La Croix d’Argent et Dracula – Tome 2 – Chapitre 3

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Chapitre 3 : Chasse aux sorcières

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Chapitre 3 : Chasse aux sorcières

Partie 1

« Est-ce que ça va ? » demanda Reina.

Rushella ouvrit les yeux pour trouver Reina assise sur une chaise à son chevet, s’inquiétant de son état de santé. Elle avait l’air de surveiller l’instant où Rushella allait se réveiller.

« ... Quoi ? Ah, c’était vous. Franchement, où est-ce que Hisui est allé..., » tout en exprimant son insatisfaction, Rushella s’assit.

Le sentiment d’épuisement était parti. Probablement parce qu’elle venait juste de réveiller, elle se sentait un peu étourdie, mais à part ça, elle ne sentait rien d’inhabituel.

« À l’heure actuelle... Quelle heure est-il ? Qu’en est-il de classe... ? » demanda Rushella.

« Nous sommes déjà après l’école. Je pense que Kujou-kun devrait bientôt être ici, » répondit Reina.

« Vraiment... Attendez ! Où est-ce que cette femme est partie !? » s’exclama Rushella.

« Femme... ? Qui ? Si vous voulez parler de l’infirmière, elle semble être partie..., » répondit Reina.

« Non... ! Cet arôme... n’est plus là, Hmm ? Hé ! Voyez-vous une bougie là-bas ? Celle qui dégage une odeur étrange..., » déclara Rushella.

« ... ? Je ne vois rien du genre. La bougie que vous avez mentionnée... voulez-vous parler d’une bougie parfumée ? » demanda Reina. « Ah, j’ai entendu dire que l’infirmière de l’école aime ces choses. Chaque fois que des étudiants déprimés viennent la voir pour parler de leurs problèmes, elle les utilise pour les aider à se calmer. Vous voyez, il y a un pot d’aromathérapie ici... »

Reina avait pointé du doigt le bureau de l’infirmière de l’école après avoir dit ça. Comme elle l’avait décrit, ce type d’objet était bien présent là.

« Non, pas ce genre de chose... Elle a dû être rangée..., » répondit Rushella.

La salle était dépourvue de tous les signes de la « sorcière ».

« Dépenser autant d’efforts pour me tendre une embuscade... Quelle audace de la part d’un humain, » déclara Rushella.

« Excusez-moi... Quelque chose est arrivé ? » demanda Reina. « Allez-vous vraiment... bien maintenant ? Euh, ça pourrait être à cause de ma cuisine... »

Reina avait demandé ça avec une expression emplie d’excuses. Il était très probable que son cœur avait été chargé d’inquiétude tout au long de ses cours de l’après-midi.

« Non... C’est sans rapport avec ça, » répondit Rushella. « D’ailleurs, je ne suis pas la seule à avoir essayé votre cuisine. Vous et Hisui l’avez également mangée. Et vous savez, le goût était vraiment pas mal ? »

« ... Vraiment ? C’est bon à savoir..., » répondit Reina.

« Ne vous préoccupez pas de ces choses ineptes, » déclara Rushella. « Hisui n’a-t-il pas également apprécié le goût ? »

« Oui..., » répondit Reina.

Dès que le nom de Hisui fut mentionné, Reina semblait heureuse, mais également embarrassée.

Quelque chose au sujet de son sourire avait envoyé le cœur de Rushella dans la tourmente.

« Qu’est-ce qui ne va pas avec vous ? Quelque chose est-il arrivé à Hisui ? » demanda Rushella.

« R-Rien... Hmm, vous deux... vous vivez ensemble, n’est-ce pas ? » demanda Reina.

« C’est tout à fait vrai. Cet individu est mon serviteur ! » s’exclama Rushella.

En entendant le slogan habituel de Rushella, l’expression de Reina devint légèrement sombre.

« C’est vrai... Vous êtes toujours ensemble, votre relation doit être déjà si proche..., » murmura Reina.

« ... ? Eh bien, assez bonne, » déclara Rushella. « Bien que ce gars ne soit pas trop obéissant, il est au moins prêt à prendre soin de ma vie quotidienne. Ce gars, quand je finis de prendre un bain, ou quand je vais dans sa chambre le matin, il regarde toujours sans arrêt mon corps. »

« ... »

En s’imaginant simplement la scène dans son esprit, le visage de Reina devint rouge comme une pomme. La vapeur s’élevait presque de sa tête. Cependant, il y avait un sentiment de solitude présent dans son expression.

« C’est aussi vrai... Rushella-san... votre silhouette est tellement exceptionnelle..., » déclara Reina.

« Eh bien, c’est assez vrai... Un jour, je vais m’assurer que ce mec se pavane et me vénère complètement ! » Rushella avait fièrement exprimé son souhait pendant que Reina baissait les yeux et se levait de sa chaise.

« ... Je suis contente que vous alliez bien. Alors je... vais prendre congé, » déclara Reina.

« ... ? D’accord..., » déclara Rushella.

Tout en évitant le regard de Rushella, Reina se précipita vers la porte... mais elle tomba nez à nez avec Hisui au niveau de la porte de l’infirmerie.

« Eh ! Représentante de Classe ? Quoi de neuf ? Pourquoi avez-vous l’air si triste ? » demanda Hisui.

« Kujou-kun... » Une lueur d’espoir était apparue sur le visage déprimé de Reina alors qu’elle disait ça.

Mais rapidement, elle évita timidement son regard et s’éloigna.

« Rushella-san semble aller bien maintenant... je pars en première..., » déclara Reina.

« Ah, bien sûr..., » Hisui avait regardé avec perplexité pendant que sa silhouette avait diminué de taille alors qu’elle prenait de la distance.

Alors qu’il se retournait et était sur le point d’entrer dans la pièce.

« Trop lent !! Pourquoi n’es-tu pas arrivé plus tôt !? » Rushella jeta son oreiller aussi fort qu’elle le pouvait alors qu’elle lui criait dessus.

Cela avait presque bosselé son visage tel un puissant rugissement, et un cri se fit entendre, le plus impropre possible pour une infirmerie, qui avait accompagné l’acte violent.

« Qu’est-ce que tu fais !? Qu’importe si je suis arrivé plus tôt ou plus tard, ne vas-tu déjà pas bien là ? » demanda Hisui.

« J’avais des ennuis ! Je veux dire par là que j’ai été attaqué par quelqu’un juste avant ça !? » s’exclama Rushella.

« Hein !? Quoi, un autre vampire !? » s’écria Hisui.

« Non, c’est probablement une..., » commença Rushella.

« Une sorcière, c’est ça ? »

« Kariya..., » se retournant, Hisui trouva Eruru et Mei debout derrière lui.

En se basant sur ce qu’elle avait dit tout à l’heure, Eruru semblait avoir compris la situation.

« On dirait que nous avons été impliqués par la même personne, » déclara Eruru.

« Quoi ? Suis-je impliqué dans tout ça ? » s’exclama Hisui. « Si je devais dire quelque chose, c’est que les seules personnes qui sont récemment devenues des sources de malheur sont vous trois, les vampires et les humains artificiels. »

Ignorant la réponse de Hisui, Eruru s’approcha et s’assit sur la chaise de l’infirmerie. Puis elle avait commencé à parler avec une expression impassible. « J’espérais que mon enquête secrète n’aboutirait à rien... Mais maintenant, il semble que je dois enquêter sérieusement. Pouvez-vous me dire en détail ce qui s’est passé plus tôt ici ? Nous allons également vous dire ce que nous avons découvert jusqu’à présent. »

« C’est ce qu’on appelle “l’échange d’informations”, n’est-ce pas ? Très bien, je vais vous le dire, » répondit Rushella.

Au cours des quelques minutes suivantes, Rushella et Eruru avaient échangé des informations sur les événements étranges qui leur étaient arrivés après le cours de cuisine.

En comprenant que la menace qu’ils rencontraient était réelle au-delà de tout doute, toutes les personnes présentes hochèrent la tête.

Puis Eruru avait déclaré ses conclusions. « Cette école... abrite une sorcière. Et cette véritable sorcière est hostile envers les vampires. »

En entendant la déclaration d’Eruru, Rushella et Mei, qui avaient toutes deux rencontré la sorcière, affichèrent des expressions tendues... Seul Hisui leva négligemment la main, complètement perplexe face à tout ça.

« Sensei, j’ai une question, » demanda Mei.

« ... Quelle question ? » demanda Eruru.

« Même si je ne l’ai pas rencontrée... Oh, je ne doute pas de son existence, mais pourquoi n’est-elle pas venue me chercher ? » demanda Mei.

« Voulez-vous la rencontrer ? » demanda Eruru.

« Pas vraiment, j’espère aussi qu’elle m’ignorerait, mais je suis juste un peu curieuse, » demanda Mei.

« Elle considère les vampires comme des ennemis, et celle-là est à vos côtés... Eh bien, toute personne un peu avertie réalisera sa véritable identité. Étant donné son nom si particulier, » expliqua Eruru.

« Votre description est vraiment grossière, » s’exclama Rushella.

« Naturellement, l’autre partie sera concernée, s’il y a d’autres vampires en dehors d’elle, » déclara Eruru. « Par conséquent, très malheureusement, Sudou-san et moi qui sommes toujours proches d’elle avons été jugées comme étant ses compagnons, et nous avons été avertis. C’est essentiellement ce qui est arrivé. Quant à vous, cela ne sert à rien de donner un avertissement. Vous ressemblez à un serviteur, peu importe ce que vous dites. Même à l’école, votre sang a été bu plusieurs fois, n’est-ce pas ? Êtes-vous sûr que vous n’avez jamais été vu ? »

« Aucune confiance dans ça, » tout en se rappelant diverses « occasions où elle lui avait bu son sang », Hisui secoua la tête, pleine d’angoisse.

Le premier jour de classe, un groupe de filles, dirigé par Reina, avait déjà été témoins de la scène d’une succion de sang avortée. Même si personne d’autre ne voyait directement cet acte, les nouvelles se seraient répandues parmi tous les autres étudiants.

« ... Quoi, alors vous dites qu’elle m’a déjà condamné sans procès !? » s’exclama Rushella.

« Si j’étais à sa place, moi aussi, j’avais ignoré l’avertissement Miranda [1] de “Vous avez le droit de garder le silence”, etc. et vous aviez été directement arrêté, peut-être même en vous récompensant d’une balle pendant le processus. Votre attention s’il vous plaît, » déclara Eruru.

« Euh désolé ! Avez-vous entendu parler du terme, les Droits de l’homme ? » demanda Hisui.

« ... ? Ah, excusez-moi, mais êtes-vous réellement humain ? » demanda Eruru.

Hisui ne pouvait que docilement se taire en réponse à la question sérieuse d’Eruru.

On dirait qu’il devrait être plus prudent à partir de maintenant surtout lors des nuits sombres et orageuses.

« Mais... les Sorcières ou quoi que ce soit d’autre, existent-elles vraiment ? » demanda Mei. « Je pensais que des trucs comme la sorcellerie étaient vraiment que des superstitions, n’est-ce pas ? »

« Est-ce qu’une humaine artificielle a le droit de dire ça ? » demanda Hisui.

Hisui rétorqua contre la question de Mei. Cependant, elle avait à la place fièrement gonflé sa poitrine spectaculaire.

« Hé hé, Hi-kun, tu as sûrement dû lire sur mon ancêtre dans l’histoire de Frankenstein ? » demanda-t-elle. « Les humains artificiels comptent clairement comme un produit de la science. Il y a des personnes qui appellent ce livre le premier roman de science-fiction au monde ! »

« Mais en même temps, il y a des personnes qui l’appellent un homoncule moderne, » répondit Hisui. « D’ailleurs, du point de vue de la science, comment la vie est-elle réellement créée ? Et si c’était vraiment un produit de la science, pourquoi cette créature de première génération était-elle si laide au-delà de toute croyance ? »

« Alors c’est une union de science et de magie. Vous pouvez l’appeler un hybride, » déclara Mei.

« Au fait, de quoi est fait votre corps ? » demanda Rushella. « Ah, je suis simplement curieuse. Même si cela ressemble complètement à un humain normal au toucher, mais que... matériel ou le genre, comment est-il réellement fait... »

En entendant cette question, l’expression de Mei se raidit. Il s’agissait d’une expression inhabituellement sérieuse.

« Quelles sont vos intentions en demandant cela ? » demanda Mei.

Rushella avait répondu dans un ton complètement sans émotion. « Rien... Oubliez ça. C’est mieux pour tout le monde. »

« Bien sûr, c’est mieux comme ça, » déclara Mei. « Alors... En fin de compte, les sorcières existent-elles vraiment ? Même si elles existaient, quels dangers posent-elles ? »

« Les sorcières existent en effet, » répondit Eruru. « Les sorcières blanches qui n’utilisent que des herbes et lancent des sorts, et les sorcières noires qui forment des contrats avec les démons et invoquent des désastres, ce genre de catégorisation n’a aucun sens. Les véritables sorcières ne sont ni blanches ni noires. Ce sont des êtres qui ont hérité de rituels antiques au lieu d’adhérer à l’idéologie de toute religion, alors si l’on devait définir les sorcières, ce serait quelque chose comme ça. »

Hisui hocha la tête en accord avec l’explication d’Eruru.

« J’ai aussi entendu parler par mon parent adoptif qui a personnellement été témoin des chasses aux sorcières en Europe, » déclara Hisui. « Les personnes qui avaient été rassemblées et persécutées comme des sorcières, pratiquement aucune d’entre elles était en réalité de vraies sorcières. Malgré tout, il semblerait qu’il y avait eu un très petit nombre de sorcières parmi elles. Pour les personnes impliquées dans cette chasse, c’était suffisant pour considérer qu’elles avaient atteint leurs objectifs. Même si cela signifiait sacrifier des dizaines de milliers d’innocents, tant qu’une vraie sorcière n’est pas relâchée dans la nature, alors elle était considérée comme digne d’intérêt. Et même si elles n’étaient pas capables d’exterminer complètement les sorcières, tant que les êtres connus sous le nom de sorcières furent après ça bannis dans les recoins les plus reculés de l’histoire, cela leur suffisait pour ainsi envoyer leur pouvoir en déclin. Comme les vampires, la société moderne dans ce pays n’a plus de pures sorcières. Même s’il y en avait, ce sont simplement des amateurs qui ont appris grâce à quelque grimoire ou par tradition orale. »

« ... C’est donc ainsi, » déclara Eruru. « Je ne crois pas qu’il y ait de vraies sorcières qui pourraient complètement raviver les anciens rituels des temps anciens. Cependant, quelqu’un est au moins capable de rendre un vampire évanoui... En plus, nous pouvons voir qu’elle a déjà atteint un bon niveau quant à la production d’illusions. De plus... elle est dans cette école. Nous devons la trouver avant que la situation dégénère. En tout cas, commençons à enquêter sur des endroits où il pourrait y avoir des indices. Nous allons nous séparer... »

« Alors je vais faire équipe avec Hi-kun, ❤ » Mei s’était immédiatement enroulée autour du bras gauche de Hisui, pressant son énorme poitrine contre lui.

« Chose stupide, celle qui est dans son équipe c’est moi ! » cria Rushella. « Allons, Hisui, et attrapons ce coupable insolent qui a osé m’empoisonner ! » Refusant d’être en reste, Rushella enlaça le bras droit de Hisui. Pour une raison inconnue, elle avait également positionné ses seins dans la même posture que Mei.

« ... Excusez-moi, mais je suis désolé. Je vais faire équipe avec Kariya. Vous deux, allez ensemble afin de trouver des indices, » déclara Hisui.

« Hein !? » Le duo de beauté indignée s’écria puis elles firent des protestations alors que Hisui se débattait avec beaucoup de difficultés pour récupérer sa liberté.

« Allons-y, Kariya. Vous deux, il faudrait mieux que vous reveniez avec des résultats respectables, » déclara Hisui. En agitant sa main, il avait exhorté les deux autres personnes à se rendre au travail.

Puis, tirant Eruru par la main, il sortit précipitamment de l’infirmerie.

Après s’être assuré que les deux filles ne le suivaient pas, il poussa un soupir de soulagement.

Eruru se libéra de sa main avec mécontentement. « S’il vous plaît, ne me touchez pas avec tant de désinvolture... »

« Ah... désolé. Je voulais commencer à enquêter avec vous avant que la situation ne devienne encore plus gênante, » répondit Hisui.

La remarque insouciante d’Hisui fit rougir Eruru.

Très rapidement, elle avait retrouvé son sang-froid habituel et avait parlé dans un ton calme. « Que voulez-vous dire par là ? Si vous vous inquiétez de l’état de mon corps, c’est inutile. »

« Ce n’est pas ça. De plus, je ne pense pas que de toute façon, vous feriez la même erreur deux fois, » répondit Hisui. « Mais si je veux faire les choses avec sérieux, je pense qu’il est plus efficace de faire équipe avec vous. Même si laisser Rushella seule m’inquiète en vérité... il y a Sudou qui l’accompagne après tout, alors cela devrait aller. Cette fille est assez intelligente, et même si le ciel tombait, sa force brute devrait être capable de le supporter et de gérer ça. »

« Votre ingéniosité à l’esprit étroit ne cessa donc jamais, » répliqua Eruru. « Mais je comprends, alors nous devrions commencer dès maintenant. »

Après avoir assigné des rôles, Eruru était entrée en action avec Hisui qui la suivait de près.

Avec une compréhension silencieuse, ils n’avaient pas besoin de parler pour savoir où ils devaient chercher.

Il s’agissait de la scène de l’incident, la salle de classe d’économie domestique et la salle de préparation qui se trouvait à côté.

Comme ils savaient que Jyuri avait soudainement demandé de s’occuper de la classe, cela signifiait que le professeur d’origine était absent. Et heureusement, la pièce n’était même pas fermée.

Ils s’inclinèrent silencieusement l’un envers l’autre puis ils se glissèrent dans la salle de préparation de l’économie domestique.

C’est là que l’enseignant en économie domestique préparait habituellement ses cours. C’était aussi la salle où diverses ressources pédagogiques et ingrédients de cuisine étaient stockés. Naturellement, elle contenait également un réfrigérateur.

Mais à la place d’avoir la taille d’un réfrigérateur habituel pour un usage domestique, c’était seulement un modèle de très petite taille habituellement utilisé par des célibataires. Sur le plan de l’apparence, il était identique aux réfrigérateurs dans les autres salles de préparation et la salle du personnel. Rien de suspect n’était visible à ce sujet.

Hisui avait alors ouvert la porte avant de vérifier l’intérieur du réfrigérateur.

Les pommes de terre et les carottes avaient été les premières choses à entrer dans son champ de vision, les mêmes ingrédients que ceux utilisés dans le cours de cuisine d’aujourd’hui.

« Je pense que personne n’a oublié d’apporter ses propres ingrédients, donc les ingrédients de secours dans le réfrigérateur n’ont pas été utilisés, n’est-ce pas ? » demanda Hisui.

« C’est bien ça. Même si elle est une sorcière, connaissant toutes sortes d’herbes magiques... Cela poserait toujours un défi assez important pour elle d’agir sur les ingrédients que nous avons apportés. »

« Puisque Rushella n’a pas remarqué de problèmes lorsqu’elle mangeait, cela signifie qu’elle ne contenait pas d’ail ni d’eau bénite, » déclara Hisui. « En d’autres termes, le problème ne provient pas de l’utilisation d’aliments qui ciblent les faiblesses des vampires ni d’objets liés à l’église... Serait-ce une herbe magique utilisée par les sorcières ? »

Hisui avait confirmé les faits déjà établis alors qu’il continuait à examiner l’intérieur du réfrigérateur.

En plus de ces ingrédients, la seule chose qui restait était la base de soupe de secours préparée en cas ou des étudiants avaient oublié d’en apporter.

Aucun autre ingrédient lié à la pratique culinaire d’aujourd’hui n’avait été trouvé dedans.

« Rien d’utile. Hmm... Eh bien, les choses que l’enseignant a préparées n’ont après tout pas été utilisées, » déclara Hisui.

« En d’autres termes, pour quelqu’un qui n’a pas participé au cours de cuisine, faire une préparation sur les ingrédients du réfrigérateur serait dénué de sens, » déclara Eruru. « Cela signifie que ce doit être quelqu’un sur les lieux et au sein de votre groupe pour avoir eu cette circonstance opportune. »

« ... Ne nous précipitons pas aux conclusions, » répondit Hisui. « Après tout, les élèves des autres groupes ne nous observaient-ils pas ? Et après tout, même si je n’ai remarqué personne de suspect, je ne m’attendrais jamais à ce que Rushella s’évanouisse, alors je ne faisais pas attention. »

« ... La possibilité existe, si c’est ce que vous croyez, » répondit Eruru.

« Vous n’avez pas l’air convaincu, » répondit Hisui. « Eh bien, pensons à d’autres zones suspectes. Et si au lieu de la nourriture, c’était les ustensiles qui étaient empoisonnés ? »

« C’est vrai ça, » répondit Eruru. « Les ustensiles étaient fournis par l’école... mais il n’y avait aucun moyen de savoir à l’avance qui les utiliserait. Même s’il était empoisonné, s’assurer que l’ustensile empoisonné atteigne la cible exigerait que l’agresseur soit l’un de ceux qui étaient présents sur les lieux. »

« Sudou et moi étions ceux qui avons utilisé les ustensiles, puis la représentante de classe a réparti la nourriture, » déclara Hisui. « Des boissons ont été versées dans des gobelets en cartons dont la boîte venait d’être ouverte, donc ils ne devraient pas être en cause. »

« Dans ce cas, nous devrions enquêter sur le chaudron... Mais il devrait déjà être lavé, » déclara Eruru.

Il serait plutôt excessif d’appeler cela de la destruction de preuves, mais tous les ustensiles de cuisine avaient déjà été lavés et remis en place. Comme aucun récipient ne peut être trouvé dans le réfrigérateur, il devait déjà être lavé avec les couteaux, les fourchettes et la vaisselle.

« Je suppose que si nous faisons appel aux membres du département de médecine légale pour aider, ils devraient être capables de l’analyser... Pas vrai ? » demanda Hisui.

« Des obstacles substantiels se dressent sur le chemin, » déclara Eruru. « Bien sûr, je n’aurais aucun problème si je prends des choses ici afin de les analyser. Mais le fait de simplement prendre un ou deux articles serait inutile. En outre, puisque cet incident n’a pas été rendu public, tout confisquer comme preuve pour l’enquête... est impossible. »

« Je suppose que nous devons d’abord réduire la zone possible, puis récupérer les preuves suspectes... c’est le maximum que nous pourrions faire, » déclara Hisui.

Alors qu’Hisui avait résumé la situation, la porte de la salle de préparation de l’économie domestique avait été soudainement ouverte.

Les deux intrus avaient sursauté en raison de la surprise et s’étaient préparés à faire face au visiteur.

Note

  • 1 Avertissement Miranda : Les droits Miranda (Miranda rights) et l’avertissement Miranda (Miranda warning) sont des notions de la procédure pénale aux États-Unis dégagées par la Cour suprême des États-Unis en 1966 dans l’affaire Miranda v. Arizona.
    Ces droits se manifestent par la prononciation d’un avertissement lors de l’arrestation d’un individu, lui signifiant notamment son droit à garder le silence et le droit de bénéficier d’un avocat. Le recours systématique à cet avertissement par la police et sa portée symbolique font que sa présence dans de nombreux films et téléfilms américains ont contribué à sa diffusion mondiale et à sa notoriété.

†††

Partie 2

Sous leurs regards, Kirika entra dans la pièce.

Avec un sac en papier sous un bras, elle tenait la clé de la pièce dans sa main. Il s’agissait très probablement d’une clé obtenue par les canaux appropriés.

« Eh, pourquoi est-ce ouvert... ? Que faites-vous tous les deux ici ? » demanda Kirika.

« Hmm, c’est..., » alors que Hisui bégayait, Eruru le poussa sur le côté et répondit calmement et d’une manière fluide.

« En fait, nous avons oublié quelque chose dans la salle de cours d’économie domestique... Nous pensions que si le professeur le ramassait, il était probablement conservé ici, alors nous sommes venus le chercher, » fut la réponse d’Eruru.

« ... Je vois. Mais venir ici tout seul quand l’enseignant n’est pas là n’est pas tout à fait correct, n’êtes-vous pas d’accord ? » demanda Kirika.

« C’est notre faute d’être trop impatient... à l’avenir, nous serons plus attentifs, » Eruru inclina la tête et s’excusa.

Ses parfaits talents d’actrice avaient donné à Hisui l’envie d’applaudir.

Kirika semblait avoir accepté l’explication et avait arrêté de les sermonner. « Soyez plus attentif la prochaine fois. »

« Oui... Au fait, pourquoi êtes-vous ici, vice-présidente ? » demanda Eruru.

« J’apportais quelque chose pour l’enseignante, » répondit Kirika. « Le professeur m’a demandé de préparer des bougies parfumées, des huiles essentielles, ainsi que de la tisane que j’ai faite. »

Kirika désigna le sac en papier dans ses bras. Puis, posant le sac sur le bureau de l’enseignant, elle y laissa une note. « Maintenant, tout est fait... »

« ... Vice-présidente, pourquoi l’enseignante veut-elle ces choses ? Vous avez dit... vous a-t-elle demandé de les préparer ? » demanda Eruru.

« Il s’agit du passe-temps de l’enseignante, » répondit Kirika. « Il semble qu’elle est récemment tombée amoureuse de tout ça à la suite de la recommandation d’autres enseignants. Apparemment, cette mode semble avoir affecté toute la salle du personnel. »

« Le passe-temps personnel de cette enseignante... Alors pourquoi avez-vous été envoyée ici, vice-présidente ? » demanda Eruru.

« Parce que mon père est dans l’importation de diverses marchandises, il a donc accès à des objets rares, » répondit Kirika. « En tant qu’intermédiaire, j’aide l’enseignante à acheter ce qu’elle veut et je les livre ici. »

« Je vois, » répondit Eruru. « Mais vous avez aussi mentionné que vous avez fait vous-même des tisanes... De quoi s’agit-il ? » Jouant le rôle d’une cadette inquisitrice et innocente... Eruru avait continué la conversation.

Grâce aux parfaites compétences d’actrice d’Eruru, Kirika n’avait pas refusé de répondre à ses questions qui sortaient les unes après les autres.

« C’est mon hobby, » répondit Kirika. « Quand ma grand-mère cultivait des herbes, je l’aidais souvent et j’ai naturellement appris à les utiliser tout au long du processus. J’en avais donné une fois à l’enseignante et elle l’a aimé dès qu’elle y a goûté. Par la suite, j’ai commencé à lui en envoyer assez régulièrement. Peut-être qu’elle pourrait même vous en faire goûter un jour ? J’ai entendu dire que lorsqu’elle préparait des collations pendant les cours de cuisine, et elle fait souvent de la tisane afin de les accompagner. »

« ... Je vois, » déclara Eruru. « Vous devez être assez proche de cette enseignante. »

« Parce que le conseiller pédagogique du conseil étudiant m’ignore la plupart du temps... Mais ce professeur écoute souvent mes problèmes, » répondit Kirika. « Elle est également très familière avec l’entretien des plates-bandes, donc nous partageons pour ainsi dire un langage commun. Je lui donne simplement les choses que j’aime comme cadeau en retour. De plus, j’aide l’enseignante à préparer l’eau utilisée pour cuisiner, j’emprunte des articles pour le thé et des trucs comme ça. »

« ... Je vois, » les yeux d’Eruru s’étaient illuminés derrière ses lunettes en raison de sa perspicacité. Même si son expression était toujours celle d’une jeune fille innocente, il semblait y avoir un subtil changement.

« Je pars maintenant, alors vous devriez bientôt partir, » déclara Kirika. « Puisque la professeur n’est pas là, vous ne devriez pas rester trop longtemps ici. Les objets trouvés devraient tous être conservés dans le cabinet là-bas. »

« Je vous remercie. Nous partirons dès que nous l’aurons fouillé, » Eruru regarda Kirika quitter la pièce tout en étant souriante.

Après avoir fermé la porte, une fois que les pas de Kirika ne pouvaient plus être entendus, Eruru avait immédiatement entrepris une fouille méthodique du sac afin d’enquêter.

« ... Qu’est-ce que vous faites ? » demanda Hisui.

« N’est-ce pas évident ? Je suis à la recherche de preuves. Hmm... Comme il y a tellement d’articles, si l’on prend un peu de chacun, personne ne devrait le remarquer. Nous devons les prendre pour immédiatement les analyser. »

Eruru tenait à la main ce que Kirika décrivait comme étant le passe-temps du professeur, des bougies parfumées, des bocaux remplis d’huiles essentielles, ainsi que des contenants ayant des feuilles de thé à l’intérieur.

Puis, après avoir disposé les trois types d’objets sur la table, elle les avait placés dans des sacs en plastique et des éprouvettes. Ses mouvements étaient exactement comme une policière qui rassemblait des preuves sur une scène de crime. Apparemment pour ces missions d’enquête, elle avait toujours gardé ces outils à proximité.

« Dites... Les choses que vous avez là ne sont-elles pas sans rapport avec la pratique de la cuisine d’aujourd’hui ? » demanda Hisui.

« En effet, les bougies parfumées et les huiles essentielles ne sont pas liées, » répondit Eruru. « Même si les bougies parfumées étaient allumées d’une façon ou d’une autre pour nous faire sentir le gaz ainsi libéré, nous le remarquerions à cause de l’odeur. Même si l’arôme était extrêmement faible, il aurait été impossible d’échapper à mon odorat ou à celui d’un vampire. Et aussi, aujourd’hui, notre professeur n’a pas sorti de tisane pendant la pratique. »

« Alors pourquoi faites-vous ça ? » demanda Hisui.

« Ne le comprenez-vous toujours pas ? » demanda Eruru. « Il n’y a pas besoin d’ingérer ces choses directement dans le corps. Grâce à l’utilisation d’autres herbes, il aurait suffi de faire entrer ces substances dans le corps du vampire d’une autre manière. »

« Attendez une minute, comment ces trois choses pourraient-elles aider à atteindre cet objectif ? » demanda Hisui. « Hypnotiser le vampire et lui faire elle-même boire la drogue ? »

Hisui avait demandé ça en plaisantant et Eruru avait doucement répondu. « Pas mal ! Mais pas non plus tout à fait correct. Il n’y a pas besoin d’hypnotiser le vampire lui-même. Puisque le vampire ne l’a pas ingéré, elle n’aurait pas été hypnotisée. Cependant... L’enseignante de substitution impromptu... aurait pu être hypnotisée. »

Hisui la regarda avec les yeux écarquillés.

À propos des anciennes légendes des sorcières..., sans même être un expert, mais en ayant reçu des connaissances de son parent adoptif qui avait vécu à la même époque que les sorcières, Hisui comprenait ce qu’Eruru laissait entrevoir.

« Que ce soit des huiles essentielles ou des herbes, les deux sont des spécialités transmises par les anciennes sorcières, » déclara Hisui. « En utilisant leurs effets, renforcés par un peu de magie, de simples suggestions pourraient être faites à l’enseignante, réalisant ainsi l’objectif de la manipulation. C’est ce que vous voulez dire, n’est-ce pas ? »

« Exactement, » répondit Eruru. « L’enseignante pouvait se déplacer entre les groupes de manière factuelle, tout en examinant le processus et les résultats de la cuisine. Si elle avait eu de mauvaises intentions, elle aurait pu faire tout ce qu’elle voulait. »

« C’est possible, » répondit Hisui. « Mais pourquoi nous aurait-elle dit quelque chose d’aussi crucial pour ce puzzle ? Si la vice-présidente était une sorcière, elle devrait savoir que vous et moi sommes les amis de Rushella, n’est-ce pas ? »

« Votre suggestion est raisonnable, » répondit Eruru. « Cependant, elle aurait pu le dire délibérément pour dissiper les soupçons. Quoi qu’il en soit, il est possible que ce qu’elle a apporté dans le sac en papier aujourd’hui ne soit que des articles tout à fait ordinaires. Cependant, ceux qui sont restés dans cette pièce à cause d’utilisations antérieures pourraient être différents. Je ne m’attends pas à ce que l’analyse scientifique soit en mesure d’expliquer les techniques utilisées par les sorcières, mais si l’analyse identifie des composants qui sont incroyablement scientifiquement soit renfermant des éléments inconnus, alors une conclusion peut être atteinte. »

« ... Je vois. Comme c’est bien pensé, » Hisui croisa les bras, acquiesça et s’exclama.

Comparé à Eruru dont l’esprit avait été en mouvement tout ce temps, il semblait complètement improductif.

« Allez un peu utiliser votre cerveau ! Rien n’est totalement sûr à ce stade. Dépêchez-vous et aidez-nous à réfléchir s’il y a d’autres preuves que nous aurions pu ignorer ? » Eruru désigna un seau en plastique dans le coin de la pièce.

Les déchets de la cuisine étaient vidés tous les deux jours, mais les poubelles de cette journée étaient toujours dans le seau.

Hisui comprit ce qu’Eruru voulait dire et tordit son visage avec dégoût. « Me demandez-vous de fouiller dans la poubelle !? »

« Dans un certain sens, toutes les preuves ne pourraient-elles être là ? Dépêchez-vous, puisque votre cerveau est inutile, alors contribuez un peu avec votre force, » Eruru ordonna sans pitié, son ton de voix n’offrant aucune place pour le compromis.

Avec beaucoup de réticence, Hisui avait commencé à fouiller dans la poubelle.

Comme mesure de sécurité minimale, il portait les gants en caoutchouc de l’évier de la classe d’économie domestique alors qu’il mettait ses mains dans le seau en plastique.

« Quoi !? Tout cela, n’est-ce pas que les feuilles de légumes ? Sont-ils vraiment liés à ça ? » demanda Hisui.

« Alors, vous devez trouver quelque chose d’autre qui soit suspect. Voulez-vous dire par là que comme vous êtes du même genre qu’eux, alors vous ne pouvez pas voir la différence ? » demanda Eruru.

« Que voulez-vous dire par là, pensez-vous que je sois un déchet !? » s’exclama Hisui.

« Ah ! Excusez-moi, je suis allée trop loin, » déclara Eruru.

« ... C’est bien tant que vous vous en rendez compte, » déclara Hisui.

« Je m’excusais pour les déchets, » répondit Eruru.

« Hein... !? » s’exclama Hisui.

Alors qu’Hisui avait été choqué d’entendre qu’il était pire que des ordures, il avait trouvé quelque chose qui était différent des feuilles de légumes.

Tout en retenant son souffle, il attrapa l’objet se trouvant dans un sac en papier assez petit pour tenir dans la paume de la main.

À travers le sac en papier, on pouvait dire qu’il contenait des feuilles déchiquetées de certaines plantes.

Était-ce un sachet de thé japonais, ou un peu de tisane aimée par le professeur d’économie domestique ?

Alors qu’Hisui examinait ce qui était dans sa main, Eruru l’avait enveloppé dans du papier de soie et l’avait mis de côté.

« Dites..., » commença Hisui.

« Rien d’autre de suspect ? » demanda Eruru.

« Je n’ai encore rien trouvé d’autre..., » répondit Hisui.

« Alors, arrêtons pour l’instant la fouille ici. Je vais aussi prendre cela pour l’analyse. Y a-t-il un autre endroit auquel vous pouvez penser ? » demanda Eruru.

En entendant la question d’Eruru, Hisui s’arrêta un instant avant de répondre. « Je suppose qu’il y en a un endroit en plus que j’aimerais fouillé. »

« Lequel ? » demanda Eruru.

« La bibliothèque... Ou plutôt, la salle de préparation de la bibliothèque, » répondit Hisui.

†††

Partie 3

« Pourquoi dois-je faire équipe avec vous ? » demanda Rushella.

« J’allais exactement dire la même chose ! » s’exclama Mei. « C’est une chance rare pour moi de visiter l’école avec Hi-kun, comme le lit de l’infirmerie, le magasin de sport, le vestiaire des filles, un moment très attendu après l’école, à la fois dangereux et adulte... Ou plutôt, une joyeuse période après l’école, j’étais impatiente d’y être ! »

« Que comptez-vous faire à mon serviteur !? » demanda Rushella. « Tant que la lumière cramoisie de mes yeux continue à briller, vous ne réaliserez jamais vos ambitions ! »

« Quoi, est-ce une sorte de version vampire d’un dicton cliché !? » demanda Mei.

Après plusieurs échanges d’arguments, Rushella et Mei avaient fait un « Pfff ! » l’une à l’autre, détournant leurs visages en même temps et s’arrêtant de parler.

Une vampire et une humaine artificielle, cette équipe de rêve contenant une paire d’individus qui représentait une promesse exceptionnelle en tant que futures stars d’Hollywood, étaient vraiment en mauvais terme.

N’ayant pas d’autre choix que de marcher ensemble, Mei avait commencé à prendre la tête alors que Rushella la suivait.

« Où allons-nous ? Avez-vous une idée ? » demanda Rushella.

« Bien sûr que non, » répondit Mei. « Eh bien, ces deux-là devraient être en mesure de trouver quelque chose. Ce que je peux seulement faire, c’est la base des investigations sur la scène de l’incident. »

« La scène ? » demanda Rushella.

Alors que Rushella était perplexe, Mei avait arrêté de marcher.

Le couple était arrivé à la cour arrière où Hisui et Eruru avaient découvert hier le cadavre du chat.

Mei avait déjà eu des informations de la part d’Eruru, donc elle avait décidé d’enquêter sur cette « scène de l’incident » une fois de plus.

Mais aucun indice n’était à première vue visible.

Il n’y avait pas de nouvelles victimes de chat ni de symboles semblables au cercle magique.

Alors qu’elle visitait cet endroit pour la première fois, Rushella avait erré au hasard dans la petite forêt. Puis, elle ouvrit brusquement les yeux alors qu’elle pointait du doigt vers le sol.

« Hé... Est-ce une tombe ? » demanda Rushella.

« Hmm ? ... C’est vrai. Eruru-chan m’a dit qu’elle a fait une tombe pour chaque incident. Celle-ci devrait être celle qu’elle avait fraîchement faite avec Hi-kun. Qu’en est-il ? »

« Quelqu’un a offert des fleurs, » déclara Rushella.

« Hein... !? » s’exclama Mei.

Avec curiosité, Mei avait regardé les trois monticules de terre se trouvant devant elle. Tout comme Rushella l’avait dit, quelqu’un avait placé plusieurs belles fleurs sur elle.

« Si ces deux-là ont fait ça... ? » demanda Mei. « En y pensant, ne semblent-ils pas être en bons termes tous les deux ? »

« ... Je ne sais pas, » répondit Rushella.

« Je ne m’attendais pas à ce qu’ils s’entendent si bien, » déclara Mei. « Ils sont tous deux assez familiers avec les connaissances occultes, et aujourd’hui, ils ont fini par prendre des mesures ensemble. Hi-kun est vraiment... »

« Je vous l’ai déjà dit, je ne sais pas !! » rugit Rushella, faisant que Mei cessa de parler.

Puis Rushella était allée plus loin en colère, avec un visage plein de mécontentement.

Mei haussa les épaules et la suivit.

« Quoi !? Ai-je appuyé sur le mauvais bouton ? » demanda Mei.

« ... » Rushella ne répondit rien face à ça.

« Même si je ne sais pas ce que pense Hi-kun, nous ne devrions pas sous-estimer Eruru-chan, » continua Mei. « En fait, elle se soucie vraiment beaucoup de Hi-kun. Est-ce que vous le saviez ? Bien que ce ne soit pas vraiment clair dans quelle mesure cela va... »

« Et alors..., » commença Rushella.

« Rien de plus, » répondit Mei. « C’est juste que comparé à une vampire, elle est une compatibilité bien meilleure. Je dois également faire plus attention. »

« Qu’est-ce que cela... a comme rapport avec moi..., après tout, l’individu qui me sert est comme ça et il devrait être..., » cela avait été déclaré très doucement. Cela avait fait paraître la magnifique silhouette de Rushella encore plus vulnérable et fragile que d’habitude.

« ... Croyez-vous vraiment cela ? Alors vous êtes vraiment naïve et optimiste, » déclara Mei. « En tout cas, revenons à la tâche et aidons à l’enquête. Cela a commencé à cause de vous, c’est pourquoi nous travaillons en équipe. Est-ce que vous vous en rendez compte ? Que savez-vous de la sorcière ? »

Mei passa à un ton grave. Peut-être était-il inutile de demander à Rushella de lui fournir des souvenirs perdus. Mais elle n’était pas une âme bienveillante qui pouvait endurer indéfiniment l’obstination d’un vampire.

« ... Je ne sais pas grand-chose, » répondit Rushella. « Cependant, ma race a eu des contacts avec des humains en dehors de leur besoin de se nourrir de leur sang. Les humains connus comme sorcières étaient un tel groupe. »

« Qu’est-il arrivé ? » demanda Mei.

« Ma race possède des corps beaucoup plus résistants que les humains, » répondit Rushella. « Mais malheureusement, nos “faiblesses” nous rendent également incroyablement fragiles. Et les techniques afin de compenser ça n’ont pas été entièrement créées par ma race, mais plutôt par des mains humaines. »

Rushella leva son parasol favori et l’agita. C’était celui qu’elle utilisait toujours à l’extérieur pendant la journée.

« Ce type d’outil de protection solaire a été créé par des artisans humains, » continua Rushella. « L’objet qui est en ma possession a reçu un traitement spécial pour entièrement neutraliser les effets du soleil et repousser la pluie. Il existe également des objets qui ont été modifiés comme des armes ou des zones magiques, ces choses impliquent souvent les techniques de sorcières. »

« Je vois..., » répondit Mei.

Dans l’ouest, le fait de traiter les sorcières et les vampires de la même manière était profondément enraciné. Il n’était pas surprenant que les humains et les vampires forment une sorte de relation symbiotique en exploitant chacune de leurs forces.

« La dernière fois, ce baron que Hisui et moi avons détruit, j’ai entendu dire qu’il appliquait quelque chose sur sa peau pour bloquer la lumière du soleil, » déclara Rushella.

« Ah, la préparation de la crème solaire. Qu’en est-il ? » demanda Mei.

« Bien que la version moderne soit probablement différente, des choses similaires existaient dans l’antiquité, » répondit Rushella. « En appliquant un onguent spécial sur la peau, cela permet une liberté de mouvement temporaire sous le soleil. Le processus de fabrication était tout à fait unique et extrêmement important pour nous, mais malheureusement, notre race n’était pas au courant de ça et pouvait seulement demander de l’aide aux sorcières. »

« N’est-ce pas la préparation secrète des sorcières qui a traversé les âges, la version de l’onguent des sorcières !? » demanda Mei.

« Eh bien... probablement, » répondit Rushella. « Je ne savais pas que ma race et les sorcières avaient une histoire si profonde et entrelacée. »

En entendant Rushella parler du passé dans un rare moment, Mei hocha la tête avec emphase.

Pour être honnête, son opinion sur le vampire s’était légèrement améliorée.

Mais apprendre ces choses avait fait apparaître de nouvelles questions.

« Mais alors, je me demande pourquoi votre race a dû compter sur les sorcières de la race humaine, » demanda Mei. « N’aurait-il pas été plus simple de les asservir en utilisant des Yeux Mystiques ou en suçant leur sang ? Cela les aurait forcés à vous révéler la méthode de production, ou simplement en faire des serviteurs. »

« Je crois que beaucoup de membres de ma race l’ont tenté, mais leurs efforts ont tous échoué, » répondit Rushella. « Et probablement en raison des effets de la “chasse aux sorcières”, les sorcières agissent avec une grande prudence. En outre, ils sont très bien informés sur les façons de gérer ma race. Ils savent comme neutraliser l’effet des Yeux Mystiques ou utiliser du poison pour nous affaiblir. Même si nous possédons des corps de morts-vivants et ne serons pas tués, cela nous cause de grandes souffrances. Selon les témoignages, il y a même un poison qui peut envoyer des vampires en animation suspendue telle une mort temporaire. »

« Je vois... En passant, ne vous souvenez-vous pas de connaissances du passé ? Est-ce que votre mémoire a été récupérée ? » demanda Mei.

« ... Non. C’est simplement les connaissances de base, » répondit Rushella. « Tout vampire pur sang le saura par son ascendance, mais c’est simplement la connaissance, rien de plus que ça. Même si je peux m’en souvenir, il n’y a pas de sens concret à tout ça... » Expliqua Rushella avec une sombre expression.

Elle semblait dire la vérité. Tout ce qu’elle racontait était simplement une connaissance emmagasinée dans son esprit. Autre que cela, il n’y avait pas d’expériences ou de sensations, seulement des connaissances vides composées mécaniquement de termes et de phrases.

« Cependant... Cette connaissance n’est-elle pas maintenant utile ? » demanda Mei. « Même si ces deux-là sont très bien informés, il y a des choses que vous seule connaissez en tant qu’authentique vampire, n’est-ce pas ? Je suppose... que Hi-kun serait heureux de le savoir ? »

« Est-ce vraiment le cas... je l’espère..., » un soupçon de plaisir était revenu sur le visage de Rushella.

Alors que Mei se réprimandait secrètement pour l’acte naïf de remonter le moral de sa rivale, elle continua à réconforter Rushella.

« ... ! »

« Qu’est-ce qu’il y a maintenant ? Pourquoi avez-vous arrêté ? » Alors qu’elle était presque rentrée en collision avec le dos de Rushella, Mei demanda ça.

Rushella se tenait là avec une expression sévère.

Elle regardait le coin d’un parterre de fleurs qui était relié au bâtiment de l’école.

« Tout à l’heure, je vous ai mentionné un type de poison qui pourrait causer la mort temporaire d’un vampire, n’est-ce pas... ? » demanda Rushella.

« ... Oui. Différent de l’eau bénite ou de l’ail... Vous avez dit qu’il s’agissait d’un poison de sorcières, n’est-ce pas ? »

« Oui, » répondit Rushella. « Ma race se méfie beaucoup de ce poison et nous connaissons ses ingrédients. Même si la procédure et la concoction exacte diffèrent d’une sorcière à l’autre, l’aspect le plus important est la matière première. Sans un ingrédient particulier, le poison ne peut pas être fait et il n’y a rien à craindre pour ma race. Je ne sais pas si c’est la fortune ou le malheur, mais cet ingrédient n’est pas seulement rare, mais il est également limité à une sorte. »

Il y avait une seule fleur qui fleurissait dans le coin du parterre de fleurs.

La fleur était visiblement différente des autres plantes, isolée dans un coin, et ses pétales violets semblaient vénéneux.

Très alertée par ce qu’elle avait vu, Rushella regardait cette fleur en forme de cloche.

« Attendez une minute... Ne dites pas... que cela serait cette... chose qui est devant nos yeux !? » demanda Mei.

« Tout à fait... Je ne m’attendais jamais à le trouver ici, » répondit Rushella.

Une fleur dont le poison menaçait même les vampires.

Transmis depuis l’Antiquité, la fleur vénéneuse de la mort.

Les lèvres rouge vif de Rushella avaient lentement prononcé son nom. « La mandragore. »

†††

Partie 4

« Pardonnez-nous pour notre intrusion ~, » même s’il n’y avait pas de personnes présentes, Hisui déclara ça au cas où cela n’aurait pas été le cas. Il l’avait fait d’une voix extrêmement faible.

Même ses mouvements étaient légers et il avait essayé de ne pas faire de bruit pendant qu’il marchait.

« Qu’est-ce que vous faites ? » demanda Eruru.

« Ah, je me conforme à l’atmosphère... car après tout, cela fait partie de la bibliothèque ? » demanda Hisui.

« En théorie, vous êtes autorisé à parler librement dans la salle de préparation de la bibliothèque, » Eruru avait expliqué la situation. Sa voix était aussi beaucoup plus calme que d’habitude. « Bien sûr, cela dépend du fait que vous ne causez aucune nuisance aux personnes de la bibliothèque qui se trouve juste à côté. »

Après avoir fini leur enquête dans la salle d’économie domestique et dans sa salle de préparation, ils s’étaient tous les deux rendus à la bibliothèque puis à la salle de préparation qui lui était affectée.

C’est là que le bibliothécaire faisait son travail préparatoire et aussi où les étudiants du comité de la bibliothèque qui aidait le bibliothécaire se réunissaient pour ça. En principe, il était fermé aux étrangers.

Heureusement, Eruru avait rapidement été nommée au comité de la bibliothèque dès qu’elle avait été transférée à l’école, alors ils avaient une excuse s’ils étaient pris ici.

Le professeur faisant office de bibliothécaire n’était pas présent à cause d’une réunion du personnel, par conséquent le duo avait pu emprunter la clef dans la salle du personnel et ils s’étaient glissés ici. Par chance, aucun autre étudiant ne les avait vus.

« Mais pourquoi venir à cet endroit ? » demanda Eruru. « Je suis venue ici plusieurs fois en raison de mes fonctions... Mais je ne pense pas que cet endroit possède des indices liés à l’incident. Vous ne pouvez quand même pas croire qu’il pourrait y avoir des grimoires cachés ici, n’est-ce pas ? »

« ... Cette possibilité ne peut être complètement niée, mais ce n’est pas la raison pour laquelle je me suis senti intéressé par le fait de venir ici. C’est de ça que je suis en train de parler. »

Hisui avait pointé du doigt les profondeurs de la pièce.

Un meuble massif servant de bibliothèque se tenait devant le mur, marquant un espace vide qu’une personne pouvait passer à travers.

La bibliothèque était pratiquement remplie de livres. Toutes leurs couvertures étaient décolorées de l’âge, et beaucoup d’entre eux montraient des signes de dommages.

« Cet endroit... est une zone restreinte, » déclara Eruru. « En principe, aucun des livres ici n’est en circulation et ne peut être lu dans la bibliothèque sauf avec une autorisation préalable... En effet, il existe de nombreux livres anciens ou rares, mais y a-t-il un problème ? »

« Non, non, la clef de tout ça est derrière la bibliothèque, » répondit Hisui.

Hisui avait marché jusqu’à aller derrière la bibliothèque. Parce que la bibliothèque ne se tenait pas contre le mur, il y avait un espace sombre et étroit derrière elle.

« Est-ce votre première visite ici ? » demanda Hisui.

« Oui... Mais c’est quand même juste un débarras, » répondit Eruru.

Comme Eruru l’avait décrit, l’endroit était rempli de divers articles non triés. Couvert de poussière, il faudrait beaucoup de travail pour nettoyer ou trouver quelque chose en particulier.

« Auparavant, l’enseignant avait besoin d’une sorte d’anciennes informations, donc la représentante de classe a été envoyée pour les localiser, » déclara Hisui. « J’ai remarqué qu’elle passait un moment difficile, alors je suis venu l’aider. Puis j’ai découvert cet inhabituel spectacle, alors je me suis posé la question de savoir quelles choses étaient conservées ici. »

« ... Quelles choses ont été gardées ici ? » demanda Eruru.

« Toutes sortes de choses, mais surtout des résumés, » répondit Hisui.

« Des résumés !? » s’écria Eruru.

« Tout à fait, » répondit Hisui. « Je ne sais pas si les étudiants actuels le font encore ou non, comme les personnes des clubs culturels comme le Club de Littérature ou la Société de Recherche de Manga. Chaque fois que des clubs dans le passé avaient accompli toutes sortes de réalisations, ils les avaient consignées, et donc, tout ça serait probablement ici. Cela inclut le Club de Recherches Occultes. »

« Le Club de Recherches Occultes... Une telle chose existait-elle réellement une fois à l’école ? » demanda Eruru.

« Je l’ai seulement entendu mentionner par la vice-présidente, » répondit-il. « Bien sûr, cela pourrait être sans rapport avec l’incident actuel et être simplement un club de recherche. Mais au cas où, voyons cette piste. »

Après qu’Hisui avait dit ça, il s’était retourné vers la pile d’articles assortis. Mais la vue lugubre de cette pile d’objets proche d’être cataloguée comme des déchets avait instantanément tué son enthousiasme.

« ... Je suppose que nous allons à la place partir, » déclara Hisui.

« N’avez-vous pas de courage ? » demanda Eruru.

« Je pense juste que mes efforts seront futiles, » répondit Hisui.

« Même si dès le départ je n’avais aucun espoir en vous, vous ne m’avez pas encore déçu, » Eruru soupira en marchant vers la petite montagne de documents.

Devant elle, une pile désordonnée de livres avec d’innombrables fascicules ouverts, des livrets éparpillés sur le sol, des cartons non identifiés — mais Eruru s’avança sans peur.

« Je comprends, je comprends, je vais aussi vous aider. Mais ça va prendre une éternité..., » déclara Hisui.

« Pas nécessairement. C’est tout pour aujourd’hui, » parla-t-elle avec son visage impassible habituel. Puis, Eruru avait extrait un livret de la pile et l’avait montré à Hisui.

*

« Le Carnet Noir — Le rapport d’activité du Club de Recherches Occulte — »

*

La couverture avait ces mots écrits en rouge vif sur un fond noir. Évidemment, c’était aussi différent des clubs culturels typiques que la nuit et le jour.

Il n’y avait pas de décoration sur la couverture autre qu’une ligne isolée de mots. On ne pouvait même pas commencer à deviner quel genre de contenu y était inscrit. Comparé aux résumés de clubs ordinaires, ce livret était nettement plus épais et se situait au niveau d’un livre relativement mince.

« Comment l’avez-vous trouvé !? » demanda Hisui. « Vous avez bien trop de chance ! »

« Ce résultat ne vient pas de la chance, mais de l’inévitable, » répondit Eruru. « Comparés au reste, seuls les environs de ce livret n’avaient pas de poussière. Il est très probable qu’il a été récemment pris par quelqu’un. »

« ... Je vois. Attendez une minute, » déclara Hisui. « Si quelqu’un l’a déjà pris, pourquoi quelqu’un le remettrait-il ici ? »

« Parce que cette pièce contient aussi une photocopieuse, il a simplement copié tout le livre ou seulement les pages nécessaires, » répondit Eruru. « Afin de ne pas éveiller les soupçons, il a été replacé là où il a été trouvé. Comme il a mis autant d’efforts, le contenu de cette brochure devrait être prometteur. » Eruru avait parlé alors qu’elle l’avait ouvert et avait commencé à parcourir le contenu.

Hisui avait également approché son visage afin de pouvoir jeter un coup d’œil.

« ... Trop proche, » déclara Eruru.

« Ah, désolé, » répondit-il. « Mais votre peau est vraiment très lisse. Comment la maintenez-vous si belle ? »

Eruru rougit à la suite de la quasi-collision avec le visage de Hisui. Alors qu’Hisui lui caressa la joue et s’exclama, elle le gifla.

« ... Pourquoi m’avez-vous frappé !? » s’exclama Hisui.

« ... Vous le savez bien, » répondit Eruru.

Eruru essaya désespérément de faire semblant d’être calme, mais son doux visage afficha soudainement la surprise.

Au centre de la couverture du livret, des flammes rouges avaient soudainement commencé à brûler.

« Quoi... !? » s’exclama Eruru.

« Hé, dépêchez-vous et débarrassez-vous-en ! » s’écria Hisui.

Entendant le cri de Hisui, Eruru jeta frénétiquement le livret au sol.

Dès que le livret avait quitté sa main, des flammes avaient également jailli de l’intérieur et le livret entier avait commencé à s’incinérer.

Au moment où il était tombé sur le sol, la plupart des pages avaient brûlé et étaient devenues en cendres.

Afin d’empêcher le feu de se propager, Hisui avait enlevé sa veste pour couvrir le livret et étouffer les flammes.

Heureusement, les flammes n’avaient fait que légèrement brûler les planches sans incident majeur.

« Allez-vous bien !? Avez-vous été brûlée... ? » demanda Hisui.

« Je vais bien, » répondit Eruru. « Mais c’était quoi ça... ? Cela ne devrait pas être une sorte de piège mécanique. C’est de la magie... »

« Est-ce que ça pourrait aussi être l’œuvre de la sorcière ? Je parle du fait d’essayer de brûler à mort les personnes qui enquêtent avec imprudence ? » demanda Hisui.

« Ce petit feu ne brûlerait jamais une personne à mort, » répondit Eruru. « Il s’agit simplement de la destruction de preuves, ainsi que d’un avertissement. Oui, il ne sert qu’un double objectif qui consiste à détruire les preuves après qu’elles ont délibérément pu être vues. Le plus susceptible est que cela sert d’avertissement. »

« On dirait que nous sommes totalement tombés dans ce piège, » déclara Hisui. « Alors qu’elle est le résultat, les restes nous donnent-ils des indices ? »

Avant même que Hisui ne le lui demande, Eruru examinait déjà les quelques pages laissées par le feu.

« Hmm. Basé sur la reliure, le contenu et la structure de l’écriture, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un condensé écrit par des lycéens, » répondit Eruru.

« ... Euh, » répondit Hisui.

« Cependant, le contenu se trouvant à l’intérieur est du sérieux ! » continua Eruru.

« Quoi !? » s’exclama Hisui.

Eruru avait soulevé délicatement l’une des pages les moins endommagées pour qu’Hisui puisse la regarder.

Bien que la page ait été fortement endommagée, les choses dessinées sur elle étaient encore discernables — un cercle magique.

Il était identique à celui qu’ils avaient trouvé sur la scène du chat mort.

Au bas de la page, il y avait même des explications sur la sorcellerie et le cercle magique.

Tout comme Eruru l’avait décrit, c’était au mieux un résumé. C’était trop grossier pour être appelé un grimoire.

Néanmoins, son contenu était capable d’expliquer les phénomènes observés hier.

Eruru avait lu à haute voix les mots sur la page avec indifférence. « Placez le cadavre d’un petit animal sur le cercle magique tracé avec du sang et lancez un sort de renaissance simple. Ceci imprègne le cadavre d’une vie simulée, qui ne durera qu’au plus un jour, lui permettant d’être commandé comme s’il était un simple familier. Cependant, les actions du familier se limitent à un comportement extrêmement simple. Et aussi, la renaissance elle-même est particulièrement difficile et encline à l’échec. De plus, préparer le cadavre n’est pas une tâche facile. Ce n’est qu’une simple magie de base, à améliorer... C’est ce qui est écrit là. »

« Ça se révèle vraiment être de la magie... Et avec des explications écrites par un ancien élève..., » déclara Hisui.

« En me basant sur la page sous-jacente, cela a été écrit il y a dix ans, » dit Eruru. « La liste des membres du club... ne peut être lue, car cela a brûlé. Cependant, c’est... ! »

Eruru fut d’un coup grandement surprise.

Hisui avait déplacé son regard vers le livret et avait confirmé le nom inscrit dessus.

Alors que les deux étudiants se regardèrent comme pour se prouver l’un à l’autre qu’ils n’imaginaient pas quelque chose, ils désignèrent l’endroit où c’était inscrit pour confirmer à nouveau ce qu’ils avaient vu.

À l’endroit que leurs doigts avaient désigné, il y avait un nom qui leur était familier...

— Horie Jyuri —

Il s’agissait du nom du professeur principal de Hisui.

C’était le seul nom lisible au bas de la liste des membres.

« Horie-sensei... faisait partie du Club de Recherches Occultes ! » s’exclama Hisui.

« Et aussi... Elle avait étudié la véritable magie. Cela augmente notre nombre de suspects par un, et qui plus est, un suspect de taille, » murmura Eruru.

À ce moment-là, le son vibrant de son téléphone portable mise en sourdine avait pu être entendu en provenance de la poche se trouvant à intérieure de ses vêtements.

« Il s’agit d’un message texte de Sudou-san, » déclara Eruru. « Ils semblaient avoir découvert quelque chose... Nous devrions y aller rapidement. »

« D’accord, » répondit Hisui.

Tout en prenant le livret, les deux individus avaient quitté la salle de préparation de la bibliothèque.

En raison du message texte de Mei, ils s’étaient précipités vers une zone spécifique d’un parterre de fleurs proche du bâtiment de l’école.

Et dès qu’ils furent arrivés...

†††

Partie 5

« Il y a une mandragore qui pousse ici !! » Rushella avait rapporté cette information avec une grande fierté.

Le visage de poker d’Eruru était imperturbable, mais Hisui affichait une grande incrédulité.

« Je dis, Rushella-san, par mandragore, vous voulez dire cette plante particulière, n’est-ce pas ? » demanda Eruru. « Même les personnes qui ne connaissent pas grand-chose de l’occulte devraient le savoir, c’est une plante vénéneuse notoire, presque considérée comme une créature fantastique, en tout cas c’est une chose super célèbre, non ? »

« C’est bien ça, » répondit Rushella. « Même si je ne suis pas clair sur les petits trucs des humains, même pour les vampires, cette plante est extrêmement dangereuse ! »

« L’infamie = danger ? Eh bien, je ne peux pas nier complètement ce point de vue... Mais comment ce genre de chose pourrait-il se développer dans un endroit comme celui-ci... ? » demanda Eruru.

« Doutez-vous de mes yeux ! » s’exclama Rushella. « En effet, il semble être une chose rare et précieuse, mais la vérité se tient devant vos yeux ! »

« Même si vous le dites... je ne suis pas très sûre, mais les conditions de croissance de la mandragore ne devraient-elles pas être particulièrement strictes ? » demanda Hisui. « Comme la croissance à côté d’une potence et d’autres conditions en plus. »

« Oh, vraiment ? Alors qu’est-ce que c’est en vérité ? » demanda Rushella.

« ... Pourquoi me demandez-vous ça ? » demanda Eruru.

Rushella avait soudainement poussé la question à Eruru qui avait évité d’y répondre. Cela n’était pas un bon signe.

« Parce que vous semblez être la plus compétente ! » s’écria Rushella. « Je m’intéresse aussi à savoir quelles sont les conditions de croissance requises de la mandragore ! »

« ... Il y a différentes explications, fondamentalement, ceci..., » commença Eruru.

« Ceci ? » demanda Rushella.

« Des endroits où cette chose... en provenance de mâles, ça... La sécrétion, dégoulinant sur le sol, c’est là où ça pousse, quelque chose comme ça..., » balbutia Eruru.

« Sécrétion... Qu’est-ce que c’est que ça !? » demanda Rushella. « Sang, salive !? Si c’est le cas, c’est très normal qu’il grandisse ici ! »

« Ah, p-pas ceux que vous avez listés, ça... c’est..., » Eruru rougissait alors qu’elle parlait.

Pour une raison inconnue, elle lance furtivement des regards sur la partie inférieure du torse de Hisui.

« Alors, qu’est-ce que c’est !? Ne soyez pas avare en information, dépêchez-vous et dites-le-moi ! » s’écria Rushella.

« A -Arrêtez ! Ne me regardez pas avec ces yeux purs et innocents..., » déclara Eruru.

« Alors, sortez-moi ça !? » demanda Rushella.

« C-C’est cette chose... que... les mâles..., » balbutia Eruru.

« Les mâles, quoi ? » demanda Rushella.

« La Sem..., » à mi-chemin de la réponse, Eruru court-circuita en raison de l’embarras.

Son visage était si rouge qu’il semblait presque sur le point de faire sortir de la vapeur. Elle donnait l’impression qu’elle allait bientôt s’évanouir.

Heureusement, Hisui s’avança et l’interrompit. « ... C’est assez. Arrête de lui donner du fil à retordre. »

 

 

« Arrête de l’interrompre, elle était vraiment sur le point de le dire ! » déclara Rushella. « Les personnes qui ne savent rien devraient se retirer ! »

« ... En voyant sa réaction, je l’ai deviné. Demande à Sudou de te le dire plus tard, » déclara Hisui.

Hisui avait parlé comme s’il avait compris quelque chose. Eruru avait finalement récupéré son calme après ça et avait pointé du doigt la fleur alors qu’elle avait parlé avec mécontentement. « Arrêtez avec cette chose qui fait tourner en bourrique les esprits des personnes. Kujou-san, dépêchez-vous et arrachez-la. »

« Hein !? » s’exclama Hisui.

« Sortez-le de là, et alors, son authenticité pourra facilement être vérifiée à vue, » déclara Eruru. « Si c’est la vraie chose, il ne peut pas être laissé ainsi. »

« Ah, ça a du sens... alors, tout le monde devrait pouvoir le savoir, n’est-ce pas ? Que se passe-t-il quand une mandragore est déracinée ? » demanda Hisui.

La plante vénéneuse très connue datant de l’antiquité... était aussi connue pour ses propriétés médicinales, et c’était la plante elle-même qui était la plus importante dans les légendes.

Ses racines ressemblaient beaucoup à la forme humaine. En d’autres termes, la partie principale de la mandragore. Si elles étaient arrachées du sol, les racines émettaient d’horribles cris qui étaient assez fort pour tuer ceux qui l’entendaient.

Même quelqu’un qui n’était pas particulièrement au courant des plantes vénéneuses comme Hisui savait cela.

Même si Eruru et Rushella ne disaient rien, Mei elle-même saurait probablement aussi quelque chose comme ça.

Cependant...

« Que voulez-vous dire par déraciné ? » demanda Hisui.

« De toute façon, d’après votre brillante idée, cela devrait être un faux, n’est-ce pas ? » demanda Eruru.

« Bien, cela a été dit... Mais vous savez, juste au cas où... D’accord ? » Hisui chercha pitoyablement leurs consentements, mais les trois filles étaient complètement indifférentes à ses prières, et se retirèrent même en arrière.

« Hé, c’est tellement injuste ! Pourquoi ce genre de tâche laborieuse doit être prise par un homme !? » demanda Hisui.

« Eh bien ! Cela ne compte pas vraiment comme laborieux. Mais le fait de faire de ton mieux est une bonne chose, Hi-kun ❤, » Mei envoya un sourire doux et tendre comme encouragement, mais elle ne voulait pas rester à proximité.

« Hé, avez-vous bien réfléchi, vous trois ? » demanda Hisui. « Ce n’est pas une question de blagues. Si cela s’avère être une vraie mandragore, n’est-ce pas totalement injuste d’avoir le plus faible ici qui fait le travail !? Nous avons un vampire immortel ici ! »

« Ne t’inquiète pas... Tu n’es pas un homme qui mourrait face à quelque chose d’aussi insignifiant ! » Rushella encouragea Hisui tout en serrant les poings, mais elle ne voulait pas rester à proximité.

« Pourquoi faites-vous preuve d’une telle confiance envers moi dans ce genre de situation !? » demanda Hisui. « Hé ! Vous admettez donc que c’est dangereux, n’est-ce pas !? C’est assurément dangereux ! Quoi qu’il en soit... Saviez-vous que les mandragores sont généralement déracinées en utilisant des chiens... »

« Oseriez-vous sacrifier d’autres petites créatures vivantes pour préserver votre misérable vie ? Comme c’est totalement éhonté ! » Eruru avait sévèrement critiqué Hisui. Naturellement, elle ne voulait pas non plus rester à proximité.

« Arrêtez de parler de principes quand tout ce que vous faites est d’abord d’assurer votre propre sécurité ! » s’écria Hisui. « Je ne veux pas non plus sacrifier de petits animaux, mais au moins, je pourrais prendre quelques précautions ? Sinon, à la place de le tirer... Pourquoi, à la place, n’utilisons-nous pas quelque chose comme une bêche pour le déterrer avec la terre environnante ? Allons emprunter une bêche ! »

Hisui avait essayé de négocier avec sérieux, mais le trio l’avait complètement ignoré.

Ou plutôt... Il semblerait qu’elles ne pouvaient pas entendre un seul mot.

« ... !? »

Hisui regarda attentivement.

Voilà pourquoi elles ne pouvaient pas m’entendre, pensa-t-il.

Rushella se bloquait les oreilles avec ses doigts.

Mei avait mis ses écouteurs et était engagée dans une conversation.

Eruru utilisait un lecteur portable pour écouter de la musique.

« Vous, les filles ! Vous êtes vraiment très bien équipées ! Ne pouvez-vous même pas me prêter une paire d’écouteurs !? » Les cris pitoyables de Hisui n’avaient naturellement reçu aucune réponse.

Afin d’aggraver les choses, il avait reçu un message texte en provenance d’une adresse inconnue.

« Dépêchez-vous et sortez-la de là. »

Il l’avait exhorté avec ces mots à le faire. En se basant sur la manière d’écrire, il était plus que probable que cela soit Eruru.

« C’est le premier message texte que vous m’envoyez et il s’avère que c’est ça ! » s’exclama Hisui. « Comme je l’ai dit, donnez-moi au moins une paire d’écouteurs ! Je voudrais écouter de la musique se trouvant sur mon téléphone portable, mais je n’ai pas d’écouteurs ! »

... Il transforma ses émotions indignées en un message texte, et il obtint rapidement une réponse.

« Quand vous sortez la mandragore, il suffit de vous boucher les oreilles avant que les cris “de la racine” ne se fassent entendre, d’accord ? Tout ce que vous devez faire est d’agir plus vite que la vitesse du son dans l’air et tout ira bien. »

« Ah, c’est vrai, je vois... Hé, comme si c’était possible ! » s’exclama Hisui. « Me demandez-vous de bouger avec une vitesse supersonique ! Faire un pas avec le pied gauche avant que le pied droit touche le sol, puis marcher avec le pied droit avant que le pied gauche atterrisse... Cette sorte de théorie ridicule ! Ce n’est pas scientifique ! En outre, boucher les oreilles avec des doigts supersoniques va certainement éclater les tympans et les canaux semi-circulaires, d’accord !? »

... puis, transformant le cri ci-dessus en mots, il avait répondu, et cette fois, il reçut un message de retour signé par les trois filles.

« « «  Arrêtez de dire n’importe quoi et sortez-le ! » » »

« Qu’est-ce que c’est que ce puissant coup de combo triple ? N’est-ce pas une autre façon de me dire d’aller mourir !? » s’exclama Hisui.

Hisui avait abandonné le fait d’essayer de les convaincre et n’avait pas eu d’autre choix que de se tourner vers la mandragore.

Pas d’autre choix...

Même s’il essayait de courir, il serait sûrement attrapé par l’une des trois filles et férocement battu.

Prenant une profonde inspiration, il se dirigea lentement vers la fleur, un pas à la fois.

Saisissant fermement la racine de la tige, il avait vérifié le contact et avait examiné les environs.

À part Rushella et les filles, il n’y en avait pas d’autres personnes à proximité.

Le sol où poussait la mandragore était assez mou, donc il devrait facilement arracher la « racine » sans trop user de force.

Mais le problème était... Après cela.

Si c’était vraiment la vraie chose, elle hurlerait.

Et quiconque entendrait ce son serait mort.

« ... Bon, peu importe ! » dit-il.

Hisui avait retiré la « racine » en un seul coup, et l’avait immédiatement lancée dans les airs aussi fort qu’il le pouvait.

Puis il courut aussi vite que possible vers Rushella et les autres filles.

Cette série d’actions avait été réalisée dans le but de s’éloigner le plus possible de la racine. Même un centimètre valait mieux que rien.

Afin de réduire autant que possible le volume des cris de mort, il s’était désespérément distancié.

Le plan avait réussi.

Probablement parce qu’il avait bouché ses oreilles avec ses doigts, Hisui n’avait pas entendu un son, et son corps était resté correct.

Je suis en sécurité... Hisui ne pouvait pas s’empêcher de penser cela. Puis, il remarqua soudainement où la racine était partie et regarda en l’air.

« Hein !? »

Après avoir atteint le sommet de son vol, la racine commençait sa descente. En voyant son apparence, non seulement Hisui, mais aussi toutes celles qui étaient présentes avaient été stupéfaites.

Selon la tradition, les racines de la mandragore ressemblaient à une forme humaine. Mais cette chose n’avait en aucune façon l’air humaine. Il était indiscernable d’un légume tout à fait commun.

C’était ce qui avait été utilisé il y a pas si longtemps dans le cours de cuisine effectué plus tôt. Une carotte tout à fait ordinaire qu’on pouvait trouver sur n’importe quelle table.

Alors que les quatre étudiants regardaient ça fixement, la chose avait finalement atterri sur le sol.

Eruru avait été la première à se précipiter sur le lieu de l’atterrissage pour ramasser le spécimen problématique afin de le montrer à Hisui et aux deux filles.

Peu importe comment vous le regardiez, c’était une carotte.

« Hein !? » Hisui criant de surprise regardait ça avant tant de force que ses yeux semblaient aussi larges que des ampoules.

Mei s’efforça de ne pas rire alors qu’elle tapotait son épaule. « Hé, c’est quoi ça... une carotte !? Hi-kun était tellement effrayé qu’il doit avoir tout lâché dans son pantalon ! »

« Franchement ! Avoir eu cette peur d’une chose comme ça... comme c’est inesthétique de ta part ! » Rushella s’était jointe aux réprimandes contre Hisui.

En parlant de ça, tout avait commencé avec elle.

« Vous sécurisez votre propre vie et maintenant, vous sermonnez sur ceci et cela... Je risquais ma vie ici ! » s’écria Hisui. « Quoi qu’il en soit, quel genre de blague de mauvais goût est-ce !? Qu’est-ce que c’est que ça de déguiser délibérément une carotte comme s’il s’agissait d’une mandragore !? Hé, Rushella, comment as-tu pu confondre cela avec le vrai !? »

Les grognements de Hisui se précipitèrent comme une marée, mais Eruru l’arrêta calmement. « C’est la véritable mandragore. »

Hisui ainsi que les autres étaient devenus incrédules.

Eruru avait pris la racine... ou plutôt, la fleur qui poussait après la carotte pour là leur montrer.

« Au moins, la fleur est réelle, » déclara Eruru. « Même si je ne l’ai vu que dans d’anciens croquis, c’est la première fois que je vois la vraie mandragore... Si Rushella a décidé sur cette même base, cela devrait être réel au-delà de tout doute. Bien sûr, la partie “racine” est fausse, mais ce n’est probablement pas une farce, mais un type de “greffage” en jardinage. Greffer la fleur d’une mandragore sur un faux, afin de pouvoir produire une véritable racine. »

« Comment quelque chose comme cela pourrait-il réussir... ? » Hisui ne savait rien du jardinage, mais son intuition lui disait que c’était impossible. Si ce genre de truc pouvait produire en masse la légendaire plante vénéneuse, ce serait trop facile.

« Comme vous le dites, c’est impossible, » répondit Eruru. « Et en réalité, cela a échoué. Cependant, le problème est différent. En effet, il y a quelqu’un qui fait ceci à savoir. La sorcière. Plus important encore, puisqu’il y a une vraie fleur ici, alors il est fort probable qu’elle possède aussi la vraie racine. »

Les paroles d’Eruru avaient fait froncer les sourcils d’Hisui.

On pouvait se moquer de l’incident de tout à l’heure, mais on ne savait pas où se trouvait la racine si importante dont Rushella se méfiait.

« J’ai beaucoup de choses à vérifier, mais comme je le pensais, il n’y a toujours pas assez d’informations, » déclara Eruru. « De plus, je ne suis pas une experte en magie et je n’ai pas de ressources sous la main. Quel genre d’endroit aurait ce genre d’informations, et permettrait de s’asseoir et de faire des recherches tranquillement sans être dérangé... »

Eruru soupira avec désespoir. À ce moment-là, Hisui leva légèrement la main.

« Qu’est-ce qu’il y a ? » demanda Eruru.

« Je connais un endroit comme ça à proximité, » déclara Hisui.

« Où ? » demanda Eruru.

Tous les regards étaient concentrés sur Hisui. Il se désigna et déclara. « Chez moi ! »

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