Je déteste être marié dans un monde imaginaire ! – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 3

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Chapitre 2 : Le gouffre

Partie 3

Le lendemain.

Nous n’avions pas été attaqués la nuit par des monstres errants pendant notre sommeil, mais je me sentais plus épuisé après avoir dormi qu’avant. Seule la somnolence avait disparu. Il y avait aussi eu l’étrangeté de se réveiller à côté de Momokawa, car même si nous avions campé avant ça, nous avions toujours dormi à l’écart l’un de l’autre jusqu’à maintenant.

Momokawa m’avait jeté le sort afin de restaurer mon Endurance, mais elle avait l’air elle-même dans un sale état. Ses cheveux étaient en désordre et son visage sale. Peut-être que j’étais dans un même état.

« Où allons-nous, Katsuragi ? » Sa voix était rauque, elle avait aussi soif que moi.

Il semblerait que Momokawa en avait marre d’être responsable. Mais cela ne donnerait rien de lui faire une remarque. Alors, profitons-en un peu.

« Je ne pense pas que les ss’raks mentaient, » déclarai-je. « Comme nous ne pourrons pas escalader la falaise par nous-mêmes, nous devons donc explorer le gouffre. Peut-être qu’il y a un tunnel ou un passage qu’ils ne connaissent pas. »

Toute la région était pleine de roches et de fissures, dont certaines étaient assez grandes pour que les humains puissent descendre. Il y avait plusieurs sentiers et la seule façon de faire de la course d’orientation était le soleil.

« Nous devrions essayer d’atteindre la zone intérieure, » déclarai-je. « C’est risqué, mais nous mourrons ici dans quelques jours si nous ne faisons rien. »

« Je vois, » sans objection, Momokawa avait consenti. C’était inhabituel.

« Pourquoi es-tu si... docile ? Ne voulais-tu pas être le leader ? » demandai-je.

« Je m’en fiche maintenant. Je suppose que je n’aime pas vraiment diriger, » déclara-t-elle.

« N’es-tu pas la représentante de classe ? » demandai-je.

« Je l'ai surtout fait parce que c'est ce qu'on attendait de moi, et pas vraiment pour autre chose, » répondit-elle.

« Je ne comprends pas, » déclarai-je.

« Bien sûr que non. Passons à autre chose, » déclara-t-elle.

Quelque chose à l’intérieur d’elle était peut-être cassé. Ou bien était-ce juste l’épuisement ? Je ne voudrais vraiment pas suivre quelqu’un qui n’avait pas une idée de ce qu’il fallait faire. Cependant, vu qu’il n’y avait que nous deux ici et qu’elle était dans cet état...

Étrange.

Normalement, je pensais que Momokawa était juste bonne pour laisser les autres faire le travail, pendant qu’elle en récoltait les bénéfices. Mais d’une façon ou d’une autre, elle ne le faisait pas, du moins, cette fois-ci.

Fatigue ?

« As-tu tes pierres et tes os, Katsuragi ? » demanda-t-elle.

« Oui. »

Chacun d’entre nous était équipé de 4 os à extrémités éclatées et de quelques pierres à lancer. Si nous avions besoin d’un rocher plus gros pour fracasser, il y en avait beaucoup qui traînaient un peu partout sur le sol.

Nous étions aussi prêts que possible.

J’avais suivi le chemin vers là où nous étions hier, là où j’avais effrayé l’ours. Je voulais essayer de suivre sa piste. S’il y avait tant de monstres qui vivaient ici, il devait bien y avoir de l’eau quelque part. Il s’agissait de la deuxième priorité.

La première serait de trouver un moyen de sortir d’ici.

Nous étions de retour et la piste de l’ours était facile à suivre dans la terre battue, même sans aucune compétence. J’avais beaucoup appris de Meldorn. Je devrais vraiment le remercier, si je retournais un jour à Esse.

Si.

Le sentier menait plus loin dans la zone rocheuse. Nous avions rencontré des rockers et des limaces, mais les limaces avaient une faiblesse : de gros cailloux. Il n’y avait pas de finesse là dedans, mais ça marchait et c’était tout ce qui comptait. Après en avoir lancé deux ou trois contre l’un d’eux, Momokawa le tuerait avec son os.

C’était épuisant comme l’enfer, mais comme nous ne pouvions pas les tuer d’un seul coup, je pouvais laisser Momokawa obtenir ces PX.

Il est vrai que là, on s’en moquait vraiment à ce stade de notre vie. Cependant, cela nous permettait d’être optimistes. Comme cela nous faisait croire qu’on survivrait, c’était donc réconfortant.

À midi, nous avions enfin trouvé quelque chose de positif.

« Une source chaude. »

Bien sûr, nous avions bu de l’eau de la source. C’était chaud, sale et en même temps délicieux.

Après avoir ainsi pu étancher la soif, Momokawa avait jeté un coup d’œil à la source.

« Il semble être assez profond pour prendre un bain, » déclara-t-elle.

En tant que Japonais, il semblerait approprié de se baigner dans la source d’eau chaude, mais j’hésitais encore.

« On n’a pas le temps pour ça, » déclarai-je finalement.

« Mais vérifie donc ton endurance, » m’avait-elle dit.

J’avais alors jeté un coup d’œil à mon écran de statut... et tous mes PE étaient de retour ! Sauf les PE Max que j’avais perdues à cause de la malédiction.

« Je ne sais pas pourquoi, mais cette source d’eau est revitalisante. Tant qu’on a ça, on peut survivre indéfiniment, » déclara-t-elle avec force.

« À part la nourriture et le fait que la malédiction me tuera dans quelques semaines, » répliquai-je.

« Peut-être, mais nous avons ces semaines maintenant ! » répondit-elle.

Elle n’a pas tort.

« Et qu’est-ce que le bain a à voir avec ça ? » demandai-je.

« Parce que j’en ai envie, » répondit-elle.

« D’accord, d’accord, » avais-je dit.

J’abandonne. Au moins, je peux rincer ma sueur et prendre une petite trempette.

Momokawa m’avait fusillé du regard. « ... Va-t’en. »

« Pourquoi ? Si tu prends un bain, je veux aussi en prendre un, » déclarai-je.

« Veux-tu donc prendre un bain avec moi ? » demanda la jeune femme.

Ses yeux me condamnaient comme si j’étais qu’une ordure.

« Pourquoi te plains-tu de ça ? » demandai-je, ne comprenant pas le problème.

« Tu... tu es un garçon ! » s’écria-t-elle.

« Bien sûr que je le suis. Qu’est-ce que tu... Oh, » je venais de réaliser ma bévue.

« As-tu oublié ? » demanda-t-elle, furieuse.

« Euh..., » je ne savais pas trop quoi répondre à ça.

« As-tu oublié que je suis une fille !? » s’écria-t-elle.

« ... Non, » répondis-je.

« Tu mens, » déclara-t-elle.

Elle avait raison. Comme ce n’était pas important, je ne pensais pas vraiment à Momokawa en tant que fille avant ce moment-là. Il y avait des points où c’était évident, comme la scène où elle pleurait, mais son sexe n’avait pas eu beaucoup d’importance jusqu’à présent.

J’aimais faire ma petite commission sans que quelqu’un me regarde et accorder la même faveur aux autres garçons, de sorte que les pauses pipi des jours passés n’avaient pas eu autant d’impact dans mon esprit.

De plus, je n’aimais pas qu’on me voie quand je me changeais et, bien sûr, je partirais si un autre garçon voulait se changer. Comme je n’interagirais pas beaucoup avec les autres, c’était naturel.

Mais maintenant, alors que j’étais épuisé mentalement et que je ne pouvais plus me permettre de m’inquiéter, je m’en ficherais si un garçon me regardait me changer ou faire une pause pipi. Et je ne me soucierais pas non plus de leur vie privée.

Mais Momokawa était une fille. Et il y a une ligne, entre les garçons et les filles.

« Tu as 20 minutes, je vais patrouiller dans le coin. Crie si quelque chose se produit, » déclarai-je.

« Non, tu vas simplement aller derrière ce rocher et attendre, » ordonna-t-elle.

« Pourquoi ? » demandai-je.

« Parce que je le dis, c’est tout ! » s’écria-t-elle.

Et maintenant, elle râle à nouveau. Je suppose qu’avec ses PE retrouvés, elle a aussi retrouvé son esprit belliqueux.

Mais en fin de compte, je m’y étais conformé. Je m’étais assis derrière un énorme rocher et je m’étais penché en arrière. Les bruits du bain Momokawa étaient... stimulants. Surtout si j’échangeais dans mon esprit son visage avec l’un de mes personnages féminins préférés.

« Es-tu là, Katsuragi ? » demanda-t-elle.

« Je le suis, » répondis-je.

« Des signes de monstres ? » demanda-t-elle.

« Aucun. Mais je ne peux pas les chercher, si je ne jette pas un coup d’œil, » déclarai-je.

« Ne bouge pas. Attends ici, » déclara-t-elle immédiatement.

Ça craint.

Et je ne pouvais même pas me soulager. Elle le faisait juste pour me forcer à me soumettre. J’en étais sûr. Dès que je la regarderais, je perdrais. Je devais donc l’endurer.

Après environ 20 minutes de torture mentale et physique.

« Katsuragi, tu peux venir, » déclara-t-elle.

« Enfin, » dis-je en poussant un soupir.

J’avais alors jeté un coup d’œil derrière le rocher, Momokawa avait déjà ses vêtements. Les vêtements étaient humides et soulignant les courbes de son corps, et ses cheveux mouillés l’avaient rendue particulièrement sensuelle.

Trop de stimulus. Je m’étais alors caché derrière le rocher.

« Maintenant, tu dois me donner de l’intimité, » déclarai-je.

« Je ne veux pas, » déclara-t-elle.

« Dans ce cas, comment suis-je censé prendre un bain ? » demandai-je.

« Je pourrais me retourner ? » demanda-t-elle.

C’est tellement injuste !

« Surveille, s’il te plaît, » déclarai-je.

« Je vais juste aller sur le rocher maintenant. Et je me mettrais dos à toi, » déclara-t-elle.

Merde, si elle me voit maintenant, elle saura que son plan pour me manipuler à l’aide de ses charmes sensuels a presque réussi. Je dois agir à la seconde prête pour qu’elle ne voie pas le dieu du soulèvement. Si elle marche autour du rocher, je marcherai de l’autre côté et elle n’apercevra jamais rien.

Pas encore. Pas encore... Allez !

D’un mouvement rapide, j’étais passé devant elle, je m’étais rapidement déshabillé et j’avais plongé dans la source chaude.

« Voulais-tu entrer dans la source d’eau chaude autant que ça, Katsuragi ? » demanda-t-elle.

« ... »

Maintenant, je me sentais comme un imbécile. Mais au moins, c’était confortable à l’intérieur de la source.

Après ça, j’avais enlevé mes lunettes, puisqu’elles étaient embuées. Seuls les Éclaireurs avaient des sens amplifiés, alors en temps normal, j’avais besoin de ces lunettes, puisque j’étais myope. Pour la bataille, je pouvais les enlever, donc ça ne ferait pas mal si je passais de la classe Éclaireur à la classe Lancier, mais pour l’instant, il n’y avait aucune raison de ne pas les porter.

Sans lunettes, sans vêtements, et sans soucis pour le moment, j’appréciais mon premier bain depuis un moment.

Je commençais à m’enfoncer dans l’eau et à souffler des bulles sous l’eau.

« Katsuragi, bois-tu l’eau de mon bain ? » Sa voix était pleine de dégoût.

« *Prrrrr... * *Toux, toux* »

 

☆☆☆

 

« Cette source chaude semble faire partie d’une rivière souterraine, »

C’était difficile à voir dans l’eau, mais après un peu de natation, je pouvais en dire autant.

« Est-ce que ça aide ? » demanda-t-elle.

« Probablement pas, » répondis-je.

Même si cela menait à une rivière souterraine, le passage pourrait être trop petit pour qu’un humain puisse nager et je pourrais suffoquer pendant que j’y serais.

« Mais c’est peut-être une partie d’Heissquellen ? Parce que l’eau qui récupère tout le PE me semble sacrée, » déclarai-je.

« On ne peut pas le transporter, » répliqua-t-elle.

« C’est vrai, » répondis-je.

Nous n’avions ni gourde, ni bouteille, ni aucun autre type de conteneur. Nous pourrions chasser un rocker et utiliser sa carapace, mais ce serait trop lourd.

La survie venait en premier et pour survivre, la mobilité était la clé.

« Eh bien, jetons un coup d’œil... dans la zone, » déclarai-je.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Katsuragi ? » demanda-t-elle.

Pendant que nous inspections la source, nous avions totalement baissé notre garde. Après avoir pris un bain, nous étions trop détendus et nous n’avions pas remarqué que des oiseaux ressemblant à des autruches avec de longs becs courbés se trouvaient maintenant dans la zone.

Ils avaient un motif de camouflage en rouge brun et gris sur leurs plumes, de sorte qu’ils s’adaptaient bien dans cette zone rocheuse. Il y en avait au moins trente.

« Retraite, » criai-je.

Sans arrangement préalable, nous courions tous les deux vers le seul endroit que les oiseaux n’avaient pas encore bloqué.

Ils commencèrent à gazouiller bruyamment dès que nous les avions dépassés et nous entendions plus de gazouillis venant de devant nous en guise de réponse.

C’était comme une meute de loups de chasse !

« Vite ! À droite ! » criai-je.

Nous étions alors entrés dans une faille qui était là, et nous entendions un étrange bruit de course venant de derrière nous. Comme les autruches, ces monstres étaient des oiseaux qui couraient !

Putain de merde !

Il devait y avoir un moyen de sortir de cette situation. Il y avait encore plus de gazouillis devant nous. Ils nous avaient coupé les voies de retraites ? Combien étaient-ils par ici ?

La faille se ramifiait ! Gauche ou droite ? D’où viennent les gazouillis ?

Nous devions nous décider rapidement. Mais Momokawa était déjà épuisée. Même si elle avait encore sa régénération naturelle de PE, ma valeur maximale devrait être encore très élevée et nous avions tous les deux débuté avec nos PE au complet. Donc, bien sûr, c’était elle qui s’écraserait au sol en premier dans une telle situation.

Mais j’ai besoin d’elle pour récupérer mes PE perdus plus tard ! Malédiction de merde !

« Désolé, » avais-je alors dit.

J’avais attrapé sa main pour la tirer avec moi alors que je courais sur le sentier de droite. Elle ne résista pas. Nous n’avions pas d’autre choix que d’être aussi rapides que possible.

Mais l’espoir était inconstant, car après une minute de précipitation, nous étions arrivés à une falaise. À l’intérieur de cette faille se trouvait une falaise menant à une grotte souterraine !

Nous n’avions pas de sources de lumière et nous n’avions aucune alternative valable. Nous pourrions essayer de remonter la tranchée, mais cela semblait impossible.

Mais en y repensant... Nous ne savions pas combien il y avait d’oiseaux ressemblant à des autruches, mais d’après leurs pépiements, il y en avait beaucoup. Nous ne savions même pas à quel point ils étaient forts, mais leur nombre serait largement assez pour nous écraser au combat dans notre état actuel.

Nous n’avions nulle part où se cacher, nulle part où fuir. Sauf que c’était sous terre. Peut-être en descendant une falaise ?

Précisément !

« Momokawa, nous devons descendre, » déclarai-je.

Elle me regarda dans les yeux et hocha la tête. Elle savait déjà le peu de chances de survivre que nous avions en le faisant. Mais tant que les oiseaux étranges ne nous suivaient pas, nous pourrions survivre.

Nous avions alors couru tous les deux vers la falaise, mais les oiseaux avaient déjà rattrapé le temps perdu. Une centaine, si je devais tenter de le deviner.

Lorsque les premiers poussèrent vers l’avant, j’avais utilisé mon os éclaté pour attaquer l’un d’eux. Il avait été blessé, mais l’os s’était brisé au cours du processus.

J’avais alors sorti la prochaine arme en os.

À ce que je voyais, ces oiseaux n’étaient pas des ennemis difficiles en soi. J’avais frappé l’un d’eux et il avait volé à une certaine distance.

Mais il y en avait bien trop, et c’était là le problème.

Momokawa et moi nous nous battions côte à côte, mais malheureusement, notre travail d’équipe avait encore besoin d’être amélioré. Le maximum que nous pouvions gérer était un groupe où Momokawa m’aidait pendant que je retrouvais ma position après une attaque et que je me préparais à reprendre le flambeau.

Elle n’avait pas l’habitude de se battre et en plus, nous étions repoussés. Dix oiseaux plus tard, nous avions été amenés jusqu’au bord de la falaise.

« Momokawa, cherche un rebord là-bas. Je les retiendrai, » ordonnai-je.

Notre dernière ligne de défense. C’était donc moi contre une vingtaine d’oiseaux en colère, sans compter que les renforts ennemis qui étaient toujours derrière eux. Je me sentais comme un héros en pleine action, mais avec bien moins d’héroïsme, mais plutôt comme si j’avais une envie de pisser dans mon froc.

J’étais déjà blessé à plusieurs endroits et je saignais. Il me restait peut-être cinq secondes de plus avant qu’ils arrivent à me submerger totalement.

« Il y en a un, Katsuragi, » cria Momokawa.

J’avais regardé vers l’endroit vers lequel Momokawa pointait.

« Sautons, » déclarai-je.

Elle avait acquiescé. Nous nous étions donné la main gauche à l’autre et nous avions sauté ensemble.

Le rebord était petit. Cependant, j’y avais atterri avec succès.

Mais cela n’avait pas été le cas de Momokawa qui l’avait raté.

J’avais alors senti l’attraction provoquée par l’autre corps qui tombait, donc j’avais laissé tomber l’os dans ma main droite et je m’étais opposé à ce poids. Je n’accepterais pas de chute ici !

« Katsuragi ! » cria Momokawa.

Momokawa était en train de paniquer. Je pouvais la voir très clairement en bas ! Je la voyais qui était suspendue à mon bras, alors que ses pieds pendaient avec en dessous une chute de nombreux mètres qui l’attendait. Le fait de voir le fond si loin m’avait fait vraiment peur !

« S’il te plaît, ne me lâche pas ! » cria-t-elle.

« Je ne le ferai pas ! » répondis-je afin de la calmer.

« Ne lâche pas. S’il te plaît ! » insista-t-elle.

« Je ne le ferai pas ! » répondis-je.

Elle ne m’entend pas. Elle ne me regarde même pas, mais plutôt l’abîme sous ses pieds.

« S’il te plaît ! Ne me laisse pas tomber, ne m’abandonne pas ! » cria-t-elle.

« MOMOKAWA !! » criai-je.

Après avoir crié son nom, elle avait enfin réagi.

« Regarde-moi, Momokawa ! » déclarai-je.

Elle avait levé la tête pour me regarder vers le haut plutôt que vers le bas.

« Je ne te laisserai pas partir. Je ne te laisserai pas derrière. J’ai besoin de toi. » Pour me guérir et me garder en vie.

« J’ai besoin de toi aussi, Katsuragi ! » Pour me tirer vers le haut de la corniche.

« Nous ferons tout ce qui vient, ensemble ! » Jusqu’à ce que ma malédiction soit levée.

« Rien ne nous séparera ! » Jusqu’à ce que nous soyons de retour en ville, sains et saufs.

« Toi et moi, nous allons affronter et vaincre tout ce qui vient ! » Pour survivre.

« Et nous défierons la mort elle-même ! » Qui aime mourir ?

Alors que nous nous encouragions l’un et l’autre, notre regard révélait nos véritables intentions. Mais il y avait quelque chose d’étrange. Ma main gauche, qui tenait Momokawa, avait commencé à briller. Ou plus précisément, c’était l’anneau maudit qui le faisait.

Puis, le message suivant s’afficha.

 

La malédiction est temporairement levée.

 

Sans hésitation, j’avais changé ma classe pour celle de Lancier. Mes bras commencèrent à devenir plus épais et plus forts et j’avais facilement soulevé Momokawa sur le rebord. Il s’agissait d’un petit rebord et au-dessus, il y avait une bande d’oiseaux en colère...

Et maintenant, les oiseaux en colère sautaient vers nous et ils essaient de nous attaquer !

« Attends un peu, » avais-je déclaré.

La bouche de Momokawa était ouverte, pendant qu’elle me regardait. J’avais ramassé l’os que j’avais laissé tomber plus tôt et même si c’était plutôt une mauvaise parodie d’une lance, je semblais être capable d’utiliser les compétences de Lance avec elle.

« Mets-toi à l’abri ! »

Momokawa s’était mise à l’abri, alors que je levais l’os avant de déclencher une compétence de Lancier.

« Tourbillon ! »

Le Tourbillon était une attaque tournoyante, une attaque de zone en mêlée.

C’était faible, mais cela avait l’avantage de repousser les ennemis. Les oiseaux s’envolèrent de la corniche et avant que le prochain puisse essayer, j’avais grimpé la falaise. Avec un corps athlétique comme celui-ci, ce n’était pas un problème de le faire.

Ah, ils attendent. C’est bon pour moi.

Commençons le massacre.

Il avait fallu dix minutes avant que les oiseaux en colère comprennent enfin qu’ils seraient anéantis par moi. J’avais peut-être cassé mon arme en os plus tôt, mais mon corps de niveau 37 était plus qu’assez pour pouvoir me charger de ces tas de plumes avec mes poings.

Ils m’avaient attaqué sans relâche, mais malgré cela, ils ne pouvaient que me faire des égratignures. Quant à moi, un seul coup allait suffire pour briser leurs os d’oiseaux. C’était clairement un combat trop déséquilibré.

Avant qu’ils ne puissent battre en retraite, j’en avais tué environ la moitié.

« Pff. Ce n’était pas loin, » j’avais jeté un coup d’œil au-dessus de la falaise et j’avais vu une Momokawa aux yeux écarquillés sur le rebord. « Momokawa, vas-tu bien ? »

« Katsuragi, est-ce toi ? » je suppose que mon corps quand j’avais sélectionné la classe de Lancier dégageait une aura différente de la normale.

« Bien sûr. Je descends, » déclarai-je.

Même si la corniche était petite, Momokawa n’avait pas vraiment besoin de grimper.

« Que s’est-il passé ? » demanda-t-elle.

« Aucune idée ! Mais j’ai reçu un message disant que la malédiction a été levée temporairement, alors j’ai fait un Changement de Classe, » répondis-je.

Après ça, j’avais ouvert ma fenêtre d’état et... Je récupérais en ce moment mes PE ! C’était lent et je les perdais encore à cause du climat chaud ici, mais j’avais quand même retrouvé mon taux de régénération normal !

Et mes PE Max étaient redevenues normales ! Même, si cela n’était que temporaire, c’était quand même merveilleux.

Bienvenue à nouveau à mes Attributs, Capacités, Compétences, PV, PE, PM et PMA.

Attends, PMA ?

« Katsuragi ! » s’écria-t-elle.

« Quoi ? » demandai-je.

« Regarde, » déclara Momokawa en me montrant sa main.

« Et alors ? » demandai-je.

« Une bague, » répondit-elle.

« Hein ? » m’exclamai-je.

Momokawa portait en ce moment un anneau de cuivre. Avait-elle acquis la malédiction à ma place ?

J’avais regardé ma main gauche et l’anneau maudit était toujours là. La bague de Momokawa était similaire, mais le design était un peu différent.

Le mien avait un lion. La sienne avait une lionne. S’agit-il d’une paire assortie ?

« Katsuragi... cela ne ressemble-t-il pas à des alliances ? » demanda-t-elle.

 

 

« Franchement, ne dis pas une chose si stupide, » déclarai-je.

Mais au fur et à mesure que je disais cela, quelque chose de nouveau était apparu devant mes yeux.

 

Félicitations ! Vous venez d’épouser Momokawa Kyou.

Tant que votre vie conjugale est épanouie, la malédiction restera en sommeil. De plus, vous recevrez divers bonus en tant que cadeaux de mariage !

Plus vous approfondirez la relation, plus vous obtiendrez de PMA (Point de Mariage) et plus vous obtiendrez de bonus. Vérifiez votre nouvelle fenêtre d’état, qui contient une barre PMA, une liste d’actions qui augmentera vos PMA et un menu pour acheter des bonus avec vos PMA.

Espèce d’enfoiré de chanceux !

 

...

Dans les jeux, les personnages réagissaient généralement de manière exagérée. Comme crier avec un son « Hueeeeeeh !?? » ou quelque chose comme ça. C’était cela, ou bien ils perdraient du temps, se posant constamment des questions comme « pourquoi, comment, quoi ».

Moi, par contre, j’étais trop choqué pour réagir de cette façon.

« Katsuragi... J’ai une étrange fenêtre pop up dans mon écran d’état... Katsuragi ? » demanda-t-elle.

« ... Attends un peu, » déclarai-je.

« Je vois, alors donne-moi deux fois plus de temps de mon côté, » répliqua-t-elle.

Dans des circonstances normales, nous devrions être soulagés d’être en vie après avoir été pourchassés par une horde d’oiseaux étranges et agressifs. Mais au lieu de cela, nous avions été stupéfaits en raison de la surprise et du choc.

« Katsuragi ? Mon niveau a augmenté, » déclara-t-elle.

« Vraiment ? » demandai-je.

« Oui, j’ai deux niveaux de plus, » répondit-elle.

« Depuis hier ? » demandai-je.

« Non, depuis le bain, » répondit-elle.

« Je vois, » répondis-je simplement.

Ce qui est intéressant, c’est que ça ne me surprend pas. Mais, disons-le franchement, rien ne me surprendra pendant un moment.

 

***

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4 commentaires :

  1. Chouette merci pour les chapitres

  2. Merci pour le chapitre et bonne continuation!

  3. Merci pour le chapitre.

  4. L'amateur d'aéroplanes

    Et ben, félicitations aux jeunes mariés 🙂 Au moins, ils ont fait l’économie d’une cérémonie coûteuse.

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