Le Dilemme d'un Archidémon – Tome 1 – Chapitre 4

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Chapitre 4 : L’amour non partagé est quelque chose qui peut même blesser physiquement

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Chapitre 4 : L’amour non partagé est quelque chose qui peut même blesser physiquement

Partie 1

Chastille et les autres Chevaliers Angéliques s’étaient retirés.

Les trois autres qui étaient avec elle avaient été assommés, et donc, après que Zagan ait fini de réparer sa barrière, il les avait jetés hors de son domaine. Il pensait que Chastille serait tout à fait capable de se débrouiller après ça.

« J’ai impliqué quelqu’un qui n’a rien à voir là-dedans. Désolée. » Jusqu’à la fin, la fille n’arrêtait pas de répéter ce genre de phrases.

Après son retour au château, Néphy avait commencé à soigner la blessure de Zagan. Elle semblait habituée, ce qui avait surpris Zagan. Après quelques instants, il commença à interroger la fille qui s’occupait habilement de ses blessures.

« Néphy, je croyais que tu ne pouvais pas utiliser la sorcellerie, non ? » En un clin d’œil, le corps de Néphy s’était mis à trembler.

« Ce n’était pas de la sorcellerie, » murmura Néphy.

« Alors qu’est-ce que c’était ? » lui demanda Zagan.

« Vous voyez..., » l’expression de Néphy s'aigrit. Son visage en lui-même n’avait pas beaucoup changé, mais la pointe de ses oreilles pointues s’était légèrement affaissée.

En remarquant cela, Zagan haussa les épaules.

« Eh bien, peu importe. Le genre de pouvoir que tu possèdes n’est pas important pour moi. » Bien sûr, il ne savait pas si c’était de la sorcellerie ou autre chose, mais si elle possédait une sorte de pouvoir, pourquoi n’avait-elle pas résisté quand elle avait été capturée ? Pourquoi n’avait-elle pas cassé son collier ? Pourquoi n’avait-elle pas pensé à fuir Zagan ? Il y avait une montagne de questions qui l’assaillait en ce moment.

Toutefois, rien de ce qui s’était déroulé avant ça n’avait fait changé son opinion envers elle... c’était ce qu’il voulait lui transmettre, mais...

Merde ! Quand je le dis comme ça, on dirait que je me fous d’elle, pensa-t-il.

Il était clair que la façon dont il avait formulé ses pensées avait trahi ses sentiments. Voyant Néphy affaisser ses épaules d’une manière plus prononcées, Zagan avait essayé de se corriger.

« Tu es Néphy, et rien ne peut changer cela. Peu importe le pouvoir que tu possèdes, tu es toujours la même, » déclara-t-il.

Je l’ai dit correctement ! Il avait l’impression qu’il était encore un peu difficile à comprendre, mais Néphy le regardait avec émerveillement et surprise.

« ... Merci... beaucoup, » ses oreilles tombantes tremblèrent légèrement.

Pour une raison inconnue, il semblait qu’elle était un peu plus à l’aise... bien qu’on puisse encore se demander si les intentions de Zagan étaient claires ou non.

Pendant qu’ils parlaient de telles choses, elle avait fini de faire les bandages. Zagan ressentait toujours de la douleur, mais au moins, il pouvait encore bouger sa main. Grâce à cela, il savait qu’il n’aurait probablement pas de problèmes pour sa routine quotidienne. Dans une certaine mesure, il pouvait même faire un combat.

S’il n’y avait pas eu la puissance de l’Épée Sacrée, il aurait immédiatement guéri une blessure aussi mineure, mais les premiers soins de Néphy étaient parfaits.

« Hmm... Pas mal. Bien joué, » déclara-t-il.

« ... Non, après tout, c’était... ma faute..., » répliqua Néphy.

Cette fois, il pensait qu’elle serait heureuse des remerciements, mais Néphy avait penché sa tête de honte.

Zagan aurait vraiment souhaité que quelqu’un lui ait enseigné avant ça des paroles de réconfort qu’il pourrait utiliser dans une telle situation. Il envisageait même sérieusement d’arracher la langue de Barbatos et de la transplanter sur lui.

Après s’être inquiété au point où il avait l’impression que son cerveau allait bouillir, Zagan avait finalement réussi à faire sortir quelques mots.

« Aah... As-tu... eu peur ? » lui demanda-t-il.

« N’est-ce pas à moi que vous me demandez ça ? » Et contrairement à ses attentes, elle avait fait un visage qui montrait clairement sa surprise.

Cette expression donnait à Zagan l’impression d’avoir touché un point sensible. Après avoir gémi, Néphy avait timidement ouvert la bouche pour parler.

« Maître, ne pensez-vous pas... que je suis... effrayante ? » lui murmura-t-elle.

« Pourquoi ? » S’il devait dire quelque chose à propos d’elle, c’était qu’elle lui semblait encore plus charmante ces derniers temps, alors que de minuscules indices de ses sentiments se répandaient sur son visage. Qu’est-ce qui était exactement effrayant chez elle ?

Quand Zagan avait incliné la tête sur le côté avec un air sérieux, Néphy avait regardé son visage à plusieurs reprises et avait déplacé ses yeux vers le bas.

Et puis, elle murmura quelque chose, rassemblant clairement tout son courage pour le faire. « Pourquoi... ? À cause... de... la puissance... plus tôt... »

« Oh, ça. C’est quelque chose que je n’avais jamais vu auparavant. En vérité, cela m’intéresse beaucoup, mais c’est tout, » en vérité, il pensait que l’Archidémon Marchosias l’avait achetée à cause de ce pouvoir.

En disant cela, Néphy avait demandé avec un ton empli de curiosité. « Est-ce que c’est... tout ? »

« Hm ? Je crois t’avoir dit que je n’avais pas l’intention de t’utiliser comme rat de laboratoire, non ? » lui demanda-t-il.

« Je... comprends cela, mais ce n’est pas de cela que je..., » il semblait au moins qu’elle croyait enfin en sa bonne volonté.

Il en était franchement heureux, mais la perplexité de Néphy ne faisait qu’augmenter.

Peu de temps après, peut-être en se résignant au fait qu’ils ne faisaient aucun progrès, Néphy avait peigné ses cheveux blancs comme neige et avait commencé à parler.

« Ce pouvoir... n’est pas de la sorcellerie... Ça s’appelle le “mysticisme”, » déclara-t-elle.

« Mysticisme... tu dis ? » Zagan avait déjà entendu le terme auparavant.

Ce n’était pas une technique développée en accumulant les théories et les définitions de la sorcellerie. Non, avec le mysticisme, c’était le simple désir d’avoir quelque chose qui interférait avec les lois de la nature, et selon la situation, on disait qu’il pouvait même ressusciter les morts.

C’était vraiment un miracle qui surpassait l’intellect humain.

Il n’avait jamais pensé qu’il serait un jour témoin de ce pouvoir de ses propres yeux, alors Zagan avait regardé Néphy avec émerveillement.

« Donc c’est réel... Est-ce que tous les elfes peuvent utiliser ce pouvoir ? » lui demanda-t-il.

Néphy secoua négativement la tête face à ses paroles.

« Non. C’est parce que... Je suis une enfant maudite, » Néphy répéta les mots qu’elle avait hésité à dire lors de leur première rencontre. Et Zagan la regarda fixement, attendant que ses prochains mots suivent.

« J’ai... ce pouvoir étrange. Oui, c’est... un pouvoir qui ne devrait pas exister. Les enfants aux cheveux blancs qui possèdent ce pouvoir... n’auraient jamais dû naître... C’est pourquoi..., » ses yeux azur ne reflétaient aucune émotion en disant cela. Aucune larme n’avait coulé sur ses joues.

Vous n’êtes pas une personne. Vous n’avez pas le droit d’avoir une opinion. Vous n’avez même pas le droit d’avoir votre propre volonté. C’étaient les yeux d’une personne à qui l’on disait de telles choses.

Elle a traversé beaucoup de choses, hein... ? pensa-t-il.

Une fois de plus, Zagan ne savait pas quoi dire afin de la réconforter.

Et Néphy ne présentant aucune expression, telle une poupée, continua à parler. « Dans notre village, quand les humains ont attaqué, on m’a demandé d’utiliser mon pouvoir, pour... »

Alors que résonnait le son de Zagan qui déglutissait, Néphy devint complètement pâle et confessa son péché.

« Rembourser le fait d’être autorisée à vivre... Quand je les ai entendus me dire cela, j’ai senti quelque chose se briser dans ma tête, » d’une voix tremblante, elle continua à parler.

« Je n’ai pas... résisté non plus... et j’ai été capturée par les humains. C’était... ma vengeance... contre tout le village, » déclara-t-elle.

Zagan pensait que ses actions étaient tout à fait sensées. En vérité, à ses yeux, tous ceux qui voulaient protéger ceux qui les persécutaient avaient quelques vis desserrées dans leur caboche. Franchement, pourquoi ces gens pensaient-ils qu’elle se précipiterait pour leur défense ? Il semblait qu’ils étaient beaucoup trop arrogants.

« Tout le monde... s’est enfui, l’air vraiment désespéré. Il n’y en avait que quelques-uns qui ont été capturés, et tous les autres ont été tués par l’épée ou brûlés par la sorcellerie. Je suppose que personne n’a réussi à s’échapper. Après tout, même les cadavres d’elfes sont utiles, » les lèvres de Néphy avaient pris la forme d’un sourire.

« En voyant cela, la seule pensée qui m’est venue à l’esprit était “bien fait pour vous”, » sa voix tremblait.

« C’est cruel de ma part, n’est-ce pas ? Je... j’ai vu tout le monde mourir en me maudissant, et je riais du fond du cœur. Je leur avais dit “Cette fois... c’est à votre tour de souffrir”. » Après avoir terminé son histoire, le visage de Néphy était une fois de plus revenu à son état neutre.

« Après tout ce qui s’est passé, j’ai réalisé à quel point j’étais méprisable. J’ai compris que j’étais une personne qui pouvait rire calmement tout en regardant les autres mourir, » continua-t-elle.

Quand elle avait dit ça, un soupir s’était échappé des lèvres de Zagan.

Je vois. C’est pourquoi Néphy a perdu sa capacité à afficher la moindre expression..., pensa-t-il.

Parce qu’elle se détestait, elle avait fini par nier ses propres émotions.

Cependant, Zagan croyait que ses actions ne servaient qu’à prouver à quel point cette fille était vertueuse.

Néphy, n’ayant rien perçu dans les sentiments de Zagan, sombra par terre avec découragement.

« Je suis désolée. Je suis... dégoûtante, n’est-ce pas ? » déclara-t-elle.

« Pourquoi ? » Tandis que Zagan s’était placé à ses côtés, il répondit comme s’il trouvait sa question étrange.

Face à quoi, Néphy avait cligné des yeux comme si elle doutait de ses oreilles.

« E-Euh, quoi ? Non, je veux dire... N’est-ce pas... tout simplement normal ? Si cela avait été moi, j’aurais moi-même massacré les habitants du village. Ouais, j’aurais fait équipe avec les envahisseurs humains. Puisque tu ne l’as pas fait, je pense que tu es vraiment très gentille, Néphy. » Il ne bluffait pas quand il avait répondu ça.

Non, il le ferait très certainement. Il tuerait même une jolie jeune fille comme Chastille s’il le fallait. Et c’était sans parler de ceux qui lui avaient fait du mal. Il était même difficile pour lui de trouver une raison de laisser ces gens vivre. Il les aurait volontiers tous massacrés.

Et si une personne venant du village qui avait tourmenté Néphy se présentait devant lui, il l’aurait même torturé en prime juste pour le plaisir.

Néphy avait alors fait un visage encore plus déconcerté.

« Est-ce que... c’est vrai ? » lui demanda-t-elle.

« Tout à fait. Quand tu parlais à ces foutus Chevaliers Angéliques tout à l’heure, tu étais vraiment effrayante, tu sais ? Si tu peux faire autant de choses, tu aurais dû pouvoir frapper tous ces elfes sans problème. » En disant cela, Zagan avait poussé son doigt vers Néphy.

« De plus, Néphy, tu sembles mal comprendre quelque chose, » déclara Zagan.

« E-Est-ce le cas ? » lui demanda Néphy.

« Tout à fait. Tu penses au mysticisme comme quelque chose de mal, mais il n’y a pas de bien ou de mal quand il s’agit de pouvoir. Y a-t-il des idiots qui pensent qu’une lame connaît le bien ou le mal ? Je dirais que les seuls qui le pensent sont ceux qui ne les manient pas, » déclara Zagan.

Peut-être submergée par la vigueur présente dans les paroles de Zagan, Néphy hocha la tête rapidement et à plusieurs reprises. Mais même ainsi, ses oreilles tombaient toujours vers le bas.

« Mais je pense que... ce que j’ai fait... ne peut être pardonné, » déclara Néphy.

« Qui ne te pardonne pas ? » lui demanda Zagan.

« C’est... Tout le monde... dans le... village, » répondit Néphy.

« Ne sont-ils pas morts ? Alors, oublie-les. Il n’y a aucun moyen pour eux de continuer à se plaindre vu leur situation, » déclara-t-il.

Avec un *pop*, la bouche de Néphy s’était ouverte.

« Tu m’entends, Néphy ? Les gens ne peuvent pas survivre uniquement avec de bonnes pensées. Si tu possèdes le pouvoir, alors utilise-le afin de pouvoir vivre. Si tu ne le fais pas, alors tu ne feras que manquer de respect aux masses impuissantes qui sont déjà mortes, » déclara-t-il.

Comme pour dévaloriser le sens de ces mots, Néphy tapota sa poitrine.

« Est-ce vraiment acceptable... pour moi de posséder... ce pouvoir ? » lui demanda Néphy.

« Alors, laisse-moi te demander une chose. Est-ce mal de posséder de la puissance ? Est-ce mal de désirer la force ? » lui demanda-t-il.

« C’est..., » Néphy ne pouvait pas répondre, alors Zagan avait continué à lui parler affectueusement comme un père aimant.

« Au fait, la plupart des gens me considèrent comme étant un être maléfique et méprisable, » en entendant ces mots, Néphy s’était raidie.

« ... Hein ? » En réponse à cette fille choquée, Zagan avait parlé comme s’il se remémorait des souvenirs emplis de nostalgiques.

« Je ne me souviens pas qui c’était, mais ils m’ont dit que moi, qui pouvais faire n’importe quoi par moi-même, je ne pouvais pas comprendre leurs sentiments. Que les forts ne pouvaient pas comprendre les sentiments des faibles. » S’il se souvenait correctement, c’était une jeune fille extraordinairement pitoyable, mais mignonne, qui fuyait une attaque de bandit. Elle s’était perdue dans le domaine de Zagan, et avait déclenché un piège.

C’était arrivé au moment où Zagan avait commencé à acquérir la puissance en tant que sorcier. Il se sentait seul, donc il avait également en lui l’arrière-pensée de vouloir bien s’entendre avec elle s’il arrivait à la sauver. Mais il croyait vraiment que c’était une bonne chose s’il faisait de son mieux pour sauver quelqu’un dans le besoin.

Zagan avait chassé les bandits et l’avait sortie du piège, mais la seule chose que cette fille avait à dire en retour était la phrase suivante. « Est-ce mal pour les faibles de vivre ? Vous sentez-vous bien après avoir affiché votre pouvoir ? »

Il avait alors regretté de l’avoir sauvée. Et, à l’époque, il avait l’impression de vouloir vomir alors que la fille s’était enfuie.

En y repensant, il avait compris que la jeune fille était frustrée et voulait évacuer sa colère. Pourtant, cet incident l’avait rendu très méfiant envers les étrangers.

La pitié et la gentillesse n’étaient que du poison qui corrompait les gens. Et ainsi, cette fille détestait être submergée dans un sentiment si médiocre.

Sauver les gens n’avait absolument aucun sens au-delà de l’autosatisfaction.

Piétiner les faibles sous les pieds était une évidence. Après tout, ils ne valaient rien.

Il n’y a aucune chance... que je veuille comprendre les sentiments des faibles, pensa-t-il.

Comme s’il crachait sur ces souvenirs amers, Zagan avait parlé. « C’est évident. Je suis devenu fort parce que je ne voulais pas être comme ces individus. » Les faibles avaient toujours entraîné les autres avec eux.

L’idée qu’un étranger vous sauve alors que vous en aviez besoin était pathétique.

S’en remettre à quelqu’un, alors que même un parent abandonnerait son enfant, c’était la même chose que de l’inviter à profiter de vous. C’est pourquoi Zagan cherchait désespérément le pouvoir afin de devenir plus fort.

Cependant, il n’y avait rien au bout de cette route, s’était-il dit.

Après avoir cherché désespérément la puissance pendant si longtemps, il s’était rendu compte que les individus ne méritaient pas sa confiance.

Le fait d’être appelé supérieur sonnait bien et faisait qu’on se sentait bien, mais tout cela n’avait aucune valeur. Mais même ainsi, il pouvait quand même croire en lui-même.

Si cela l’aidait à survivre, il l’accepterait volontiers.

Zagan se moquait de lui-même.

Je dis ça, mais j’ai perdu mon sang-froid simplement parce que Néphy se sent un peu déprimée..., pensa-t-il.

Même lui avait trouvé ce fait humoristique. Pourtant, même s’il avait évité les autres depuis si longtemps, il n’avait pas pu s’empêcher de trouver adorable la fille se trouvant devant ses yeux.

Tout en crachant que l’amour n’était qu’une invention, il aimait quelqu’un d’autre du fond du cœur.

Il s’agissait de sa première expérience romantique.

Il savait que la contradiction pouvait un jour l’amener à la ruine, mais même ainsi, il voulait accepter ses sentiments.

C’est pourquoi Zagan avait désespérément rassemblé quelques mots maladroits.

« C’est pourquoi Néphy, tu ne dois pas t’inquiéter pour les autres. » Touchant de la main la joue blanche de Néphy, sans même savoir ce qu’il devait dire, il s’était efforcé d’exprimer ses sentiments.

« Alors... ne fais pas cette tête. Je t’ai déjà dit... que j’ai besoin de toi, n’est-ce pas ? » continua-t-il.

Ses yeux d’azur tremblèrent lorsqu’elle entendit ses paroles. Et puis, ses doigts fins avaient serré la main de Zagan.

« Puis-je... rester ici ? » lui demanda Néphy.

« Bien sûr que oui. Tu m’as nourri d’une nourriture si délicieuse. Je ne peux même pas imaginer vivre sans toi à partir de maintenant. » Il se demandait si parler de nourriture était approprié, mais au fur et à mesure qu’il prononçait ses mots, il s’était rendu compte que rien de tout cela n’avait d’importance.

Des larmes coulaient sur les joues de Néphy.

« N-Néphy ? » demanda Zagan.

« Uwah... Hic... »

Tandis que Zagan faisait entendre une voix déconcertée, Néphy s’agrippa à la poitrine de Zagan et se mit à sangloter.

« Uwaaaaaaaaaaaaaaah. » Et alors, elle avait fait entendre sa voix avant de pleurer à chaudes larmes.

Zagan n’avait rien dit, choisissant plutôt de caresser sa tête jusqu’à ce que ses larmes se tarissent.

Après s’être calmée et s’être ressaisie, Néphy avait baissé sa tête et avait froissé son tablier dans ses mains.

« ... Je vous ai montré... quelque chose d’embarrassant, » déclara Néphy.

« Ça ne me dérange pas. C’est la première fois que je te vois autant parler, Néphy. » Comme il l’avait dit pour la taquiner, la pointe des oreilles de Néphy était devenue rouge.

« Maître, c’est méchant, » déclara Néphy.

Après avoir dit cela, Néphy baissa le regard vers la main de Zagan. Il s’agissait de la main qui caressait la tête de Néphy jusqu’à il y a quelques instants.

« Maître, votre main ne vous fait-elle pas mal ? » lui demanda-t-elle.

« Hm ? Maintenant que tu en parles..., » avant qu’il ne s’en rende compte, il avait cessé de ressentir la douleur.

Ce n’était pas comme s’il avait perdu la tête, alors, pourquoi ? Tandis qu’il inclinait la tête sur le côté, Néphy avait pris cette main avec ses deux mains.

« Maître, excusez-moi, » en disant cela, elle avait commencé à démêler les bandages qu’elle avait déjà placés avant.

Et après avoir fait ça, qu’avait-elle trouvé ? La blessure, sur laquelle il y avait encore des traces de sang il y a quelques minutes à peine, avait disparu sans laisser de trace.

Voyant cela, même Zagan avait écarquillé les yeux avec étonnement.

« Néphy, as-tu fait ça ? » lui demanda-t-il.

« Je ne sais pas... Mais... probablement, » elle ne le savait probablement pas parce que c’était arrivé inconsciemment.

Comme elle avait été intimidée par les autres villageois, l’idée de guérir les blessures des autres ne lui était probablement jamais venue à l’esprit.

« Quelle surprise ! » Il semblait que le mysticisme surpassait même la puissance d’une Épée Sacrée.

« Wôw, c’est incroyable, » déclara-t-il.

« Est-ce que... c’est si... ? » demanda Néphy.

« Tout à fait. Merci, Néphy, » les yeux de Néphy s’étaient écarquillé alors qu’il exprimait avec franchise sa gratitude.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » lui demanda-t-il.

« Maître, c’est la première fois... que vous me dites une telle chose, » même Zagan avait été laissé perplexe par cette phrase.

Jusqu’à présent, je me rends compte que je n’ai jamais dit, « merci », même une seule fois, réalisa-t-il.

Même si Néphy avait fait tout ce qu’elle pouvait pour préparer ses repas et s’occuper de son château...

« ... Oh, à ce propos... désolé, » quand Zagan avait dit ça, le bout d’oreilles de Néphy s’était mis à frétiller, montrant sa joie.

« Après tout, je vous appartiens, Maître. » Il était très probable que ce n’était pas son imagination que sa voix semblait heureuse quand elle disait ça.

Ce sentiment de solitude, qui était présent partout dans l’être qu’était Zagan et dans sa vie, était maintenant introuvable.

***

Partie 2

Minuit. Pour autant qu’il s’en souvienne, c’était la période de temps où Zagan s’immergeait dans ses recherches, mais dernièrement, c’était devenu pour lui le moment pour aller dormir. Comme Néphy suivait un horaire plutôt normal, Zagan avait fini par s’y habituer à son rythme.

Avec un coude sur le trône, il sentait la somnolence en lui. Cependant, quelqu’un frappa à la porte de la pièce, puis un petit bruit put être entendu venant de l’extérieur.

« Néphy ? Qu’est-ce qui ne va pas à ce genre d’heure ? » lui demanda-t-il.

Normalement, Néphy devait déjà dormir à une heure si tardive. Elle avait peut-être juste soif, mais c’était la première fois qu’elle descende du sommet et qu’elle se déplace jusqu’à la salle du trône si tard dans la nuit.

Lorsque Néphy entra dans la pièce, il remarqua sa chemise de nuit blanche, ce qui expliqua le fait qu’elle s’était déjà couchée. La façon dont elle portait un oreiller duveteux dans ses bras était si adorable qu’elle donnait l’impression à Zagan qu’il perdrait toute raison.

Tout en enlaçant l’oreiller, Néphy avait ouvert avec timidité la bouche pour parler. « Maître... »

« Hm ? » Voyant qu’elle semblait être en train d’agir de manière cérémoniale, Zagan s’était redressé.

Et peu de temps après ça, Néphy avait rassemblé sa résolution et elle avait pris la parole.

« Serait-ce... bien... de coucher ensemble ? » Non seulement ses oreilles, mais même son visage était devenu rouge quand elle avait prononcé ces mots.

 

 

Et le visage de Zagan s’était à son tour raidi.

Je suis un homme, et Néphy est une femme, donc quand elle dit coucher ensemble, ça veut dire... ! Zagan avait dégluti en pensant à ça.

Même lui était un homme. Mais l’idée de vouloir gâcher la peau douce et pure d’une si belle fille lui avait traversé l’esprit à nombreuses reprises.

Cependant, s’il se livrait à la luxure ne serait-ce qu’une fois et qu’il blessait Néphy à cause de ça, Zagan ne s’en remettrait sûrement jamais. Il s’agissait de la raison pour laquelle il s’était retenu jusqu’à présent.

Et maintenant, Néphy est venue se donner à moi !? Considérant la possibilité qu’il eût mal entendu ou qu’il s’agissait simplement d’un lapsus, Zagan s’était calmé en lui demandant de se répéter.

« Néphy, comprends-tu le sens de ce que tu viens de dire ? » lui demanda-t-il.

« ... Oui, » elle était probablement aussi très nerveuse. Et ainsi, avec des larmes se formant même dans ses yeux, elle avait franchement dit ce qu’elle pensait.

« Après tout, il n’y a qu’un seul lit... dans ce château, » et alors qu’il s’apprêtait à crier de joie, Zagan inclina sa tête sur le côté.

Hm ? Attends, c’est une drôle de façon de le dire..., certes, si l’on pensait à une sorte de lit convenable dans ce château, seul celui de Néphy leur viendrait à l’esprit. Tout le reste était soit cassé ou bien trop sale, et Néphy avait fait de son mieux pour les faire tous disparaître.

Bien sûr, il ne s’opposait pas à l’idée qu’ils se collent l’un à l’autre dans la chambre de Néphy, mais il avait l’impression que ce n’était pas ce qu’elle essayait de dire.

Tout en considérant cela pendant plusieurs secondes, il s’était rendu compte qu’il ne pouvait pas aller au cœur du problème par lui-même, alors il l’avait poussé pour obtenir plus de détails.

« L-La S-Signification... ? » lui demanda-t-il.

Néphy semblait aussi avoir réalisé que son explication était insuffisante, et après s’être mordu la lèvre, elle avait commencé à expliquer dès le début.

« Maître, vous dormez toujours sur ce trône, » déclara-t-elle.

« Eh bien, c’est vrai, » répondit-il.

« Je crois qu’être allongé pendant le repos... vous ferait peut-être vous sentir... plus à l’aise, » déclara-t-elle.

Cependant, même s’il voulait s’allonger, le seul lit disponible était celui de Néphy. En d’autres termes... Hm ? Alors il ne s’agit pas d’abandonner son corps ou quoi que ce soit ? Tandis que Zagan revêtait un visage complètement confus, Néphy terminait ce qu’elle disait.

« En tant que telle... que diriez-vous de... coucher... ensemble... ? » Son visage était déjà rouge vif à tel point qu’on aurait dit qu’un incendie se déclencherait sous peu.

Zagan pensait qu’il faisait probablement le même genre de visage à ce moment-là.

Tu es trop pure, bon sang... En d’autres termes, il semblait qu’elle ne voulait pas dire qu’elle voulait qu’ils entrent dans une relation physique. Non, elle souhaitait simplement partager un lit. Pourtant, cela semblait plutôt inadéquat, compte tenu de ses attentes antérieures...

Le sentiment de convoitise suscité par tant d’espoir et le sentiment de vouloir accepter purement et simplement Néphy s’était engagé dans une lutte à mort. Et à la fin de ce conflit, Zagan était arrivé avec une réponse plutôt étrange.

« Écoute-moi, Néphy. Je suis reconnaissant pour cette pensée, mais cette pièce est la pierre angulaire de ma barrière. C’est l’endroit le plus pratique pour déployer des contre-mesures en cas d’intrusion, » c’était comme si des larmes de sang jaillissaient de ses yeux. Cependant, c’était aussi la vérité.

Après tout, ces fichus Chevaliers Angéliques ont fait irruption ici dans l’après-midi, normalement, il ne s’en serait pas tant soucié, mais il avait vraiment l’impression qu’il ne pouvait pas se permettre d’être négligent.

Il était facile de se sentir détendu après avoir repoussé des intrus, de sorte que la probabilité qu’une deuxième vague arrive pour viser cette occasion était élevée.

C’est pourquoi Zagan devait être placé dans la pièce afin de pouvoir prendre des mesures immédiates.

Cependant, Néphy hocha la tête comme si elle avait déjà prédit sa réponse.

« Je pensais... que ça aurait pu être le cas, donc..., » Néphy s’était assise sur le tapis et étendit les bras.

« S’il vous plaît, allez-y... et utilisez mes genoux, » déclara-t-elle.

Un oreiller... de genoux ? Il ne s’attendait pas à ce développement. De plus, voyant qu’elle avait même transporté son oreiller avec elle, elle semblait avoir l’intention de rester toute la nuit. Zagan pensait même que s’il se levait, il pourrait même mourir de bonheur.

Voyant que Zagan n’était pas en mesure de prendre une décision rapide, Néphy avait commencé à agiter les bras pour lui faire signe. Il semblerait que c’était trop embarrassant à répéter, alors elle essayait de lui faire signe de venir rapidement.

Je ne peux pas refuser une telle invitation... ! Il avait envie de regarder Néphy un peu plus longtemps, mais Zagan s’était immédiatement levé de son trône, n’ayant plus de résistance.

« Je... Je vois. Alors, je vais te laisser faire, » s’affalant avant de s’étaler sur le sol, il confia sa tête à Néphy.

Il s’agissait d’un tapis sur lequel on marchait avec des chaussures, mais parce que Néphy l’avait lavé, il était encore plus doux qu’une couverture ordinaire. Et à cause de la chaleur corporelle de ses tendres cuisses, un étrange sentiment de tranquillité avait dominé sa convoitise.

Néphy le regarda fixement, la tête baissée vers ses genoux.

« Comment... est-ce que c’est ? » lui demanda-t-elle.

« Pas... pas mal. » Le visage de Néphy était bloqué par ses seins gigantesques alors que Zagan la regardait d’en bas. Il pouvait encore voir la moitié de son visage, mais il n’était franchement pas sûr de l’endroit où regarder.

Finalement, Néphy avait commencé à caresser maladroitement la tête de Zagan.

Le regard de Zagan avait commencé à errer encore plus à cause du sentiment chatouilleux et quelque peu réconfortant. Et, comme s’il retrouvait son sang-froid, il s’éclaircit la gorge.

« Mais pourquoi fais-tu cela tout d’un coup ? » lui demanda-t-il.

Néphy détourna aussitôt son regard, comme si elle était dans le désarroi, puis parla en chuchotant.

« Maître, même quand... vous avez appris pour mon mysticisme, vous m’avez dit que je pouvais rester ici. C’est pourquoi... Je veux vous montrer ma gratitude... d’une façon ou d’une autre... » Le fait d’exprimer une telle pensée et de tels sentiments était une première pour elle. Et le fait de la voir ravie par ce qu’il lui avait dit avait rendu Zagan satisfait.

Tout en restant étendu sur le sol, Zagan avait tendu sa main sur la joue de Néphy.

« Tu m’aides toujours de tant de façons... Alors franchement, pas besoin d’exprimer notre gratitude de façon aussi formelle, » déclara-t-il.

« ... D’accord, » Néphy hocha timidement la tête.

Zagan s’était alors rappelé qu’il y avait quelque chose qu’il avait omis de lui mentionner. Parce que les Chevaliers Angéliques étaient venus, il n’avait pas pu le dire.

« Hé, Néphy, » déclara-t-il.

« Oui. » Zagan voulait parler de ce qu’il avait en tête alors qu’elle hochait la tête vers lui, affichant une expression vide sur son visage.

« Veux-tu essayer... d’apprendre la sorcellerie ? » Néphy cligna deux fois des yeux, puis ses yeux s’ouvrirent en grand en raison de la surprise.

« Moi... apprendre la sorcellerie ? » lui demanda-t-elle.

« Tout à fait. Je pense que tu as un don pour ça. D’ailleurs, tu ne peux pas contrôler ce “mysticisme” ou quoi que ce soit que tu as utilisé cet après-midi, n’est-ce pas ? » Pour l’instant, elle n’avait pas pu utiliser la sorcellerie avec le collier scellant son mana. Cependant, elle avait été capable de manifester du mysticisme même avec lui.

S’il n’était pas intervenu à ce moment-là, les Chevaliers Angéliques que Néphy avait attaqués auraient probablement été déchiquetés. En plus, elle avait également guéri la blessure de Zagan. Si elle pouvait le contrôler plus consciemment, il y avait de bonnes chances qu’elle puisse devenir assez forte pour même blesser Zagan.

« C’est un pouvoir avec une structure différente, donc le simple fait d’étudier la sorcellerie ne t’aidera pas nécessairement à contrôler le mysticisme. Cependant, tu devrais au moins être en mesure de te défendre pour le moment. » Il avait fait face à quelques revers, mais Zagan n’avait pas renoncé à lui enlever son collier. C’est pourquoi il voulait la préparer pour le jour où elle aura été libérée.

Et, comme si elle ne pouvait cacher sa perplexité, les yeux de Néphy tremblèrent.

« E-Est-ce que je... serais vraiment capable de le faire... ? » lui demanda-t-elle.

« Tu peux le faire. Néphy, tu deviendras une sorcière bien plus forte que moi, » déclara Zagan.

À l’origine, les elfes étaient une race qui emmagasinait un puissant mana en eux. Avec cela, avec en plus le talent de Néphy, même le siège de l’Archidémon était possible.

Néphy s’était alors serré fort contre sa poitrine.

« Serai-je... capable d’atteindre un moment où je vous serais utile, Maître ? » lui demanda-t-elle.

« Tu es déjà... très utile pour moi, » il ne s’agissait pas seulement de la gestion de ses affaires quotidiennes. Peu à peu, il avait pu montrer plus d’émotions, et chaque jour ils se rencontraient face à face et avaient une conversation. Il sentait vraiment qu’il avait gagné quelque chose d’irremplaçable grâce à tout cela.

« Vais-je aussi... devenir comme vous, Maître ? » lui demanda-t-elle.

« Euh... En termes de pouvoir, n’est-ce pas ? Si possible, mais j’aimerais que tout le reste reste identique. » Bien sûr, il voulait lui apprendre la sorcellerie, mais c’était un peu gênant pour elle d’admirer un être maléfique comme Zagan. Il voulait voir beaucoup plus de ses expressions, mais il avait aussi l’impression qu’il voulait que Néphy reste la même.

« Serai-je... capable de vous assister, Maître ? » lui demanda Néphy.

« Tu m’as protégé de ces foutus Chevaliers Angéliques, n’est-ce pas ? » Il avait l’impression que c’était plutôt pitoyable d’être protégé par une fille, mais il en était franchement heureux.

Alors qu’elle y réfléchissait, les oreilles de Néphy rebondissaient et tremblaient.

« Je vais le faire. Maître, pour votre bien, j’apprendrai la sorcellerie, » déclara Néphy.

Je préférerais que tu dises que c’est pour ton propre bien..., même ainsi, le fait d’avoir atteint le point où elle avait une sorte d’ambition était un pas en avant. C’est pourquoi Zagan avait répondu sur un ton enjoué.

« Alors Néphy, tu es ma disciple à partir de maintenant, » déclara Zagan.

« Oui, » son expression semblait indiquer qu’elle était heureuse.

Une disciple, hein... ? Jusqu’à ce qu’il le dise, il n’avait jamais pensé à l’idée de transmettre son savoir et son pouvoir à un autre que lui.

Pourtant, il voulait transmettre à Néphy toutes ces connaissances sans restriction, sans compensation.

Tous les deux étaient restés comme ça pendant un moment, se prélassant dans le silence.

Après une longue période de temps, Néphy avait soudainement parlé sur un ton réconfortant.

« Euh, Maître, » déclara-t-elle.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » lui demanda-t-il en réponse.

« À propos de ce soir..., » le soir, elle voulait probablement dire après qu’ils eurent fini de repousser les Chevaliers Angéliques, quand Néphy soignait la blessure de Zagan.

« Maître, on vous a dit — que vous, qui pouvez tout faire par vous-même, ne pouvez pas comprendre les sentiments des faibles, » déclara Néphy.

« Tout à fait, j’ai dit quelque chose comme ça, non ? » Il s’agissait de l’une des choses qu’il avait dites à Néphy après qu’elle ait parlé ouvertement de son secret.

C’était une histoire ennuyeuse venant de son passé, mais il voulait faire savoir à Néphy qu’il n’y avait pas besoin de s’inquiéter des regards et des paroles des autres.

Et en réponse, Néphy avait doucement caressé la tête de Zagan avec tendresse.

« Maître, vous en avez parlé comme si ce n’était rien, mais en vérité, c’était douloureux, n’est-ce pas ? » lui demanda Néphy.

Zagan avait écarquillé les yeux quand il avait saisi ces paroles.

« Pourquoi... tu ressens ça ? » lui demanda-t-il.

Les cheveux blancs comme neige de Néphy se balançaient en secouant la tête.

« Je ne sais pas, mais..., » comme s’il s’agissait de sa propre douleur, elle s’était tenu la poitrine.

« À ce moment-là, vous aviez l’air terriblement triste, » Néphy s’était ensuite enroulée autour du corps de Zagan comme si elle l’embrassait. De tendres renflements s’appuyaient sur son visage, ce qui avait fait que Zagan avant involontairement rougit.

« H-Hey... » Sans s’inquiéter de l’agitation de Zagan, Néphy avait continué à parler.

« Maître, vous n’êtes pas mauvais. Même si les mots que vous dites sont peu nombreux, je n’oublierai jamais... que vous avez été gentil avec moi, » déclara Néphy.

Même si c’était pathétique, Zagan se sentait susceptible d’éclater en larmes en entendant ces mots. Sa voix tremblait, et il n’avait réussi qu’à répondre brièvement et simplement.

« ... Je vois, » répondit-il.

Cependant, malgré cela, les oreilles de Néphy tremblaient joyeusement lorsqu’elle hochait la tête.

« Je suis heureuse. » Le battement de cœur de Néphy lui était transmis par la poitrine, qui s’appuyait sur lui. Que ce soit à cause des nerfs, de la timidité ou peut-être d’une autre émotion, il s’agissait d’un son très rapide.

Il s’agissait également d’une sensation provoquée par ses émotions gelées qui fondaient doucement, ce qui avait fait perdre à Zagan tout force dans ses épaules.

« Néphy, » murmura-t-il.

« Oui. » Il voulait juste prononcer son nom, même s’il n’avait rien à dire. Il voulait juste... essayer de dire son nom.

« Ce genre de chose... n’est pas mal... n’est-ce pas ? » lui demanda-t-il.

« ... N’est-ce pas, » Néphy hocha simplement la tête comme elle l’avait toujours fait.

Et sûrement, même s’il cherchait à aller plus loin avec elle, elle ne le refuserait pas. Pourtant, le fait d’être sur ses genoux était beaucoup trop confortable pour permettre de telles pensées.

Zagan s’était endormi avant qu’il ne le sache. Cela faisait longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi à l’aise.

***

Partie 3

« C’est quoi ce bordel, mec ! Je suis venu ici après avoir entendu dire que tu as été attaqué par les Chevaliers Angéliques, mais tu n’as pas une égratignure ! »

Le lendemain, dans la salle du trône.

Celui qui avait dit cela après avoir franchi la barrière et effectuer une intrusion n’était nul autre que Barbatos.

Cela faisait environ une semaine qu’ils ne s’étaient pas rencontrés en face à face, mais sa façon d’agir n’avait pas changé.

Zagan agita la main comme s’il le trouvait irritant. Franchement, il ne s’était jamais montré quand on avait vraiment besoin de lui, et c’était juste un obstacle qui arrivait si tard, alors il était vraiment irrité.

« Comme si ça m’intéressait. C’est de leur faute s’ils sont faibles, non ? » déclara Zagan.

« Faible ? Voyons, j’ai entendu dire que quelqu’un avec une Épée Sacrée a été envoyé ! » déclara Barbatos.

« Épée Sacrée ? Oh, maintenant que tu en parles, il y en avait bien une, » répondit Zagan.

Il parlait de Chastille. Pour le dire franchement, le souvenir d’elle s’était effacé de son esprit en raison de l’utilisation du mysticisme par Néphy. De plus, bien qu’elle soit un Chevalier Angélique, elle n’avait pas montré d’hostilité envers lui. Si elle était devenue sérieuse, elle aurait probablement pu se battre au niveau de Zagan. C’est pourquoi il ne la considérait pas comme une ennemie.

« Wôw, même la Vierge à l’Épée Sacrée n’était pas un adversaire digne de ce nom ? » demanda Barbatos.

« Non, en vérité, elle était assez forte. Elle a après tout brisé quelques barrières du château. » Et, comme il n’avait pas encore fini de réparer ces barrières, il avait l’impression qu’il préférait aller terminer le travail plutôt que de continuer leur conversation.

Cependant, alors qu’il pensait cela, Néphy était venue avec sur un plateau du thé et des biscuits cuits.

Après avoir aligné le plateau sur le dessus d’une petite table qu’elle avait préparée à l’insu de Zagan, elle s’était penchée jusqu’à la taille avec courtoisie.

« Je vous en prie. Veuillez utiliser le lait et le sucre à votre convenance avec le thé. » La bouche de Barbatos s’était ouverte en regardant tout ça.

« H-Hey, c’est... l’elfe d’avant, n’est-ce pas ? Ai-je tort ? » demanda Barbatos.

« Non, tu as tout à fait raison, c’est la fille de la vente aux enchères, » répondit Zagan.

« Ne l’as-tu pas déjà utilisée comme sacrifice ? Ou alors, en échange d’une prolongation de sa vie, la fais-tu te servir ? Comme c’est gentil. Tu as bon goût en la matière, » déclara Barbatos.

Néphy s’accrocha au manteau de Zagan comme si elle était effrayée par les pensées de Barbatos.

« Ne me place pas dans le même panier que toi. Néphy est, eh bien... Hum, ma disciple, » déclara Zagan.

Le visage de Barbatos s’était empli de spasmes, puis il avait crié, clairement incapable de croire les paroles de Zagan.

« Que dis-tu ? Une disciple ? Viens-tu de dire disciple ? As-tu bien dit disciple ? Ce truc où tu apprends à quelqu’un d’autre ta sorcellerie, n’est-ce pas ? Toi ? » s’écria Barbatos.

« Ne puis-je pas le faire ? » Zagan avait rejeté son ami indésirable comme s’il le trouvait détestable.

Cependant, il était difficile de dire qu’il l’avait achetée parce qu’il avait eu le coup de foudre pour elle. Après s’en être inquiété pendant un certain temps, il avait trouvé une bonne excuse qui semblait convenir à ses projets.

« Il y a de la sorcellerie que je ne peux pas utiliser seul. Néphy sera certainement utile. » Il parlait de Néphy comme si elle était à nouveau un outil, mais il faisait de son mieux pour la complimenter.

Même avec la sorcellerie, je ne peux pas tout obtenir seul. Après tout, le bonheur simple qu’il avait gagné en étant avec Néphy était l’une de ces choses.

Il semblerait que Néphy se soit habituée à la façon de parler de manière détournée de Zagan. C’est ainsi qu’elle étendit gracieusement l’ourlet de sa jupe en inclinant la tête.

« Je suis honorée, » et ainsi, comme s’il était décontenancé, Barbatos s’était frappé le front.

« Merde, j’ai compris... Rien n’est hors d’atteinte si tu as une elfe à tes côtés... Merde, je n’ai jamais pensé à en utiliser une comme ça..., » déclara Barbatos.

Zagan était conscient que son visage devenait sombre lorsqu’il entendit Barbatos parler de Néphy comme d’un outil. Bien sûr, il avait lui-même dit quelque chose de semblable, mais cela ne signifiait pas qu’il permettrait à quelqu’un d’autre de le faire.

Après un certain temps de réflexion, Barbatos avait affiché un air surpris, comme s’il était tombé sur une pensée curieuse.

« C’est impossible... Ne me dis pas que tu as écrasé ces foutus Chevaliers Angéliques grâce à ce pouvoir ? » demanda Barbatos.

« Néphy a certainement joué un rôle, » l’un des Chevaliers Angéliques avait été vaincu par Néphy, donc il n’était pas faux de dire qu’il avait emprunté son pouvoir.

Puis, avec une expression douce sur son visage, Barbatos marmonna. « Donc, cette destruction à l’entrée est aussi à cause de son pouvoir ? »

En analysant ce qui s’était passé, Zagan s’était rendu compte qu’il n’avait jamais nettoyé les conséquences de la manipulation de la forêt effectuée par Néphy. D’après ce qu’il disait, Barbatos avait probablement déjà vu les traces. Et, cette vision avait probablement mis en évidence le fait que quelque chose d’autre que la sorcellerie était en jeu.

Prenant l’expression de Zagan comme confirmation, Barbatos avait poussé un gémissement.

« Vises-tu sérieusement le titre d’Archidémon, hein ? » lui demanda Barbatos.

En entendant ce mot, Zagan s’était finalement souvenu que lui et Barbatos étaient candidats pour succéder à Archidémon Marchosias. Franchement, sa tête était pleine de pensées liées à Néphy, donc il n’avait pas eu la moindre pensée pour ce genre d’idée annexe.

La raison en était que Zagan avait finalement quelque chose qu’il désirait bien plus que le rang.

Cela ne me dérange pas d’être couronné Archidémon, tant que je peux avoir avec moi ce que je veux vraiment..., pensa-t-il.

Ce n’était pas comme si le fait d’avoir l’esprit complètement occupé par Néphy lui faisait perdre tout intérêt pour le titre. Au contraire, Zagan était probablement celui qui convenait le mieux au poste.

Pourtant, il ne souhaitait pas le titre, mais quelque chose qui l’accompagnait... Oui...

Devenir un Archidémon éloignera-t-il les autres sorciers de Néphy ? Néphy était devenue la disciple de Zagan. S’il était un Archidémon, alors elle serait la disciple de l’un d’eux. En plus, elle deviendrait une existence semblable à la sienne.

Peu importe le degré de confiance du sorcier, il n’y avait probablement pas d’idiots qui se battraient avec lui dans cette affaire. C’est pourquoi Zagan avait répondu avec un rire féroce.

« Y a-t-il une raison pour que je ne le fasse pas ? » En toute franchise, à l’heure actuelle, il ne pensait pas vraiment qu’il serait sélectionné.

Ce n’était pas qu’il doutait de ses compétences, mais il savait qu’il serait difficile d’être vue comme étant apte face à des sorciers qui avaient vécu pendant plusieurs centaines d’années alors qu’il n’avait que dix-huit ans.

Zagan avait seulement commencé à marcher sur le chemin d’un sorcier il y a dix ans, et les autres sorciers avaient passé plusieurs centaines d’années à perfectionner leurs arts. Peu importe comment il aurait lutté contre les connaissances qu’ils avaient acquises au fil du temps et leur expérience accumulée, il n’avait aucune chance de gagner.

Cependant, tant que je continuerai à respirer, je m’efforcerai de devenir le prochain Archidémon après celui-ci, pensa-t-il.

Un nouvel Archidémon n’était pas couronné très souvent, mais il s’était dit qu’il aurait une chance aussi longtemps qu’il vivrait cent ans de plus.

Zagan avait pris une tasse de thé dans sa main. Après en avoir humé l’arôme rafraîchissant, il avait porté la tasse à ses lèvres. Il ne savait pas quelle sorte c’était, mais il avait une saveur élégante. Il s’accordait parfaitement avec les biscuits cuits au four.

« Hm... Il a bon goût, » déclara Zagan.

« Cela m’apporte la plus grande joie, Maître, » déclara Néphy.

Barbatos avait regardé cet échange comme si c’était inattendu.

« Zagan, dis-moi que je me trompe, mon pote. Ne commences-tu pas à t’intéresser à cette fille ? » lui demanda Barbatos.

« Est-ce si étrange de chérir sa disciple ? » Après l’avoir dit, Zagan s’était rendu compte que le mot disciple était très pratique. Son coup de foudre, qu’il cherchait à expliquer, était passé sous silence grâce à un seul mot.

Barbatos avait alors fait entendre sa voix avec un petit rire. « Hehe... Je vois. C’est comme ça, hein ? Même toi, tu as encore un peu d’humanité en toi. Bizarre. »

« Tais-toi, » déclara Zagan.

Après avoir avalé le thé en une seule fois, Barbatos avait quitté son siège.

« Quoi !? Pars-tu déjà ? » lui demanda Zagan.

« Ouais. Je dois y aller, car il n’y a aucune chance que je te laisse me voler le titre d’Archidémon. En plus, un lot inattendu a surgi. » Barbatos s’était éloigné, laissant derrière lui Zagan, qui inclinait la tête sur le côté.

« Ce type est venu ici pour... ? » murmura-t-il.

Tandis que Zagan poussait un soupir d’étonnement, Néphy parlait d’une voix curieuse. « N’est-il pas votre ami ? »

« Aucune chance que cela soit possible. Les amis n’apportent que des inconvénients, il faut donc bien les choisir, » répondit Zagan.

« Mais Maître, vous aviez l’air de vous amuser, » répondit Néphy.

« Est-ce que c’est vraiment le cas ? » lui demanda Zagan.

« En effet. » Il ne voulait pas l’admettre, mais Néphy acquiesça d’un signe de tête convaincu.

Parler avec un type comme ça... est-ce amusant ? Il pensait que l’idée était stupide. Néphy faisait sûrement erreur. Cependant, pour une raison inconnue, il n’avait pas été en mesure de nier complètement ses paroles. Par hasard, il se pourrait que Zagan n’ait tout simplement pas réalisé qu’il avait déjà eu la chance d’avoir un ami.

Faisant disparaître son incapacité à accepter ce fait avec une tasse de thé, Zagan descendit de son trône.

« Il est temps que je commence à réparer totalement la barrière que ces fichus Chevaliers Angéliques ont cassée. Néphy, tu devrais venir m’assister. Considère ça comme une leçon. Je vais commencer par les fondations du cercle magique, » déclara Zagan.

« Oui, Maître, » répondit-elle.

Les moments qui n’avaient pas été passés seul, contrairement à ses attentes, possédaient un goût assez sucré.

***

Partie 4

Un demi-mois s’était écoulé depuis le jour fatidique où Zagan avait acheté Néphy.

Pendant ce temps, elle avait étudié avec diligence les fondements de la sorcellerie. S’il n’y avait pas le collier, elle aurait déjà atteint le point où elle pourrait l’utiliser raisonnablement bien.

Quant au mysticisme, eh bien, il semblait difficile de le contrôler. Il était également apparu que ce n’était certainement pas un pouvoir omnipotent, car il présentait de nombreuses limitations. Zagan avait eu l’impression que le chemin vers l’amélioration de cette compétence particulière était encore assez long.

Mais même ainsi, il pensait que leur vie ensemble était épanouissante. Et pendant ce temps, Zagan avait reçu une convocation des Archidémons. Que veulent-ils exactement ?

Après avoir été à leur convocation, il s’était trouvé à faire face à douze silhouettes fantomatiques. Chacun d’entre eux avait le visage caché, et ils étaient placés de manière à pouvoir rester dans l’ombre, de sorte que Zagan n’avait pu distinguer aucun de leurs traits.

Cependant, cette dissimulation n’avait probablement aucun sens. Le mana qu’il sentait en eux était d’un ordre de grandeur différent, ce qui rendait leur identité évidente.

C’est quoi ce bordel... ? pensa-t-il.

La sueur s’était soudainement formée sur son front. Oui, même s’ils ne faisaient que le regarder, ils dégageaient une aura intimidante qui envoyait des frissons jusqu’à la moelle de ses os. C’était comme si l’air lui-même s’était transformé en boue à cause de la malveillance qui s’accrochait à son corps. Le simple fait de se tenir là l’avait rendu malade alors que ses boyaux se tordaient.

Étaient-ils vraiment des créatures mortelles, tout comme lui ? N’était-ce pas le malaise qu’une grenouille éprouverait à être regardée par un serpent ? Non, c’était plus comme être une grenouille qui était déjà dans l’estomac d’un serpent.

Les douze Archidémons existants... s’étaient réunis ici en ce lieu.

Ils étaient ce qui attendait les sorciers à la fin de leur long voyage. La question était de savoir si l’on devenait quelque chose de pourrissant avant d’en arriver là. Il s’agissait des deux seuls destins qui attendaient tous les sorciers. Et finalement, l’un d’eux avait ouvert solennellement la bouche.

« Alors tu l’es, Zagan, » déclara le premier.

Après cela, la voix d’une femme avait retenti. « J’ai entendu des chuchotements disant qu’il était jeune, mais il n’est encore qu’un enfant... »

Et encore, une autre voix avait continué par la suite. « Comme c’est amusant. Cela ferait de lui le plus jeune de l’histoire, n’est-ce pas ? »

Les Archidémons regardèrent Zagan, puis ils se mirent à rire d’une manière quelque peu étrange.

Zagan n’aimait pas être ridiculisé. Bien sûr, ils étaient tous des personnes qui méritaient son respect, mais Zagan n’avait pas le temps libre pour divertir un groupe de personnes âgées.

Si je ne reviens pas rapidement à la maison, je n’arriverai pas à temps pour le repas de Néphy. Néphy l’attendait à la maison, toute seule, car il se tenait devant des personnes dont il se fichait pas mal.

De plus, bien que la barrière du château ait été restaurée, elle n’était pas assez forte pour arrêter un Chevalier Angélique avec une Épée Sacrée, ou n’importe quel sorcier du niveau de Barbatos. Tant que le mysticisme de Néphy était encore instable, il devait garder ses voyages loin du château le plus court possible.

C’est pourquoi Zagan s’était exprimé avec impudence.

« Quoi !? M’avez-vous convoqué ici juste pour observer un animal rare ? Si vous êtes satisfait, alors j’aimerais maintenant rentrer. » Il avait fait une remarque insouciante à l’égard de personnes d’un rang beaucoup plus élevé, de sorte qu’il ne pouvait même pas se plaindre s’il était tué. Cependant, les Archidémons murmuraient simplement, apparemment satisfaits de son attitude.

« Comme c’est impoli de notre part, » déclara l’un d’eux.

« Même pour nous, un sorcier comme toi est une première. Pardonne-nous pour notre curiosité lancinante, » déclara un deuxième.

« Je dois dire que tu es plutôt audacieux, en nous parlant avec tant d’acuité dans cet endroit. » Après que plusieurs voix rieuses se soient fait entendre, l’une silhouette parmi eux, qui semblait être le chef, avait pris la parole.

« J’irai droit au but. » Le ton rusé de cette voix donnait l’impression que le cœur de Zagan avait été pris dans un étau.

Tout en faisant face à une sueur froide, il avait regardé la silhouette ombragée se trouvant directement devant lui. Et puis, cette silhouette avait fait une annonce choquante.

« Sorcier Zagan. Tu deviendras notre treizième ami assermenté — nous t’avons jugé digne de porter le titre d’Archidémon. »

En réponse à cette annonce soudaine, Zagan s’était raidi en place.

Ai-je mal entendu ? Ils font de moi... un Archidémon ? Plutôt que de la joie, des sentiments de doute s’installèrent en lui.

Avant que Zagan ne puisse ouvrir la bouche, un énorme sceau de lumière s’éleva derrière les Archidémons.

Non, ce n’était pas de la lumière, c’était du mana pur. Il avait été tissé en utilisant une quantité non naturelle de mana tout en possédant une importante densité. Le simple fait d’en être témoin avait fait plier les genoux de Zagan. Il s’agissait d’une masse de pouvoir écrasant. Et puis, il avait senti la même puissance que ce symbole provenant des douze personnes présentes.

La personne principale se tenant dans l’ombre avait ensuite pris la parole.

« C’est l’Emblème de l’Archidémon qui a été confié à Marchosias. Chaque nouvel Archidémon doit en hériter d’un pour nous rejoindre, » déclara-t-il.

Un bruit de gorge s’était échappé de Zagan. Archidémon n’est-il pas qu’un titre distingué et rien de plus, non ? Héritage d’un emblème — si cela signifiait hériter de ce pouvoir, alors il n’y avait aucun moyen qu’un sorcier normal puisse rivaliser avec un Archidémon. Il semblait que la raison pour laquelle tous les sorciers n’avaient pas d’autre choix que de se conformer aux décrets d’un Archidémon n’était pas seulement à cause de la hiérarchie.

Après avoir vu un tel spectacle, Zagan s’était rendu compte que ce n’était pas une blague et qu’il était sur le point de devenir un Archidémon.

Avant qu’il ne s’en rende compte, les profondeurs de sa gorge s’étaient desséchées. Et pendant que sa gorge palpitait, Zagan avait demandé des éclaircissements.

« Vais-je... devenir un Archidémon ? »

« Es-tu mécontent ? » demanda l’ombre.

« Pas tout à fait, mais c’est déconcertant. Ce n’est pas comme s’il n’y avait pas des sorciers bien plus puissants que moi, n’est-ce pas ? » Barbatos, par exemple. Même les sorciers qu’il avait repérés à la vente aux enchères où il avait acheté Néphy avaient vécu plus longtemps que Zagan, et ils étaient tous des individus qui avaient accumulé un vaste savoir et un grand pouvoir. En revanche, Zagan ne possédait même pas de surnom.

« Un soupçon naturel, Zagan. Ton pouvoir n’est encore qu’un grain de sable. »

« Au point où tu disparaîtrais si l’on te soufflait dessus. » Cependant, les silhouettes d’ombre avaient continué à parler.

« Mais même ainsi, il n’y a pas un sorcier qui peut te tuer. » Au fond de son esprit, Zagan avait claqué sa langue.

Donc ils ont même découvert mon atout unique, Hmm ? Le pouvoir de Zagan était comme ils l’avaient décrit.

« Le premier sorcier que tu as tué était Andras, qui portait le surnom de “Ressentiment”, n’est-ce pas ? » C’était le nom du sorcier qui avait l’intention d’utiliser Zagan comme sacrifice.

« Il ne possédait pas autant de pouvoir que tu as maintenant, mais il n’était pas non plus un faible sorcier. »

« Même si c’était une chance sur dix mille, il n’était pas si incompétent qu’il tomberait face à un enfant de huit ans. »

« Et pourtant, tu l’as tué au lieu que cela soit toi qui meurs, et tu as volé toute sa sagesse. » Une histoire de trahison. Et pourtant, les Archidémons l’avaient exalté comme s’il s’agissait d’un grand exploit.

« Jusqu’à ce moment-là, tu n’avais même pas une seule occasion de toucher à la sorcellerie. »

« La seule fois où tu as été témoin de la sorcellerie... c’est la seule fois où Andras t’a tiré dessus. »

« Et dans cet état, tu as massacré un sorcier qui possédait un surnom, n’est-ce pas ? » Et, comme s’il parlait avec une certaine affection, l’une des silhouettes dans l’ombre haussa la voix.

« Tu as appris la sorcellerie en la voyant une seule fois. » Et une autre silhouette dans l’ombre les suivit.

« Eh même plus important encore. De cette seule fois, tu as même compris la structure de la sorcellerie comme peu peuvent se vanter de l’avoir fait. »

« C’est pourquoi, à partir de cette expérience, tu as créé ta sorcellerie unique. »

Zagan ne possédait qu’une seule sorcellerie qui n’appartenait qu’à lui. Ce n’était pas quelque chose qu’il avait volé à Andras, et ce n’était pas quelque chose qu’il avait appris de la sorcellerie provenant du passé.

C’était quelque chose que personne d’autre ne pouvait utiliser, une sorcellerie qui n’appartenait qu’à lui. C’est la première sorcellerie qu’il avait apprise, et c’est le pouvoir même qui avait fait chuter Andras.

« La sorcellerie impressionnante. Et aussi — . »

« Un talent abominable. » Les douze silhouettes ombragées chuchotèrent comme si elles le louaient.

« C’est-à-dire qu’une fois que tu as décidé de voler quelque chose, personne ne peut t’arrêter. »

« C’est-à-dire qu’une fois que tu as décidé de tuer quelqu’un, personne ne peut survivre. »

« Si tu désirais le pouvoir, tous les sorciers ne pourraient s’empêcher de t’offrir tout ce qu’ils ont. »

« Si tu leur avais ordonné une fois de faire quelque chose, tous les sorciers n’auraient d’autre choix que d’obéir à ta volonté sans condition. »

« Vraiment digne du nom Archidémon... Le pouvoir d’un tyran, en effet. » Pendant qu’ils lui lançaient divers mots d’admiration, Zagan pouvait sentir une conviction dans leur voix comme s’ils disaient « mais pas face à nous » à chaque phrase.

Et puis, comme si on lui avait présenté ce fait, ils avaient continué à parler.

« Bien que ce soit une contradiction, comme tu l’es maintenant, tu es toujours un nain. »

« Mais tu possèdes un talent si puissant qu’il semble répugnant. »

« Le talent est une possibilité. »

« Un jour, tu deviendras le plus grand sorcier de l’histoire. »

« C’est pourquoi nous osons faire de ton être encore petit un Archidémon. »

« Tout est pour atteindre de nouveaux sommets dans la sagesse. »

« Tout cela dans le but de porter la sorcellerie à ses extrêmes. » Le chœur des Archidémons qui semblait chanter s’arrêta là. Et Zagan sentait qu’il se faisait avaler dans l’aura de ces silhouettes d’ombre.

Finalement, comme pour se débarrasser de tout cela, Zagan les avait regardés.

« Si tout est comme vous le dites, cela ne signifierait-il pas que je pourrais tous vous voler ici et maintenant ? » Bien sûr, Zagan n’était pas assez fou pour mettre les individus présents ici au défi de se battre. Mais quand même, il demandait comme pour confirmer s’il s’agissait de telles existences.

Et, comme s’ils attendaient cette question, les Archidémons avaient ri.

« En effet. Cependant, garde cela à l’esprit. »

« Tu as peut-être beaucoup plus à perdre qu’à gagner en nous volant, n’est-ce pas ? »

L’estomac de Zagan s’était contracté. S’ils ont déjà appris tant de choses sur moi, alors ils savent pour Néphy, hein ?

Les voler signifierait s’opposer à douze êtres d’une puissance inimaginable. Même s’il les surpassait d’une façon ou d’une autre, il savait que cela ne se terminerait pas par une simple prise d’otage. Et la vérité, c’était que le résultat n’aurait pas changé de manière significative s’il n’avait pas rencontré Néphy.

Tous ceux qui leur résistaient seraient ruinés. Bien sûr, même un Archidémon n’aurait peut-être pas été capable de tuer Zagan, mais cela signifiait simplement qu’il survivrait. Zagan n’avait aucun moyen d’en vaincre un. Chaque fois qu’il gagnait quelque chose, il serait arraché et brisé.

En fin de compte, tout ce qui attendait était la ruine. Et là, Zagan avait réalisé ce qu’il avait fait pour la toute première fois. Ai-je... impliqué Néphy dans une situation aussi dangereuse ?

Et puis, le chef de l’assemblée avait une fois de plus parlé. « Nous entendrions ta réponse. »

« ... Avant cela, il y a une chose que je désire. Cela dépend si je l’obtiens ou non, » déclara Zagan.

« Hahaha, je vois que ton avarice est vraiment importante. Alors, fais-moi entendre ce que tu désires, » lui répondit-il.

Zagan avait traduit ses désirs en mots, et les silhouettes d’ombre hochèrent la tête comme s’ils trouvaient cela étrange.

« Très bien. Tu peux faire ce que tu veux de l’héritage de Marchosias, » déclara le chef.

« Vous avez cédé... très vite, » déclara Zagan.

« Ne te l’avons-nous pas déjà dit ? Si tu as décidé de voler quelque chose, personne ne pourra t’en empêcher. » Ce qu’il voulait obtenir, il l’avait si facilement saisi. C’était plutôt contre nature, mais Zagan acquiesça quand même.

« Alors j’accepterai avec gratitude le poste vacant d’Archidémon, » déclara Zagan.

L’ombre du chef avait parlé une fois que Zagan avait terminé.

« Nous souhaitons la bienvenue à notre nouveau camarade assermenté. » De façon inattendue, ce qui avait accueilli Zagan, c’était des applaudissements.

Ils ne conversaient pas comme les humains se trouvant dans une assemblée, donc cette réaction ordinaire était contraire à ses attentes. Et inversement, c’était d’autant plus inquiétant. C’était comme si des monstres inhumains imitaient les humains.

Avant que Zagan ne s’en rende compte, son poing serré était mouillé de sueur. Néanmoins, alors qu’il était quelque peu libéré de cette pression excessive, Zagan avait retrouvé suffisamment de sang-froid pour poser une question qui n’avait aucun rapport avec la situation actuelle.

« Il y a une chose... J’aimerais vous demander à tous. Connaissez-vous un homme qui utilise la sorcellerie en épluchant la peau fraîche ? » demanda Zagan.

L’une des ombres avait immédiatement pris la parole.

« Oui, ce serait probablement l’“Éplucheur de Visages”. Un sorcier sans valeur. J’ai entendu dire que tu as déjà mis fin à la vie de cet homme ? » Il semblerait que c’était vraiment ce sorcier.

« Était-il un sorcier d’une compétence importante ? Assez pour franchir la barrière du domaine d’un autre sorcier ? » demanda Zagan.

« Ce serait probablement impossible pour lui. C’était un excellent espion, mais lorsqu’il s’agissait de barrières, il n’aurait pas pu faire face à ça. » Entendant cette réponse, Zagan était tombé dans une humeur quelque peu sombre.

En d’autres termes, ce type avait un complice. Et le groupe de suspects se limitait à ceux qui étaient capables de franchir la barrière de Zagan. En tant que tel, il connaissait déjà la véritable identité de ce complice. Comprendre cela lui avait fait réaliser une fois de plus que les sorciers n’avaient aucun espoir de salut.

La silhouette d’ombre devant lui avait ensuite incliné sa tête sur le côté. « Il ne devrait pas être un homme dont tu devrais t’inquiéter à un tel point... »

« Oui, c’est exactement ce que vous dites. J’ai posé une question triviale. S’il vous plaît, oubliez ça. » Et après cela, une autre silhouette acquiesça de la tête.

« Je vois que nous avons eu une perte de mémoire, » déclara la deuxième ombre.

« À propos de quoi ? » demanda Zagan.

« Que tu ne possèdes pas un surnom. C’est très gênant, » déclara l’ombre.

« Ah oui. Maintenant que vous en parlez, je n’en ai pas. » Donner le titre d’Archidémon à un tel individu était probablement sans précédent.

« Cependant, quelque chose comme ton surnom a déjà été réglé, non ? » déclara l’une des ombres.

« C’est bien ce qui s’est passé. Il semble que Marchosias l’avait déjà décidé, » déclara le chef des Archidémons.

Et ainsi, Zagan était devenu d’une manière inattendue un Archidémon.

***

Partie 5

« Bienvenue à la maison, Maître. » Néphy était sortie afin de rencontrer Zagan alors qu’il rentrait au château. Comme toujours, les changements dans son expression étaient maigres, mais ses oreilles frémissaient en montant et descendant plusieurs fois. Cela avait fait penser à Zagan qu’elle attendait avec anxiété son retour.

« Les préparatifs pour le dîner sont terminés. J’ai fait du ragoût d’agneau pour ce soir, » déclara Néphy.

« O-Oui, merci..., » un sentiment de culpabilité avait commencé à se développer au sein de Zagan alors que Néphy le traitait avec tant de gentillesse.

Néphy n’a pas encore... été souillée, pensa-t-il.

Même dans l’incident du village des elfes, Néphy n’avait tout simplement rien fait, de sorte qu’elle n’avait tué personne. Et quand ils avaient été attaqués par les Chevaliers Angéliques, Zagan l’avait arrêtée avant qu’il ne soit trop tard.

Cependant, Zagan était différent. En fait, il avait été rendu douloureusement conscient de la différence juste avant ça.

Les mystérieux Archidémons. Tous les sorciers recherchaient leur pouvoir et leur prestige. Une position parmi eux était l’objectif final de chaque individu qui étudiait la sorcellerie. Et Zagan faisait maintenant partie de leurs rangs. Il était déjà devenu l’un d’eux.

En restant proche de Zagan, Néphy serait attirée dans leur monde. Elle plongerait profondément dans cette obscurité boueuse, où nulle lumière ne brillerait.

Pour l’instant, il lui est encore possible de faire demi-tour. Il était déjà trop tard pour Zagan, mais Néphy avait encore un avenir dans la lumière.

« Maître ? S’est-il passé quelque chose ? » demanda Néphy.

Tandis que Zagan déplaçait son regard vers le bas, Néphy le regardait, les yeux pleins d’inquiétudes. Ses oreilles, qui avaient été parfaitement pointées vers le haut il y a quelques secondes, s’affaissaient avec désespoir. Il était clair qu’elle sympathisait avec Zagan.

Était-ce vraiment acceptable d’entraîner une fille si pure dans les ténèbres ?

Le cou de Néphy était entouré d’un collier un peu grossier. Il s’agissait du symbole qui prouvait qu’elle était la propriété de Zagan.

S’il n’y avait pas une telle chose, Néphy pourrait être libre, pensa-t-il.

Si ce collier n’existait pas, alors tout le monde l’accepterait sans préjugés. En vérité, Kianoides aurait probablement été un bon endroit pour qu’elle y réside. Après tout, les habitants de cette ville avaient chaleureusement reçu un sorcier comme Zagan. Et si quelque chose devait arriver, Zagan était assez proche pour la protéger.

Au début, Néphy serait sûrement déconcertée, mais si elle était accueillie chaleureusement, elle ouvrirait peu à peu son cœur. Elle avait réussi à faire baisser sa garde en étant proche de quelqu’un comme Zagan, de sorte que ce serait encore plus rapide avec les villageois ordinaires.

Après avoir bien réfléchi à son plan, Zagan avait retiré une clé d’une pochette.

« Néphy, j’ai fini par devenir un Archidémon, » déclara Zagan.

« Un Archidémon... ? » demanda-t-elle.

« Un roi parmi les sorciers. Le sommet du pouvoir, une existence à laquelle tous les autres sorciers doivent obéir, » déclara Zagan.

Après un moment d’émerveillement devant la soudaine annonce, elle serra les mains et hocha la tête.

« Félicitations, Maître. » Son expression était la même que d’habitude, mais il pouvait quand même sentir qu’elle le félicitait du fond du cœur.

Et, précisément à cause de cela, la douleur dans son cœur n’avait fait qu’empirer. Cependant, il n’avait pas encore fini. Zagan continua à parler, même si le poids de ses paroles semblait écraser son âme.

« J’ai obtenu l’héritage de mon prédécesseur, Marchosias, lorsque j’ai pris sa place. Néphy, c’est le sorcier qui t’a capturée. » Et ainsi, la clé dans la main de Zagan faisait aussi partie de l’héritage de Marchosias. C’était ce que Zagan avait exigé des douze Archidémons.

« Néphy, ne bouge pas, » dit Zagan en insérant la clé dans son collier. Et, d’un léger clic, le collier de fer s’était séparé en deux.

« Hein ? » Néphy fixa le collier tombé au sol, arborant une expression stupéfaite sur son visage pendant tout ce temps.

« M-Maître, c’est…, » quand Néphy avait commencé à pleurer, Zagan avait hoché la tête.

« Ouais. En tant qu’Archidémon, je n’ai plus besoin de toi, Néphy. Pars de là. » Zagan avait froidement déclaré cela à une fille qu’il trouvait plus belle que toute autre personne.

Et ainsi, la longue cohabitation entre deux individus maladroits avait brusquement pris fin.

***

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Un commentaire

  1. Merci pour le chapitre

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