Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 1 – Chapitre 4 – Partie 2

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Chapitre 4 : L’amour non partagé est quelque chose qui peut même blesser physiquement

Partie 2

Minuit. Pour autant qu’il s’en souvienne, c’était la période de temps où Zagan s’immergeait dans ses recherches, mais dernièrement, c’était devenu pour lui le moment pour aller dormir. Comme Néphy suivait un horaire plutôt normal, Zagan avait fini par s’y habituer à son rythme.

Avec un coude sur le trône, il sentait la somnolence en lui. Cependant, quelqu’un frappa à la porte de la pièce, puis un petit bruit put être entendu venant de l’extérieur.

« Néphy ? Qu’est-ce qui ne va pas à ce genre d’heure ? » lui demanda-t-il.

Normalement, Néphy devait déjà dormir à une heure si tardive. Elle avait peut-être juste soif, mais c’était la première fois qu’elle descende du sommet et qu’elle se déplace jusqu’à la salle du trône si tard dans la nuit.

Lorsque Néphy entra dans la pièce, il remarqua sa chemise de nuit blanche, ce qui expliqua le fait qu’elle s’était déjà couchée. La façon dont elle portait un oreiller duveteux dans ses bras était si adorable qu’elle donnait l’impression à Zagan qu’il perdrait toute raison.

Tout en enlaçant l’oreiller, Néphy avait ouvert avec timidité la bouche pour parler. « Maître... »

« Hm ? » Voyant qu’elle semblait être en train d’agir de manière cérémoniale, Zagan s’était redressé.

Et peu de temps après ça, Néphy avait rassemblé sa résolution et elle avait pris la parole.

« Serait-ce... bien... de coucher ensemble ? » Non seulement ses oreilles, mais même son visage était devenu rouge quand elle avait prononcé ces mots.

 

 

Et le visage de Zagan s’était à son tour raidi.

Je suis un homme, et Néphy est une femme, donc quand elle dit coucher ensemble, ça veut dire... ! Zagan avait dégluti en pensant à ça.

Même lui était un homme. Mais l’idée de vouloir gâcher la peau douce et pure d’une si belle fille lui avait traversé l’esprit à nombreuses reprises.

Cependant, s’il se livrait à la luxure ne serait-ce qu’une fois et qu’il blessait Néphy à cause de ça, Zagan ne s’en remettrait sûrement jamais. Il s’agissait de la raison pour laquelle il s’était retenu jusqu’à présent.

Et maintenant, Néphy est venue se donner à moi !? Considérant la possibilité qu’il eût mal entendu ou qu’il s’agissait simplement d’un lapsus, Zagan s’était calmé en lui demandant de se répéter.

« Néphy, comprends-tu le sens de ce que tu viens de dire ? » lui demanda-t-il.

« ... Oui, » elle était probablement aussi très nerveuse. Et ainsi, avec des larmes se formant même dans ses yeux, elle avait franchement dit ce qu’elle pensait.

« Après tout, il n’y a qu’un seul lit... dans ce château, » et alors qu’il s’apprêtait à crier de joie, Zagan inclina sa tête sur le côté.

Hm ? Attends, c’est une drôle de façon de le dire..., certes, si l’on pensait à une sorte de lit convenable dans ce château, seul celui de Néphy leur viendrait à l’esprit. Tout le reste était soit cassé ou bien trop sale, et Néphy avait fait de son mieux pour les faire tous disparaître.

Bien sûr, il ne s’opposait pas à l’idée qu’ils se collent l’un à l’autre dans la chambre de Néphy, mais il avait l’impression que ce n’était pas ce qu’elle essayait de dire.

Tout en considérant cela pendant plusieurs secondes, il s’était rendu compte qu’il ne pouvait pas aller au cœur du problème par lui-même, alors il l’avait poussé pour obtenir plus de détails.

« L-La S-Signification... ? » lui demanda-t-il.

Néphy semblait aussi avoir réalisé que son explication était insuffisante, et après s’être mordu la lèvre, elle avait commencé à expliquer dès le début.

« Maître, vous dormez toujours sur ce trône, » déclara-t-elle.

« Eh bien, c’est vrai, » répondit-il.

« Je crois qu’être allongé pendant le repos... vous ferait peut-être vous sentir... plus à l’aise, » déclara-t-elle.

Cependant, même s’il voulait s’allonger, le seul lit disponible était celui de Néphy. En d’autres termes... Hm ? Alors il ne s’agit pas d’abandonner son corps ou quoi que ce soit ? Tandis que Zagan revêtait un visage complètement confus, Néphy terminait ce qu’elle disait.

« En tant que telle... que diriez-vous de... coucher... ensemble... ? » Son visage était déjà rouge vif à tel point qu’on aurait dit qu’un incendie se déclencherait sous peu.

Zagan pensait qu’il faisait probablement le même genre de visage à ce moment-là.

Tu es trop pure, bon sang... En d’autres termes, il semblait qu’elle ne voulait pas dire qu’elle voulait qu’ils entrent dans une relation physique. Non, elle souhaitait simplement partager un lit. Pourtant, cela semblait plutôt inadéquat, compte tenu de ses attentes antérieures...

Le sentiment de convoitise suscité par tant d’espoir et le sentiment de vouloir accepter purement et simplement Néphy s’était engagé dans une lutte à mort. Et à la fin de ce conflit, Zagan était arrivé avec une réponse plutôt étrange.

« Écoute-moi, Néphy. Je suis reconnaissant pour cette pensée, mais cette pièce est la pierre angulaire de ma barrière. C’est l’endroit le plus pratique pour déployer des contre-mesures en cas d’intrusion, » c’était comme si des larmes de sang jaillissaient de ses yeux. Cependant, c’était aussi la vérité.

Après tout, ces fichus Chevaliers Angéliques ont fait irruption ici dans l’après-midi, normalement, il ne s’en serait pas tant soucié, mais il avait vraiment l’impression qu’il ne pouvait pas se permettre d’être négligent.

Il était facile de se sentir détendu après avoir repoussé des intrus, de sorte que la probabilité qu’une deuxième vague arrive pour viser cette occasion était élevée.

C’est pourquoi Zagan devait être placé dans la pièce afin de pouvoir prendre des mesures immédiates.

Cependant, Néphy hocha la tête comme si elle avait déjà prédit sa réponse.

« Je pensais... que ça aurait pu être le cas, donc..., » Néphy s’était assise sur le tapis et étendit les bras.

« S’il vous plaît, allez-y... et utilisez mes genoux, » déclara-t-elle.

Un oreiller... de genoux ? Il ne s’attendait pas à ce développement. De plus, voyant qu’elle avait même transporté son oreiller avec elle, elle semblait avoir l’intention de rester toute la nuit. Zagan pensait même que s’il se levait, il pourrait même mourir de bonheur.

Voyant que Zagan n’était pas en mesure de prendre une décision rapide, Néphy avait commencé à agiter les bras pour lui faire signe. Il semblerait que c’était trop embarrassant à répéter, alors elle essayait de lui faire signe de venir rapidement.

Je ne peux pas refuser une telle invitation... ! Il avait envie de regarder Néphy un peu plus longtemps, mais Zagan s’était immédiatement levé de son trône, n’ayant plus de résistance.

« Je... Je vois. Alors, je vais te laisser faire, » s’affalant avant de s’étaler sur le sol, il confia sa tête à Néphy.

Il s’agissait d’un tapis sur lequel on marchait avec des chaussures, mais parce que Néphy l’avait lavé, il était encore plus doux qu’une couverture ordinaire. Et à cause de la chaleur corporelle de ses tendres cuisses, un étrange sentiment de tranquillité avait dominé sa convoitise.

Néphy le regarda fixement, la tête baissée vers ses genoux.

« Comment... est-ce que c’est ? » lui demanda-t-elle.

« Pas... pas mal. » Le visage de Néphy était bloqué par ses seins gigantesques alors que Zagan la regardait d’en bas. Il pouvait encore voir la moitié de son visage, mais il n’était franchement pas sûr de l’endroit où regarder.

Finalement, Néphy avait commencé à caresser maladroitement la tête de Zagan.

Le regard de Zagan avait commencé à errer encore plus à cause du sentiment chatouilleux et quelque peu réconfortant. Et, comme s’il retrouvait son sang-froid, il s’éclaircit la gorge.

« Mais pourquoi fais-tu cela tout d’un coup ? » lui demanda-t-il.

Néphy détourna aussitôt son regard, comme si elle était dans le désarroi, puis parla en chuchotant.

« Maître, même quand... vous avez appris pour mon mysticisme, vous m’avez dit que je pouvais rester ici. C’est pourquoi... Je veux vous montrer ma gratitude... d’une façon ou d’une autre... » Le fait d’exprimer une telle pensée et de tels sentiments était une première pour elle. Et le fait de la voir ravie par ce qu’il lui avait dit avait rendu Zagan satisfait.

Tout en restant étendu sur le sol, Zagan avait tendu sa main sur la joue de Néphy.

« Tu m’aides toujours de tant de façons... Alors franchement, pas besoin d’exprimer notre gratitude de façon aussi formelle, » déclara-t-il.

« ... D’accord, » Néphy hocha timidement la tête.

Zagan s’était alors rappelé qu’il y avait quelque chose qu’il avait omis de lui mentionner. Parce que les Chevaliers Angéliques étaient venus, il n’avait pas pu le dire.

« Hé, Néphy, » déclara-t-il.

« Oui. » Zagan voulait parler de ce qu’il avait en tête alors qu’elle hochait la tête vers lui, affichant une expression vide sur son visage.

« Veux-tu essayer... d’apprendre la sorcellerie ? » Néphy cligna deux fois des yeux, puis ses yeux s’ouvrirent en grand en raison de la surprise.

« Moi... apprendre la sorcellerie ? » lui demanda-t-elle.

« Tout à fait. Je pense que tu as un don pour ça. D’ailleurs, tu ne peux pas contrôler ce “mysticisme” ou quoi que ce soit que tu as utilisé cet après-midi, n’est-ce pas ? » Pour l’instant, elle n’avait pas pu utiliser la sorcellerie avec le collier scellant son mana. Cependant, elle avait été capable de manifester du mysticisme même avec lui.

S’il n’était pas intervenu à ce moment-là, les Chevaliers Angéliques que Néphy avait attaqués auraient probablement été déchiquetés. En plus, elle avait également guéri la blessure de Zagan. Si elle pouvait le contrôler plus consciemment, il y avait de bonnes chances qu’elle puisse devenir assez forte pour même blesser Zagan.

« C’est un pouvoir avec une structure différente, donc le simple fait d’étudier la sorcellerie ne t’aidera pas nécessairement à contrôler le mysticisme. Cependant, tu devrais au moins être en mesure de te défendre pour le moment. » Il avait fait face à quelques revers, mais Zagan n’avait pas renoncé à lui enlever son collier. C’est pourquoi il voulait la préparer pour le jour où elle aura été libérée.

Et, comme si elle ne pouvait cacher sa perplexité, les yeux de Néphy tremblèrent.

« E-Est-ce que je... serais vraiment capable de le faire... ? » lui demanda-t-elle.

« Tu peux le faire. Néphy, tu deviendras une sorcière bien plus forte que moi, » déclara Zagan.

À l’origine, les elfes étaient une race qui emmagasinait un puissant mana en eux. Avec cela, avec en plus le talent de Néphy, même le siège de l’Archidémon était possible.

Néphy s’était alors serré fort contre sa poitrine.

« Serai-je... capable d’atteindre un moment où je vous serais utile, Maître ? » lui demanda-t-elle.

« Tu es déjà... très utile pour moi, » il ne s’agissait pas seulement de la gestion de ses affaires quotidiennes. Peu à peu, il avait pu montrer plus d’émotions, et chaque jour ils se rencontraient face à face et avaient une conversation. Il sentait vraiment qu’il avait gagné quelque chose d’irremplaçable grâce à tout cela.

« Vais-je aussi... devenir comme vous, Maître ? » lui demanda-t-elle.

« Euh... En termes de pouvoir, n’est-ce pas ? Si possible, mais j’aimerais que tout le reste reste identique. » Bien sûr, il voulait lui apprendre la sorcellerie, mais c’était un peu gênant pour elle d’admirer un être maléfique comme Zagan. Il voulait voir beaucoup plus de ses expressions, mais il avait aussi l’impression qu’il voulait que Néphy reste la même.

« Serai-je... capable de vous assister, Maître ? » lui demanda Néphy.

« Tu m’as protégé de ces foutus Chevaliers Angéliques, n’est-ce pas ? » Il avait l’impression que c’était plutôt pitoyable d’être protégé par une fille, mais il en était franchement heureux.

Alors qu’elle y réfléchissait, les oreilles de Néphy rebondissaient et tremblaient.

« Je vais le faire. Maître, pour votre bien, j’apprendrai la sorcellerie, » déclara Néphy.

Je préférerais que tu dises que c’est pour ton propre bien..., même ainsi, le fait d’avoir atteint le point où elle avait une sorte d’ambition était un pas en avant. C’est pourquoi Zagan avait répondu sur un ton enjoué.

« Alors Néphy, tu es ma disciple à partir de maintenant, » déclara Zagan.

« Oui, » son expression semblait indiquer qu’elle était heureuse.

Une disciple, hein... ? Jusqu’à ce qu’il le dise, il n’avait jamais pensé à l’idée de transmettre son savoir et son pouvoir à un autre que lui.

Pourtant, il voulait transmettre à Néphy toutes ces connaissances sans restriction, sans compensation.

Tous les deux étaient restés comme ça pendant un moment, se prélassant dans le silence.

Après une longue période de temps, Néphy avait soudainement parlé sur un ton réconfortant.

« Euh, Maître, » déclara-t-elle.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » lui demanda-t-il en réponse.

« À propos de ce soir..., » le soir, elle voulait probablement dire après qu’ils eurent fini de repousser les Chevaliers Angéliques, quand Néphy soignait la blessure de Zagan.

« Maître, on vous a dit — que vous, qui pouvez tout faire par vous-même, ne pouvez pas comprendre les sentiments des faibles, » déclara Néphy.

« Tout à fait, j’ai dit quelque chose comme ça, non ? » Il s’agissait de l’une des choses qu’il avait dites à Néphy après qu’elle ait parlé ouvertement de son secret.

C’était une histoire ennuyeuse venant de son passé, mais il voulait faire savoir à Néphy qu’il n’y avait pas besoin de s’inquiéter des regards et des paroles des autres.

Et en réponse, Néphy avait doucement caressé la tête de Zagan avec tendresse.

« Maître, vous en avez parlé comme si ce n’était rien, mais en vérité, c’était douloureux, n’est-ce pas ? » lui demanda Néphy.

Zagan avait écarquillé les yeux quand il avait saisi ces paroles.

« Pourquoi... tu ressens ça ? » lui demanda-t-il.

Les cheveux blancs comme neige de Néphy se balançaient en secouant la tête.

« Je ne sais pas, mais..., » comme s’il s’agissait de sa propre douleur, elle s’était tenu la poitrine.

« À ce moment-là, vous aviez l’air terriblement triste, » Néphy s’était ensuite enroulée autour du corps de Zagan comme si elle l’embrassait. De tendres renflements s’appuyaient sur son visage, ce qui avait fait que Zagan avant involontairement rougit.

« H-Hey... » Sans s’inquiéter de l’agitation de Zagan, Néphy avait continué à parler.

« Maître, vous n’êtes pas mauvais. Même si les mots que vous dites sont peu nombreux, je n’oublierai jamais... que vous avez été gentil avec moi, » déclara Néphy.

Même si c’était pathétique, Zagan se sentait susceptible d’éclater en larmes en entendant ces mots. Sa voix tremblait, et il n’avait réussi qu’à répondre brièvement et simplement.

« ... Je vois, » répondit-il.

Cependant, malgré cela, les oreilles de Néphy tremblaient joyeusement lorsqu’elle hochait la tête.

« Je suis heureuse. » Le battement de cœur de Néphy lui était transmis par la poitrine, qui s’appuyait sur lui. Que ce soit à cause des nerfs, de la timidité ou peut-être d’une autre émotion, il s’agissait d’un son très rapide.

Il s’agissait également d’une sensation provoquée par ses émotions gelées qui fondaient doucement, ce qui avait fait perdre à Zagan tout force dans ses épaules.

« Néphy, » murmura-t-il.

« Oui. » Il voulait juste prononcer son nom, même s’il n’avait rien à dire. Il voulait juste... essayer de dire son nom.

« Ce genre de chose... n’est pas mal... n’est-ce pas ? » lui demanda-t-il.

« ... N’est-ce pas, » Néphy hocha simplement la tête comme elle l’avait toujours fait.

Et sûrement, même s’il cherchait à aller plus loin avec elle, elle ne le refuserait pas. Pourtant, le fait d’être sur ses genoux était beaucoup trop confortable pour permettre de telles pensées.

Zagan s’était endormi avant qu’il ne le sache. Cela faisait longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi à l’aise.

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9 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.
    Woua~ ils sont vraiment adorables

  2. Il faudra qu'il passe tout de même commande de nouveaux meubles 🙂 On dirait qu'ils habitent un squat 😉

  3. Merci pour le chapitre !

  4. Merci pour le chapitre

  5. Merci pour ce chap super mignon ^^

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