La Croix d’Argent et Dracula – Tome 2 – Chapitre 3 – Partie 4

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Chapitre 3 : Chasse aux sorcières

Partie 4

« Pardonnez-nous pour notre intrusion ~, » même s’il n’y avait pas de personnes présentes, Hisui déclara ça au cas où cela n’aurait pas été le cas. Il l’avait fait d’une voix extrêmement faible.

Même ses mouvements étaient légers et il avait essayé de ne pas faire de bruit pendant qu’il marchait.

« Qu’est-ce que vous faites ? » demanda Eruru.

« Ah, je me conforme à l’atmosphère... car après tout, cela fait partie de la bibliothèque ? » demanda Hisui.

« En théorie, vous êtes autorisé à parler librement dans la salle de préparation de la bibliothèque, » Eruru avait expliqué la situation. Sa voix était aussi beaucoup plus calme que d’habitude. « Bien sûr, cela dépend du fait que vous ne causez aucune nuisance aux personnes de la bibliothèque qui se trouve juste à côté. »

Après avoir fini leur enquête dans la salle d’économie domestique et dans sa salle de préparation, ils s’étaient tous les deux rendus à la bibliothèque puis à la salle de préparation qui lui était affectée.

C’est là que le bibliothécaire faisait son travail préparatoire et aussi où les étudiants du comité de la bibliothèque qui aidait le bibliothécaire se réunissaient pour ça. En principe, il était fermé aux étrangers.

Heureusement, Eruru avait rapidement été nommée au comité de la bibliothèque dès qu’elle avait été transférée à l’école, alors ils avaient une excuse s’ils étaient pris ici.

Le professeur faisant office de bibliothécaire n’était pas présent à cause d’une réunion du personnel, par conséquent le duo avait pu emprunter la clef dans la salle du personnel et ils s’étaient glissés ici. Par chance, aucun autre étudiant ne les avait vus.

« Mais pourquoi venir à cet endroit ? » demanda Eruru. « Je suis venue ici plusieurs fois en raison de mes fonctions... Mais je ne pense pas que cet endroit possède des indices liés à l’incident. Vous ne pouvez quand même pas croire qu’il pourrait y avoir des grimoires cachés ici, n’est-ce pas ? »

« ... Cette possibilité ne peut être complètement niée, mais ce n’est pas la raison pour laquelle je me suis senti intéressé par le fait de venir ici. C’est de ça que je suis en train de parler. »

Hisui avait pointé du doigt les profondeurs de la pièce.

Un meuble massif servant de bibliothèque se tenait devant le mur, marquant un espace vide qu’une personne pouvait passer à travers.

La bibliothèque était pratiquement remplie de livres. Toutes leurs couvertures étaient décolorées de l’âge, et beaucoup d’entre eux montraient des signes de dommages.

« Cet endroit... est une zone restreinte, » déclara Eruru. « En principe, aucun des livres ici n’est en circulation et ne peut être lu dans la bibliothèque sauf avec une autorisation préalable... En effet, il existe de nombreux livres anciens ou rares, mais y a-t-il un problème ? »

« Non, non, la clef de tout ça est derrière la bibliothèque, » répondit Hisui.

Hisui avait marché jusqu’à aller derrière la bibliothèque. Parce que la bibliothèque ne se tenait pas contre le mur, il y avait un espace sombre et étroit derrière elle.

« Est-ce votre première visite ici ? » demanda Hisui.

« Oui... Mais c’est quand même juste un débarras, » répondit Eruru.

Comme Eruru l’avait décrit, l’endroit était rempli de divers articles non triés. Couvert de poussière, il faudrait beaucoup de travail pour nettoyer ou trouver quelque chose en particulier.

« Auparavant, l’enseignant avait besoin d’une sorte d’anciennes informations, donc la représentante de classe a été envoyée pour les localiser, » déclara Hisui. « J’ai remarqué qu’elle passait un moment difficile, alors je suis venu l’aider. Puis j’ai découvert cet inhabituel spectacle, alors je me suis posé la question de savoir quelles choses étaient conservées ici. »

« ... Quelles choses ont été gardées ici ? » demanda Eruru.

« Toutes sortes de choses, mais surtout des résumés, » répondit Hisui.

« Des résumés !? » s’écria Eruru.

« Tout à fait, » répondit Hisui. « Je ne sais pas si les étudiants actuels le font encore ou non, comme les personnes des clubs culturels comme le Club de Littérature ou la Société de Recherche de Manga. Chaque fois que des clubs dans le passé avaient accompli toutes sortes de réalisations, ils les avaient consignées, et donc, tout ça serait probablement ici. Cela inclut le Club de Recherches Occultes. »

« Le Club de Recherches Occultes... Une telle chose existait-elle réellement une fois à l’école ? » demanda Eruru.

« Je l’ai seulement entendu mentionner par la vice-présidente, » répondit-il. « Bien sûr, cela pourrait être sans rapport avec l’incident actuel et être simplement un club de recherche. Mais au cas où, voyons cette piste. »

Après qu’Hisui avait dit ça, il s’était retourné vers la pile d’articles assortis. Mais la vue lugubre de cette pile d’objets proche d’être cataloguée comme des déchets avait instantanément tué son enthousiasme.

« ... Je suppose que nous allons à la place partir, » déclara Hisui.

« N’avez-vous pas de courage ? » demanda Eruru.

« Je pense juste que mes efforts seront futiles, » répondit Hisui.

« Même si dès le départ je n’avais aucun espoir en vous, vous ne m’avez pas encore déçu, » Eruru soupira en marchant vers la petite montagne de documents.

Devant elle, une pile désordonnée de livres avec d’innombrables fascicules ouverts, des livrets éparpillés sur le sol, des cartons non identifiés — mais Eruru s’avança sans peur.

« Je comprends, je comprends, je vais aussi vous aider. Mais ça va prendre une éternité..., » déclara Hisui.

« Pas nécessairement. C’est tout pour aujourd’hui, » parla-t-elle avec son visage impassible habituel. Puis, Eruru avait extrait un livret de la pile et l’avait montré à Hisui.

*

« Le Carnet Noir — Le rapport d’activité du Club de Recherches Occulte — »

*

La couverture avait ces mots écrits en rouge vif sur un fond noir. Évidemment, c’était aussi différent des clubs culturels typiques que la nuit et le jour.

Il n’y avait pas de décoration sur la couverture autre qu’une ligne isolée de mots. On ne pouvait même pas commencer à deviner quel genre de contenu y était inscrit. Comparé aux résumés de clubs ordinaires, ce livret était nettement plus épais et se situait au niveau d’un livre relativement mince.

« Comment l’avez-vous trouvé !? » demanda Hisui. « Vous avez bien trop de chance ! »

« Ce résultat ne vient pas de la chance, mais de l’inévitable, » répondit Eruru. « Comparés au reste, seuls les environs de ce livret n’avaient pas de poussière. Il est très probable qu’il a été récemment pris par quelqu’un. »

« ... Je vois. Attendez une minute, » déclara Hisui. « Si quelqu’un l’a déjà pris, pourquoi quelqu’un le remettrait-il ici ? »

« Parce que cette pièce contient aussi une photocopieuse, il a simplement copié tout le livre ou seulement les pages nécessaires, » répondit Eruru. « Afin de ne pas éveiller les soupçons, il a été replacé là où il a été trouvé. Comme il a mis autant d’efforts, le contenu de cette brochure devrait être prometteur. » Eruru avait parlé alors qu’elle l’avait ouvert et avait commencé à parcourir le contenu.

Hisui avait également approché son visage afin de pouvoir jeter un coup d’œil.

« ... Trop proche, » déclara Eruru.

« Ah, désolé, » répondit-il. « Mais votre peau est vraiment très lisse. Comment la maintenez-vous si belle ? »

Eruru rougit à la suite de la quasi-collision avec le visage de Hisui. Alors qu’Hisui lui caressa la joue et s’exclama, elle le gifla.

« ... Pourquoi m’avez-vous frappé !? » s’exclama Hisui.

« ... Vous le savez bien, » répondit Eruru.

Eruru essaya désespérément de faire semblant d’être calme, mais son doux visage afficha soudainement la surprise.

Au centre de la couverture du livret, des flammes rouges avaient soudainement commencé à brûler.

« Quoi... !? » s’exclama Eruru.

« Hé, dépêchez-vous et débarrassez-vous-en ! » s’écria Hisui.

Entendant le cri de Hisui, Eruru jeta frénétiquement le livret au sol.

Dès que le livret avait quitté sa main, des flammes avaient également jailli de l’intérieur et le livret entier avait commencé à s’incinérer.

Au moment où il était tombé sur le sol, la plupart des pages avaient brûlé et étaient devenues en cendres.

Afin d’empêcher le feu de se propager, Hisui avait enlevé sa veste pour couvrir le livret et étouffer les flammes.

Heureusement, les flammes n’avaient fait que légèrement brûler les planches sans incident majeur.

« Allez-vous bien !? Avez-vous été brûlée... ? » demanda Hisui.

« Je vais bien, » répondit Eruru. « Mais c’était quoi ça... ? Cela ne devrait pas être une sorte de piège mécanique. C’est de la magie... »

« Est-ce que ça pourrait aussi être l’œuvre de la sorcière ? Je parle du fait d’essayer de brûler à mort les personnes qui enquêtent avec imprudence ? » demanda Hisui.

« Ce petit feu ne brûlerait jamais une personne à mort, » répondit Eruru. « Il s’agit simplement de la destruction de preuves, ainsi que d’un avertissement. Oui, il ne sert qu’un double objectif qui consiste à détruire les preuves après qu’elles ont délibérément pu être vues. Le plus susceptible est que cela sert d’avertissement. »

« On dirait que nous sommes totalement tombés dans ce piège, » déclara Hisui. « Alors qu’elle est le résultat, les restes nous donnent-ils des indices ? »

Avant même que Hisui ne le lui demande, Eruru examinait déjà les quelques pages laissées par le feu.

« Hmm. Basé sur la reliure, le contenu et la structure de l’écriture, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un condensé écrit par des lycéens, » répondit Eruru.

« ... Euh, » répondit Hisui.

« Cependant, le contenu se trouvant à l’intérieur est du sérieux ! » continua Eruru.

« Quoi !? » s’exclama Hisui.

Eruru avait soulevé délicatement l’une des pages les moins endommagées pour qu’Hisui puisse la regarder.

Bien que la page ait été fortement endommagée, les choses dessinées sur elle étaient encore discernables — un cercle magique.

Il était identique à celui qu’ils avaient trouvé sur la scène du chat mort.

Au bas de la page, il y avait même des explications sur la sorcellerie et le cercle magique.

Tout comme Eruru l’avait décrit, c’était au mieux un résumé. C’était trop grossier pour être appelé un grimoire.

Néanmoins, son contenu était capable d’expliquer les phénomènes observés hier.

Eruru avait lu à haute voix les mots sur la page avec indifférence. « Placez le cadavre d’un petit animal sur le cercle magique tracé avec du sang et lancez un sort de renaissance simple. Ceci imprègne le cadavre d’une vie simulée, qui ne durera qu’au plus un jour, lui permettant d’être commandé comme s’il était un simple familier. Cependant, les actions du familier se limitent à un comportement extrêmement simple. Et aussi, la renaissance elle-même est particulièrement difficile et encline à l’échec. De plus, préparer le cadavre n’est pas une tâche facile. Ce n’est qu’une simple magie de base, à améliorer... C’est ce qui est écrit là. »

« Ça se révèle vraiment être de la magie... Et avec des explications écrites par un ancien élève..., » déclara Hisui.

« En me basant sur la page sous-jacente, cela a été écrit il y a dix ans, » dit Eruru. « La liste des membres du club... ne peut être lue, car cela a brûlé. Cependant, c’est... ! »

Eruru fut d’un coup grandement surprise.

Hisui avait déplacé son regard vers le livret et avait confirmé le nom inscrit dessus.

Alors que les deux étudiants se regardèrent comme pour se prouver l’un à l’autre qu’ils n’imaginaient pas quelque chose, ils désignèrent l’endroit où c’était inscrit pour confirmer à nouveau ce qu’ils avaient vu.

À l’endroit que leurs doigts avaient désigné, il y avait un nom qui leur était familier...

— Horie Jyuri —

Il s’agissait du nom du professeur principal de Hisui.

C’était le seul nom lisible au bas de la liste des membres.

« Horie-sensei... faisait partie du Club de Recherches Occultes ! » s’exclama Hisui.

« Et aussi... Elle avait étudié la véritable magie. Cela augmente notre nombre de suspects par un, et qui plus est, un suspect de taille, » murmura Eruru.

À ce moment-là, le son vibrant de son téléphone portable mise en sourdine avait pu être entendu en provenance de la poche se trouvant à intérieure de ses vêtements.

« Il s’agit d’un message texte de Sudou-san, » déclara Eruru. « Ils semblaient avoir découvert quelque chose... Nous devrions y aller rapidement. »

« D’accord, » répondit Hisui.

Tout en prenant le livret, les deux individus avaient quitté la salle de préparation de la bibliothèque.

En raison du message texte de Mei, ils s’étaient précipités vers une zone spécifique d’un parterre de fleurs proche du bâtiment de l’école.

Et dès qu’ils furent arrivés...

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