Je suis le Seigneur maléfique d’un empire intergalactique ! – Tome 10 – Chapitre 9

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Chapitre 9 : La pêche

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Chapitre 9 : La pêche

Partie 1

Sur le pont de l’Argos, Théodore essayait de garder un visage impassible, mais il s’amusait intérieurement. La faction de Liam devait avoir des liens faibles pour se désagréger aussi vite ! Ou est-ce que je suis juste trop doué ? Mon propre talent me fait peur !

Les visages des nobles de la faction étaient affichés sur des écrans flottant dans les airs et tous semblaient furieux contre Liam.

« Comte Banfield, c’est de votre faute ! Attendez donc. Quand tout ça sera fini… »

« Vous m’avez laissé tomber. »

Six mois après le début de la guerre, la faction de Calvin avait pris l’avantage. De son côté, la faction de Cléo avait perdu presque tout son territoire et beaucoup de ses membres avaient dû battre en retraite. Plusieurs nobles avaient déclaré qu’ils quittaient la faction et avaient fui le champ de bataille. Certains avaient même rejoint Calvin.

Les nobles restants reprochaient maintenant à Liam son échec, mais…

« Est-ce tout ce que vous avez à dire ? » leur répondit-il. « Alors, prenez vos jambes à votre cou. Je combattrai Calvin tout seul s’il le faut. »

Le jeune et fougueux Liam avait raté sa chance de se retirer du combat. Il n’avait pas réussi à empêcher ses alliés de faire défection et, maintenant, il essayait d’intimider ceux qui étaient restés. Tout le monde savait que la guerre était déjà perdue, mais Liam insistait pour se battre jusqu’à la victoire.

Théodore était ravi. Oui, continue à te battre et verse encore plus de sang. Une fois ce combat terminé, aucun d’entre vous ne pourra plus jamais défier le prince Cléo. Une conclusion appropriée pour un enfant gâté né dans une famille de comtes.

Il jeta un coup d’œil autour du pont et vit Tia et Marie baisser la tête, frustrées, comme si elles ne pouvaient supporter de voir Liam se ridiculiser.

« Continuer causera encore plus de dégâts », Tia avertit ainsi son seigneur.

Pour une fois, elle et Marie étaient d’accord. « La bataille est terminée », conseilla l’autre chevalier. « Nous devrions soit battre en retraite, soit entamer des négociations avec l’ennemi. »

Même avec deux chevaliers chevronnés de la maison Banfield qui lui déconseillaient de continuer, Liam exigea qu’ils poursuivent le combat, ses émotions prenant le dessus. « Taisez-vous ! La seule chose que je vous ai permis de faire, c’est de me mener à la victoire ! Mais Tia… Marie… vous n’avez fait que perdre depuis le début de cette guerre. Si vous êtes trop incompétentes pour exécuter mes ordres, je n’ai besoin ni de l’une ni de l’autre. Ramassez nos blessés et retournez sur notre planète d’origine. »

En ordonnant aux deux femmes de ramener les soldats blessés et les armes cassées, Liam les avait maintenant chassées du champ de bataille.

Claus, qui était toujours là, prit la parole pour réprimander Liam : « C’est fini, seigneur Liam. S’ils nous repoussent encore plus loin, l’ennemi atteindra la planète du baron Glynn. Même si on se concentre sur la défense, l’ennemi est quatre fois plus nombreux que nous, nous sommes condamnés à la défaite. »

En réponse à l’avertissement de Claus, Liam évoqua ses précédentes batailles contre les pirates. « Alors, il n’y a pas de problème. J’ai surmonté des obstacles similaires un nombre incalculable de fois. J’ai l’habitude d’être en infériorité numérique. »

« Mais, monsieur… ! »

« Claus, tu me défies aussi ? Je suis déçu. Tu peux partir toi aussi. »

Après avoir vu Liam renvoyer tous ses serviteurs talentueux, Théodore décida qu’il était temps d’agir. Ça s’est fini plus tôt que prévu. Comme c’est pratique qu’il renvoie aussi tous ses proches conseillers !

 

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Après s’être assuré qu’il était seul, Théodore contacta Schlust. Les communications entre les deux traîtres n’étaient pas considérées comme suspectes, car ils étaient du même côté. Théodore transmit le mot de passe qu’il avait choisi avec le baron à l’avance pour faire savoir à Schlust que leur plan entrait dans sa phase finale. Comme le baron contrôlait les communications locales, cette supercherie n’était qu’un jeu d’enfant.

« Nous avons un problème. Vous devriez vous préparer, baron Glynn. » Vu les circonstances, personne ne trouva ces mots bizarres.

Mais le baron Glynn écarquilla les yeux en les entendant. Il hocha la tête avec détermination. « Compris. Je résisterai jusqu’au bout. »

Ils avaient décidé à l’avance de la véritable signification de ces phrases. La phrase de Théodore pouvait se traduire par : « On a acculé Liam. Préparez-vous à vous rendre. » La réponse de Schlust signifiait quant à elle : « Compris. » Schlust n’avait jamais eu l’intention de se battre; il prévoyait donc de se rendre dès que la faction de Calvin envahirait sa planète.

« Vous avez envoyé les forces défensives que la Maison Banfield vous a fournies, n’est-ce pas ? » demanda Théodore à Schlust pour confirmer.

« Oui, je vais m’assurer de les mettre à contribution. Je suis content d’avoir insisté pour obtenir ces forces supplémentaires ! »

Schlust avait insisté pour que Liam lui prête des forces supplémentaires, car sa planète n’était pas bien défendue. Il avait prévu de les remettre à la faction de Calvin lorsqu’il se rendrait, mais si celle-ci résistait, il se joindrait à elle pour mener une attaque en tenaille.

« Alors ce sera tout. »

« Faites attention. »

Théodore coupa la communication et sourit méchamment. « Ça vaudra beaucoup, et pas seulement auprès du prince Cléo. Le prince Calvin ne pourra pas non plus ignorer ce que j’ai fait. Et je connais leur secret, donc je les ai en position de faiblesse… Si je joue bien mes cartes, je pourrai devenir l’un des nobles les plus puissants de l’Empire. »

Il ricana en imaginant son avenir radieux.

 

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Cela faisait maintenant un an que les combats avaient commencé. Quand Calvin reçut la nouvelle sur la planète capitale, il ne put s’empêcher de bondir de sa chaise, surpris. Le jeune noble qui lui avait apporté le message avait les larmes aux yeux.

« On a gagné ? » demanda Calvin. « Vraiment ?! »

« Oui, Votre Altesse ! Notre armée a repoussé celle de la maison Banfield et occupe maintenant la planète natale du baron Glynn ! Le baron s’est rendu. Les forces de défense au sol envoyées par la maison Banfield résistent encore, mais elles sont peu nombreuses; nous devrions donc les maîtriser rapidement. »

Si elles avaient pris le contrôle de la planète natale du baron Glynn et capturé ce dernier, Calvin aurait gagné. La guerre par procuration serait alors terminée.

Pourtant, Calvin n’arrivait pas à y croire. « C’est trop facile », dit-il. « Liam n’avait-il pas son bras droit, Claus, avec lui ? »

« Nos espions nous ont dit que Liam avait cherché à gagner en s’opposant aux conseils de Claus. »

Liam aurait-il vraiment fait ça ? À ce stade, Calvin se sentait plus inquiet que soulagé. « Que fait Cléo… ? »

Maîtrisant son excitation, le jeune noble poursuivit solennellement son rapport. Il semblait se méfier lui-même de Cléo. « Nos agents le surveillent, mais il n’a rien fait de suspect. Il ne semble pas être en contact avec Liam et il suit le plan prévu pour lui à la lettre. Franchement, c’est ce qui m’inquiète le plus. »

N’importe qui aurait des doutes en apprenant que Cléo, qui avait pris l’avantage dans la lutte pour la succession, avait abandonné la compétition au profit de Calvin, qui était dos au mur. Auparavant, Calvin n’avait pas eu d’autre choix que de s’allier à Cléo. S’il avait tué l’autre prince à ce moment-là, Liam aurait simplement soutenu quelqu’un d’autre. Ça n’aurait servi à rien. C’était Liam que Calvin craignait, pas Cléo, et il s’était allié à lui parce que Liam représentait une menace plus redoutable pour lui. Pourtant, il était toujours nerveux à propos de Cléo et de la défaite difficile à croire de Liam.

« Dis à nos alliés de ne pas baisser leur garde », ordonna Calvin. « Si lui… si Liam avait été si facile à battre, on n’aurait jamais été poussé aussi loin. »

Quand Calvin lui ordonna de ne pas baisser la garde, le jeune noble se redressa. « Je vais leur dire tout de suite ! »

« Bien. Je leur rappellerai aussi quand j’irai les remercier pour leurs efforts. »

Normalement, c’est le moment où tout le monde dans la faction se détend, sûr de la victoire. Mais cette victoire avait été si facile que Calvin était pris d’angoisse, craignant qu’ils ne tombent dans un piège.

Quand le jeune noble quitta son bureau, Calvin se prit la tête entre les mains. « C’est fini… n’est-ce pas ? J’ai gagné, n’est-ce pas ? Alors pourquoi suis-je si anxieux… ? »

On venait de lui annoncer sa victoire, mais il n’arrivait pas à se réjouir de cette nouvelle.

 

***

Des milliers de cuirassés flottaient au-dessus de la ville fortifiée où résidait le baron Glynn, sur sa planète natale; ils bloquaient la lumière du soleil.

Sur le pont de l’un de ces navires, un noble de la faction de Calvin, commandant, était tout excité par leur victoire facile. Il avait dirigé le détachement qui avait pris le contrôle de la planète.

« Le prince héritier nous a envoyé une arme secrète, mais nous n’avons même pas eu besoin de l’utiliser, n’est-ce pas ? », se vantait-il.

L’adjudant du commandant était tout aussi détendu. « N’est-ce pas justement parce qu’elle n’a pas été utilisée qu’elle reste secrète ? »

« Je suppose que oui. Il n’y a aucune raison de réveiller le chat qui dort, comme on dit. »

L’arme secrète de Calvin et ses fournitures occupaient désormais une grande partie de l’espace à bord du vaisseau du commandant. L’arme était encombrante et était livrée avec son propre personnel spécialisé. Même le commandant ne connaissait pas beaucoup de détails à son sujet. Il était curieux, mais elle était clairement dangereuse, alors il préférait ne pas s’en occuper.

Ensemble, le commandant et son aide de camp regardaient la ville fermée depuis une fenêtre du pont.

« Quelle planète dévastée ! »

« Le baron Glynn a la réputation d’être un idiot. Je suppose que le prince Cléo a choisi le mauvais allié. »

« Je doute que cela ait un rapport avec ses capacités. Tout ça, c’est de la politique. Mais ça dépasse mes compétences. » Le commandant n’avait pas été informé de ce qui se passait en coulisses.

« On a quand même remporté une victoire éclatante, non ? Et on va devoir changer nos plans, pas vrais ? » demanda son aide de camp, qui voulait en discuter avec lui.

« Eh bien, ce n’est pas encore fini. La maison Banfield a toujours des troupes au sol sur la planète. Nos alliés devraient être en route pour les attaquer en ce moment même. »

« Ils devraient bientôt être éliminés. Après tout, le baron Glynn nous a communiqué la taille de l’unité. »

« … Je ne voudrais vraiment pas l’avoir dans mon camp. »

Avec la fin de la guerre en vue, les deux hommes se sentaient complètement détendus, jusqu’à ce qu’un vaisseau allié situé à quelques kilomètres de là explose soudainement. Le commandant et l’adjudant regardèrent vers le bas, surpris, et virent l’épave s’écraser au sol, quelque part près de la ville fortifiée.

« Quelle est notre situation ?! » hurla l’adjudant à un opérateur du pont. « Vite ! »

« L’attaque venait d’en haut ! »

« Y a-t-il des ennemis là-haut ? Seuls nos alliés sont censés se trouver au-dessus de nous dans l’espace ! »

Alors que les sirènes retentissaient, ils passèrent en état d’alerte maximale. Pendant ce temps, de plus en plus de leurs alliés explosaient, transpercés par des rayons. Certains tiraient vers le haut, mais leurs propres alliés tombaient du ciel vers eux. Les vaisseaux abattus par des tirs amis s’écrasaient également au sol.

« Est-ce la Maison Banfield ? Ils ne savent pas quand abandonner… » Le commandant prit place, prêt à donner ses ordres.

À ce moment-là, l’opérateur identifia les vaisseaux ennemis. « Non, les appareils portent l’emblème de la maison Exner ! »

Le commandant resta un instant perplexe, puis se rappela de qui il s’agissait. Il se souvint qu’un baron étroitement lié à la maison Banfield se trouvait parmi les forces ennemies.

« Ce baron arriviste ?! N’avait-il pas fait défection ? »

Un instant plus tard, un chevalier mobile que le commandant n’avait jamais vu auparavant apparut à la fenêtre du pont, brandissant une énorme épée de sa main droite.

Ce fut la dernière chose que le commandant vit.

***

Partie 2

Le mystérieux chevalier mobile était le Vanadís Frey et son pilote, Kurt, évaluait la situation autour de lui depuis son cockpit tout en combattant.

« Entrer dans l’atmosphère et se battre à la surface… Quel plan imprudent ! »

Le chevalier mobile piloté par Kurt était l’un des modèles dont la Sixième Usine d’Armement était particulièrement fière. Le modèle Vanadís original avait une silhouette élancée et féminine, mais celui de Kurt était équipé d’un blindage supplémentaire qui le rendait plus massif. Le cockpit était situé à l’emplacement de la poitrine d’une femme et, chaque fois que Kurt montait à bord de l’appareil, il se surprenait à souhaiter qu’il ait été placé ailleurs. Malgré tout, le Vanadís avait des caractéristiques techniques superbes dont la Sixième Usine d’Armement pouvait être fière.

 

Des chevaliers mobiles se déversèrent de l’intérieur du vaisseau dont il venait de détruire le pont. L’un d’eux s’approcha du Vanadís Frey.

« Vous n’êtes que des ordures accrochées à la maison Banfield, et vous ne savez pas quand abandonner ! »

Le pilote ennemi semblait connaître la position de la maison Exner.

Les chevaliers mobiles pilotés par les nobles étaient différents de ceux pilotés par les soldats ordinaires. Pilotés par des chevaliers surhumains, ils pouvaient se déplacer à une vitesse et avec une force tout aussi surhumaine. Le chevalier mobile ennemi tira avec une mitrailleuse à faisceau sur le Vanadís Frey alors que Kurt réduisait la distance qui les séparait, se préparant à un combat rapproché. Il ne craignait pas d’être touché, car son armure supplémentaire absorberait les dégâts.

« Tu es doué. Mais… »

Kurt remarqua immédiatement l’habileté du pilote ennemi, mais continua à foncer vers l’appareil sans crainte. L’ennemi tenta de passer à une arme de combat rapproché, mais Kurt brandit l’épée du Vanadís Frey et coupa en deux la machine de son adversaire. La lame de l’épée était recouverte d’un faisceau d’énergie qui dégageait une faible lueur jaune. L’épée avait un pouvoir de coupe incroyable : l’arme parfaite pour Kurt qui était spécialisé dans le combat rapproché.

Quand il détruisit l’un des chevaliers mobiles hostiles, les autres appareils ennemis devinrent plus prudents.

« Ne t’approche pas trop ! »

« Ce type est doué. »

« J’avais entendu dire que l’héritier du baron Exner était doué, mais là… »

Venant d’un vaisseau de commandement des forces de Calvin, ils étaient bien informés sur les nobles dans les rangs ennemis.

« Je n’ai rien contre vous », leur dit Kurt. « Je vous suggère de vous rendre avant d’être blessés. »

« Espèce de morveux arrogant ! »

Les chevaliers mobiles ennemis encerclèrent le Vanadís Frey et tirèrent dessus pour essayer de l’abattre, mais Kurt s’y attendait. Des attaques tombèrent du ciel, éliminant ses ennemis pour lui.

« Vous pensiez que j’étais venu ici tout seul ? »

Il leva les yeux dans son cockpit et vit son vaisseau mère au-dessus de lui. Les chevaliers mobiles en sortaient un par un.

Contrairement au Vanadís, les chevaliers mobiles pilotés par les soldats de la Maison Exner étaient tous d’une génération dépassée. Mais avec Kurt qui leur ouvrait la voie, cela ne posait aucun problème.

« Écrasons-les ! » ordonna-t-il à ses hommes.

Ils répondirent à l’unisson : « Oui, monsieur ! »

En regardant la ville fortifiée de la planète, Kurt vit de petits vaisseaux alliés y descendre. Des soldats armés débarquèrent de ces vaisseaux pour entamer une bataille terrestre dans la ville.

« N’oubliez pas de soutenir les forces terrestres. Sauver le baron Glynn est une mission importante ! »

« Monsieur ! »

En disant « sauver le baron Glynn », Kurt soupira intérieurement. Je n’aime pas mentir à mes hommes alors qu’ils risquent leur vie dans ce combat… Je comprends qu’il faille être téméraire pour gagner, mais Liam est allé un peu trop loin cette fois-ci. Je devrai lui donner un avertissement plus tard, en tant qu’ami.

 

***

Vêtus de combinaisons motorisées, les soldats de la maison Banfield débarquèrent dans la ville fortifiée. Menés par Tia et lourdement armés, ces experts en combat musclés et bien entraînés pénétrèrent dans le manoir du baron.

« Oh, baron ! Où es-tu ? » cria Tia.

Vêtue d’une combinaison de pilote qui faisait également office de combinaison motorisée, Tia tenait une rapière dans sa main droite. Dans sa main gauche, elle tenait un pistolet qu’elle utilisait pour éliminer les ennemis qui surgissaient sur leur chemin. Ses mouvements étaient précis et contrôlés, mais sous son casque, elle souriait, les yeux injectés de sang.

Quand elle tomba sur un groupe d’ennemis qui tentaient de leur résister derrière une barricade, Tia donna un coup de pied dans le sol et sauta par-dessus. Atterrissant au milieu du groupe, elle les taillada avec sa rapière. Elle maniait la lame si rapidement qu’elle semblait presque se plier dans sa main. Elle tranchait facilement l’armure des ennemis, tachant de rouge les environs.

Découvrant un ennemi qui avait eu la chance de survivre à l’assaut, Tia posa son pied sur la poitrine de l’homme à terre pour l’immobiliser. Le soldat avait l’air angoissé; il voulait désespérément survivre. Il jeta son arme et leva les mains.

« Épargnez-moi ! On m’a ordonné de me battre ! »

« Où est le baron ? » demanda Tia en le menaçant de sa rapière.

L’ennemi répondit sans hésiter. « Il s’est immédiatement enfui. Je ne sais pas s’il se cache quelque part ou s’il a déjà pris la fuite. On nous a juste dit de gagner du temps pour qu’il puisse s’échapper, au péril de notre vie ! »

Tia donna un coup de pied au soldat, le rendant inconscient, puis ordonna à l’un de ses subordonnés de l’attacher. « Faites de celui-ci un prisonnier. Pouvez-vous vérifier s’il y a un véhicule qui s’enfuit dans le ciel ? Il s’agit peut-être d’un petit vaisseau ou d’autre chose. Essayez simplement de voir si vous apercevez quelque chose. »

Un officier de communication contacta les forces positionnées au-dessus de la planète. Après avoir reçu une réponse immédiate, il rapporta : « Nous avons capturé tous ceux qui ont fui la planète, et le baron n’est pas parmi eux. »

« Il se cache donc ici… Trouvez-le. Lord Liam nous a ordonné de faire expier ses péchés au baron. »

Tia mena les chevaliers et la force d’atterrissage à travers le manoir, semant le chaos. Ils étaient officiellement là pour « sauver » le baron, mais pendant qu’ils fouillaient les lieux, ils mitraillaient le manoir avec des armes automatiques. Ils faisaient ce qu’ils voulaient, détruisant les murs avec leurs bazookas dès qu’ils en avaient envie.

« Trouvez le traître ! Je lui ferai comprendre personnellement qui il s’est mis à dos ! »

Tia continua à chercher Schlust, les yeux injectés de sang, jusqu’à ce qu’un de ses soldats remarque quelque chose.

« Là. »

Le soldat avait découvert une étagère discrète qui ouvrait sur une porte donnant sur une pièce cachée. Ils ne savaient pas comment activer le mécanisme et la porte était protégée par une épaisse plaque de métal, ce qui la rendait difficile à franchir.

« Il y a un mécanisme sophistiqué ici. »

« Ah bon ? » Tia donna un coup de pied dans la porte pour la forcer à s’ouvrir.

Les costauds des forces d’atterrissage la regardèrent, choqués.

« Elle ne peut pas être humaine pour ouvrir une porte comme ça d’un coup de pied ! »

« Les chevaliers peuvent probablement faire ce genre de choses, non ? »

« Non… Même un chevalier ne devrait pas pouvoir… »

Tia jeta un regard aux soldats qui bavardaient et qui se turent tous. Puis elle descendit les escaliers que la porte dissimulait auparavant. En descendant, elle cria d’une voix qui aurait sûrement terrifié Schlust si le baron se cachait à l’intérieur et pouvait l’entendre.

« Oh, baaaron… Baron qui nous a trahis dès le début… Sors, sors, où que tu sois… »

Au bas de l’escalier se trouvait une pièce simple, sans pièges, dispositifs d’autodestruction ou quoi que ce soit de ce genre. Tia entra et trouva Schlust recroquevillé au milieu de la pièce dont l’intérieur était beaucoup trop somptueux pour une simple pièce cachée. Il serrait un trésor contre sa poitrine, les larmes coulant de ses yeux.

« Eep ! »

Des piles de métaux rares et d’antiquités que Schlust avait collectionnées jonchaient la pièce.

« C’est une sacrée cachette que tu as là, vu l’état déplorable de ton domaine. Je suis impressionnée. » Après cette remarque sarcastique, Tia rangea sa rapière.

Schlust avait manifestement mal compris et poussa un soupir de soulagement. « Vous êtes venue me sauver ? Oh, Dieu merci ! Je me cachais parce que j’avais peur d’être capturé par les nobles de la faction de Calvin. »

« Eh bien, tant mieux. »

Schlust se leva et s’approcha de Tia. Souriante, elle lui donna un coup de poing.

« Bfft ! » Schlust fut projeté en arrière contre un mur.

Tia s’approcha de lui. Elle le souleva par ses longs cheveux et dit d’une voix affectée : « Oh non ! Comment ça a pu arriver ? Nous nous sommes précipités ici pour sauver le baron, mais nous sommes arrivés trop tard et il est mort ! »

« Trop tard ?! Non, je… bfft ! »

Avant qu’il n’ait pu finir, Tia lui donna une deuxième gifle. Puis elle le frappa une troisième et une quatrième fois, transformant son visage en un véritable champ de bataille.

« Je… je vous donnerai le trésor, » pleura Schlust, « s’il vous plaît… »

Il se débattit désespérément pour échapper à Tia, mais il ne put rien faire pour se libérer de son emprise.

Tia lui lança un regard dégoûté et dit d’un ton glacial : « Pathétique jusqu’à la fin, n’est-ce pas ? Où est passée ta fierté de noble ? »

« Je suis désolé… S’il vous plaît… »

« Tes sujets te détestent pas mal, hein ? C’est normal, vu que tu as détruit la planète, que tu n’as même pas essayé de réparer les dégâts et que tu as en plus imposé des taxes super lourdes à ton peuple. »

Même si Tia avait énuméré les défauts du baron, il ne semblait pas comprendre le problème que posaient ses actions.

« Qu’est-ce qui n’allait pas avec ça ? »

Quand Schlust sembla sincèrement ne pas saisir ses méfaits, Tia sentit la colère monter en elle. « Tu ne réalises même pas à quel point tu as fait souffrir ton peuple, n’est-ce pas ? Je sais… Dans ce cas, pourquoi ne pas t’offrir une fin qui te convient ? »

Toujours en tenant Schlust par les cheveux, Tia se mit à marcher. Elle sortit du passage secret et trouva ses soldats qui l’attendaient.

« Dame Christiana ?! Notre plan était de… »

Leur plan était de tuer le baron s’ils le trouvaient, puis de prétendre que c’était l’œuvre des nobles de la faction de Calvin. Ainsi, le fait de voir que Tia avait capturé l’homme vivant sema la confusion parmi ses soldats.

Tout en continuant à marcher, Tia s’expliqua : « Il ne semble pas comprendre à quel point il est stupide. J’ai donc décidé de lui donner une leçon à la fin de sa vie. Rassemblez les gens qui vivent dans et autour de la ville fortifiée. Nous avons un super spectacle à leur offrir. »

Comprenant ce que Tia avait en tête, ses soldats se dispersèrent rapidement, ne laissant que quelques-uns d’entre eux pour la protéger.

« Est-ce qu’on peut faire ça sans demander la permission d’abord ? » demanda l’un d’eux.

Tia baissa les yeux vers Schlust qui continuait de se débattre pathétiquement contre elle. « Il sera plus approprié pour lui de mourir entre les mains de ses sujets plutôt que dans celles d’un noble de Calvin. »

 

***

Tia emmena Schlust sur une place de la ville fortifiée et le jeta à terre. Là, il fut attaqué par des citoyens du domaine de la maison Glynn qui l’attendaient, tous armés. Un couteau, probablement pris dans la cuisine de quelqu’un, transperça le mollet du baron.

« Aïe ! Ça fait mal ! Aidez-moi ! »

Schlust hurla et pleura, mais la colère de ses sujets ne s’était pas apaisée. Ils s’avancèrent et le poignardèrent un par un, comme s’il y avait une règle selon laquelle chacun avait droit à un seul tour.

« Comment ça, “ça fait mal” ?! Tu sais ce qu’on a enduré ?!

« Ma famille est morte à cause de toi ! »

« Tu menais une vie de luxe pendant que nous souffrions tous ! »

Le règne de Schlust avait été horrible et la colère de son peuple était incontrôlable.

« Pardonnez-moi ! Je ne le ferai plus ! Je baisserai les impôts, je le jure ! »

Ses paroles furent ignorées et les lames le transpercèrent à plusieurs reprises. En tant que noble, Schlust avait un corps plus robuste que la normale, mais cela jouait maintenant en sa défaveur. Une personne ordinaire serait morte rapidement, mais les avantages liés à sa condition ne faisaient que prolonger ses souffrances. Tia observait la scène avec agacement.

Son aide de camp, Claudia, remarqua sa mauvaise humeur et lui en demanda la raison. « Dame Tia, quelque chose te déplaît-il ? »

Tia leva les yeux vers le ciel. « J’aimerais pouvoir me battre là-haut à sa place. Je me sens pathétique, car Lord Liam a confié l’armée à Marie à ma place. » Marie lui avait volé son rôle de commandant.

Claudia ne pensait toutefois pas qu’ils auraient pu empêcher cela. « Eh bien, le fossile est plutôt enthousiaste à propos de ce combat. Lord Liam a probablement juste voulu être prévenant. »

« Je suppose que oui… Mais j’aurais aimé pouvoir tuer Théodore moi-même. » Il l’avait tellement agacée qu’elle était contrariée de ne pas pouvoir l’éliminer personnellement.

Claudia sourit ironiquement. « C’est dommage, mais on va devoir laisser ça à Sire Claus. »

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