Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 3 – Chapitre 2 – Partie 4

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Chapitre 2 : Une promenade en bateau peut créer une bonne ambiance

Partie 4

« ... Zagan, il y a quelques petites choses que je voudrais clarifier, » déclara Chastille. On aurait dit qu’elle les attendait sur le pont. Elle portait une robe écarlate assortie à ses cheveux, et elle avait un tissu décoratif d’un blanc pur enroulé autour de sa taille. En y regardant objectivement, ce n’était pas un mauvais ensemble. Son Épée Sacrée semblait cachée quelque part, car elle n’avait pas de grande épée sur elle.

Il semblerait qu’elle avait été la dernière invitée à monter à bord, car le bateau avait commencé à s’éloigner tranquillement du port peu après leur rencontre. Le lac se jetait dans plusieurs rivières, et l’une d’entre elles menait même à Kianoides. Chastille avait probablement utilisé cela pour venir ici.

Le visage de Chastille semblait au bord des larmes alors qu’elle se tenait immobile sur le pont, et elle n’avait pas continué sa phrase, ce qui avait grandement troublé Zagan.

« Hmm, quoi ? Je t’en prie, j’écoute, » déclara Zagan.

Chastille regarda ce qui se trouvait sur le pont avec une expression pâle quand il l’interrogea.

« C’est... vraiment le lieu du bal du soir, non ? » demanda Chastille.

« Ouais, c’est vrai. Bifrons a un bon goût pour le faire sur un bateau, » déclara Zagan.

 

 

Le soleil s’était complètement couché pendant que le groupe parlait dans la chambre d’invité. Ainsi, le lac était teinté par les couleurs du soir, et peut-être parce que la lune était cachée par les nuages, la seule source d’illumination était les bougies placées sur les tables. C’était un espace sombre où le fait de s’éloigner de plusieurs pas de l’autre ne permettait pas de distinguer le visage de l’autre.

Parmi les préjugés envers les sorciers propagés par l’Église, il y avait ce qu’on appelait un sabbat. C’était un rituel suspect où se rassemblaient des sorciers dont on disait qu’ils adoraient le diable.

En réalité, la plupart des sorciers ne rêvaient même pas de coopérer, alors ils ne tiendraient rien comme une assemblée. En plus, aucun d’eux ne vénérait rien comme un diable. Pourtant, l’atmosphère de ce lieu ressemblait tellement à un sabbat que toute tentative de défendre les sorciers était inutile.

De plus, le bateau à passagers flottait complètement isolé dans un énorme lac. Si un assassin de quelque chose comme l’Église s’approchait, ils le sauraient tout de suite, ou ils pourraient déplacer le bateau à tout moment et le jeter par-dessus bord. Tous ceux qui causaient des problèmes pouvaient être chassés de la même manière, donc c’était vraiment le lieu idéal.

Alors que tous ces faits s’étaient additionnés dans son esprit, Zagan avait jeté un coup d’œil à l’état du bateau une fois de plus. Sa longueur hors de l’eau était à peu près la taille d’une arène d’un côté à l’autre. Il pourrait sûrement accueillir jusqu’à deux mille passagers. C’était un voilier avec trois mâts apparemment robustes et de multiples voiles suspendues à eux. Et sur le pont principal, plusieurs tables étaient alignées, décorées de croix voyantes et d’un assortiment de bouteilles d’alcool et de verres. Peut-être parce qu’il était manipulé par la sorcellerie, il ne pouvait rien voir qui ressemblait à un équipage. Dans l’ensemble, il n’y avait probablement même pas cinq navires d’une telle envergure sur l’ensemble du continent.

On dirait qu’ils ont de l’alcool en réserve, aussi..., Zagan avait pris l’un des verres dans sa main pour l’essayer et avait trouvé que c’était une liqueur de qualité. Il ne connaissait encore rien aux marques et autres, mais ce n’était en rien inférieur à ce que Barbatos lui avait apporté auparavant. Tout en vérifiant l’état du pont, Zagan inclina la tête sur le côté.

« Alors, il y a un problème ou quoi ? » demanda Zagan.

« Non, je veux dire..., » Chastille avait fait une tête troublée et avait regardé sur le pont une fois de plus, puis elle avait dit : « Disons simplement... que l’obscurité est belle... mais pourquoi y a-t-il une telle musique dans le coin ? »

Il y avait un piano au coin de la terrasse, et à côté se trouvaient plusieurs musiciens alignés là avec des violons, des flûtes et toutes sortes d’autres instruments, jouant de la musique de mauvais augure. Le chanteur était une ondine... Non, une sorte de sirène. C’était une belle fille aux cheveux bleus, mais la partie inférieure de son corps ressemblait à celle d’un serpent ou d’un poisson ou quelque chose du genre.

En tenant compte de tout le reste sur le bateau, c’était la seule fleur qui fleurissait dans ce sombre bal du soir. C’était une décision de bon goût.

« C’est parce que c’est un bal du soir. Il y en a beaucoup ici qui souhaitent parler sans être entendus par les autres. Cela est susceptible d’aider à dissimuler les voix de ces types de personnes, » répondit Zagan.

Tout d’abord, si un sorcier essayait sérieusement d’écouter, ce niveau de bruit n’avait aucun sens. Mais même ainsi, cela allait faire une différence dans la façon dont on se sentait. Et après qu’il lui ait expliqué cela, le visage de Chastille était devenu encore plus sombre, alors qu’elle désignait les musiciens.

« Alors, qui sont ces musiciens ? Euh, ils ne semblent pas être en vie...., » demanda Chastille.

Ceux qui jouaient des instruments étaient des squelettes avec des tenues plutôt basiques enroulées autour d’eux. Il semble qu’ils utilisaient des os bien entretenus, de sorte qu’ils ne montraient aucun signe d’émiettement et qu’ils ne sentaient pas la pourriture. Cependant, les os ne pouvaient pas produire une voix. La chanteuse-sirène était entourée de morts-vivants qui tremblaient sur place. Néanmoins, voyant à quel point sa chanson n’était pas affectée, même Zagan pouvait voir qu’elle était une pro.

« Ce sont probablement des familiers de Bifrons ou quelque chose comme ça. La chanteuse est sûrement une sirène engagée, puisque sa voix n’est pas mauvaise du tout, » expliqua Zagan.

Alors que la pièce se précipitait vers son point culminant, une voix telle le cri de mort d’un corbeau avait retenti. Le simple fait que sa gorge n’ait pas cessé de fonctionner après ça était impressionnant. Chastille avait alors fait une grimace comme si elle n’y croyait pas.

« Les sorciers... dansent-ils sur ce genre de musique ? » demanda Chastille.

« Hein... ? Danser ? Qu’est-ce que tu racontes ? » Zagan pencha la tête sur le côté, ayant trouvé sa notion étrange du fond du cœur, et les oreilles de Néphy commencèrent à trembler d’un frémissement.

Se pourrait-il qu’elle s’intéresse à la danse ?

Cependant, Zagan n’avait jamais dansé auparavant. Tout en s’inquiétant de ce qu’il devait faire, Chastille se mit à trembler alors qu’elle continuait à parler.

« C’est un peu tard pour demander, mais qu’est-ce qu’un bal du soir pour vous exactement ? » demanda Chastille.

« Qu’est-ce que tu veux dire... ? N’est-ce pas un endroit où les sorciers s’affrontent les uns les autres ? » demanda Zagan.

Chastille avait été complètement choquée par ses paroles.

« Si c’est comme ça, dis-le-moi à l’avance ! J’ai même fini par venir dans cette tenue, n’est-ce pas !? » Chastille était venue au bal avec une robe qu’une noble porterait à une fête. Jetant un autre coup d’œil sur sa tenue vestimentaire, Zagan fit un signe de tête.

« C’est pas mal, non ? » demanda Zagan.

« V-Vraiment ? Penses-tu qu’elle convient... ? Attends, ce n’est pas ce que je veux dire ! » s’exclama Chastille.

Zagan avait ensuite incliné la tête sur le côté comme s’il ne comprenait pas où elle voulait en venir.

« Néphy et Foll portent le même genre de vêtements. Y a-t-il un problème ? » demanda Zagan.

Même si c’était différent du bal du soir d’un noble, c’était quand même un rassemblement formel. Les termes « sorciers » et « étiquette » étaient contradictoires, mais il était logique de porter des vêtements officiels dans de telles situations... Zagan portait sa robe habituelle, mais c’était une tenue de soirée pour un sorcier.

En regardant autour de lui, il pouvait aussi apercevoir d’autres sorciers habillés ici et là. Tous les sorciers ne semblaient pas ignorer leur apparence personnelle comme Zagan et Barbatos. Néphy essaya alors de réconforter Chastille.

« Ça te va très bien, Chastille, » déclara Néphy.

« O-Oh, Néphy, ta robe te va aussi... Attends, je te le dis, mais ce n’est pas ce que je veux dire, » Chastille avait l’air d’être sur le point de fondre en larmes à tout moment alors qu’elle tenait sa jupe, puis elle avait baissé la voix pour se plaindre.

« Quoi que j’en pense, je suis un Chevalier Angélique, et tout le monde autour de moi est un sorcier, tu sais ? » déclara Chastille.

Ayant entendu cela, Zagan avait finalement compris ce qu’elle voulait dire... Non, si possible, il ne voulait pas vraiment le comprendre. Zagan l’avait alors regardée avec étonnement comme s’il n’arrivait pas à le croire.

« ... Je ne pense pas que ce soit possible, mais... es-tu venue sans arme ? » demanda Zagan.

Bien sûr, comme elle portait une telle robe, il était clair qu’elle ne portait pas une grande épée, mais il pensait qu’elle l’apporterait au moins à bord comme bagage. Pour pouvoir s’opposer aux capacités physiques des sorciers, les Chevaliers Angéliques de l’Église portaient une armure appelée Armure Sacrée qui avait reçu des miracles sur elle. Même l’armure de Raphaël avait été spécialement reconstruite pour une telle tâche. Cependant, même si Chastille apparaissait comme telle, elle avait une quantité convenable de pouvoir sans porter l’Armure Sacrée. C’est pourquoi Zagan avait trouvé ce courage admirable, mais...

Chastille s’était mise à trembler sur place en hochant la tête.

« J’ai... au moins apporté mon Épée Sacrée. Mais... rien d’autre que ça..., » déclara Chastille.

Zagan avait mis la paume de sa main au visage.

« Je me souviens certainement avoir dit que c’était un bal du soir..., » déclara Zagan.

« Un bal du soir, ce n’est pas une fête, d’habitude ? C’est pourquoi... Je pensais que tu m’avais invitée à... ce genre de..., » déclara Chastille.

Ça n’aurait pas été si étrange pour l’Église de faire une descente dans un bal du soir. C’est pourquoi Zagan n’avait jamais pensé qu’il était possible qu’un Archange, même un Archange comme Chastille, ne connaisse pas la vraie nature de son invitation.

Comme Zagan ne savait pas quoi dire, Raphaël, le visage caché par le casque de Valefor, avait poussé un bon rire et avait élevé la voix à la place de Zagan.

« Absurde ! Si c’est ton épée, qui est vénérée comme la plus rapide parmi les Archanges, alors tu pourrais faire tomber cette maudite racaille de sorciers avant même qu’ils puissent jeter un sort, exact ? Ils ne valent pas un comportement aussi timide, » déclara Raphaël.

« C’est vous qui m’avez dit d’être la bannière de la faction d’unification, n’est-ce pas !? Alors pourquoi vous parlez comme si j’allais les tuer !? » s’écria Chastille.

« Parce que toute ma carrière a été comme ça ! » répondit Raphaël.

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3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

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