Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 2 – Chapitre 2

***

Chapitre 2 : Un Dragon que j’ai ramassé s’est trop attaché à moi, alors j’ai fait d’elle ma fille

***

Chapitre 2 : Un Dragon que j’ai ramassé s’est trop attaché à moi, alors j’ai fait d’elle ma fille

Partie 1

« Chastille Lillqvist — votre autorité, en tant qu’Archange, est suspendue indéfiniment. »

En entendant cela de la bouche de son supérieur direct, le cardinal Clavwell, Chastille avait baissé la tête en silence. Et son Épée Sacrée était introuvable. Comme il s’agissait d’un symbole important de l’Église, il était maintenant enchâssé dans la chambre forte de l’Église.

L’origine de cette affaire était ce qui s’était passé il y a un demi-mois. Le siège du treizième Archidémon qui était devenu vacant fut donné à un jeune sorcier nommé Zagan. Et naturellement, l’Église avait voulu le vaincre ce Zagan tandis qu’il était encore inexpérimenté, et ils avaient ainsi commencé à rassembler leurs forces.

Cependant, la seule qui s’était opposée à cette idée avait été Chastille.

« Il m’a sauvé la vie deux fois. Je ne peux pas lui tourner le dos maintenant, » déclara Chastille.

Il y avait sûrement un moyen plus intelligent pour elle de prouver son point de vue. Cependant, même avec l’énorme puissance d’un démon face à lui, Zagan n’avait jamais faibli. En le voyant agir ainsi, Chastille avait eu honte d’elle.

C’est pourquoi je ne veux pas me battre contre lui, même si cela signifie trahir mon serment, pensa-t-elle.

En tant que détentrice d’une Épée Sacrée qui est la plus grande arme de l’Église, et pas seulement en tant que seule femme du groupe, Chastille bénéficiait d’un soutien important de la population, et pourtant elle avait choisi de faire quelque chose qui aurait pu facilement être considéré comme une hérésie.

Ils n’avaient plus le temps de s’inquiéter de l’assujettissement de Zagan, car le cardinal Clavwell devait plutôt penser aux problèmes causés par Chastille. C’était, en d’autres termes, la preuve qu’il n’y avait aucun intérêt à leurs actions au-delà de montrer ostensiblement l’autorité de l’Église.

En se contentant de désigner les sorciers comme étant des êtres maléfiques, ils avaient pu se justifier. C’est pourquoi tout renégat était automatiquement considéré comme un plus gros problème qu’un puissant sorcier.

La corruption de l’Église... est peut-être allée bien trop loin, alors que Chastille étouffait un soupir, les Chevaliers Angéliques derrière elle firent entendre leur voix.

« Attendez, Votre Éminence Clavwell ! Cette décision est beaucoup trop excessive. »

« Je suis d’accord ! Si vous prenez en considération les réalisations de Lady Chastille, il devrait y avoir une certaine indulgence. »

« De plus, maintenant qu’un nouvel Archidémon est apparu, diminuer le nombre d’Épées Sacrées sur le terrain ne fera qu’inviter le chaos ! »

« Vous trois, cessez ça ! » Chastille avait fait entendre sa voix rugueuse en réponse aux répliques des Chevaliers Angéliques.

En regardant ceux qui s’étaient tus sans hésitation, le vieux cardinal avait poussé un soupir funeste.

« Avez-vous tous l’impression que je n’ai aucun remords à devoir agir ainsi ? » Le cardinal Clavwell, qui semblait avoir encore plus vieilli, murmura comme s’il se lamentait.

« C’est..., » ainsi, les Chevaliers Angéliques n’eurent d’autre choix que de se taire en réponse.

Tout ce que je voulais... c’était protéger les gens qui criaient à l’aide... C’est pourquoi je suis devenu une Chevalière Angélique..., après avoir reçu une Épée Sacrée, elle était fière de son rôle en protégeant les masses innocentes de l’oppression déraisonnable des sorciers. Et avant même de s’en rendre compte, elle n’avait reçu rien d’autre que des ordres intitulés « doivent être éliminés » de l’Église, et elle n’était même plus capable de balancer son épée par sa propre volonté.

Et une seule phrase d’elle, comme quoi un sorcier n’était pas maléfique, avait causé ce tumulte massif précisément à cause de la loyauté dont elle avait fait preuve jusque-là.

Mais, avec ça, je suppose que j’ai au moins réussi à rembourser ma dette envers Zagan. Dans tous les cas, la formation de l’escouade d’asservissement serait grandement retardée. Il n’y avait aucune chance que ce sorcier astucieux ne prenne pas des contre-mesures contre l’Église, et elle avait dû au moins être capable de les aider en gagnant du temps.

Soudain, Chastille se souvint de l’elfe qui était à côté de Zagan. Même si c’était la femme de chambre du sorcier, elle agissait avec Chastille comme si elle était une amie. Et Chastille pensait qu’elles auraient vraiment pu être amies, si seulement elle n’avait pas été un Chevalier Angélique.

Bien qu’il soit beaucoup trop tard, une telle pensée chimérique lui traversa l’esprit.

Finalement, le cardinal Clavwell posa sa main sur l’épaule de Chastille.

« Chastille, ne faites pas cette tête résignée. Avec le temps, je crois que je pourrai faire retirer votre châtiment, » déclara le cardinal.

Chastille le fixa d’un regard ébahi lorsqu’elle entendit ces paroles pleines d’espoir.

« Qu’est-ce que... vous... ? » balbutia Chastille.

Le cardinal Clavwell regardait Chastille comme s’il veillait sur une fille bien-aimée.

« Une Épée Sacrée choisit son détenteur par sa propre volonté. Quelqu’un choisi par une Épée Sacrée ne languira pas éternellement dans la misère. S’il vous plaît, supportez ça pour l’instant. Ces vieux os vont à tous les coups rectifier la situation, » déclara Clavwell.

« ... Vos paroles sont bien plus que ce que je mérite, » répondit doucement Chastille.

L’Église était pervertie, mais il y avait peut-être encore un espoir de salut.

N’y avait-il pas au moins une personne qui s’était rendu compte de ça ?

Les coins de ses yeux devenaient chauds, mais l’expression du cardinal Clavwell restait sévère.

« Cependant, n’oubliez pas, Chastille. Je ne peux que tenter de vous protéger... sur le devant de la scène politique, » déclara-t-il.

« ... C-C’est à dire ? » demanda Chastille.

Le cardinal Clavwell avait poussé un soupir solennel, puis lui avait dit ce qu’il voulait dire d’un ton presque effrayant. « Le membre le plus terrible des Archanges, Raphaël Hyurandell, se dirige par ici. »

La simple mention de ce nom avait fait déglutir et frissonner Chastille.

Il s’agissait d’un grand homme qui avait continué à développer sa légende jusqu’à la cinquantaine. Encore plus que ses compétences à l’épée, sa nature cruelle avait fait que les mots « le plus terrible » soient attachés à son nom.

Le cardinal Clavwell l’informa ainsi de son arrivée imminente.

« La plupart des critiques à l’égard des Archanges ne deviennent jamais quelque chose de notoriété publiques. Cependant, j’ai entendu beaucoup de mauvaises rumeurs à son sujet, » déclara Clavwell.

L’homme que l’on craignait au point d’être appelé « le plus terrible » voyageait vers l’apostat Chastille.

Purger..., un seul mot imbibé de sang venait à l’esprit de Chastille, mais ce que le cardinal Clavwell avait à dire différait de cela.

« On dit qu’il essaie de créer une nouvelle force au sein de l’Église en rassemblant des individus partageant les mêmes idées. »

En entendant ces paroles, Chastille avait ouvert en grand ses yeux. Elle ne savait pas combien s’étaient joints à lui jusqu’à présent, mais il s’agissait de l’Église qui avait déclaré que les sorciers étaient tous mauvais. Parmi les Chevaliers Angéliques et les prêtres, il y en avait probablement beaucoup qui sympathiseraient avec ses idées.

L’Archange le plus redoutable s’emparerait d’encore plus d’autorité... Et vu le minutage de tout...

Il peut devenir un flambeau. La trahison de la Vierge à l’Épée Sacrée n’avait pas pu être rendue publique. Après tout, si un autre Archange l’abattait, ces rumeurs deviendraient un véritable tremblement de terre et secoueraient le monde. L’Église chancellerait grandement après ça.

Mais pour une fois, j’ai quand même suivi mon cœur. Son avenir s’était assombri et s’était refermé sur elle, mais elle ne ressentait aucun regret.

***

Partie 2

« Où... suis-je... ? » La jeune fille, Valefor, murmura ces mots en ouvrant les yeux d’un air hébété.

Il s’agissait d’une pièce du château de Zagan. Jusqu’à tout récemment, il y avait des spécimens d’étranges créatures et des éprouvettes qui avaient été utilisées dans des expériences pour les créer éparpillés un peu partout, mais à l’heure actuelle, elle ne contenait que des meubles simples et un lit. Elle semblait avoir été préparée en tant que chambre d’amis.

Les visiteurs de Zagan étaient pour la plupart des assassins qui visaient ses connaissances et son statut ou d’autres voyous, alors il pensait qu’il n’y avait aucune raison de préparer une chambre d’amis, mais Néphy avait dit : « Est-ce que le Seigneur Barbatos ne vient jamais ? » Alors qu’elle remettait la pièce dans un état propice.

Zagan avait l’intention de ne jamais laisser cette méchante personne utiliser la pièce que Néphy avait embellie, mais même ainsi, il y avait toujours la possibilité que d’autres passent le voir.

Je pense aussi que les amies de Néphy pourraient ainsi venir la voir, par exemple, il y avait la vendeuse du magasin de vêtements de Kianoides, dont le nom venait d’être mentionné pendant le déjeuner, ainsi que la Chevalière Angélique Chastille. Il n’y avait aucune chance que Zagan les repousserait si elles se présentaient sur le pas de sa porte.

Dans cette chambre d’amis, Zagan et Néphy étaient alignés l’un à côté de l’autre pour veiller sur l’état de santé de Valefor.

Le regard de la petite fille errait dans la pièce bien rangée. Elle était clairement confuse.

Et en regardant ça, Zagan s’était senti soulagé. Ah, bonté divine. Elle est vivante.

Bien sûr, Néphy avait confirmé qu’elle était vivante, et Valefor respirait également pendant son sommeil, mais il avait peur qu’elle ne se réveille jamais.

Zagan avait essayé de ne pas voler la vie de son adversaire. C’était pour le bonheur de Néphy, mais il y avait aussi le problème du nettoyage des cadavres qui se trouvaient dans son domaine. C’était la raison pour laquelle il les avait presque tous légèrement frappés avant de les jeter dehors, mais cela dit, il n’avait jamais vraiment confirmé s’ils avaient survécu à tout ça.

Mais ce n’était pas comme s’il n’avait pas eu confiance en son contrôle !

Cette jeune fille nommée Valefor était allongée dans son lit, sans son armure ni sa robe. Tout ce qu’elle portait sous l’armure en papier mâché était une vieille chemise. Elle n’avait même pas de pantalon.

Comme elle était enfant, elle ne portait probablement que le minimum requis pour revêtir son armure.

Ses cheveux verts étaient noués en tresses épaisses, et deux cornes sortaient vers l’arrière par les ouvertures de ses cheveux. Ses yeux, qui avaient finalement été rendus visibles, étaient dorés, et sa taille n’était qu’à peu près au niveau de la taille de Zagan.

D’après son apparence, à part les cornes sur sa tête, il s’agissait d’une enfant humaine.

 

 

« ... E-Espèce de salaud ! » Elle avait probablement fini par reprendre ses esprits. Les yeux dorés de Valefor s’ouvrirent en grand et elle s’élança en l’air afin de frapper Zagan.

« ... Hmm ? Eh bien, si tu es aussi énergique, alors je peux supposer que tu dois aller très bien. » Et pourtant, Zagan avait arrêté ce poing avec des mouvements lents.

Bien qu’on puisse l’appeler un poing, c’était léger, et même s’il l’avait frappé, il aurait eu, tout au plus, le charmant pouvoir destructeur d’une jeune enfant.

Cependant, Zagan pouvait sentir de la puissance dans ce bras qui aurait probablement réduit un sorcier moyen en viande hachée.

Et bien, c’est après tout une sorcière.

Ceux qui voulaient devenir sorciers avaient commencé par améliorer leur propre corps. Ils allongeraient leur durée de vie, gagneraient assez de puissance pour fracasser même une pierre, et obtiendraient un corps qui pourrait prévenir les maladies et le besoin de dormir. Ce faisant, on pourrait éliminer tous les obstacles à leur recherche.

C’est pourquoi les individus ordinaires n’avaient aucune chance de vaincre un sorcier. Même s’ils pouvaient manipuler le feu et la foudre, leur force physique pure et leur vitesse étaient dans une autre catégorie. Si Zagan n’avait pas bloqué son poing, la pièce aurait probablement été en mauvais état.

Cependant, l’atmosphère était quelque peu tendue. Cette fille, Valefor, était une sorcière du même calibre que Barbatos et Zagan avant de succéder à Archidémon Marchosias. Elle était à un autre niveau qu’un sorcier ordinaire ou bandit. En gros, il s’agissait d’un ennemi qui méritait la prudence.

Mais ce n’est qu’une gamine...

Elle était toute petite et ses joues avaient l’air d’être à la fois douces et molles. Semblait-il qu’elle soit une authentique enfant.

Zagan ne savait pas vraiment s’il devait essayer de l’écraser ou d’être gentil avec elle.

Dans tous les cas, elle était difficile à traiter. Alors même qu’il arrêtait son poing, Valefor fit entendre une voix menaçante avec un « Grrrr », ce qui fit que Zagan se gratta la joue.

« Hmph. Montre donc un peu de gratitude à Néphy. Je n’ai aucune pitié, même si mon adversaire est une morveuse, donc si Néphy n’avait pas plaidé pour ta vie, ta tête serait coupée et je t’aurais déjà jetée dehors, » déclara Zagan.

En raison de ces seuls mots, Valefor avait finalement semblé comprendre qu’elle était « autorisée à vivre ». Et que si Zagan en avait envie, même à cet instant précis, il pourrait l’achever.

Je ne peux pas faire quelque chose d’aussi cruel devant Néphy !

Et finalement, le poing qu’elle avait projeté vers lui avait commencé à perdre de sa force.

« ... Pourquoi ? » C’était une voix ayant un zézaiement enfantine qui correspondait à son apparence qui s’était fait entendre. La voix étouffée qu’elle avait avant était probablement une sorte de pouvoir présent dans le masque, quelque chose qui avait été fabriqué exprès afin de dissimuler la vérité.

Et en réponse à la question de Valefor, Zagan pencha la tête sur le côté.

« Pourquoi... quoi ? » demanda-t-il.

« Je suis venue ici... pour vous tuer. Pourquoi ne m’avez-vous pas... tuée pour m’être opposée à vous ? » demanda Valefor.

Zagan avait ensuite plissé ses sourcils comme s’il n’avait absolument aucun intérêt à cela.

« Je te l’ai déjà dit, non ? Néphy t’a sauvée. C’est pour ça que je t’ai laissée vivre. C’est tout simplement ça, » répliqua Zagan.

Il était clair comme de l’eau de roche que la mort d’une enfant par les mains de Zagan briserait le cœur de Néphy, même s’il ne faisait que se défendre. C’était vraiment bien que l’enfant s’en soit rendu compte avant de devoir la tuer.

Pourtant, je ne sens aucune hostilité ou haine..., comme elle avait été vaincue, il lui semblait normal que des sentiments de ressentiment et d’humiliation grandissent en elle.

Il se pouvait qu’elle ait simplement perdu sa volonté de se battre, mais personne ne pourrait imaginer qu’elle était une sorcière qui visait la vie de Zagan il y a quelques minutes à peine.

Au contraire, Valefor faisait une tête plus perplexe que Zagan lui-même.

Et tandis qu’ils se tenaient tous les deux là, confus l’un par rapport à l’autre, Zagan jeta ses doutes vers elle.

« Alors, que planifiais-tu en m’attaquant ? » demanda Zagan.

« ... »

Elle avait déclaré qu’elle prendrait le pouvoir d’un Archidémon, mais la plupart des sorciers n’insistaient pas tant que ça sur le pouvoir. Non, il aurait peut-être été préférable de dire que la définition du pouvoir d’un sorcier moyen était différente.

Ce que les sorciers cherchaient, c’était l’accumulation de connaissances et de techniques. La plupart ne s’intéressaient pas à la puissance afin de combattre les autres.

C’était ainsi parce qu’en acquérant des connaissances, les sorciers allaient automatiquement acquérir de la puissance. Le pouvoir était quelque chose qui venait tout seul à travers le processus d’acquisition des connaissances. Le pouvoir de se battre était un moyen viable de faire obéir les autres, mais il n’était pas très utile pour la poursuite de la connaissance.

L’acquisition du savoir avait le même sens que l’acquisition du pouvoir, mais l’inverse n’était pas vrai.

Et pourtant, ce que Valefor convoitait, c’était la « puissance pour se battre ».

Le pouvoir d’un Archidémon était une grande quantité de mana accordée par le Symbole de l’Archidémon, et non pas les connaissances. Il y avait aussi ceux comme Barbatos qui visaient le statut et les atouts d’un Archidémon, mais c’était déconcertant pour un sorcier de convoiter le pouvoir en lui-même.

Et, tandis que Zagan la regardait fixement, le corps de Valefor s’était raidi comme si elle avait peur.

En la regardant comme ça, elle n’est vraiment qu’une enfant, n’est-ce pas ?

Peu importe comment il la regardait, elle n’avait pas l’air d’une sorcière qui pouvait même cracher un souffle de dragon.

Et pendant que Néphy lui donnait un peu de réconfort, Valefor ouvrit la bouche comme si elle gémissait.

« Je voulais... du pouvoir, » déclara Valefor.

« Je vois. Cependant, je ne pense pas que c’est quelque chose que la plupart des sorciers souhaiteraient vraiment, n’est-ce pas ? » demanda Zagan.

Les sorciers étaient devenus forts simplement pour se protéger. Avec leurs durées de vie allongées, ils avaient besoin de pouvoir afin de protéger leur propre corps et leurs biens.

Ce n’était ni un moyen ni une fin en soi. Ce n’était pas quelque chose que l’on convoitait au point de risquer sa vie.

De toute évidence, il y avait des exceptions dans le monde.

Quand Zagan le lui avait fait remarquer, Valefor avait murmuré quelque chose, comme si elle avait été remplie par de la honte.

« Parce que... je suis faible. C’est pourquoi... j’ai besoin... de puissance. »

« Je vois. Donc tu as besoin de pouvoir pour vivre ? » demanda Zagan.

Cela semblait contredire la notion générale de sorciers, mais Zagan était convaincu par cette réponse. En premier lieu, Zagan était déterminé à polir son propre pouvoir afin d’atteindre l’immortalité.

En d’autres termes, une soi-disant « exception qui se concentrait davantage sur le pouvoir que sur la connaissance » se référait à Zagan lui-même.

Ce qui voulait aussi dire qu’il n’était pas vraiment nécessaire que son ennemi soit Zagan ou Néphy, c’était probablement la raison pour laquelle elle n’avait en elle aucune hostilité ou haine.

« Alors, pourquoi m’as-tu pris pour cible ? Je suis un Archidémon, ne penses-tu pas que tu n’étais pas prête à me défier ? » demanda Zagan.

« Zagan, vous êtes un tout nouvel Archidémon. Et si le surnom de “Tueur de Sorciers” était vrai, alors vous auriez dû être faible contre quelqu’un qui n’était pas un sorcier, » déclara Valefor.

« C’est pour ça que tu pensais que même toi tu pouvais me vaincre ? » demanda Zagan.

Comme Zagan répondait d’une manière dominatrice, Valefor hocha la tête. Puis, ses mains tremblaient légèrement.

J’ai l’impression d’intimider les faibles ou quelque chose dans le genre.

Ça ne m’a pas vraiment fait du bien. Zagan était la personne dont la vie était visée, mais il avait l’impression qu’il était celui qui faisait quelque chose de mal. Il ne savait pas vraiment comment décrire une telle situation. Dans tous les cas, cela l’avait déstabilisé.

« Tu as eu une bonne idée, mais tu es bien trop faible pour me tuer, » déclara Zagan.

« ... » Valefor ne répondit pas, mais elle se mordit la lèvre.

Et, alors que Zagan se penchait en arrière en joignant ses mains derrière sa tête, il lui demanda ce qui pesait le plus dans sa tête.

« Au fait, tu es une dragonne, non ? » demanda Zagan.

Au début, le corps de Valefor avait tremblé.

« ... C’est vrai. »

« Quand je pense qu’il y avait encore un spécimen vivant dans le coin, hein. Ne devenez-vous pas beaucoup plus forts que les humains avec le simple passage du temps ? Pourquoi convoites-tu autant le pouvoir ? » demanda Zagan.

Rien qu’en vivant, les dragons atteindraient des sommets au-delà de la compréhension de l’intellect humain. Ils n’avaient même pas besoin d’accumuler des connaissances comme des sorciers. Selon les légendes, il avait été écrit qu’un dragon qui avait vécu pendant dix mille ans avait même tué et mangé un dieu.

Ainsi, le fait de se lancer dans un combat avec une faible chance de victoire ressemblait davantage à quelque chose qu’un être humain aurait fait.

Et même pire que ça, elle est pressée ? Par hasard, elle avait peut-être une raison de devenir plus forte tout de suite.

Après avoir entendu Zagan parler, Valefor avait baissé la tête alors qu’elle avait même les larmes aux yeux.

« Je le veux..., » commença Valefor.

Il semblait qu’elle ne voulait pas qu’on en entende parler. Sa silhouette frêle alors qu’elle fixait son regard vers le bas ne ressemblait en rien à un sorcier, et encore moins à un dragon.

« Ah, je vois ! » En regardant cette silhouette, Zagan avait enfin compris la source de son malaise.

Cette fille... c’est ça. Elle est comme moi quand on m’a surpris en train de voler de la nourriture ! Ce n’était rien d’aussi scandaleux que de l’avoir comme ennemi ou qu’elle lui en veuille ou quoi que ce soit d’autre.

C’était comme si elle avait tout simplement faim et parce qu’il n’y avait pas d’autre moyen, elle avait essayé de voler de la nourriture, mais avait échoué, ou alors, elle avait essayé de voler des objets de valeur, mais sa cible avait fini par être un brigand. Quoi qu’il en soit, elle était la même qu’un enfant qui était tombé dans une situation où ils payaient pour leur propre erreur.

Zagan s’était souvenu d’avoir vécu la même chose un nombre incalculable de fois, alors il l’avait compris au point où ça lui avait fait mal.

Et, alors qu’il arrivait à la comprendre, de son côté, Néphy inclina la tête sur le côté.

« Maître Zagan, quelque chose ne va pas ? » demanda Néphy.

« Non, je parle tout seul, » répondit Zagan.

Ah, je vois, j’ai compris. C’est comme si elle avait trouvé une cible facile, alors elle a essayé de s’en prendre à elle, mais elle a été frappée sans merci et a fini au bord des larmes. C’est logique.

S’il avait tout simplement remplacé l’expression « Je veux de la puissance » par « Je veux de la nourriture », alors il comprenait bien sa situation.

Après tout, quand on avait faim, on n’était pas d’humeur à se mettre en colère.

Bien sûr, ce que cette petite fille avait fait était mal, mais plutôt que de crier « Qu’est-ce que tu vas faire à ce sujet », il valait mieux la gronder pour avoir fait quelque chose de mal.

Puisque Zagan le traitait comme s’il parlait à un autre sorcier ou à un ennemi, il était sur les nerfs. Alors qu’en fait, son hypothèse de départ était incorrecte.

Ainsi, il est devenu évident quant à la manière dont je dois la traiter. Et tout en pensant à quel point il était absurde pour lui de faire toute une scène comme il l’avait fait, Zagan s’était mis à grogner avec un « Hmph ».

« Eh bien, peu importe. Mais plus important encore, tu m’as défié, moi, un Archidémon. Tu devrais être puni pour ça, » déclara Zagan.

« Maître Zagan, euh..., » tandis que Néphy faisait entendre sa voix comme si elle voulait implorer quelque chose, Zagan lui renvoya simplement un signe de tête comme s’il avait déjà compris.

Et quel genre de traitement horrible avait-elle fini par imaginer ? Valefor s’était soudain mise à trembler, les larmes aux yeux, face à cette pensée.

Et donc, comme s’il rendait un jugement sur cette petite fille, Zagan déclara ce qui suivit. « Pendant une semaine à partir de maintenant, je t’ordonne d’assister Néphy ! »

« « ... Hein ? » » Néphy et Valefor avaient toutes deux fait entendre des voix étonnées en réponse à ses paroles.

« Il nous manque des mains pour nettoyer, non ? » demanda Zagan.

« Eh, ah, euh, eh bien, oui..., » tandis que Néphy hochait la tête de haut en bas, Zagan s’inclinait en arrière et hochait la tête en réponse.

« Alors, tu peux utiliser cette fille comme bon te semble, » déclara Zagan.

Si Valefor n’était pas hostile envers Zagan, ce n’était pas non plus comme si elle était obsédée par le siège d’un Archidémon. Dans ce cas, il n’y avait aucune raison d’aller jusqu’à la tuer.

S’il devait infliger une punition pour un enfant, alors quelque chose comme ça était acceptable.

Et pendant qu’elle aiderait, cela serait probablement bien si elle pouvait apprendre ce qu’elle pouvait faire et ce qu’elle ne pouvait pas faire.

Zagan n’était pas quelqu’un qui avait le droit de prêcher sur le concept du bien et du mal, mais il serait au moins capable de lui enseigner le bon sens et les règles du point de vue d’une personne méchante. Comme son adversaire était une enfant, Zagan pensait qu’il était temps qu’il mette le pied à l’étrier à l’âge adulte.

Si elle répétait les mêmes choses après ça, alors Zagan considérait qu’il aurait déjà tout fait pour elle. Si elle était capable de mieux comprendre comment se conduire, alors cela serait une bonne chose en soi.

Et, alors que Zagan lui déclarait ça, Valefor avait fait une grimace comme si elle ne pouvait pas le croire puis elle avait parlé.

« Vous... n’allez pas... me manger ? » demanda-t-elle.

En entendant de telles paroles inattendues, Zagan s’était senti choqué.

« ... Attends un peu. Pourquoi mangerais-je quelqu’un comme toi ? » Zagan était conscient que son visage avait l’air maléfique, mais il n’était pas question qu’on parle de lui comme d’une personne qui mangerait des enfants en entier.

Valefor avait alors ouvert la bouche comme s’il lui était difficile de mettre ses pensées en mots.

« Si les humains... consomment du sang de dragon frais... ils deviennent plus forts..., » déclara Valefor.

« Ah, maintenant que tu en parles, j’ai déjà entendu ça auparavant, » déclara Zagan.

Si l’on se douchait dans le sang des dragons, alors on deviendrait immortels, ou si l’on mangeait de la viande de dragon, alors on obtiendrait un mana illimité, ou si l’on mangeait de l’os de dragon bouilli, alors toute maladie pourrait être soignée. Depuis des temps immémoriaux, il y avait eu un nombre incalculable de légendes similaires.

En vérité, lorsque Valefor avait transformé ses bras et ses jambes en ceux d’un dragon, Zagan pensait à la possibilité qu’elle soit une sorcière qui avait recours à une telle méthode.

Est-ce pour ça qu’elle a si peur ?

Si un humain la capturait, même s’ils étaient capables de communiquer, elle avait l’impression qu’elle ne s’en sortirait pas vivante.

La raison pour laquelle une si jeune fille utilisait cette armure et ce masque en papier mâché pour créer une telle silhouette était probablement due à ce fait. Il s’agissait de la même chose que Néphy qui était visée parce qu’elle était une elfe.

Même si elle était un dragon, Valefor était probablement encore un spécimen très jeune. Elle devait être classée dans la catégorie des dragons juvéniles. Elle n’était pas quelqu’un qui pouvait tenir tête à un Chevalier Angélique ou à un sorcier qui possédait un pouvoir significatif. C’est pourquoi il fallait cacher sa véritable identité. La raison pour laquelle elle avait même utilisé la sorcellerie des humains était aussi afin de se protéger.

Et en y repensant ainsi, il était évident pour cette jeune fille d’insister sur le fait d’obtenir la puissance de se battre.

Après avoir réfléchi à tout cela, Zagan avait dégluti avec un « Hmph ».

« Ne te moque pas de moi. Que ce soit un dragon ou un humain, tout ce que j’obtiendrais en mangeant une morveuse comme toi serait un mauvais arrière-goût. » Tandis qu’il l’informait de ses pensées, les larmes coulèrent à nouveau dans les yeux de Valefor.

C’est pourquoi je déteste avoir affaire à des enfants... Zagan s’était ensuite rappelé qu’il y avait des enfants plus âgés qui s’occupaient à l’époque de lui lorsqu’il fouillait les ordures et commettait des vols sur les routes.

Si cela avait été eux, alors que feraient-ils à ces moments-là ?

Lâchant un petit soupir, Zagan avait ouvert la bouche pour parler.

« Néphy, reste-t-il quelques choses du déjeuner ? » demanda Zagan.

« Oui. Il reste encore du pain et de la soupe, » répondit Néphy, ses oreilles tremblant comme si elle se demandait pourquoi il demandait une telle chose.

Et puis, Zagan l’avait brusquement informée de ses plans.

« ... Apporte-le-lui, » déclara Zagan.

Après avoir cligné des yeux en raison de la surprise, Néphy avait fait rayonner un sourire vers Zagan.

« Oui ! Je l’apporterai ici après l’avoir réchauffée, » déclara Néphy, puis elle quitta rapidement la pièce avec un bruit de pas continue.

Il ne restait plus que Zagan, qui faisait une tête un peu grincheuse, et une Valefor étonnée.

« Qu’est-ce que... vous planifiez ? » demanda Valefor.

« Tu ne le sais pas ? C’est ce qu’on appelle la charité. C’est la pitié accordée aux faibles par les forts, » déclara Zagan.

Zagan avait pensé à une meilleure façon de la réconforter, mais seul ce discours hautain s’échappait de sa bouche.

Alors que Zagan était un enfant abandonné, un garçon avait partagé son pain avec lui quand Zagan pensait qu’il allait mourir de faim. Il avait ressenti cela comme s’il avait été sauvé d’une manière non négligeable par cette action. Même maintenant, je me souviens encore du goût de ce pain.

Valefor n’était pas particulièrement affamée, mais Zagan croyait qu’un repas lui permettrait de se détendre.

Il ne se souciait pas vraiment de savoir si cette enfant le détestait ou l’aimait, mais ce n’était pas amusant si elle avait tout le temps peur de l’impensable. C’est pourquoi il avait pensé à faire la même chose que ce garçon.

Valefor avait fait une grimace comme si elle ne savait pas si elle devait être en colère ou effrayer, mais Néphy était vite revenue avec une charrette, lui apportant à manger.

« Voilà pour toi, » déclara Néphy.

En regardant le plat que Néphy lui présenta, le visage de Valefor fut finalement teinté par l’humiliation.

« Juste pour que tu saches, je déteste plus que tout les individus qui gaspillent la nourriture. Et c’est encore pire si tu gaspilles la cuisine de Néphy... Je vais te tuer si tu le fais, est-ce compris ? » Ces paroles étaient ses vrais sentiments, et Valefor trembla d’un frisson quand elle reçut l’assiette de soupe.

Après cela, elle ramassa prudemment la cuillère et prit un peu de soupe.

« Ah... C’est... savoureux, » murmura Valefor.

« Hmph. Bien sûr que ça l’est, » tandis que Zagan hochait la tête en se vantant, le bout des oreilles de Néphy devinrent légèrement rouge.

« Je suis honorée, » déclara Néphy, timidement.

Alors qu’il était devenu un peu gêné, Zagan s’était levé.

« Dans ce cas, je retourne aux archives. Quand tu auras fini de manger ça, suis Néphy dans son travail, » déclara Zagan.

Et, alors qu’il s’apprêtait à quitter la pièce comme ça, Valefor avait fait entendre une voix déconcertée.

« A-Attendez, » déclara Valefor.

« ... Qu’est-ce qu’il y a maintenant ? » demanda Zagan.

« Ne craignez-vous pas... que j’attaque cette femme ? Non, même si je ne le fais pas, ne croyez-vous pas que je vais tout simplement m’enfuir ? » demanda Valefor.

« Fais donc ce que tu veux, » répondit Zagan sans la moindre inquiétude.

« Si tu comprends les implications de me fuir quand je connais ton secret, ou même si tu ne le comprends pas, alors c’est correct pour toi de le faire, » déclara Zagan.

C’est quelque chose que Valefor elle-même avait dit. Si un jeune dragon agissait imprudemment, il serait plus facile de le cibler qu’une elfe.

Par contre, je n’ai pas vraiment l’intention de répandre des rumeurs.

Mais même ainsi, s’il la relâchait sans aucune punition, tout le temps qu’il passait à tourmenter ces intrus serait gaspillé.

La raison pour laquelle il lui avait ordonné de nettoyer à titre de punition n’était que ce niveau de préoccupation. De plus, Néphy serait en mesure de lui enseigner les tenants et aboutissants du monde bien mieux que lui.

Et par la suite, Zagan désigna Néphy de son regard.

« Et aussi —, » continua-t-il.

La réponse à son autre question était extrêmement claire.

« On dirait que tu ne comprends pas bien les choses ici. Néphy est bien plus forte que quelqu’un comme toi, d’accord ? » déclara-t-il.

Cela aurait peut-être été une autre histoire si c’était la même Néphy qu’il avait rencontrée au départ, mais à l’heure actuelle, Néphy possédait la volonté de vivre. Ainsi, Néphy avait même surpassé un Chevalier Angélique. De plus, la barrière de ce château était naturellement aussi en train d’agir pour protéger Néphy.

Vaincre Néphy dans le domaine de Zagan était quelque chose qui serait même difficile pour quelqu’un qui maniait une Épée Sacrée.

Quittant Néphy et la petite fille stupéfaite, Zagan s’était dirigé vers les archives.

***

Partie 3

Cela dit, ça ne va-t-il pas se transformer en quelque chose de dangereux ?

Quelques heures plus tard, après avoir quitté la pièce, Zagan s’inquiétait de la façon dont Néphy et Valefor allaient et ainsi, il s’était retrouvé à les observer de loin. Pour ce qui était des capacités, il ne croyait pas que Néphy allait perdre, mais il ne savait pas ce qui se passerait si Valefor lançait une attaque-surprise.

Après avoir commencé à réfléchir à de telles choses, il était devenu incapable de rester concentré sur ce qu’il cherchait, et en conséquence, il avait fini par effacer sa présence et il les avait suivis en cachette.

Actuellement, il semblerait qu’elles étaient en train de ranger la vaisselle et de faire les préparatifs pour le dîner. La raison pour laquelle il y avait une part un peu plus importante que d’habitude était probablement parce que même la part de Valefor était en cours de préparation.

Il semblait également que Valefor avait jugé qu’il ne serait pas sage de défier Zagan et Néphy. Elle aidait au nettoyage, comme il l’avait ordonné.

Au fait, elle portait une robe en ce moment. D’une certaine façon, la taille de celle qu’elle portait depuis le début correspondait à sa taille en utilisant la sorcellerie. Non, c’était peut-être sa taille d’origine, et elle l’avait juste agrandie pour correspondre à l’armure.

En tout cas, ce n’était pas une tenue qui l’empêchait de bien la voir.

« Valefor, s’il te plaît, replace cette assiette. »

« ... Foll me convient très bien, » il semblerait qu’elle ne se méfiait pas autant de Néphy que de Zagan, alors que Valefor déclara ça d’un ton timide. Et après ça, elle s’était mise à marmonner avec un bégaiement. « Euh, Néphy... as-tu fait... la soupe ? »

« Tout à fait. C’est moi seule qui fais tous les repas ici, » répondit Néphy.

« C’était... très bon, » déclara Valefor.

Elle semblait dire que c’était bien de l’appeler par son surnom, c’était sa propre façon de montrer sa gratitude.

« Je vois. Je suis contente que ça t’ait plu. » Bien que le visage de Néphy soit resté sans expression, le bout de ses oreilles pointues tremblait lorsqu’elle hochait la tête.

« Alors, Foll, occupe-toi de ça, » déclara Néphy.

 

 

« ... Hmm. »

Même si elle était un dragon, son apparence était celle d’une petite fille. Pour Zagan, la représentation d’elle aux pieds de Néphy était quelque peu charmante. Et pendant qu’il était absorbé par la scène, Néphy avait posé une question à Valefor.

« Trouves-tu... que le Maître Zagan est effrayant ? » demanda Néphy.

« ... Hmm. »

« Maître Zagan a l’air effrayant, mais en vérité, il est vraiment gentil, tu sais ? » déclara Néphy.

Et bien, quand Néphy avait rencontré Zagan pour la première fois, elle avait aussi eu très peur. Zagan était conscient de son visage maléfique, il n’était donc pas étonnant qu’elles en aient eu peur.

Cependant, Valefor secoua la tête énergiquement. Ses tresses vertes se balançaient comme des queues derrière elle.

« Son visage n’est pas effrayant. En fait, je l’appellerais beau si son visage pouvait davantage s’ouvrir, » déclara Valefor.

« Vr... vraiment ? » Il aurait vraiment eu le visage d’un monstre s’il avait pu agir ainsi.

Je vois... C’est donc une différence sur le plan esthétique, alors..., même s’il était traité de bel homme selon les critères du dragon, le fait d’être reconnu comme inhumain au contraire l’avait rendu déprimé.

Et, alors que Néphy inclinait la tête sur le côté, Valefor continuait à parler.

« Ce qui fait peur... c’est sa puissance. Je n’arrivais pas à le toucher... le moindrement, » déclara Valefor.

Et c’était aussi une réaction assez naturelle. Et bien, je suppose que c’est déraisonnable de ne pas avoir peur de celui qui t’a frappé, hein ?

C’était au moins bien qu’il lui ait fait comprendre qu’il ne ferait rien comme l’enlever et la manger.

En voyant Valefor ainsi, Néphy lui parla doucement. « Ce n’est pas grave. Maître Zagan n’est pas celui qui manie son pouvoir sans raison. »

En entendant ça, même Zagan avait penché la tête sur le côté. Hein ? Suis-je comme ça ? Il faisait de son mieux pour ne tuer personne devant Néphy, mais il avait quand même réduit les bandits et les sorciers qui ne connaissaient pas leur place en cendres.

Et pourtant, Valefor hocha la tête en réponse.

« ... Hmm. Il ne m’a même pas montré... un fragment de sa vraie force, » déclara Valefor.

Je ne vais pas frapper un enfant de toutes mes forces ! Il s’y était fermement opposé, mais il ne pouvait rien dire après l’avoir déjà frappée une fois. S’il avait su qu’elle était une si petite enfant, il aurait réfléchi à une meilleure façon de s’occuper d’elle la première fois...

Valefor murmura alors quelque chose dans la confusion. « ... Un humain bizarre. »

« Tu as raison, c’est un gentleman mystérieux. » Comme on pouvait s’y attendre, Néphy savait choisir ses mots.

Et pendant que Zagan sentait que cela le guérissait, Néphy avait une fois de plus posé une question. « Foll, qu’est-ce que tu comptes faire à partir de maintenant ? »

« ... Je ne sais pas. Je suis bien trop faible... pour viser les autres Archidémons. »

« En fin de compte, as-tu vraiment besoin de puissance ? » demanda Néphy.

« ... Hmm. »

C’était comme si c’était une enfant perdue... Non, c’était une enfant. Quoi qu’il en soit, entendre cette voix avait rendu Zagan mal à l’aise.

Je croyais que les dragons de la légende... étaient censés être des créatures plus patientes.

Il s’agissait d’une race légendaire dont on disait qu’elle vivait plusieurs centaines, voire plusieurs milliers, et si les circonstances le permettent, même des dizaines de milliers d’années. Et pourtant, il avait l’impression que Valefor ressentait de l’impatience à l’échelle d’un humain.

Tout d’abord, pourquoi un jeune dragon fait-il semblant d’être un sorcier sur des terres humaines ? C’était une histoire déconcertante, peu importe comment on le disait. Et pendant qu’il réfléchissait profondément à cette question, Valefor posa une question à Néphy.

« Néphy, pourquoi suis-tu cet homme ? »

« J’ai été... achetée par Maître Zagan et il m’a amenée ici. Pourtant, Maître Zagan ne me traitait pas comme une esclave, mais comme une personne normale. C’est comme ça que je sais... que c’est ici que je suis à ma place, » répondit Néphy.

« ... Je vois, » pour une raison inconnue, cette voix semblait à la fois triste et envieuse selon Zagan.

Néphy pensait probablement la même chose. Arrêtant ce qu’elle faisait, elle s’était accroupie devant Valefor et elle aligna son regard sur le sien.

« Foll, n’as-tu pas un endroit comme ça ? » demanda-t-elle.

« ... Non, » répondit-elle, sa voix tremblant de tristesse.

C’est pour ça que je déteste les mômes...

Zagan ne pouvait que faire une grimace maussade en apprenant davantage sur une situation dont il ne voulait pas faire partie.

***

Partie 4

Plusieurs jours s’étaient écoulés. Valefor était encore un peu effrayée, mais elle semblait avoir baissé sa garde au point où Zagan pouvait avoir une conversation normale avec elle. Ainsi, elle écoutait les ordres de Zagan sans se plaindre, comme elle le faisait auparavant avec Néphy.

Comme Zagan lui-même ne lui donnait jamais d’ordres extrêmes, elle travaillait avec obéissance comme assistante de Néphy dans la plupart des tâches. Il semblait que lorsqu’on la laissait seule avec Néphy, elle parlait beaucoup.

C’est probablement mieux pour Néphy d’avoir une autre fille avec qui passer du temps. C’est pourquoi Zagan les avait tout simplement laissées toutes les deux seules.

Et aujourd’hui, il lisait à nouveau un grand nombre de tomes dans les archives, mais...

« Donc, c’est le dernier des livres que j’ai ramené du château de Marchosias, Hmm, » déclara-t-il.

Il avait presque fini de lire tous les nouveaux livres qu’il avait trouvés dernièrement.

Mais il n’y avait aucune information sur les démons ou l’Emblème de l’Archidémon, comme il le pensait, il semblait nécessaire qu’il cherche une fois de plus à retourner où se trouvait l’héritage de Marchosias.

Cependant, lorsqu’il l’avait parcouru la dernière fois, il n’avait rien trouvé de plus remarquable que ce qu’il avait déjà. S’il y allait sans penser à quoi que ce soit de nouveau, il obtiendrait probablement les mêmes résultats.

« Si j’avais... un autre sorcier..., » L’ancien Zagan n’aurait jamais pensé à une telle chose. Il lui fallait un sorcier qui possédait des connaissances différentes de lui, et pensait d’une manière différente. C’était un problème que sa disciple personnelle, Néphy, ne pouvait résoudre.

Quand il pensait aux sorciers autres que lui-même, le premier qui lui venait à l’esprit était son ami indésirable, Barbatos, mais rien de bon ne pouvait venir s’il lui montrait l’héritage d’un Archidémon.

Ensuite, un autre visage lui était venu à l’esprit, mais jusqu’à quel point pourrait-il leur faire confiance ? C’était difficile de se décider.

Et puis, Zagan avait pensé à une autre approche du problème. Peut-être devrais-je me pencher sur un autre domaine que la sorcellerie ? La première chose qui lui était venue à l’esprit comme voie potentielle était l’Église.

C’était une organisation qui vénérait un soi-disant « dieu unique » et revêtait ses membres d’une Armure Sacrée qui leur donnait assez de pouvoir pour s’opposer à un sorcier. Bien sûr, c’était aussi une existence que l’on pourrait appeler son ennemi naturel. Parmi eux, il n’y avait que douze Archanges qui portaient des Épées Sacrées. Et ce groupe serait même capable de rivaliser avec les Archidémons s’ils unissaient leurs forces.

Il ne serait pas étrange qu’ils aient des connaissances que les sorciers ne possédaient pas, mais même en tant qu’Archidémon, il n’était pas sage pour Zagan de marcher sur leur domaine.

Soudain, il se souvint du visage d’une certaine fille maladroite. Maintenant que j’y pense, a-t-elle été en sécurité après ça ? Chastille, la Vierge à l’Épée Sacrée, avait déjà combattu Zagan, mais pour une raison inconnue, elle était aussi l’amie de Néphy. Il avait fini par la sauver après sa capture par Barbatos, mais il ne savait pas exactement ce qui lui était arrivé après ça.

Et bien, rien de bon ne peut sortir d’une rencontre entre un Chevalier Angélique et un sorcier.

C’était une fille qui était beaucoup trop sérieuse de la façon la plus étrange. Il pensait qu’il valait mieux pour les deux qu’ils ne se rencontrent pas, mais il ne pouvait s’empêcher de se rappeler qu’elle avait fait de son mieux pour permettre à Zagan de s’échapper lors de leur dernier combat.

S’ils se rencontraient à nouveau, elle pourrait une fois de plus hésiter à tuer Zagan, ou elle pourrait essayer de le couvrir étrangement à nouveau et finir par se mettre dans une situation dangereuse pour elle.

Ce n’est pas comme si Zagan le lui avait vraiment demandé, mais regarder quelqu’un tomber dans le désarroi à cause de lui lui avait laissé un mauvais goût dans sa bouche.

Alors, j’essaierai de demander à Néphy plus tard.

Vu sa position, ce serait plus pratique si elle était morte. Cependant, en tant que personne, il ne lui souhaitait aucun mal. L’idée qu’elle soit morte sans qu’il s’en rende compte l’avait rendu très triste.

Cependant, Zagan ne s’en souciait vraiment que dans cette mesure.

« Il y a un énorme tas de problèmes, hein... ? » Et alors qu’il disait cela et qu’il étendit ses bras pour se décontracter, la porte des archives s’était ouverte sans bruit.

Valefor, c’est ça ?

Dans une tournure rare des événements, elle était seule. Zagan se retourna pour faire face à la jeune fille, qui se tenait immobile en silence à l’entrée des archives.

« As-tu besoin de quelque chose ? » demanda Zagan.

« Le dîner... est prêt, » elle était prudente comme toujours, mais sa voix n’avait rien d’hostile.

Après avoir entendu cela, Zagan ferma le livre ouvert dans ses mains et hocha la tête.

« Je vois. Je vais y aller maintenant, » déclara Zagan.

Valefor continua à regarder Zagan tandis qu’il mettait le livre de côté et commençait à marcher vers la salle à manger.

« Valefor, on dirait que tu as quelque chose à dire, » déclara Zagan.

« Pourquoi... tu ne m’as pas tuée ? » demanda Valefor.

Il semblerait qu’elle avait un peu ouvert son cœur à Néphy, tout en soupçonnant Zagan.

Et Zagan n’avait fait que hausser les épaules et donner une réponse simple et courte. « Je l’ai dit plusieurs fois, n’est-ce pas ? Néphy t’aime beaucoup. C’est pour ça que je t’ai laissée vivre. »

« Alors quoi... tu penses que je n’essaierai jamais de t’attaquer par surprise ? » demanda Valefor.

Zagan fit un sourire amer en entendant ces mots. L’autre jour, il avait eu un échange similaire avec son ami indésirable Barbatos.

Bien qu’elle ait l’air d’une enfant, c’était une vraie sorcière quand il s’agissait de ce genre de choses.

Il pensait qu’il y avait quelque chose de mal à ce qu’un dragon se comporte comme un humain, mais Zagan avait simplement répondu en reniflant.

« Il y a un gars que je connais qui a dit quelque chose de semblable une fois. À l’époque, je lui ai dit de venir me voir n’importe quand. Il en sait beaucoup sur l’alcool, tu vois ? Ainsi, chaque fois que je le frappe, il apporte de l’alcool de qualité en compensation, » déclara Zagan, puis il avait finalement fait demi-tour vers elle.

« C’est pour ça que je vais te dire la même chose. Viens me voir quand tu veux. Chaque perte ajoutera plus de temps à ta peine, et tu devras donc continuer à travailler sous les ordres de Néphy, » continua-t-il.

Si Néphy s’attache à toi, ce serait génial si tu pouvais rester pour toujours ! Il n’avait absolument pas agi ainsi parce qu’il avait été ému par sa voix triste de l’autre jour.

Et l’expression de Foll devint menaçante en réponse à cette réponse hautaine.

« Ne t’inquiètes-tu pas... que j’aille voler tout ton satané savoir ? » demanda Foll.

Il y avait plus de dix mille livres dans ses archives. Après avoir eu accès à l’héritage de Marchosias, ce nombre n’avait fait qu’augmenter, de sorte que même Zagan n’avait plus une idée précise du nombre.

Les connaissances d’un sorcier... étaient en fonction de chacun des livres qu’ils détenaient.

Au fond, la sorcellerie avait pris de l’ampleur en rendant le cercle magique plus complexe. Bien qu’il soit également possible de ne pas utiliser un cercle magique et de le remplacer par un sort ou un appareil magique, la structure de base n’avait jamais changé.

Et ce qui avait fait appel à ces conceptions complexes... c’était la finesse des détails de la conception d’un symbole, que l’on appelait les « circuits ».

Chacun de ces livres expliquait l’un de ces circuits, et on pourrait même dire que comprendre un livre équivaudrait à acquérir la maîtrise d’un nouveau circuit. Bien sûr, le mot « comprendre » ici ne signifiait pas simplement savoir comment ajouter un circuit à un cercle magique. Non, c’était quelque chose qui indiquait qu’on pouvait le manipuler sous n’importe quelle forme.

C’est pourquoi la sorcellerie pouvait être « volée ».

Si Valefor était proche de Zagan en termes de pouvoir, elle pourrait comprendre autant de livres.

Selon cette logique, un critère pour être un candidat Archidémon est l’accumulation de plus de dix mille grimoires. Le nombre de circuits n’était pas nécessairement quelque chose qui créait un écart de qualité, mais c’était quand même un critère.

Si Valefor pouvait voler tous les « circuits » ici, elle aurait même pu submerger Zagan.

Cependant, Zagan haussa simplement les épaules comme s’il n’était pas particulièrement préoccupé de ça.

« Pas vraiment. Vas-y, » déclara Zagan.

« Qu..., » Valefor avait écarquillé les yeux, choquée par la réponse de Zagan, qui semblait la ridiculiser pour avoir dit l’évidence.

« Quoi ? Trouves-tu ça surprenant ? » demanda Zagan.

« Tu... t’attends à ce que je ne le sois pas ? » Foll affichait une expression de choc sur son visage quand elle avait dit ça.

Je ne m’intéresse pas à ce qui arrive aux grimoires que j’ai déjà étudiés.

Zagan n’était jamais retourné lire un livre après avoir maîtrisé un nouveau circuit. Ainsi, tous les livres qu’il avait empilés ne lui étaient plus d’aucune utilité. C’est pour ça qu’il se fichait qu’ils soient volés, brûlés ou autres.

Peut-être que sa capacité à tout comprendre une fois qu’il l’avait lu une fois avait été la raison pour laquelle on lui avait accordé le titre d’Archidémon.

Cependant, il semblait que Valefor n’arrivait pas à comprendre sa logique. Elle continuait à regarder Zagan, alors que son expression confuse était tout le temps présent sur son visage.

Finalement, après s’être gratté la tête, Zagan avait répondu comme s’il trouvait son regard gênant.

« Dans mon esprit, les techniques et les connaissances sont simplement des choses à “voler”. Même moi, je l’ai pris au sorcier qui était le premier à être ici... Il s’appelait Andras, enfin, je crois... En tout cas, je l’ai tué et j’ai volé son savoir, » déclara Zagan.

C’est quelque chose qu’il avait fait quand il était un enfant vivant dans la rue, à l’époque où il avait été enlevé pour être sacrifié. À cette époque, Zagan avait retourné la situation avec Andras et était devenu un sorcier.

La raison pour laquelle Zagan, qui n’était qu’un humain, avait pu tuer un sorcier était parce qu’il avait vu la sorcellerie d’Andras... et l’avait volée. Et même aujourd’hui, la technique pour le faire était devenue la pierre angulaire de son pouvoir.

Le montant qui est volé... est proportionnel à la quantité de pouvoir dont vous disposez.

C’est pourquoi il pensait qu’il n’avait pas le droit d’arrêter quelqu’un qui était déterminé à voler sa sorcellerie.

« Bien sûr, je ne t’apprendrai pas avec attention comme je le fais avec Néphy. Mais en même temps, je n’ai pas l’intention de t’en empêcher que tu te faufiles dans les archives pour lire tous les grimoires ou que tu mémorises ma sorcellerie en la regardant. Mais si tu voles ou déchires un livre que je n’ai pas encore lu, c’est une autre histoire, » déclara Zagan.

Cela dit, il avait déjà passé en revue tous les tomes qu’il avait apportés de l’héritage de Marchosias. Il ne lui restait plus rien à quoi il voulait désespérément s’accrocher.

En plus, je ne peux pas me plaindre si elle fait les mêmes choses que moi.

La raison pour laquelle il avait fait tout ce qu’il avait pu pour le lui dire, c’était peut-être parce qu’il avait vu son ancien moi se chevaucher avec elle.

Zagan était un gredin incorrigible, mais il y avait quand même eu un garçon qui se comportait comme un grand frère et qui lui avait donné un coup de main. Il voulait au moins imiter le comportement de ce garçon.

Valefor secoua alors la tête.

« ... Je n’arrive pas à comprendre ça. Tu es arrogant. Tu devrais pouvoir me forcer à t’obéir par la force. Pourquoi ne pas le faire ? » demanda Valefor.

Comment pourrai-je faire ça ? Ça rendrait Néphy triste, non ? Même si elle ne le montrait pas, il avait l’impression qu’elle le mépriserait pour ça. Ce ne serait pas grand-chose, mais c’était quand même quelque chose qu’il ne pouvait pas supporter.

Et en réponse à Valefor, qui n’avait aucun moyen de connaître sa situation, Zagan ricana avec un « Hmph ».

« Je ne sais pas combien de temps tu as vécu en tant que dragon ni à quel point tu es une excellente sorcière, mais tu n’es qu’une enfant en ma présence. Et les enfants devraient se quereller et faire des crises de colère comme bon leur semble. Il n’y a personne ici qui s’offusquerait de cela, je te l’assure, » déclara Zagan.

Ce n’était pas qu’il voulait être aimé. Non, c’était juste qu’il ne pouvait pas la laisser rester ainsi.

Lui-même ne pouvait pas expliquer ce qu’il ressentait, alors Zagan frotta grossièrement la tête de Valefor pour le distraire de ses pensées.

Cependant, à sa grande surprise, Valefor n’avait pas grincé des dents. Il s’attendait à ce qu’elle se mette au moins en colère et le morde, mais...

Au contraire —

« Une enfant..., » alors qu’elle disait ça, pour une raison ou une autre, les larmes commençaient à couler hors de ses yeux.

Hein ? Est-ce de ma faute ? Ai-je merdé ? Bien sûr, c’était un dragon, mais n’importe quel spectateur ordinaire penserait qu’il venait de faire pleurer une enfant. Et même Zagan avait été empli par cette pensée.

« G-Gaaaah, ne pleure pas ! » s’écria Zagan.

« Je ne... je ne pleure pas, » répondit Valefor.

Zagan était devenu perplexe en la regardant s’essuyer le visage avec ses deux mains.

« Argh. D-De toute façon, c’est l’heure du dîner, non ? Allons-y. La cuisine de Néphy est assez bonne pour arrêter de couler ces larmes, » déclara Zagan, alors qu’il prenait la main de Foll et se dirigeait vers la salle à manger.

Et le fait que Valefor serrait fortement la main en réponse... Eh bien, c’était quelque chose qu’il avait fait semblant de ne pas réaliser.

***

Partie 5

« Est-ce bon, Foll ? » demanda Néphy.

« Hmm... C’est délicieux. » Valefor pleurait dans les archives, mais cela s’était arrêté au moment où ils étaient arrivés à la salle à manger. Et en suivant le flot des événements qui s’étaient produits une fois qu’ils avaient atteint leur destination, les trois habitants du château étaient maintenant en train de dîner. L’ordre des places s’était achevé avec Zagan au bout de la table, Néphy à sa gauche et Valefor à sa droite.

Bizarrement, Valefor était devenue tout amicale, agissant comme si elle avait toujours été comme ça.

Quelle fille égoïste ! C’était peut-être Zagan qui avait dit que ses larmes cesseraient si elle dînait, mais il ne pouvait pas vraiment accepter un changement aussi radical en elle.

Et, au moment où il sentait qu’il était sur le point de pousser un soupir, Valefor se tourna vers lui. Ses pieds, qui n’atteignaient pas tout à fait le sol, se balançaient de façon ludique en le regardant avec curiosité.

« ... Qu’est-ce que c’est cette fois ? » Valefor déplaça soudainement ses yeux vers le bas alors que Zagan pointait vers elle un regard suspect. Comme elle avait encore clairement peur de lui, la jeune fille parla comme si elle rassemblait tout son courage.

« ... Zagan. »

« Quoi ? » demanda Zagan.

« ... Le fait de m’être mis au travers du chemin... pour le dîner... Euh, c’était de ma faute. » Elle parlait probablement du premier jour de leur rencontre. La fois où elle était venue en chargeant dans son château. Et en entendant ces excuses, Zagan l’avait regardée avec émerveillement.

« Je t’ai empêché de manger la délicieuse nourriture de Néphy. C’est normal que tu te sois autant fâché, » déclara Valefor.

« H-Hmph... Tant que tu le comprends, c’est bien, » déclara Zagan.

Il n’avait jamais imaginé qu’elle s’excuserait, alors Zagan avait haussé la voix comme s’il essayait de cacher sa perplexité.

Au même moment, une certaine idée lui vint à l’esprit.

Eh bien, ça ira probablement bien si c’est elle.

Il n’avait pas cru un seul instant qu’une relation de confiance mutuelle s’était développée en quelques jours, mais il savait qu’il pouvait coopérer avec elle.

Dans tous les cas, cela n’avait aucun sens pour elle de rester hostile envers Zagan, car elle comprenait clairement les avantages qu’elle gagnerait à lui obéir.

Tandis que Zagan réalisait pleinement tout cela, il se tourna vers Néphy.

« Plus important encore, Néphy, je pensais emmener cette fille et sortir un peu demain. Cela te dérange-t-il ? » demanda Zagan.

« Pas du tout. Avez-vous des affaires à régler ? » demanda Néphy.

« En effet. Je pensais aller au château de Marchosias... Je veux enquêter dans le Palais de l’Archidémon, » répondit Zagan.

Le vrai nom du château de Marchosias était inconnu, mais les sorciers l’appelaient « Palais de l’Archidémon » par respect.

En entendant ce nom, Valefor s’était levée en trombe... Cependant, à cause de sa taille, sa ligne de vue était encore très basse.

« Parles-tu de... l’ancien château de l’Archidémon ? » demanda-t-elle.

« Oui, je l’ai déjà parcouru une fois, mais les connaissances que je désire n’étaient inscrites dans aucun des livres que j’ai ramenés ici. C’est pour ça que j’y retourne, » répondit Zagan.

Il cherchait quelque chose sur les démons ou l’Emblème de l’Archidémon.

Peu importe la façon dont j’y pense, il n’y a aucune chance que rien ne soit trouvé après tout ce que j’ai cherché...

Il semblait que Marchosias ne voulait vraiment pas que les autres soient au courant de ces sujets.

Valefor avait alors pris la parole, comme si elle était sur la défensive.

« ... Es-tu sain d’esprit ? Ce serait la même chose que de m’accorder la connaissance de l’Aîné, » déclara Valefor.

L’Aîné était le surnom de Marchosias. Parce que l’ex-Archidémon avait vécu pendant mille ans, à un moment donné, il avait gagné ce nom.

Naturellement, la quantité de connaissances qu’il avait accumulées était colossale. S’ils allaient enquêter là-bas, elle pourrait au moins se cacher et voler des livres autant qu’elle le voudrait. Si le dragon Valefor devait acquérir encore plus de connaissances, il lui aurait même été possible de vaincre Zagan et les autres Archidémons.

Et pourtant, Zagan hocha la tête comme si cela n’avait aucune importance.

« Je crois que je te l’ai déjà dit, mais je n’ai aucun problème à ce que tu voles des connaissances, » déclara Zagan.

Le visage de Valefor devint de plus en plus déformé, comme pour refléter sa confusion.

« Je suis... ton ennemie, tu sais ? » déclara Valefor.

« Oui, maintenant que tu le dis, tu as raison. Mais on pourrait dire que je suis à court de mains. Tant que tu m’aideras à chercher ce que je veux, je te laisserai courir comme tu le voudras, » répondit-il.

Il l’avait surveillée ces derniers jours et avait remarqué que Valefor n’avait aucun sentiment d’hostilité envers Zagan ou Néphy. Il ne serait donc probablement pas difficile de lui demander de l’aider à faire des recherches sur l’héritage de Marchosias.

Honnêtement, je préférerais y aller avec Néphy et moi, mais..., malheureusement, Valefor restait quand même un sorcier. De plus, c’était un dragon qui possédait des connaissances que seuls les dragons connaissaient. En tant que telle, elle serait certainement utile pour faire des recherches sur l’héritage de Marchosias.

En outre, il voulait franchement un coup de main pour la gestion du château de Marchosias.

Il ne pensait pas que son ami indésirable Barbatos lui fournirait des rapports appropriés, et l’amie de Néphy, Manuela, n’était pas une sorcière. Il en était de même de sa seule autre amie, Chastille, qui était un Chevalier Angélique de l’Église.

C’est pour cela qu’il avait voulu laisser sa gestion à Foll, si elle en était capable.

C’est ainsi que Zagan considérait la vérité derrière les démons et l’Emblème de l’Archidémon.

Après avoir réfléchi pendant un moment, Zagan s’éclaircit la gorge en toussant et marmonna.

« D’ailleurs, être la subordonnée d’un Archidémon devrait bien répondre à tes besoins. Il est temps que les gens de l’extérieur comprennent aussi que ça ne vaut pas la peine de s’opposer à moi. C’est pourquoi, eh bien, euh, comment dire..., » déclara Zagan.

« Euh... ? Qu’est-ce que tu essaies de dire ? » demanda Valefor.

Zagan détourna le regard et poursuivit son discours tandis que Valefor inclinait sa tête de façon interrogative.

« Peu importe ton identité, il n’y a pas beaucoup d’idiots qui oseraient mettre la main sur toi après avoir appris que cela m’offenserait personnellement, » déclara Zagan.

Cela signifierait que, tout comme Néphy, Valefor tomberait sous la protection d’un Archidémon.

Dans les faits, Valefor avait été la dernière à l’attaquer, et plus aucun intrus ne s’était présenté dans le domaine de Zagan depuis. Il pouvait y avoir eu des gens perdus ou des Chevaliers Angéliques qui s’étaient introduits sans autorisation, mais il n’y aurait probablement plus de sorciers qui lui étaient ouvertement hostiles.

Et bien, si je ne suis pas capable de protéger cette petite fille, alors il n’y a aucune chance que je protège Néphy pour le reste de sa vie, il s’agissait de la seule raison de sa décision. Ce n’était absolument pas en raison du fait qu’une jeune fille qui n’avait nulle part où retourner, pesait sur son esprit. S’il disait que c’était sa vraie raison, c’était donc ainsi.

Malgré cela, alors qu’il jetait un coup d’œil fugace vers Valefor, il remarqua qu’elle laissait son regard vagabonder entre Zagan et Néphy comme si elle n’arrivait pas à le croire.

Peu de temps après, alors qu’elle avait peut-être enfin senti qu’elle pouvait lui faire confiance, Valefor hocha timidement la tête.

« C’est... compris, » déclara-t-elle.

« C’est bien, » déclara Zagan.

Tandis que Zagan hochait la tête, Valefor le regardait d’un air mécontent.

« ... Mais je ne suis pas seulement “toi”, d’accord ? » déclara Valefor.

« Hm ? Ah, à propos de ton nom, hein ? Je le connais, ne t’inquiète pas. Tu viendras donc avec moi, Valefor, » déclara Zagan.

Cependant, la bouche de Valefor bougeait encore comme si elle avait quelque chose de difficile à dire. Et finalement, elle avait timidement ouvert la bouche pour parler.

« Foll... c’est bien. » C’était la première fois que Valefor — non, Foll, était arrivée à un compromis avec Zagan.

Se grattant la joue, Zagan se corrigea dans ses dires. « Ah, OK... Alors, je compte sur toi demain... Foll. »

« Compris, » répondit Foll.

Et c’est ainsi que Zagan et Néphy se rapprochèrent peu à peu de leur nouveau pique-assiette.

***

Partie 6

« ... Franchement, je n’aurais jamais imaginé qu’elle dormirait dès qu’elle aurait fini de manger. Une gamine-dragonne n’est pas différente d’une humaine, hein ? » Zagan posa Foll sur le lit de la chambre d’amis pendant qu’il lui lançait cette remarque un peu insultante.

Foll s’était endormie avec sa cuillère à la main pendant le dîner, alors que Zagan et Néphy discutaient d’une manière agréable. Et comme il n’y avait pas d’autre option, Zagan avait fini par devoir porter Foll.

Néphy enleva habilement la robe de Foll, la redressa et la plaça sur un cintre pour s’assurer qu’elle ne se froisse pas.

« Je crois que cette enfant est très fatiguée. Je suis sûre que depuis qu’elle est arrivée ici, tout a été une série de premières fois pour elle, » déclara Néphy.

Zagan avait fait une expression maussade en entendant Néphy dire cela.

« Cependant, c’est un territoire ennemi à ses yeux, n’est-ce pas ? En temps normal, dormirais-tu sans méfiance ? » demanda Zagan.

Il n’avait fait que répéter des mots que Foll elle-même utilisait. Cependant, Néphy secoua la tête, affichant un sourire averti.

« Maître Zagan, n’est-ce pas vous qui lui avez appris que nous ne sommes pas ennemis ? » demanda Néphy.

« Hein ? »

Les oreilles pointues de Néphy frémissaient d’une manière quelque peu ravie.

« Au début, elle était extrêmement sur la défensive, et je pense qu’elle avait très peur. Mais maintenant... Je pense qu’elle est capable de dormir paisiblement comme ça parce qu’elle sait qu’elle est dans un endroit sûr, » Néphy leva les yeux sur le visage de Zagan d’une manière un peu embarrassée en disant cela.

« Moi aussi..., j’étais après tout pareille, » murmura Néphy.

Zagan s’était remémoré du premier jour où il avait amené ici Néphy. Il avait laissé passer la journée sans jamais savoir comment parler correctement à la fille qu’il aimait. Contrairement à cette fois-ci, il n’avait pas pu préparer à temps une chambre personnelle pour Néphy, alors ils avaient dormi dans la salle du trône.

Cela signifiait que Foll avait finalement baissé sa garde à l’égard de Zagan.

« C-C’est, euh, eh bien... Tu m’appartiens. Je traite ce qui est à moi... comme précieux... C’est tout ce qu’il y a à faire, » déclara Zagan.

« Oui. Je vous remercie beaucoup. » Bien qu’il ait parlé comme si elle était de nouveau un objet, Néphy avait répondu en étant heureuse.

Zagan détourna les yeux lorsqu’il commença à se souvenir de son embarras de l’époque, qui était aggravé par l’embarras qu’il éprouvait devant son regard si nostalgique.

« Néphy, et toi ? C’est d’accord de ton côté ? » demanda Zagan.

« Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? » demanda Néphy.

« Ce que je veux dire, c’est à propos du fait que Foll reste dans ce château. Je ne t’ai pas du tout consultée à propos de ça..., » déclara Zagan.

Et, au moment où il lui posait cette question, Néphy le regardait d’un air émerveillé comme si elle était surprise par sa question. Ses oreilles se raidirent jusqu’à un certain point, et il pouvait dire qu’elle était considérablement confuse.

Et finalement, les lèvres de Néphy se relâchèrent en un léger sourire.

« Oui. Tout est selon votre volonté, Maître Zagan, » déclara Néphy.

« Je-Je vois, » déclara Zagan.

Alors qu’il était incapable de se calmer, Zagan s’était tourné vers Foll.

« ... Bon sang. Cette fille..., elle tient toujours cette cuillère ? » déclara Zagan.

Pendant que Foll dormait profondément, sa main tenait encore une cuillère. Et donc, Zagan s’était déplacé pour la sortir de sa main. Et, à ce moment précis...

« H-Hey... »

À quoi pensait-elle au juste ? Foll s’était agrippée au doigt de Zagan avec force.

C’est doux, hein ?

C’était une sensation différente que celle produite par la main mince et chaude de Néphy. C’était une main enfantine, qui possédait une élasticité un peu molle.

Après avoir fait cela, elle murmura quelque chose d’une manière un peu triste. « Père... »

Elle faisait probablement un rêve concernant ses parents. Foll parlait d’une voix fragile, et cela rendait impensable qu’elle soit bien un dragon qui voulait prendre la vie de Zagan.

Zagan ne savait pas à quoi ressemblaient les relations parentales d’un dragon, mais il semblait qu’elle se souvenait de son parent-dragon. En regardant sa silhouette endormie en parlant ainsi, il s’était rendu compte qu’elle était vraiment le portrait craché d’une jeune fille.

Je suis vraiment mauvais... avec les gosses, cependant...

Zagan lui-même ne savait rien des parents. Ou plutôt, même s’il essayait d’agir comme un frère aîné, elle avait fini par se souvenir de son père, alors le fait d’être vu comme quelqu’un de si vieux l’avait déprimé.

Cependant, Zagan n’avait pas réussi à se débarrasser de la main frêle qui lui serrait le doigt. Et donc, dans un instant si rare, un rire s’était fait entendre venant de Néphy.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Zagan.

« Eh bien, euh... C’est presque comme si... nous avions eu un enfant, n’est-ce pas ? » demanda Néphy.

Un-Un-Un-Un-Un-Un Enfant ? C’était probablement différent de la façon dont Zagan traitait Foll de morveuse. Non, Néphy voulait dire que c’était leur enfant, comme si Zagan et Néphy étaient ses parents.

Même si nous ne nous sommes pas encore embrassés... un enfant !? Oublie donc l’idée de faire des bébés, je suis encore trop nerveux à l’idée de te tenir la main !

En jetant un coup d’œil aux yeux grands ouverts de Zagan, cela avait fait réaliser à Néphy comment ses paroles avaient résonné. En un éclair, non seulement son visage, mais même les pointes de ses oreilles étaient devenues rouge vif.

« C-Ce n’est pas ce que je voulais dire ! Maître Zagan, il semble que vous ayez l’intention de prendre Foll sous votre protection, et cela me fait naturellement penser à ce genre de relation, alors..., » déclara Néphy.

« Ah, euh... J’ai... J’ai compris, d’accord ? Ne t’inquiète pas de ça, » déclara Zagan.

Les deux n’étaient plus capables de se regarder directement, et la sueur commençait à couler sur leurs deux visages.

Après avoir réfléchi pendant un moment, Néphy s’agrippa étroitement à la manche de Zagan. Et, tandis que Zagan enroulait son propre doigt autour de cette main, Néphy s’agrippa timidement à son doigt.

Qu’est-ce que c’est que ça ? D’une façon ou d’une autre, c’est chaud...

Foll saisissait sa main droite, et Néphy saisissait sa main gauche... La situation lui paraissait étrangement confortable.

Famille..., c’était peut-être le mot que Néphy voulait dire. Zagan le savait manifestement, même si ses connaissances n’avaient été acquises que par les livres. C’était un mot qui signifiait la relation entre les frères et sœurs, les couples mariés et ceux qui étaient avec eux.

Cependant, Zagan et Néphy ne savaient pas vraiment comment cela fonctionnait en pratique. C’est pour cette raison qu’ils n’avaient pas été en mesure d’en parler sous l’impulsion du moment.

La première image qui lui était venue à l’esprit lorsque le mot famille avait été mentionné... était celle d’un enfant joignant les mains de ses parents. C’était quelque chose qui n’avait rien à voir avec Zagan, mais il l’avait au moins déjà vu en ville.

Un jour, ressemblera-t-on aussi à ça ?

Le mot sorcier était comme un synonyme de malveillant. En tant que tel, cela pouvait être vu comme comique pour lui, qui se tenait à son apogée en tant qu’Archidémon, de souhaiter un bonheur ordinaire, mais Zagan avait juré que cela serait fait. Et puis, il avait juré qu’il les protégerait toutes les deux.

C’était peut-être un vœu beaucoup trop maigre pour un Archidémon, mais Zagan avait de l’affection pour l’idée simple de posséder une famille heureuse.

***

Partie 7

Le lendemain matin, Zagan avait visité la ville de Kianoides avec Néphy et Foll derrière lui. Le palais de l’Archidémon était caché près de la ville. Comme on pouvait s’y attendre, le château de l’Ancien était un donjon souterrain.

Cependant, Zagan ne s’était pas immédiatement dirigé vers le Palais de l’Archidémon, et marchait en contournant un peu la ville.

« Zagan, où allons-nous ? » demanda Foll.

« Dans un magasin de vêtements, » répondit Zagan.

« Pourquoi ? » demanda-t-elle.

« As-tu prévu de te promener en ville dans cette tenue ? » demanda Zagan.

Néphy était vêtue de son uniforme de femme de chambre habituel, ce qui était bien, mais Foll portait la même robe que d’habitude. En d’autres termes, tout ce qu’elle avait en dessous, c’était un simple maillot de corps. Et peut-être à cause de cela, Foll regardait autour d’elle avec agitation.

En plus, c’était probablement mieux de cacher au moins ses cornes.

À l’heure actuelle, elle portait sa cagoule jusqu’aux yeux, de sorte qu’on ne pouvait pas les voir, mais même le vent aurait pu la faire tomber de sa tête. Cela aurait été bien mieux de lui fournir une casquette ou quelque chose comme ça. Eh bien, c’était de toute façon le plan, mais Foll avait plissé ses yeux comme si elle était mécontente.

« C’est toi qui m’as dit de laisser mon armure chez toi, Zagan, » déclara Foll.

« Bien sûr que je l’ai fait. Même avec Néphy dans son uniforme de femme de chambre, tout passant nous fuirait si tu portais ça ! » s’exclama Zagan.

Néphy était en bons termes avec les habitants de la ville. En fait, il y avait un bon nombre de personnes qui lui parlaient régulièrement, alors Zagan voulait s’assurer qu’ils ne leur fassent pas peur.

Cependant, c’était Néphy qui avait laissé échapper des mots d’angoisse. « Quand vous dis magasin de vêtements, voulez-vous parler de... ? »

« Oui, son magasin nous est familier, alors n’est-ce pas bien d’y aller ? » demanda Zagan.

« Je pense que Manuela est quelqu’un de bien, mais, euh, quand il s’agit de vêtements... ! Êtes-vous sûr que tout ira bien une fois là-bas ? » demanda Néphy.

Comme toujours, l’expression de Néphy n’avait pas changé, mais ses oreilles détendues n’avaient pas pu cacher son anxiété. En voyant leurs réactions, Foll avait incliné la tête sur le côté.

« Un sorcier ? » demanda Foll.

« Non, une personne normale. Elle est aussi assez gentille, » répondit Zagan.

« Est-ce que c’est vraiment le cas... ? » Comme on pouvait s’y attendre, les paroles de Néphy avaient ébranlé son pouvoir de persuasion. À cause de ça, Foll avait saisi la robe de Zagan comme si elle avait peur.

Néphy était une bonne amie de la vendeuse de ce magasin de vêtements, mais elle était un peu excentrique et utilisait souvent Néphy comme un mannequin à habiller. Zagan était également quelque peu troublé par ses actions lubriques, mais Manuela était quelqu’un sur qui il pouvait compter quand il s’agissait de la qualité des vêtements.

En plus, la connaissant, elle ne le dira à personne même si elle réalise que Foll est un dragon. Il en était convaincu parce que, d’après ce qu’il avait observé, Manuela considérait Néphy comme une véritable amie.

Zagan avait alors parlé, essayant d’accorder à Foll une certaine tranquillité d’esprit. « Même elle ne ferait pas porter des vêtements bizarres à une petite morveuse comme elle, hein ? »

« Je... me le demande..., » murmura Néphy.

Quel est l’intérêt si même toi tu deviens plus nerveuse, Néphy ! Arrête ça ! Son inquiétude constante avait même poussé Zagan à reconsidérer sa croyance en leur amitié.

Et avec le cœur lourd, le groupe en question avait atteint le magasin de vêtements de Manuel.

« Bienvenue ! » Une voix énergique leur cria aussitôt qu’ils ouvrirent la porte.

Ce qui les attendait de l’autre côté, c’était une fille aviaire aux belles ailes vertes. Il semblait qu’elle errait à nouveau dans le magasin avec un sourire joyeux sur le visage.

Eh oui, ils avaient repéré la jeune employée, Manuela. Et Néphy inclina immédiatement la tête par respect pour elle avec petit signe de tête.

« Bonjour, Manuela, » déclara Néphy.

« Alors tu es revenue aujourd’hui, Néphy ? » demanda Manuela.

« Oui... Euh, nous sommes venus ici pour acheter quelques vêtements..., » déclara Néphy.

« Bien sûr... Euh, quoi ? Donc le maître est aussi là, hein ? » Manuela avait finalement porté son attention sur Zagan, le traitant comme une nuisance totale pendant tout ce temps.

Cependant, Zagan avait simplement renvoyé une grimace et avait commencé à lui poser une question.

« Hé, tu ne lui as pas fait essayer quelque chose de bizarre pendant que je ne suis pas là, n’est-ce pas ? » demanda Zagan.

« Oh, mon Dieu, qu’est-ce qui t’a donné cette idée ? Je ne choisis que des vêtements parmi la marchandise du magasin, tu vois ? » déclara Manuela.

« Ce magasin... contient une montagne de vêtements indécents qui traînent partout, » déclara Zagan. Puis, il l’avait regardée fixement tandis que Manuela sifflait et faisait semblant d’être ignorante de ces faits.

« ... Bon sang. Bref, on n’est pas là pour Néphy cette fois. J’aimerais que tu choisisses quelque chose qui convienne à cette fillette, » déclara Zagan en poussant Foll vers l’avant.

« Hein, as-tu engagé une nouvelle servante ou quelque chose comme ça chez toi, Zagan ? Laisse-moi jeter un coup d’œil à ça..., » murmura Manuela en retirant le capuchon de Foll.

Les yeux de Manuela commencèrent à pétiller d’énergie quand les cheveux verts et les yeux dorés de Foll furent révélés.

« Oh mon Dieu... ! C’est trop mignon, » s’écria Manuela.

« Euh..., » trouvant peut-être qu’elle était une personne dangereuse, Foll s’était cachée derrière Zagan. Cependant, Manuela avait saisi fermement son bras.

« Hmm... Oui, c’est encore un autre diamant brut... Mais, d’une manière différente de Néphy ! Laisse-moi m’en occuper. Je vais la rendre très mignonne pour toi ! » déclara Manuela.

« ... Ne lui fais rien porter d’étrange, d’accord ? » demanda Zagan.

« Tout ira bien, fais-moi confiance, » déclara Manuela.

Foll jeta un regard de détresse sur Zagan, mais elle fut impitoyablement repoussée plus loin par Manuela.

« Est-ce que... ça va vraiment aller, je me le demande ? » demanda Néphy.

« Eh bien, ça devrait aller, non ? » demanda Zagan.

Tous les deux laissèrent leur regard vagabonder tout en jouant avec les poignets de leurs vêtements sans s’arrêter. C’était comme s’ils voyaient leur enfant au loin alors qu’il allait faire leur première course.

Et quelques minutes plus tard, les rideaux de la loge d’essayage furent ouverts.

Zagan et Néphy poussèrent un soupir d’admiration en regardant Foll chanceler. Il semblait qu’elle portait une tenue qui ressemblait à la robe indigène d’un pays étranger.

Manuela l’avait probablement fait correspondre aux cheveux verts de Foll. C’était un splendide ensemble qui mélangeait des couleurs apaisantes avec le blanc et le rouge, et elle avait même réussi à intégrer ses cornes en accord avec la tenue. Et par-dessus ses épaules, elle portait sa robe.

« Qu’est-ce que tu dis de ça ? La robe s’intègre bien dans celle-ci, n’est-ce pas ? En plus, ça met même en valeur ses traits les plus mignons, » demanda Manuela.

« ... Tu peux le faire quand tu veux. Alors pourquoi ne travailles-tu pas tout le temps correctement ? » Son choix de vêtements était certes splendide, mais cela n’avait fait que faire pousser un soupir à Zagan.

Cependant, Manuela secoua la tête comme pour lui dire qu’il ne comprenait pas.

« Aider nos chers clients à découvrir une toute nouvelle partie d’eux-mêmes fait partie de notre métier. Ne le savais-tu pas ? » déclara Manuela.

« Tes choix standard sont bien trop extrêmes pour ça. » Après avoir dit ça, Zagan avait concentré son attention sur Foll.

« Alors, ne trouves-tu pas que ça te va bien ? Est-ce que cela te plaît, Foll ? » demanda Zagan.

« ... Je ne sais pas. Tous les habillements humains... semblent identiques selon moi, » déclara Foll.

Même si elle disait cela, le visage qu’elle faisait en tirant sur les bords de sa jupe ne semblait pas si insatisfait.

« Est-ce que ça... ne semble pas trop voyant ? » demanda Foll.

« Ça ne me dérange pas vraiment. » Au contraire, il estimait qu’il valait mieux que la nouvelle comme quoi Zagan l’accompagnait se répande à grande échelle. Si cela se produisait, le nombre de personnes prêtes à faire du mal à Foll diminuerait inévitablement.

Dans tous les cas, il n’y en a pas une seule personne qui ait osé poser les mains sur Néphy quand elle se promenait toute seule.

Malgré tout, Zagan avait trouvé que quelque chose posait problème.

« Ça ne fonctionnerait que si tu abaisses le capuchon, n’est-ce pas ? » Si ses cornes étaient exposées, alors des individus qui sauraient que Foll était un dragon apparaîtraient.

Bien sûr, Zagan voulait montrer fièrement qu’elle était sous sa protection, mais il savait qu’il serait difficile de le faire si sa véritable identité était révélée.

La raison pour laquelle Néphy allait bien malgré le fait qu’elle était une elfe aux cheveux blancs était qu’elle était aimée même par les habitants de la ville. Cela n’était pas nécessairement vrai que Foll relèverait de la même catégorie.

Et tandis que Zagan se mettait dans tous ses états d’âme avec ces pensées, Manuela frappa immédiatement dans ses mains.

« Si ça t’inquiète, que penses-tu de ce genre de robe ? » Après avoir dit ça, elle avait mis une autre robe sur les épaules de Foll. Il y avait des ornements écarlates ici et là, mais c’était une robe avec une incrustation blanche comme neige, et le capuchon avait la forme d’une sorte de caricature de chat. Comme par hasard, les cornes de Foll s’installèrent confortablement dans les oreilles creuses.

« Je vois. Pas mal. Pas mal. Qu’en penses-tu, Néphy ? » demanda Zagan.

« Oui. C’est plutôt mignon, je trouve ça bien, » déclara Néphy, alors que le bout de ses oreilles tremblait un peu avec joie quand elle lui répondit.

« Alors c’est décidé. Je vais prendre ça, » déclara Zagan.

« Merci beaucoup pour ton parrainage ! » déclara Manuela.

Alors qu’elle enlevait l’étiquette de prix des vêtements de Foll, Manuela posa une question comme si elle voulait les taquiner.

« Alors, cette enfant... Foll, c’est ça ? L’as-tu adoptée ou quoi ? » demanda Manuela.

« Ce n’est pas vraiment le cas, mais..., » maintenant qu’elle l’avait dit, comment Zagan était-il censé expliquer la situation ?

Ce serait exagéré que de dire que c’était une sorcière qui avait attaqué son château et qu’il avait décidé de la prendre sous son aile. Bien que Manuela appelant Foll une enfant adoptive soit un peu en un certain sens le cas.

Et tout en s’inquiétant de ces pensées, Zagan avait retourné la question.

« Ah... Euh, c’est... à ce que tu crois ? » demanda Zagan.

« Eh bien, ouais. Plutôt que de frères et sœurs, tu présentes davantage une image d’un père et de sa fille... Voilà, et c’est fini. » Manuela avait fini avec les étiquettes de prix, avait redressé les parties ébouriffées de la jupe et s’était remise debout.

Foll s’était alors précipitée vers Zagan et s’était cachée derrière lui comme pour laisser entendre qu’elle avait peur.

« Eh bien, je ne veux pas trop m’attarder sur ça... C’est correct pour moi tant que ça ne rend pas Néphy malheureuse, » déclara Manuela.

« Hmph. Une sage décision. » En vérité, il voulait la remercier puisqu’elle l’avait vraiment aidée, mais seuls ces mots répugnants étaient sortis de la bouche de Zagan.

Cependant, Manuela s’y était déjà habituée, alors elle n’avait fait qu’un sourire amer qui ne semblait pas vraiment affecter son humeur.

« Bref, vous tous, revenez quand vous voulez, » déclara Manuela.

« Oui. Merci beaucoup, Manuela, » déclara Néphy. Puis, elle inclina la tête une fois de plus, ce que Foll avait imité.

« Merci... J’aime vraiment... les vêtements, » déclara Foll.

En regardant cette réaction, Manuela avait affiché un large sourire.

« La vache. Qu’est-ce qu’elle a, cette gamine, elle est super mignonne ? Je peux la ramener chez moi ? Oh, attendez, ce serait le contraire ici, hein ? Pourriez-vous la laisser ici et partir ? » demanda Manuela.

« Gaaah, calme-toi ! Elle n’est pas un objet ! Bon sang, comme si je te la remettais à toi, entre toutes les personnes possibles ! » s’écria Zagan.

Zagan qui criait sur Manuela avait saisi la main de Foll et il quitta le magasin dans un état d’agitation.

***

Partie 8

« ... Franchement, c’est pour ça que c’est si pénible d’aller à son magasin. »

Tandis que Zagan redressait ses épaules et marchait, Néphy s’exprimait d’un ton un peu mécontent.

« Pourtant, je crois que c’était le bon choix de choisir la boutique de Manuela. »

Tandis qu’elle disait cela, Zagan regarda Foll, qu’il tenait toujours par la main. Foll marchait encore d’une manière un peu instable, mais elle semblait satisfaite des vêtements. Au moins, elle ne montrait aucun signe d’aversion pour eux, et elle avait même l’air heureuse d’une manière subtile.

Après avoir peut-être remarqué le regard de Zagan, Foll pencha la tête sur le côté.

« Quoi ? » demanda Foll.

« Eh bien... Ces vêtements... tu les aimes ? » demanda Zagan.

« Hmm. » Contrairement à ce qu’il attendait, elle acquiesça d’un signe de tête obéissant.

« Je vois. Alors, je suis content pour toi, » déclara Zagan.

« Mhm... Merci, Zagan, » elle parlait probablement du prix des vêtements. Foll ne souriait pas, mais elle avait dit ça sans non plus afficher de signes de nervosité.

Après cela, Néphy avait tenu la main libre de Foll. Et Zagan fut déconcerté par la façon dont ils étaient tous les trois alignés, marchant avec Foll au milieu.

Quel est exactement ce sentiment... ? On pourrait peut-être la décrire comme étrangement chaleureuse, ou peut-être comme le bonheur. Quoi qu’il en soit, ce n’était certainement pas un mauvais sentiment, mais c’était une émotion qu’il n’avait jamais ressentie auparavant.

Serait-il juste d’appeler cela de l’affection ?

Cependant, c’était un sentiment différent de celui qu’il éprouvait lorsqu’il sentait que Néphy lui était chère... c’était différent de l’amour.

Zagan s’était ensuite remémoré des mots que Manuela avait utilisés tout à l’heure.

Plutôt que de frères et sœurs, tu présentes davantage une image d’un père et de sa fille..., en d’autres termes, ce sentiment serait quelque chose comme le « désir de protéger ». Et maintenant qu’il était conscient de la vérité qui se cachait derrière cette émotion en lui, Zagan avait perdu son sang-froid.

Ridicule... Moi, plus que quiconque... je veux protéger une morveuse comme elle ? Si quelqu’un comme Barbatos entendait qu’une telle émotion était encore en lui, il s’inquiéterait sans aucun doute sur le fait qu’il soit encore sain d’esprit.

Cependant, il est également vrai que Zagan, qui était un méchant à la surface, n’avait jamais eu l’occasion de s’occuper d’enfants.

Et pendant qu’il se creusait les méninges sur ce sentiment trouble auquel il était incapable d’attacher un mot, il aperçut une fille toute seule qui marchait droit devant lui.

Elle portait une chemise en soie et une jupe décorée de dentelle. Sa silhouette, alors qu’elle marchait lentement, débordait d’élégance. C’était une jolie fille aux cheveux roux qui se couvrait le dos jusqu’à la taille.

Elle avait l’air de réfléchir à quelque chose, alors que ses yeux étaient baissés dans une expression lugubre.

Zagan avait l’impression que son visage lui était familier, mais il ne se souvenait pas tout de suite exactement de qui il s’agissait. Dernièrement, ses occasions d’échanger un ou deux mots avec les habitants de la ville s’étaient multipliées.

Et ainsi, il avait simplement supposé qu’il s’agissait de l’une de ses « connaissances » alors qu’il tentait de passer à côté d’elle, mais la jeune fille avait eu l’air déconcertée lorsqu’elle avait aperçu Zagan.

« Z-Zagan ? » Il semblerait qu’elle connaissait Zagan.

Même sa voix est familière... À qui appartient-elle ? Tandis qu’il inclinait la tête sur le côté, la jeune fille regarda Néphy et fit un visage un peu soulagé, puis elle fut surprise de voir Foll entre Zagan et Néphy.

« A-Aucune chance... que vous deux... vous vous êtes déjà assez rapprochés pour avoir la chance d’avoir un enfant... ? » s’écria la rousse.

« N-N-N-N-N-N-N-N-N-Ne dis pas de telles choses éhontées ! Néphy et moi n’avons pas encore, euh..., » alors qu’il jetait un coup d’œil fugace sur Néphy, il remarqua que même ses oreilles étaient devenues rouge vif. Et quand leurs yeux s’étaient croisés, ils avaient tous les deux détourné leur regard en pleine panique.

Je me demande... que pense Néphy de l’idée.

Même Zagan était à peu près au courant de la façon dont les enfants étaient mis au monde. Cependant, lorsqu’elle avait demandé « pouvons-nous coucher ensemble », il ne semblait pas qu’elle comprenait vraiment ce qu’elle insinuait. Alors, était-ce vraiment bien pour lui de poser ses mains sur la peau douce et sans tâche d’une fille qui ne connaissait même pas la signification d’un rendez-vous nocturne ?

Tandis que Zagan était angoissé par de telles pensées, celle qui ne pouvait pas suivre la situation, Foll, pencha la tête sur le côté.

« Zagan, qui est-ce ? » demanda Foll.

« Oh, c’est vrai, qui es-tu ? » Peu importe la façon dont il la regardait, il s’agissait de l’une de ses connaissances, mais il n’arrivait pas à se souvenir clairement d’elle. Et alors que Zagan lui demandait cela d’un ton suspicieux, la fille et Néphy furent toutes deux complètement choquées.

« I-Impossible... tu ne te souviens même pas de moi ? » s’écria la rousse.

« Maître Zagan, c’est Chastille ! » s’écria Néphy.

Des larmes se formaient rapidement dans les yeux de la jeune fille, et Néphy lui disait cela en étant grandement agitée. En voyant le visage de cette fille au bord des larmes, Zagan avait finalement réussi à l’associer à la « Chastille » dans ses souvenirs.

Il ne l’avait pas reconnue parce qu’elle ne portait pas son Armure Sacrée, n’avait pas son Épée Sacrée. En plus, ses cheveux roux étaient même dans une coiffure différente.

Elle a l’air en bonne santé. C’est une bonne chose. C’était inquiétant qu’elle ne porte pas la tenue d’un Chevalier Angélique, mais elle était au moins en sécurité.

« Ah, alors c’est toi ? Écoute-moi, Foll, cette fille est... Voyons voir, ce serait correct de dire qu’elle est l’amie de Néphy ? » déclara Zagan.

« Oui. » En regardant Néphy effectuer un signe de tête rapide, la jeune fille — Chastille, avait finalement mis sa main sur sa poitrine en poussant un soupir de soulagement.

Chastille avait obtenu les titres d’Archange et de Vierge à l’Épée Sacrée. Et comme ces deux titres l’impliquaient, son moi habituel était une figure galante vêtue de l’Armure Sacrée de l’Église qui portait le fardeau de manier l’une des douze Épées Sacrées se trouvant dans le monde.

... Cependant, il semblait qu’après avoir enlevé le vernis, elle était réduite à un état si ordinaire.

« Alors, euh ! C’est quoi cette tenue ? » Comme Zagan le lui demandait, Chastille hésita carrément à lui dire.

« C’est, euh... Pour l’instant, je suis... suspendue, » répondit Chastille.

« Quoi ? Tu as été viré ou quoi ? » demanda Zagan.

« Tu te trompes, tu entends !? » Chastille était agitée, comme si Zagan avait raison.

Les sorciers et les Chevaliers Angéliques étaient des ennemis mortels, mais Zagan avait quand même sauvé Chastille malgré tout cela. Et en retour, Chastille avait une fois déclaré qu’elle protégerait Zagan depuis l’intérieur de l’Église.

Cette pensée même était en quelque sorte un échec face à ses devoirs en tant que Chevalier Angélique. Par conséquent, que l’Église l’avait exilée n’était pas un scénario très improbable.

Après avoir un peu réfléchi, Chastille croisa les bras et détourna le visage en un clin d’œil.

« M-Mes affaires ne te concernent pas vraiment, n’est-ce pas ? Plus important encore, qu’est-ce qu’il a avec cette enfant ? Je ne t’aurais pas imaginé en tant que kidnappeur, mais..., » déclara Chastille.

Après que Zagan ait détourné son regard, il avait tapoté Foll sur la tête à plusieurs reprises. Le capuchon à oreilles de chat tremblait, mais il était bien collé sur ses cornes et ne montrait aucun signe de vouloir partir.

« Celle-là est aussi une sorcière. Pour ce qui est des liens qui nous unissent, tu peux imaginer ce que tu veux, » déclara Zagan.

« Eu-Euh... ? » Chastille avait fait un visage extrêmement déconcerté en imaginant quelque chose, mais Zagan n’y avait pas prêté attention. Après tout, alors que cela se produisait, il pouvait entendre une autre voix venant de plus loin.

« Lady Chastille ! Il est dangereux pour vous de vous promener seule ! »

« S’il vous plaît, permettez-nous d’être vos escortes ! »

Les trois Chevaliers Angéliques étouffants de la dernière fois s’étaient précipités. Et quand ils avaient remarqué Zagan, ils s’étaient mis en travers de son chemin comme pour protéger Chastille.

« Grrr, tu es ce bâtard de Zagan ! Que fais-tu à Lady Chastille ? »

C’était difficile d’oublier ce lot répugnant, alors Zagan avait acquiescé.

« Ah, vous êtes... les Trois... Les Idiots du Ciel d’Azur, c’est ça ? » demanda Zagan.

« C’est les Trois Chevaliers du Ciel d’Azur ! »

« Peu importe. Je n’ai pas vraiment d’affaires à faire avec elle... Hm !? » déclara Zagan.

Juste au moment où il était sur le point de les chasser, juste à côté de lui, les yeux de Foll s’illuminèrent d’une soif de sang. Et sur son bras... se trouvaient les griffes transformées d’un dragon.

« Arrête ça, » déclara Zagan d’une voix basse, ce qui fit au début trembler le corps de Foll.

« ... Pourquoi ? » demanda Foll.

« Néphy a beaucoup d’amis dans cette ville. Si nous devons nous déchaînés ici, des gens mourront. » Foll avait fait une tête extrêmement insatisfaite de ses paroles, mais elle avait quand même arrêté.

Ces trois idiots ont-ils aussi un différend avec Foll ? En voyant comment ils étaient devenus hostiles dès qu’ils l’avaient vu, il était facile d’imaginer qu’ils auraient pu également s’impliquer avec d’autres sorciers.

Cependant, les trois Chevaliers Angéliques n’avaient même pas remarqué la soif de sang de Foll et, par conséquent, n’avait fait que fusillé du regard Zagan. En pensant à sa tenue habituelle, l’Apparition Valefor, il était compréhensible qu’ils n’aient pas pu l’associer à la silhouette actuelle de Foll.

Pressentant que cela allait devenir gênant, Zagan agita la main comme pour chasser les Chevaliers Angéliques.

« Si vous n’avez rien à faire avec moi, alors partez. Je suis occupé aujourd’hui. » Et même s’il ne l’était pas, ce n’était pas vraiment bon pour le sorcier Zagan et une bande de Chevaliers Angéliques d’avoir une conversation dans un endroit aussi visible. Cela ne dérangeait pas vraiment Zagan, mais il y avait une forte probabilité que quelque chose de grave arrive à Chastille.

Cependant, on dirait qu’elle est troublée par quelque chose..., il pensait à Chastille. Cependant, même si l’Archidémon Zagan donnait un coup de main à Chastille, l’utilisatrice d’une Épée Sacrée, cela ne lui ferait que du mal, et cela ne serait nullement une aide.

Les trois Chevaliers Angéliques lâchèrent alors un grognement avec un « Hmph ».

« Pour commencer, nous ne sommes pas capables de parler à des damnés comme toi ! »

« Allons, nous devrions partir, Lady Chastille. S’il vous plaît, pensez à votre propre sécurité maintenant. »

« Euh, ah, attendez... »

Peu de temps après avoir coupé dans la conversation, les Chevaliers Angéliques étaient partis avec Chastille. Cependant, Zagan n’avait pas manqué d’entendre les mots qu’ils avaient laissés derrière eux à la toute fin.

Pensez à votre propre sécurité maintenant. Il semblait qu’elle s’était encore une fois mise dans le pétrin.

Néphy avait probablement aussi réalisé la vérité. Ses yeux étaient emplis d’anxiété en voyant Chastille partir.

« Je me demande si Chastille va bien, » demanda Néphy.

« Qui sait ? Cependant, même comme ça, elle semble être populaire. Elle a d’autres personnes sur qui elle peut compter, » déclara Zagan.

Si Archidémon Zagan s’en mêlait, ça ne ferait qu’aggraver sa situation. S’il avait dit qu’il n’était pas inquiet, alors ce serait un mensonge, mais en ce moment il était plus inquiet de l’attitude de Foll quand elle avait regardé les Chevaliers Angéliques.

« Mettons ça de côté, Foll. Ces types t’ont-ils fait quelque chose ? » demanda Zagan.

« Qu’y a-t-il d’étrange... à propos d’un sorcier qui déteste les Chevaliers Angéliques ? » demanda Foll.

« Rien ? C’est tout à fait naturel, » déclara Zagan.

On aurait dit que Foll ne voulait pas en parler. Le bras qu’elle avait transformé en celui d’un dragon était redevenu normal, mais elle avait carrément éludé la question.

C’était une haine claire et précise, n’est-ce pas... ?

Cela différait fondamentalement de l’hostilité qu’elle avait manifestée l’autre jour lorsqu’elle avait attaqué le château de Zagan. Si elle avait montré ce genre de haine envers Zagan à l’époque, il n’aurait probablement jamais pensé à la garder à portée de main.

Et, tandis que Zagan haussait les épaules, il regarda au loin dans la direction où Chastille et les autres s’en allaient. Ce serait bien si ça ne devenait pas quelque chose de gênant...

Cependant, alors que Zagan poussait un soupir, il ne se rendit pas compte que Chastille essayait déjà de le protéger de « quelque chose de gênant ».

***

Partie 9

« Nous sommes arrivés. Voici le Palais de l’Archidémon. »

Le château de Marchosias avait été construit sur une ancienne ruine. On pourrait dire qu’ils se trouvaient dans un espace semblable à la scène de la vente aux enchères où il avait rencontré Néphy pour la première fois.

La plus grande partie était enfouie sous la terre, mais même cette cavité souterraine était assez grande pour éclipser complètement une petite boutique, et la surface du mur du château, qui remplissait un rôle protecteur, était assez imposante. Et au centre du mur de pierre se trouvait une porte qui communiquait avec l’intérieur du château.

Zagan et Néphy étaient déjà venus ici, mais c’était la première fois que Foll le voyait de ses propres yeux, alors elle s’était penchée vers l’arrière comme si elle était submergée par ça.

Pour l’instant, il n’y avait aucun signe qu’elle pensait encore à l’accrochage avec les Chevaliers Angéliques.

« Il y a une telle structure... souterraine ? » demanda Foll.

« Oui. C’est probablement quelque chose qui s’est enfoncé sous terre alors qu’à l’origine elle devait être à la surface. Cependant, je ne sais pas si c’était dû à des changements tectoniques ou à la sorcellerie de Marchosias, » expliqua Zagan.

Le château lui-même avait plusieurs centaines d’années, il était donc difficile de chercher des traces de sorcellerie. Bien que, si un château en entier s’était enfoncé dans le sol à cause des changements tectoniques, alors il aurait dû y avoir une sorte d’inscription de cela quelque part dans les archives. Dans ce cas, il s’agissait probablement d’un acte de sorcellerie venant de Marchosias.

Dans l’état actuel de Zagan, il ne serait pas capable de l’imiter. C’était une puissance vraiment terrifiante.

Si j’insiste pour le faire à ma façon, je devrai affronter douze de ces monstres, hein ? Cependant, il savait que c’était un obstacle qu’il devrait surmonter un jour pour permettre à Néphy de vivre dans un endroit où le soleil brillait. Tandis qu’il réfléchissait de nouveau à ces sombres pensées, Foll murmura quelques mots.

« D’une manière ou d’une autre, cela me rend nostalgique. »

Zagan la fixa d’un air surpris. « Es-tu déjà venue ici ? »

« Non. C’est juste que l’atmosphère ici... est assez familière à l’endroit où je vivais avant, » répondit Foll.

« Es-tu sûre de toi ? » Zagan s’était accroupi et il s’aligna avec au point de vue de Foll quand il lui posa cette question.

La jeune dragonne regarda en réponse avec surprise, mais hocha la tête d’une manière excessive.

« Oui... Ce n’était pas un château, mais la construction de cette cavité est similaire. De plus, l’odeur est la même..., » répondit Foll.

« Par odeur... tu veux dire..., » commença Zagan.

« L’odeur du mana. C’est... probablement un endroit où les dragons ont vécu, » déclara Foll.

Ces mots inattendus avaient choqué Zagan jusqu’au tréfonds de son être.

Ça veut dire que ce... sont des ruines de dragon ?

Si c’était la vérité, faire équipe avec Foll était dans ce cas une bonne idée. Après tout, même si elle était jeune, Foll était quand même une dragonne.

« D’accord. Si tu trouves quelque chose concernant les dragons à l’intérieur du château, dis-le-moi. Je m’en fous que ce soit insignifiant, » ordonna Zagan.

« Compris. Mais... si je trouve un livre que j’aime, puis-je le lire ? » demanda Foll.

« ... Je m’en fiche si tu les ramènes avec toi, alors garde-les pour plus tard, » déclara Zagan.

« Bien..., » l’avait-elle vraiment compris ?

Les joues de Foll étaient rouges et elle semblait heureuse. Avait-elle peut-être été stimulée par l’odeur persistante de ceux de sa race ?

Oh, alors c’est pour ça qu’elle se fiche de ces stupides Chevaliers Angéliques, hein ? Il semblerait que c’était ce qu’on appelait la courte durée d’attention que la plupart des enfants avaient.

Alors qu’il était étonné par sa découverte, Zagan avait ouvert la porte du château. Et après avoir fait ça, un air froid, avec l’odeur de moisissure et de poussière, les avait recouverts.

Il n’y avait pas de lumière à l’intérieur, et une obscurité planait dans la zone ce qui donnait l’impression que le portail menait au royaume des morts. Et d’une manière ou d’une autre, même maintenant, il y avait un air intimidant qui flottait comme si le mana de l’Archidémon était toujours là.

Il avait été dit que Marchosias n’avait permis à aucun humain de s’approcher de lui. Les tâches concernant sa vie quotidienne avaient été laissées aux familiers et aux golems qu’il avait créés.

Cependant, soit ceux-là étaient partis avec la mort de Marchosias, soit ils avaient disparu et étaient redevenus les morceaux de terre dont ils étaient faits. Dans tous les cas, il n’y en avait aucun être qui connaissait tous les détails de ce château.

Néphy s’agrippa étroitement à la bordure de la robe de Zagan. Et Zagan serra sa main de façon rassurante, puis s’avança dans le château.

Avec ce premier pas, un cercle magique avait détecté le retour de son maître et les chandeliers le long du mur s’illuminèrent en s’enflammant. Et comme une ondulation sur une surface d’eau, l’obscurité avait été chassée au loin. Inversement, cependant, l’air intimidant qui dérivait au-dessus d’eux était devenu plus dense.

« Zagan, qu’est-ce que c’est ? » Foll désignait une grande sculpture qui semblait les regarder de haut. De l’autre côté de la porte, on accédait à une grande salle, mais une statue qui semblait s’inspirer d’un démon dominait tous ceux qui entraient dans cette zone.

« Hmm... C’est probablement un golem ou une chimère. Pour le dire simplement, une certaine variété de vie qui naît de la sorcellerie, » répondit Zagan.

On pourrait dire que c’était un survivant de ceux qui géraient cet endroit. Bien qu’il soit totalement pétrifié, Zagan ne pouvait même pas sentir une trace de mana dedans.

Entendant cette réponse, Foll avait écarquillé les yeux.

« Un être vivant... Alors, est-elle vivante ? » demanda Foll.

« C’est ce qu’il semble. Cependant, je ne connais malheureusement pas la méthode pour le libérer ou le mettre au travail, » répondit Zagan.

Puisqu’il y avait une barrière autour de la sculpture, Zagan pouvait dire qu’il s’agissait d’une sorte de dispositif magique, mais il n’avait pas encore identifié sa véritable nature.

« Serait-ce... le gardien de cet endroit ? Je me le demande ? » Néphy inclina la tête sur le côté pendant qu’elle parlait.

« C’est probablement quelque chose comme ça. Il semble que ses fonctions intrinsèques aient été perdues en même temps que la vie de son maître originel. Ce serait gênant si ça devenait incontrôlable, alors n’y touchez pas, » déclara Zagan.

« O-Okay... »

Après Néphy, même Foll avait pris le bord de la robe de Zagan dans leurs mains.

Zagan inspecta la salle, car des sentiments compliqués l’obligeaient à soupirer. Il avait aperçu l’escalier qui menait à un deuxième étage où un mystérieux joyau avait été mis en place. À gauche et à droite, il y avait des passages bordés de plusieurs ornements, qui étaient tous emplis de sorcellerie. Même sur le sol, il y avait un cercle magique mis en place avec un circuit que Zagan n’avait jamais vu auparavant.

On pouvait simplement dire qu’il n’avait pas encore saisi toute l’ampleur de ce château. Combien d’années faudrait-il exactement pour enquêter sur la véritable nature de tous ces dispositifs et saisir tous les détails de tous les livres et appareils de sorcellerie ?

Comme je le pensais, quelques subordonnés seraient bien...

Il pourrait utiliser des humains pour gérer cet endroit et recueillir des informations en son nom.

Cependant, trouver ceux qui ne le trahissent pas... ou plutôt, des sorciers qui répondraient à ses exigences était une tâche ardue. Foll avait, en vérité, satisfait à ces conditions, mais la question de savoir si elle accepterait un tel emploi était une tout autre affaire.

Après avoir fini de réfléchir sur la difficulté de ce problème, Zagan s’était mis en route vers les archives pour le moment. Et alors qu’il avait fait ça, Foll l’avait appelé.

« Zagan, et ce cercle magique ? » dit Foll, pointant du doigt le cercle magique tracé sur le sol pendant tout ce temps. C’était assez grand pour que, même avec une longue foulée, il faille trois ou quatre pas pour le traverser. De plus, il avait été construit avec des cristaux délicatement incrustés. C’était fascinant de penser à quel point la sorcellerie portée à l’extrême était si belle.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » Zagan pencha la tête sur le côté, et Foll répondit comme si c’était évident.

« Cela utilise une formule magique de dragon, » répondit Foll.

« Qu’est-ce que... es-tu sûre ? » demanda Zagan.

« Bien sûr, » répondit Foll.

Il semblait qu’il y avait des circuits qui n’étaient transmis que parmi les dragons. La structure de ce cercle magique en tant que sorcellerie n’était pas différente de ce qu’il connaissait, ce qui ne lui avait pas mis la puce à l’oreille.

C’était un Archidémon qui a vécu pendant mille ans, il n’est donc pas si étrange pour lui d’être versé dans les formules magiques de dragons, bien que ce ne soit pas un pouvoir qu’il pût comprendre à l’âge de dix-huit ans.

Et tandis que Zagan était profondément ému par cette nouvelle vérité, Foll leva les yeux vers lui avec un regard quelque peu vantard sur son visage.

« Je l’ai bien indiqué, comme tu me l’as demandé, » déclara Foll.

Sa silhouette alors qu’elle le faisait ne ferait jamais croire qu’elle était une atroce dragonne. Non, au lieu de ça, Zagan avait naturellement commencé à lui caresser la tête.

« En effet. C’est admirable, Foll, » déclara Zagan.

« Hehe..., » après avoir plissé les yeux comme si ça chatouillait, Foll s’était précipitée vers Néphy.

« Néphy, Zagan m’a félicitée, » déclara Foll.

« Je suis ravie pour toi, Foll, » déclara Néphy.

Après s’être fait également caresser la tête par Néphy, Foll avait poussé un soupir pleinement satisfait.

En la regardant ainsi, Zagan ressentait un sentiment identique à son désir de protéger Néphy bien en lui.

Je ne veux pas l’admettre, mais est-ce que je tiens aussi à elle... ? Au début, il voulait le nier, mais maintenant qu’il en était arrivé là, il n’avait d’autre choix que d’affronter la vérité. Et tandis que Zagan était déconcerté par le changement en lui-même, il avait posé une question à Foll.

« Écoute-moi, Foll. Sais-tu de quel genre de dispositif il s’agit ? » demanda Zagan.

« Il doit... probablement dissimuler une porte ou alors, quelque chose dans le genre, » répondit Foll.

C’était donc un sceau qui utilisait la formule magique d’un dragon.

Et au-delà... est-ce la partie principale du château, hein ? Il n’était donc pas étonnant qu’il n’ait pas pu trouver de connaissances significatives la dernière fois.

« Peux-tu l’ouvrir ? » demanda Zagan.

« Je peux essayer..., » Foll toucha le cercle magique, et commença à étudier sa structure.

Et pendant que Zagan la surveillait attentivement, Néphy s’était blottie contre lui.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Zagan.

« Oh non, euh..., » tandis que Zagan inclinait la tête sur le côté, dans un mouvement inhabituel, Néphy hésitait à parler pendant que sa bouche bougeait. Et, comme si elle était timide à propos de quelque chose, le bout de ses oreilles pointues était teint en rouge vif.

Au bout d’un moment, elle regarda Zagan avec les yeux tournés vers le haut comme si elle lui disait de trouver une solution.

Suis-je en train d’être testé, moi, un Archidémon... ? Il n’avait jamais pensé qu’il recevrait un tel test de la part de Néphy, alors il avait été stupéfait. Dans un état de choc, Zagan avait frénétiquement mis sa tête à contribution.

Est-ce qu’elle... me cajole ou quelque chose comme ça ? Pour Néphy, insister ainsi sur une telle chose était extrêmement inhabituel. Elle voulait qu’il se débrouille seul d’une façon ou d’une autre...

Peu de temps après ça, Zagan se souvint soudainement de l’expression pleinement satisfaite de Foll. Quand Zagan et Néphy l’avaient louée, la jeune fille avait fait un large sourire facile à comprendre.

Cependant, j’essaie aussi de faire l’éloge de Néphy autant que je peux...

Bien sûr, il était difficile pour Zagan de dire des paroles honnêtes de gratitude ou d’éloges. Malgré tout, il avait l’intention d’exprimer ses sentiments chaque fois que c’était possible, et il pensait aussi que Néphy s’en était rendu compte jusqu’à un certain point.

Alors, est-ce autre chose ? Il ne pensait pas que c’était très loin de son interaction avec Foll.

Après cela, Zagan se souvint de la façon dont Foll plissait ses yeux comme si elle était terriblement à l’aise.

Je vois... alors, c’est donc ça !

Finalement, il avait l’impression d’avoir trouvé la réponse. Et avec un air tendu, Zagan répliqua au regard de Néphy.

« Néphy. »

« O-Oui... »

« Ne... bouge pas, compris ? » déclara Zagan.

« ... Euh ? »

Tandis que Zagan faisait un visage tourmenté, comme s’il avait rencontré un ennemi qu’il n’avait aucun espoir de vaincre, Néphy le regarda avec les yeux grands ouverts.

Finalement, Zagan tendit timidement la main vers le visage de Néphy, Néphy relâcha son souffle, et Zagan toucha ses cheveux soyeux.

Néphy le persuadait de faire quelque chose qu’elle n’arrivait pas à mettre en mots. Et la réponse de Zagan fut : caresser la tête de Néphy !

Et bien sûr, Néphy avait plissé les yeux avec aisance, poussant un soupir de soulagement quand elle l’avait fait.

On m’a déjà caressé la tête, n’est-ce pas ?

Zagan avait aussi eu la tête caressée quand il avait utilisé les genoux de Néphy comme oreiller. Parmi toutes ses expériences dans la vie, ce fut un moment de bonheur extrême. Et pourtant, Zagan n’avait jamais rendu la pareille. Le fait de regarder Foll se faire caresser la tête juste devant les yeux avait dû rendre Néphy jalouse.

Tandis que le bout des oreilles de Néphy tremblait de bonheur, elle s’était soudain appuyée contre le corps de Zagan.

Tu sais, ce genre de chose... n’est pas mal du tout.

Telles étaient ses pensées sincères et franches sur le moment.

Il s’était également rendu compte que Néphy n’avait jamais montré de telles émotions quand ils n’étaient que tous les deux. Il semblerait qu’une sorte de désir soit né chez Néphy après que Foll ait rejoint leur foyer.

C’était un changement dramatique par rapport à la façon dont elle avait abandonné la vie lorsqu’ils s’étaient rencontrés pour la première fois.

« ... » Et alors que les joues de Zagan se détendaient face à cette prise de conscience, il remarqua que Foll le dévisageait intensément, ce qui les fit rapidement se séparer l’un de l’autre.

« Qu-Que se passe-t-il, Foll ? » demanda Zagan.

« C’est ouvert..., » annonça Foll.

Devant la petite fille, il y avait maintenant une ouverture béante qui menait à un escalier plus bas.

« Hmm, bon travail ! » déclara Zagan, en descendant l’escalier avec des pas rapides.

***

Partie 10

Une énorme bibliothèque était apparue lorsqu’ils avaient atteint le bas de l’escalier. Le plafond perçait jusqu’à l’étage supérieur et les étagères étaient alignées aussi haut qu’on pouvait regarder.

Selon une estimation approximative, il y avait probablement des dizaines de milliers de livres. Il faudrait certainement plus d’une décennie pour tous les lire. Et parmi les tomes moisis, il y en avait beaucoup qui semblaient assez vieux, et même certains qui semblaient faits à la main.

Il s’agissait des livres que Marchosias avait passé mille ans à collectionner.

Après avoir tout observé, Zagan avait concentré son attention sur Foll.

« Bien jouer, Foll. Il semble que ce soit la véritable bibliothèque, » déclara Zagan.

S’ils avaient fouillé plus loin, il y avait peut-être d’autres passages secrets, mais la formule magique du dragon avait servi de sceau dans le hall d’entrée. De plus, cela avait été placé d’une manière qui se démarquait. Sa fréquence d’utilisation était élevée, mais la probabilité qu’il s’agisse d’un lieu extrêmement important était également élevée.

Après avoir parcouru de telles pensées dans sa tête, Zagan se retourna pour faire face à Néphy et Foll.

« Recueillez absolument tous les livres qui décrivent quoi que ce soit en rapport avec les démons ou l’Emblème de l’Archidémon, » ordonna-t-il.

Même si cela n’allait pas au fond des choses, tant qu’il rassemblait les circuits qui s’y rapportent, il pourrait finalement voir l’image dans son ensemble. Après tout, un sorcier pouvait toujours atteindre le cœur d’une affaire grâce à une bonne recherche.

Néphy souleva alors l’ourlet de sa jupe et se pencha en un salut.

« Certainement, cela sera fait selon vos désirs, » Zagan lui avait tout appris lors de leur dernière visite. Comme c’était la deuxième fois, elle s’était habituée à évaluer un livre en fonction du titre et de la table des matières. Et à côté d’elle, Foll leva les yeux vers Zagan comme si elle attendait quelque chose.

« ... Ça ne me dérange pas non plus si tu ramènes des livres que tu as en vue, » déclara Zagan.

« D’accord ! » Après que Foll ait dit cela et acquiescé, chacun d’eux était parti dans des directions différentes.

Pour l’instant, Zagan avait commencé par fouiller sur les étagères qui avaient été réunies.

Avec des archives de cette ampleur, il semblait possible qu’il y ait encore plus d’escaliers cachés ou autres passages secrets...

Par exemple, manipuler un livre sur une étagère pourrait révéler une zone cachée. On voyait souvent ce genre de piège dans le repère d’un sorcier.

Les archives de Marchosias étaient extrêmement vastes dans des circonstances normales, donc Zagan ne savait même pas par où commencer.

Alors qu’il marchait le long des étagères en parcourant les titres sur les tranches, il était arrivé face à Foll. On aurait dit qu’elle fouillait la même étagère de l’autre côté.

En regardant le visage de Zagan, Foll inclina légèrement la tête sur le côté.

« Zagan, tu as l’air heureux, » déclara Foll.

« Est-ce si évident que ça ? » demanda Zagan.

« Ça l’est, » répliqua Foll.

Zagan avait touché son propre visage en entendant ses paroles. Il ne savait pas s’il souriait vraiment ou non, mais son comportement lui avait fait réaliser qu’il était peut-être de bonne humeur.

« Et bien, en ce moment, j’ai tellement de livres à ma disposition. Pourquoi ne serais-je pas heureux ? » demanda Zagan.

« Je peux le comprendre, » de façon inattendue, Foll était d’accord avec lui. « Je ne déteste pas... lire des livres. »

« Je vois... » Zagan essaya d’imaginer la vue de cette petite fille portant un livre lourd alors qu’elle titubait. Il n’était pas Manuela, mais son visage s’était détendu face à cette pensée. Et en réponse à cela, Foll l’interrogea une fois de plus sur un ton empli de curiosité.

« Zagan, peux-tu lire dans le cœur des autres ? » demanda Foll.

« Euh... ? Qui sait... ? Je me le demande..., » sans comprendre le sens de sa question, il lui répondit comme s’il avait fait un faux pas, et inversement, Foll tourna son regard vers lui avec sincérité.

« Zagan, tu pouvais savoir ce que Néphy voulait... sans qu’aucun de vous en parle. » Elle parlait probablement de quand Zagan avait caressé la tête de Néphy tout à l’heure. Cependant, le fait de se dire cela délibérément avait donné envie à Zagan de mourir d’embarras. Et ainsi, il se gratta le bout du nez, comme s’il frottait pour se distraire.

« Néphy semble toujours connaître mes désirs et mes besoins. Si je ne la comprenais pas un peu, je perdrais la face. » Même s’il l’avait blessée et jetée dehors une fois, Néphy avait senti ses vrais sentiments et avait décidé de retourner à ses côtés. C’est pourquoi il avait voulu lui répondre en nature.

Et après qu’il eut clairement exprimé ses intentions, Foll baissa les yeux d’une manière un peu triste.

« Je suis tout simplement un peu... jalouse, » déclara Foll.

Entendant cela, Zagan avait plissé ses sourcils avec suspicions.

« Pourquoi parles-tu comme si c’était le problème de quelqu’un d’autre ? » demanda Zagan.

« Hein, quoi... ? » s’exclama Foll.

« Je ne sais pas combien de temps vivent les dragons, mais Marchosias a survécu mille ans, » déclara Zagan.

Foll fixa Zagan d’un regard vide, comme si elle ne comprenait pas ses paroles. C’est ainsi qu’il avait dit ce qui suivait tout en détournant le regard.

« Après mille ans, on peut au moins en arriver au point où on sent de telles choses sans échanger de mots, non ? » Bien sûr, il avait aussi Néphy à ses côtés, donc il était pressé de rassembler des connaissances afin de lui permettre de vivre un aussi grand nombre d’années aussi aisément que possible.

En réponse à cela, Foll avait fait une grimace comme si elle ne pouvait pas croire ses paroles.

« Tu... resteras... avec moi... ? », demanda Foll.

« Je n’ai pas l’intention de me mêler de tes choix, donc ça dépend que de toi, » déclara Zagan.

« Je reste avec toi, » répondit Foll, puis elle s’accrocha au bras de Zagan.

Ce genre d’affection... n’est pas dans ma nature, cependant..., pourtant, il avait caressé la tête de Foll.

Ça avait duré un moment jusqu’à ce que Zagan réalise qu’il ne pouvait pas rester comme ça pour toujours. Et alors qu’il continuait à fouiller les archives avec Foll collée à son bras, elle leva soudain le visage.

« C’est... ? » Elle avait sorti un unique livre de l’étagère en prononçant ce seul mot. Et son visage était devenu incisif et agressif.

Le titre était « Les douze Épées Sacrées ». Les Épées Sacrées étaient les ennemies naturelles des sorciers. Il semble que ce soit un livre qui avait compilé des informations sur elles, mais... alors que Foll commençait à feuilleter les pages du livre, Zagan haussa la voix avec un « Ah ».

« Donne-moi ça un moment, » ordonna Zagan.

« Grrr..., » bien que Foll grognait et le regardait fixement, il n’avait pas le loisir de s’inquiéter de sa situation.

Des reproductions des lettres gravées dans les Épées Sacrées recouvraient les pages. Tandis qu’il les regardait, Zagan baissa les yeux vers sa main droite.

J’avais raison ! En le comparant à l’œil, l’Emblème de l’Archidémon présentait des caractéristiques similaires à celles des armoiries gravées sur les Épées Sacrées.

Ce n’était pas suffisant pour dire qu’ils se ressemblaient parfaitement. Cependant, s’il s’agissait de lettres, alors on pouvait dire qu’il y avait beaucoup de parties communes. Fondamentalement, il semblait qu’ils avaient la même origine culturelle.

Comme les similitudes étaient si mineures, cela n’avait même pas touché une corde sensible lorsqu’il avait à nouveau croisé Chastille, bien qu’il y avait aussi le fait qu’elle ne portait pas son Épée Sacrée plus tôt.

Toutefois, lorsqu’il avait comparé ce résultat à un document comme celui-ci, il était confiant dans son observation.

En d’autres termes, si j’enquête sur les Épées Sacrées, j’en apprendrai aussi plus sur l’Emblème de l’Archidémon.

S’il s’agissait de blasons du même système, le fait d’en connaître un lui permettrait de comprendre l’autre.

Tandis qu’il concluait ses hypothèses, Zagan referma le livre et le rendit à Foll.

« Bien jouer, Foll. Maintenant, va rassembler tous les livres relatifs aux Épées Sacrées. Je vais aussi regarder autour de moi, » déclara Zagan.

« Euh, OK... ! » Foll s’intéressait probablement aux Épées Sacrées à cause de son mépris pour les Chevaliers Angéliques. Mais quand même, sa voix était colorée par l’anticipation et la joie.

Après avoir transmis cet ordre à Néphy, les trois individus avaient fait le tour de la zone et ils avaient pu découvrir plusieurs tomes en rapport avec les Épées Sacrées.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Un commentaire

  1. Oooh... Merci pour le chap ^^

Laisser un commentaire