Joou Heika no Isekai Senryaku – Tome 3 – Chapitre 3 – Partie 2

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Chapitre 3 : Rébellion à Atlantica

Partie 2

« Trouvez Blasco et Achille, ainsi que tous les serpents qui travaillent pour eux ! Une fois que vous les aurez flairés, nous nous occuperons d’eux ! »

« Où se cachent-ils d’habitude ? », avais-je demandé.

« Dans la pièce la plus haute surplombant la zone, mais aucun d’entre eux est là. J’ai envoyé vos monstres les chercher, ils sont à leur recherche en ce moment. », répondit amèrement Isabelle.

« Hmm. Les Essaims Éventreurs ont un sens de l’odorat très développé, ils devraient donc être capables de traquer vos chefs. »

« Ouais ? Et bien, c’est bien. Ils pourraient avoir un port caché que nous ne connaissons pas. On doit les trouver et s’assurer qu’ils n’iront nulle part. »

Heureusement, les Essaims étaient au même niveau que les chiens de chasse en ce qui concernait les traces. Cela mis à part, j’étais toujours déconcertée par le fait que tous les pirates avaient pris le parti de la révolution. Tout le monde, des plus petits membres d’équipage aux capitaines chevronnés, s’était joint à nous, même si la présence des essaims Éventreurs les y avait incités.

Peut-être l’idée que la fortune et le statut des dirigeants seraient répartis entre tous était-elle trop lucrative pour être laissée de côté… Ou peut-être que la corruption des dirigeants avait simplement aggravé la situation des pirates jusqu’à un point de rupture.

J’avais pris une note mentale pour éviter de monopoliser tous les trucs amusants afin que l’Essaim ne finisse pas par se retourner contre moi. Après tout, seul mon petit groupe avait pu profiter d’un plongeon dans l’océan et d’un barbecue. Les autres Essaims méritaient aussi un peu de temps libre.

« Vous n’avez pas à vous inquiéter, Votre Majesté. L’essaim est tout en un et un en tous. Votre joie nous donne à tous de la joie. L’Arachnée ne se disputera pas la richesse comme les humains en ce lieu. », m’assura Sérignan.

« Tu as raison, Sérignan. Nous sommes un vrai collectif. Ma joie est la joie de tous, et le chagrin de tous est mon chagrin. », dis-je en faisant un signe de tête.

L’Arachnée était essentiellement un esprit d’Essaim, et la conscience collective nous reliait tous. Il n’y avait pas de disparité de richesse, et toutes les émotions — le bonheur, le chagrin, la colère ou le plaisir — étaient partagées par tous. Cela signifiait qu’il n’y avait pas de place pour les différences, sans parler de discrimination. Bien au contraire, en fait. Tout Essaim individuel se sacrifierait volontiers pour le bien du groupe.

Notre unité était à toute épreuve, et cette harmonie faisait de l’Arachnée une sorte de société idéale. Si j’envoyais tous les pirates ici dans un four de conversion, ils n’auraient plus jamais à se chamailler.

« Votre Majesté, nous avons découvert l’un des chefs. Nous allons y mener les pirates », rapporta l’un des Essaim Éventreurs.

« Bon travail. Capturez-le. »

Un de moins.

« Lâchez-moi ! Lâchez-moi ! Vous savez à qui vous avez affaire ici ? ! Je suis le putain de chef d’Atlantica ! »

Bientôt, mes Essaims Éventreurs traînèrent un gros homme portant un cache-œil.

« Eh bien, eh bien, si ce n’est pas Achille. Quoi, Blasco n’est pas fourré dans ton cul comme d’habitude ? » demanda Isabelle en le narguant.

« Isabelle ! Est-ce toi qui es derrière tout ça !? », cria Achille.

« C’est moi qui pose les questions ici. Tu sais que ton autorité ne vaut plus rien, hein ? On t’a fait descendre de tes grands chevaux pour te faire tomber dans la boue. Maintenant, sois un bon garçon et réponds à ma question : où est Blasco ? »

« Merde ! Je ne sais pas ! », dit Achille, en se débattant pour se débarrasser de ses ravisseurs.

« Je me suis caché dès que j’ai entendu parler de la rébellion ! Comment saurais-je où cette merde s’est enfuie !? »

« Oh, tu ne le sais donc pas. Eh bien, nous le trouverons nous-mêmes. C’est vraiment dommage. Dire que je pensais t’épargner si tu nous aidais. »

Isabelle haussa les épaules.

« A-Attends, Isabelle ! On peut s’arranger ! Si tu nous laisses partir, tu peux avoir tout le butin qu’on a empilé dans le coffre ! Ça sonne bien, non ? N’est-ce pas ? »

Le ton d’Achille avait changé.

« C’est sûr… Eh bien, j’aurais accepté avant que tu te décides de prendre la moitié de mon butin. Il est bien trop tard pour ça maintenant. Reste tranquille et accepte ton destin comme un homme. »

« Soyez tous damnés ! Avez-vous oublié qui vous a fait passer de bons à rien en pirates qui valent une sacrée valeur ? ! C’était nous ! Moi, Blasco, et le reste de la bande ! On vous a donné des bateaux ! Nous vous avons laissé utiliser Atlantica comme cachette ! C’est grâce à nous que vous pourriez même… »

J’avais silencieusement ordonné à un des Essaims Éventreurs de le piquer.

« Arrête de crier, vieux schnock. N’as-tu pas une once de dignité ? »

Isabelle lança un regard exaspéré et dégoûté sur Achille, alors que l’Éventreur l’attachait.

Au moment où nous l’avions aligné avec certains de ses sous-fifres, un des pirates de l’Albatros s’était précipité pour livrer une nouvelle alarmante.

« Sœur ! C’est mauvais ! »

« Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« La chambre forte est vide ! Le trésor a disparu ! »

« Quoi !? »

L’expression d’Isabelle s’assombrit.

Le trésor des chefs — qui avait joué un rôle important dans l’unité des pirates — avait disparu.

« Blasco, ce salaud de rat ! Il a dû voler le trésor ! », cria Isabelle.

Je m’étais alors levée.

« Calme-toi, Isabelle ! Crois-moi, il ne va pas s’en tirer comme ça. Mes essaims ont déjà détecté quelqu’un qui correspond à sa description, essayant de s’échapper d’Atlantica avec une tonne de caisses en bois. Achille ici présent essayait juste de vous piéger. »

« Merci, je vous en dois une. Atlantica a besoin de ce truc ! On ne peut pas laisser Blasco l’avoir ! »

« Allons-y ! Il est par là ! »

J’avais sauté sur le dos d’un Essaim Éventreurs et j’avais fait signe à Isabelle et à son entourage de me suivre.

Nous nous étions précipités dans les tunnels qui traversaient l’Atlantica. Voyager avec des pirates à travers cette forteresse naturelle me fit frissonner d’excitation.

« Il devrait être par ici… Là, n’est-ce pas lui ? »

Après avoir traversé un étroit tunnel difficile à trouver, nous étions sortis dans une grotte ouverte de l’autre côté. Devant nous se trouvaient un petit quai et un galion de taille moyenne qui y était amarré. C’était un quai séparé, caché, que les autres pirates n’avaient jamais connu. Et là, au bout, se trouvait l’homme que nous cherchions.

Bingo.

« Blasco ! »

Isabelle sortit son coutelas et lui fonça dessus.

Oh, tu as un sacré tempérament, ma chère…

Je devais m’assurer qu’elle ne se fasse pas tuer.

« Sérignan, aide-la, s’il te plaît. »

« Selon vos désirs. »

Sérignan était partie à la poursuite du pirate.

« Espèce de salaud ! Comment oses-tu essayer de t’enfuir avec le trésor d’Atlantica ? ! Tu as fait beaucoup de conneries jusqu’à présent, mais là, c’est vraiment la cerise sur le gâteau ! Espèce de serpent menteur ! » rugit Isabelle tout en agitant son coutelas devant Blasco.

« Et c’est toi qui oses dire ça, sale traîtresse ! Je n’ai fait ça que parce que tu as déclenché une putain de rébellion et laissé ces monstres entrer dans Atlantica ! » cria-t-il à Isabelle, en pointant son propre sabre dans sa direction.

Les sous-fifres de Blasco, qui avaient chargé la cargaison sur son navire, avaient déposé les caisses et avaient aussi sorti leurs armes. Franchement, je n’étais pas du tout inquiète.

« Vous devrez vous battre avec moi. »

En un instant, Sérignan s’était avancé et avait abattu un des hommes de Blasco.

Un autre pirate frappa Sérignan avec son coutelas, mais elle écarta rapidement sa lame et lui enfonça la pointe de son épée dans la gorge. Lorsqu’un troisième pirate lui chargea dessus, elle fit courir son épée parallèlement à son sabre et enfonça la lame dans son cœur.

La forme de combat de Sérignan était étonnante. Elle était fluide, sans erreur, et ne trahissait aucun signe d’hésitation. Elle repoussait ses adversaires avec précision et minutie. Elle reflétait l’expérience qu’elle avait acquise lors de nos combats à Maluk et Schtraut. Après tout, c’était une unité de héros capable de progresser constamment.

« Incroyable… »

« Cette dame est puissante et féroce… »

Isabelle et Blasco avaient été momentanément distraits par Sérignan, alors qu’ils étaient pratiquement engagés dans leur propre combat.

« N’allais-tu pas l’achever, Isabelle ? », avais-je demandé.

Ma question les ramena à la raison.

« Bien sûr ! Prépare-toi, espèce d’escroc ! »

« C’est toi qui vas périr ici, Isabelle ! »

Les deux croisèrent les lames. Isabelle avait clairement le dessus, probablement parce que sa jeunesse lui donnait beaucoup plus d’endurance. Elle repoussa Blasco avec une facilité ridicule et le fit bientôt s’appuyer contre un mur.

« Bon sang ! Aidez-moi, bande d’idiots ! », cria Blasco.

« Je ne sais pas à qui vous parlez. Vous êtes le seul qui reste. », dit froidement Sérignan.

Elle avait éliminé tous les hommes de Blasco comme si c’était un jeu d’enfant. Ayant connu leur fin sur la pointe de l’épée sacrée corrompue de Sérignan, les pirates gisaient dans des mares de leur propre sang.

« Déchets inutiles… J’ai dépensé une petite fortune pour vous ! »

Blasco hurla alors qu’il réussissait à peine à bloquer un coup de sabre d’Isabelle.

Lors du coup suivant, la lame d’Isabelle s’était enfoncée dans le bras de Blasco, sa propre arme tomba de sa main et s’écrasa sur le sol.

« Tu ne peux pas aller plus loin, Blasco », dit Isabelle en pressant la pointe de son coutelas contre sa pomme d’Adam.

« Grr ! Très bien, tue-moi si tu veux ! Tu peux parier ton joli cul que je te maudirai d’outre-tombe ! »

« Ooh, ça a l’air effrayant. Je suppose donc que je ne peux pas te tuer. Je vais juste demander à quelqu’un d’autre de m’en faire l’honneur. »

Isabelle hocha la tête dans ma direction.

Argh, à quoi pense-t-elle ?

J’avais grommelé intérieurement au moment où j’avais ordonné à un de mes Essaims Éventreurs d’assommer et d’attacher Blasco.

« Très bien. Maintenant, faisons leurs goûters à la même humiliation que nous avons dû subir », dit Isabelle.

Un sourire malicieux arriva sur ses lèvres.

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2 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre

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