J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 4 – Chapitre 62

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Chapitre 62 : La malédiction

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Chapitre 62 : La malédiction

Partie 1

Bien que je me tenais devant ce soi-disant prince entouré de ces soi-disant chevaliers, je ne voyais que des marionnettes tirées par les ficelles invisibles de leur propre avidité et de leur propre convoitise. Ses paroles n’avaient aucun sens pour moi, et le donjon derrière lui était un faible que je pouvais briser à tout moment.

« Pourquoi lui obéis-tu ? » avais-je demandé dans la langue des Donjons, la même que celle que j’avais utilisée avec Deusur.

Aucune réponse ne m’était parvenue.

« Je ne sais pas avec quelle magie tu as réussi à détruire mon palais, mais tu me révéleras tous tes secrets et tu te prosterneras immédiatement ! Fais-le, et j’épargnerai peut-être la vie de tes amis ! » demanda le prince.

Il se sentait en sécurité lorsqu’il était entouré de tant de chevaliers et même d’un donjon, mais l’étaient-ils lorsqu’ils étaient confrontés à moi, Nanya, et Ayuseya ? Nos principales cibles étaient Shanteya et Tamara. Nous devions les sauver à tout prix.

Où sont-elles ? m’étais-je demandé. Mais grâce à l’idiot de chevaliers qui m’avait bloqué le passage, je n’avais pas pu le savoir.

« Comment puis-je savoir si elles sont encore en vie ? » avais-je demandé au prince en kalish, en espérant que de cette façon, peut-être que je pourrais les voir.

Il regarda à sa droite et hocha la tête. J’avais senti le mana circuler à travers ce lieu, puis mes deux précieux esclaves avaient été soulevés du sol depuis une plate-forme en pierre, semblable à celle sur laquelle le prince se tenait.

« Tamara… Shanteya…, » déclara Ayuseya quand elle les avait vues.

Elles étaient inconscientes et enchaînées. Le sang tachait leurs vêtements et leurs parties manquantes étaient clairement visibles : une oreille sur la tête poilue du nekatar, et un bras sur l’El’Doraw. Rien qu’en les voyant dans cet état, j’avais senti une rage terrible s’accumuler en moi.

Combien sont-ils ? 58 ? Et ils ont même un donjon de leur côté ? Dois-je le faire ? Qui s’en soucie ? avais-je réfléchi. Puis j’avais fait un pas en avant.

Je n’avais pas de plan ou de tactique à suivre. Tout ce que je savais, c’était que tout le monde autour de moi était un faible et que j’avais plus de pouvoir qu’ils ne pouvaient en rêver. Alors, j’avais foncé à travers les chevaliers en utilisant ma vitesse maximale, les poussant sur le côté, évitant leurs épées, et m’arrêtant seulement quand j’avais atteint mes deux esclaves. C’était arrivé en un clin d’œil.

Dans mon empressement à les atteindre, j’avais enjambé quelques chevaliers et en avais blessé un autre mortellement. Quelques-uns d’entre eux avaient vu leurs armures magiques brisées parce qu’ils m’avaient simplement percuté, tandis que les autres, y compris le prince, n’avaient aucune idée de ce qui venait de se passer.

Il y a un instant, je me tenais devant eux, mais maintenant j’étais à côté de mes esclaves.

« Ma pauvre Shanteya…, » avais-je dit doucement en m’agenouillant sur cette plate-forme.

Elle avait l’air faible, fiévreuse et elle respirait à peine. Tamara n’allait pas mieux non plus, même si elle était inconsciente, elle souffrait toujours de la blessure. J’avais soupiré et absorbé les deux filles dans mon Esprit Intérieur, ne laissant derrière elles que leurs chaînes. Quand j’aurai quitté cet endroit, j’avais prévu de les guérir complètement.

« Prince idiot, quel est ton nom ? » lui avais-je demandé tout en le regardant.

« Rey-Reynolds D. Lagrange ! » avait-il déclaré fièrement.

« Reynolds, hein ? » Pour une raison ou une autre, je m’étais souvenu d’un vieux jeu de stratégie.

« Toi… Qui es-tu ? Pourquoi exerces-tu un tel pouvoir et qu’est-il arrivé à ces esclaves ? » m’avait-il demandé ou plutôt ordonné de répondre.

« Je m’appelle Illsyore…, » puis j’avais regardé le Cœur de Cristal. « Je suis un Seigneur du Donjon Divin, » mes yeux étaient retournés vers le prince Reynolds.

« Divin ? Tu plaisantes, c’est une blague ! Il n’y a pas de telles choses ! » cria-t-il.

J’avais haussé les épaules et sauté vers mes femmes, la force que j’avais appliquée à la plate-forme avait été suffisante pour la briser.

« Nanya, s’il te plaît, sort ton épée, » lui avais-je dit.

« Dois-je le faire ? » demanda-t-elle, et elle me regarda d’un air un peu mécontent.

« Oui, » je lui avais montré un beau sourire.

Nanya avait sorti la redoutable épée noire à deux mains avec des runes rouges inscrites dessus. Contrairement à avant, je n’avais pas senti le froid en sortir. C’était probablement dû au fait que j’étais son mari, mais l’autre donjon n’avait pas eu cette chance. J’espérais que ce serait suffisant pour qu’il ne se mêle pas à cette bataille.

« Maintenant, je vous donne deux choix : abandonnez maintenant ou je vous tue tous. Je vous le dis à tous, chevaliers, pas au prince. Et toi, Donjon, oses défendre ces mortels ou m’attaquer, et je te transformerai en chandelier. Compris ? »

« Oui…, » répondit le donjon d’une voix tremblante.

« Quoi ? » Le prince était confus, il n’avait pas compris ce que j’avais dit dans la dernière partie, aucun d’eux ne l’avait compris.

« Notre devoir est de protéger notre prince ! Nos vies lui ont été offertes sous serment ! » cria l’un des chevaliers.

C’était une bande noble et loyale, je pouvais respecter ça.

En leur montrant un sourire, je leur avais dit calmement. « Nanya, Ayuseya, vous pouvez attaquer n’importe qui sauf le prince. Tuez s’il le faut, mais je préférerais que vous ne brisiez que leurs armures, leurs armes et leurs membres. Je veux qu’ils voient ce que je vais faire à leur précieux… membre de la famille royale. »

« J’ai hâte d’y être, » déclara la démone en souriant, puis elle se précipita vers les chevaliers.

« Comme tu veux, mon amour, » déclara Ayuseya puis elle avait couru après Nanya.

Pendant que les deux forces s’affrontaient au milieu, je marchais calmement vers le prince. Il criait sur le Noyau de Donjon maintenant.

« Qu’est-ce qu’il t’a dit !? Je te le demande ! Je te l’ordonne, sale donjon ! Sans ma famille, tu serais mort ! » le prince n’arrêtait pas de pointer du doigt le noyau de cristal, mais le donjon n’était pas prêt à lui donner une réponse.

De cette conversation à sens unique, je suppose que ce malheureux avait eu la malchance de naître dans une salle située ici, dans ce palais. Une fois que la famille royale l’avait découvert, ils avaient probablement commencé à l’apprivoiser afin qu’il puisse construire des choses et agir comme une sorte de défense. Cela pourrait expliquer pourquoi tout ce palais avait été construit avec des murs enchantés et qu’il était même entouré d’une barrière.

J’ai aussi besoin d’apprendre à faire des barrières…, avais-je pensé.

En regardant à ma gauche, j’avais vu Nanya combattre les chevaliers. La démone sauta avec un grand talent et se déplaça latéralement pour éviter les frappes tranchantes de leurs épées et la puissance destructrice de leurs attaques magiques. Chaque fois qu’elle trouvait une ouverture, elle les attaquait aussi, mais malgré sa puissante épée noire, elle hésitait à s’en servir pour les abattre. La plupart de ses attaques à l’épée avaient fini par être des coups avec le côté plat de la lame, mais même celles-ci étaient plus que ce que les pauvres chevaliers pouvaient supporter.

Un seul coup suffisait pour briser leur armure magique ou briser leurs armes en deux. Un moment assez drôle s’était produit quand un chevalier puissant et imposant en armure brillante était prêt à l’affronter dans un combat en un contre un, mais après sa première attaque, son épée s’était transformée en prenant la forme d’un L maladroit.

Contre ce lot d’individus avec un pouvoir égal ou légèrement supérieur à celui d’un aventurier classé Divin, la démone pourrait facilement dominer les lieux. Pour l’instant, elle jouait simplement avec eux parce que si elle devenait sérieuse, elle utiliserait ses sorts d’attaque en plus d’activer sa compétence [Amplification]. Mais je n’avais jamais compris comment ça fonctionnait exactement.

« Vite, abattez-les ! » cria l’un des chevaliers en ignorant Nanya et Ayuseya et en se précipitant vers moi.

Je lui avais fait un sourire, puis il avait été envoyé dans le mur à ma droite par l’un des coups de pied de la démone.

Ayuseya n’avait eu aucun problème de son côté. Sa capacité à se battre à l’épée à deux mains n’était pas la meilleure au monde, mais grâce à sa force excessive, ses coups étaient mortels. À cause de son manque de contrôle, elle avait eu un peu plus de mal à ne pas les tuer. Des membres et des parties du corps avaient été envoyés dans tous les sens. Les pauvres chevaliers tentèrent d’arrêter ses attaques, mais quand cette épée enchantée venait les écraser avec plus de 1000 points de force, et elle les transperçait comme du beurre.

Si Nanya et Ayuseya avaient des statistiques similaires, la bataille aurait été complètement différente. Au lieu de les écraser d’un seul coup, elles devraient effectué coup après coup jusqu’à ce que l’armure magique de leur adversaire se brise et qu’un coup mortel leur soit porté.

Le nombre de chevaliers était passé d’un nombre impressionnant de 58 à une poignée à peine avant que je n’atteigne le prince. Leur défaite était imminente.

« Qu’as-tu fait à mon Noyau de Donjon ? » demanda-t-il en me regardant fixement.

J’avais souri et j’avais levé les yeux vers le cristal rouge pâle.

« Il sait qu’il vaut mieux ne pas me mettre en colère. Je peux l’écraser en une seconde si je le désire. Tu es le seul dans cette pièce qui ne le pense pas, » avais-je dit.

« Je suis Reynolds D. Lagrange ! Je ne reculerai jamais devant un manant comme toi ! » dit-il en pointant un doigt vers moi.

J’avais incliné ma tête vers la droite, puis j’avais attrapé la main avant qu’il ne puisse la retirer. D’un seul coup, je lui avais cassé le doigt.

« AAA ! » il avait crié de douleur, et je lui avais donné un coup de pied dans l’estomac.

Le pauvre prince avait vomi son dernier repas alors qu’il tomba à genoux.

« Je suis désolé, tu en avais besoin, non ? » lui avais-je demandé, puis je m’étais approché de lui et je l’avais frappé à nouveau en le faisant rouler sur le sol.

« Votre Altesse ! » cria l’un des chevaliers avant d’être réduit au silence par Nanya.

Entre eux et moi se tenaient deux femmes très puissantes. Il n’y avait rien d’autre à faire que de regarder et de se résigner à leur sort d’avoir été vaincu par moi.

« Tu ne t’en tireras pas comme ça ! » cria le prince.

« Hm, non ! J’en suis presque sûr. Si je vous tue, toi et tous tes soldats, il n’y aura plus personne pour me traquer, non ? » lui avais-je souri. Puis je lui avais donné un coup de poing au visage, lui cassant l’une de ses dents.

« Ahhh ! Ah ! Ah ! » avait-il gémi.

Je l’avais frappé encore, encore, et encore, encore et encore.

Bien sûr, je n’avais pas utilisé toute ma force parce que je ne voulais pas le tuer instantanément.

« Tu sais…, » avais-je dit en le prenant par le col de ses vêtements.

Son visage était vraiment horrible.

« Je pense que je vais guérir certaines de tes blessures maintenant, » avais-je dit. Puis j’avais fait ce que j’avais dit.

Ses blessures avaient été guéries, mais ses dents n’avaient pas été réparées.

« C’est l’heure du deuxième round ! » et je l’avais encore frappé.

Après la quatrième série de coups, de guérisons et de nouveaux coups, j’avais finalement fait un pas en avant et je lui avais fait ressentir la même douleur que Shanteya et Tamara. Je lui avais arraché les bras et lui avais coupé les oreilles. Ses cris remplissaient la pièce alors que je le guérissais encore et encore pour lui infliger d’autres blessures.

Ce que j’avais fait n’était rien d’autre que de la torture pure et sadique, et pourtant… Je n’avais rien ressenti en le faisant. Il n’y avait aucune satisfaction à le voir blessé, et il n’y avait aucun remords, pas même le plaisir d’avoir vengé quelqu’un.

Au mieux, je pourrais dire qu’au fond de moi, je n’aimais pas ce genre de comportement, mais dans ce monde, c’était obligatoire. Quand on regarde sur Terre, l’âge médiéval avait été l’une des périodes les plus impitoyables et les plus horribles, alors qui avait dit que ce n’était pas la même chose ici aussi ? Peut-être que j’avais eu de la chance de ne pas m’enfoncer trop profondément dans le côté obscur de ce monde, mais tôt ou tard, j’allais m’y plonger. La vie dans ce monde était cruelle et les gens trouvaient plaisir à se détruire ou à s’entretuer, peu importe leur espèce.

La question est… qu’est-ce que je vais faire à ce sujet ? Cette question m’était venue à l’esprit après que j’aie fini de réarranger le visage du prince.

Derrière moi, la bataille s’était arrêtée. Les chevaliers avaient abandonné et avaient regardé leur maître se faire tabasser par moi.

Comment vais-je agir ? Une autre question avait surgi.

Comment dois-je agir ?

Y a-t-il d’autres choix que de le tuer ?

Puis-je le forcer à se repentir ?

Puis-je aider le peuple de ce royaume d’une manière ou d’une autre ? Pourquoi devrais-je le faire ?

Qui suis-je pour changer l’ordre de ce monde ?

Moi ?... Je m’étais arrêté et j’avais regardé le prince alors qu’il me suppliait d’arrêter de le frapper.

« S’il vous plaît… pas… plus…, » marmonna-t-il.

Je l’avais regardé et j’avais vu son corps brisé couvert de son propre sang. Mon poing était rouge à cause des coups de poing.

Ce n’est pas moi…, avais-je pensé.

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Partie 2

J’avais fermé les yeux et j’avais essayé de me concentrer. Il y avait quelque chose en moi, quelque chose qui voulait tuer cet humain, mais je me sentais détaché de ça. À mes yeux et dans mon cœur, toutes les choses que j’avais faites jusqu’à maintenant, tous les meurtres et les destructions auraient pu être évités.

Il y avait un conflit en moi. Il y avait un désir d’agir basé sur ce côté sombre en moi, alors que l’autre côté ne le souhaitait pas, mais n’avait pas non plus agi. Le conflit était étrange parce que, quelle que soit la façon dont je regardais les choses, la lutte entre le bien et le mal était clairement là, mais le bien n’avait jamais pris aucune mesure, laissant le mal libérer ses désirs comme il le voulait. En conséquence, le mal avait gagné, tandis que le bien avait été laissé que pour rentrer chez lui et boudé.

Je laissais le mal en moi, le côté obscur de mon humanité prenait le dessus parce que la lumière n’avait jamais voulu agir.

« Argh…, » avais-je gémi. Puis j’avais baissé le poing.

Le pauvre prince n’était qu’un sous-produit de sa propre vie. Son manque de connaissance du fonctionnement du monde était à la base de toutes ses mauvaises décisions, mais on ne pouvait pas persuader un homme comme lui de changer son chemin aussi facilement.

Je pourrais le tuer maintenant, l’étrangler et lui arracher la vie. Mes doigts étaient serrés autour de son cou, et je pouvais le voir me supplier avec ses yeux de ne pas le faire. J’avais juste besoin d’un craquement pour en finir. Une prise plus dure que d’habitude.

Oui… tue…, la douce voix me murmura ça.

« NON ! » J’avais crié et j’avais reculé au moment où j’avais l’impression que j’allais vraiment le faire.

« Illsy ? » demanda Nanya, inquiète.

Je respirais durement et je regardais mes mains ensanglantées. Je tremblais. Le prince mendiait pour sa vie, et tout autour de moi n’était que mort et destruction.

J’ai fait tout cela… C’est de ma faute… J’avais réfléchi à tout cela et j’avais fait un pas en arrière, en cognant contre une main coupée.

En regardant en bas, j’avais vu le sol trempé de sang et les chevaliers lutter pour rester en vie. Ils étaient tous des humains, comme je l’étais autrefois.

Toute cette mort, tout ce carnage n’était pas moi… Je n’avais pas souhaité ça en tant qu’humain. Je n’aimais pas ça.

« Mais je ne peux pas reculer maintenant…, » m’étais-je dit en chuchotant.

En serrant les poings, je m’étais approché du prince et j’avais réfléchi à ce que j’allais faire ensuite.

Je veux qu’il souffre, mais je ne veux pas le tuer… Il doit bien y avoir autre chose. D’une façon ou d’une autre, je peux forcer cet homme à changer ce pays, mais comment ? avais-je pensé.

Au contraire, je voulais en sortir avec la conscience propre, sachant que j’avais essayé tout ce que je pouvais et que je n’avais pas simplement choisi la solution de facilité comme la plupart des gens le feraient. C’est alors qu’une idée m’était venue.

Une malédiction… Est-ce que je sais maudire les autres ? m’étais-je demandé.

Oui… la réponse était venue quand j’avais vu la compétence et la façon de le faire clignoter devant mes yeux.

Je devais simplement écrire un modèle compliqué de circuit magique mélangé dans ses canaux magiques. Ensuite, je devais y verser mon propre mana, créer des barrières et des déclencheurs… C’était assez simple en théorie. Dans le pire des cas, ce sujet mourrait.

Ce ne serait pas grave ? m’étais-je demandé.

En souriant, j’avais regardé le prince et j’avais commencé à le guérir.

« Reynolds, je ne vais pas te tuer, mais je vais te maudire, » lui avais-je dit.

« Quoi ? » il avait été surpris et en même temps effrayé.

Après l’avoir rafistolé, j’avais déchiré ses vêtements jusqu’à ce que je voie sa poitrine nue. Une côte sortait de son côté gauche.

« Oups…, » avais-je dit, puis je l’avais replacée, ce qui lui avait causé beaucoup de douleur. « Maintenant, faisons-le ! » J’avais souri et concentré mon mana dans ma main droite.

Avec l’idée de base en tête et sachant instinctivement comment les malédictions fonctionnaient, j’avais commencé à graver d’étranges symboles sur sa peau. Reynolds criait de douleur, mais il ne pouvait pas s’évanouir ou s’échapper à cause de ma magie. Immobilisé et incapable de se défendre, il ne pouvait que crier.

Une fois que j’avais fini cette étape, j’avais versé des quantités folles de mana dans cette malédiction, en m’assurant qu’elle ne s’enlèverait pas facilement. Toutes les conditions, les exigences et les situations possibles avaient été inscrites dans les symboles de la malédiction écrits sur sa poitrine. Tout ce processus m’avait pris une quinzaine de minutes. Mais après que j’eus terminé, le mana coulait parfaitement, sans aucune irrégularité.

« Voilà ! » avais-je dit, satisfait.

Le prince tremblait et respirait difficilement. Je ne serais pas surpris s’il s’en sortait avec un traumatisme ou deux de toute cette épreuve, mais il était maintenant trop tard pour reculer.

« Je sais que tu peux m’entendre et me comprendre, prince idiot. Si tu ne veux pas que je te fasse encore plus mal, hoche la tête pour “oui”, secoue la tête pour “non”. Compris ? » lui avais-je dit.

Il hocha la tête.

« Bien ! Avant de te dire quel genre de malédiction je t’ai jetée, laisse-moi te dire un petit secret sur toute ta famille, d’accord ? » J’avais souri.

« Quel secret ? » demanda-t-il d’une voix basse.

« Je vais te le dire. Il s’agit de tes origines, et tu peux faire des recherches par toi-même si tu veux le prouver. Il suffit de regarder ton arbre généalogique ou celui d’une autre famille royale. Si tu creuses assez profondément, tu remarqueras que tu étais à l’origine aussi des paysans. Tes arrières arrière arrière arrière arrière arrière grand-père était un paysan qui a décidé un jour d’aller se battre pour son pays. Il a survécu et on lui a donné un petit titre pour ses efforts pendant la guerre. En d’autres termes, il a reçu un petit, et presque insignifiant, rang de noblesse. Son fils a ensuite épousé une belle femme noble, et vos deux maisons ont été fusionnées en une seule. Ainsi, ta famille a gravi les échelons de la noblesse. Quelques générations plus tard, les familles nobles autrefois simples, d’ascendance paysanne, devinrent l’une des grandes familles nobles de ce royaume. Quelque chose est arrivé au roi à ce moment-là, et il est mort. C’était peut-être une rébellion, un coup d’État, ou quelque chose comme ça, qui sait ? Quoiqu’il en soit, ton arrière-arrière arrière-grand-père fut alors nommé roi du royaume d’Aunnar. Des générations plus tard, tu es né, mais souviens-toi que toutes les femmes et tous les hommes mariés dans cette famille, à un moment ou à un autre, avaient un ancêtre paysan, » j’avais souri, puis je l’avais soulevé du sol, lui laissant voir le sol taché de sang de cette pièce.

« Dis-tu que je suis un paysan ? » demanda-t-il. Mais il était clair qu’au fond de lui, il rejetait cette pensée.

« Techniquement, tu es un roi, mais il n’y a pas de différence entre toi, les hommes qui sont morts pour toi aujourd’hui, et le premier paysan que tu rencontreras dans la rue demain. Tu es juste un paysan bien habillé et un peu plus éduqué. C’est tout, » je lui avais ensuite montré mon poing trempé de sang. « Regarde ça. Ton sang est rouge. Le leur aussi. » J’avais montré du doigt les chevaliers morts. « Il n’y a pas de différence. Même odeur, même goût, même couleur, même composition, et tu sais pourquoi ? » lui avais-je demandé.

Reynolds m’avait regardé avec des yeux terrifiés.

« Parce que le soi-disant sang noble ou royal n’existe pas vraiment. C’est juste une… fantaisie créée par des individus comme toi pour se sentir mieux dans leur peau et dans leur poste au pouvoir. » J’avais souri, puis j’avais ri.

« Tu mens… Comment mon sang royal pourrait-il être le même que le leur ? » demanda le prince.

« Si tu t’habilles comme un paysan, tu verras que personne ne peut faire la différence. Si tu mets un collier d’esclave, ce sera pareil. Si tu n’y crois pas, essaye ça et tu le verras par toi-même si je mens. » Je l’avais regardé fixement.

« Est-ce la malédiction ? » me demanda-t-il.

« Non, » j’avais secoué la tête et je m’étais éloigné de lui.

C’est alors que j’avais remarqué comment Ayuseya me regardait. Elle semblait un peu troublée par mes paroles. En tenant compte le fait qu’elle était elle-même une princesse, et en regardant la manière plutôt désagréable du royaume de Teslov de continuer avec sa lignée royale, cela avait probablement été un peu un choc de réaliser que peut-être ses racines n’étaient pas aussi nobles qu’on le croyait au départ.

Eh bien, mes paroles étaient en partie vraies. Les rois et les nobles étaient la façon la plus primitive de l’humanité de protéger les individus dotés de bons gènes pour les générations futures, mais si je devais entrer dans ce genre de détails, toute l’explication deviendrait une vraie douleur dans le dos.

« La malédiction que je t’ai mise possède les conditions et les effets suivants, » avais-je dit en me retournant pour regarder Reynolds droit dans les yeux.

Il avait dégluti.

« D’abord. Si tu n’abolis pas l’esclavage de ce royaume, en particulier l’esclavage des enfants, tu mourras d’une mort horrible. Ce que je t’ai fait n’est même pas un avant-goût de ce qui va se passer si cette malédiction s’active. Bien sûr, tu n’as que deux mois pour le faire. Tu es un prince, tu as une certaine autorité, donc je suis sûr que tu trouveras un moyen de le faire. Bien sûr, la malédiction ne s’active pas si d’autres complotent contre toi. Je l’ai aussi fait pour qu’il puisse détecter si tu te donnes à fond ou non pour résoudre ce problème. Pour ce qui est des faux documents, ne t’embête pas avec ça. Il peut immédiatement identifier les vrais. Par conséquent, déclarer une loi maintenant et la modifier le lendemain ne fonctionnera pas. »

« Es-tu fou !? Il vaudrait mieux me tuer maintenant ! L’abolition de l’esclavage ruinera le royaume d’Aunnar ! » Il m’avait crié dessus.

« Pas vraiment. Il y a beaucoup de royaumes qui s’en sortent très bien sans esclavage. Maintenant, la deuxième partie de la malédiction est encore plus difficile à accomplir. Tu dois travailler activement avec ton personnel afin de faire respecter ces lois. Cela signifie que tu vas prendre quelques chevaliers et aller là-bas pour arrêter ces marchands qui insistent pour continuer à vendre ou acheter des esclaves. »

« C’est grotesque ! Je suis un prince ! Je n’ai qu’à donner des ordres pour ne pas me salir les mains avec les autres ! » cria-t-il.

« Tu trouves que tu es assez en vie vu le nombre de fois où je t’ai cassé les os jusqu’à maintenant. Dois-je en casser d’autres ? Peut-être que ça te calmera ? » avais-je demandé en faisant craquer mes articulations et en lui montrant un sourire.

« S’il te plaît, non ! » il leva les mains dans la peur.

« Maintenant, la prochaine partie de ta malédiction exigera que tu crées des lois appropriées en ce qui concerne la maltraitance des enfants, le travail des enfants, l’esclavage des enfants et les orphelins. Tu dois rendre ces choses illégales dans ce royaume. Tu devras créer des orphelinats, une force spéciale employée par la famille royale, tout ce à quoi tu peux penser pour empêcher ces choses. »

« Pourquoi devrais-je m’occuper d’enfants paysans ou esclaves ? » il avait encore le courage de m’interroger.

« Parce que sinon, tu mourras d’une mort horrible, » avais-je souri.

« Argh…, » il avait gémi puis il avait baissé les yeux.

« Qu’y avait-il d’autre ? Oh, oui ! Pour les années suivantes, tu dois faire tout ce que tu peux pour faire passer le bonheur et le bien-être de ton peuple avant le tien ou celui des nobles de ce royaume. Est-ce que tu comprends ? » lui avais-je demandé.

« Non…, » répondit-il confus.

« Cela signifie que tu feras de ton mieux pour rendre heureux tes paysans, tes roturiers et tes non-nobles en général, » lui avais-je dit.

« C’est si absurde…, » il secoua la tête.

« Tu peux toujours aller mourir dans un fossé si ça ne te plaît pas, » j’avais haussé les épaules.

« Argh… »

« Il y a encore plus dans cette malédiction, » avais-je dit.

« PLUS !? » il était tout simplement abasourdi.

« Oui, n’essaye pas de l’enlever, sinon la malédiction sera activée immédiatement. Pour être claire, la malédiction Sait quand tu vas essayer de tricher pour briser l’accord et elle te tuera. Plus tu es actif sur le terrain, moins tu risqueras de mourir à cause de cela. Et puis, il y a autre chose ! » avais-je dit en souriant.

Il ne m’avait regardé qu’avec une expression peinée.

« La malédiction disparaîtra d’elle-même une fois que ce que je viens de dire deviendra une seconde nature pour toi. Mais la dernière chose à faire pour cette malédiction, c’est d’épouser une esclave, pas une femme noble. Peu importe qu’elle ait été une ancienne noble. En outre, elle doit être au moins une aventurière de Rang Divin, et tes sentiments l’un pour l’autre doivent être sincères, » lui avais-je dit en souriant.

« MOI ? Un prince ? Pour épouser une ESCLAVE !? Es-tu fou !? » cria-t-il cette fois-ci.

« Non, mais si ce que j’ai dit devient une seconde nature pour toi, ça n’aura pas d’importance, » avais-je souri.

« Mais comment puis-je épouser une esclave alors que tu me demandes d’abolir l’esclavage ? » demanda-t-il en élevant le ton vers moi.

« Tu iras dans un autre pays pour… te la procurer. Imagine ça, un prince étranger épousant l’esclave qu’il a rencontré dans un autre royaume ! » avais-je souri.

« Je n’accepterai pas ça ! Ça salirait ma lignée ! Donjon, enlève cette malédiction tout de suite ! » cria le prince sur son propre donjon.

« Je… Je ne peux pas… C’est un Seigneur de Donjon divin. Il est plus puissant que moi, » répliqua le noyau.

« Oui, tu as deux choix : faire ce que je t’ai dit ou faire face à une mort douloureuse et atroce, » avais-je souri.

« Cela ne peut pas être…, » dit-il avec incrédulité.

« Bref, mon temps ici est écoulé. Je n’ai plus le désir de tuer les personnes présentes ici, et je suis certain qu’aucun d’entre vous, messieurs survivants, n’essayera de nous barrer la route lorsque nous quitterons cet endroit et demain ce pays, n’est-ce pas ? » J’avais souri puis j’avais regardé les chevaliers.

Ils secouèrent la tête, tandis que le prince restait silencieux.

« Bien ! N’oublie pas ce que j’ai dit, prince, et vérifie bien trois fois tes ordres si tu ne veux pas avoir de surprises ! » J’avais agité la main en marchant vers la sortie.

Mes femmes m’avaient suivi, tandis que le prince y était laissé pour réfléchir à son destin inéluctable.

« Quand j’en aurai fini avec cette malédiction, je te traquerai, Seigneur du Donjon ! » cria le prince.

« Non, tu ne le feras pas ! Si tu essayes de faire ça, tu mourras. Si tu veux te débarrasser de la malédiction de la bonne façon, alors les expériences et les commentaires de ton propre peuple te forceront à ne pas me traquer. Quoi qu’il arrive, ce sera la dernière fois qu’on se croise, jeune prince ! » avais-je dit en quittant la pièce.

Avec un pas calme et régulier, j’étais sorti du palais détruit avec Nanya et Ayuseya et je ne m’étais pas arrêté jusqu’à ce que nous soyons sortis de la ville et dans la forêt. Il n’y avait aucune raison pour nous de rester dans cette ville, pas même pour faire une descente dans leur bibliothèque. Dans la ville suivante, j’allais m’assurer de rassembler quelques livres appropriés pour ma future Académie de Magie, mais jusque-là, j’avais d’autres choses à faire.

« Illsy, comment as-tu su maudire quelqu’un ? » demanda Nanya à un moment donné.

« Je savais juste le faire…, » j’avais haussé les épaules.

En vérité… comment ai-je su comment le maudire ? Je me souviens l’avoir fait, peut-être en faisant une sorte de sort, mais les détails exacts sont flous… Puis-je le refaire ? Je ne crois pas, et ma tête me fait mal, avais-je pensé. Puis j’avais frotté un peu mon front.

Les migraines n’avaient jamais été jolies. Malheureusement, à l’époque, je ne m’étais jamais demandé comment il était possible pour quelqu’un qui avait mon corps d’avoir une migraine.

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Un commentaire

  1. Merci pour ce chapitre

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