***Chapitre 4 : Un héros n’est rien d’autre que quelqu’un qui refuse obstinément d’abandonner
Table des matières
- Chapitre 4 : Un héros n’est rien d’autre que quelqu’un qui refuse obstinément d’abandonner – Partie 1
- Chapitre 4 : Un héros n’est rien d’autre que quelqu’un qui refuse obstinément d’abandonner – Partie 2
- Chapitre 4 : Un héros n’est rien d’autre que quelqu’un qui refuse obstinément d’abandonner – Partie 3
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Chapitre 4 : Un héros n’est rien d’autre que quelqu’un qui refuse obstinément d’abandonner
Partie 1
« Voici Ashy. Marc, tout comme toi, elle semble être la fille du Haut Séraphin Abaddon. »
Orobas avait présenté Marchosias à sa petite sœur lorsqu’il avait quinze ans. Elle avait cinq ans de moins que lui et, lors d’une attaque de séraphins, Orobas l’avait recueillie. La première chose qui lui avait sauté aux yeux, c’était sa robe déchirée et sale. Peut-être avait-elle été traînée sur le sol, car ses genoux étaient écorchés et ensanglantés. Certains de ses ongles avaient été arrachés et ceux qui restaient étaient remplis de terre. Il n’avait pas besoin qu’on lui dise quel genre d’enfer elle avait traversé.
Ses yeux écarlates ne reflétaient aucune lumière. Elle était si inexpressive qu’on aurait pu se demander si elle respirait encore. Ses cheveux sales, qui auraient pu être blonds, étaient rehaussés par ce qui ressemblait à des cornes arrachées à la racine.
« Elle a eu de la malchance, Abaddon l’a découverte. Sa mère était une succube, mais je n’ai pas réussi à arriver à temps. »
L’état dans lequel se trouvait cette fille et l’absence de sa mère ne laissaient aucun doute sur ce qui s’était passé.
Les séraphins s’amusaient parfois à prendre des femmes d’autres espèces. Pour eux, tous ceux qui n’étaient pas des séraphins n’étaient que du bétail ou des esclaves. Choisir leurs femmes n’était qu’un jeu pour eux. Les séraphins avaient un taux de natalité très bas, mais comme ils agissaient ainsi toute l’année, ils mettaient parfois ces femmes enceintes. Cependant, il était très rare que les enfants héritent des pouvoirs des séraphins. Les caractéristiques de l’espèce de leur mère étaient généralement bien plus marquées. De plus, ils n’utilisaient jamais deux fois le même jouet. La seule fois où ils le faisaient, c’était lorsqu’ils les cassaient. C’est pour cette raison qu’ils les jetaient. La mère et l’enfant abandonnés ne connaissaient jamais de fin heureuse. Les séraphins ne leur accordaient pas un seul regard, et les autres races les évitaient parce qu’ils avaient été souillés par les séraphins.
La mère de Marchosias était humaine et, comme il ne présentait aucune caractéristique séraphique, il avait mené une vie relativement paisible pendant dix ans. Malgré tout, rien n’avait pu empêcher les rumeurs à son sujet de se répandre. Il avait suffi qu’une seule personne parle de lui dans son dos pour qu’il soit chassé de son village.
Il avait fini par atterrir dans le château abandonné d’un vieil homme nommé Orobas. Ce n’était pas vraiment un orphelinat, mais un endroit où ceux qui n’avaient plus nulle part où aller à cause des séraphins se rassemblaient naturellement. La mère de Marchosias n’était cependant pas allée aussi loin. Elle était morte pendant leur errance, maudissant tout ce qui existait au monde, y compris son propre fils.
Contrairement à lui, la fillette qui tenait la main d’Orobas devait encore avoir une bonne opinion de sa mère. Il y avait un désespoir total dans ses yeux. Les espèces dotées de cornes en tiraient une grande fierté; les briser équivalait donc à piétiner leur dignité. Avoir ses cornes brisées et exposées était apparemment une horrible humiliation.
Marchosias s’agenouilla devant elle et attacha ses cheveux de chaque côté pour cacher ses cornes. C’était le plus grand des enfants du château; tous les autres étaient ses petits frères et sœurs, alors il avait l’habitude d’attacher les cheveux comme ça. Mais peut-être que ce n’était pas une bonne idée d’utiliser un lacet pour cela.
« Bon, ça te va ? » demanda-t-il avec un sourire. « Ashy, je m’appelle Marchosias. Tu peux m’appeler Marc. Je suis ton grand frère. Tu n’es pas seule. Je suis là pour toi. Si jamais quelque chose te tracasse, n’hésite pas à venir me voir. »
La fillette ne répondit pas, mais elle finit par tourner son regard vide vers lui.
Il voulait donner de l’espoir à cette fille.
C’était peut-être pour ça qu’il s’était si naturellement présenté comme son frère. La fillette n’ouvrait toujours pas la bouche, alors il échangea sa place avec Orobas et lui prit la main. Elle la serra timidement en retour. Puis, alors qu’il commençait à la guider à l’intérieur, elle murmura quelque chose d’une voix à peine audible.
« Al... shiera… »
« Hm ?
« Mon… nom. Alshiera. »
« Oh ! Ah bon ? Eh bien, c’est un joli prénom. Je t’emmène dans ta chambre… Tu préfères peut-être prendre un bain d’abord ? Tu peux y aller toute seule ? Veux-tu que je te lave ? »
« Pervers… »
« Ce n’est pas ça. »
Aucun d’eux n’avait de famille. En plus de ça, ils avaient tous deux été entraînés dans le même cauchemar. Ou peut-être que l’enfer de la jeune fille avait été encore plus cruel que le sien. C’est pour cette raison qu’il avait choisi de la protéger jusqu’au jour où elle pourrait pleurer quand elle le voudrait et rire quand elle le voudrait.
Peut-être était-ce Marchosias qui avait reçu de l’espoir ce jour-là. C’était lui qui avait gagné quelque chose d’inestimable, après tout.
C’était le point de départ pour l’homme nommé Marchosias. C’était aussi le jour où il avait décidé de sa destination.

◇
« Je ne comprends pas… Comment peux-tu encore tenir debout ? »
L’homme qui avait autrefois consacré sa vie à sa petite sœur, mais qui n’avait finalement pas pu se battre pour elle, se retrouvait une fois de plus bloqué. Le Furcas qui se tenait devant lui n’était pas l’Archidémon Furcas. Peut-être à cause du Chant maudit qui résonnait encore dans l’air, il avait hérité de quelques pouvoirs et connaissances de sorcellerie, mais il était loin d’avoir le niveau requis pour affronter Marchosias l’aîné. Il avait été brûlé par la foudre, transpercé par des flèches de lumière et frappé par les poings de Marchosias. Il n’était même pas capable de régénérer ses blessures. C’était difficile à voir puisqu’ils flottaient dans les airs, mais Furcas saignait en réalité suffisamment pour former une flaque importante à ses pieds. Et pourtant, il restait debout, prêt à se battre.
« Argh… Aaaaaah ! »
Furcas fit claquer son fouet noir, même si ses yeux ne parvenaient plus à faire la mise au point. En raison de sa masse et de sa vitesse anormales, il était difficile d’arrêter cette attaque à l’aide de la sorcellerie. Comme il s’agissait d’un objet, il était difficile d’en analyser les points faibles comme Marchosias pouvait le faire avec la sorcellerie. En ce sens, c’était un peu gênant, mais la différence d’expérience entre ces deux-là était bien trop grande. Un petit mouvement du corps suffit pour esquiver complètement le fouet. Cependant…
« Quoi ? »
La trajectoire du fouet noir se courba et revint vers lui comme une créature vivante. Incapable de l’esquiver à nouveau dans sa position actuelle, Marchosias tendit le bras et repoussa le fouet avec un grondement tonitruant qui semblait pouvoir briser l’atmosphère. Bien qu’il se soit défendu avec succès, l’expression de Marchosias s’assombrit.
Commence-t-il à maîtriser le Dévoreur d’Étoiles dans cet état… ?
C’était dans ces mouvements serpentins que cette arme révélait toute sa valeur. De plus, la vitesse du fouet était impossible à suivre à l’œil nu. Pas même un sorcier n’y parvenait. Même Furcas, à son apogée, n’avait pas été capable de manier le Dévoreur d’Étoiles à un tel niveau. Et pourtant, pour une raison inconnue, il commençait à le maîtriser.
Le potentiel destructeur du fouet noir était effrayant. Un simple effleurement avait suffi à déchirer complètement la barrière défensive de Marchosias, alors même qu’il connaissait déjà ce fait et s’y était préparé. Par-dessus tout, bien qu’il se soit défendu à l’aide de la sorcellerie, son bras droit était engourdi à force de parer les coups et il ne pouvait plus l’utiliser. Il pourrait s’en remettre, mais il ne s’en sortirait pas indemne s’il était attaqué à un rythme soutenu.
Il ne pouvait pas esquiver des attaques qu’il aurait dû pouvoir esquiver. Un simple effleurement avait suffi à le mettre dans cet état. Sans sa magie, il serait mort au moindre contact avec cette chose.
Je suppose que je ne peux pas me permettre de perdre plus de temps ici.
Il voulait capturer Furcas vivant, mais à ce rythme, récupérer l’Emblème de l’Archidémon devrait suffire.
Au pire, je peux le refaire en Nephilim. Mais je n’ai pas vraiment envie d’en arriver là…
Marchosias détenait l’Emblème et le savoir de Shere Khan; créer quelques Nephilims n’aurait donc été qu’un jeu d’enfant pour lui. Cependant, il hésitait à le faire, car dans de rares cas, il y avait un risque que les Nephilims ne s’adaptent pas complètement à leur nouveau corps. Le deuxième roi aux yeux d’argent, Lucia, en était un parfait exemple. Il portait désormais un autre nom.
« Je salue ta ténacité », dit Marchosias en remontant ses lunettes et en serrant le poing. « Mais il est temps d’en finir. »
Avec un bras encore engourdi, Marchosias se rapprocha de Furcas et lança : « Éclair tremblant. »
Il créa une faux faite de foudre. L’Archidémon Furcas avait empêché son activation à l’aide de Cieux Écroulés, mais la coquille vide qu’était Furcas n’avait aucun moyen de l’arrêter. Ou du moins, c’est ce qui était censé se passer, mais la foudre de Marchosias disparut soudainement.
« Hein ?! »
L’instant d’après, la faux de foudre apparut derrière lui. La lame qui était censée décapiter Furcas visait désormais Marchosias. Furcas avait téléporté l’attaque pour la rediriger.
Impossible d’esquiver une attaque pareille. De plus, il s’agissait de la propre magie de Marchosias. Il doutait que quiconque soit capable de gérer une telle chose dès le premier coup d’œil.
Encore une manipulation spatiale ?
C’était pourtant la troisième fois que la magie de Marchosias était redirigée contre lui. Il modifia calmement le flux de son mana et altéra la trajectoire de la faux. La foudre siffla dans son dos sans toucher sa cible. Profitant de cette ouverture, Furcas sauta hors de portée.
Retenant une goutte de sueur froide, Marchosias soupira.
C’est vraiment un génie…
Quiconque pratiquait la manipulation spatiale pouvait voir à quel point la prouesse de Furcas était impressionnante. La difficulté de ce type de sortilège résidait dans la nécessité d’avoir une perception spatiale parfaite. Même sur des objets parfaitement immobiles, relier un endroit à un autre était une question de vie ou de mort. C’est pourquoi on utilisait généralement des cercles magiques pour stabiliser les coordonnées. Les personnes capables de manier librement une telle magie sans aucune stabilisation étaient déjà considérées comme des monstres, mais Furcas était allé encore plus loin en l’utilisant sur un objet en mouvement. Non seulement cela, mais il s’agissait d’une attaque lancée par le plus grand sorcier. Le mot « talent » ne suffisait pas à le décrire. On pourrait dire que c’était l’œuvre d’un dieu.
Marchosias avait réussi à l’esquiver grâce à la nature même de la sorcellerie, mais une seule erreur d’interprétation aurait été fatale. C’est pourquoi il n’utilisait pas de sorts comme Nimbus, qui reposaient sur des attaques multiples. Dès qu’il l’aurait fait, il serait mort.
Cela dit, Furcas n’était pas indemne non plus. Il avait redirigé la faux vers Marchosias, mais n’avait pas pu se défendre complètement contre les éclairs égarés, si bien que tout son avant-bras droit était brûlé et dégoulinait de sang.
« Le Dévoreur d’Étoiles et la manipulation spatiale… Une combinaison plutôt gênante », admit Marchosias.
Furcas sourit d’un air défiant et répondit : « Ça s’appelle Écho. Plutôt difficile à gérer, hein ? »
Il s’agissait d’une sorcellerie qui téléportait l’attaque d’un ennemi pour la renvoyer dans sa direction depuis un angle inattendu. C’était un sort terrifiant, digne d’être qualifié de quintessence de la manipulation spatiale. Marchosias était incapable de reproduire cet exploit lui-même.
S’il s’éloignait trop, le Dévoreur d’Étoiles l’attaquerait. S’il s’approchait trop, Écho renverrait ses attaques. C’était un combo redoutable. C’était la troisième fois qu’il perdait l’affrontement.
***
Partie 2
La première fois, il avait utilisé son poing. En remarquant que son bras avait disparu, il le frappa en plein visage et le projeta en arrière.
La deuxième fois, il avait lancé un sort de foudre à large portée. Plusieurs traits de foudre avaient frappé Furcas, mais le corps principal du sort avait été renvoyé directement sur Marchosias.
La troisième fois, il s’était concentré sur la vitesse avec « Éclair tremblant », mais cela lui avait également été renvoyé avec une précision mortelle.
Il est fort…
Il n’y avait aucune chance de gagner tant qu’il ne l’admettrait pas. C’était tout simplement à ce point que Furcas était puissant.
« Je crains que ça prenne un certain temps. »
Comme Eligor l’avait prédit, Furcas avait largement dépassé ses limites et refusait de céder.
Les héros sont vraiment si agaçants.
Peu importait à quel point la situation était désespérée, ils refusaient d’abandonner. En brûlant leur vie même, ils surmontaient un fossé de puissance, aussi grand soit-il, et accomplissaient l’impossible. C’étaient des êtres tellement déraisonnables.
Aussi frustrant que cela puisse paraître, Furcas avait l’étoffe d’un héros. Tout comme les anciens Rois aux Yeux d’Argent, il ouvrait la voie pour que l’espoir prenne racine.
Marchosias reporta son attention sur la table ronde située bien en dessous de lui. Une sirène nommée Selphy chantait une chanson qui n’aurait pas dû exister. Elle conférait sans aucun doute du pouvoir à Furcas, mais c’était aussi lui qui lui avait permis de le faire.
L’esprit d’un héros réveillait un potentiel latent. Marchosias en avait vraiment marre. Les héros étaient contagieux. Le simple fait d’en accompagner un suffisait à transformer la racaille en héros. Où tout ça avait-il bien pu commencer ici… ? Marchosias n’avait même pas besoin de se poser la question. Tout avait commencé avec Zagan. Son groupe avait déjà dépassé ses limites à plusieurs reprises pour surmonter des épreuves déraisonnables.
Les héros étaient des alliés sur lesquels on pouvait compter, mais il n’y avait rien de plus irritant que de les avoir comme ennemis. Pourtant, même en prenant tout cela en considération, quelque chose clochait. À quelque distance, Furcas inspira silencieusement avant d’ouvrir grand les yeux.
« Très bien… C’est parti ! »
Après avoir apparemment parlé tout seul, il fit claquer son fouet noir une nouvelle fois. Le dévoreur d’Étoiles s’enroula autour de Marchosias et fondit sur lui depuis un angle mort. C’était la bonne façon d’utiliser cette arme, et c’était justement pour ça que c’était étrange.
Furcas n’avait jamais réussi à maîtriser le dévoreur d’Étoiles, car cela ne correspondait pas à sa personnalité.
Pour le meilleur ou pour le pire, Furcas était un homme extrêmement honnête. Cela valait aussi bien à son apogée qu’après avoir perdu la mémoire. Il n’aurait pas dû être capable de telles attaques rusées.
J’ai tout compris maintenant.
Marchosias ferait mieux de renoncer à son titre d’Aîné s’il n’arrivait pas à trouver de contre-mesure après avoir vu la même attaque trois fois.
« Combien de temps crois-tu que ça va continuer à marcher ? » déclara-t-il calmement.
Il pouvait arrêter une ou deux attaques successives du fouet noir. Il avait déjà trouvé un moyen de s’occuper d’Écho. La prochaine fois, Furcas ne s’en tirerait pas. Et juste au moment où Marchosias s’avançait pour affronter le fouet pour la énième fois…
« Hein ? »
Il resta bouche bée. Le fouet, qui s’était rapproché de lui, avait soudainement disparu. Il ne comprenait pas ce qui se passait, c’est pourquoi il agit entièrement par instinct, en s’appuyant sur ses mille ans d’expérience.
Marchosias avait chargé son poing de magie pour se défendre, mais il l’avait au contraire balancé derrière lui dans un coup de revers. Il n’avait même pas eu le temps de regarder. Son poing avait été repoussé par un impact anormalement violent. D’une manière ou d’une autre, le fouet noir l’attaquait par-derrière.
Il peut aussi téléporter ses propres attaques ?!
Et ça ne s’arrêta pas à une seule attaque. Le fouet mesurait plus de deux kilomètres de long. D’énormes masses de métal s’abattirent sur Marchosias alors qu’il découpait l’énorme fouet en morceaux téléportés.
Marchosias s’en souvenait maintenant. Quand il avait utilisé le Séisme destructeur, les Cieux qui s’effondrent l’avaient pulvérisé avec une série d’attaques avant qu’il n’ait pu l’activer. Cela avait été accompli à l’aide du dévoreur d’Étoiles, donc la même chose pouvait naturellement être faite ici. Marchosias sentit le sang se retirer de son visage. Il avait depuis longtemps oublié cette sensation : la peur.
Un nombre ridicule de fouets noirs apparut devant lui.
« OOOOOOH ! » rugit Marchosias. Il ne pouvait se défendre correctement qu’avec un seul coup de poing de chaque côté. Après cela, il agita désespérément ses mains brisées pour essuyer la tempête.
Je n’y arrive pas !
Alors que son corps se brisait tout entier, Marchosias reporta son attention sur Furcas.
« Flammes de l’indignation ! »
Il lança un rayon de chaleur aussi puissant que le souffle d’un dragon. Un Archidémon aurait facilement pu bloquer un tel sort, mais celui-ci était suffisamment puissant pour vaincre Furcas dans son état. Et pourtant, Furcas tendit le bras comme pour le bloquer.
« Je te le renvoie ! »
Au lieu de le frapper, le rayon de chaleur disparut juste avant l’impact et s’abattit juste au-dessus de la tête de Marchosias.
C’était la seule chose qu’il pouvait faire.
C’était la propre magie de Marchosias. Il avait déjà prouvé qu’il pouvait en modifier la trajectoire. S’il avait utilisé un projectile aussi visible, c’était en partie parce qu’une partie de lui voulait encore capturer Furcas vivant. L’autre raison, c’est que c’était tellement facile à viser.
Déformer l’espace pour rediriger une attaque signifie qu’il existe un chemin de retour vers la source.
En déviant la trajectoire du rayon, il pouvait le renvoyer directement vers Furcas par ce chemin. C’était la théorie, en tout cas.
« Quoi ?! »
Le rayon thermique ne se dévia pas du tout et transperça Marchosias, le clouant sur place l’espace d’un instant. La tempête de fouets noirs n’allait pas laisser passer une telle occasion. Des centaines d’impacts destructeurs s’abattirent sur le corps de Marchosias. Ses bras furent arrachés, ses jambes déchiquetées, son crâne écrasé et ses entrailles déchirées.
« Je vois… Je trouvais bien que quelque chose clochait. »
Lorsque le fouet noir se calma enfin, il ne restait plus rien de Marchosias.
« Est-il toujours en vie… ? » demanda Furcas, le désespoir se lisant clairement sur son visage.
Bien qu’il ait été réduit à un nuage de chair, Marchosias se régénéra.
« Malheureusement, j’ai vécu mille ans. J’ai frôlé la mort comme ça plein de fois. »
Tant qu’il était en vie, il pouvait se régénérer de n’importe quelle blessure. Le temps qu’il finisse sa phrase, quatre-vingt-dix pour cent de son corps était déjà revenu à la normale.
C’était moins une. Si le dévoreur d’Étoiles avait été un tout petit peu plus destructeur ou si j’avais utilisé quelque chose de plus puissant que les Flammes de l’Indignation, je n’aurais pas pu tenir le coup.
Marchosias était toujours en vie pour une raison simple. Furcas avait raté son coup.
« De la magie de gravité… », marmonna Furcas en baissant les yeux vers sa main.
« Alors même toi, tu peux le voir dans ton état actuel ? »
Le dévoreur d’Étoiles était une arme d’une masse écrasante qui se déplaçait à une vitesse supérieure à celle du son. C’était une arme très simple, ce qui la rendait d’autant plus difficile à contrer. Si elle avait un point faible, c’était sa masse immense.
Marchosias en avait décuplé la gravité. En tant que maître de la magie de gravité, cela aurait été un jeu d’enfant pour Asmodeus. Mais cela suffisait à faire perdre tout contrôle du fouet noir. Sinon, Marchosias aurait été dispersé aux quatre vents sans laisser derrière lui ne serait-ce qu’un morceau de chair.
Marchosias jeta un coup d’œil autour de lui. En plissant les yeux, il pouvait distinguer des déchirures dans l’espace. C’étaient des failles destinées à ouvrir l’espace pour esquiver ou lancer des attaques. Toutes avaient été préparées pour déclencher cette tempête féroce. Ça avait été de très près. S’il avait utilisé un sort plus mortel, comme Lame du Vide ou Nimbus, au lieu de Flammes de l’Indignation, il n’aurait pas pu utiliser la magie de gravité.
C’est justement parce que c’était au niveau de « Flammes de l’indignation » qu’il avait pu le copier si facilement.
Marchosias tendit la main vers Furcas, ou plutôt vers l’ombre à ses pieds.
« Sors de là, sale rat voleur. »
Marchosias fit apparaître une main de gravité, arrachant la silhouette sombre de l’ombre.
« Ouah ! »
Un homme fut projeté en l’air en poussant un cri de surprise.
« Mais qui es-tu donc… ? » demanda Marchosias. Il ne reconnaissait pas ce sorcier à l’air maladif.
« Oh, allez, tu as essayé de me recruter et tu ne sais même pas qui je suis ? » dit le sorcier en ébouriffant ses cheveux. « Je suis le type que tu voulais tant : le grand Barbatos du Purgatoire. »
« Oh, le sorcier qui vient juste après Furcas en matière de manipulation spatiale », dit Marchosias en se souvenant enfin. « Maintenant que j’y pense, Andras t’avait déjà amené devant moi une fois. Je vois. Tu possèdes effectivement un certain talent. Peu de gens parviennent à infiltrer cette barrière. »
Même un Archidémon aurait du mal à y parvenir. Parmi les quatre derrière lui, seules Eligor et Asmodeus en étaient capables.
Et pourtant, cet homme y est parvenu sans que je m’en aperçoive.
En matière de manipulation spatiale, il surpassait vraiment tous les Archidémons, à l’exception de Furcas. De plus, Barbatos tenait le fouet noir serré dans sa main. C’était lui qui le maniait, pas Furcas. Ce dernier avait pu se concentrer sur la manipulation spatiale précisément parce qu’il avait renoncé au contrôle du dévoreur d’Étoiles.
Deux spécialistes de la manipulation spatiale — les deux meilleurs, non seulement de cette époque, mais de toute l’histoire — travaillaient ensemble. Cela expliquait pourquoi Marchosias avait tant de mal.
« Était-ce ta Flamme de l’Indignation ? » demanda Marchosias.
C’était une erreur d’utiliser une magie aussi simple. N’importe quel sorcier d’un certain niveau était capable de la copier. Il n’avait pas remarqué que sa propre magie avait été remplacée par une autre. Le déluge d’attaques du dévoreur d’Étoiles l’avait empêché de s’en rendre compte. Marchosias était tombé dans leur piège.
« Ne dis pas que c’est déloyal », dit Barbatos en haussant les épaules. « C’est toi qui t’acharnes à intimider un faible. Nous sommes tous les deux pathétiques, alors disons que nous sommes quittes. »
Sur ces mots, il attrapa Furcas par le coude. Furcas était sur le point de s’effondrer. Marchosias voyait bien que Barbatos utilisait de la magie de guérison, mais il n’était pas particulièrement doué pour cela. Il serait impossible de ramener Furcas au combat à ce stade.
Il est enfin à terre.
Cette rafale de coups avait épuisé les dernières forces qui lui restaient. Il faudrait un miracle pour qu’il puisse utiliser la moindre magie après avoir perdu autant de sang.
Cependant, même si cela l’agaçait, Marchosias ne pouvait s’empêcher d’être impressionné par cet homme, Barbatos. Il se comportait avec une telle désinvolture devant l’Aîné. Il ne connaissait pas la peur… et son talent pour la manipulation spatiale était également spectaculaire. C’était sans précédent qu’un simple sorcier de vingt ans atteigne de tels sommets.
Eligor avait eu raison de le choisir.
Il était regrettable qu’ils n’aient pas réussi à rallier Barbatos à leur cause. C’est pourquoi il lui pardonnait ce comportement.
« C’est ridicule de reprocher aux faibles de se regrouper », dit Marchosias avec un sourire.
C’était une provocation facile, mais Barbatos ne mordit pas à l’hameçon.
« Ah bon ? Alors tu vas rester ouvert d’esprit et pardonner ce que je vais faire ensuite aussi, c’est ça ? »
« Hmm… ? »
On aurait dit qu’il avait un tour dans son sac. Marchosias sourit d’un air amusé tandis que Barbatos faisait claquer son fouet noir. Celui-ci décrivait une trajectoire sinueuse complexe, mais Marchosias l’esquiva avec un sang-froid calculé. Cependant, l’extrémité du fouet était introuvable. Elle avait déjà disparu et se rapprochait de son dos.
***
Partie 3
Quoi qu’il en soit, c’est Barbatos qui se mit à gémir.
« Même si tu n’es pas au niveau de Furcas, tu sais aussi utiliser Écho ? » demanda Marchosias en attrapant le fouet à mains nues. « Et en plus, à ton âge. Tu ne cesses de m’impressionner. »
« Tu te fous de moi… »
Cette tactique avait marché parce qu’il la contrôlait en secret depuis l’ombre de Furcas. Maintenant qu’il était à découvert, ses attaques étaient prévisibles, même si elles traversaient l’espace. Barbatos aurait dû le savoir. Pour appuyer cette théorie, il ne semblait pas du tout perturbé que le fouet ait été arrêté. Au contraire, il semblait même sourire.
« Maintenant ! Vas-y ! »
Marchosias sentit un choc violent dans le dos. Il baissa les yeux et vit une lame noire comme du jais qui lui sortait de la poitrine.
« Hi hi hi, les enfants méchants méritent d’être punis. »
Il vit des yeux et des cheveux dorés. Cette fille avait des traits très similaires à ceux d’Alshiera, mais ce n’était pas sa petite sœur.
« Impossible… ! Tu es… Azazel ! » s’écria Marchosias, la haine et la peur transparaissant clairement dans sa voix.
◇◇◇
« Hein ? Pas question ! Peu importe combien vous me payez ! Ça ne compense pas ! »
Quelques minutes plus tôt, Barbatos avait fait une crise de colère peu glorieuse après être apparu à la table ronde. Comment aurait-il pu s’en empêcher ? On lui demandait de se battre contre l’Aîné Marchosias pour sauver Furcas, déjà à moitié mort. Aucune personne sensée n’aurait accepté.
Je n’ai fait que répondre quand j’ai entendu une pleurnicharde. Pourquoi devais-je supporter ces conneries ?!
La barrière de Marchosias était si complexe et si finement détaillée qu’elle méritait l’admiration. Même l’ombre de Barbatos ne pourrait pas la franchir facilement. En fait, lorsque les treize Archidémons avaient pénétré dans la barrière, Barbatos les avait perdus de vue. Alors qu’il poursuivait la présence de son mauvais ami, il entendit une voix venue de nulle part.
« S’il vous plaît. Que quelqu’un les sauve… ! »
Pour une raison inexplicable, cela lui avait rappelé Chastille. Il s’était précipité vers la voix et s’était retrouvé à la table ronde.
« Ça ne sert à rien d’espérer quoi que ce soit de cette personne », dit la femme-chat en le regardant de haut comme s’il était une véritable ordure. « C’est un sorcier méprisable dès qu’il s’agit de quoi que ce soit qui ne concerne pas Dame Chastille. »
« Qu’est-ce qu’elle a à voir avec ça ? » protesta-t-il. « Tu veux que je te tue ? »
« Oh oui… Peut-être que le forcer à se soumettre pourrait marcher. »
Ils devaient être à bout. Elle avait vraiment l’air de vouloir le tuer. Barbatos faillit vaciller.
C’est pour ça que je déteste avoir affaire à elle.
Elle a toujours eu cette aura meurtrière autour d’elle, même au bureau, à Kianoides.
« Arrête ça, Kuroka », dit Ain, le nouveau venu. « Barbatos, tu es capable de franchir cette barrière, n’est-ce pas ? Tu n’as pas besoin de te battre. Amène-moi simplement auprès de Furcas. Tu peux y arriver ? »
Barbatos leva les yeux. Ça n’avait pas l’air si loin, mais l’espace était isolé. Le chemin pour y parvenir était ridiculement compliqué et il y avait des pièges partout, des pièges qui projetaient les intrus dans le subespace. Barbatos avait réussi à atteindre la table ronde, mais il doutait qu’un sorcier, où qu’il soit, puisse franchir tout cela.
« Bon, je suppose que ça ira », répondit-il en hochant la tête d’un air désinvolte.
La fille nommée Dexia était sans voix. Elle et deux autres étaient des sorciers de haut niveau. Ils n’avaient pas réussi à franchir la barrière, mais ce n’était même pas un obstacle pour Barbatos. Aucun sorcier au monde ne pouvait le faire, mais lui le pouvait. Il ajouta toutefois une mise en garde.
« C’est ce que je dis, mais je ne peux pas vous y emmener tous. Ça va prendre du temps. »
« Tu comptais emmener tout le monde ? » demanda Behemoth, complètement abasourdi.
« Hein ? Je croyais que c’était ce que vous demandiez. »
« Euh, alors combien de personnes peux-tu emmener tout de suite ? » demanda Dexia. Ses compétences étaient moyennes, mais elle n’était pas aussi douée que Behemoth ou Levia.
« Je ne le saurai qu’en essayant… Je suppose qu’une personne, ça devrait être facile ? »
« Alors tu peux vraiment le faire tout de suite… », marmonna Dexia, complètement abasourdie.
« Alors ? Je n’ai qu’à t’y emmener ? » demanda Barbatos à Ain.
« Ouais. »
« Attends, Ain », intervint Behemoth, « comme je l’ai déjà dit, il y a de fortes chances que Marchosias efface tes souvenirs. »
« Mais je suis le seul à pouvoir le combattre », rétorqua Ain.
Même du point de vue de Barbatos, Ain était le plus doué d’entre eux. En même temps, il était hors de question qu’il l’envoie là-bas sans prendre de précautions.
Il y a quelque chose chez lui qui me rappelle ce connard de Zagan… Ça me donne envie de le détester.
Behemoth et Levia étaient assez puissants pour que Barbatos veuille les recruter, mais ils n’étaient pas assez fiables face à Marchosias.
« Alors j’y vais », dit la femme-chat. « Je ne pourrai peut-être pas le vaincre, mais je devrais pouvoir gagner du temps jusqu’à l’arrivée de Zagan. »
« Hein ? Et qu’est-ce que tu vas faire, exactement ? Tu ne sais même pas voler. Ou quoi ? Tu veux que je te porte ? »
« Grr… ! »
Il avait suffi d’une simple provocation pour qu’elle grince des dents. Sa rage meurtrière glaciale était tellement rafraîchissante.
Bon, elle reste quand même le seul choix possible.
Il n’aimait pas l’admettre, mais c’était la plus douée après Ain. Barbatos pouvait au moins lui faire une faveur et lui fournir quelques points d’ancrage. Il était sûr de pouvoir demander une sacrée récompense une fois que Zagan serait de retour. Il ricana à cette pensée quand, soudain, quelqu’un tira sur sa robe.
« Je vais y aller. »
Barbatos sentit un frisson lui parcourir l’échine.
Mais qu’est-ce qui ne va pas chez elle ?!
Il fit un bond en arrière et se retourna pour voir une fille aux cheveux dorés et aux yeux couleur de lune. Elle avait le même visage que Dexia. Barbatos voyait bien qu’elles étaient jumelles. Maintenant qu’il y pensait, il les avait vues toutes les deux avec Foll de temps en temps. Mais ce n’était pas le problème.
« Tu es… »
Barbatos connaissait cette fille.
« Je… Non, Aristella n’est pas un pion », dit-elle. « Je ne laisserai pas les choses se terminer avec elle qui servirait d’appât contre son gré et piégerait tout le monde. Je me battrai. »
De tels mots étaient inimaginables venant de la fille qui s’était cachée derrière Dexia avant leur départ d’Opheos.
« Aristella ! » hurla Dexia.
Elle se précipita vers lui, comme si elle n’en croyait pas ses oreilles. Les yeux de cette jumelle étaient d’un bleu profond.
« Dexia… », dit la fille.
« Tes souvenirs sont revenus ? » demanda Dexia en serrant sa jumelle dans ses bras.
« Garde les yeux rivés devant toi, Dexia », dit la jeune fille en pressant son front contre le sien. « L’Aristella qui est là maintenant n’est qu’un rêve. Elle n’est qu’une illusion à qui cette chanson n’accorde qu’un peu de temps. Ne regarde pas en arrière. »
Barbatos eut l’impression de comprendre à présent.
Elles fusionnent…
Il l’avait déjà combattue avec Zagan. À eux deux, ils avaient à peine réussi à la vaincre, en partie parce que Zagan avait hésité. Barbatos pensait avoir gagné en puissance depuis, mais il ne pouvait pas affirmer avec certitude qu’il serait capable de la vaincre seul aujourd’hui.
À l’époque, elle avait été possédée par une entité appelée Azazel. Ils l’avaient sauvée de ce dilemme, mais l’entité n’avait pas disparu pour autant. Elle s’était simplement affaiblie. Elle semblait avoir retrouvé un peu de raison, mais elle n’était plus humaine. Une fois cette Chanson maudite terminée, elle disparaîtrait sûrement.
On ne savait pas vraiment dans quelle mesure Dexia avait compris tout cela. Elle retint ses mots et ses larmes, baissa les yeux, puis releva la tête avec une détermination sans faille.

« B-Bien sûr. C’est moi la grande sœur, tu te souviens ? » dit-elle, le visage complètement décomposé. Et pourtant, elle parvint quand même à esquisser un sourire.
Après avoir effleuré la joue de Dexia, « Aristella » se tourna vers Barbatos. Il eut l’impression qu’elle avait également jeté un coup d’œil à la femme-chat, mais qu’elle ne lui avait rien dit.
« Alors c’est décidé », lui dit la jeune fille. « Emmène Aristella là-bas. »
« Laisse-moi vérifier une chose d’abord », dit Barbatos. « De quel côté es-tu ? »
« Aristella » cligna des yeux, perplexe, et répondit : « Tu ne peux pas le deviner sans me le demander ? »
Elle sous-entendait qu’elle avait déjà répondu à cette question. C’était parfaitement évident sans qu’elle ait besoin de le dire. Mais ce n’était pas ce que Barbatos voulait dire.
« Dans ce cas, est-ce vraiment ce que tu devrais faire ? »
Cette fois, Aristella le regarda, les yeux écarquillés.
« Quelle surprise », dit-elle. « Je n’aurais jamais pensé que quelqu’un me dirait une chose pareille. »
Zagan s’était battu jusqu’au bout pour essayer de sauver cette fille pendant leur combat. Barbatos avait insisté pour qu’ils la tuent tout du long. En la voyant réapparaître devant lui, Barbatos ressentit un léger remords.
« J’ai toujours manié mon épée comme on me l’a ordonnée », dit la jeune fille en secouant la tête. « Jusqu’au bout, je n’avais rien dont je puisse être fière. C’est pour ça que je veux me battre pour quelque chose dont je puisse être fière, pour une fois. C’est Dexia qui m’a appris ça. »
« Ah bon… ? »
« Mais merci », dit la jeune fille en esquissant un léger sourire. « Les gens ici sont tous si gentils. »
« Euh, homme de l’ombre », dit timidement la succube qui ressemblait tant à la pleurnicheuse. « Laisse-moi te remercier moi aussi. Pour avoir dit que tu aiderais Furcas… Je croirai en lui jusqu’au bout. S’il te plaît, dis-lui ça. »
« Dis-le-lui toi-même après », répondit Barbatos.
Il repoussa la succube pleurnicharde qui l’ennuyait. Elle le regarda, stupéfaite, puis sourit ironiquement.
« Tu es quelqu’un de bien, contre toute attente », dit-elle. « Je comprends pourquoi Chastille est tombée amoureuse de toi. »
« Hein ? Qu’est-ce que la pleurnicheuse a à voir là-dedans ? »
Dans quel genre de malentendu ces gens s’étaient-ils fourrés ? Il soupira, mais une idée lui vint à l’esprit.
Si elle pouvait se battre comme la dernière fois, ça pourrait bien marcher.
Ce serait aussi un excellent moyen de se venger de Zagan. Mettre des bâtons dans les roues des plans de Marchosias l’Aîné, alors que Zagan était tombé si spectaculairement dans son piège, serait une grande victoire pour lui. Barbatos afficha un sourire malicieux à cette pensée.
« Je t’emmènerai là-bas, mais tu dois faire ce que je te dis », dit-il à Aristella. « Tu veux aussi mettre une raclée à ce connard arrogant, c’est ça ? »
« Je ne pourrais pas demander mieux. »
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