Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 2 – Chapitre 2 – Partie 7

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Chapitre 2 : Un Dragon que j’ai ramassé s’est trop attaché à moi, alors j’ai fait d’elle ma fille

Partie 7

Le lendemain matin, Zagan avait visité la ville de Kianoides avec Néphy et Foll derrière lui. Le palais de l’Archidémon était caché près de la ville. Comme on pouvait s’y attendre, le château de l’Ancien était un donjon souterrain.

Cependant, Zagan ne s’était pas immédiatement dirigé vers le Palais de l’Archidémon, et marchait en contournant un peu la ville.

« Zagan, où allons-nous ? » demanda Foll.

« Dans un magasin de vêtements, » répondit Zagan.

« Pourquoi ? » demanda-t-elle.

« As-tu prévu de te promener en ville dans cette tenue ? » demanda Zagan.

Néphy était vêtue de son uniforme de femme de chambre habituel, ce qui était bien, mais Foll portait la même robe que d’habitude. En d’autres termes, tout ce qu’elle avait en dessous, c’était un simple maillot de corps. Et peut-être à cause de cela, Foll regardait autour d’elle avec agitation.

En plus, c’était probablement mieux de cacher au moins ses cornes.

À l’heure actuelle, elle portait sa cagoule jusqu’aux yeux, de sorte qu’on ne pouvait pas les voir, mais même le vent aurait pu la faire tomber de sa tête. Cela aurait été bien mieux de lui fournir une casquette ou quelque chose comme ça. Eh bien, c’était de toute façon le plan, mais Foll avait plissé ses yeux comme si elle était mécontente.

« C’est toi qui m’as dit de laisser mon armure chez toi, Zagan, » déclara Foll.

« Bien sûr que je l’ai fait. Même avec Néphy dans son uniforme de femme de chambre, tout passant nous fuirait si tu portais ça ! » s’exclama Zagan.

Néphy était en bons termes avec les habitants de la ville. En fait, il y avait un bon nombre de personnes qui lui parlaient régulièrement, alors Zagan voulait s’assurer qu’ils ne leur fassent pas peur.

Cependant, c’était Néphy qui avait laissé échapper des mots d’angoisse. « Quand vous dis magasin de vêtements, voulez-vous parler de... ? »

« Oui, son magasin nous est familier, alors n’est-ce pas bien d’y aller ? » demanda Zagan.

« Je pense que Manuela est quelqu’un de bien, mais, euh, quand il s’agit de vêtements... ! Êtes-vous sûr que tout ira bien une fois là-bas ? » demanda Néphy.

Comme toujours, l’expression de Néphy n’avait pas changé, mais ses oreilles détendues n’avaient pas pu cacher son anxiété. En voyant leurs réactions, Foll avait incliné la tête sur le côté.

« Un sorcier ? » demanda Foll.

« Non, une personne normale. Elle est aussi assez gentille, » répondit Zagan.

« Est-ce que c’est vraiment le cas... ? » Comme on pouvait s’y attendre, les paroles de Néphy avaient ébranlé son pouvoir de persuasion. À cause de ça, Foll avait saisi la robe de Zagan comme si elle avait peur.

Néphy était une bonne amie de la vendeuse de ce magasin de vêtements, mais elle était un peu excentrique et utilisait souvent Néphy comme un mannequin à habiller. Zagan était également quelque peu troublé par ses actions lubriques, mais Manuela était quelqu’un sur qui il pouvait compter quand il s’agissait de la qualité des vêtements.

En plus, la connaissant, elle ne le dira à personne même si elle réalise que Foll est un dragon. Il en était convaincu parce que, d’après ce qu’il avait observé, Manuela considérait Néphy comme une véritable amie.

Zagan avait alors parlé, essayant d’accorder à Foll une certaine tranquillité d’esprit. « Même elle ne ferait pas porter des vêtements bizarres à une petite morveuse comme elle, hein ? »

« Je... me le demande..., » murmura Néphy.

Quel est l’intérêt si même toi tu deviens plus nerveuse, Néphy ! Arrête ça ! Son inquiétude constante avait même poussé Zagan à reconsidérer sa croyance en leur amitié.

Et avec le cœur lourd, le groupe en question avait atteint le magasin de vêtements de Manuel.

« Bienvenue ! » Une voix énergique leur cria aussitôt qu’ils ouvrirent la porte.

Ce qui les attendait de l’autre côté, c’était une fille aviaire aux belles ailes vertes. Il semblait qu’elle errait à nouveau dans le magasin avec un sourire joyeux sur le visage.

Eh oui, ils avaient repéré la jeune employée, Manuela. Et Néphy inclina immédiatement la tête par respect pour elle avec petit signe de tête.

« Bonjour, Manuela, » déclara Néphy.

« Alors tu es revenue aujourd’hui, Néphy ? » demanda Manuela.

« Oui... Euh, nous sommes venus ici pour acheter quelques vêtements..., » déclara Néphy.

« Bien sûr... Euh, quoi ? Donc le maître est aussi là, hein ? » Manuela avait finalement porté son attention sur Zagan, le traitant comme une nuisance totale pendant tout ce temps.

Cependant, Zagan avait simplement renvoyé une grimace et avait commencé à lui poser une question.

« Hé, tu ne lui as pas fait essayer quelque chose de bizarre pendant que je ne suis pas là, n’est-ce pas ? » demanda Zagan.

« Oh, mon Dieu, qu’est-ce qui t’a donné cette idée ? Je ne choisis que des vêtements parmi la marchandise du magasin, tu vois ? » déclara Manuela.

« Ce magasin... contient une montagne de vêtements indécents qui traînent partout, » déclara Zagan. Puis, il l’avait regardée fixement tandis que Manuela sifflait et faisait semblant d’être ignorante de ces faits.

« ... Bon sang. Bref, on n’est pas là pour Néphy cette fois. J’aimerais que tu choisisses quelque chose qui convienne à cette fillette, » déclara Zagan en poussant Foll vers l’avant.

« Hein, as-tu engagé une nouvelle servante ou quelque chose comme ça chez toi, Zagan ? Laisse-moi jeter un coup d’œil à ça..., » murmura Manuela en retirant le capuchon de Foll.

Les yeux de Manuela commencèrent à pétiller d’énergie quand les cheveux verts et les yeux dorés de Foll furent révélés.

« Oh mon Dieu... ! C’est trop mignon, » s’écria Manuela.

« Euh..., » trouvant peut-être qu’elle était une personne dangereuse, Foll s’était cachée derrière Zagan. Cependant, Manuela avait saisi fermement son bras.

« Hmm... Oui, c’est encore un autre diamant brut... Mais, d’une manière différente de Néphy ! Laisse-moi m’en occuper. Je vais la rendre très mignonne pour toi ! » déclara Manuela.

« ... Ne lui fais rien porter d’étrange, d’accord ? » demanda Zagan.

« Tout ira bien, fais-moi confiance, » déclara Manuela.

Foll jeta un regard de détresse sur Zagan, mais elle fut impitoyablement repoussée plus loin par Manuela.

« Est-ce que... ça va vraiment aller, je me le demande ? » demanda Néphy.

« Eh bien, ça devrait aller, non ? » demanda Zagan.

Tous les deux laissèrent leur regard vagabonder tout en jouant avec les poignets de leurs vêtements sans s’arrêter. C’était comme s’ils voyaient leur enfant au loin alors qu’il allait faire leur première course.

Et quelques minutes plus tard, les rideaux de la loge d’essayage furent ouverts.

Zagan et Néphy poussèrent un soupir d’admiration en regardant Foll chanceler. Il semblait qu’elle portait une tenue qui ressemblait à la robe indigène d’un pays étranger.

Manuela l’avait probablement fait correspondre aux cheveux verts de Foll. C’était un splendide ensemble qui mélangeait des couleurs apaisantes avec le blanc et le rouge, et elle avait même réussi à intégrer ses cornes en accord avec la tenue. Et par-dessus ses épaules, elle portait sa robe.

« Qu’est-ce que tu dis de ça ? La robe s’intègre bien dans celle-ci, n’est-ce pas ? En plus, ça met même en valeur ses traits les plus mignons, » demanda Manuela.

« ... Tu peux le faire quand tu veux. Alors pourquoi ne travailles-tu pas tout le temps correctement ? » Son choix de vêtements était certes splendide, mais cela n’avait fait que faire pousser un soupir à Zagan.

Cependant, Manuela secoua la tête comme pour lui dire qu’il ne comprenait pas.

« Aider nos chers clients à découvrir une toute nouvelle partie d’eux-mêmes fait partie de notre métier. Ne le savais-tu pas ? » déclara Manuela.

« Tes choix standard sont bien trop extrêmes pour ça. » Après avoir dit ça, Zagan avait concentré son attention sur Foll.

« Alors, ne trouves-tu pas que ça te va bien ? Est-ce que cela te plaît, Foll ? » demanda Zagan.

« ... Je ne sais pas. Tous les habillements humains... semblent identiques selon moi, » déclara Foll.

Même si elle disait cela, le visage qu’elle faisait en tirant sur les bords de sa jupe ne semblait pas si insatisfait.

« Est-ce que ça... ne semble pas trop voyant ? » demanda Foll.

« Ça ne me dérange pas vraiment. » Au contraire, il estimait qu’il valait mieux que la nouvelle comme quoi Zagan l’accompagnait se répande à grande échelle. Si cela se produisait, le nombre de personnes prêtes à faire du mal à Foll diminuerait inévitablement.

Dans tous les cas, il n’y en a pas une seule personne qui ait osé poser les mains sur Néphy quand elle se promenait toute seule.

Malgré tout, Zagan avait trouvé que quelque chose posait problème.

« Ça ne fonctionnerait que si tu abaisses le capuchon, n’est-ce pas ? » Si ses cornes étaient exposées, alors des individus qui sauraient que Foll était un dragon apparaîtraient.

Bien sûr, Zagan voulait montrer fièrement qu’elle était sous sa protection, mais il savait qu’il serait difficile de le faire si sa véritable identité était révélée.

La raison pour laquelle Néphy allait bien malgré le fait qu’elle était une elfe aux cheveux blancs était qu’elle était aimée même par les habitants de la ville. Cela n’était pas nécessairement vrai que Foll relèverait de la même catégorie.

Et tandis que Zagan se mettait dans tous ses états d’âme avec ces pensées, Manuela frappa immédiatement dans ses mains.

« Si ça t’inquiète, que penses-tu de ce genre de robe ? » Après avoir dit ça, elle avait mis une autre robe sur les épaules de Foll. Il y avait des ornements écarlates ici et là, mais c’était une robe avec une incrustation blanche comme neige, et le capuchon avait la forme d’une sorte de caricature de chat. Comme par hasard, les cornes de Foll s’installèrent confortablement dans les oreilles creuses.

« Je vois. Pas mal. Pas mal. Qu’en penses-tu, Néphy ? » demanda Zagan.

« Oui. C’est plutôt mignon, je trouve ça bien, » déclara Néphy, alors que le bout de ses oreilles tremblait un peu avec joie quand elle lui répondit.

« Alors c’est décidé. Je vais prendre ça, » déclara Zagan.

« Merci beaucoup pour ton parrainage ! » déclara Manuela.

Alors qu’elle enlevait l’étiquette de prix des vêtements de Foll, Manuela posa une question comme si elle voulait les taquiner.

« Alors, cette enfant... Foll, c’est ça ? L’as-tu adoptée ou quoi ? » demanda Manuela.

« Ce n’est pas vraiment le cas, mais..., » maintenant qu’elle l’avait dit, comment Zagan était-il censé expliquer la situation ?

Ce serait exagéré que de dire que c’était une sorcière qui avait attaqué son château et qu’il avait décidé de la prendre sous son aile. Bien que Manuela appelant Foll une enfant adoptive soit un peu en un certain sens le cas.

Et tout en s’inquiétant de ces pensées, Zagan avait retourné la question.

« Ah... Euh, c’est... à ce que tu crois ? » demanda Zagan.

« Eh bien, ouais. Plutôt que de frères et sœurs, tu présentes davantage une image d’un père et de sa fille... Voilà, et c’est fini. » Manuela avait fini avec les étiquettes de prix, avait redressé les parties ébouriffées de la jupe et s’était remise debout.

Foll s’était alors précipitée vers Zagan et s’était cachée derrière lui comme pour laisser entendre qu’elle avait peur.

« Eh bien, je ne veux pas trop m’attarder sur ça... C’est correct pour moi tant que ça ne rend pas Néphy malheureuse, » déclara Manuela.

« Hmph. Une sage décision. » En vérité, il voulait la remercier puisqu’elle l’avait vraiment aidée, mais seuls ces mots répugnants étaient sortis de la bouche de Zagan.

Cependant, Manuela s’y était déjà habituée, alors elle n’avait fait qu’un sourire amer qui ne semblait pas vraiment affecter son humeur.

« Bref, vous tous, revenez quand vous voulez, » déclara Manuela.

« Oui. Merci beaucoup, Manuela, » déclara Néphy. Puis, elle inclina la tête une fois de plus, ce que Foll avait imité.

« Merci... J’aime vraiment... les vêtements, » déclara Foll.

En regardant cette réaction, Manuela avait affiché un large sourire.

« La vache. Qu’est-ce qu’elle a, cette gamine, elle est super mignonne ? Je peux la ramener chez moi ? Oh, attendez, ce serait le contraire ici, hein ? Pourriez-vous la laisser ici et partir ? » demanda Manuela.

« Gaaah, calme-toi ! Elle n’est pas un objet ! Bon sang, comme si je te la remettais à toi, entre toutes les personnes possibles ! » s’écria Zagan.

Zagan qui criait sur Manuela avait saisi la main de Foll et il quitta le magasin dans un état d’agitation.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre, mais il ne me semble pas que Zagan est payé l'ensemble 🙂

  2. Merci pour le chapitre

  3. Merci pour le chapitre !

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