Je suis le Seigneur maléfique d’un empire intergalactique ! – Tome 10 – Chapitre 9 – Partie 1

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Chapitre 9 : La pêche

Partie 1

Sur le pont de l’Argos, Théodore essayait de garder un visage impassible, mais il s’amusait intérieurement. La faction de Liam devait avoir des liens faibles pour se désagréger aussi vite ! Ou est-ce que je suis juste trop doué ? Mon propre talent me fait peur !

Les visages des nobles de la faction étaient affichés sur des écrans flottant dans les airs et tous semblaient furieux contre Liam.

« Comte Banfield, c’est de votre faute ! Attendez donc. Quand tout ça sera fini… »

« Vous m’avez laissé tomber. »

Six mois après le début de la guerre, la faction de Calvin avait pris l’avantage. De son côté, la faction de Cléo avait perdu presque tout son territoire et beaucoup de ses membres avaient dû battre en retraite. Plusieurs nobles avaient déclaré qu’ils quittaient la faction et avaient fui le champ de bataille. Certains avaient même rejoint Calvin.

Les nobles restants reprochaient maintenant à Liam son échec, mais…

« Est-ce tout ce que vous avez à dire ? » leur répondit-il. « Alors, prenez vos jambes à votre cou. Je combattrai Calvin tout seul s’il le faut. »

Le jeune et fougueux Liam avait raté sa chance de se retirer du combat. Il n’avait pas réussi à empêcher ses alliés de faire défection et, maintenant, il essayait d’intimider ceux qui étaient restés. Tout le monde savait que la guerre était déjà perdue, mais Liam insistait pour se battre jusqu’à la victoire.

Théodore était ravi. Oui, continue à te battre et verse encore plus de sang. Une fois ce combat terminé, aucun d’entre vous ne pourra plus jamais défier le prince Cléo. Une conclusion appropriée pour un enfant gâté né dans une famille de comtes.

Il jeta un coup d’œil autour du pont et vit Tia et Marie baisser la tête, frustrées, comme si elles ne pouvaient supporter de voir Liam se ridiculiser.

« Continuer causera encore plus de dégâts », Tia avertit ainsi son seigneur.

Pour une fois, elle et Marie étaient d’accord. « La bataille est terminée », conseilla l’autre chevalier. « Nous devrions soit battre en retraite, soit entamer des négociations avec l’ennemi. »

Même avec deux chevaliers chevronnés de la maison Banfield qui lui déconseillaient de continuer, Liam exigea qu’ils poursuivent le combat, ses émotions prenant le dessus. « Taisez-vous ! La seule chose que je vous ai permis de faire, c’est de me mener à la victoire ! Mais Tia… Marie… vous n’avez fait que perdre depuis le début de cette guerre. Si vous êtes trop incompétentes pour exécuter mes ordres, je n’ai besoin ni de l’une ni de l’autre. Ramassez nos blessés et retournez sur notre planète d’origine. »

En ordonnant aux deux femmes de ramener les soldats blessés et les armes cassées, Liam les avait maintenant chassées du champ de bataille.

Claus, qui était toujours là, prit la parole pour réprimander Liam : « C’est fini, seigneur Liam. S’ils nous repoussent encore plus loin, l’ennemi atteindra la planète du baron Glynn. Même si on se concentre sur la défense, l’ennemi est quatre fois plus nombreux que nous, nous sommes condamnés à la défaite. »

En réponse à l’avertissement de Claus, Liam évoqua ses précédentes batailles contre les pirates. « Alors, il n’y a pas de problème. J’ai surmonté des obstacles similaires un nombre incalculable de fois. J’ai l’habitude d’être en infériorité numérique. »

« Mais, monsieur… ! »

« Claus, tu me défies aussi ? Je suis déçu. Tu peux partir toi aussi. »

Après avoir vu Liam renvoyer tous ses serviteurs talentueux, Théodore décida qu’il était temps d’agir. Ça s’est fini plus tôt que prévu. Comme c’est pratique qu’il renvoie aussi tous ses proches conseillers !

 

***

Après s’être assuré qu’il était seul, Théodore contacta Schlust. Les communications entre les deux traîtres n’étaient pas considérées comme suspectes, car ils étaient du même côté. Théodore transmit le mot de passe qu’il avait choisi avec le baron à l’avance pour faire savoir à Schlust que leur plan entrait dans sa phase finale. Comme le baron contrôlait les communications locales, cette supercherie n’était qu’un jeu d’enfant.

« Nous avons un problème. Vous devriez vous préparer, baron Glynn. » Vu les circonstances, personne ne trouva ces mots bizarres.

Mais le baron Glynn écarquilla les yeux en les entendant. Il hocha la tête avec détermination. « Compris. Je résisterai jusqu’au bout. »

Ils avaient décidé à l’avance de la véritable signification de ces phrases. La phrase de Théodore pouvait se traduire par : « On a acculé Liam. Préparez-vous à vous rendre. » La réponse de Schlust signifiait quant à elle : « Compris. » Schlust n’avait jamais eu l’intention de se battre; il prévoyait donc de se rendre dès que la faction de Calvin envahirait sa planète.

« Vous avez envoyé les forces défensives que la Maison Banfield vous a fournies, n’est-ce pas ? » demanda Théodore à Schlust pour confirmer.

« Oui, je vais m’assurer de les mettre à contribution. Je suis content d’avoir insisté pour obtenir ces forces supplémentaires ! »

Schlust avait insisté pour que Liam lui prête des forces supplémentaires, car sa planète n’était pas bien défendue. Il avait prévu de les remettre à la faction de Calvin lorsqu’il se rendrait, mais si celle-ci résistait, il se joindrait à elle pour mener une attaque en tenaille.

« Alors ce sera tout. »

« Faites attention. »

Théodore coupa la communication et sourit méchamment. « Ça vaudra beaucoup, et pas seulement auprès du prince Cléo. Le prince Calvin ne pourra pas non plus ignorer ce que j’ai fait. Et je connais leur secret, donc je les ai en position de faiblesse… Si je joue bien mes cartes, je pourrai devenir l’un des nobles les plus puissants de l’Empire. »

Il ricana en imaginant son avenir radieux.

 

***

Cela faisait maintenant un an que les combats avaient commencé. Quand Calvin reçut la nouvelle sur la planète capitale, il ne put s’empêcher de bondir de sa chaise, surpris. Le jeune noble qui lui avait apporté le message avait les larmes aux yeux.

« On a gagné ? » demanda Calvin. « Vraiment ?! »

« Oui, Votre Altesse ! Notre armée a repoussé celle de la maison Banfield et occupe maintenant la planète natale du baron Glynn ! Le baron s’est rendu. Les forces de défense au sol envoyées par la maison Banfield résistent encore, mais elles sont peu nombreuses; nous devrions donc les maîtriser rapidement. »

Si elles avaient pris le contrôle de la planète natale du baron Glynn et capturé ce dernier, Calvin aurait gagné. La guerre par procuration serait alors terminée.

Pourtant, Calvin n’arrivait pas à y croire. « C’est trop facile », dit-il. « Liam n’avait-il pas son bras droit, Claus, avec lui ? »

« Nos espions nous ont dit que Liam avait cherché à gagner en s’opposant aux conseils de Claus. »

Liam aurait-il vraiment fait ça ? À ce stade, Calvin se sentait plus inquiet que soulagé. « Que fait Cléo… ? »

Maîtrisant son excitation, le jeune noble poursuivit solennellement son rapport. Il semblait se méfier lui-même de Cléo. « Nos agents le surveillent, mais il n’a rien fait de suspect. Il ne semble pas être en contact avec Liam et il suit le plan prévu pour lui à la lettre. Franchement, c’est ce qui m’inquiète le plus. »

N’importe qui aurait des doutes en apprenant que Cléo, qui avait pris l’avantage dans la lutte pour la succession, avait abandonné la compétition au profit de Calvin, qui était dos au mur. Auparavant, Calvin n’avait pas eu d’autre choix que de s’allier à Cléo. S’il avait tué l’autre prince à ce moment-là, Liam aurait simplement soutenu quelqu’un d’autre. Ça n’aurait servi à rien. C’était Liam que Calvin craignait, pas Cléo, et il s’était allié à lui parce que Liam représentait une menace plus redoutable pour lui. Pourtant, il était toujours nerveux à propos de Cléo et de la défaite difficile à croire de Liam.

« Dis à nos alliés de ne pas baisser leur garde », ordonna Calvin. « Si lui… si Liam avait été si facile à battre, on n’aurait jamais été poussé aussi loin. »

Quand Calvin lui ordonna de ne pas baisser la garde, le jeune noble se redressa. « Je vais leur dire tout de suite ! »

« Bien. Je leur rappellerai aussi quand j’irai les remercier pour leurs efforts. »

Normalement, c’est le moment où tout le monde dans la faction se détend, sûr de la victoire. Mais cette victoire avait été si facile que Calvin était pris d’angoisse, craignant qu’ils ne tombent dans un piège.

Quand le jeune noble quitta son bureau, Calvin se prit la tête entre les mains. « C’est fini… n’est-ce pas ? J’ai gagné, n’est-ce pas ? Alors pourquoi suis-je si anxieux… ? »

On venait de lui annoncer sa victoire, mais il n’arrivait pas à se réjouir de cette nouvelle.

 

***

Des milliers de cuirassés flottaient au-dessus de la ville fortifiée où résidait le baron Glynn, sur sa planète natale; ils bloquaient la lumière du soleil.

Sur le pont de l’un de ces navires, un noble de la faction de Calvin, commandant, était tout excité par leur victoire facile. Il avait dirigé le détachement qui avait pris le contrôle de la planète.

« Le prince héritier nous a envoyé une arme secrète, mais nous n’avons même pas eu besoin de l’utiliser, n’est-ce pas ? », se vantait-il.

L’adjudant du commandant était tout aussi détendu. « N’est-ce pas justement parce qu’elle n’a pas été utilisée qu’elle reste secrète ? »

« Je suppose que oui. Il n’y a aucune raison de réveiller le chat qui dort, comme on dit. »

L’arme secrète de Calvin et ses fournitures occupaient désormais une grande partie de l’espace à bord du vaisseau du commandant. L’arme était encombrante et était livrée avec son propre personnel spécialisé. Même le commandant ne connaissait pas beaucoup de détails à son sujet. Il était curieux, mais elle était clairement dangereuse, alors il préférait ne pas s’en occuper.

Ensemble, le commandant et son aide de camp regardaient la ville fermée depuis une fenêtre du pont.

« Quelle planète dévastée ! »

« Le baron Glynn a la réputation d’être un idiot. Je suppose que le prince Cléo a choisi le mauvais allié. »

« Je doute que cela ait un rapport avec ses capacités. Tout ça, c’est de la politique. Mais ça dépasse mes compétences. » Le commandant n’avait pas été informé de ce qui se passait en coulisses.

« On a quand même remporté une victoire éclatante, non ? Et on va devoir changer nos plans, pas vrais ? » demanda son aide de camp, qui voulait en discuter avec lui.

« Eh bien, ce n’est pas encore fini. La maison Banfield a toujours des troupes au sol sur la planète. Nos alliés devraient être en route pour les attaquer en ce moment même. »

« Ils devraient bientôt être éliminés. Après tout, le baron Glynn nous a communiqué la taille de l’unité. »

« … Je ne voudrais vraiment pas l’avoir dans mon camp. »

Avec la fin de la guerre en vue, les deux hommes se sentaient complètement détendus, jusqu’à ce qu’un vaisseau allié situé à quelques kilomètres de là explose soudainement. Le commandant et l’adjudant regardèrent vers le bas, surpris, et virent l’épave s’écraser au sol, quelque part près de la ville fortifiée.

« Quelle est notre situation ?! » hurla l’adjudant à un opérateur du pont. « Vite ! »

« L’attaque venait d’en haut ! »

« Y a-t-il des ennemis là-haut ? Seuls nos alliés sont censés se trouver au-dessus de nous dans l’espace ! »

Alors que les sirènes retentissaient, ils passèrent en état d’alerte maximale. Pendant ce temps, de plus en plus de leurs alliés explosaient, transpercés par des rayons. Certains tiraient vers le haut, mais leurs propres alliés tombaient du ciel vers eux. Les vaisseaux abattus par des tirs amis s’écrasaient également au sol.

« Est-ce la Maison Banfield ? Ils ne savent pas quand abandonner… » Le commandant prit place, prêt à donner ses ordres.

À ce moment-là, l’opérateur identifia les vaisseaux ennemis. « Non, les appareils portent l’emblème de la maison Exner ! »

Le commandant resta un instant perplexe, puis se rappela de qui il s’agissait. Il se souvint qu’un baron étroitement lié à la maison Banfield se trouvait parmi les forces ennemies.

« Ce baron arriviste ?! N’avait-il pas fait défection ? »

Un instant plus tard, un chevalier mobile que le commandant n’avait jamais vu auparavant apparut à la fenêtre du pont, brandissant une énorme épée de sa main droite.

Ce fut la dernière chose que le commandant vit.

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Un commentaire :

  1. merci pour le chapitre

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