Je suis le Seigneur maléfique d’un empire intergalactique ! – Tome 10 – Chapitre 11

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Chapitre 11 : Imitation

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Chapitre 11 : Imitation

Partie 1

Alors que la flotte de la garde impériale de Cléo était anéantie, Haydi, qui commandait alors le Purple Tail, reçut un rapport d’un officier d’état-major.

Il écarquilla les yeux. « Quatre chevaliers mobiles non identifiés approchent de la planète ? »

« Oui, monsieur. Ils sont capables de quitter l’atmosphère de manière autonome et semblent avoir pour objectif la flotte principale de la maison Banfield. »

« Que peuvent faire quatre chevaliers mobiles à eux seuls ? Abattez-les. »

« Eh bien… un seul de ces modèles a infligé de lourdes pertes à nos forces terrestres. L’héritier du baron Exner est actuellement engagé dans un combat avec cet appareil, mais il est en position défavorable et a demandé des renforts. »

« Le fils du baron Exner… C’est le copain du patron Liam, non ? Il est censé être plutôt doué, non ? » Haydi posa une main sur son menton, pensif.

À ce moment-là, l’opérateur de communication se retourna pour annoncer : « Des engins non identifiés ont quitté l’atmosphère de la planète et ont commencé à attaquer nos vaisseaux alliés ! D-De gros dégâts ?! Ils demandent de l’aide… »

Haydi regarda le champ de bataille depuis les hublots du pont. « Oui, je les vois. »

 

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Quatre chevaliers mobiles blancs non identifiés mettaient en déroute les vaisseaux des nobles de la faction de la maison Banfield.

Un noble se leva sur le pont en feu de son vaisseau, le sang coulant de sa tête. En levant les yeux, il vit l’un de ces chevaliers mobiles blancs à l’extérieur des fenêtres du pont, levant le fusil qu’il tenait à la main et le pointant droit sur lui.

« M... monstre… » Le noble n’eut le temps de prononcer que ce seul mot avant que le fusil ne tire un rayon qui transperça le pont et le réduisit en cendres.

Le chevalier mobile blanc se dirigeait vers sa prochaine cible lorsque les chevaliers de sa propre unité l’encerclèrent.

« Tu crois pouvoir faire tout ce que tu veux, hein ? On va s’occuper de toi… »

Les chevaliers avaient commencé à dire quelque chose, mais l’engin ennemi se dirigeait déjà vers son prochain objectif. S’ils se mettaient en travers de sa route, il devrait aussi les éliminer.

Le chevalier mobile jeta son fusil et brandit une lame à double tranchant de style occidental. Imitant maladroitement Flash, il détruisit l’escadron adverse de chevaliers mobiles se trouvant à proximité. Puis il s’envola immédiatement vers son objectif principal.

À proximité, les trois autres chevaliers mobiles blancs infligeaient de lourds dégâts aux vaisseaux alentour alors qu’ils se dirigeaient vers leur destination, détruisant tous les chevaliers mobiles ou vaisseaux adverses qu’ils croisaient.

« Est-ce que ce sont ceux du comte… ? »

« Ce n’est pas possible… »

« Tirez-leur dessus ! On doit simplement les attaquer à distance ! »

Les quatre chevaliers mobiles blancs fonçaient à travers le chaos du champ de bataille.

Les nobles de la faction de la maison Banfield subissaient de sérieux dégâts à cause de quatre unités ennemies seulement. Les chevaliers mobiles fendaient des centaines, voire des milliers de vaisseaux, semant la mort sans pitié sur leur passage. Ils le faisaient sans émotion; en attaquant, ils ne faisaient qu’exécuter leurs ordres.

Finalement, un vaisseau de la force principale de la maison Banfield apparut devant eux, accompagné de ses Nemains.

« Arrêtez de laisser quatre misérables chevaliers mobiles sévir ! »

À l’apparition de ces Nemains, considérées comme des chevaliers mobiles de nouvelle génération, les unités blanches changèrent de tactique. Face à ces nouveaux adversaires qu’ils jugeaient plus dangereux que ceux qu’ils avaient affrontés auparavant, ils se précipitèrent immédiatement les uns vers les autres.

« Ils essaient de se regrouper, capitaine. »

« Ne les laissez pas faire ! Il faut les détruire avant qu’ils ne puissent le faire ! »

Les Nemains ouvrirent le feu sur les chevaliers mobiles blancs pour les empêcher de se regrouper. Pendant ce temps, les vaisseaux derrière eux leur fournissaient un tir de couverture. Cela voulait dire que les appareils blancs faisaient face à des attaques plus intenses et plus précises qu’avant; ils étaient confrontés à un groupe particulièrement habile, même au sein des forces de la maison Banfield. Cependant…

« Anéantissez-les. »

Les appareils blancs profitèrent de leur état sans pilote pour se déplacer d’une manière que n’aurait jamais pu faire un chevalier mobile normal. Manœuvrant selon des trajectoires que même les chevaliers humains n’auraient pas pu supporter, ils abattirent les renforts de la maison Banfield un par un.

Voyant ses subordonnés abattus les uns après les autres, le capitaine de l’escadron Nemain attaqua les chevaliers mobiles blancs. « Comment osez-vous tuer mes hommes ?! »

Un engin blanc bloqua le coup de Nemain avec sa propre épée. Un instant plus tard, les bras et les jambes de Nemain étaient sectionnés, ne laissant plus qu’une tête attachée à un torse.

Dans son cockpit, le capitaine était sous le choc. « C’était ce que le seigneur Liam… »

Avant qu’il n’ait pu finir sa phrase, un chevalier mobile blanc enfonça sa lame dans le cockpit, détruisant l’appareil avant de poursuivre vers son prochain objectif.

 

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Lorsque les informations concernant l’appareil non identifié parvinrent au pont de l’Argos, le mal était déjà fait.

« Ce n’est pas encore confirmé, mais cinq engins ressemblant à l’Avid de la Septième Usine d’Armement auraient été repérés. Quatre d’entre eux ont quitté l’atmosphère de la planète et ont attaqué nos alliés. Les dégâts sont importants. » D’après le rapport de l’opérateur de communication, les mouvements de l’ennemi semblaient clairement anormaux.

Après avoir consulté les données sur les appareils ennemis, Claus fronça gravement les sourcils. « Ils se déplacent d’une manière que je ne puisse imaginer être supporté par un passager humain, chevalier ou non. De plus, certains aspects de leur style de combat ressemblent au vôtre, seigneur Liam. »

En regardant les images qu’on m’avait fournies, j’avais effectivement vu que les chevaliers mobiles blancs semblaient utiliser le Flash.

« Donc… ce sont les successeurs de l’Avid que la Septième Usine d’Armement a été chargée de créer », murmurai-je.

Claus se tourna vers moi. « Vous étiez au courant ? »

« J’ai reçu un rapport à ce sujet de Kukuri, » répondis-je sans détour.

« Si vous nous en aviez parlé avant, nous aurions pu mieux nous préparer à les affronter », dit Claus, sans colère toutefois.

C’est vrai, j’aurais probablement pu éviter certains dégâts en partageant ce que j’avais appris avec tout le monde. Mais quoi qu’il en soit, j’étais plus curieux de savoir ce qu’il y avait à l’intérieur de ces engins. « Si ces engins étaient simplement supérieurs à l’Avid, ils ne causeraient pas autant de dégâts. Le vrai problème, c’est ce qu’il y a à l’intérieur. »

Claus acquiesça en posant une main sur son menton, pensif. « C’est vrai. S’ils ont réussi à trouver des pilotes aussi doués, je ne peux pas dire grand-chose d’autre que “bravo”. Si les pilotes sont vraiment humains, bien sûr. »

Il observait lui-même les compétences des pilotes ennemis et son expérience du combat en chevalier mobile lui avait probablement donné une idée de ce que cela pouvait signifier.

Même si ces pilotes ennemis s’étaient entraînés selon mes méthodes de combat, leur style était trop similaire. Des chevaliers mobiles capables de reproduire le Flash et de se déplacer d’une manière que les pilotes humains ne peuvent pas supporter…

« J’ai vu des mouvements comme ceux-là dans un simulateur », ai-je fait remarquer.

Quand je lui donnais cet indice, Claus écarquilla les yeux. « Ce n’est pas possible… »

Il y avait un mode que l’on pouvait choisir dans un simulateur de combat et qui permettait d’effectuer des missions contre des adversaires IA. C’était un vestige d’une époque révolue, destiné à préparer les pilotes à une potentielle nouvelle révolte de l’IA. De nos jours, cet entraînement n’était qu’une simple formalité, mais il rappelait à l’humanité qu’elle avait failli être anéantie.

En d’autres termes, les successeurs de l’Avid étaient équipés d’une IA. Cette technologie était taboue, non seulement dans l’Empire, mais pour toute l’humanité. Dans cette réalité, il était considéré comme insensé de laisser des armes fonctionner de manière indépendante grâce à l’intelligence artificielle, en raison du passé douloureux de l’humanité.

Pas étonnant que Claus ait été choqué, même s’il était d’habitude si imperturbable. En me levant de ma chaise, je ressentis une pointe de supériorité à l’idée de l’avoir surpris. « Fais reculer nos alliés. On ne peut pas laisser d’autres personnes mourir en vain. »

« Mais alors, l’ennemi va arriver… »

« Je m’en occuperai. »

La Septième Usine d’Armement avait créé ces chevaliers mobiles en utilisant mes propres métaux rares, donc je ne voyais pas d’inconvénient à les récupérer moi-même sur le champ de bataille.

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Partie 2

Marie était assise sur le pont détruit du vaisseau amiral de la flotte de la Garde impériale de Cléo. Son Teumessa avait déjà détruit le pont et, derrière elle, le vaisseau crachait du feu à plusieurs endroits.

Au sommet de ce pont qui pouvait exploser à tout moment, Marie recevait un rapport de Haydi : « Lord Liam part intercepter l’engin non identifié ? Qu’est-ce que tu fais, Haydi ? Déploie-toi immédiatement et protège-le ! »

Alors que Marie bouillait de rage, les yeux écarquillés, Haydi se défendait désespérément de l’autre côté de l’écran : « Le patron a refusé notre aide ! Il a dit de ne pas intervenir, car ce sont ses proies ! »

Marie n’avait rien à répondre à cela. S’il s’agissait d’un ordre du chef de la maison Banfield, même elle n’avait d’autre choix que d’obéir. « Tu aurais quand même dû l’arrêter, même si ça voulait dire désobéir aux ordres ! Ou au moins sortir ! » s’écria-t-elle.

« Nos ordres sont d’éliminer le reste de l’ennemi », répondit Haydi, « et aussi… »

« Hum ? » grogna Marie.

« Ils ont équipé ces chevaliers mobiles ennemis d’une IA », finit Haydi, l’air amer.

Les chevaliers mobiles n’étaient équipés que d’une IA limitée pour aider leurs pilotes. Ils n’étaient pas censés se déplacer tout seuls grâce à l’IA.

À l’expression de Haydi, Marie devina ce qu’il voulait dire. « Ils l’ont fait, n’est-ce pas ?! »

Furieuse, elle bondit hors du vaisseau amiral et tira avec sa mitrailleuse à faisceau, le faisant exploser. Puis elle donna l’ordre à ses hommes : « Que ceux qui peuvent me suivre me rejoignent, nous allons immédiatement aider Lord Liam ! »

Une fois les ordres donnés, les chevaliers mobiles alliés se précipitèrent à la suite du Teumessa.

 

***

Dans le cockpit de l’Avid, j’agrippai les manettes de commande. La machine se mit en marche, son écran affichant des données sur mon environnement. Je pouvais sentir les moteurs vrombir dans le cockpit. Ce n’était pas de la rage que je ressentais de leur part, mais de la curiosité.

« Toi aussi, tu es curieux, hein ? » demandai-je à l’Avid.

Ses moteurs grognèrent en réponse. Il semblait effectivement s’interroger sur les successeurs qu’il allait affronter.

Depuis que j’avais installé le Cœur de Machine en lui, l’Avid avait vraiment montré ses émotions. Personnellement, je ne pensais pas que cela différait de l’intelligence artificielle implémentée dans les chevaliers mobiles ennemis. Mais les gens voyaient l’Avid comme ayant « gagné un cœur » grâce à une mystérieuse technologie ancienne, ce qui ne provoquait aucune répulsion chez eux.

« Bon, alors, pourquoi ne pas aller les rencontrer ? »

L’Avid traversa le hangar presque entièrement de son propre chef, se dirigeant vers la catapulte. Celle-ci utilisait une combinaison de puissance magnétique et magique; elle ressemblait à un canon qui tirait des chevaliers mobiles comme des obus. Dès que nous aurions reçu le feu vert pour sortir, elle nous lancerait.

Une petite fenêtre s’ouvrit à l’écran, montrant Eulisia, qui allait être mon opératrice. Elle était en mode travail, avec un air sérieux, mais sa voix donnait l’impression qu’elle était de mauvaise humeur. « Le commandant suprême lui-même n’est pas censé sortir. »

Comme elle avait besoin de se plaindre, je me sentis obligé de m’assurer qu’elle voyait les choses du bon côté. « Ce n’est qu’un simple divertissement. Je ne vais affronter que quatre chevaliers mobiles, tu sais. »

« Oui, quatre chevaliers mobiles très, très dangereux ! Des armes interdites qui fonctionnent de manière autonome grâce à l’intelligence artificielle ! Ils se sont clairement entraînés sur tes données de combat. Tu ne penses pas qu’ils seront difficiles à combattre ? On devrait juste les encercler avec deux cent mille vaisseaux et les réduire en miettes. »

« S’ils ont été conçus pour surpasser l’Avid, ils ont probablement du carburant supplémentaire dans leur espace de stockage. Qui sait combien de temps ils pourraient résister ? »

« Quoi qu’il en soit, tu ne penses pas qu’on pourrait les vaincre grâce à notre supériorité numérique ? »

« Bien sûr. C’est pour ça que ce n’est qu’un jeu. »

Même les chevaliers mobiles équipés d’une IA ne pouvaient pas se battre indéfiniment sans ravitaillement ni maintenance. Peu importe le temps qu’ils tiendraient, cela ne servirait à rien face à un ennemi largement supérieur en nombre. Même avec leur armure en métal rare, ils finiraient par atteindre leurs limites et seraient détruits.

Pourtant, Calvin avait vraiment raté l’occasion d’utiliser ces unités comme un véritable atout. Les déployer maintenant n’était rien d’autre qu’une résistance futile de sa part. Et si un commandant déployait son atout au mauvais moment, cela signifiait simplement qu’il était incompétent.

« L’Avid meurt d’envie de sortir, alors tu peux nous lancer ? »

Pendant que je discutais avec Eulisia, l’Avid semblait impatient de se déployer.

Eulisia fit la moue : « Tu parles comme si ton chevalier mobile était vivant. Tu l’aimes vraiment beaucoup… Tu ne pourrais pas m’aimer autant ? »

« Non, j’aime vraiment plus l’Avid que… »

« cela décolle. »

« Ah… Hé ! »

Avant que je puisse lui expliquer clairement mon attitude envers Eulisia, je fus propulsé hors de l’Argos.

La vue autour de moi se transforma en espace intersidéral tandis que l’Avid utilisait ses propulseurs pour foncer vers les chevaliers mobiles blancs que nous visions. Je voyais bien que l’Avid était de plus en plus excité, comme s’il avait hâte de se battre. Tous ses compteurs affichaient des valeurs idéales.

« Bon, voyons voir à quel point tu as réussi à me reproduire, d’accord ? »

J’étais également curieux de voir à quel point la Septième Usine d’Armement, c’est-à-dire Nias, avait réussi à recréer l’Avid. Même si Calvin l’avait forcée à le faire, Nias n’était pas du genre à bâcler son travail.

Quand mes alliés reculaient, ils ouvraient la voie aux chevaliers mobiles blancs pour qu’ils puissent foncer droit sur l’Avid. En agrandissant l’engin sur mon écran, je remarquai plusieurs caractéristiques de l’Avid. Les différences étaient la couleur blanche de l’engin et leurs têtes ternes, sans aucun ornement.

« D’un blanc pur… comme des héros de la justice ou quelque chose comme ça. Je vais essayer de les contacter. »

L’IA allait-elle me répondre ? J’avais hâte de le savoir, mais lorsque je tentai d’établir la communication, ils m’ignorèrent complètement et poursuivirent leur attaque.

« Vous n’êtes pas marrants », ai-je soupiré.

L’Avid semblait vouloir prendre l’initiative et les saluer. Il ouvrit plusieurs cercles magiques derrière nous. Je supposai qu’il comptait tester les capacités de l’ennemi en le frappant d’abord avec des attaques à longue portée.

Quand les missiles lancés depuis les cercles magiques de l’Avid atteignirent leur cible, les machines ennemies déployèrent leurs propres cercles magiques. Les quatre appareils prirent rapidement position. J’avais entendu dire que les pilotes expérimentés faisant partie de la même unité depuis longtemps pouvaient effectuer des manœuvres coordonnées complexes, presque comme s’ils réalisaient un spectacle acrobatique. Les quatre engins blancs me faisaient maintenant le spectacle. Chacun déployait le même nombre de cercles magiques que l’Avid, mais comme il y avait quatre appareils ennemis, cela signifiait quatre fois plus de cercles magiques.

« On dirait que leurs capacités en magie spatiale ne sont pas très différentes », me suis-je dit.

Pendant ce temps, les deux camps avaient commencé à se battre. Ils se tiraient dessus avec des munitions réelles et des armes optiques, des missiles et des projectiles qui explosaient avant même d’atteindre l’autre camp. Ma vue devint aveuglante à cause des explosions et des flashs, et comme j’étais en infériorité numérique, je me sentis un peu désavantagé.

« La différence de nombre te fait reculer, Avid », ai-je dit pour le taquiner.

L’Avid répondit en manifestant davantage de cercles magiques, comme si son esprit de compétition s’était réveillé. Cependant, les autres firent de même, et ils étaient toujours plus nombreux que nous.

Puis, nos adversaires se dispersèrent et encerclèrent l’Avid. Très vite, nous avions été attaqués de quatre côtés. Pour se protéger, l’Avid déploya les boucliers fixés à ses bras auxiliaires, mais l’ennemi nous lança tellement d’attaques qu’il était difficile de croire qu’elles provenaient de quatre chevaliers mobiles.

Dans le cockpit, j’étais impressionné. « C’est donc ça, affronter l’Avid. » Comme c’était quelque chose que je n’aurais jamais pu faire auparavant, c’était étrangement fascinant.

L’Avid continua d’esquiver les attaques ennemies, ripostant depuis ses cercles magiques, mais ceux-ci ne voulurent pas rompre leur formation.

« Ils sont entraînés à mon style de combat, mais ils manquent encore d’esprit ludique. Hmm… On n’arrivera jamais à régler les choses à ce rythme. »

Dans ces conditions, aucun des deux camps ne pouvait mettre fin définitivement au combat. Peut-être qu’un vainqueur aurait émergé si on avait continué comme ça, mais il semblait plus probable qu’on serait tous à court de munitions avant cela.

L’ennemi devait s’en être rendu compte aussi, car il changea de stratégie. Deux d’entre eux se déplacèrent pour soutenir l’autre appareil, continuant leurs attaques à longue portée, tandis que les deux autres prirent des lames et s’approchèrent pour un combat rapproché.

« D’accord, je vais voir si vous êtes capables de reproduire le Flash. »

Je saisis mes manettes de commande et pris le contrôle des manœuvres, ordonnant à l’Avid d’effectuer des manœuvres d’évitement. Je pouvais juste distinguer les traces des coups que j’avais esquivés.

« Ils peuvent m’imiter à ce point… ? Plutôt impressionnant. »

Je fis reculer l’Avid et observai les mouvements des deux ennemis armés d’épées. J’avais du mal à croire que les pilotes des chevaliers mobiles qui reproduisaient le Flash étaient des IA.

J’étais tellement amusé que j’ai éclaté de rire. « Ah ha ha ha ! Pas mal du tout, Calvin ! »

***

Partie 3

Sur la planète du baron Glynn, le chevalier mobile rouge, le Gerbera, avait réduit le Vanadís Frey en miettes. Pourtant, dans son cockpit, 3588 fronçait les sourcils. Elle avait le sentiment profond de ne pas avoir réellement détruit l’ennemi.

« Mince. Je pensais l’avoir battu », marmonna-t-elle en faisant demi-tour avec le Gerbera.

« C’est la vraie forme du Vanadís », lui dit quelqu’un.

Devant elle flottait un engin élancé : le Vanadís Frey, dépouillé de son armure auxiliaire. Il avait une silhouette féminine avec deux renflements sur la poitrine, bien qu’il s’agisse d’un chevalier mobile. 3588 ne comprenait pas vraiment ce qui s’était passé.

« Désolé, mais je ne peux pas te laisser m’abattre aussi facilement », ajouta le pilote ennemi.

« Ce n’est pas juste ! »

Numéro 3588 espérait maintenant vaincre rapidement le Vanadís pour faire sortir Liam, mais l’appareil esquivait facilement les Flashes qu’elle lui lançait. Ayant perdu son armure auxiliaire, l’appareil ennemi était moins résistant, mais beaucoup plus rapide sans tout ce poids supplémentaire.

« Ses mouvements sont complètement différents d’avant ! »

Kurt interpella Numéro 3588, perplexe, via son haut-parleur externe. « Rends-toi. Tu ne battras jamais Liam, tu ne peux même pas me battre ! »

En entendant son ennemi dire qu’elle ne pouvait pas battre Liam, 3588 eut l’impression qu’il niait son existence même. Elle fut tellement bouleversée qu’elle décida d’utiliser un atout qu’elle avait gardé pour Liam : « Je vais le battre… ! Je dois le battre, sinon j’échouerai. Je ne suis pas un échec ! M. Chapteau me l’a dit ! Il a dit que je battrais Liam ! »

Kurt sentit la douleur dans les cris de 3588, même à travers son haut-parleur externe. « Alors tu es vraiment… »

« Il est temps de passer aux choses sérieuses, Gerbera. » Numéro 3588 désactiva son limiteur. « Je vais te montrer que nous sommes les plus forts ! »

Depuis qu’elle avait été considérée comme un échec et abandonnée, 3588 n’avait pas reçu assez d’entraînement pour savoir quand utiliser un atout pareil. Elle y avait donc eu recours beaucoup trop facilement.

Les yeux-caméras du Gerbera brillèrent alors que sa puissance augmentait. Attaquant le Vanadís de Kurt, l’appareil commença à se déplacer d’une manière que même un chevalier renforcé n’aurait pas pu supporter. Pourtant, le Vanadís évita gracieusement les attaques, comme s’il dansait. Non seulement il esquiva chaque coup de lame du Gerbera, mais il eut même la marge de manœuvre nécessaire pour frapper l’appareil ennemi lorsqu’ils se croisèrent. Les coups du Vanadís n’étaient peut-être pas assez puissants pour percer les défenses du Gerbera, mais les dégâts infligés à l’appareil rouge s’accumulaient.

« Argh ! Pourquoi je n’arrive pas à te toucher ?! » hurla le numéro 3588.

Kurt lui expliqua pourquoi. « Si tu t’étais entraînée selon le style d’un autre pilote, j’aurais peut-être eu des problèmes, mais ton combat ressemble vraiment à celui de Liam. Tu crois que je perdrais contre toi alors que je l’ai observé de si près pendant si longtemps ? »

Kurt avait un tel avantage parce qu’il connaissait très bien Liam, ayant observé son maniement de l’épée un nombre incalculable de fois depuis qu’il l’avait rencontré. Comme Liam était un meilleur chevalier que lui et pour d’autres raisons, Kurt avait passé du temps à l’étudier, ce qui portait maintenant ses fruits.

Mais 3588 n’arrivait pas à comprendre pourquoi elle n’arrivait pas à gagner. « Tais-toi. Tais-toi, tais-toi ! »

Le Gerbera déclencha une rafale de flashs, mais le Vanadís accéléra et prit de la distance, se concentrant sur l’esquive des attaques de l’engin rouge. Le Gerbera se lança à sa poursuite, mais c’est alors qu’un changement commença à se produire chez 3588.

« Haah... haaah... »

Le Gerbera bougeait d’une manière que même un chevalier adulte ne pouvait tolérer et une pression incroyable s’exerçait sur le cockpit de tous côtés. La raison pour laquelle 3588 avait été qualifiée d’échec au départ était son endurance. Elle ne pouvait exercer toute sa puissance que pendant un court laps de temps. Son contrôle de l’appareil rouge devint erratique et son IA commença à demander un changement de pilote.

3588 se mit à pleurer, serrant ses manettes de contrôle avec frustration. « J’avais promis à M. Chapeau ! Je lui avais dit de regarder parce que j’allais gagner ! Alors pourquoi... »

Kurt n’était pas assez généreux pour laisser passer sa chance. « C’est fini. »

L’épée que le Vanadís abattit sur le Gerbera depuis les airs sembla incroyablement lente pour Numéro 3 588. Néanmoins, alors qu’elle tentait de l’esquiver, son corps refusa de coopérer. La lame frappa, détruisant le moniteur devant elle.

 

***

Dans le cockpit du Vanadís Frey, Kurt se couvrit la bouche devant l’image qui s’affichait à l’écran. Il avait abattu sa lame aussi fort que possible pour détruire le Gerbera et, ce faisant, il avait entaillé la trappe du cockpit de l’appareil. Heureusement, le pilote à l’intérieur n’était pas mort, mais Kurt était dégoûté par ce qu’il voyait à travers l’ouverture que sa lame avait faite dans la trappe.

« Ils iraient aussi loin juste pour gagner ? » Kurt ne savait même pas contre qui il était en colère. Devait-il blâmer Calvin ou Cléo pour cela ?

Ce qui comptait le plus, c’était la fille dans le cockpit devant lui. Ses longs cheveux n’étaient pas attachés et étaient éparpillés partout, mais elle lui semblait quand même familière. Kurt savait que l’ennemi n’avait pas simplement trouvé quelqu’un qui ressemblait à Liam pour copier ses techniques. Il était facile de comprendre ce qu’ils avaient fait. Ils avaient cloné Liam. Quand Kurt s’en rendit compte, la rage l’envahit.

« Pas étonnant que Liam soit si désespéré de gagner. »

Alors que Kurt s’installait dans son siège, la pilote du Gerbera ouvrit les yeux. Elle tenta désespérément de redémarrer son appareil, mais Kurt n’était pas idiot. Il avait détruit les articulations du Gerbera pendant que la machine était inactive.

La pilote avait dû se rendre compte qu’elle avait perdu, car elle se mit à pleurer dans son cockpit. Kurt eut mal au cœur en la voyant pleurer comme une enfant.

Je fais ça uniquement pour ma propre satisfaction, mais…

Kurt ouvrit la trappe du cockpit du Vanadís et se pencha pour appeler la pilote ennemie. « Si tu veux vivre, rends-toi pacifiquement ! Je ne te ferai aucun mal. »

Il grimpa sur la coque du Vanadís et s’approcha du cockpit du Gerbera. Dans un grincement métallique désagréable, la trappe s’ouvrit davantage. À mi-chemin, elle se coinça et la pilote dut ramper pour sortir.

« Tu ne vas vraiment pas me tuer ? Tu ne me feras pas de mal ? »

Kurt écarquilla les yeux en voyant la fille qui ressemblait presque à Liam, puis il sourit : « Non, je ne te ferai pas de mal. Je te le promets. »

En disant cela, il lui tendit la main.

 

***

Cinq traînées lumineuses se déplaçaient selon un schéma complexe sur le champ de bataille : il s’agissait des traces laissées par les quatre chevaliers mobiles blancs qui poursuivaient Avid en fuite.

La flotte de la maison Banfield les observait, tout comme le Guide, perché au sommet du pont de l’un des navires. Là-bas, dans l’espace, il agitait les poings pour encourager les chevaliers mobiles blancs.

« C’est ça ! Oui ! Finissez-le ! »

Deux des appareils blancs poursuivaient l’Avid tandis que les deux autres restaient en retrait pour fournir un tir de soutien. À première vue, ils semblaient avoir acculé l’Avid.

Le Guide joignit les mains comme s’il priait. « Oh, ça aurait été parfait si 3588 avait été là pour l’écraser avec les quatre autres ! »

Malheureusement, le Gerbera n’était pas là. Il était censé mener les quatre autres appareils pour écraser Liam, mais ça n’avait pas marché, car les capacités de 3588 n’avaient pas été appréciées à leur juste valeur.

« Quoi qu’il en soit, vu l’état actuel de Liam, ces quatre-là devraient pouvoir le neutraliser ! C’était une erreur de venir sur le champ de bataille en étant si sûr de gagner, Liam ! »

Le Guide avait eu raison de penser que Liam viendrait voir par lui-même les successeurs de l’Avid s’ils étaient placés devant lui. Il ne pensait toujours pas pouvoir le battre, mais c’était dans le cas d’un combat en tête-à-tête. Sur le champ de bataille, les choses étaient différentes. Même s’il entrait dans le royaume du surhumain, il était encore assez fragile pour être vaporisé comme n’importe qui si le canon d’un vaisseau le touchait. Un champ de bataille spatial signifiait une mort certaine pour lui, du moins sans l’Avid. Il y avait très peu de chances que Liam vienne ici sans l’Avid, mais le Guide voyait quand même une voie vers la victoire.

« Tu sous-estimes le champ de bataille parce que tu as le Flash, Liam. Bien sûr, ton Flash a dépassé le domaine humain, mais as-tu réalisé la pression que cela exerce sur tes outils ? »

Le Flash de Liam, qui avait mené G’doire au bord de la destruction, était plus puissant que jamais. Il avait évolué en une technique si puissante que le Guide la considérait comme totalement déraisonnable; cette puissance avait toutefois ses propres défauts. Le Flash de Liam était trop puissant.

« Tu as certes perfectionné ton Flash pour en faire une technique sublime, mais penses-tu qu’il existe un chevalier mobile capable de supporter la pression qu’il exerce ? »

Si Liam essayait de reproduire son Flash dans l’Avid, la machine risquait de s’autodétruire, incapable de supporter la puissance actuelle du mouvement. Le mécanisme de pilotage de l’Avid était incroyablement sensible et difficile à gérer, mais un pilote suffisamment habile pouvait parfaitement reproduire ses propres mouvements avec. Si Liam manœuvrait l’appareil exactement comme il le souhaitait et lui faisait exécuter son Flash perfectionné, il pouvait le pousser au-delà de ses limites. Le Guide estimait que, puisque l’Avid se détruirait s’il tentait le Flash, l’appareil ne faisait que gêner Liam dans son état actuel. Ainsi, sur un champ de bataille comme celui-ci, le Guide avait une chance de battre Liam.

Après tout, même s’il ne pouvait pas utiliser l’Avid pour déclencher son Flash, il ne pouvait pas non plus quitter l’appareil. Même si l’utilisation du Flash depuis le cockpit de l’Avid risquait de faire exploser le chevalier mobile sous la pression, Liam serait en quelque sorte mort s’il perdait l’Avid ici.

… Bien sûr, tout ça n’était qu’une question de possibilité. L’état actuel du Guide démontrait à quel point ses chances étaient minces. Supposer que Liam choisirait d’aller combattre les quatre chevaliers mobiles dans son Avid était un pari risqué.

Au plus profond de lui-même, le Guide cria : « Tu vas causer ta propre défaite, Liam ! »

L’Avid ne pouvait même pas attaquer les deux appareils qu’il combattait à bout portant; les tirs de leurs appareils de soutien déviaient ses attaques. L’Avid était en difficulté et, à ce rythme, les chevaliers mobiles blancs risquaient de le battre. Ou bien Liam allait-il s’impatienter et essayer d’utiliser son Flash, détruisant ainsi l’Avid ?

« Mwa ha ha ha ! Tuez Liam et détruisez l’Avid avec lui ! »

Le Guide écarta les bras, dispersant une fumée noire dans la zone. Cette fumée s’enroula autour des chevaliers mobiles blancs, leur conférant des pouvoirs. L’énergie négative inquiétante que le Guide leur avait transmise fit clignoter les yeux-caméras des chevaliers mobiles blancs, d’un air sinistre, tandis que leurs attaques contre l’Avid s’intensifiaient. Le blindage de surface de l’Avid était de plus en plus endommagé et les quatre appareils ennemis attaquèrent tous en même temps, comme pour porter le coup final. Assailli de quatre côtés à la fois, l’Avid fut englouti par les flammes.

Le Guide s’écria : « Oui ! Oui ! Ça devrait faire des dégâts… Hein ? »

Derrière la boule de feu qui engloutissait l’Avid, un géant de lumière était apparu. Cet être, encore plus grand que l’Avid lui-même, était une manifestation du pouvoir de Liam. Il ressemblait à la partie supérieure d’un homme nu portant un masque de guerrier et avait l’air d’un dieu de la guerre. Ce géant enlaça l’Avid de ses deux bras.

« Qu’est-ce que tu fais ?! »

De la lumière se déversa du géant vers l’Avid. Les yeux de la machine brillèrent, et la voix de Liam parvint même jusqu’au Guide. « Beau boulot, Nias ! Ces engins sont vraiment assez puissants pour être considérés comme les successeurs de l’Avid ! Ils feront un bon souvenir pour Ellen et mes apprenties sœurs. »

Aux yeux du Guide, des lignes dorées brillantes semblaient parcourir la surface de l’Avid alors que l’engin absorbait le pouvoir du géant et le faisait sien.

« N-n-non ! Cette chose peut manipuler un chevalier mobile directement comme ça ?! »

Le géant de lumière manipulait la réalité. Il utilisait le même type de pouvoir que le Guide, mais son énergie était vertueuse, à l’opposé de celle du Guide.

Quand le Guide cria de surprise, les yeux du géant se tournèrent vers lui, comme s’il venait enfin de le remarquer.

« Eep ! »

Si le géant le découvrait, il le frapperait avec la gratitude de Liam. Alors, le Guide serra son chapeau contre sa tête et s’enfuit.

« Ce n’est pas possible ! Une gratitude capable d’influencer la réalité, c’est tout simplement impossible ! Combien de temps vas-tu me tourmenter avant d’être satisfait, Liam ?! »

Ignorant la fuite pathétique et sanglotante du Guide, Liam était de bonne humeur dans le cockpit de l’Avid. « Faire confiance à l’IA était le bon choix, Calvin. Je pense que tu as bon goût, et un compliment de ma part, ça veut dire beaucoup, tu sais ? Mais il n’y en a pas assez pour me battre ! »

 

 

Avec l’aide du géant de lumière, l’Avid lança une contre-attaque contre les quatre chevaliers blancs mobiles.

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