J’ai été réincarné en une Académie de Magie ! – Tome 3 – Chapitre 34

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Chapitre 34 : La bataille de Shanteya

[Point de vue de Shenner]

Non ! Non ! Non ! La structure de ce donjon était complètement erronée ! Il n’avait même pas de miroir décent ! Tous ces murs étaient ondulés et reflétaient nos images, me rendant étourdie et confuse à chaque pas que nous faisions. Il y avait aussi les pièges et les monstres qui rôdaient dans ce lieu dont nous devions nous inquiéter. Ce donjon avait construit trop de pièges à pointes et de lance-flammes dans ses couloirs ! C’était pénible de tous les franchir !

« Grrr ! » le grognement effrayant était venu de derrière nous.

J’avais sorti mon poignard et je l’avais jeté dans cette direction. Ma sœur Elovier était sur le trajet, mais elle avait réussi à esquiver à temps avant que ma jolie lame ne lui fasse une belle coupure sur la joue. Elle m’avait regardée, mais je m’en fichais, elle m’avait toujours pardonné, d’autant plus qu’aujourd’hui nous étions à la chasse au bâtard qui avait tué mon adorable enfant !

« Attention ! » me gronda-t-elle.

« Je déteste ce grognement ! Je déteste tellement ça ! » avais-je soufflé. Puis j’étais passée devant elle pour récupérer mon poignard.

La petite lame avait réussi à se coincer dans le mur réfléchissant.

« Quoi qu’il en soit, nous devrions essayer d’aller à gauche... Cet endroit me donne le vertige..., » dit Elovier en se frottant le front avec deux doigts.

« Frappe ta tête sur les murs, ma douce sœur ! Ça va aider ! » avais-je suggéré avec un rire.

Elle m’avait regardée en me disant : « Tu es vraiment en colère, n’est-ce pas ? »

« Peut-être ? » J’avais répondu par un rire en inclinant ma tête vers la gauche.

J’allais prendre plaisir à écorcher vif le bâtard qui avait tué ma propre chair et mon sang. Shanteya, cette truie, et ce petit diablotin allaient aussi payer, mais d’une manière différente !

Après avoir récupéré mon poignard, j’avais suivi Elovier dans ce labyrinthe ridicule, et nous avions tourné à gauche, à droite, à droite, à nouveau, puis nous avions rencontré ce qui ne pouvait être décrit que comme un message destiné à nous ennuyer.

« Félicitations ! Vous êtes perdues ! » avais-je crié après avoir lu le message.

« Le donjon se moque de nous, » grogna ma douce sœur.

Mais j’avais dû admettre que ce Seigneur du Donjon avait l’intention de nous ennuyer au point où nous criions de rage. Je l’avais déjà fait quelques fois, mais c’était déjà le troisième message que nous avions rencontré. Je commençais à m’habituer à les voir.

Les autres l’étaient : « Ettttt... tu es perdu, n’est-ce pas ? » et « Es-tu chauve ? »

Comment ce donjon osait-il suggérer qu’une belle El’Doraw comme moi deviendrait chauve ! Quel donjon impoli ! J’allais graver mon nom sur son cadavre de cristal et le jeter dans une fosse de lave !

« Essayons cette voie..., » dit Elovier avec un soupir, et j’étais juste derrière elle, en pensant à toutes les délicieuses façons dont j’allais faire souffrir Shanteya et ce Seigneur du Donjon... lentement... et douloureusement.

« Hihi ! »

 

***

[Point de vue de Shanteya]

Alors que je me tenais dans ces couloirs sombres et froids, affûtant mes poignards et vérifiant soigneusement le poison que j’avais prévu d’utiliser sur mes cibles, je m’étais rendu compte que je n’avais assassiné personne depuis un certain temps déjà. Aurais-je oublié comment affiner mon intention meurtrière ou ma lame s’était-elle simplement émoussée ?

Fermant les yeux un instant, j’avais laissé mes pensées s’envoler à l’époque où le Maître m’avait placée en lui pour la première fois. J’avais peur, je ne savais pas ce qui allait m’arriver... Puis je me souvenais comment il avait enlevé toute ma douleur, comment il m’avait souri si doucement, comment il m’avait étreinte affectueusement dans ses bras. Ses baisers étaient toujours doux et tendres, purs et parfaits. Le maître ne s’était jamais imposé à moi et même quand j’avais décidé de me laisser utiliser par lui comme avec les autres hommes, il avait refusé. Il s’était arrêté, il voulait que notre étreinte soit une étreinte d’amour plutôt que de convoitises et de plaisirs charnels.

Étrange, mais quel homme sain d’esprit refuserait de coucher avec une femme consentante ? pensais-je, mais la réponse à ma question était plutôt évidente.

Ce monde était rempli d’hommes qui trompaient volontiers leur femme avec la première femme qui les taquinait un peu. Je devrais le savoir, car j’étais l’une de ces femmes. Mon devoir... ou plutôt ma mission était d’éloigner les hommes, de leur faire baisser la garde et de les poignarder dans le cœur. Grâce à leurs convoitises et à leurs désirs charnels, ce fut un travail très facile pour moi.

Ces hommes avaient toujours voulu que je me déshabille et que mes jambes soient écartées devant eux. Ils m’avaient toujours sautée dessus sans se soucier de ce que je ressentais ou de la façon dont je voyais leur acte dégoûtant... Même les cicatrices sur mon corps leur importaient peu tant que je pouvais leur offrir la libération qu’ils désiraient ardemment. Ainsi, il était facile de les attirer dans mes bras. Une fois qu’ils avaient abaissé leur armure magique, mon poignard glissait entre leurs côtes jusqu’à leur cœur. Avec une seule torsion, ils avaient fait leur dernier souffle, et mon travail était terminé.

Le maître était le seul qui refusait de se comporter comme eux.

Le maître était le seul homme qui ne m’avait pas pris dans ses bras avec le seul désir de chercher le plaisir de ma nudité.

Le Maître était le seul qui me traitait comme une égale et se souciait de mes sentiments, de mes pensées, de mes opinions même quand il n’avait aucune raison de le faire. J’étais son esclave, il était mon maître, mais le Maître ne voyait pas un tel lien. Il me voyait comme une amie et quelqu’un qu’il voulait aimer. Il me voyait comme quelqu’un qui méritait son étreinte douce et aimante, même si je croyais que j’étais sale et souillée.

Chaque fois, chaque nuit, chaque matin, chaque moment passé aux côtés du Maître, j’avais été témoin de la prudence, de l’attention, de l’amour et de la générosité qu’il pouvait avoir. Les enseignants voyaient sa gentillesse et sa bienveillance comme une stupidité ou peut-être une faiblesse. C’est pourquoi quand ils avaient parlé de faire du mal au Maître, je n’avais pas hésité à menacer leur vie. Avant qu’ils ne puissent nuire au Maître, ils devraient d’abord passer par moi. Je me battrais jusqu’à la mort. J’escaladerais une montagne d’aiguilles empoisonnées s’il le fallait. Quoi qu’il en coûte, je défendrais et protégerais le Maître de n’importe qui et de n’importe quoi.

Pourquoi ? Parce que... J’aime le Maître... J’aime Illsyore..., avais-je pensé et j’avais ouvert les yeux.

Ma détermination avait été renforcée à son maximum et mes objectifs avaient été choisis.

Les deux femmes el’doraws qui étaient venues me tuer finiraient par être à la place chassées à leur tour.

Ma lame était prête. Mon poison avait été étalé sur mes poignards. Mon armure magique était en place. Le regain de force que j’avais reçu de la part de [Lien de Confiance] était là aussi. Cette compétence me conférait une puissance dont je n’aurais jamais pu rêver auparavant, mais il était destiné à être utilisé pour le bien du Maître.

« Je suis prête ! » avais-je déclaré.

Le maître n’était pas là, mais j’étais certaine qu’il était quelque part à proximité, me regardant d’en haut alors que j’étais sur le point de danser une fois de plus sur le chant de la mort.

Alors que je marchais dans les couloirs sombres, j’avais utilisé les vêtements que le Maître avait enchantés pour moi, et j’avais cherché avec précaution les deux assassins. Les pièges et les monstres dans ce labyrinthe n’avaient même pas réagi à moi. Les diablotins et les loups étaient passés à côté de moi comme si je n’étais même pas là. Les pièges n’avaient pas fonctionné non plus quand j’avais marché dessus. C’était comme si tout le labyrinthe me reconnaissait comme étant le Maître. C’était un avantage pour moi. Je n’avais pas à m’inquiéter des pièges et des monstres. Par contre, mes ennemis n’avaient pas eu autant de chance.

Quinze minutes après le début de la chasse, je les avais enfin trouvées. Elles se battaient contre une bande de diablotins qui utilisaient des loups terribles comme montures. Ils n’étaient pas une si grande menace pour elles, mais un rang Maître les trouverait certainement dangereux et gênants, c’était le moins qu’on puisse dire. Un trop grand nombre de duos pourrait même submerger un rang Empereur. Le Maître ne s’était certainement pas retenu sur la difficulté de ce labyrinthe.

Pendant encore dix minutes, je les avais suivies attentivement et j’avais analysé leurs attaques. La première utilisait des poignards doubles, tandis que l’autre utilisait un poignard et une épée. D’après ce qu’elles disaient, l’une s’appelait Shenner et l’autre Elovier.

Je m’étais souvenue des rumeurs à leur sujet. Elles étaient parmi les meilleurs assassins de la guilde. Elles étaient nées d’un assassin inférieur dans la guilde, mais elles avaient été entraînées avec quelques autres par le Maître de la Guilde lui-même. Une fois adultes, elles avaient été données personnellement en tant que femmes à un assassin appartenant aux Ombres Noires. Elles étaient les assassins les plus fortes et les gardes personnelles du Maître de la Guilde. Devenir leur femme ou faire partie de leur groupe était le seul moyen d’empêcher les autres assassins de vous utiliser pour leur propre plaisir.

D’aussi loin que je me souvienne, elles étaient au moins du Rang Empereur, mais cela n’avait pas d’importance pour moi. Avec la force du Maître, ce labyrinthe et ma propre détermination, j’étais déjà un Rang Suprême inférieur. Je pourrais les vaincre.

Je vais les tuer..., avais-je pensé. Puis j’avais commencé à les attaquer.

De cette meute de diablotins et de loups terribles, il ne restait que trois diablotins, qui avaient attaqué celle qui s’appelait Elovier. Elle avait tué le premier avec un coup rapide au niveau de la poitrine. À ce moment-là, je lui avais sauté dessus, avec le poignard pointé vers son dos. Ma vitesse était beaucoup plus grande que ce que j’avais avant, mais je pouvais la contrôler avec aisance après toutes les chasses que j’avais faites dans la forêt.

« Hein ? » elle m’avait remarquée, mais c’était trop tard.

La lame avait touché son armure magique. C’était plus résistant que je ne l’avais prévu, et mon attaque avait franchi une partie de son armure en cotte de mailles. Mon attaque avait échoué alors j’avais sauté vers l’avant et j’avais atterri derrière les deux autres diablotins. Elle avait déplacé son épée vers moi, mais un diablotin avait sauté sur la trajectoire. La lame de l’épée coupa le diablotin en deux et elle s’en était pris à l’autre qui avait essayé de l’attaquer par le côté. Le diablotin avait été décapité d’un seul coup et à ce moment-là, celle qui s’appelait Shenner avait essayé de me poignarder par-derrière. J’avais sauté à gauche et j’avais évité le dangereux poignard. J’avais reculé de deux pas en arrière, toujours en gardant mon poignard en l’air et en me préparant à une autre attaque.

« Eh bien, bien... Regardez qui nous avons ici ! Shanteya la pute ! » déclara Shenner en se retournant et en me souriant.

J’avais ignoré son insulte mesquine et j’avais gardé mon attention sur les deux femmes.

« Cela nous facilitera la tâche, mais ta vitesse est un peu surprenante. As-tu utilisé une compétence d’Amélioration ? » demanda Elovier en pointant son épée vers moi.

Je n’avais pas répondu et j’avais maintenu ma défense présente. Derrière moi, il y avait un piège à feu et un piège à pointes. Devant moi se trouvaient les deux El’Doraws. Les murs autour de moi étaient dégagés et le plafond était débarrassé de ses pièges. Les deux femmes les avaient tous détruits pour faciliter leur combat avec les diablotins.

« Tu ne réponds pas ? Keh ! Sais-tu au moins qui nous sommes ? Hein ? Vraiment ? » Shenner m’avait demandé en pointant son poignard sur moi.

« Des déchets, » avais-je répondu calmement.

Elle s’était tortillée face à mon insulte.

« Je vais t’écorcher vif ! » Elle m’avait menacée.

« Shanteya, le Maître a une question pour toi, » déclara celle qui s’appelait Elovier.

« Ce n’est plus mon maître, » j’avais répondu en plissant les yeux vers elle.

« C’est une très mauvaise blague, tu sais ? Personne ne quitte la guilde ! » m’avait-elle menacée.

« Ma loyauté envers mon Maître actuel sera présente jusqu’à mon dernier souffle, » j’avais déclaré cela.

« Keh ! Tuons-la, maintenant ! » Shenner pressa sa sœur et haussa les épaules.

« Pas encore. Patience, ma sœur ! » Elovier la regarda et me regarda « Shanteya, le Maître veut savoir comment tu es encore en vie », me demanda-t-elle.

Normalement, j’aurais déjà dû être morte, mais je suis toujours en vie après tout ce temps. La malédiction n’a pas marché, et elles veulent savoir pourquoi, pensais-je en la regardant, puis en regardant sa sœur impatiente.

« Réponds-moi, » m’ordonna-t-elle.

J’avais souri.

« Parce que ton maître est un petit homme pathétique, impuissant et minable et le mien ne l’est pas, » je les avais narguées ainsi.

« ESPÈCE DE SHIKAK ! » cria Shenner et sauta vers moi.

Nos poignards s’étaient affrontés, mais pour moi, le sien était comme au ralenti vis-à-vis du mien. J’avais incliné ma lame et j’avais poussé son arme mortelle loin de moi. Pendant ce temps, j’avais remarqué quelques runes particulières gravées sur le milieu de la lame. C’était une arme enchantée.

C’est soit un Enchantement de Neutralisation de l’Armure Magique, soit un Enchantement d’Ignorer l’Armure Magique, avais-je pensé qu’en marchant sur le côté.

D’un geste rapide, je l’avais saisie par le poignet, je l’avais tirée vers moi et j’avais enfoncé mon autre poing dans son visage. Le mouvement s’était fait en une fraction de seconde, et les coups s’étaient enchaînés. Son armure magique avait subi de lourds dommages, mais elle n’était pas encore brisée.

L’autre sœur, Elovier, m’avait attaquée à ce moment-là. J’avais sauté en arrière pour éviter un coup de pied à l’estomac, puis j’avais utilisé mon poignard pour bloquer un couteau qui visait mon estomac. Quand j’avais atterri sur le sol, j’avais vu les sœurs el’doraw se précipiter vers moi ; l’une à gauche et l’autre à droite. Elles se déplaçaient lentement (du moins, selon moi), mais il était déjà clair pour moi que j’avais besoin de mettre un peu plus de force dans mes attaques.

Serrant la poignée de mon poignard, je m’étais précipitée vers elles. Utilisant la vitesse à mon avantage, j’avais dévié le poignard enchanté de Shenner et incliné mon corps sur le côté pour éviter celui d’Elovier. Saisissant la main de cette dernière, je l’avais tirée vers sa sœur et j’avais reculé. Les deux sœurs s’étaient heurtées l’une contre l’autre, mais elles avaient réussi à rétablir leur équilibre avant de tomber au sol. Je leur avais sauté dessus et avec un coup de pied haut, j’avais frappé Elovier au visage. Elle s’y était opposée en levant son protège-main vers le haut. Mon coup de pied était assez puissant pour repousser l’El’Doraw d’environ deux mètres.

Les deux sœurs étaient séparées, alors j’avais pris mon poignard et je l’avais dirigé vers Shenner. Elle avait aussi essayé de me poignarder, mais pendant que j’esquivais le sien, le mien avait percé. Son armure s’était brisée, et la lame lui avait percé les tripes.

Elle avait grimacé, et j’avais sorti le poignard, puis je m’étais retournée et j’avais visé sa gorge, mais j’avais dû sauter en arrière. Du coin de mes yeux, j’avais vu trois couteaux jetés sur moi par sa sœur. Je ne savais pas s’ils étaient empoisonnés ou enchantés, alors je m’étais écartée de leur trajet.

« Khak ! Cette shikak ! » m’avait maudit Shenner en crachant du sang.

« Sœur ! Recule ! Quelque chose..., » je ne l’avais pas laissée finir, je m’étais précipitée vers elle, forçant Elovier à prendre position.

Nos poignards s’étaient rencontrés, repoussant le mien loin de sa poitrine, mais il était encore assez près pour égratigner son armure magique. J’avais essayé de la frapper, mais elle avait levé la main, bloquant mon attaque.

À ce moment-là, j’avais entendu l’autre chanter un sort. Avant qu’elle n’ait eu la chance de finir, j’avais attrapé Elovier par la main et je l’avais jetée vers Shenner. Les El’Doraws étaient tombées par terre et le chant avait été interrompu.

Je n’avais aucune idée du sort qu’elle allait utiliser, mais je ne pouvais prendre aucun risque. Le seul sort que je connaissais était [Boule de feu], mais dans une situation de combat sans avant-garde, il fallait trop de temps pour lancer.

Elles sont bonnes..., pensais-je.

Shenner avait essayé d’arrêter le saignement, mais mon poison était un agent à action rapide qui engourdissait la zone locale et empêchait le sang de coaguler. La seule façon de l’arrêter était d’utiliser un antidote spécialement conçu à cet effet. Je n’avais pas douté du fait que ces personnes pourraient en avoir un, cependant, je n’avais pas l’intention de les laisser l’utiliser, alors j’avais couru vers elles avec mon poignard levé et ma volonté de tuer concentrée sur elles.

« Shenner ! » cria Elovier en essayant de m’empêcher d’atteindre sa sœur.

La femme avait essayé de me percer la poitrine avec son épée, mais je l’avais laissée passer devant moi. Je m’étais retournée et je l’avais frappée avec mon coude sur le côté gauche. Son armure magique avait absorbé la plus grande partie de l’impact, mais elle avait quand même été projetée sur le côté. Je ne l’avais pas fait tomber, mais elle n’avait pas pu m’arrêter.

Levant son poignard en affichant une expression pleine de rage, Shenner avait essayé de m’attaquer, mais je l’avais esquivée. Je m’étais déplacée vers la gauche, ignorant son poignard, car il m’avait manqué, passant loin de mon armure magique comme si elle n’était même pas là pour commencer. Avant qu’elle ne puisse sauter loin de moi, j’avais percé son torse avec mon poignard, le laissant glisser à travers ses côtes et dans son poumon, ce qui l’empêcherait de lancer des sorts.

« NON ! » avait crié Elovier quand elle m’avait vue aller derrière sa sœur et retirer la lame de sa poitrine.

Pas de pitié..., avais-je pensé en déplaçant mon poignard vers son cou et en l’enfonçant dans sa gorge.

C’était un coup de couteau court et rapide qui avait ouvert une plaie et tranché sa veine jugulaire. Son sang rouge et chaud jaillissait, se répandant sur ses vêtements et sur le sol. C’était une blessure mortelle dont même les meilleurs guérisseurs n’auraient pas pu la sauver, eh bien... sauf pour mon Maître. Il était le seul à proximité à pouvoir guérir une blessure aussi terrible.

Même ainsi, je n’avais pas encore fini. Sous les yeux terrifiés de sa sœur, j’avais jeté la Shenner mourante dans le piège à pointes à côté de nous. Sans son armure magique, elle n’avait aucun moyen de se défendre contre un empalement mortel.

En regardant à ma gauche, j’avais vu Elovier, qui s’était précipitée vers moi.

« TOI SHIKAK ! COMMENT OSES-TU ! » Elle m’avait crié dessus. Cependant, je n’avais rien ressenti en la voyant souffrir.

L’El’Doraw était forte. Elle avait utilisé toute sa puissance ou plutôt une amélioration de ses statistiques.

Avait-elle un cristal d’Amélioration sur elle ? m’étais-je demandée, alors que nous roulions sur le sol, en essayant de mon mieux de garder son poignard loin de moi.

Elle était furieuse. Elle était enragée. Comme un démon ou une bête folle, elle avait essayé de me tuer et de mettre fin à ma vie comme j’avais mis fin à celle de sa sœur, mais même à ce moment-là, je n’avais rien ressenti. J’étais calme. J’étais concentrée. Je savais que mon maître me soutenait à l’aide de ses pièges et peut-être même par sa présence.

« Je vais te tuer ! Je vais te déchiqueter ! » Elovier continuait à me menacer pendant qu’elle luttait pour pousser la pointe de son poignard plus près de moi, mais je n’avais pas cédé.

J’ai l’impression de jouer avec elle..., avais-je pensé en la regardant s’enrager.

C’était étrange, mais je n’utilisais pas encore toute ma force. Il y avait encore plus de choses que je pouvais faire dans la bataille, et je n’avais pas encore déclenché une attaque sérieuse contre elle. C’était la première fois que je me battais dans un combat sérieux contre une autre personne sensible après avoir reçu le coup de pouce d’Illsy, et je m’attendais à rencontrer un peu d’ennuis, mais pour une raison inconnue, j’avais l’impression de me battre contre des enfants.

Il est temps de mettre fin à tout ça, pensais-je.

Avec une puissance augmentée, je l’avais jetée par-dessus mon épaule. C’était assez fort pour qu’elle s’écrase contre le plafond et tombe par terre. Je m’étais levée en même temps qu’elle.

Elovier avait préparé son poignard et avait craché par terre. Me regardant fixement, elle m’avait dit : « Je vais te tuer et ensuite je vais détruire le stupide Seigneur du Donjon qui a osé... »

Je ne l’avais pas laissée finir.

Pour la première fois depuis que j’avais commencé cette bataille, j’avais aussi ressenti un peu de colère. En un clin d’œil, j’étais juste à côté d’elle et je l’avais poussée de toutes mes forces. Le coup avait touché sa mâchoire, brisant son armure magique et l’envoyant voler dans le plafond. On avait entendu un fort boum, et un cratère s’était formé au-dessus de moi.

Crachant du sang, Elovier était tombée par terre, mais avant qu’elle ne touche le sol, je l’avais frappée à l’estomac aussi fort que je pouvais le faire. Ce coup s’était également produit, et elle avait été envoyée de l’autre côté du couloir. Le mur de métal l’avait empêchée de continuer sa progression, mais il s’était plié et sa chair et ses os avaient subi de terribles dommages.

Mon dernier geste avait été de ramasser la dague enchantée de sa sœur sur le sol et de la jeter sur elle. La lame avait traversé son front, l’épinglant sur le mur et la réduisant au silence pour de bon.

Je l’avais observée un instant, pour m’assurer qu’elle était morte, mais il était très douteux que quelqu’un puisse survivre à quelque chose comme ça. Mon équipement enchanté m’avait aussi dit qu’il n’y avait plus de signe de vie autour de moi.

Assise bien droite, j’avais dépoussiéré mes vêtements et soigneusement rengainé mon poignard. Le combat était terminé. La Poupée Brisée de la guilde des assassins de la Rage du Fantôme avait gagné... Non, je n’étais plus la Poupée Brisée, j’étais l’esclave et la femme de chambre d’Illsyore. Celle qui avait gagné était Shanteya Dowesyl, acolyte du Seigneur du Donjon Divin Illsyore.

« Félicitations, Shanteya. » Sa douce voix avait retenti derrière moi.

Il était de retour ou avait toujours été là, prêt à m’aider si jamais j’en avais eu besoin.

J’avais souri et je m’étais retournée.

« Merci, Maître ! »

 

***

[Point de vue d’Illsyore]

La bataille de Shanteya avait été intense, mais bien différente de ce à quoi je m’attendais. Il n’y avait pas de plan soigneusement établi ou de sorts avancés utilisés, c’était un combat franc et sans subtilité. Avec ces vitesses, il était un peu difficile d’utiliser quoi que ce soit d’autre, mais encore une fois, il était logique de ne pas utiliser de longs sorts incantés lorsque l’ennemi pouvait soit esquiver, soit se rapprocher en un clin d’œil. Cependant, pour quelqu’un comme Nanya et Dankyun, les choses étaient un peu différentes. Ces deux-là pourraient utiliser un chant court ou des sorts sans chant, ce qui rendrait leurs stratégies de combat un peu plus diversifiées et complexes.

Pourtant, il y avait eu quelques moments où j’avais cru que Shanteya pourrait perdre. J’étais prêt à sauter dans le combat et à l’absorber avant qu’elles ne lui infligent un coup critique. Après l’avoir guérie, elle aurait pu réessayer ou changer de stratégie. Avec ma régénération de mana actuelle, c’était en fait une assez bonne stratégie. Heureusement, nous n’avions pas eu besoin de l’utiliser. Shanteya avait gagné, et cela, d’une manière plutôt tape-à-l’œil.

C’était... incroyable ! Je pensais.

« Maître, qu’allez-vous faire maintenant ? » me demanda-t-elle.

« Oh ! Tout d’abord, j’aimerais que tu restes ici un peu plus longtemps. Je vais réparer tout ce que ces deux filles ont cassé, et une fois que Dankyun et ses compagnons seront entrés dans ce labyrinthe, tu devrais essayer de tuer tous ceux qui viennent vers toi. Tu es libre de tous les tuer comme bon te semble. Je surveillerai Dankyun et m’assurerai qu’il ne vienne pas vers toi. » Je lui avais expliqué mon plan, mais j’avais omis la partie sur moi qui utiliserait constamment des sorts pour l’attaquer depuis le coin de la rue.

« Comme vous voulez, Maître ! » elle avait incliné la tête respectueusement vers moi.

Après avoir regardé le labyrinthe, j’avais remarqué qu’il n’y avait pas grand-chose à réparer. Les El’Doraws avaient pratiquement évité la plupart des pièges et tuées tous les monstres qu’elles rencontraient. Mes compétences en réparation avaient bien fait le travail, et j’avais décidé de laisser un cadeau à Dankyun à l’entrée de ce niveau. J’avais ramassé leurs cadavres et j’avais absorbé leurs armes et leurs bourses. C’était mon butin pour cette bataille. Ensuite, je m’étais dirigé vers l’entrée et les avais placées au milieu du premier couloir menant au labyrinthe.

J’avais aussi ajouté une petite pancarte sur le mur qui disait ceci : « Malheureusement, Dankyun, tu es si laid que tu as réussi à les tuer à distance. Franchement, où as-tu acheté ton visage ? Un dépotoir ? »

C’était un peu méchant et probablement aussi boiteux, mais je m’en fichais. Je voulais qu’il se fâche et qu’il sache que je n’étais pas prêt à épargner ses sujets lors qu’il s’agirait de protéger ceux qui m’étaient proches. Il était temps que j’agisse comme un donjon divin et que je fasse ce que je voulais.

Hein ? Agir comme un être divin ? J’avais réfléchi pendant un moment en réalisant quelle sorte de pensées coulaient dans mon esprit à ce moment-là.

C’étaient des pensées de conquête et d’abus de pouvoir. Elles étaient égoïstes et tyranniques, ressemblant à l’obscurité cachée en moi.

C’est mal... tu ne peux pas utiliser le pouvoir comme ça..., avais-je pensé et secoué la tête.

C’était probablement juste un autre cas bizarre de syndrome de l’instinct de donjon, mais je devais faire attention de ne pas agir sur de telles pensées, sinon je pourrais finir par blesser ceux que j’aimais dans le processus. C’était la loi fondamentale de cause à effet dans tous les films que j’avais vus.

Cela dit, j’avais décidé de donner un autre avertissement à Dankyun, au cas où je ne sois pas assez clair.

« Ceux qui avancent sont prêts à perdre leur propre vie, » puis, juste en dessous, j’avais écrit un autre « Soldats draconiens ! Suivre un leader incompétent comme Dankyun ne vaut pas vos vies ! Soyez malin et quittez cet endroit ! »

Avec un signe d’approbation, j’avais vérifié la situation de Shanteya, puis j’étais sorti du donjon pour vérifier où tout le monde se trouvait. Ils n’étaient pas si loin de moi. Encore un peu, et ils atteindraient l’entrée de mon donjon.

Comme j’aurais aimé avoir mon sort de [Glacier infernal X60] en ce moment même. Je veux dire qu’il est juste là ! Je pourrais le charger avec 4000 points de mana et finir son armée en une seule fois ! Il ne resterait plus que lui... Arg ! Rends-moi mon sort ! avais-je gémi. Puis j’avais fait naître un piège simple et aléatoire devant eux juste pour les ennuyer.

Une fois tout cela terminé, j’avais prévu d’avoir une longue conversation avec l’obscurité à l’intérieur de moi et de voir ce qui se passait.

Il y avait la crainte qu’il soit capable d’entendre mes pensées, mais ses actions et ses paroles m’avaient fait m’interroger à ce sujet. S’il était capable de lire mes pensées, pourquoi n’était-il pas apparu plus tôt ?

Il y a quelque chose que ce type étrange ne m’a pas dit..., avais-je pensé en regardant la troupe de Dankyun qui s’approchait de l’entrée de mon donjon.

***

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10 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.
    Ps: Mais, c'est quoi un ou une SHIKAK ?
    (Si vous avez la réponse dite la moi s'il vous plait)

  2. Merci beaucoup pour ce cadeau^^. Hâte de découvrir la réaction qu'aura Dankyun^^. (J’espère aussi que ceux dans ça tête partiront tous vite^^.)

    edit : UNE SUITE!!!! merci^^.

  3. Merci pour le chapitre.
    [C’est soit une Enchantement de Neutralisation de l’Armure Magique, soit une Enchantement d’Ignorer l’Armure Magique], je suis pas sûr mais ce n'est pas le même enchantement que l'épée de Dankyun?

    • Petite faute corrigée.

      Celui de Dankyun est une version Divin, qui permet de neutraliser à 100% l'armure magique de la cible.
      Ce dont elle parle, c'est deux enchantement qui permet de détruire une partie de l'armure en plus de dommages normaux, ou alors d'ignorer une partie de l'armure et de blesser même si l'armure est encore présente.
      Ils sont d'un niveau plus faible, et permette pas de surpasser des armures magiques de très haut rang.

  4. Merci pour le chapitre.

  5. Merci pour le chapitre !

  6. Merci pour le chapitre

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