller jusqu’à utiliser la pire méthode de provocation pour monter une attaque contre Néphy, envoyer une lettre d’invitation, c’était comme lui dire poliment : « On te tend un piège, mais ne fuit pas, d’accord ? »

« Alors... Alors... » Les oreilles de Néphy tremblaient comme si elle ne pouvait cacher sa perplexité.

Je vois. Elle vient de vivre une expérience terrible, donc ça doit être terrifiant pour elle.

Zagan essaya de sourire pour donner à Néphy une certaine tranquillité d’esprit, mais il était conscient que son sourire avait l’air méchant. Il voulait lui caresser la tête, mais c’était une étrange façon de la réconforter, et les deux mains de Zagan étaient de toute façon déjà occupées. Néphy était déjà sur ses genoux, alors il ne pouvait pas non plus utiliser ses pieds pour l’encourager.

Alors, comment suis-je censé la rassurer ? Dans ces moments-là, Zagan ne savait que trop bien qu’il n’était pas capable de prononcer les mots appropriés. Cela dit, comme elle était déjà sur ses genoux, il avait l’impression que même l’enlacer ne ferait pas grand-chose.

Et dans les secondes où les pensées de Zagan étaient dans le chaos, il en arriva à la conclusion que la partie de son corps qui avait la liberté de bouger le plus proche de Néphy était sa tête.

Maintenant que j’y pense, il devrait y avoir une méthode pour réconforter quelqu’un en lui rapprochant leurs deux têtes !

De temps en temps, Zagan voyait Néphy et Foll parler ainsi. Foll élevait la voix comme si elle était chatouilleuse, mais elle faisait une tête ravie. Il n’y a pas eu d’erreur. Et ainsi —

« Eeek ? »

Zagan pressa son visage contre la joue de Néphy. Bien qu’elle soit assez mince, elle avait une sensation de mou inattendue. C’était soyeux, semblable au sucre en poudre, et il pouvait sentir que sa température était considérablement élevée.

Et avec une série de petits bruits, les oreilles de Néphy secouèrent violemment et frappèrent le visage de Zagan à plusieurs reprises à cause de son agitation.

Ah, merde, c’est vraiment mal ! Bien qu’il ait essayé de la toucher avec son front, puisqu’il l’enlaçait par-derrière, il avait fini par l’embrasser avec sa joue. En y réfléchissant bien, il s’était rendu compte qu’il se frottait la joue contre la sienne.

 

 

Si cela devait se produire soudainement, n’importe qui serait déconcerté. Cependant, même en sachant que c’était une erreur, il était trop tard pour revenir en arrière. Après s’être raclé la gorge avec une toux, Zagan avait commencé à parler.

« Que ce soit un Archidémon, ou un piège, c’est une personne qui t’a fait faire une telle tête. Ça ne marchera pas si je ne leur donne pas une bonne raclée, » déclara-t-il.

« O-Oh..., » les oreilles tremblantes de Néphy s’étirèrent d’un geste comme si elles s’étaient raidies. Il avait fini par le dire comme s’il la décevrait, mais c’était vraiment le seul point que Zagan lui-même ne pouvait laisser passer.

Peu de temps après, peut-être après avoir perdu ses forces, les oreilles de Néphy s’affaissèrent.

« ... Maître Zagan, vous avez tout vu, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle.

« C’est vrai... c’est ce que je voudrais dire, mais ce n’est pas comme si je savais ce qui s’est réellement passé. Tout ce que je peux dire, c’est que tu es déprimée, Néphy, » déclara-t-il.

Il voulait savoir exactement ce qui s’était passé, mais il ne voulait pas qu’elle en parle contre son gré.

Si c’était quelque chose qui l’avait mise dans cet état, ça doit être une sorte de rencontre avec un survivant de sa ville natale, hein ?

Cependant, Néphy avait déjà parlé de ce secret à Zagan. Elle serait sûrement secouée, mais ce n’était pas assez pour la faire taire.

Alors, c’est autre chose ? Ce que ça pourrait être n’était pas quelque chose que Zagan pouvait comprendre. Tandis qu’il se taisait, attendant qu’elle continue, Néphy avait fini par ouvrir timidement la bouche pour parler.

« Toutes mes excuses, Maître Zagan. Pour l’instant, je ne sais toujours pas... comment en parler, » déclara Néphy.

« Je vois. Alors, parles-en quand tu le pourras, » déclara-t-il.

« ... Oui, » un seul mot avait été prononcé dans l’hésitation. Cependant, sa voix indiquait clairement que l’ombre qui planait sur elle s’était considérablement amincie. Et puis, sans se tourner vers Zagan, Néphy lui pose une question avec hésitation.

« Euh, Maître Zagan, » demanda-t-elle.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda-t-il.

« C’est... euh... Est-ce que... vous me réconfortiez... ? Je me le demande ? » demanda-t-elle.

« N’ai-je pas l’air de le faire ? » demanda-t-il.

C’est impossible, n’est-ce pas !? Même Zagan le savait. Mais il ne voyait pas d’autre méthode.

Néphy avait alors souri comme si elle comprenait tous les sentiments de Zagan.

« Je vous remercie beaucoup. Je me sens... beaucoup plus à l’aise maintenant, » déclara Néphy.

« Je vois, » déclara-t-il.

Dieu merci, Néphy est une fille si compatissante..., il le pensait du fond du cœur.

Après cela, Néphy avait commencé à se tortiller sur les genoux de Zagan.

« Mais... euh... pourriez-vous... s’il vous plaît... pourriez-vous me relâcher... maintenant ? Hum... c’est... embarrassant..., » déclara Néphy.

Même après avoir perdu son sang-froid, la situation actuelle était étrange à bien des égards. Il n’y avait aucune chance que Néphy ne soit pas gênée. Après tout, même Zagan l’était. Ou bien, cela aurait dû être le cas, mais...

D’une manière ou d’une autre, j’ai l’intuition que je devrais essayer de l’acculer un peu plus, pensa Zagan en feignant l’ignorance tout en faisant semblant de continuer à lire.

« Il semble qu’il faudra encore un certain temps avant que nous puissions manger. Je vais continuer à lire, » déclara Zagan.

« ... Maître Zagan, c’est méchant, » déclara Néphy.

Alors même qu’elle émettait ce qui semblait être des paroles de reproche, Néphy n’avait pas tenté de s’échapper.

Et bien, Néphy travaille un peu trop parfois, alors c’est bien. La laisser se reposer de temps en temps, même s’il devait employer des méthodes aussi cruelles, était certainement son rôle.

Après cela, Néphy avait regardé par hasard l’épée debout dans un recoin des archives. C’est l’Épée Sacrée Metatron qui fut confiée à Zagan par Raphaël. À cause du désordre qui s’était produit en ville, Zagan avait raté sa chance de la rendre. Elle n’était même pas dans un fourreau. Et en regardant cette Épée Sacrée, Néphy murmura quelque chose comme si elle se parlait à elle-même.

« Me... ta... tron... ? Est-ce le nom de l’épée, je me le demande ? » demanda Néphy.

« Oui, c’est l’Épée Sacrée de Raphaël. Il est temps que je le rende à... ? » Zagan sentit son propre visage se raidir lorsqu’il parlait avant de continuer, « Néphy... tout à l’heure... Qu’est-ce que t’as dit ? »

Le nom d’une Épée Sacrée était apparemment un secret bien gardé. Raphaël ne l’avait dit qu’une seule fois, et Zagan et Foll ne l’avaient jamais prononcé depuis. Néphy n’aurait jamais dû connaître le nom de l’Épée Sacrée.

« Hein... ? Vous parlez de ces lettres ? » demanda Néphy.

Et cette fois, les yeux de Zagan s’étaient ouverts en grand.

« Néphy, tu peux lire les caractères sur l’Épée Sacrée ? » demanda Zagan.

Et alors, Néphy hocha la tête. « Oui. Je ne comprends pas vraiment le sens du mot, mais je sais comment les prononcer... »

Zagan avait raté sa tentative de réconforter Néphy, mais grâce à cela, il avait obtenu un indice énorme.

***

Partie 4

« Tu as été invité à un bal d’Archidémon !? »

Le lendemain, en début d’après-midi, l’ami indésirable de Zagan, Barbatos, s’exclama d’une voix forte. Comme toujours, il avait un visage malsain avec des ombres sous les yeux, et il ébouriffait ses cheveux noirs mal coiffés tout en ayant l’air surpris.

Ils se trouvaient actuellement dans la salle du trône, mais ils étaient assis au centre de la zone, un pas en dessous de la plateforme du trône. De plus, il y avait une petite table préparée avec assez de sièges pour quatre, et Zagan, Barbatos, Néphy, et Foll étaient placés autour.

Plusieurs variétés de confiseries et de thé étaient disposées sur la table. Cependant, moins de la moitié de ce qui avait commencé comme une montagne de confiseries était restée. C’est parce que Foll se les était mis l’un après l’autre dans la bouche.

Et pendant qu’ils parlaient, Zagan prit une gorgée de sa tasse de thé, et à sa propre convenance, Néphy prit la théière.

« Maître Zagan, voulez-vous encore du thé ? » demanda Néphy.

« Eh bien, je te laisse faire. » Sa tasse était presque vide. Et après que Zagan ait pris une dernière gorgée pour la vider, il avait hoché la tête. Néphy effectua un déplacement à la théière en montrant clairement sa joie, ce qui rendit Zagan plutôt serein.

On dirait que les choses d’hier ne traînent pas en longueur, hein ?

Quand elle était revenue au château, elle se sentait terriblement déprimée, mais le matin, elle avait l’air si joyeuse... Ce n’était pas vraiment une expression, mais ses oreilles étaient droites comme si elle était de bonne humeur. Après que Néphy ait posé le pot, Zagan avait pris sa tasse à thé en main et avait commencé à apprécier le parfum.

« Hmm, un bon arôme. Je vois que le thé d’aujourd’hui est d’autant plus délicieux, » déclara Zagan.

« Vos louanges m’apportent le comble de la joie, Maître Zagan, » déclara Néphy.

Il avait l’impression que son humeur s’était améliorée parce que le parfum du thé était plus prononcé que d’habitude. Et tandis que Zagan faisait de même avec un sourire, Barbatos éleva la voix emplie de reproches.

« ... Tu sais, même si je suis surpris ici, pourquoi vous buvez tous du thé comme si de rien n’était ? » demanda-t-il.

« La ferme, Barbatos. Pourquoi devrais-je réagir chaque fois qu’un salaud comme toi est surpris par quelque chose ? » demanda Zagan.

« Écoute, c’est bien de ne pas me montrer l’hospitalité, mais peux-tu au moins me traiter comme un humain ici ? » demanda Barbatos.

Tout en se grattant la tête comme si c’était fatigant, Zagan avait remis sa tasse à thé sur sa soucoupe.

« Alors, qu’est-ce qui te surprend tant ? » Zagan lui demanda en réponse, ce qui fit marmonner Barbatos avec un regard d’étonnement bien visible sur son visage.

« Eh bien, tu sais. Quand tu parles d’un bal du soir... c’est ça, hein ? Un bal de sorcier, c’est ça ? » demanda Barbatos.

« L’invitation vient d’un roi parmi les sorciers. Alors qu’est-ce que cela pourrait être d’autre que ça ? » demanda Zagan.

Un bal du soir peut aussi signifier un rassemblement de nobles de la haute société. Ce n’est pas comme s’il ne comprenait pas le sentiment de vouloir vérifier cela, mais tant que c’était organisé par un sorcier, il était difficile de penser à autre chose qu’un bal du soir de sorcier. Quelque chose comme un bal du soir d’un noble n’avait aucun sens pour les sorciers, car ils ne s’intéressaient même pas à eux.

Barbatos secoua alors la tête, son expression semblant ennuyée par le manque de compréhension de Zagan.

« Je veux dire par là, est-ce qu’un Archidémon tiendrait vraiment un bal du soir... ? » demanda Barbatos.

Oui, ce fait avait aussi déconcerté Zagan.

Si un Archidémon veut quelque chose, tout ce qu’il avait à faire, c’est de l’ordonner.

Les Archidémons étaient arrogants et puissants, le sommet absolu des sorciers. Comme le bal du soir était un lieu d’échange de connaissances et de biens pour les sorciers, c’était aussi une assemblée de faibles. Pourquoi un Archidémon se montrerait-il, sans parler d’en héberger un ?

Eh bien, je suppose que c’est pour tendre un piège.

Barbatos avait ensuite laissé sortir un petit grognement.

« Eh bien, c’est une histoire assez louche, hein ? Laisse ce sage vous donner un avertissement. Il y a quatre vingt à quatre-vingt-dix pour cent de chances qu’il s’agisse d’un piège. Sois prudent, » déclara Barbatos.

« Je dirais que c’est loin de 80 %. C’est évidemment tout simplement à cent pour cent, n’est-ce pas ? Qu’est-ce que tu dis au juste ? » Zagan avait fait une tête exaspérée, et Barbatos avait été laissé à court de mots.

Peut-être après avoir trouvé Barbatos aussi pitoyable, Foll lui avait prononcé des paroles réconfortantes dans un tour inhabituel.

« Zagan, l’homme à tout faire n’est pas très intelligent. C’est mieux de le dire d’une manière plus clémente, » déclara Foll.

« Je suppose que c’est vrai. C’est de ma faute, Barbatos. J’ai parlé trop vivement, » déclara Zagan.

« Merde, ne vous moquez pas de moi, bande d’enfoirés ! Et puis, qui est un homme à tout faire, petite morveuse ? » s’écria Barbatos.

Tandis que Barbatos commençait à s’échauffer, Foll avait fait une grimace déplaisante et avait tiré l’assiette des confiseries vers elle.

« Un humble sorcier qui vient ici juste pour le goûter de Néphy ne devrait pas avoir l’air si égocentrique. En plus, quand il s’agit de vieillir, j’ai vécu trois fois plus longtemps que toi, l’homme à tout faire, » déclara Foll.

« C’est pareil pour toi, morveuse. Pourquoi es-tu si condescendante ? » demanda Barbatos.

« Barbatos, c’est toi qui devrais t’occuper de ta putain de bouche. Le fait de désigner ma fille comme une petite morveuse est plus qu’une raison suffisante pour que je te tue, tu sais ? » déclara Zagan.

Tandis que Zagan le poussait froidement sur le côté, Barbatos avait tenu sa tête comme s’il avait mal à la tête.

« Comment dire, Zagan... ? Ne la dorlotes-tu pas un peu trop ? » demanda Barbatos.

« Quoi... ? Comment ça, je la dorlote exactement ? » demanda Zagan.

« Qu’est-ce que tu racontes !? Elle mange des bonbons sur tes genoux même si tu as un invité ici ! » déclara Barbatos.

Avec un « Hmm », Zagan avait regardé ses propres genoux. Foll était assise sur les genoux de Zagan pendant toute la durée de sa conversation avec Barbatos. Tandis qu’il la regardait fixement, Foll se pencha complètement en arrière, se collant contre Zagan, et pencha la tête sur le côté comme s’il demandait « Je ne peux pas ? » tel un chaton. Bien sûr, il n’y avait pas moyen qu’elle ne puisse pas. Et Zagan avait fait une déclaration comme s’il n’avait aucun doute à ce sujet.

« C’est toi, le salaud qui a fait irruption pendant que je prenais le thé. Je ne comprends pas pourquoi je ferais partir ma fille juste pour entendre tes bavardages..., » déclara Zagan.

En premier lieu, Zagan n’avait jamais considéré Barbatos comme un invité. Depuis que Foll était officiellement devenue la fille adoptive de Zagan, c’était devenu une routine quotidienne pour eux de prendre une collation comme celle-ci après le déjeuner. C’est à ce moment de la journée que Zagan avait mis ses recherches en veille pour qu’ils puissent passer du bon temps ensemble.

Hier soir, le fait que Zagan ait mis Néphy sur ses genoux et ne l’ait pas laissée partir avait fini par être divulgué à Foll, et à la suite de ça, la jeune fille s’était assise sur ses genoux.

« ... Non, ça suffit comme ça, » déclara Barbatos.

Et tandis que les ombres autour de ses yeux devenaient de plus en plus profondes, Barbatos poussait un soupir.

« Alors quoi ? Comptes-tu accepter l’invitation de l’Archidémon ? » demanda-t-il.

« Il a envoyé une invitation ridicule, après tout. Je ne suis pas si indulgent que je vais simplement l’ignorer, » déclara Zagan, en regardant Barbatos d’un air renfrogné pendant tout le temps. Puis il avait poursuivi. « Et alors ? Ce n’est pas comme si tu venais ici pour aboyer des plaintes aussi inutiles, n’est-ce pas ? »

Et comme il allait droit au but, Barbatos avait affiché un large sourire.

« Kehehehe, écoute, cette elfe là-bas a été attaquée par un sorcier à Kianoides hier, alors j’ai pensé que tu voulais peut-être des infos..., » déclara Barbatos.

« ... Argh. » Zagan était conscient que sa rage se manifestait sur son visage.

Je ne sais pas qui c’était, mais je vais leur faire regretter d’être nés, même si ça prend des centaines d’années !

Il ne pensait pas que ce serait l’Archidémon qui lui enverrait l’invitation, mais même si c’était le cas, Zagan n’hésiterait pas. Et Zagan avait ensuite souri alors que ses yeux étaient devenus injectés de sang.

« Parle. Si l’information m’est utile, je te donnerai autant de récompenses que tu le souhaites, » déclara Zagan.

« Oh, maintenant tu en parles... Hein, eeek ? » Barbatos avait poussé un cri quand il s’était retourné.

En regardant autour de lui, Zagan remarqua que Foll avait déployé plusieurs cercles magiques et était sur le point de déclencher une attaque. Il caressa doucement la tête de Foll afin de l’apaiser.

« Là, là, là. Je sais que tu n’aimes pas le visage de ce type, mais ne le tue pas soudainement, » déclara Zagan.

« Qu’est-ce qui ne va pas avec mon visage ? » demanda Barbatos.

Après que Zagan l’eut avertie, Foll avait défait ses cercles magiques pour l’instant, mais grogna encore vers Barbatos de façon menaçante. Il était inhabituel de voir Foll être agressive à ce point, alors Zagan croisa les bras et avait réfléchi profondément à la question.

Tout comme hier avec Néphy, elle ne veut pas que je l’entende... C’est ce que ça veut dire ?

Il avait ensuite jeté un coup d’œil à Néphy, qui n’avait pas une réaction aussi extrême que l’autre jour, mais il pouvait dire qu’elle serrait sa jupe contre la table. Elle avait besoin d’un peu plus de temps avant de pouvoir ouvrir son cœur à ce sujet.

Néphy l’avait peut-être fait parce qu’elle avait été la première à réaliser la réaction de Foll, ou peut-être qu’il y avait une autre raison particulière à cela. Dans tous les cas, c’était l’opinion honnête de Zagan qu’il voulait respecter la volonté de sa fille. Alors, cédant, Zagan caressa une fois de plus la tête de Foll.

« ... Compris. J’attendrai que Néphy en parle, alors ne te fâche pas, » déclara Zagan.

Foll leva les yeux et s’émerveilla alors qu’il l’informa de sa décision. Néphy, elle aussi, s’émerveilla un seul instant, mais elle déplaça timidement son regard vers le bas. Ce n’était certainement pas seulement l’imagination de Zagan que ses oreilles bougeaient d’un frémissement heureux. Foll murmura alors comme si elle trouvait ça étrange.

« Zagan, peux-tu après tout vraiment lire dans les pensées ? » demanda Foll.

« Qui sait, » dit Zagan en haussant les épaules, puis il parla à Barbatos en disant : « C’est comme ça. Je n’ai pas besoin de tes informations cette fois. »

« ... Est-ce vraiment bon ainsi ? Je suis sûr que tu le regretteras si tu ne prends pas ça au sérieux, » déclara Barbatos.

« Comme si ça m’intéressait, » répondit Zagan.

Mais Barbatos ne faisait pas ça que pour chercher une récompense.

Quelque chose de grave peut arriver, hein ? Néanmoins, Zagan avait dit qu’il attendrait. Dans ce cas, il n’irait pas plus loin. Il montrerait qu’il pouvait tout protéger de toute façon. C’était l’allure d’un Archidémon en qui Zagan croyait.

Pourtant, Barbatos s’accrochait comme s’il disait qu’il n’y avait plus de recul.

« Non, mais tu sais..., » commença Barbatos.

« Zagan, l’homme à tout faire semble avoir la langue bien pendue. C’est mieux de l’achever, » déclara Foll.

« Espèce de vaurien, ne tiens-tu pas à la vie humaine !? » demanda Barbatos.

Est-ce à toi de parler ainsi... ? C’était l’homme même qui avait utilisé le chaos provoqué par la mort de l’Archidémon Marchosias pour enlever de jeunes femmes en vue de rituels sacrificiels. Traiter la vie comme précieuse après tout ce qui avait fait lui avait semblé beaucoup trop hypocrite.

***

Partie 5

Mis à part cela, il ne restait qu’une seule confiserie sur la table. On avait dit à Zagan que son nom était un macaron. C’était une confiserie qui avait une texture croquante comme un biscuit, mais qui contenait de la crème à l’intérieur. Il avait une variété multicolore d’aspects extérieurs, ce qui lui donnait un aspect brillant, mais encore plus que cela, sa riche douceur avait une bonne affinité avec le thé, c’était donc l’une des confiseries que Zagan aimait beaucoup. En regardant la main de la jeune fille s’arrêter de se tendre vers les confiseries, Zagan avait incliné la tête sur le côté.

« Foll, il en reste encore un, tu sais ? » demanda Zagan.

« C’est pour toi, Zagan, » répondit-elle.

Il était probable qu’elle voulait tous elle-même les manger, mais elle avait tout de même laissé le dernier à part. Foll regardait le macaron à contrecœur. Se sentant en quelque sorte extrêmement charmé par cela, Zagan avait pris la dernière confiserie et l’avait mordue.

« Mmm... Les friandises d’aujourd’hui sont certainement plus délicieuses que la normale, n’est-ce pas ? » demanda Zagan.

Foll hocha ensuite la tête tandis que ses tresses vertes se balançaient.

« Néphy... semblait de bonne humeur depuis ce matin. C’est probablement... grâce à ça, » déclara Foll.

« F-Foll ! » s’écria Zagan.

« Se mettre sur les genoux, ça fait du bien, mais je ne pense pas que ce soit juste ça. Zagan, as-tu fait autre chose ? » demanda Foll.

« Hein... ? Non, je ne suis pas sûr de ce que tu veux dire par là, » déclara Zagan.

La seule chose qui lui était venue à l’esprit, c’était de comment il l’avait mise sur ses genoux et l’avait enlacée. Mais cela avait échoué de toutes sortes de façons...

Zagan avait ensuite jeté un coup d’œil pour voir la réaction de Néphy et avait remarqué que sa bouche s’ouvrait et se fermait pendant que ses deux mains erraient en l’air. Il semblait qu’elle avait perdu son sang-froid à cause de son embarras.

Wôw... Si mignonne !

D’après sa réaction, il pouvait dire que la remarque de Foll avait mis le doigt dans le mille.

Je ne sais pas ce qui a eu un tel effet, mais je suppose que c’est pour cela qu’elle a mis un peu plus de volonté à faire des sucreries et du thé..., et cette fille, qui avait mis tant d’efforts dans de telles choses triviales, était insupportablement adorable.

Foll sauta alors des genoux de Zagan.

« Il est temps que je rende les genoux de Zagan à Néphy, » déclara Foll.

« Ce n’est pas comme si je voulais m’asseoir sur les genoux de Maître Zagan, tu sais ? » Néphy gonfla ses joues, et Zagan tapota visiblement ses genoux pour elle.

« Tu ne le veux pas ? » demanda Zagan.

« ... Maître Zagan, c’est méchant. » Néphy avait montré des signes d’hésitation pendant un instant, mais elle s’était immédiatement rappelé que Barbatos était là. Après s’être levée à moitié, elle secoua la tête.

Si Barbatos n’était pas là, elle aurait pu s’asseoir sur ses genoux. Non, elle l’aurait sûrement fait. Il y a eu des moments où il commettait un crime sans en être conscient en échouant complètement à la fois dans ses paroles et dans sa conduite, mais même lorsque Zagan faisait des demandes exagérées et déraisonnables, Néphy faisait toujours de son mieux pour répondre à ses attentes au bout du compte.

Ah, bon sang, est-ce que cet abruti de Barbatos va partir... ? Si seulement cet homme n’était pas là, Zagan pourrait encore une fois voir Néphy se tourmenter quant au sentiment de confort sur ses genoux. Et tandis que Zagan fixait Barbatos d’un regard sanguinaire, il jeta le dernier morceau de macaron dans sa bouche et se leva.

« Maintenant, j’ai des choses à faire. Il est temps qu’on y aille, Néphy, » déclara Zagan.

« D’accord, » comme si elle se sentait soulagée, mais déçue, le bout des oreilles de Néphy tremblait en se levant. En vérité, il voulait persister jusqu’à ce que Néphy perde patience et s’assoie sur ses genoux, mais malheureusement, Zagan avait des projets pour la journée.

Cependant, Barbatos plissa ses sourcils face à ses paroles.

« Alors, quoi ? Dois-tu te préparer pour le bal du soir ou quelque chose comme ça ? » demanda Barbatos.

« Quelque chose comme ça, » répondit Zagan.

Pendant que Barbatos affichait une tête perplexe, Zagan avait sorti la lettre d’invitation pour le bal du soir.

« L’invitation dit d’emmener aussi Chastille, » déclara Zagan.

Il n’était pas particulièrement nécessaire de s’y conformer avec une honnêteté insensée, mais l’adversaire était un Archidémon. Même si Zagan ne l’avait pas emmenée, il était probable qu’elle serait obligée de participer au bal du soir contre sa volonté.

Après tout, cette fille est gênante même dans le meilleur des cas...

S’il ne lui en avait pas au moins parlé, il pouvait déjà la voir à moitié au bord des larmes devant un Archidémon. Franchement, il pensait qu’il n’avait pas vraiment de raison de s’occuper d’elle dans une telle mesure, mais c’était finalement de sa faute. La traiter en silence l’aurait laissé avec un mauvais goût dans la bouche. De plus, il y avait aussi le fait qu’elle était l’amie de Néphy, et Zagan ne la détestait pas non plus particulièrement. C’est pourquoi il avait prévu d’aller la voir avec Néphy. En entendant le nom de Chastille, Barbatos avait fait une tête désagréable.

« À ce propos, combien de temps dois-je continuer à m’occuper de cette femme ? » demanda Barbatos.

Et en réponse à cela, Zagan fixa Barbatos avec admiration.

Ah, maintenant que j’y pense, je ne lui ai jamais donné de date, n’est-ce pas ? Il y a environ un mois, la vie de Chastille était la cible d’un membre de l’Église. À ce moment-là, Zagan avait ordonné à Barbatos de la protéger au fil des événements. Un mois s’était écoulé depuis lors, mais il semblait que cet homme continuait fidèlement à protéger Chastille. Après y avoir réfléchi un peu, Zagan inclina la tête sur le côté avec une expression calme.

« Ai-je dit qu’il y aurait une limite de temps ? » demanda Zagan.

« Argh... Merde, je pensais que tu étais trop prodigue. C’est une arnaque, bon sang, une vraie arnaque, » avec un gémissement, Barbatos se souvint soudain de quelque chose et continua à parler, « En fait, pourquoi était-elle invitée ? »

« Tous les habitants de mon château, y compris ceux qui ont servi temporairement, ont été invités. Il avait probablement prévu d’appeler tous ceux qui étaient impliqués avec moi, » répondit Zagan.

Après la réponse de Zagan, pour une raison inconnue, Barbatos avait souri d’un sourire diabolique alors qu’il brossait ses cheveux négligés.

« Haaah... Je vois. Je suppose qu’avoir un Archidémon qui me respecte n’est pas un si mauvais pressentiment. Si c’est comme ça, je t’accompagne aussi, » déclara Barbatos.

« Quoi... ? Ton nom n’était pas écrit, » déclara Zagan.

« Attends, vraiment ? Pourquoi ça ? » demanda Barbatos.

« Comme si ça m’intéressait, » répondit Zagan.

Et cette fois, Barbatos s’était effondré en larmes.

Ce type est un vrai emmerdeur.

Cependant, même découragé, Barbatos était resté arrogant.

« Non, attends un peu... Si vous êtes tous invités au bal du soir, ça ne veut pas dire que le château et le Palais de l’Archidémon seront vides ? » demanda Barbatos.

Le Palais de l’Archidémon était le nom du château de l’Archidémon Marchosias. Sa gestion avait été fondamentalement laissée à Raphaël et Foll, et même si Foll revenait chaque fois qu’il était l’heure de manger, elle passait la journée là-bas à enquêter. Aujourd’hui aussi, alors que Zagan et Néphy allaient visiter la ville, Foll prévoyait de se diriger vers le Palais de l’Archidémon.

Zagan avait alors hoché la tête comme si ce n’était pas grave.

« Eh bien, c’est comme ça, » déclara Zagan.

« C’est un peu négligent de ta part, tu ne trouves pas ? Pendant ton absence, pourquoi ne pas demander à ton vieux pote de jeter un petit coup d’œil aux alentours ? » demanda Barbatos.

« Zagan, comme je le pensais, il vaudrait mieux en finir avec ce truc, » déclara froidement Foll.

Et avec une veine sur le front, Barbatos avait crié de colère.

« Espèce de sale gosse... Erk, mais c’est Zagan qui décide. Qu’est-ce que t’en dis, mec ? » demanda Barbatos.

« Voyons voir... Ça ne me dérange pas vraiment, » déclara Zagan.

Foll fixa Zagan d’un regard réprobateur en entendant ses paroles.

« Zagan, tu gâtes trop l’homme à tout faire. Ce type a l’intention de cambrioler le Palais de l’Archidémon, » répondit Zagan.

« Il n’y a pas de raison de s’inquiéter. J’ai fait en sorte que si un étranger essaie d’accomplir quoi que ce soit, il subira une punition appropriée, » répondit Zagan.

« Une punition appropriée... ? » Foll pencha la tête sur le côté, émerveillée, mais Barbatos avait gémi en s’opposant avec véhémence à ses paroles.

« Espèce d’enfoiré, alors c’est vraiment ce que tu as fait !? J’ai échappé de justesse à la mort la dernière fois que j’ai essayé de faire sortir un grimoire ! » cria Barbatos.

« ... Hein ? Donc ça ne t’a pas tué..., » déclara Zagan.

« Pourquoi es-tu si déçu ? » demanda Barbatos.

Il avait été créé pour que si quelque chose était retiré du Palais de l’Archidémon sans le consentement de Zagan, alors la sorcellerie s’active et puisse même tuer un candidat Archidémon.

Comme ce type n’est pas mort, je devrais améliorer un peu le piège, non ?

Comme on pouvait s’y attendre, il semblait qu’il n’avait pas réussi à voler un grimoire, mais cet homme n’apprendrait sûrement rien et recommencerait à le faire. Dans ce cas, le piège actuel n’avait aucune signification. Foll avait alors l’air d’avoir peur de quelque chose, et Zagan lui tapota de nouveau la tête.

« Ne t’inquiète pas, je l’ai fait pour qu’il ne réagisse pas à toi ou à Raphaël, » déclara Zagan.

« Zagan, si compétent, » déclara Foll.

En entendant la voix d’admiration de la jeune fille, Zagan pencha la tête sur le côté.

« N’est-ce pas totalement normal de faire ça ? » demanda Zagan.

Si l’on ne faisait pas au moins la distinction entre les personnes contre lesquelles il s’active, tous les subordonnés ou les membres de la famille se feraient prendre au piège. Toutefois, Barbatos était d’accord avec Foll.

« C’est impossible que ce soit normal, non ? C’est déjà assez dur d’obtenir de la sorcellerie qui peut faire la différence entre toi et d’autres personnes ! Bon sang, » s’écria Barbatos.

« Dans ce cas, Néphy et Foll se feraient toucher par ça, » répondit Zagan.

« Tu crois qu’il y a un sorcier qui en a quelque chose à foutre de ces conneries ? » s’écria Barbatos.

Maintenant qu’il en parle, la plupart des sorciers ne pensent qu’à eux-mêmes. Il est vrai qu’il n’y avait pas besoin d’une sorcellerie aussi sélective dans le choix de ses cibles.

Il n’y avait aucune chance que je laisse ma propre sorcellerie faire du mal à Néphy..., la première chose qu’il fit après l’arrivée de Néphy dans son château fut de modifier tous les pièges. À l’époque, il n’y pensait pas vraiment, mais en y repensant, il n’avait jamais vu ce genre de sorcellerie auparavant. Il semblait que c’était aussi un truc original de Zagan.

Zagan avait ensuite laissé sortir un grognement avec un « Hmph ».

« Ce n’était pas beaucoup de travail. En plus, je ne peux pas m’appeler Archidémon sans être capable de faire quelque chose de ce niveau, non ? » demanda Zagan.

« Ouais, ouais..., » Barbatos s’était levé de son siège avec une expression déconcertée en disant ça. Puis, il avait utilisé la sorcellerie pour étendre une ombre à ses pieds et avait commencé à s’y enfoncer, mais tout à la fin, il avait soudainement murmuré quelque chose, comme si cela lui était venu à l’esprit.

« Oups, c’est vrai. Laisse-moi vérifier au cas où, mais est-ce que je peux vraiment ne pas parler ? » demanda-t-il.

Tandis que Zagan s’apprêtait à le réprimander, il remarqua que Barbatos ne le regardait pas, mais Néphy. Néphy montra de légers signes d’hésitation, mais quand même, elle hocha immédiatement la tête.

« Haaah... Quel gaspillage d’efforts ! Comme c’est stupide. » Et pendant qu’il se maudissait, Barbatos s’était enfoncé totalement dans l’ombre et s’en alla.

Après l’avoir vu partir, Néphy s’était serré la poitrine.

« Le Seigneur Barbatos... est aussi gentil à certains égards, n’est-ce pas ? » demanda Néphy.

« Hein ? On ne discutait pas juste avant de savoir s’il fallait le tuer ou pas, » demanda Zagan.

« Maître Zagan, Le Seigneur Barbatos est un ami, non ? » Néphy murmura comme si elle n’était pas si sûre de ce fait, et Zagan pencha la tête sur le côté comme si sa réaction était totalement inattendue.

« Non ? Je ne ressens pas vraiment la même chose pour lui..., » répondit Zagan.

« Est-ce que c’est si..., » commença Néphy.

Même si elle était quelque peu étonnée, les oreilles de Néphy flottaient et se bousculaient d’une manière quelque peu heureuse.

Barbatos était irritant, mais Zagan était satisfait de voir Néphy de bonne humeur.

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