J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 4 – Chapitre 50

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Chapitre 50 : Ici Minou Minou !

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Chapitre 50 : Ici Minou Minou !

Partie 1

Nous avions quitté en toute hâte le donjon de Mehalom. Tous les monstres avaient commencé à agir violemment dès que le Territoire de Donjon avait disparu. Je ne me souvenais plus de la manière dont il avait été détruit, mais vu comment je m’étais réveillé après l’attaque du Grand Prêtre des Mages Noirs, il était fort possible que ce soit entièrement ma faute.

Ce qui m’inquiétait maintenant, c’était la santé de notre petite survivante. Elle respirait à peine, et les blessures infligées par les mages m’avaient laissé un goût amer dans la bouche. J’étais heureux qu’ils aient été effacés de la face de ce monde, mais d’une certaine façon, je me sentais coupable de l’avoir trouvée ainsi.

Si on avait été plus rapides... Si on était parti hier ? m’étais-je demandé ce que j’aurais pu faire exactement pour sauver plus que cette enfant.

Les autres personnes s’étaient transformées en zombies après avoir été sacrifiées à leur Seigneur noir, alors que d’autres n’avaient pas eu cette chance. Ce qu’on m’avait montré aujourd’hui n’était qu’une partie du monde que je n’avais jamais voulu voir. En ces temps médiévaux, il y avait ceux qui prenaient plaisir à quelque chose comme ceci, et d’autres qui avaient des vues tellement tordu du monde qu’un acte de bonté était vu pire que la peste.

En effet, ce n’était pas le vrai visage de ce monde, mais c’était une partie de celui-ci, une partie dégoûtante et misérable qu’il fallait faire disparaître d’une façon ou d’une autre. Je ne pouvais pas parler au nom de tous les royaumes et de toutes les espèces, mais au moins là où j’allais faire mon académie et là où j’allais vivre, je n’allais pas laisser une telle chose arriver.

Pendant que j’y réfléchissais, j’avais commencé à me demander si ce n’était pas la bonne chose à faire que de traquer tous ces soi-disant monstres, ces fléaux de la société. L’idée de les tuer lentement et de faire savoir que ceux qui commettraient de tels actes souffriraient de la même façon me faisait sourire de l’intérieur.

Non ! Ce n’est pas moi..., j’avais secoué la tête et frotté un peu mon front.

« Est-ce que ça va ? » demanda Nanya.

« Oui..., » lui répondis-je en lui montrant un sourire.

J’avais concentré mon esprit sur d’autres choses, mais quelque part au fond de moi, le désir et les pensées de traquer ces personnes s’attardait comme un monstre insatiable suppliant et voulant étancher ma soif de sang. Cela m’avait fait penser que c’était une bonne chose, mais je n’avais pas pu m’empêcher de penser que c’était mal.

« Nous sommes assez loin maintenant... Devrions-nous nous arrêter ? » demanda Ayuseya, me tirant hors de mes pensées profondes et sombres.

J’avais alors dit : « Oui..., » puis j’avais regardé derrière moi.

Nous avions parcouru une bonne distance. C’était peut-être cinq kilomètres voir même plus ?

En regardant l’enfant dans les bras de Shanteya, j’avais su d’un seul regard qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre, mais une fois que j’aurais commencé le traitement, elle récupérerait immédiatement.

« Nanya, je suppose que tu n’as pas une sorte de potion de guérison instantanée ? » avais-je demandé à la démone.

« Non, » elle avait secoué la tête, et j’avais soupiré.

Faire d’elle mon esclave juste pour la guérir aurait été inutile puisque mes compétences ne fonctionnaient pas comme avant, quand les Ténèbres s’occupaient de tout. En ce moment, j’étais responsable de chaque détail de chaque sort. Donc ce que je pouvais à l’intérieur de mon esprit intérieur, je pouvais pour ainsi dire le faire aussi à l’extérieur, moins la partie liée à la fabrication des objets.

« Pose-la là-bas, » avais-je dit à Shanteya en montrant du doigt une zone herbeuse.

L’El’Doraw hocha la tête et le fit avec douceur. En sentant qu’elle était à nouveau seule, la petite enfant avait poussé un doux miaou et avait un peu frissonné.

J’avais étendu mon territoire du donjon et je m’étais assis à côté d’elle. La première chose que j’avais faite avait été d’absorber ses menottes noires, mais je n’avais pas gardé ces choses flippantes en moi, je les avais immédiatement sorties de là. Heureusement, elle n’avait pas d’objet d’enchantement [Pas de Vol] sur elle, mais ces choses étaient assez rares, et seuls ceux qui avaient quelque chose à voler en avaient sur eux.

En utilisant mon mana, j’avais commencé le fastidieux processus pour fermer ses blessures et guérir toutes les autres blessures qu’elle aurait pu avoir. Après avoir créé mon corps, j’avais acquis la capacité de modéliser un corps biologique en utilisant seulement le flux d’énergie magique. C’était délicat mais tant que les autres ne s’opposaient pas à moi de quelque façon que ce soit, je pouvais facilement faire de nombreuses opérations compliquées. En d’autres termes, j’étais devenu un vrai médecin. La seule chose qui me manquait était mon diplôme pour certifier que j’avais passé des centaines d’années à analyser et à apprendre l’anatomie de diverses espèces sensibles.

Avec un toucher habile, les aiguilles de mana créées du bout de mes doigts avaient refermé toutes les plaies ouvertes sur son corps, ne laissant aucune cicatrice. Ce n’était pas difficile tant que vous réalisiez que dès que vous rapprochiez suffisamment les tissus blessés, les cellules se liaient automatiquement les unes aux autres. Bien sûr, leur redonner de l’énergie et leur donner un coup de pouce les aide dans le processus. En général, la seule chose dont je devais m’inquiéter était l’enlèvement de la première couche de cellules mortes autour de la plaie. Mes aiguilles avaient fondamentalement fait tout cela, puis la guérison naturelle du corps se mettait en mouvement. Ce processus était compliqué, mais il consommait beaucoup moins d’énergie que d’essayer de reconstruire toutes les cellules, tissus, et tout ce qui lui manquait.

Une fois que j’en avais fini avec ça, j’avais scanné ses entrailles pour m’assurer qu’il n’y avait pas non plus d’organes blessés. J’avais trouvé trois côtes cassées et un dommage au foie. En voyant ça, j’avais réalisé que cette fille n’avait littéralement plus que quelques heures à vivre. J’avais rapidement guéri le foie, puis j’avais réparé les côtes cassées. Il lui manquait aussi trois dents sur sa mâchoire inférieure. Alors, j’avais déclenché le fait de les faire repoussé à l’intérieur de sa mâchoire et j’avais accéléré tout ça avec un peu de magie. En deux ou trois jours, les dents tombées seraient remplacées par des dents neuves.

Le chaton était complètement guéri, mais elle avait besoin d’un bon bain. Sa fourrure était littéralement trempée de son propre sang, ses vêtements s’accrochaient à elle à cause de la poussière et de la crasse. En voyant cela, j’avais insufflé un peu de mana afin d’accélérer un peu la production de son sang dans ses os. En une heure environ, elle en récupérerait la plus grande partie. Pour l’instant, sa respiration et son rythme cardiaque étaient stables, et il n’y avait aucune autre anomalie dans son corps. Avec un petit soupir qui s’échappait de mes lèvres, je m’étais penché vers l’arrière et j’avais regardé vers ma droite.

Ayuseya n’était pas si loin de moi. Depuis le moment où j’avais commencé l’opération jusqu’à ce que je finisse, la draconienne m’avait regardé avec de grands yeux emplis de curiosité. La douceur avec laquelle je bougeais et le talent dont je faisais preuve pour réparer les corps organiques l’avaient surprise. Pour moi, ce n’était pas grand-chose, mais pour elle, ce n’était probablement pas différent d’un miracle.

« Quelque chose ne va pas ? » lui avais-je demandé après un moment.

« Ah ? Rien..., » elle baissa les yeux timidement.

Qu’est-ce qu’elle a ? m’étais-je demandé en penchant la tête vers ma gauche.

« As-tu fini ? » demanda Nanya.

En me retournant, j’avais vu la démone debout juste derrière moi, tandis que Shanteya n’était nulle part dans mon champ de vision.

« Oui. Je dois dire, je suis surpris que tu aies utilisé ton épée, » lui avais-je dit.

« J’espérais pouvoir la casser, mais pas de chance, » elle soupira et secoua la tête.

« Bref, où est Shanteya ? » avais-je demandé.

« Là-bas, elle cherche de la nourriture, » répondit-elle en montrant la forêt à ma droite.

En regardant dans cette direction, j’avais hoché la tête, puis j’avais regardé la démone.

« Combien de temps s’est-il écoulé depuis notre arrivée ? » lui avais-je demandé.

« Assez longtemps... c’est presque le coucher du soleil. Peux-tu vérifier s’il y a une source à proximité ? Je crois que le chat a besoin d’un bain, » m’avait-elle dit en montrant le chaton du doigt.

J’avais hoché la tête en réponse, puis j’avais fermé les yeux.

En sortant de mon corps, je m’étais envolé dans le ciel et j’en avais cherché une. Devant mes yeux, il y avait une forêt verte sans fin avec de grands arbres, à ma gauche, je pouvais voir les pointes d’une montagne et derrière moi une longue bande de sable doré. C’était là que se trouvait le désert, mais même quand j’essayais de me concentrer dans cette direction, je ne pouvais pas repérer la ville de Petro. Elle était peut-être trop bien cachée derrière les grands arbres.

Cela dit, il n’y avait absolument aucun moyen pour moi de trouver une rivière ou un ruisseau comme celui-ci, alors j’avais soupiré et prolongé mon Territoire de Donjon sur quelques kilomètres. J’étais sûr d’y trouver quelque chose si je cherchais avec diligence. Ma forme actuelle m’avait permis de m’envoler dans le ciel sans m’inquiéter de la résistance au vent. Tant que j’étais dans mon donjon, je pouvais voler sans fin.

Pourtant, la forêt étant si dense, je ne pouvais pas me promener sans but, alors j’avais cherché la route que nous essayions d’éviter depuis que nous avions quitté Petro. Il y avait aussi le truc à propos de l’embuscade de la Tête de Godet, mais jusqu’ici, il n’y avait aucun signe de lui. Il était probablement loin derrière nous ou avait peut-être abandonné complètement l’idée de nous voler ? Quoi qu’il en soit, s’il se montrait, je lui présenterais mon bon vieux laser.

Suivre la route s’était avéré être une bonne idée. Les humains avaient naturellement l’habitude de ne pas s’éloigner trop loin d’une source stable d’eau. Les longues routes avaient généralement des formes étranges parce qu’elles voulaient soit éviter les zones dangereuses, soit être près d’une rivière. J’avais donc réussi à en trouver une source d’eau, mais elle se trouvait à environ 3 km de notre emplacement actuel. Ce n’était pas loin, d’autant plus que nous étions assez rapides avec nos pieds.

Avec un sourire sur les lèvres, j’étais retourné à mon corps et j’avais annoncé la bonne nouvelle à tout le monde. Shanteya avait ramassé l’enfant nekatar, et j’avais ouvert la voie. Bien sûr, je n’avais pas oublié de retirer mon Territoire de Donjon jusqu’à ce que ce ne soit plus qu’une petite tache dans mon corps.

« Bon travail pour trouver ça, Illsy, mais tu sais, tu aurais pu nous faire une source d’eau juste là, à cet endroit, » Nanya me l’avait dit en souriant et en me tapotant doucement l’épaule une fois que nous avions atteint la rive de la rivière.

En la regardant et en laissant mon cerveau sur le mode réflexion pendant quelques secondes, j’avais réalisé qu’elle avait raison. Au lieu de le trouver, j’aurais pu le faire sur place en absorbant quelques mètres carrés et en remplissant le trou d’eau.

C’était juste une option, alors j’avais haussé les épaules avec indifférence.

« Nous allons aller laver la petite, » déclara Shanteya, et Ayuseya l’avait suivie.

J’étais resté sur place avec Nanya.

Pour m’occuper, j’avais trouvé un gros rocher et j’y avais posé mon derrière fatigué. La démone en avait profité pour attraper quelques poissons, mais avec sa vitesse, je ne pouvais que me sentir triste pour les petites créatures. Ils n’avaient aucun moyen de lui échapper.

Pendant que nous étions là, un ours était passé dans le coin et nous avait vus. J’avais plissé mes sourcils vers lui, tandis que la bête se levait sur ses pattes arrières. En le voyant, Nanya lui avait jeté un gros poisson. L’ours l’avait attrapé comme un chien et était retourné dans la forêt.

Environ une demi-heure plus tard, les deux femmes étaient revenues. Elles étaient toutes les deux trempées et la chatte était bien éveillée, complètement trempée et reniflant partout.

« Que s’est-il passé ? » leur avais-je demandé.

Ayuseya soupira en regardant derrière elle le chaton tremblant. « Les nekatars et l’eau ne font pas bon ménage. »

« Au moins, elle est propre maintenant, » j’avais souri et sauté du rocher, atterrissant sur le rivage, juste à côté d’elles.

« Oui, mais..., » Shanteya regarda le chaton avec un regard triste dans ses yeux. « Il y a quelque chose que vous devriez voir..., » m’avait-elle dit.

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Partie 2

« Quoi ? » lui avais-je demandé en clignant des yeux en raison de la surprise.

« Tamara, viens ici, » demanda l’El’Doraw.

« Miaou ? » le chaton l’avait regardée avec curiosité, puis m’avait regardé.

Elle s’appelle Tamara, mais que veut-elle que je voie ? Est-elle en vérité un « il » ? m’étais-je demandé.

En la regardant de plus près, je n’imaginais pas comment quelqu’un pourrait vouloir faire du mal à quelque chose d’aussi mignon ou l’asservir, mais en la regardant de plus près, j’avais remarqué les dents manquantes, la fourrure brûlée sur son nez, l’oreille gauche coupée, et les cicatrices sur son museau. Sauf pour les dents, il s’agissait de choses que je n’avais pas remarqué avant quand je la soignais parce que c’étaient cachées par une épaisse couche de sang et de sueur.

Qu’est-ce que..., avais-je pensé. Mais Shanteya avait relevé la chemise de Tamara et avait révélé quelque chose de plus effrayant.

Le dos du chaton n’avait même plus une seule trace de fourrure parce qu’il était couvert de cicatrices de fouet. Un bâtard avait pris un grand plaisir à torturer cette enfant et au fond de mon cœur, une autre goutte de dégoût à son égard s’était ajoutée. Outre son dos, son corps était littéralement couvert d’innombrables cicatrices, et le bout de sa queue avait perdu sa fourrure.

« Tamara ne pleure pas. Tamara obéira. Tamara n’a pas besoin d’être punie, » trembla l’enfant en levant les yeux vers Shanteya.

Elle craignait que la raison pour laquelle sa chemise avait été enlevée fût que nous pensions la fouetter. J’avais serré le poing, et la fureur avait grondé dans mon cœur rien qu’en entendant la peur présente dans sa voix.

Comment cette enfant a-t-elle pu penser ça ? Qu’est-ce qu’ils lui ont fait ? m’étais-je demandé avec une colère croissante.

En fermant les yeux, j’avais pris une grande respiration pour me calmer, puis j’avais dit. « Nous n’allons pas te faire de mal... » Je m’étais alors agenouillé et j’avais ouvert les yeux. « Tamara sera guérie maintenant, » lui avais-je dit.

« Non ! Non ! Non ! Tamara est bien ! Tamara ne veut pas être guérie, » cria-t-elle soudain en serrant Shanteya dans ses bras et en essayant de s’échapper loin de ma main.

J’avais été tout simplement choqué par cela. J’avais cligné des yeux en raison de la surprise, et même moi, je ne comprenais pas ce qui venait de se passer. Avait-elle peur d’être guérie ou avait-elle été blessée au point où elle souhaitait avoir ces cicatrices sur le dos ?

Je ne pouvais pas le dire, et voyant ma confusion, Shanteya avait demandé quelque chose au chaton.

« Tamara, que se passe-t-il quand les autres te guérissent ? » demanda Shanteya.

En aplatissant les oreilles et en regardant vers le bas, la nekatare avait alors répondu. « Ils tirent la chemise de Tamara vers le haut. Puis Tamara ressent la douleur... Tamara saigne. Tamara n’aimait pas ça, » elle secoua rapidement la tête.

« Petite, ça ne guérit pas..., » déclara l’El’Doraw d’une voix calme.

« J’en ai entendu parler, » déclara Nanya. Et quand je l’avais regardée, je l’avais vue serrer les poings. « Ils les torturent dès leur plus jeune âge, donc quand ils seront vieux et vendus, ils ne le demanderont pas, même s’ils sont gravement blessés. Cela les fait paraître obéissants... Pas de pleurs signifie qu’ils sont d’accord avec ce qu’on leur fait..., » la démone détourna alors son regard.

Elle n’était pas la seule furieuse. Ayuseya ressentait la même chose. Nous étions tous contrariés. Le marchand qui avait fait ça à la petite Tamara aurait dû souffrir énormément, ou aucun d’entre nous n’en serait satisfait.

Oui... la douleur... la souffrance..., il va mourir, avais-je pensé.

En regardant le dos meurtri, j’avais pris une grande respiration et j’avais étendu mon territoire jusqu’à ce qu’il les couvre toutes.

« Petite, ce qu’ils ont fait ne guérit pas. Ce que je vais faire maintenant s’appelle la guérison. Ce qu’ils t’ont fait s’appelle de la torture, » je l’expliquais d’une voix calme et douce, mais à l’intérieur, je pensais déjà à la façon dont j’allais écorcher vivant ce vil marchand d’esclaves.

Raison numéro un pour faire disparaître cette forme d’esclavage..., avais-je pensé en caressant doucement sa petite tête.

Au début, elle avait tressailli lorsque je l’avais touchée, mais ensuite elle avait réalisé que je n’avais pas l’intention de lui faire du mal.

« Torture ? » demanda-t-elle.

« Oui... la torture. Seuls des hommes très méchants et méprisables font ça, » j’avais alors placé mes mains sur son dos et j’avais invoqué mon énergie magique.

Tamara frissonna quand elle sentit l’énergie couler à travers sa chair. Elle n’avait même pas une couche de base d’armure magique, alors c’était incroyable qu’elle ait pu survivre si longtemps dans ce donjon. Peut-être était-ce le destin pour moi de la trouver là-bas ?

Au lieu d’y penser, je m’étais concentré uniquement sur la guérison de ses blessures. Cicatrice après cicatrice, je les avais fait disparaître en reconstruisant sa peau au niveau cellulaire. Grâce à mon expérience depuis que j’avais construit mon corps, je savais même lire l’ADN, alors j’avais trouvé les gènes qui décrivaient la façon dont sa fourrure devrait se former et quel modèle elle devrait avoir. Tamara avait une fourrure brun foncé et brun clair couvrant son corps. Ce n’était pas difficile pour moi de réparer son dos, mais sa colonne vertébrale et ses muscles avaient aussi souffert des coups de fouet constants. J’avais réparé tout ce que j’avais vu comme endommagé, tout en ne permettant jamais à ses récepteurs de douleur d’envoyer ne serait-ce qu’un seul signal à son cerveau.

Les filles ne disaient rien pendant que je faisais tout cela, et Tamara, par peur et peut-être parce qu’elle n’arrivait pas à comprendre, se tut et resta dans les bras de Shanteya. L’El’Doraw la tenait comme une mère le ferait avec sa propre fille. C’était un beau spectacle à voir d’une certaine façon, si l’on ne tenait pas compte des dommages que l’enfant avait sur son corps.

Tout en utilisant cette technique, j’avais aussi cherché toutes sortes de maladies et d’autres problèmes médicaux. Même si j’étais un peu réticent, j’avais même vérifié si elle n’avait pas été maltraitée d’une autre façon. Heureusement, ces hommes méprisables ne l’avaient pas touchée comme ça. Elle avait peut-être eu de la chance.

« J’en ai fini avec le dos et la queue, » avais-je dit. Puis j’avais commencé à traiter ses bras et ses pieds.

Elle était faible, un peu tremblante, mais il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre que je ne lui faisais pas de mal. Maintenant qu’elle avait vu sa queue soignée et qu’elle avait senti la fourrure sur son dos, son expression était passée de celle de la peur à celle de l’étonnement. Les cicatrices sur son museau étaient les dernières sur son corps, et je les avais aussi rapidement enlevées.

Au début, je voulais attendre que ses dents repoussent naturellement, mais je ne me sentais pas bien de les laisser manquantes, alors j’avais versé un peu plus de mana et les avais réparées. Elle ne pouvait s’empêcher de les lécher avec sa langue rugueuse et féline en sentant ses dents de retour. Elle n’arrivait presque pas à y croire. La dernière chose que j’avais guérie, c’était ses moustaches brûlées. Je les avais fait repousser et je m’étais assuré qu’aucun de ses autres sens n’était endommagé.

« ACHOOO ! » la petite éternua et secoua la tête.

Les nouvelles moustaches l’avaient chatouillée.

« C’est fait, » avais-je dit avec un sourire. Puis j’avais reculé.

Tamara regarda autour d’elle et bougea un peu. La douleur avait disparu, et ses sens étaient de nouveau là. Sans doute qu’elle se sentait comme une toute nouvelle personne. La dernière chose que je voulais enlever était son collier d’esclave. Cette horrible chose qui traînait autour de son cou et qui la désignait comme la propriété d’un autre être devait disparaître.

« Tamara ne ressent plus la douleur..., » déclara-t-elle, surprise, en sautant et en atterrissant à quatre pattes.

En reniflant l’air, ses moustaches se mirent à trembler, et elle releva rapidement les oreilles. Un petit sourire était apparu sur son visage, réchauffant nos cœurs.

« Tamara, viens ici..., » lui avais-je dit.

Le chaton n’avait pas hésité et s’était approché de moi, debout à quatre pattes devant moi. J’avais caressé doucement sa petite tête et je l’avais gratté entre les oreilles. C’était quelque chose qu’elle semblait vraiment apprécier. À ce moment, je m’étais souvenu de ce vieux chat que mes parents avaient.

« Tamara, veux-tu être libre ? » lui avais-je demandé.

Le chaton m’avait regardé et avait incliné la tête sur le côté. « Qu’est-ce que c’est qu’être libre ? » demanda-t-elle.

J’avais un peu soupiré. « Ça veut dire être débarrassé du collier en cuir autour du cou. Et avoir ta propre volonté, » lui avais-je dit.

« Hm ? Mais on a dit à Tamara que si je l’enlevais, elle ressentirait beaucoup de douleur, » déclara-t-elle en aplatissant ses oreilles sur sa tête.

« C’est peut-être un coupe-circuit de mort, » Nanya l’avait fait remarquer.

« Un quoi ? » demandais-je, surpris.

« Si un esclave devient rebelle ou agit contre les ordres de son maître, cela déclenchera une explosion de mana qui le décapitera ou arrêtera son cœur, » expliqua Shanteya.

« Tamara ne veut pas que sa tête vole, » elle avait exprimé son inquiétude.

« Ne t’inquiète pas, ça n’arrivera pas, » avais-je soupiré.

« Attends ! » Nanya avait dit ça avant que j’arrive à dire un mot de plus. J’avais cligné des yeux, surpris, et je l’avais regardée « Si tu fais ça, notre quête pourrait finir par être un gros zéro. On échouera ou on n’aura que la récompense de l’exploration. Nous pourrions aussi finir par rencontrer le maître de Tamara et s’il revendiquait ses droits sur elle... »

Je comprenais ce que la démone disait. En d’autres termes, la guérison était une bonne chose, mais enlever le collier mènerait certainement à une tonne d’ennuis. On pourrait devenir des criminels ou des voleurs d’esclaves ou avoir encore pire, mais cela ne m’intéressait pas du tout !

J’avais soupiré. « Nanya... Que ferais-tu si je ramenais Tamara à celui qui lui a fait toutes ces choses ? » lui avais-je demandé en plissant mon front.

Le chaton vacilla et regarda avec des yeux inquiets la démone.

« Je ne coucherais pas avec toi pendant dix ans, » répondit-elle sans ménagement.

« Maintenant, tu vois où je veux en venir. Je ne vais pas dormir sur le canapé juste parce que j’ai peur d’un esclavagiste puant ! Je brûlerai ses affaires avant toute chose ! » avais-je souri avec assurance.

« C’est quoi un canapé ? » demanda Nanya, surprise.

« Oublie ça ! Le fait est que je suis aussi d’accord avec toi, et je suis pleinement conscient des conséquences ! Cependant, je pense que la liberté de Tamara est plus importante que les ennuis qu’on va avoir parce que je lui ai offert cette liberté ! » avais-je déclaré fièrement.

Ayuseya et Shanteya m’avaient montré un sourire doux, tandis que Nanya soupirait et secouait la tête. Il n’y avait plus de retour en arrière, alors j’étais passé à la question.

« Illsy, assure-toi de lui poser la bonne question, » Ayuseya m’avait prévenu.

« Je ne vais pas poser cette question ! Je ne suis pas un lolicon, et j’AIME les gros seins ! » avais-je déclaré fièrement.

« Nya ? » Tamara avait simplement incliné la tête sur le côté en raison de la confusion.

« *Soupir*, oublie ce qu’elles ont dit, » je m’étais frotté les tempes et j’avais demandé au chaton « Tamara, veux-tu être mon esclave ? Thor Or Non ! »

« Oui, Nya ! » déclara-t-elle avec un grand sourire.

Le sort [Rendre en esclave] avait immédiatement été activé et avait transformé en cendres le collier de cuir qu’elle portait auparavant autour de son cou. À la place, un anneau noir fait de runes minuscules, presque microscopiques, était apparu. Elle était identique à celle autour du cou de Shanteya. Le sort que le maître des esclaves lui avait jeté ne pouvait être comparé à celui d’un Seigneur de Donjon Divin. En fait, je doutais qu’il y ait un moyen d’enlever ces anneaux noirs entre leurs doigts et leur cou. Tamara s’était ainsi libérée de son ancien maître, et il ne lui restait plus qu’à la libérer complètement de cet esclavage.

« Super ! » avais-je dit avec un sourire, tandis que le chaton touchait méticuleusement son cou, surprise par la disparition soudaine du collier.

Il était temps de passer à la dernière étape. « Tamara, je veux être libéré. Thor Or Non ! » avais-je crié et j’avais pointé ma main vers elle.

« NON ! » cria le chaton et secoua rapidement la tête.

« Quoi ? » J’avais failli trébucher. « Comment ça, “non” ? Je suis sur le point de t’offrir la liberté loin de l’esclavage ! Tu sais ce que ça veut dire ? » avais-je demandé.

Tamara m’avait regardé dans les yeux et m’avait dit quelque chose dans le charabia kalish. Oh oui, elle parlait quelques mots en langue shorayan du continent Allasn, mais sa langue principale était censée être le kalish.

« Elle a dit que maintenant qu’elle a trouvé un maître comme toi, elle ne veut pas être libre. Elle a dit qu’en te servant, elle pourra te remercier d’avoir récupéré sa fourrure. Je pense qu’elle veut dire guérison, » Ayuseya avait traduit.

« Soupir... J’avais le sentiment que cela allait arriver, » Nanya croisa simplement les bras au niveau de sa poitrine et secoua la tête.

« Le Maître est un si bon Maître que n’importe quel esclave voudrait rester à ses côtés, » ricana Shanteya.

« Quoi ? Franchement..., » m’étais-je plaint pendant que le chaton me sautait dessus et me serrait dans ses bras.

« Maître ! Le maître de Tamara ! » déclara-t-elle.

« Je ne m’attendais vraiment pas à ça ! » avais-je crié en réponse.

Le chaton n’avait fait que lever la tête et m’avait regardé avec de grands yeux curieux.

« En parlant de ça, quel âge a Tamara ? » demanda Nanya.

« Tamara a 16 ans ! » déclara-t-elle fièrement.

« Alors, techniquement, c’est une adulte..., » Nanya avait louché des yeux en la regardant.

« Mais elle est si petite..., » avais-je dit, surpris.

« Tous les nekatars ne sont pas aussi grands que Neyalin. Peut-être vient-elle d’une autre tribu ? » demanda Shanteya.

« Pas de tribu. Tamara esclave de naissance, » le chaton secoua la tête.

J’avais poussé un long soupir.

Ainsi, une autre personne bizarre s’était jointe à notre groupe.

***

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