Le Dilemme d’un Archidémon – Tome 19 – Chapitre 4 – Partie 4

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Chapitre 4 : Un héros n’est rien d’autre que quelqu’un qui refuse obstinément d’abandonner

Partie 4

« Impossible… ! Tu es… Azazel ! »

Se connecter à Furcas par son ombre, prendre le contrôle du Dévoreur d’Étoiles, remplacer les Flammes de l’Indignation de Marchosias par les siennes et attirer l’attention de ce dernier pour qu’« Aristella » puisse le prendre par surprise : Barbatos avait mené cette mission à bien à la perfection, même si la récompense était loin d’en valoir la peine. Au passage, il avait aussi transmis le message de la succube à Furcas. Il ne savait pas si cela avait vraiment porté ses fruits, mais il semblait que Furcas était devenu bien plus tenace après cela.

Haaah, je suis crevé !

Bluffer face à ce monstre avait été épuisant sur le plan mental. Barbatos baissa alors les yeux vers Furcas, qu’il tenait toujours par le bras.

Merde. Il a besoin d’être soigné immédiatement, sinon il va mourir.

Furcas était gravement blessé. Il avait encore tous ses membres, mais ses os et ses muscles étaient en lambeaux. Plusieurs de ses organes internes étaient également endommagés. Honnêtement, c’était un miracle qu’il soit encore en vie. Barbatos était impressionné qu’il ait réussi à utiliser une magie aussi délicate qu’Écho dans un tel état.

Barbatos était capable de pratiquer des sorts de guérison basiques, mais il ne pouvait rien faire contre une perte de sang extrême et des organes complètement détruits. Ils avaient besoin de quelqu’un comme Shax pour s’en occuper. Il faisait ce qu’il pouvait, mais Furcas ne pourrait plus contribuer au combat.

Pendant ce temps, « Aristella » brandissait son épée pour le poursuivre. Elle avait réussi à porter cette attaque-surprise, mais son adversaire était Marchosias. Il n’allait pas mourir de ça. Après avoir retiré les épées jumelles qui l’avaient transpercé, il dégaina immédiatement une arme sans lame.

Un Katana Hex ? Non… une lame Hex ?

Le Katana Hex, capable de trancher même le subespace, était en possession de l’Archidémon Glasya-Labolas, ce qui ferait de celle-ci l’une des multiples lames Hex. Elles avaient des noms et des caractéristiques similaires, mais celle-ci créait une lame entièrement faite de mana qui brillait d’une lumière pâle.

« Tu t’accroches toujours à ce corps ? »

« Hi hi hi ! Tu aimes la valse ? Danse avec moi ! »

Après avoir laissé échapper un rire effrayant, « Aristella » descendit tout droit comme une flèche, puis bondit perpendiculairement vers la gauche. Même un sorcier compétent aurait cru qu’elle avait disparu. Sa vitesse était terrifiante à ce point.

Le cercle magique qu’elle utilisait comme point d’appui fut balayé. L’avait-elle utilisé pour accélérer ?

La sorcellerie permettant de créer un point d’appui en plein vol était élémentaire. Cependant, celle-ci avait été modifiée pour la propulser dans les airs avec une accélération fulgurante. C’était une application assez dangereuse. En s’arrêtant un instant sur le cercle magique, elle laissa même une image rémanente et accéléra d’autant plus. En peu de temps, d’innombrables « Aristellas » fantomatiques dansaient partout. C’était toute une valse.

Ça ressemblait beaucoup à cette fichue dame aux chats.

Le fait qu’elle utilise deux épées était également similaire. La seule différence, c’est qu’elle n’avait aucune hostilité envers Barbatos.

On dirait presque qu’elle l’imite exprès. Je me fais des idées ?

Après avoir continué ce manège pendant un moment, « Aristella » passa à l’offensive. Avec une vitesse fulgurante, ses deux cimeterres se rapprochèrent de chaque côté. Il était absurde de défier un sorcier avec une épée, mais Barbatos doutait qu’il y ait un seul sorcier au monde capable de suivre ces lames. Et pourtant, Marchosias tint bon et partit à l’assaut de sa technique terrifiante avec sa propre arme. Pourtant, ces épées avaient autrefois submergé Zagan. Marchosias n’avait pas le loisir de contre-attaquer. Ses mouvements étaient clairement plus lents qu’avant.

Cette lame d’un noir de jais avait un effet.

Tout comme le Phosphore Céleste de Zagan, elle était probablement maudite afin d’empêcher toute magie de guérison. Le saignement causé par cette attaque-surprise n’avait toujours pas cessé. À cela s’ajoutaient ses yeux, qui brillaient comme des lunes sinistres. Le simple fait d’être sous son regard ralentissait les mouvements. Pendant son propre combat contre elle, ces yeux avaient été une source de souffrance constante pour Barbatos.

D’innombrables images rémanentes fondirent sur Marchosias, ralenti, avec des lames noires. Sachant qu’il mourrait s’il cessait de bouger, Marchosias fonça dans les airs tout en se défendant. Cependant, à cette vitesse, il n’y avait aucun moyen d’y échapper. Des coups de lame se refermaient sur lui de toutes parts, y compris d’en haut et d’en bas.

Marchosias fit de son mieux pour les repousser, mais une seule lame hex ne suffisait pas. Ses bras, ses jambes, ses épaules et sa poitrine furent déchirés les uns après les autres. C’était comme s’il avait échangé sa place avec Furcas quelques instants plus tôt. « Aristella » acculait totalement Marchosias.

Elle va y arriver !

Cela dit, Marchosias n’allait pas rester les bras croisés et la laisser faire ce qu’elle voulait. Au milieu des innombrables affrontements, il donna soudain un coup de lame vers le haut de toutes ses forces.

« Hi hi ! »

« Aristella » bloqua avec ses deux épées, mais elle ne pouvait rien faire face à la différence de force physique. Elle avait arrêté la Lame Hex, mais avait perdu l’équilibre. C’est alors que Marchosias enchaîna avec un coup horizontal visant son cou.

« Trop prévisible ! »

Barbatos déforma l’espace en utilisant l’ombre qui s’enroulait autour d’Aristella. C’était Écho. Le coup destiné à la décapiter s’abattit à la place sur le dos de Marchosias… ou du moins, c’était ce qui était prévu.

« C’est trop évident », dit Marchosias en retirant son épée avant qu’elle ne touche sa cible, reprenant ainsi la provocation de Barbatos. Il la plongea ensuite dans l’ombre qui était toujours ouverte derrière lui. C’était comme si ça avait été son plan depuis le début.

Il a deviné ? Non, m’a-t-il piégé là-dedans ?!

L’épée traversa l’ombre et se manifesta juste à côté du cou d’« Aristella ».

« Argh ! »

Elle retira ses épées et bloqua le coup, mais dut s’arrêter net pour y parvenir. Marchosias lui asséna un coup de pied circulaire en plein torse, lui coupant le souffle.

« Gah… Ah… »

À ce stade, le combat était complètement à sens unique. En deux coups de la Lame hex, ses épées noires furent repoussées, laissant son cou sans défense à la merci de son adversaire. Il poussa alors un soupir de déception.

« Je pensais que tu serais capable de puiser davantage de puissance en possédant un Nephilim… Je suppose que c’est tout ce que tu as.

« Gah… De quoi… tu parles ? »

Il la tenait par le cou, mais apparemment, il ne serrait pas. « Aristella » pouvait encore parler.

« Les capacités utilisables par la possession dépendent de l’entité possédée », expliqua Marchosias. « Les connaissances et le pouvoir inconnus de l’entité ne peuvent être exercés. »

Barbatos se souvint du combat contre Nephteros. Le fait qu’elle ait pu utiliser le mysticisme céleste à ce moment-là était normal, mais elle avait aussi utilisé huit Ailes Hex et une lance de lumière. C’étaient les pouvoirs d’un haut elfe de l’époque où ils étaient appelés séraphins. Nephteros n’avait jamais utilisé de tels pouvoirs auparavant, mais elle avait sans aucun doute les qualités nécessaires pour les posséder. Elle n’avait tout simplement pas été capable de les supporter en tant qu’homunculus.

« Mais les choses sont différentes avec un Nephilim », poursuivit Marchosias. « Tu peux devenir n’importe quoi en implantant des souvenirs dans ton esprit. »

En d’autres termes, il avait testé si les pouvoirs d’Azazel pouvaient être libérés. Cependant, « Aristella » était venue ici en tant qu’Aristella; elle n’était donc pas capable de manier le pouvoir que Marchosias espérait. Il avait l’air de s’ennuyer.

« Tu… tu me testais… ? » demanda Aristella en serrant les dents.

Il n’y avait pas plus grande insulte pour quelqu’un qui avait tout donné au combat. Des larmes se formèrent même dans les yeux d’« Aristella », et Marchosias lui rétorqua : « Depuis combien de siècles crois-tu que je combats Azazel ? Crois-tu vraiment que je prendrais au sérieux une simple enveloppe possédée ? »

Barbatos sentit qu’il avait commis une erreur. Cet homme avait consacré mille ans de sa vie à combattre Azazel. En d’autres termes, il avait affronté « Aristella » plus souvent qu’il n’aurait pu le souhaiter. « Aristella » avait affronté son ennemi naturel. Même si elle semblait avoir eu l’avantage, ce n’était rien de plus qu’une mise en scène pour tester le pouvoir dont il parlait.

Non, ce n’est pas tout à fait ça. Même sans tout ça, ce type est tout simplement plus fort.

C’était peut-être normal de la part de l’Archidémon qui avait régné sur le monde, tant en public qu’en coulisses, pendant mille ans. Si quelqu’un était bizarre, c’était plutôt Furcas d’avoir réussi à tenir le coup aussi longtemps.

« Je n’ai plus besoin de toi. »

« Hgggh… Gah… »

Avec un craquement terrifiant, il commença à serrer le cou d’« Aristella ».

« Comme si j’allais te laisser faire ! »

Sachant qu’il essayait de lui briser la colonne vertébrale, Barbatos fit claquer son fouet noir.

« Oui, oui, je sais. Je vais te rendre ça, alors ne t’énerve pas autant. »

Parlant comme un adulte qui réconforte un enfant gâté, Marchosias lança « Aristella » sur le Dévoreur d’Étoiles.

Quel connard !

La véritable valeur de cette arme résidait dans sa capacité à la manipuler comme un être vivant. Barbatos réussit tant bien que mal à la ramener en arrière avant qu’elle ne frappe Aristella de plein fouet, mais cela ne suffit pas à l’éviter complètement.

« Gyah ! »

Le corps gracile d’Aristella fut projeté en l’air, projetant du sang rouge vif partout.

« Putain ! » Barbatos jura en réalisant qu’il l’avait frappée lui-même. Et comme il s’était concentré sur elle pendant un instant, il avait cessé de prêter attention à Marchosias.

« Ah… »

Le temps qu’il relève la tête, le poing de Marchosias était déjà juste devant ses yeux. Sous l’effet d’un choc qui lui donna l’impression de lui avoir fracassé le crâne, le cerveau de Barbatos fut violemment secoué. Il perdit connaissance en un instant, mais parvint tant bien que mal à supporter la douleur et à préserver son cercle magique.

« Hmm ? J’ai vraiment mis toute ma force dans ce coup de poing. Tu es étonnamment coriace pour rester debout comme ça. »

Marchosias loua sa ténacité. La vision de Barbatos était floue et il était incapable de faire la mise au point. Du sang coulait le long de son front et semblait s’être infiltré dans un œil. La moitié de son champ de vision était désormais rouge vif. Malgré tout, il restait debout.

« Ha ! Je n’aime pas l’admettre, mais j’ai l’habitude de me prendre des coups. »

Il n’avait jamais voulu s’y habituer. Cependant, Barbatos avait l’habitude de se prendre des coups bien plus violents. Marchosias était lui aussi assez coriace pour avoir résisté à la rafale du Dévoreur d’Étoiles mais Barbatos n’avait toujours pas l’intention de perdre quand il s’agissait d’encaisser les coups.

« Par respect pour ta résistance, je vais te laisser partir », dit Marchosias avec une pointe de pitié dans la voix. « Laisse Furcas ici et tire-toi. Tu n’es pas le genre de sorcier qui donne le meilleur de lui-même quand il se bat tout seul. »

Barbatos sentit quelque chose se briser en lui.

Ah, je vais tuer ce type. Je vais le buter, putain. Je m’en fous de savoir qui est le plus faible ou le plus fort. Je vais absolument le tuer !

Il s’en serait fichu s’il avait dû supplier pathétiquement pour sauver sa vie, puisque cela aurait été de son plein gré. Par contre, qu’on lui accorde de la pitié était la seule chose qu’il ne pouvait jamais tolérer. Il n’allait plus faire la fine bouche. Seul cet idiot avait le droit de lui parler ainsi — bon, peut-être pas ça non plus, mais quand même.

Barbatos n’était pas assez docile pour se retirer en silence après avoir été ridiculisé. Le sang coulant de son nez, il sourit d’un air provocateur.

« Eh bien, c’est sympa. En guise de remerciement, laisse-moi te donner un avertissement. Si c’est tout ce que tu as dans le ventre, alors fais demi-tour et rentre chez toi. Fais ça… et j’oublierai tout ça. »

« Je ne déteste pas les hommes comme toi, » dit Marchosias avec un rire amusé. « Mais malheureusement, tu n’as pas la capacité de joindre le geste à la parole. »

Il n’y avait aucune fausseté dans cette affirmation. Marchosias frappa à nouveau, se retenant juste assez pour ne pas tuer Barbatos.

C’est ça que je ne supporte pas !

Barbatos serra les dents et encaissa le coup au visage.

Aaah, c’est vrai. Cet idiot ne me laisse jamais le temps de me préparer quand il me frappe. Et il me frappe toujours très fort.

De ce fait, ce coup de poing sans motivation n’était rien. L’impact fut toutefois assez fort pour qu’il voie des étincelles devant les yeux. Il sentit certaines de ses molaires se casser et s’entrechoquer dans sa bouche, puis il vomit du sang en faisant un saut périlleux dans les airs. Malgré tout, Barbatos lança un regard noir à Marchosias et lui fit un doigt d’honneur en souriant.

« Tiens, un petit cadeau ! Profites-en bien, connard ! »

« Quoi… ?! »

Marchosias haussa un sourcil; puis soudain, un poing apparut de nulle part et s’abattit sur le côté de son visage.

« Il semble que mes subordonnés aient été sous ta garde pendant mon absence. »

L’ennemi et ami de toujours de Barbatos était enfin arrivé, le visage empreint d’une colère pure.

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