La Croix d’Argent et Dracula – Tome 1 – Chapitre 5

Bannière de La Croix d’Argent et Dracula †††

Chapitre 5 : Baisée Soupçonneux

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Chapitre 5 : Baisée Soupçonneux

Partie 1

« Pourquoi dois-je montrer ma peau devant les autres ? » Grogna Rushella, elle était gênée par les regards environnants.

Après avoir terminé le rangement après le déjeuner, Rushella était allée à l’infirmerie.

Aujourd’hui, il y avait l’examen physique.

Avant d’entrer dans la salle, tous les étudiants devaient porter leurs vêtements de gymnastique, mais, après leur arrivée à l’infirmerie, la plupart des personnes les avaient retirés, ne laissant que leurs sous-vêtements.

Et parce que leurs corps étaient ainsi exposés à d’autres lors de l’examen, tout le monde était inquiet et avait choisi avec précaution leurs sous-vêtements. Les différents tissus couvrant les corps des filles étaient vraiment une vue colorée.

Bien que le but de l’examen physique soit de mesurer la hauteur, le poids et la hauteur assise, la plupart des filles profiteraient de l’occasion pour utiliser les bandes de mesure afin d’enregistrer leurs trois tailles.

Se réunissant en groupes, les amis se mesuraient le buste, les hanches et le tour de taille.

« De quoi sont-elles si heureuses ? » (Rushella)

« Oh ma chère ! Ne comptez-vous vraiment pas vous mesurer ? » (Mei)

Quelqu’un derrière elle avait soudainement retiré le t-shirt de Rushella.

Vêtus de dentelle blanche, deux magnifiques fruits apparurent.

« Quoi... » (Rushella)

« Wow, ces seins sont vraiment énormes. Entre nous, je déclare un match nul. Ha non... Vous avez un peu d’avance sur moi ! » (Mei)

Les mains arrivant par-derrière les tâtèrent avant de les serrer hardiment. Rushella, ayant son visage devenu d’un rouge profond, se retourna en hurlant avec colère :

« Vous, salope... » (Rushella)

« Il s’agit là d’un bonnet F, mais infiniment proche du G... hein, non, je pense que vous avez déjà amplement brisé la barrière du G. De mignonnes choses bien massives... » (Mei)

Mei sourit en face de sa formidable rivale.

Elle avait déjà enlevé ses propres vêtements de gymnastique et n’était qu’en sous-vêtements. Et elle ne semblait pas du tout embarrassée. Le design de ses sous-vêtements très étroits était assez obscène pour une étudiante de première année.

« Salope ! Qu’est-ce que vous faites si soudainement !? » (Rushella)

« Ce que je fais ?... Je suis juste en train de vous aider à vous mesurer. En passant, votre soutien-gorge est un peu serré. Puisque Hi-kun vous a accompagné afin de les acheter, pourquoi ne lui avez-vous pas demandé de vous mesurer correctement avant de l’acheter ? » (Mei)

« Parce que, je n’avais pas encore tout à fait compris cela, et de toute façon, je compte en acheter de plus mignons. » (Rushella)

« Quel gaspillage pour un rendez-vous de magasinage ! Demandez simplement au personnel du magasin de vous aider à vous mesurer. N’êtes-vous pas tout simplement trop ignorante de toutes les mœurs du monde ? » (Mei)

 

 

« Que vous êtes bruyante ! Et en plus, je n’ai pas besoin de votre aide !! » (Rushella)

« Si vous portez des soutiens-gorge mal ajustés, alors leurs formes seront ruinées, est-ce que vous le savez ? Si vous voulez toujours porter ce genre de vêtements avec des décolletés aussi révélateurs, comme la robe que vous portiez lors de votre premier jour ici, je vous conseillerais d’accorder un peu plus d’attentions à vos choix, d’accord ? » (Mei)

« Ooh... » (Rushella)

Mei avait dit quelque chose de juste. Rushella tomba dans le silence, incapable de trouver quelque chose à répliquer. Même sans posséder ses souvenirs, elle pouvait quand même dire que l’expérience de Mei en tant que femme était bien supérieure à la sienne.

« Ma chère, Hi-kun est tellement malchanceux. De penser qu’il serait ainsi accompagné d’une fille qui ignore totalement comment rester présentable. Peut-être que les normes d’apparence de Hi-kun pourraient être vraiment proches de zéros. » (Mei)

« ... Grrr. » (Rushella)

La mention du nom de Hisui avait immédiatement amené Rushella à changer son expression.

« Après tout, mes trois tailles sont déjà mesurées, alors cela ne me dérange pas si je pars tout de suite. Et vous ? » déclara Mei tout en souriant avec sang-froid.

Rushella hésita longtemps, puis finalement demanda de l’aide de son ennemi. « Aidez-moi à me mesurer. »

« Alors, venez ici, comme une gentille et obéissante enfant. Alors, faisons cela rapidement. » (Mei)

Les mains expérimentées de Mei déroulaient le ruban à mesurer et mesurèrent avec habilité le corps de Rushella.

« Comme prévu, votre buste dépasse les 90 cm... La taille est... Wow, même plus étroit que la mienne... » (Mei)

« Quel est le problème ? » (Rushella)

« R-Rien ! Maintenant les hanches... elles semblent plus petites que les miennes. Je pense que je serais contente d’avoir, hein... Hé, est que Hi-kun est un adorateur des seins ? Est-ce un imbécile de ce genre ? Afin de faire des bébés, je suppose que mes hanches conçues pour la grossesse sont largement suffisantes ? » (Mei)

« ... Je n’en ai aucune idée. Pourquoi devrais-je connaître les goûts de cette personne ? » (Rushella)

« Oh ma chère, est-ce bien ainsi ? Alors cela signifie que vous ne savez pas pourquoi Hi-kun est absent de l’école aujourd’hui. Vrai de vrai ? J’ai également entendu dire que la délégué est aussi absente. Est-ce que vous en connaissez la raison ? » (Mei)

« ... Aucune idée. Cette personne n’est pas rentré la maison hier soir. » (Rushella)

« Mm~hm... Est-ce qu’il est malade ? N’est-ce pas parce que vous n’arrêtez pas de sucer de son sang tous les jours ? » (Mei)

« Et bien... » (Rushella)

Rushella baissa les yeux et ne parla plus. Après tout, elle savait très bien que la perte de sang entravait la santé d’un corps humain.

« ... Chaque jour, je ne bois pas tant que cela. Du moins, assez peu pour qu’il ne risque pas de mourir. » (Rushella)

« Mais il ne faut pas oublier que cela s’ajoute aux autres jours, n’est-ce pas ? Bien que Hi-kun soit toujours aussi facile à vivre, cela doit vraiment être difficile pour lui, non ? » (Mei)

« Pour commencer, cette personne est paresseux avec... » (Rushella)

Bien que Rushella rétorquât cela avec insistance, son ton de voix était beaucoup plus faible que d’habitude.

Mei ne fut pas dérangée par l’argument et donc, elle continua directement son assaut.

« Oh, en tout cas. En passant, vos trois tailles sont déjà mesurées. Puis, lorsque nous changerons de place avec les garçons et que nous ferons les examens dentaires et médicaux, il serait préférable que vous vous occupiez de m’examiner... Après tout, compte tenu de notre identité, cela serait assez gênant. » (Mei)

« C’est vrai... La structure de mon corps est différente de celle des humains. » (Rushella)

« Je devrais être correct avec la dentition, mais d’un autre côté, pour le médecin... Si je rencontre un médecin expérimenté, alors cela pourrait être très risqué. Vous avez probablement un problème avec les deux, mais le dentaire sera le plus gros problème. La longueur de vos crocs va sûrement attirer l’attention. » (Mei)

« Ils sont beaucoup plus courts que quand je suce du sang, mais créer des problèmes serait encore plus gênant. D’accord, il est temps d’utiliser mes yeux mystiques afin de passer à travers ça ! » (Rushella)

« Pourriez-vous également hypnotiser “tout ce qui est nécessaire” pour mon bilan ? En récompense, je vais vous aider pour votre examen dentaire. Ce serait un problème si vos crocs orgueilleux causaient des problèmes, n’est-ce pas ? » Mei se mit à sourire d’une manière avenante.

Rushella n’avait pas remarqué ses arrière-pensées.

« Haha, il semblerait que vous ayez finalement montré le respect dû à un “Véritable Ancien”. Très bien, alors allez-y et soyez-en honoré. » (Rushella)

« ... Oui, oui. En passant, qu’en est-il, si je vous aidais à nettoyer vos dents ? Vous devriez laisser ces deux crocs si pointus briller d’un nouvel éclat. » (Mei)

Mei sourit tendrement en sortant une gobelet en papier remplie d’un liquide blanc et collant. Ensuite, elle remua tout cela avec des baguettes jetables.

« Nettoyer mes dents... ? Vous voulez dire me brosser les dents ? Mais si cela rend les dents plus jolies, alors allez-y. » (Rushella)

« ... OK, alors venez ici et ouvrez la bouche. » (Mei)

« Oui. Ha — » (Rushella)

Rushella ouvrit la bouche le plus qu’elle pouvait.

Mei versa immédiatement le contenu du gobelet à papier à l’intérieur de la bouche.

Une partie du liquide éclaboussa lors de cette opération ce qui rendit même le visage de Rushella taché de blanc.

« Qu’est-ce que c’est !? » Déclara difficilement Rushella.

« Tranquille. C’est totalement sans danger. Cela va se solidifier instantanément dans votre bouche. Puis, les taches et saletés se trouvant sur les dents vont se coller sur cela. Et une fois retirées, vos dents brilleront bien plus. Maintenant, mordez fermement dedans. » (Mei)

« Vraiment... ? Pourquoi est-ci si amer... et pourquoi est-ce si collant ? » (Rushella)

Rushella sentit le liquide se solidifier lentement dans sa bouche. Ceci ressemblait aux chewing-gums qu’elle avait essayés récemment. Rushella n’avait pas du tout aimé le chewing-gum, mais ce sentiment collant dans sa bouche était encore pire.

« Bien bien, je pense que c’est maintenant correct. Ouvrez en grand. Il ne faut surtout pas endommager la forme lorsqu’on va le retirer. » (Mei)

Rushella fronça les sourcils avant de cracher la substance caoutchouteuse.

Ses dents étaient clairement imprimées dessus. Mei le plaça minutieusement dans un sac en plastique ressemblant à ceux utilisés pour manipuler des preuves criminelles.

« ... Est-ce fini ? Et comment sont mes dents ? » (Rushella)

Rushella essuyait sa bouche, mais il y avait quelques taches séchées du liquide blanc se trouvant sur son visage. Même sa langue avait encore des traces du liquide blanc et opaque. Son visage noble était rempli d’un profond mécontentement.

Jouant la comédie, Mei lui tendit un mouchoir et lui annonça à propos de l’"Examen dentaire".

« Oui, c’est super... Elles sont jolies et toutes blanches, n’est-ce pas ? Maintenant, vous devez aller vous rincer la bouche ? Puis après cela, passez à la salle de gym et prenez le contrôle de l’interniste et du dentiste pour moi, d’accord ❤ ! » (Mei)

« ... Je sais. Ma bouche me fait ressentir vraiment une sensation vraiment horrible... Et en plus, j’ai de cette chose collée sur mon visage... » (Rushella)

Rushella ajusta ses vêtements avant de sortir de l’infirmerie pour se rincer la bouche.

Après que Mei l’ait regardé partir, elle regarda alors le sac se trouvant à la main puis sourit avec satisfaction.

« Allons-y.❤ » (Mei)

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Partie 2

« ... Alors, comment cela s’est-il passé ? Mission accomplie ! » (Mei)

« Merci pour vos efforts, Mademoiselle l’informatrice ! » (Hisui)

Pendant la pause après l’examen physique, Hisui alla parler avec Mei.

« C’est très grossier ce que tu me dis. Il s’agit là de mon travail. Je le répète, ce n’est simplement que mon travail. J’ai simplement signalé qu’une vampire avait été vue dans les alentours de mon école. Je devrais à juste titre être félicitée pour un tel comportement, n’est-ce pas ? » (Mei)

« Merci à vous dans ce cas. Mais j’ai également été entraîné là dedans. Et à cause de ça, j’ai rencontré tant de choses gênantes. » (Hisui)

Hisui avait encore du mal à accepter ce qui s’était produit hier. Combiné avec son manque de sommeil, son humeur atteignait le fond.

« Quelle importance ? Au moins, Hi-kun, cela a prouvé que tu es totalement humain. » (Mei)

« Je sais déjà que je suis un humain, et je n’ai pas besoin de preuve pour ça. Que mon sang soit aspiré ou non, ceci ne m’affectera pas. Mais j’espère que vous n’avez pas révélé d’informations concernant ma constitution. L’avez-vous fait ? » Demanda Hisui.

Hisui vérifia certaines des questions que les enquêteurs s’étaient posaient lors de cet "examen" et Mei hocha négativement la tête en réponse.

« Non, je ne l’ai pas fait. D’ailleurs, je trouve encore que ta constitution tout à fait incroyable. C’est totalement impossible d’être mordu par un vampire et de rester en parfait état. » (Mei)

« Ma quantité de sang diminue à chaque fois, donc je ne suis pas en parfait état... Quoi qu’il en soit, merci pour ça. Si vous l’aviez divulguée, je serai probablement à nouveau enlevé avant d’être disséqué. La manière d’agir d’Eruru est complètement différente de ce que son nom pourrait faire penser. Qui sait ce qui pourrait m’arriver. » (Hisui)

Puis, se rappelant le traitement injustifié qu’il avait subi la nuit dernière, Hisui posa sa main sur son visage, puis secoua la tête. Un traitement qu’il avait subi simplement parce qu’il vivait avec une vampire. S’il s’était complètement transformé en vampire, cette fille n’aurait certainement pas montré la moindre pitié.

« Ah ! ~ oui, c’est vrai. Même si elle est vraiment mignonne, elle est impitoyable face aux créatures surnaturelles, et en particulier les vampires. » (Mei)

« ... Pourquoi diable est-ce ainsi ? » Demanda Hisui.

Hisui se souvenait parfaitement des doutes qu’il avait eus hier, puis il murmura pour lui-même. Bien qu’il ne sache pas à quel point ses compétences étaient remarquables, mais son attitude arrogante et sa froideur envers les vampires étaient très inhabituelles. Il ressentait en elle une obsession presque comme celle d’une fanatique.

« Mais elle est très bonne dans son travail et obtient des résultats impressionnants. Mais puisque tu t’inquiètes au sujet de la représentante de classe, ne serait-il pas préférable de la laisser gérer toute l’affaire ? » (Mei)

« ... À l’heure actuelle, je ne fais aucunement confiance en ces personnes. » Déclara Hisui très mécontent.

L’opération effectuée par Mei aujourd’hui était due au fait que Hisui avait accepté la mission d’Eruru la nuit précédente.

En tant que premier témoin de l’incident, Hisui avait été emmené jusqu’au poste de police afin d’enregistrer son témoignage après qu’il ait appelé la police.

*

« En premier lieu, nous considérons le vampire qui vit avec vous comme le principal suspect. Lorsque la victime s’est évanouie, elle a indiqué “Rushella” comme étant la coupable. Ne l’avez-vous pas entendue ? » (Eruru)

« ... Je l’ai entendue. » (Hisui)

Hisui n’avait pas feint l’ignorance. Car après tout, la police l’avait déjà bien compris, donc il ne fallait pas leur mentir.

« Ensuite, je suis déjà au courant. On dirait que vous avez réalisé votre propre bêtise, n’est-ce pas ? Parce que vous avez laissé une vampire seule dans une telle situation, vous êtes en partie responsable. » (Eruru)

« ... Que voulez-vous que je fasse ? » (Hisui)

« Nous espérons que vous nous aiderez lors de cette “enquête”. Afin d’exterminer ce vampire, des preuves nous sont nécessaires. En d’autres termes, il doit être prouvé sans le moindre doute qu’elle a bien attaqué la victime. » (Eruru)

« Voulez-vous que je trouve la preuve de son absence ou la collecte d’empreintes digitales ? » (Hisui)

« Vous avez à moitié raison. Ce que je veux que vous fassiez pour nous, c’est que vous récupériez les marques spécifiques de ses dents. » (Eruru)

« Qu’est-ce que c’est ? » (Hisui)

« Tout comme les humains, les dents de vampire ont des différences mineures dans leurs formes. Si la marque de morsure sur la victime correspond aux marques de dents que vous aurez recueillies, la culpabilité du vampire sera ainsi confirmée. Nous préparerons les outils pour vous et Mei Sudou. Elle vous aidera pour cette tâche. Allez-y et récupérez ses marques de dents. » (Eruru)

— Après avoir expliqué tout cela, elle avait permis à Hisui de rentrer chez lui.

Il était allé à l’école dans l’après-midi, puis il avait rencontré Mei qui avait déjà été informée. Après ça, tout s’était passé comme ce qui avait déjà été raconté un peu plus tôt...

*

Après ça, les marques de dents devaient être remises à Eruru et ainsi leur tâche serait terminée.

« Hi-kun, tu sembles être plutôt malheureux. Es-tu toujours peu désireux de soupçonner Rushella ? Dès le départ, je l’ai trouvée étrange. Par exemple, sur le fait qu’elle insistait pour être appelée une “Véritable Ancienne” ou d’autre chose du genre... Quand j’ai dit ça à Monsieur Kishida, il s’est mis à rire. Te rends-tu compte de ça ? Et cela venant de cet homme ne montrant jamais la moindre émotion. » (Mei)

« Hmm... Attendez ! Avez-vous également parlé comme quoi elle voulait se faire appeler “Véritable Ancienne” ? » (Hisui)

« ... ? Tout à fait, je l’ai signalé à lui. Mademoiselle Eruru espère que nous pourrions lui fournir autant d’informations détaillées que possible. Mais je ne pense pas qu’elle se préoccupe vraiment de cette revendication ridicule. » (Mei)

« ... Je vois. » (Hisui)

Hisui avait regardé les photos que Mei avait empruntées en tant que matériel d’enquête.

Mei tapota la tête de Hisui et fronça ses sourcils après avoir regardé la photo.

« Wôw... C’est la photo de la marque de morsure qui a été faite sur déléguée de classe... » (Mei)

« J’ai vu de nombreuses victimes de vampires avant... Mais celui-là compte comme l’un des cas les plus graves. Elle est presque sur le point de devenir entièrement une vampire. Car beaucoup de son sang a été aspiré d’un seul coup. » (Hisui)

« Est-ce un type de cas très rare  ? » (Mei)

« Pour transformer un humain en vampire, il faut aspirer entièrement le sang de la personne. Le sang occupe 8 % de la masse corporelle d’une personne. Parce que la représentante de classe est plus mince que la moyenne, sa masse n’atteint même pas les 50 kg. Après avoir calculé ça, elle doit avoir approximativement 4 litres de sang. Boire cette quantité dans un si court laps de temps est une tâche assez compliquée même pour un vampire. Les vampires drainent habituellement la totalité du sang de leur victime sur un laps de temps de plusieurs nuits. C’est non seulement en raison de principes ou de règles, mais c’est aussi parce que tout prendre en une seule fois est bien trop dur. » (Hisui)

« Peut-être avez-vous raison... Cependant, le corps produit du sang tous les jours, n’est-ce pas ? Si un délai est fait au cours de ce drainage, le sang ne serait-il pas reconstitué entre temps ? Et donc ? » (Mei)

« Ce que je veux dire par la “totalité du sang” est conceptuellement parlant. Comme analogie, c’est comme le montant total de “l’âme humaine”. C’est un peu comme la barre de vie d’un personnage de jeu vidéo. Quoi qu’il en soit, il s’agit de la quantité accumulée de sang qui doit être drainée d’un humain pour compléter le processus de transformation en un vampire. Pour un être humain dont le sang total est de 4 L, cela peut être fait en une fois ou en plusieurs fois. Tout ce qu’il faut, c’est un total de 4 litres. La quantité reconstituée par le métabolisme n’a aucune importance. La succion de sang n’est en fait qu’un rituel. Par rapport à la situation réelle du sang, la satisfaction des conditions conceptuelles est plus importante. » (Hisui)

Le flot continu de connaissances de Hisui était assez convaincant. Et certaines de ses connaissances les rapprochaient du cœur du vampire inconnu que Mei ne connaissait pas.

« Ce vampire... Il est possible qu’il ait eu très soif. Mais, dans ce cas, il n’y aurait plus eu la moindre goutte de sang dans la représente de classe. Je pense que cela va au-delà de la transformation en un vampire. Car dans ce cas là, elle aurait été vidée directement de tout son sang. En outre, si le vampire ne cherchait que du sang, il devrait y avoir plus de victimes. Et dans ce cas, j’aurais moi aussi été attaqué. Donc — . » (Hisui)

« Et donc ? » (Mei)

« Pour une raison bien particulière, le coupable a délibérément aspiré une grande quantité de sang de la représentante de classe. Assez pour qu’elle soit sur le bord de se transformer totalement en une vampire. Quel est donc exactement le plan que ce vampire a en tête... ? » (Hisui)

Ceci pue l’odeur de la conspiration. Voilà ce que pensait Hisui.

« ... De la façon dont je le vois, et à en juger par ton ton de ta voix, tu essayes juste de disculper Rushella de tous soupçons ? » (Mei)

« La méthode de succion de sang ne correspond pas à son style. Voilà la vérité. Je le sais très bien ayant été mordu par elle. » (Hisui)

« Mais qu’en est-il du témoignage de la victime ? Même si les marques des dents ne sont pas encore comparées, n’est-ce pas assez évident ? » (Mei)

« Peut-être. » (Hisui)

Hisui parla sans crainte. Mei haussa les épaules.

« Eh bien ! Quoi que ce soit, j’irais livrer cet échantillon de marques de dents. Une conclusion devrait donc arriver aujourd’hui. » (Mei)

« Cette chose... Avez-vous utilisé cet outil que Kariya vous a donné pour obtenir des marques de dents ? » (Hisui)

« Tout à fait. Il s’agit d’une version améliorée de ce que les dentistes utilisent. Une résine de séchage spécial super rapide. Il se solidifiera complètement dans un petit moment. » (Mei)

« ... Je vois. » (Hisui)

Hisui ferma les yeux et réfléchit un instant, puis suggérait. « Ah, laissez-moi me charger de ça. Est-ce que cela doit être livré au poste de police ? »

« Oui... pourquoi ? » (Mei)

« Il y a quelque chose que je dois confirmer. Et cela, avant le coucher du soleil. » (Hisui)

« Envisages-tu de partir maintenant !? Qu’en est-il des cours de l’après-midi ? » (Mei)

« Je vais partir pour le reste de la journée. Les enseignants ne savent même pas que je suis venu à l’école. J’inventerais une raison valable. » (Hisui)

Puis après que Hisui ait dit ça, il prit soin d’éviter d’être vu, marchant vers les portes de l’école.

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Partie 3

« Pourquoi êtes-vous ici ? » (Eruru)

La première phrase d’Eruru était pleine de mécontentement...

Naturellement, Hisui n’était pas amical non plus.

« Je suis venu afin de vous livrer ce que vous m’avez demandé. » (Hisui)

Hisui avait soulevé le sac en plastique étiqueté de police contenant les preuves devant ses yeux alors qu’il disait ça. C’était déjà le crépuscule et le soleil couchant créait de longues ombres.

« Dans ce cas, vous auriez juste eu à attendre à la réception du poste de police. Pourquoi avez-vous délibérément attendu sur l’un des bancs se trouvant à l’extérieur ? » (Eruru)

Tout comme Eruru le décrivait, Hisui avait couru à l’extérieur après s’être annoncé à la réception afin qu’elle informe Eruru de sa venue.

« Je veux pouvoir sentir la brise et donc, je suis allé dehors. Rester dans un bâtiment m’incommode. » (Hisui)

« Personne n’a besoin de vos commentaires. Dépêchez-vous et donnez-moi cette chose. » (Eruru)

Eruru tendit la main et poussa Hisui à donner les empreintes de dents.

Mais Hisui l’avait simplement ignorée, se tenant debout au même endroit avec son dos tourné vers le soleil couchant. Il fit alors une demande.

« Bien sûr que je vais vous le donner, mais seulement à une condition. » (Hisui)

« Quelle condition ? Vous voulez maintenant de l’argent ? Vous êtes vraiment sans vergogne... » (Eruru)

« Puis-je aller lui rendre visite ? » (Hisui)

« ... ? » (Eruru)

« La représentante de classe doit avoir été placée ici, n’est-ce pas ? » (Hisui)

Hisui regarda vers le bâtiment aux murs blancs se trouvant à côté du poste de police.

C’était l’un des rares hôpitaux polyvalents dans la région. Ayant été construit à cet endroit faisait qu’il était probablement intimement lié à la police.

« ... Vous êtes assez observateur. Que vous soyez bouché ou brusque... Par moment, je ne peux pas vraiment le dire. » (Eruru)

« C’est une évidence si vous preniez juste un peu de temps de réflexion. Alors, quelle est votre réponse ? Une visite rapide devrait être correcte, n’est-ce pas ? » (Hisui)

« ... D’accord. Suivez-moi. » (Eruru)

Hisui suivit Eruru et se dirigea vers l’Hopital Polyvalent Seidou.

En passant par les points de contrôle utilisant des cartes de sécurité et des balayages rétiniens, les deux personnes s’enfouirent sous terre.

Les victimes mordues par des vampires hériteraient des caractéristiques des vampires et donc, craindraient la lumière. Reina avait probablement été maintenue sous terre afin d’éviter de lui faire subir des dommages supplémentaires.

Finalement, Hisui et Eruru arrivèrent à leur destination. Cet étage était identique aux installations au-dessus du sol, donnant une image propre et blanche. Et aussi parce que nous nous trouvions sous terre, il y avait un sentiment encore plus oppressant venant des murs environnants.

L’objectif de l’établissement n’était pas le traitement, mais l’isolement. C’était ce que l’environnement semblait faire penser.

« Nous sommes arrivés. » (Eruru)

Eruru s’était arrêtée de marcher.

Ils étaient tous les deux dans une pièce avec divers équipements médicaux, telle une unité de soins intensifs. Ils étaient attachés à la fille endormie dans le lit, convertissant sa respiration, son métabolisme et surtout l’état de son sang en valeurs numériques.

Peut-être que pour un observateur ignorant, il s’agissait juste d’une chambre de malade. Cependant, voyant la fille attachée au lit avec diverses attaches, cela ressemblait clairement plus à une prison.

La fille au visage mortellement pâle était bien entendu Reina.

Quand Hisui s’approcha d’elle, et Reina ouvrit soudainement les yeux.

« Kujou-kun...? » (Reina)

« Salut. » (Hisui)

Hisui leva la main et salua.

Reina le regarda avec des yeux creux et ensuite inspecta son environnement.

Elle semblait ne pas comprendre clairement sa situation. Ses yeux continuaient à errer dans la pièce.

Son état était commun chez les victimes de vampires, une conscience brumeuse. Elle s’était probablement réveillée plusieurs fois plus tôt, mais ses souvenirs s’étaient probablement arrêtés à cette nuit-là.

« Comment vous sentez-vous ? » (Hisui)

Hisui avait l’air d’un docteur. Reina répondit simplement d’une voix rauque.

« J’ai l’impression d’avoir si soif... » (Reina)

« Laisse-moi vous acheter du jus, cela vous convient-il ? » (Hisui)

Hisui avait déclaré ce dialogue visiteur-patient typique et avait approché Reina d’encore plus près. Reina était presque assez près pour toucher son cou.

« Est-ce que vous voulez boire un verre ? » (Hisui)

« ... » (Reina)

À l’instant où Hisui posa cette question, les yeux de Reina brillèrent faiblement d’une lumière cramoisie.

Elle avait écarté ses lèvres desséchées et avait révélé des dents très propres, blanches et saines.

Parmi elles, ses canines étaient particulièrement longues.

« Ce que je veux boire, c’est... » (Reina)

Seule la tête de Reina était mobile. Hisui n’avait pas bougé.

« Allez-vous-en de là ! » (Eruru)

Eruru grogna avec colère et attrapa avec force le bras de Hisui, le tirant loin de Reina.

En même temps, la lumière cramoisie s’effaçait des yeux de Reina. Et comme si elle était droguée, elle s’endormit très rapidement en respirant paisiblement.

« Êtes-vous fou !? Est-ce que vous aviez vraiment envie qu’elle boive votre sang ? » (Eruru)

Eruru déclara froidement ça. Elle pointa sans hésitation son arme sur le front de Hisui.

Contrairement au standard S & W M3913 de la police ou au SIG Sauer P230JP, ce pistolet avait un design élégant et était totalement argenté.

Il était couvert de motifs décoratifs d’ailes d’ange et de motifs de croix. Il avait clairement été fait sur mesure. La bouche du canon semblait presque pouvoir tirer des lasers au lieu des balles. En tant qu’arme mortelle, son design était assez finement ouvragé.

« Qu’est-ce que c’est... ? D’où l’avez-vous dégainée !? » (Hisui)

« C’est l’arme sacrée, L’"Argentum". Normalement utilisé contre les vampires, mais il fonctionne aussi très bien contre les humains. Mais plutôt que des balles d’argent, vous préférez probablement manger du plomb. » (Eruru)

Voyant Eruru déplacer son doigt sur la gâchette, Hisui leva les bras et se rendit, son visage devint pâle.

« Je lui ai seulement demandé si elle avait soif, d’accord !? Et même si la représentante de classe avait bu mon sang, quelle importance est-ce que cela a ? En tant que vampire incomplet, elle n’a pas le pouvoir de transformer les autres en vampires, n’est-ce pas ? » (Eruru)

Dès que Hisui avait fini de parler, l’arme l’avait frappé au front. Probablement destiné à gérer le combat rapproché avec des vampires, le corps principal de l’arme avait été construit afin d’être assez solide. Cette claque sur la tête avait fait un peu mal.

« Qu’est-ce que vous faites !? » (Hisui)

« Vous le méritez. Avez-vous déjà pensé à si elle se retransforme en humaine et qu’elle se rappelle qu’elle a bu le sang de quelqu’un d’autre. Comment se sentira-t-elle selon vous !? » (Eruru)

« ... » (Hisui)

« Après avoir été mordu par un vampire, le problème n’est pas aussi simple que de se transformer en vampire. Plus important encore. La dignité humaine est violée. N’agissez pas témérairement avec vos connaissances qui ne tiennent pas debout !! » (Eruru)

Rugissant de haine et de colère, Eruru désigna de nouveau Reina endormie.

Caractéristique des Vampires n ° 6 : une fois mordu par un vampire, à mesure que le processus de vampirisation progresse, la victime fera preuve de loyauté envers son maître vampire et se transformera peu à peu en quelque chose de proche d’un vampire jusqu’à le devenir totalement.

Les contraintes de Reina n’étaient pas seulement pour la protéger, mais aussi pour se prémunir contre sa propre dangerosité.

« Je vous ai amené ici pour vous faire voir à quel point elle a l’air pitoyable. Peu importe la théorie que vous voudriez préconiser, voilà la vraie nature d’un vampire. Ils sucent le sang et nuisent aux personnes. Même une personne comme vous peut le comprendre, n’est-ce pas !? » (Eruru)

 

 

Hisui ne pouvait pas réfuter ça et regarda vers les étagères à la tête du lit.

C’était probablement là que les objets personnels de Reina étaient conservés.

« Ceci... est-ce à la représentante de classe ? » Demanda-t-il.

Hisui tenait dans sa main une croix brillante qui semblait rayonner d’une noble aura. Elle avait l’air d’être assez haut de gamme et pas un simple bibelot. Il pouvait aussi ressentir la sainteté qui en émanait.

« ... Oui. Tous les membres de sa famille sont des chrétiens très pieux. Elle est également allée dans un collège catholique et va à l’église chaque dimanche. Ces parents ne sont pas à la maison en raison d’un travail pour l’église. Selon les dossiers, ils ne peuvent venir qu’après avoir terminé leur travail. » (Eruru)

« C’est clairement une famille très pieuse, mais pourquoi Dieu ne l’a-t-il pas protégée ? » (Hisui)

« Si elle avait porté cette croix sur son cou à l’époque, elle aurait pu être épargnée. Mais c’est comme ça que les attaques de vampires fonctionnent. Que ce soit des saints pieux ou des femmes pécheresses, une fois mordues, elles tombent toutes et deviennent des monstres inhumains. C’est la maladie la plus terrifiante au monde, traitant à égalité tout le monde. » (Eruru)

« Je vois. » (Hisui)

Hisui pinça durement la joue d’Eruru.

« ... Qu’est-ce que vous faire ? » (Eruru)

« Il s’agit d’un remboursement. » (Hisui)

« Êtes-vous un enfant ? » (Eruru)

« Laissez-moi vous poser une question. Il s’agit d’une question pour vous. Qu’est-ce qu’un vampire ? » (Hisui)

« ...? Un ravageur que tout le monde doit exterminer. Ne vous l’ai-je pas déjà dit ? » (Eruru)

« Une autre question. Et s’il s’agit d’un de leurs membres de haut rang en termes de Pureté ? Ou même plus haut. Un Véritable Ancien ? » (Hisui)

« Ils sont tous les mêmes. Ceci augmente simplement la menace qu’il représente. Nous lancerions une alerte et les exterminerions tous. Cependant, je ne crois pas que ce genre de chose existe encore à notre époque. Les membres de sang purs en termes de Pureté ne sont plus guère nombreux. Et les Véritables Anciens sont d’autant plus impossibles. » (Eruru)

« Je vois. Je comprends. Bon, je vais y aller. » (Hisui)

Hisui avait alors jeté les marques de dents à Eruru.

« Merci. Les résultats de l’analyse seront bientôt disponibles. Vous pouvez aller réfléchir à vos propres actions. » (Eruru)

Hisui ne répondit pas, mais regarda ses doigts qui venaient de pincer la joue d’Eruru.

« Vous devriez plus ou moins comprendre la situation. Cette vampire à vos côtés n’est qu’un monstre suceur de sang. Dépêchez-vous de fuir loin d’elle. Quel que soit le choix que vous ferez, je m’occuperai d’elle. » (Eruru)

« Merci beaucoup. Alors pourriez-vous me conduire hors d’ici ? Je ne peux pas sortir d’ici seul. » (Hisui)

« Même encore maintenant, vous me causez tout le temps des problèmes. Bon, allons-y. » (Eruru)

Hisui quitta le bâtiment en suivant Eruru, puis prit la route afin de rentrer à la maison.

Après le départ d’Hisui, Eruru fit instantanément venir Kishida et lui tendit les marques de dents.

« Les moules sont arrivés. Analysez cela immédiatement. » (Eruru)

« Compris. Une fois fini, je vous ferais un rapport. » (Kishida)

« Je sais. En outre, allez là-bas et faites préparer l’équipement de combat anti-vampire et les troupes d’assaut. La capture n’est pas nécessaire, il suffit de directement l’exterminer. Tout ça sera fini dès ce soir. » (Eruru)

Kishida avait alors demandé à son patron impitoyable.

« Mais consultante spéciale, les résultats ne sont pas encore — » (Kishida)

« Pour commencer, cette analyse n’est qu’une redondance. Les plus hautes... Non, c’est une façon plus commode de fermer la bouche à ceux qui continuent de pleurer sur la coexistence avec les vampires et de faire des recherches sur l’immortalité. Mais le résultat final n’a pas d’importance. Quoi qu’il en soit, dépêchez-vous et préparez tout ça. Je ne veux pas perdre l’initiative. » (Eruru)

La fille avait annoncé ce message cruel avec une adorable voix.

Le fidèle homme de main ne répliqua plus rien et baissa simplement la tête avant de suivre les ordres.

« Compris. Après ça, je vais commencer l’analyse et préparer l’équipe. » (Kishida)

Kishida sortit de la pièce et Eruru s’installa sur son bureau. C’était là que la dernière fois, elle avait interrogé Hisui.

Son homme de main allait sûrement finir les préparatifs très rapidement.

« ... !? » (Eruru)

Eruru avait alors soudainement toussé et respiré bruyamment. Elle couvrit frénétiquement sa bouche.

Tout en soupirant, elle fouilla le tiroir à côté d’elle et sortit une petite bouteille remplie de comprimés.

Tremblante, elle versa plusieurs comprimés dans sa main, puis les plaça dans sa bouche, les mâcha avant de les avaler.

La toux persista encore un peu, puis son corps se calma finalement. Eruru expira profondément.

Son visage mignon montrait de la fatigue comme celle d’un patient gravement malade. De plus, il était rempli d’un profond chagrin.

Mordant sa petite lèvre, Eruru murmura ce qui semblait être une malédiction.

« Détruire... laissez-moi me charger de tous les Vampires... Tous... Je vais tous vous détruire... » (Eruru)

†††

Partie 4

Après avoir « visité » Reina, Hisui était retourné à la maison.

Rushella se tenait à la porte d’entrée. Peu importe comment on regardait la situation, elle avait dû l’attendre là depuis un moment.

Tous deux ne s’étaient pas vus depuis un jour et se sentaient maintenant gênés. Debout, tout en restant silencieux, ils se faisaient face sans bouger. Rushella fut celle qui brisa le silence en parlant la première.

« Vous êtes de retour vraiment très en retard. Où êtes-vous allé... ? » Demanda-t-elle.

« Hmm ~~. J’avais quelque chose à faire, » répondit le jeune homme.

« Je suppose que vous n’êtes pas allé vous coller avec cette fausse femme du nom de Sudou, n’est-ce pas !? » demanda Rushella, haussant la voix par la même occasion.

« Vous agissez vraiment comme un vieux père imposant des couvre-feux très stricts, » répondit-il. « Ce n’est pas comme si vous étiez Miraluka. »

Dès qu’il prononça ses paroles, Hisui sut qu’il avait déjà commis une grossière erreur.

Mais il était déjà trop tard, car Rushella s’avança vers lui telle une flèche et l’interrogea. « Qui est Miraluka !? »

« Êtes-vous une femme vindicative interrogeant un mari sur ce qu’il vient de faire ? » demanda-t-il en plaisantant. « Voulez-vous être grondé pour être une pie voleuse ? »

« Arrêtez de vous moquer de moi ! » s’écria Rushella. « Dépêchez-vous... Dites-le-moi. Est-ce... la femme qui vous a élevée ? »

En voyant le regard plein de sincérité de Rushella, Hisui avait renoncé à se disputer avec elle.

Mécontent, et se grattant la tête, il acquiesça finalement. « ... C’est exact. Je ne connais pas son nom de famille. Mais son prénom était Miraluka. »

« Cette femme... vous a-t-elle dit beaucoup de choses ? » demanda-t-elle.

« ... Elle a seulement joué le rôle d’une mère, » répondit Hisui. « Mais elle avait depuis longtemps dépassé l’âge d’être ma mère. Fondamentalement, elle était une vieille femme. Mais, elle se fâchait si je lui disais cela, et insistait pour que je l’appelle “Grande Sœur”. »

Malgré son mécontentement, Hisui ne pouvait pas cacher les émotions qui étaient clairement visibles dans sa voix. Agissant en tant que mère, étant plus âgée qu’une grand-mère, mais ressemblant à une grande sœur. Un vampire était ainsi.

Et quel genre de relation avait-il existé entre eux ? Hisui lui-même ne le savait pas. Peut-être que c’était quelque chose comme une famille... Cela capturerait mieux leur véritable relation.

Par conséquent, chaque fois qu’il se référait à elle, Hisui avait utilisé ce mot.

« Elle est ma famille. »

En voyant les émotions dans les yeux de Hisui alors qu’il se remémorait ça, Rushella ordonna d’une voix mécontente. « Dépêchez-vous... et entrez. Vous devez faire le souper. Je n’ai pas... mangé depuis tout ce temps. »

« Oui oui... Pourquoi êtes-vous si attentive au sujet de la nourriture quand vous n’en avez même pas besoin pour votre nutrition ? » demanda-t-il.

Hisui avait fait un regard ironique avant d’aller se changer, portant après ça des vêtements décontractés. Puis il avait mis un tablier et était allé dans la cuisine.

Le menu de ce soir était du riz, une soupe miso, du poisson rôti et des légumes marinés. Un repas qui était vraiment dans le style japonais.

Après avoir fini la cuisson, ils avaient tous deux été dans le salon afin de manger le repas.

Au début, Rushella n’avait pas l’habitude des baguettes, mais maintenant, elle les avait presque parfaitement maîtrisées.

Ils avaient alors commencé à manger en silence, mais Rushella avait alors parlé avec une certaine timidité dans sa voix. « Vous... avez-vous quelque chose à dire, n’est-ce pas ? »

« Hein !? » s’exclama Hisui.

« Alors, dépêchez-vous et dites-le. Je vais y répondre. » Rushella parla et tourna la tête sur le côté.

Après une pause, Hisui posa la question qu’il n’avait pas pu poser hier soir. « Avez-vous... bu le sang de la représentante de classe ? »

Rushella secoua la tête, mais en même temps, grogna avec inquiétude. « ... Je ne sais pas. »

« Vous ne savez pas ? » répéta Hisui. « Que voulez-vous dire par par “je ne sais pas ?” »

« Comme je n’avais pas bu de sang hier, j’avais très soif. Mais... J’aurais dû pouvoir le supporter, » répondit Rushella.

« Aurait ? Ne connaissez-vous pas bien votre propre corps ? » demanda-t-il.

« Je ne sais pas..., » répondit-elle. « Je ne ressens pas la soif en ce moment, c’est... peut-être parce que j’ai bu le sang de la représentante de classe. »

« Vous dites ça, » dit Hisui. « Mais si c’est le cas, vous devriez vous rappeler si vous buviez ou non du sang. »

À mi-chemin, Hisui se rappela soudainement ce que Rushella essayait de dire.

Ses Souvenirs... En premier lieu, ceux-ci étaient assez ambigus pour elle.

Elle ne savait même pas qui elle était.

« Cette nuit-là, j’ai entendu une fille crier, » expliqua-t-elle. « Mon instinct m’a dit que quelqu’un avait été attaqué par un individu appartenant à ma race. Donc je me suis précipitée vers ce son... ça devrait être comme ça. Je n’en suis pas absolument sûre. »

« Même si vous avez perdu la mémoire, vous devriez toujours vous souvenir des événements récents, n’est-ce pas ? » demanda Hisui.

« ... C’est vrai, mais j’ai ressenti à l’époque une soif, » répondit Rushella. « Puis après ça, cette fille s’est effondrée sur le sol. Le parfum du sang m’a attiré. À ce moment-là, j’ai pensé à lui sucer son sang. Et si vous n’étiez pas apparu à ce moment-là... Je l’aurais probablement attaquée. »

« ... » Hisui ne répondit rien à la suite des paroles de la vampire.

« J’ai parfois très peur ! » avoua Rushella.

« Peur de quoi... ? » Demanda Hisui.

« Peur de moi-même quand j’ai soif de sang frais... J’ai peur de me transformer en une autre personne, » dit-elle. « Si ma soif ne peut pas être arrêtée, je pourrais tout à fait attaquer une personne à vue sans même y penser... Cette pensée m’emplit d’une importante terreur. »

La soif périodique de sang... Un instinct de base qu’aucun vampire ne pouvait éviter.

L’intervalle entre les épisodes de cette soif variait énormément entre les individus, mais ils avaient tous un point commun. Quand la soif de sang atteignait son maximum, ils perdaient leur rationalité et dégénéraient en de simples bêtes.

« Alors... Parfois, j’ai peur, » continua-t-elle. « Quand je pense à ce qui pourrait arriver si je ne pouvais pas sucer du sang pendant de longues périodes. Vais-je devenir une personne différente ? Vais-je devenir juste un monstre qui ne sait faire rien d’autre, sauf de vouloir sucer tout le sang qu’il voit, tout comme Mei l’a dit. Quelque chose de même pire qu’un moustique. »

« ... » Hisui étant en perte de mots devant les aveux de la jeune fille.

« Je suis toujours en train de penser à tout ça. Pourquoi n’ai-je pas de souvenirs ? » continua-t-elle. « Peut-être, parce... quelque chose m’est arrivée dans le passé. Peut-être est-ce dû à la soif de sang frais. Je suis peut-être devenue une bête. Peut-être que je me suis transformée en une autre personne. Par conséquent, donc... Ceci ne va-t-il pas à nouveau m’arriver un jour ? Alors si je devais disparaître, je pense toujours à ce que... »

Donc tout était si brumeux et inquiétant.

La peur de l’instinct de base d’un vampire et de la perte de souvenirs... ces deux contraintes généraient en elle beaucoup de stress. Rushella fronça les sourcils d’autodérision et se serra dans ses bras.

« Alors... Je ne sais pas. Peut-être que j’ai bu le sang de la représentante de classe. De manière naturelle, peut-être... que j’ai oublié après avoir bu... » déclara-t-elle.

La voix de Rushella devint de plus en plus douce alors qu’elle se pelotonnait en boule.

Peu importe son attitude, son apparence fragile ne ressemblait pas à celle d’un membre de la race qui avait régné sur la nuit en tant que roi, et cela depuis l’Antiquité.

Le fragile cœur de la puberté était une existence très frêle et faible.

Peu importe son âge réel, son âge mental était le même que son apparence. Cette fille portait actuellement une lourde obscurité en son sein.

« Cette nuit... Je pense qu’il y avait une trace de sang sur vos lèvres, » déclara Hisui. « Mais je n’ai jamais pu comprendre pourquoi il y avait aussi du sang sur votre épée courte !? Si vous aviez aspiré le sang de la représentante de classe, vous n’auriez pas eu besoin d’utiliser une arme, n’est-ce pas ? Être à mains nues est largement suffisant et en plus, il y a vos yeux mystiques. Alors pourquoi ? »

« Je ne veux pas dire ! » déclara-t-elle rapidement.

Pour une raison inconnue, Rushella était réticente à parler de ça et elle tourna la tête sur le côté.

« Pourquoi ? Tout ceci est fait afin de prouver votre innocence. Vous vous en rendez compte !? » S’écria Hisui.

« ... » Rushella évita le contact visuel et elle resta silencieuse.

Hisui avait continué à la regarder sans relâche.

Finalement, Rushella céda et parla avec beaucoup de tristesse dans sa voix. « Il s’agissait... d’un entraînement. »

« Hein !? » s’exclama Hisui.

« Je me pratiquais vis-à-vis de la technique pour sucer du sang, » déclara Rushella.

« HEINNNNNN!!!????? » cria Hisui. Hisui la regardait avec ses yeux grands ouverts à cause de la surprise.

Rushella se mit à rougir avant de doucement dire. « C’est parce que vous avez dit que je suçais le sang d’une manière bien trop maladroite. Alors je suis allée chez le boucher afin d’acheter un morceau de viande qui est aussi proche que la chair humaine, et avec relativement plus de sang dedans. »

« Puis, vous coupez la viande dans une taille appropriée et alors... Est-ce cela que vous voulez dire lorsque vous parlez de pratiquer la technique afin de sucer du sang ? » demanda le jeune homme.

Rushella hocha la tête avec son visage rouge vif.

Hisui agrippa ses côtés, essayant désespérément de réprimer son rire.

« Hé ! Pas possible ! S’entraîner... s’entraîner à sucer du sang ! » Hisui riait tout en disant ça. « Bon Dieu, c’est inouï de faire ça en étant un vampire ! Et d’être allé dans une boucherie ! Heu, qu’est-ce que c’était, du porc ou du bœuf ? C’était donc la raison pourquoi il y avait du sang sur vos lèvres et sur votre épée ! »

« Vous êtes vraiment ennuyeux avec ça ! Voilà pourquoi je ne voulais pas le dire..., » déclara Rushella. Elle était si embarrassée qu’elle allait presque pleurer. Ses petits poings martelèrent le corps de Hisui.

Hisui riait encore plus fortement après ça, se roulant sur le sol en serrant l’estomac.

« Donnez-moi une pause... Toute la journée, j’étais coincé sur cette pensée, comme je suis bête, » dit-il.

« Vous êtes bien trop bruyant, alors, dépêchez-vous et taisez-vous ! » s’écria la jeune femme.

L’humeur de Rushella devint très mauvaise et elle s’était mise à bouder, toute déprimée.

Hisui avait finalement réussi à s’arrêter de rire et avait à nouveau demandé quelque chose. « ... Mais pourquoi voulez-vous vous entraîner ? »

« Je vous l’ai déjà dit. C’est parce que vous avez dit que j’étais trop maladroite, » répondit-elle simplement.

Rushella avait toujours l’air en colère et ne voulait pas faire face à Hisui.

« Hum, d’accord ! » dit Hisui.

« Ne pas boire de sang est hors de question, » expliqua Rushella. « Toutefois... Au moins, c’est mieux si vous n’avez pas mal quand je bois, non ? Et aussi contrôler mieux la quantité que je bois... »

En entendant la voix si fragile de Rushella, Hisui se gratta maladroitement la tête.

« Alors... Qu’est-ce que vous en pensez ? » demanda-t-elle.

C’était maintenant au tour de Rushella de poser une question. Elle avait complètement expliqué sa situation. Alors, elle demandait qu’est-ce que Hisui pensait d’elle.

« Pensiez-vous... que je briserais ma promesse avec vous et sucerais le sang des autres avec désinvolture ? » murmura-t-elle en s’approchant lentement du visage de Hisui.

Hisui ne pouvait pas répondre dans l’immédiat. Puis il se prépara à répondre après y avoir réfléchi.

Juste au moment où Rushella attendait sa réponse. Le bruit d’une voiture s’arrêtant violemment et les pas d’une grande quantité de personnes purent être entendus en provenance de l’entrée.

« Qu’est-ce qui se passe maintenant ? Des visiteurs qui arrivent si tard ? » s’inquiéta Rushella.

« ... Vous, attendez-moi ici. Et ne sortez surtout pas, » ordonna Hisui.

Le visage de Hisui était extrêmement sérieux quand il ordonna cela. Après avoir ordonné à Rushella de rester dans le salon, il sortit tout seul.

En arrivant en dehors de la maison, il y trouva une unité tactique de la police en uniforme, alignée dans le jardin extérieur.

Vêtus d’un équipement de protection lourd et d’une protection spéciale autour du cou, ils étaient clairement conçus pour se protéger des vampires.

Et très probablement que tous les matériaux utilisés dans leurs uniformes étaient faits de solides fibres conçues afin de résister aux dents de vampires.

En dehors de la cour, on pouvait voir les signes d’un fourgon blindé. Plusieurs projecteurs avaient été dirigés vers la zone où se trouvait Hisui, éclairant le ciel nocturne et le rendant aussi brillant que le jour, ne laissant à la cible nulle part où se cacher.

« Bonsoir, Monsieur Kujou. » Le chef de ses troupes était bien entendu Eruru.

Et tout comme la première fois qu’ils s’étaient rencontrés, Kishida se tenait à ses côtés.

†††

Partie 5

« Qu’est-ce que vous faites ? » demanda Hisui. « Ne causez pas de désagréments aux voisins. Alors, dépêchez-vous, fermez les lumières et restez silencieux. »

« Nous partirons une fois que les choses seront faites. Veuillez nous remettre le ravageur ! » déclara Eruru.

« Les résultats de l’analyse sont-ils arrivés ? » demanda-t-il.

« Oui. J’ai suivi la procédure appropriée avant de venir ici. Donc, il n’est pas nécessaire de demander votre consentement, » dit-elle. « Ceci est mon premier et dernier avertissement envers vous qui êtes son complice. Remettez-la maintenant. »

Le visage d’Eruru était solennel et ne tolérait aucune objection.

Sur ses ordres, Hisui serait probablement capturé par l’un des hommes qui se tenaient derrière elle.

Face à un tel moment critique avant une crise imminente, Hisui serra son poing et se mit à réfléchir à des contre-mesures. L’atmosphère environnante s’était tendue.

L’ombre du danger s’étendit partout en silence... Le silence fut brisé par un bruit grossier produit derrière Hisui.

« Qu’est-ce qu’il y a avec toutes ces personnes-là ? Hé vous, dépêchez-vous et expliquez-moi ! » demanda Rushella.

Rushella avait ignoré Hisui et était apparue à la porte.

« ... Idiote, » s’exclama-t-il.

Capturer... Non, à en juger par l’intention d’Eruru, cela devrait être une mission d’extermination. Les membres de l’unité tactique étaient tous entrés dans un état d’alerte élevée à l’arrivée de l’« ennemie ».

« Oh, mon dieu, ça m’économise beaucoup d’efforts, » déclara Eruru.

« Qu’est-ce que vous prévoyez ? Hé, mon serviteur, qui est cette fille ? » demanda Rushella. « Pourquoi ce petit avorton se pense-t-il supérieur ? »

« S’il vous plaît, ne rendez pas les choses plus compliquées..., » demanda Hisui.

« Franchement. Si vous me permettez docilement de vous arracher le cœur et de vous couper la tête, alors au moins je vous donnerai une fin rapide, » déclara Eruru.

« Garce..., » sentant l’intention meurtrière présente dans l’environnement, Rushella comprit maintenant sa situation. « De simples humains, que comptez-vous faire de moi ? »

« Vous détruire. Quoi d’autre, selon vous ? » déclara Eruru.

« De bien grands mots que voilà. Mais vous n’avez aucune raison. J’ai besoin de sang pour survivre et vous n’avez aucune raison impérieuse de me détruire, n’est-ce pas ? » déclara Rushella.

« En parlant de raisons, le fait que vous soyez une vampire est une raison suffisante. En plus de la preuve qui est solide. Ce gars à côté de vous nous a donné la preuve, » déclara Eruru.

« Quoi !? » s’écria Rushella.

Rushella regarda Hisui avec surprise, mais il l’ignora et regarda simplement Eruru.

« Je n’aurais jamais cru que vous boiriez le sang de tant de jeunes vierges. Vous êtes la vampire la plus gourmande de ces derniers temps dans cette région, » déclara Eruru.

« Vous parlez de ça à cause de la représente de clas... ? Mais non, je ne l’ai pas fait, » déclara Rushella.

« Vous le niez toujours ? » demanda Eruru. « Comme c’est laid cette attitude ! Vos dents correspondent parfaitement aux marques de morsures de la victime. En outre, ce jeune homme nous a aidés à vérifier ce fait. »

« Marque de dents... Les miennes !? Vous... ! » s’écria Rushella

Rushella se souvint des actions de Mei au cours de l’examen physique.

C’était donc pourquoi Mei avait fait ça. Et la raison était que... C’était les instructions de Hisui.

« Donc, vous me soupçonniez... !? » Rushella se mordit la lèvre et parla, des larmes apparurent déjà à ses yeux.

Mais Hisui resta impassible.

« De quoi est-ce que vous parlez ? » demanda Eruru. « Si un humain voit son sang aspiré, alors il est naturel de suspecter un vampire. Très bien, Kujou-san, donnez là nous. Je suis tenu de faire face à ce ravageur. »

Eruru, Kishida et le reste des policiers s’approchèrent.

Mais à ce moment-là, Hisui avait finalement réagi.

Comme s’il protégeait Rushella, il se plaça devant elle, bloquant les membres de l’équipe de police.

« Que faites-vous maintenant ? » demanda Eruru. « Vous ne pouvez quand même pas penser à vous mettre du côté de ce nuisible, n’est-ce pas ? »

« Alors, laissez-moi vérifier vos preuves, » dit-il. « En parlant de ça, en premier lieu, pourquoi l’avez-vous suspectée ? » Hisui avait pointé son index vers Rushella.

Voyant son visage sérieux, Eruru ne put s’empêcher de soupirer. « ... Parce qu’elle est une vampire. Depuis que des victimes sont apparues, la soupçonner n’est-il pas naturel ? »

« À part elle, il y a beaucoup d’autres vampires, » répliqua-t-il froidement.

« ... Et qu’en est-il du témoignage de la victime ? » demanda Eruru.

« Ce point est exactement ce que je trouve le plus suspect, » déclara-t-il. « Pourquoi la croyez-vous si facilement ? Franchement, comment pouvez-vous croire quelqu’un qui a été mordu ? »

« Pourquoi ? ... Ah ! » Eruru trembla involontairement.

En effet... C’était une existence indigne de confiance.

Une fois mordu, il s’agissait d’une personne qui ne pouvait plus être de confiance.

Quant à pourquoi...

« Une fois mordue, une personne montrera de la loyauté envers celui qui l’a mordu, donc... son Maître, » énonça Hisui d’une voix impassible et froide. « Une victime ne remboursera la gentillesse qu’avec la trahison envers les personnes qui essaient de la protéger. À cause de ça, vous avez gardé la représentante de classe en sécurité. Alors, vous devriez déjà le savoir, non ? Vous ne pouvez nullement croire les paroles de quelqu’un qui a été mordu. Ils vont généralement défendre leur maître. Ils ne peuvent pas révéler l’identité de leur maître. S’ils le disent alors il est plus que probable que ce soit selon les ordres du maître, afin de désigner un bouc émissaire. »

« ...! »

Tous les policiers avaient alors commencé à parler entre eux. Ils possédaient tous des connaissances substantielles sur les vampires. Par conséquent, ils pourraient facilement comprendre le point clé que Hisui avait soulevé.

Sentant le regard de ses subordonnés, Eruru était restée calme.

« En effet, ce que vous dites a du sens, » répliqua Eruru. « Cependant, la fidélité des personnes mordues varie considérablement en fonction de la force mentale et du taux de vampirisation de la personne. Et dans cet incident... »

« ... est presque sur le point de devenir complètement un vampire, et de plus, la victime est juste une faible lycéenne, » Hisui continua la phrase d’Eruru. « Peu importe comment vous le regardez, elle ne peut pas s’opposer à la volonté du maître. Je suis également allé à l’hôpital pour confirmer son état. Vous devriez le savoir mieux que moi, non ? »

L’argument de Hisui était encore plus frappant.

Debout derrière Eruru, les bavardages des policiers devinrent encore plus bruyants.

Afin d’éviter un nouveau chaos, Eruru était arrivée à une certaine évidence. « ... Mais les marques de dents correspondent. Il n’y a jamais eu deux personnes avec des marques de dents complètement identiques. Ceci est tout aussi précis que les empreintes digitales. Il ne peut absolument pas y avoir d’erreur ! »

« Vraiment ? » demanda Hisui.

« Vous devenez ennuyeux ! » cria-t-elle. « Pourquoi protégez-vous ce ravageur ? »

« C’est impossible. » Hisui avait affirmé ça en toute confiance, neutralisant instantanément l’aura intimidante d’Eruru. « C’est tout bonnement impossible. Les marques de dents ne peuvent pas correspondre. »

« Quelle imbécillité êtes-vous en train de proférer... !? » Demanda Eruru.

« Comme elle l’a dit... À un certain moment, je l’ai suspectée. » Hisui avait pointé du doigt Rushella qui se trouvait derrière lui alors qu’il disait ça.

En effet, il avait suspecté Rushella il y a un petit moment.

Cependant...

« Je vous soupçonnais aussi, vous, les membres de la Section d’Investigations du Surnaturel, » déclara-t-il froidement.

Voyant le regard glacial de Hisui, Eruru ne pouvait s’empêcher de se sentir intimidée.

Mais elle resta fidèle à elle-même et se moqua en réponse. « C’est quoi ces imbécillités que vous me sortez là ? Nous sommes une organisation policière tout à fait officielle. »

« Une organisation policière officielle qui croit dur comme fer aux témoignages d’une victime mordue, » répliqua-t-il. « Peut-être que vous voulez... créer des accusations criminelles qui semblent plausibles afin d’essayer d’exterminer ma squatteuse. Je sens bien que vous avez cette intention. Donc, afin de tester si vous êtes digne de confiance... j’ai procédé à de légères altérations. »

« Altérations ? De quoi parlez vous... !? » demanda Eruru.

« Avant que les marques de dents se solidifient complètement, je les ai légèrement ajustées afin d’en changer la forme, » répondit-il.

Les mots de Hisui avaient laissé sans voix toute l’escouade d’Eruru.

Vaincre un vampire qui se nourrissait de sang humain. Mais cette simple raison commençait à montrer des fissures.

« Donc, vos analyses ne peuvent certainement pas correspondre exactement aux marques de dents de Rushella, » déclara-t-il afin d’enfoncer le clou.

« Vous...! » s’écria-t-elle. Le visage d’Eruru était sans émotion.

Le garçon qu’elle avait méprisé se tenait maintenant à sa façon comme une menace géante.

Hisui insista sur son avantage. « Comment les marques de dents qui ne pourraient pas correspondre finissent-elles par correspondre aux marques de morsure sur le cou de la représentante de classe ? C’est très simple en vérité. Quelqu’un fabrique des preuves pour l’ériger en tant que coupable. »

Eruru serra ses minuscules poings.

Cette accusation décisive avait généré une lourde tension dans l’atmosphère.

Le criminel n’était pas un vampire, mais un humain.

L’équipe de police n’avait pas exprimé cela, mais leurs regards emplis d’interrogations avaient demandé la confirmation d’Eruru.

« Vous m’avez donc cru... ? » Alors qu’elle avait été silencieuse pendant tout ce temps, Rushella demanda ça avec gratitude.

Hisui se gratta la tête dans l’embarras. « ... Je vous soupçonnais au début, mais maintenant, je vous crois. Alors... Qu’allons-nous faire ici ? » Hisui répondit d’un ton décontracté et lança un regard tranchant à Eruru.

Avant qu’Eruru puisse répondre, alors que son visage pâlissait, Hisui continua de la poursuivre en frappant le cœur du problème. « En fin de compte, qui a aspiré le sang de la représentante de classe ? J’ai un indice. Dites-moi monsieur, pourquoi n’avez-vous pas signalé ce problème particulier ? »

Hisui regarda vers... Kishida.

Et tout le monde avait suivi son regard.

L’homme sous l’attention de tout le monde avait simplement marmonné avec calme. « Quelle nuisance provoquée par un seul homme !? »

« Hein...!? » La première à le remarquer fut Eruru.

La personne qui l’avait suivie fidèlement telle une ombre avait soudainement disparu.

Puis Hisui le remarqua aussi.

L’homme qu’il avait rencontré plusieurs fois auparavant avait soudainement disparu de sa vision.

Clairement plus rapide que les limites de la vitesse humaine.

C’était précisément aussi rapide qu’un vampire.

Ses yeux dégageaient une vive lumière rouge et sa bouche était remplie de dents blanches et pointues.

« Sale morveux ! » s’écria Kishida.

Kishida avait violemment ri avant de saisir le bras de Hisui, mordant son cou une fraction de seconde plus tard !

« Vous... !! » s’exclama Hisui.

Hisui sentit une douleur aiguë à son cou et du sang qui était aspiré à une effrayante vitesse.

Cette succion de sang totalement impitoyable avait fait qu’Hisui se souvint de l’état tragique de Reina hier soir.

Aucune erreur, cette personne était le véritable coupable.

« Quel gosse intelligent, mais, c’est la fin pour toi. Tu vas m’aider à bloquer ces personnes embêtantes, » déclara Kishida.

« Salaud ! Éloignez-vous de lui ! » cria Rushella.

Plus vite que quiconque, Rushella se précipita vers Kishida.

Mais Kishida s’y attendait, et souriant sans crainte, il se sépara du cou de Hisui. Cette succion de sang effectué dans l’intention de nuire avait arraché de gros morceaux de peau et de chair de la nuque de Hisui alors que les dents s’étaient retirées.

Kishida avait cruellement souri et il jeta Hisui sur Rushella.

« Hé ! Ressaisissez-vous ! » cria Rushella.

Une Rushella en larmes attrapa Hisui dans ses bras. Tout cela se passait selon les calculs de Kishida.

Profitant de cette occasion, il avait sorti un appareil de pulvérisation et l’avait vaporisé sur Rushella.

« C’est... !? » s’exclama Rushella.

Instantanément, le sens de l’odorat de Rushella avait été engourdi.

Cette odeur était identique à l’attaque à l’ail qu’elle avait subit une fois de la part de Hisui.

Naturellement, cette puanteur concentrée et intense était à un niveau complètement différent de la petite attaque de la dernière fois. Plutôt qu’un moyen de dissuasion, c’était une arme appropriée pour le déploiement face à des vampires.

Kishida avait utilisé un simple masque à gaz pour couvrir sa bouche et son nez, restant ainsi intact. On dirait qu’il s’était préparé bien en avance afin d’éviter que l’équipement anti-vampire ne puisse l’affecter.

« Vous, salaud... ! » Rushella n’avait même pas la force de plus parler. Incapable de rester debout, elle s’était alors effondrée.

Kishida ricana, attrapa une Rushella inconsciente avant de s’enfuir comme une volute de fumée.

Il avait facilement sauté par-dessus le mur. Sa silhouette alors qu’il courait à travers la nuit était en effet bien celle d’un vampire dans toute sa splendeur.

« Poursuivez-le, dépêchez-vous !! » Eruru avait immédiatement lâché des ordres.

Plusieurs personnes avaient alors suivi à pied le vampire Kishida qui fuyait. Le restant était monté à bord de la camionnette blindée et était parti à l’aide de ce moyen de transport.

Le vampire et les chasseurs étaient tous partis comme une tempête, ne laissant que Hisui et Eruru sur les lieux.

« Est-ce que ça va ? » demanda Eruru.

Eruru se précipita vers Hisui et commença immédiatement les premiers secours. Parce qu’elle ne portait pas de trousse médicale, elle ne pouvait utiliser qu’un mouchoir blanc comme de la gaze, essayant de réduire le saignement.

Voyant la blessure, Eruru ne put s’empêcher de froncer les sourcils et de détourner son regard.

La blessure était très profonde.

L’artère carotide avait subi de graves dommages entraînant d’horribles saignements. Une partie de la peau avait été complètement mâchée. Ne pas mourir sur place était déjà assez chanceux.

Néanmoins, il s’était simplement levé. « Ce bâtard... il a bu autant qu’il le voulait... Rushella est cent fois mieux que ce mec... un glouton, vampire trop vorace... je pense qu’il a pris environ deux litres de sang. Eh bien ! Ça m’évitera beaucoup d’efforts... »

Eruru était si effrayée qu’elle avait immédiatement crié. « Qu’est-ce que vous racontez ? Si vous vous déplacez imprudemment alors... ! »

†††

Partie 6

Du point de vue d’Eruru, la perte de sang de Hisui était suffisante pour être fatale. Selon elle, tout ce qu’il avait dit était seulement afin d’essayer de paraître fort. Mais à ce moment-là, Hisui lui avait alors montré son cou. Ceci fit qu’Eruru le regarda les yeux écarquillés, totalement abasourdie par ce qu’elle voyait.

« Aucune chance..., » dit-elle.

Les terrifiantes marques de dents avaient déjà disparu.

Non, pour le dire avec exactitude, la blessure persistait encore... Mais elle s’effaçait devant ses yeux.

Ayant été déchirée par les dents, la blessure suintait encore du sang, mais les traces du « baiser » du vampire... avaient déjà été guéries.

« Pourquoi... !? » demanda-t-elle. « Serait-ce que vous êtes un vampire... !? Non, c’est impossible... Alors, peut-être une autre sorte de créature surnaturelle... Mais, pendant l’examen... »

« Je suis juste un humain. Sauf que j’ai une constitution particulière qui fait que je ne peux pas me transformer en un vampire, c’est tout, » répondit-il.

Hisui remarqua quelque chose. Ayant subi une attaque comme celle de Reina, Hisui était convaincu que Kishida était le coupable.

« Vous ne deviendrez pas un vampire ? C’est impossible ce genre de chose... ! » s’exclama Eruru.

Ce phénomène, bouleversant sa vision du monde, avait amené Eruru à secouer la tête à plusieurs reprises dans le déni.

Néanmoins, il était un vrai humain. Les résultats de l’examen avaient clairement établi cela. Et celle qui s’était occupée de l’examen était elle.

En quelques minutes, quelque chose dans son cerveau faisait s’effondrer les racines de son bon sens.

« Franchement, la situation est un peu au-delà de mes attentes. Mais il se trouve que vous n’êtes pas celle qui l’avait fabriqué, » dit-il.

« Bien sûr que non !! » dit-elle. « Parce que je pensais à l’origine que le coupable était sûrement... »

« Vous dites qu’en dépit de votre haine, vous suivez toujours les règles ? » demanda-t-il. « Donc, ce gars a fabriqué les résultats de l’analyse. »

« Ceci semble... bien être le cas, » dit-elle. « J’ai obtenu les résultats de lui. Alors il faisait accusé d’autres vampires pour ses crimes ? Mais pourquoi... ? »

Eruru se mordit la lèvre et secoua la tête.

À l’origine si forte, elle était maintenant une fille profondément troublée dans les yeux de Hisui.

Il semblait que cet homme était selon elle un subordonné de confiance.

Mais en réalité, il était un vampire qui devrait être détruit.

Et il était resté là, juste à côté d’elle, et elle n’avait jamais pu le voir.

Bien que sa situation soit amusante d’un certain côté, mais malheureusement, Hisui n’avait pas le temps pour cela.

« Cette personne... Pourquoi a-t-il enlevé ma locataire ? » demanda-t-il. « S’il voulait juste s’échapper, attraper l’humain le plus impuissant, moi en l’occurrence, serait le meilleur choix. Attendez, pourquoi la représentante de classe a-t-elle été sa victime ? Puisqu’il ne veut pas que les experts voient à travers lui, s’il veut se cacher habilement dans la société humaine, il ne devrait pas boire le sang de la représentante de classe d’une telle manière si imprudente. »

« Je n’ai aucune idée sur ce sujet ! » Eruru avait crié alors qu’elle était instable émotionnellement puis avait baissé la tête. « Comment saurais-je ce que pense un vampire ! »

Son petit corps délicat tremblait, ceci lui donnait l’air très vulnérable et fragile.

« En effectuant des opérations avec cet homme, je l’ai souvent vu sous le soleil, » rajouta-t-elle. « Quand je pense à ça, je me dis qu’il a dû se montrer ainsi délibérément. De plus, il était particulièrement ponctuel, c’était sûrement ainsi afin de ne jamais oublier d’appliquer l’agent de blocage de la lumière. De plus, son habitude de toujours porter des gants... c’était pour éviter le contact de sa peau contre la mienne. »

« Tout contact direct vous permettrait de découvrir son utilisation de l’agent bloquant la lumière, » dit-il. « On dirait qu’il était tout à fait sur ses gardes. Mais le problème est de savoir pourquoi il aurait délibérément infiltré une organisation très défavorable aux vampires. »

Le plus grand doute de Hisui concernant Kishida était celui-ci.

Bien qu’il pensait probablement que « l’endroit le plus dangereux est l’endroit le plus sûr ». Mais faire ça dans une organisation anti-monstre représentait un risque trop élevé. Et au niveau mental, il aurait dû y avoir beaucoup trop de stress.

Mais même ainsi, il cachait encore son identité et avait réussi à tromper Eruru alors qu’il était à ses côtés.

Hisui avait une théorie concernant la raison de cette personne.

« Cet homme... il a gardé pour lui l’une des informations qu’il a vues dans le rapport de Sudou, » dit-il.

« Que se passe-t-il ? » demanda-t-elle. « Le rapport de Sudou-san m’a été transmis à travers lui. »

« À propos de mon pique-assiette, quel a été le premier rapport que vous avez reçu ? » demanda-t-il.

« Rien de spécial, très ordinaire... un Vampire fréquentant un lycée. C’était ça, » répondit-elle.

« Je le savais, » dit-il. C’était maintenant logique, Hisui hocha la tête.

Eruru l’avait regardé surprise et avait demandé. « Qu’essayez-vous de dire ? Il y a quelque chose de suspect dans ce rapport ? Au moins, l’apparition d’une fille vampire, allant au même lycée que vous. Ce sont tous des faits rigoureux, n’est-ce pas ? »

« Effectivement, » répondit-il. « Mais la partie importante a été omise. Mon locataire prétend être un “Véritable Ancien”. »

« Qu’est-ce que vous avez dit ? » Le visage d’Eruru montrait qu’elle s’était mise sur la défensive.

Un vampire de classe « Véritable Ancien » — quelqu’un de ce statut exalté était dans un endroit comme celui-ci !

« Impossible... Ce vampire, incroyable, comment... Rien de ce genre n’était dans le rapport ! » dit-elle.

« C’est exact... Il n’apparaissait pas dans le rapport, » dit-il. « Sudou a dit qu’elle avait donné ce rapport à Kishida. Mais il a caché ce fait et ne vous l’a pas rapporté. C’est l’une des raisons pour lesquelles je ne pouvais pas vous faire entièrement confiance. Il est clair qu’un vampire de classe Véritable Ancien était apparu, mais vous prenez des mesures aussi ordinaires. Et peu importe si vous le croyiez ou non, au moins vous me demanderiez confirmation. »

« Alors... le but de Kishida... était cette fille dès le début ! » déclara-t-elle.

« Probablement, » dit-il. « En restant à vos côtés, les chances de rencontrer sa propre espèce étaient devenues plus élevées. Peut-être en aidant votre travail, il cherchait en secret un “Véritable Ancien”. Il a bu le sang de la représentante de classe afin de faire accuser Rushella. Ensuite, il voulait utiliser la police pour la capturer. Et enfin, il vous aurait rapporté que la cible avait été détruite, ce qui lui aurait permis de l’emprisonner ailleurs. Cependant, la raison la plus importante m’échappe toujours. »

« La raison n’a pas d’importance du tout ! » dit-elle. « Penser à un vampire de classe Véritable Ancien... Quel embarras, je dois immédiatement contacter le quartier général pour envoyer des renforts. Non, d’abord, l’équipement doit être ajusté ! »

Eruru avait ignoré Hisui et avait commencé à sortir son téléphone portable pour parler avec ses chefs.

Comparées à Kishida, comparé à la victime, ses premières pensées étaient uniquement de détruire la Véritable Ancienne Rushella... Finalement, son cœur était entièrement revenu à son point de départ.

Hisui soupira légèrement et lui demanda avec exaspération. « Hola! Nous l’avons déjà innocentée du crime, alors songez-vous toujours à l’exterminer ? »

« Si elle est vraiment un “Véritable Ancien”, alors elle a dû aspirer le sang de nombreuses personnes jusqu’à cette date, » cria-t-elle. « Ses crimes ne sont-ils pas évidents ? »

« Avez-vous le droit de parler des autres ? » demanda-t-il. « Et qu’en est-il de vous ? »

Hisui tendit la main gauche vers Eruru. Après avoir essuyé la blessure à son cou, il y avait encore du sang qui n’avait pas encore séché.

« ...! »

Eruru détourna la tête de la main de Hisui et couvrit sa bouche. Non seulement cela, elle avait également commencé à tousser. Son corps tremblait légèrement.

« Avez-vous peur du sang ? » demanda-t-il.

« B-Bien sûr que non... Juste une vieille maladie. Je-je peux la traiter instantanément, » déclara-t-elle.

Après avoir sorti une boîte de médicaments avec des mains tremblantes, elle allait placer des comprimés dans sa bouche.

Mais Hisui l’arrêta, dispersant les comprimés sur le sol.

« Qu’est-ce que vous faites !? » demanda-t-elle.

« Arrêtez avec ça ! Vous mangez quelque chose qui est nocif pour votre corps, » dit-il.

« Quelle absurdité ! Ceci est juste un médicament tout à fait ordinaire, » dit-elle.

« C’est vrai, » dit-il. « Juste un médicament ordinaire pour supprimer votre envie de boire du sang. »

Le visage d’Eruru avait instantanément perdu toute expression et couleur.

Elle regarda Hisui, son visage était tout pâle... aussi pâle qu’un vampire.

« Que dites-vous... ? » déclara-t-elle. « Vous n’osez quand même pas m’accuser d’être un vampire, n’est-ce pas ? Même en tant que blague, ça va trop loin ! »

« C’est vrai... Vous étiez bien debout dans le soleil couchant, » dit-il.

Eruru s’était soudainement rappelé ce qui était arrivé plus tôt.

Avant ça, dans la journée, quand Hisui était venu la trouver. Mais pourquoi avait-il spécifiquement attendu à l’extérieur ?

C’était pour le confirmer. Confirmer si elle était affectée par la lumière du soleil.

« Me soupçonniez-vous de ça ? » demanda-t-elle. « M’avez-vous suspectée d’être une vampire ? »

« Exact, » dit-il. « Voyant la façon dont vous détestiez les vampires, cela m’a rappelé comment les pôles d’un aimant se repoussaient. Bien que le fait de ne pas avoir peur de la lumière du soleil pourrait être dû à l’application de l’agent bloquant la lumière, alors j’ai aussi vérifié ça. Mais le résultat était que vous ne l’utilisiez pas. »

En entendant les paroles d’Hisui, Eruru ne put s’empêcher de toucher sa joue.

Plus tôt... Hisui l’avait pincée là.

Elle pensait à l’origine que Hisui cherchait vengeance, mais maintenant elle réalisait le vrai sens derrière son action.

Il regardait comment était la texture de sa peau.

Grâce à la texture, il avait confirmé si un agent de blocage de la lumière avait été appliqué.

« Vous, quand avez-vous commencé à me soupçonner ? » demanda-t-elle.

« Dès la première fois où nous nous sommes rencontrés, » répondit-il. « Un corps si petit et pourtant, vous aviez l’air anormalement forte. Et aussi le fait que vous ayez détourné le visage quand j’avais eu un saignement de nez, n’est-ce pas ? Une experte anti-vampire effrayée par le sang ? Je pensais, peut-être que vous n’aviez pas vraiment peur du sang, mais que vous l’aimez un peu trop. En voyant du sang, vous ne pouvez pas vous contrôler. Et parce que votre homme de main avait également fait la même action évasive, j’étais également devenu méfiant. Et enfin, aller aussi loin que d’ouvrir la fenêtre pour faire aérer la pièce. C’était bien trop suspect. »

« ... »

Pour Hisui, visiter Reina était juste un prétexte.

Son vrai motif était de confirmer l’identité d’Eruru.

« ... Comme vous êtes sournois. Mais avoir fait tout ça était inutile, car je ne suis pas une vampire, » dit-elle.

« C’est vrai, vous ne l’êtes pas, » dit-il. « Sans peur de la lumière, vous utilisez même un pistolet avec une croix imprimée dessus. » Hisui avait admis ces faits.

Mais il n’avait pas lâché pour autant. Presque d’un ton de voix impitoyable, il avait révélé la véritable identité d’Eruru.

*

« Vous êtes une dhampir, n’est-ce pas ? » déclara-t-il, froidement.

*

Eruru avait perdu toute couleur dans son visage. Avec un regard craintif, elle avait pris un peu de recul.

Dhampir : La progéniture hybride entre un vampire et un humain.

Né dans le fossé entre la lumière et les ténèbres, jour et nuit, héritant du sang des deux races.

Et leurs corps héritaient naturellement des caractéristiques doubles des humains et des vampires.

Avec une volonté suffisante, ils pourraient se faire passer pour des humains normaux pratiquement sans failles, mais Hisui avait découvert une minuscule faille dans le comportement d’Eruru.

Eruru se serra dans ses bras, tremblant sans arrêt.

Cela ressemblait aux signes dangereux du manque de drogue. Hisui la regarda.

Eruru tendit une main tremblante, essayant d’obtenir des médicaments dans la boîte, mais Hisui appela brusquement. « N’ai-je pas dit d’arrêter avec ça ? »

Eruru inclina la tête et se mordit la lèvre.

La caractéristique la plus tabou d’un dhampir : le désir du sang humain, tout comme un vampire.

Mais contrairement aux vampires, les humains ne tombaient pas sous leur contrôle à la suite de leur morsure. Ils ne se transformaient pas non plus transformés en vampires. Cependant, le désir de sang frais restait inchangé.

« Comme les vampires, les dhampirs ne peuvent pas contrôler leur désir de sang, » dit-il. « Ni les vampires ni les dhampirs ne peuvent mourir s’ils ne boivent pas de sang, mais leur force diminue. Mais quand ils sont réduits à leur limite, leurs puissances deviennent soudainement importantes, les transformant en un monstre irrationnel qui ne cherche que du sang. Vous devriez déjà savoir ça. »

« ... »

« Si vous êtes attentif aux personnes autour de vous, je pense que vous devriez faire quelques compromis, » dit-il. « L’ingestion de sang en petites quantités serait en réalité beaucoup plus appropriée. Si vous continuez à supprimer votre soif, l’impulsion finale pourrait être terrible. Alors... »

« Alors quoi !? » cria-t-elle. « Est-ce que vous me demandez d’aller vous sucer le sang !? Me demander de boire sans vergogne du sang ! »

Eruru leva les yeux, ses yeux remplis de larmes.

Elle continua à hurler hystériquement. « Qu’est-ce que vous en savez !? Me comprenez-vous vraiment, moi, qui désire du sang !? Est-ce que vous comprenez que si je ne la supprime pas de cette façon, je perdrais ma santé mentale !? »

Elle avait crié à pleins poumons, presque comme si le sang pourrait jaillir de sa gorge.

Elle avait réprimé les sentiments se cachant au fond de son cœur. Cela ne pouvait pas être capturé simplement par « aime se repousser. »

« Cette situation tragique, il me suffit de l’assumer seule, » dit-elle. « C’est pourquoi les vampires doivent être exterminés ! »

C’est pourquoi elle avait désespérément appris tout ce qu’elle pouvait sur les vampires et avait poursuivi cette carrière.

Hisui l’écouta plaider sa mission, mais essuya son index sur les lèvres d’Eruru.

Son doigt était enduit de son propre sang.

Au moment où le rouge à lèvres rouge vif avait été appliqué sur les lèvres d’Eruru, une petite quantité de sang était accidentellement entrée dans sa bouche et avait amplifié son désir de sang frais.

« V-Vous...! » dit-elle.

« Quelle belle personne que vous êtes..., » dit-il.

« D-De quoi parlez-vous là... ? » demanda-t-elle.

« Quand mon sang a été aspiré tout à l’heure, vous vous êtes immédiatement précipité sur moi, vous inquiétant véritablement pour moi, » dit-il. « Mais ce n’est pas bon... j’ai été utilisé par ce type pour vous ralentir. Vous auriez dû être plus vigilante. »

« Que dites-vous... » dit-elle.

« C’est pareil avec la représentante de classe, n’est-ce pas ? » demanda-t-il. « Vous avez cru la victime comme toute personne normale. C’est logique, non ? Moi, je dois être la personne anormale ici. »

Eruru voulait dire quelque chose. Hisui lui tourna le dos et sortit maladroitement son téléphone portable.

« Salut, c’est moi, » dit-il. « Pourriez-vous venir ? Où êtes-vous ? La supérette de Nichoume ? Parfait... Alors, venez... Cette fille a été capturée... Quoi, vous êtes occupée ? Laissez-moi vous dire ça, tout ça est à cause de vous ! Je vous l’expliquerai plus tard. Merci. »

Hisui avait ensuite raccroché. Puis il murmura tout en étant dos à Eruru.

« J’ai été élevé par une vampire, » annonça-t-il. « Cependant, celui qui a tué mes véritables parents était aussi ce même vampire. »

« Hein !? » s’écria Eruru.

Hisui avait divulgué ses origines en réponse à la confession d’Eruru.

Cependant, contrairement à Eruru, Hisui parlait d’une manière totalement indifférente, sans émotion. Son ton de voix était aussi très peu impliqué.

« Je ne me souviens pas vraiment, mais apparemment mes parents voulaient me tuer, » dit-il. « Peut-être était-ce un suicide collectif ? Mes parents voulaient me tuer, moi qui ne savais rien à ce moment-là, puis se suicider. Puis une vampire est passée par là, a tué mes parents, m’a sauvé et m’a élevé. Dans ce genre de situation, que pensez-vous que je devrais faire à ce sujet ? Dois-je haïr la vampire pour avoir tué mes parents ? Lui dire merci de m’avoir sauvé ? En tant qu’humain, que dois-je faire ? »

Eruru n’avait pas répondu.

Ce type de question ne pouvait pas être répondu.

« D’une manière quelque peu amusante, ce vampire est finalement mort pour me sauver. Pour me sauver, elle s’est transformée en cendres. »

Les souvenirs du passé avaient fait surface devant les yeux de Hisui.

Endurant les brûlures du soleil intense se trouvant haut dans le ciel, la vampire avait continué à effectuer des compressions thoraciques afin de sauver le garçon qui se tenait devant elle.

« Cette personne m’a non seulement sauvé, mais aussi beaucoup d’humains se trouvant là-bas. Puis, finalement, elle est morte, » dit-il.

« ... »

« Cependant, les humains qui avaient été sauvés... tout le monde maudissait ce vampire, » dit-il. « Ils disaient qu’elle était un monstre, qu’elle méritait la mort, etc. Certaines personnes ont même lancé des pierres sur elle. Selon vous, quel côté était le bon côté ? »

Eruru ne pouvait pas répondre, elle ne voulait pas du tout se confronter à ce type de question.

Cependant, Hisui avait continué à l’interroger sans pitié. « Que devrais-je faire ? Parce que je suis humain, devrais-je suivre ces humains et maudire la vampire qui m’a élevé ? Mais en tant qu’humain, ne devrais-je pas dire d’abord merci ? Bien que l’autre personne soit une vampire ou un monstre ou un... ne devrais-je pas d’abord dire “merci” ? »

Hisui se tourna afin de regarder Eruru, mais son visage s’était détourné. Non, elle évitait le regard de Hisui.

« Avant que cette personne ne meure, elle m’a transformé avec ce genre de constitution, » dit-il. « Sinon, je serais sûrement mort. Par conséquent... Dès lors, je ne vais pas devenir un vampire même si je suis mordu par l’un de leurs représentants. Mais dans ce cas... que suis-je réellement ? »

« ... ? »

« Les humains se transforment en vampires une fois mordus par les vampires, » continua-t-il. « Et inversement, quelqu’un qui ne se transforme pas en vampire après avoir été mordu ne serait donc pas humain. Alors qu’est-ce que je suis ? Une créature surnaturelle ? Ou ni humain ni surnaturel, une sorte d’aberration, de monstre ? »

Hisui avait continué à regarder Eruru alors qu’il lui posait ces questions.

Eruru ne pouvait pas répondre, mais n’évitait plus son regard. Elle le regardait droit dans les yeux.

« Je dois être ce genre d’aberration, enfin, je le suppose, » dit-il. « Qu’il soit humain ou vampire... »

« Mais... vous voulez sauver ce vampire, n’est-ce pas ? Sauver un ennemi de l’humanité ? » demanda-t-elle.

« Cette fille... trempée par la pluie, quand elle voulait absolument boire du sang... elle ne l’a pas fait... telle une vampire, » dit-il.

« ... »

« Pour mon propre bien, elle a même essayé de pratiquer sa technique de succion du sang..., » dit-il. « Et juste avant... elle a essayé de me sauver. Alors que dites-vous que je dois faire ? »

Il s’agissait d’un ton de voix soi-disant calme.

Mais il avait en lui une ferme résolution dans ses paroles. Eruru pouvait clairement le sentir.

« Cette fille m’a promis, » rajouta-t-il. « Tant qu’elle n’aura pas découvert son identité, elle ne sucera pas le sang de quelqu’un à l’exception du mien. J’ai aussi répondu à sa promesse. Jusqu’à ce moment-là... je serais son serviteur. Je dois donc aller là où mon maître est. »

En disant cela, Hisui était entré dans sa propre maison.

Eruru regarda son dos, se distançant progressivement. Puis une voix familière se fit entendre par-derrière.

« Bonsoir ~ Ah, on dirait que l’ambiance n’est pas tout à fait bonne. Est-ce qu’il y a eu de l’agitation dans le coin ? »

Mei était dans son uniforme, ouvrant la porte et entrant dans la cour.

« Sudou-san... Pourquoi êtes-vous ici ? » demanda Eruru.

« Hi-kun m’a appelé ici, » répondit-elle. « Alors... qui s’est fait kidnapper ? Rushella ? »

« Avez-vous l’intention de l’aider... ? », demanda Eruru. « Peu importe ce que j’ordonne, notez que la sauver est la décision délibérée de Kujou Hisui, d’accord ? Je ne fournirai aucune récompense. »

« D’accord. Et bien, on ne peut pas y faire grand-chose, » déclara Mei. « Qui peut refuser une demande de son amoureux ? »

Bien qu’elle avait soudainement été appelée ici, Mei ne semblait pas être gênée par ce fait.

En étant incapable de comprendre ça, Eruru avait simplement demandé avec perplexité. « Pourquoi... ? Ne détestez-vous pas les vampires vous aussi ? »

« Tout à fait. Je ne les aime pas, » répondit Mei. « Et pour moi, elle compte en plus comme une rivale. »

« Je ne comprends pas, » dit Eruru. « En particulier... Je ne comprends pas Hisui Kujou. Comment est-il capable d’aller aussi loin ? »

« C’est vrai, » répondit Mei. « Mais, si Rushella avait vraiment aspiré le sang de la représentante de classe... Il l’aurait probablement exterminée de ses propres mains. »

« ... ! »

« C’est probablement sa façon de prendre ses responsabilités, » déclara Mei. « Mais dans son cœur, il croyait en l’innocence de Rushella. Voilà pourquoi il a tant réfléchi et vérifié autant de détails. Cherchant la vérité tout au long de cette histoire. Mais tout ce temps, il s’inquiétait également pour la représentante de classe. Humain et vampire, il aurait pu prendre clairement un côté ce qui aurait été suffisant, mais il veut les deux et va donc sur le chemin qui est le plus difficile. Jusqu’à maintenant... Et probablement après ça... Si Rushella buvait le sang de quelqu’un d’autre, il l’exterminerait personnellement. Voici le genre de résolution qu’il a. »

« Qui diable est-il... ? », demanda Eruru.

« Il est juste un humain, » répondit Mei. « Mais un humain qui traite les entités non humaines et humaines de manière équitable. Après avoir découvert mon identité... Rien n’a changé de son côté. Bien que je sois assez confiante quand à mon apparence... la plupart des personnes se distançaient de moi après avoir découvert la vérité. Mais lui, il ne l’a pas fait. Il ne s’est pas distancié de moi et n’a pas eu d’idées amusantes me concernant. Il a juste continué à agir comme d’habitude. »

Mei avait parlé avec une expression lumineuse. À l’origine, elle le traitait comme la cible de sa mission afin de faire un bébé, mais avant qu’elle s’en rende compte, il était devenu son véritable amour. S’il avait rencontré ce genre d’humain, même son premier ancêtre aurait pu éviter de mal tourner et à la place, il aurait pu vivre une vie heureuse.

« ... Je ne comprends pas, » déclara Eruru avant de devenir silencieuse.

Des pas avaient alors été entendus en provenance de la maison.

En se retournant, elle vit qu’Hisui sortait de sa maison. Au moment où elle l’avait regardé, Eruru avait ressenti un sentiment de vertige.

« Il vaut mieux que vous ne regardiez pas ici, » dit-il. « Même si vous êtes un hybride, cela pourrait vous être fatal. »

Hisui portait sur son dos quelque chose qui faisait d’Eruru, non... c’était quelque chose qui choquait tous les vampires.

Une croix d’argent géante.

Il l’avait sorti de son sous-sol. Il avait enroulé les chaînes autour de sa main et il portait la croix sur son dos.

« Qu’est-ce que c’est que ça... ? » Prenant soin de ne pas regarder la croix qui se dressait à sa hauteur après que le jeune homme passe à ces côtés, Eruru détourna le regard et demanda.

« Il s’agit de l’épée sacrée en forme de croix, la “Lame de Tzara”, » expliqua-t-il. « Juste en la montrant, les vampires ordinaires seront immédiatement immobilisés. Sa lame est aussi très tranchante. Son seul défaut est qu’elle est trop lourde. Environ 30 kg. »

« J’ai recherché des croix pour mon métier, la vôtre... est clairement une arme, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle. « Et l’aura de sainteté qui s’en dégage... c’est vraiment extraordinaire. »

« Une certaine sauveuse a été crucifiée sur cette chose quand elle était plus jeune, » répondit-elle. « Ainsi la croix s’est transformée d’un symbole de la mort en un symbole sacré. Apparemment, il s’agit d’une antiquité qui a survécu de cette période. Parce qu’elle est forgée à partir de l’argent puis transformée, que ce soit en tant qu’œuvre d’art ou en tant qu’arme contre les vampires, elle est classée comme de la plus haute classe. Si elle n’est pas manipulée avec précaution, ces mecs du Vatican pourraient venir ici afin de me la prendre. »

« Comment un objet aussi extraordinaire est-il tombé entre vos mains ? » demanda Eruru.

« Je l’ai hérité de mon parent adoptif, » répondit-il.

Hisui avait simplement expliqué en une phrase avant de se tourner vers Mei qui s’était précipitée vers lui.

« Alors, pourriez-vous m’aider à transporter ça ? Je suis déjà à bout de souffle, » dit-il.

« Quoi... vous me prenez juste pour une déménageuse ? » s’écria Mei.

« Et bien, vous êtes si forte, » dit-il. « S’il vous plaît. Mon sang a été aspiré en grande quantité, alors je vois déjà des étoiles danser autour de ma tête. »

« Bien bien..., » dit-elle. « Alors, la prochaine fois, vous devrez sortir avec moi. Est-ce d’accord ? Et cela comprend bien évidemment la nuit après ça. »

« J’accepte si je peux rentrer à la maison au coucher du soleil ou sinon vous devrez supporter toutes les conséquences. S’il vous plaît, acceptez ma proposition, » dit-il.

Mei haussa les épaules et prit à contrecœur la Lame de Tzara. Puis elle la souleva sans effort avec une main.

Puis les deux personnes sortirent du jardin, et Eruru les suivit.

« Vous deux, A -Attendez, » dit-elle. « Allez-vous sauver la vampire !? Savez-vous où elle est ? »

« N’auriez-vous pas donné à Sudou toutes sortes d’outils ? » demanda-t-il. « J’ai trouvé un dispositif de traçage parmi eux alors je l’ai secrètement placé sur cette fille. Le fait qu’elle soit une vampire mis à part, si cette demoiselle désemparée s’éloignait de moi, qui sait combien de problèmes elle causerait aux autres ? »

Il était impensable pour Eruru que Hisui soit si bien préparé...

Il avait légèrement levé sa main droite et avait couru avec Mei dans l’obscurité de la nuit. Mais à peine avaient-ils fait deux pas qu’Eruru avait déjà saisi leurs vêtements et les avait traînés en arrière.

« Que faites-vous ? On est pressé. Est-ce que vous ne vous en rendez pas compte ? » demanda Hisui.

« J’aimerais faire avancer les choses et aussi rentrer à la maison, ouais ? » déclara Mei.

« Dans cette situation d’urgence, vous voulez quand même porter cet objet si visible à la vue de tous et courir à pied jusqu’à votre destination comme des imbéciles ? Utilisez un peu votre cerveau. Je vais faire venir une voiture, » demanda Eruru.

À ce moment-là, Eruru avait retrouvé son ancienne éloquence.

Probablement en raison de la précédente agitation, ses lunettes tombaient presque de sa tête. Eruru les avait alors poussés avec ses mains. Un éclair d’inspiration brillait dans ses yeux.

« Alors, parlons de notre plan, » dit-elle.

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