Infinite Stratos – Tome 1 – Chapitre 2

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Chapitre 2 : La bataille pour le représentant de classe !

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Chapitre 2 : La bataille pour le représentant de classe !

Partie 1

« Hé..., » dis-je.

« ... » Elle ne me répondit rien.

« Hé, es-tu toujours en colère contre moi ? »

« Je ne suis pas en colère, » répondit sèchement Houki.

« Eh bien, tu as l’air en colère contre moi, » dis-je.

« J’ai toujours une telle apparence, » répliqua-t-elle.

Nous nous trouvions le deuxième jour de l’école, à huit heures du matin. Nous mangions le petit-déjeuner à la cafétéria pendant la période des premières années et des filles m’entouraient dans toutes les directions. Cela m’avait fait peur que même toutes les employées soient des femmes, mais je n’aurais pas dû être surpris de ce fait. Je prenais mon petit-déjeuner avec Houki dans le but de maintenir des relations positives avec ma colocataire, mais nous n’avions pas été capables de parler correctement depuis la veille. J’avais pris un petit-déjeuner japonais, et d’ailleurs, il y avait du riz, du natto, du saumon tranché, de la soupe miso, et aussi des légumes comme plat d’accompagnement. Je mangeais essentiellement avec l’argent des impôts, et c’était plutôt bien. Bénis le pouvoir de l’État. Houki mangeait la même chose. Les Japonais mangeaient du riz pour le petit-déjeuner. Ce n’était pas que le pain était mauvais, mais... le saumon était juste trop bon pour laisser passer cette possibilité. Il avait une faible trace de sel, mais agréable, et le riz était doux et chaud. C’était l’excellence pure ! Les cuiseurs de riz électriques génériques n’avaient aucun problème à réaliser ça.

« Houki, c’est vraiment bon, » dis-je.

« ... »

Elle m’ignorait. Pourtant, elle avait pris une bouchée du saumon, comme si elle confirmait ce que je lui disais.

J’avais toujours vécu avec ma sœur Chifuyu, donc ce n’était pas comme si vivre seul avec une fille m’avait fait devenir fou. En fait, j’avais lavé les vêtements de Chifuyu pendant longtemps, donc je n’allais pas paniquer sur certaines culottes, bien que ce ne soit que ma version de l’histoire. Mon amie d’enfance de l’autre côté de la table ne voyait probablement pas les choses comme ça. Peut-être qu’elle détestait voir sa culotte alors que ce n’était pas un gros problème pour moi ? Je n’avais aucune idée de ce qui se passait dans son esprit.

« Je t’ai dit que je ne suis pas en colère, » elle avait lâché ça par elle-même.

Elle ne me regardait presque jamais, et si nos yeux se rencontraient par hasard, elle détournerait le regard. Eh bien, si ce n’était pas en colère contre moi, alors il y avait encore de l’espoir pour la paix mondiale.

« Hé, c’est le garçon dont tout le monde parle. »

« Et il est aussi le frère de Chifuyu ! »

« Wôw ! Le frère et la sœur sont-ils tous deux des pilotes de l’IS ? Pensez-vous qu’il est aussi bon ? »

Tout se déroulait comme la veille. Les filles autour de moi gardaient leur distance, mais ne prêtaient clairement attention qu’à moi, contenant à peine leur curiosité. C’était irritant. Si cela avait été une opération de pêche, cela aurait été une bonne prise. C’était une jolie métaphore si vous me le demandiez, mais bon — .

« Alors, Houki..., » commençai-je.

« N-N’utilise pas mon prénom, » répliqua Houki.

« Shinonono ? » demandai-je.

« ... »

J’avais essayé de l’appeler par son nom de famille, mais cela ne semblait pas non plus la rendre heureuse. Apparemment, Houki n’avait toujours pas commencé à aimer son nom de famille. Eh bien, il y avait toute une histoire derrière ça.

« O-Orimura, pouvons-nous nous asseoir ici ? »

« Hm ? »

J’avais levé les yeux et j’avais vu trois filles qui portaient des plateaux avec leur petit-déjeuner dessus, qui attendaient ma réponse.

« Oui, bien sûr, » répondis-je.

La fille qui m’avait demandé avait soupiré de soulagement et les autres avaient effectué une pose victorieuse. J’avais entendu des murmures parmi la foule autour de nous.

« Oh, non... J’aurais dû aller lui parler. »

« C’est... C’est juste le second jour... Il n’y a pas d’urgence. Ne t’inquiète pas... »

« J’ai entendu dire qu’on a vu une fille assise sur lui hier. »

« Quoi !? »

Oh oui. La veille, 8 filles en première année, 15 en deuxième année et 21 en troisième année étaient venues se présenter. J’avais eu du mal à me souvenir de leurs noms. Si l’une d’elles était venue me voir par la suite et m’avait demandé si je me souvenais de son nom, les chances auraient été d’environs 50-50. Que pourriez-vous attendre de plus ?

C’était la première chose le matin, et je devais me souvenir de trois autres choses qui s’étaient produites. Apparemment, ce groupe de filles avait déjà conclu un accord en ce qui concerne qui pourrait s’asseoir où, et elles avaient pris leurs positions sans difficulté. Il s’agissait d’une table pour 6 personnes. Houki et moi étions assis près de la fenêtre. Elles avaient donc pris trois autres places. Il en restait une et je voulais qu’elle reste vide.

« Wôw, vous pouvez manger autant de choses le matin, Orimura. »

« Oui, les garçons peuvent tellement manger... »

« Je ne mange pas beaucoup pour le dîner, alors je mange bien plus le matin, » répondis-je.

C’était en fait la vérité. J’avais expérimenté pendant un certain nombre d’années, mais finalement cela s’était avéré être la meilleure manière pour moi. Eh bien... en vérité, je ne faisais qu’imiter Chifuyu.

« Est-ce que les filles sont en forme en manger si peu le matin ? » demandai-je.

Les trois filles qui nous avaient rejoints avaient des repas différents, mais partageaient largement les mêmes choses : une tranche de pain, un verre de jus et un plat d’accompagnement. C’était vraiment un petit repas.

« E-Eh bien... »

« Euh... Correct ? »

Comment était l’énergie que cela leur apportait ? Peut-être que c’était la raison pour laquelle seules les filles pouvaient piloter l’IS ?

« Nous mangeons beaucoup de sucreries... »

Vous pourriez devenir grosse à cause de ça.

Ce n’était probablement pas sain d’agir ainsi. Les gens devaient prendre soin de leur corps pendant leur adolescence. J’avais lu une fois que vous commenciez à vieillir plus vite dès 22 ans.

« Orimura, j’y vais déjà, » déclara Houki.

« Hm ? Oh. On se voit plus tard, » répondis-je.

Houki avait terminé sa nourriture et avait quitté les lieux. Tout ce que Houki avait mangé était de la nourriture japonaise du buffet, la nourriture du Japon ancien, tout comme un vrai samouraï. Elle était l’image de la femme idéale du moyen-âge. Ou peut-être pas, je ne sais pas.

Je ne m’attendais pas à ce que ma colocataire soit Houki. Je suppose que c’était vraiment mieux que de vivre avec une fille que je ne connaissais pas. Houki et moi nous nous connaissions alors que nous étions enfants au moment de l’école primaire, Chifuyu m’avait emmené au kendo, et j’étais dans la même classe avec Houki jusqu’à ce que nous ayons eu 10 ans.

Ses parents nous avaient souvent invités à dîner, car les nôtres n’étaient plus là. Nous étions assez pauvres, donc cela nous avait beaucoup aidés. Bien que ce ne soit pas comme si Houki et moi avions toujours été amis. Au début, nous ne nous entendions pas du tout, mais comme nous pratiquions le kendo ensemble, notre relation avait fini par s’améliorer petit à petit. Du moins, je le pensais. — Tout était devenu bien plus indécis maintenant. J’étais sûr que je n’étais pas le seul à ne pas m’en souvenir ? Peu importe. Après tout, le passé reste le passé. Il n’y a pas d’autre instant que le présent.

« Orimura, est-ce que vous vous entendez bien avec Shinonono ? »

« J-J’ai entendu dire que vous partagiez la même chambre ? »

« Eh oui. Nous sommes amis d’enfances, » répondis-je.

Cela ne signifiait pas vraiment grand-chose pour moi, mais ça avait fait un bruit autour de moi. Un faible « Quoi ? » pourrait être entendu au loin.

« A-Alors, euh... »

Ah, la fille à côté de moi nommée... Tanimoto ? Oui, c’est ça. Elle essayait de me demander quelque chose, mais un claquement retentit dans la cafétéria.

« Combien de temps allez-vous rester ici et manger ? Terminez votre nourriture avec efficacité. Si vous êtes en retard pour le cours, je vais vous faire courir dix tours, » ma sœur était apparue. Tout le monde dans la cafétéria s’était concentré sur le fait manger sa nourriture.

Un tour du campus de l’IS était long de cinq kilomètres. Devoir courir tout ça n’était pas une rigolade. J’avais donc fini ma nourriture aussi vite que possible.

Apparemment, Chifuyu était aussi la surveillante du dortoir. Je voulais vraiment savoir si elle dormait quand même. Mais en vue qui c’était, je pensais qu’elle allait probablement bien. S’il y avait quelqu’un de capable de supporter une fatigue prolongée, c’était bien elle.

Pendant ce temps, je ne peux même pas me concentrer sur toutes ces choses, même avec une bonne nuit de repos.

Ma bataille avec Cécilia était prévue pour la semaine prochaine. Je devais être en mesure de piloter le SI avec un certain degré de compétence d’ici là.

Ça va marcher, je suis sûr.

***

Partie 2

En fin de compte, ce n’était pas le cas.

La deuxième période était terminée et j’étais déjà groggy. J’avais un peu étudié le vocabulaire, et je me débrouillais bien, mais beaucoup de choses n’avaient pas de sens sur le plan fondamental.

C’était comme un problème de mathématique que vous ne pouviez pas résoudre, le genre dont vous avez besoin de connaître une formule, mais vous ne vous en souvenez plus.

« Je... Quoi ? »

En un sens, cela m’avait encore plus embrouillé. Quand j’avais touché pour la première fois l’IS, c’était très naturel, comme si je le savais depuis de nombreuses années. Mais quand j’avais lu les manuels, les choses me semblaient si peu sensées que j’avais commencé à douter que j’avais en premier lieu déjà réussi à déplacer l’unité. J’avais croisé les bras et j’avais regardé le livre. Cela semblait me faire prendre du recul pendant que le cours continuait autour de moi, pendant lesquels Yamada nous enseignait régulièrement à nous, les étudiants, les bases des IS.

« Donc, puisque l’IS a été conçu en pensant à l’espace, le pilote est complètement enveloppé d’une barrière énergétique. L’IS soutient également les fonctions vitales du corps et les stabilise à tout moment, y compris le pouls, la pression artérielle, la respiration, la transpiration et la production d’endorphines, » déclara Yamada.

« Mademoiselle Yamada, est-ce vraiment bien ça ? On dirait que cela se connecte avec mon corps et alors je ne veux pas ça..., » demanda l’une de mes camarades de classe, l’air un peu troublé.

Je pouvais parfaitement comprendre que ce sentiment d’unité que j’avais ressenti lorsque je m’étais connecté à l’IS pouvait effrayer quelqu’un.

« Vous y pensez trop. Voyons voir... Vous portez toutes un soutien-gorge, n’est-ce pas ? Il soutient votre corps et n’a aucun effet négatif. Bien sûr, si vous n’achetez pas un soutien-gorge qui vous va, ça ne marche pas, mais..., » répondit Yamada.

Ses yeux et les miens s’étaient alors rencontrés. Et bien sûr, Yamada s’était alors tue un moment. Puis, quelques secondes s’étaient écoulées, et elle était devenue rouge en un instant.

« Je... Euh... Eh bien... O-Orimura, vous ne portez probablement pas un, donc cela peut ne pas avoir beaucoup de sens pour vous... Haha... Hahahahaha..., » Yamada avait essayé de rire, mais l’atmosphère dans la salle de classe était devenue étrange et tendue.

J’avais vu des filles croiser les bras comme pour protéger leurs seins, elles semblaient beaucoup plus perturbées que je ne l’étais. J’avais ressenti la même chose que j’avais eue avec Houki la veille. — Je n’allais pas faire d’histoires à propos des sous-vêtements des filles. En vérité, c’était leur comportement qui m’avait mis mal à l’aise... Cette contradiction entre vouloir regarder leurs seins et ne pas le vouloir. Ce silence inconfortable avait duré pendant ce qui avait semblé être 10 ou 20 minutes.

« Hmm... Mademoiselle Yamada ! S’il vous plaît, continuez la leçon, » déclara Chifuyu.

« D-D’accord ! » balbutia Yamada.

Une toux forte et audible avait dissipé le malaise. Encouragée par Chifuyu, Yamada regarda le manuel et revint sur le sujet.

« U-Un autre aspect important est que l’IS a quelque chose comme un esprit propre et il e-essaie de vous parler, hm... je veux dire que... comprenez-vous et... euh... faites référence à vos expériences de pilotage passées pour essayer de mieux vous adapter, » balbutia Yamada.

Bon, cette leçon allait quand même servir !

« Le fait est que vous devez essayer de vous comprendre tous les deux, et en faisant cela, vous pouvez faire ressortir votre plein potentiel. L’IS n’est pas un outil, mais un partenaire, » déclara-t-elle.

Chaque fille avait alors levé une main.

L’une d’elles posa une question. « Mademoiselle, ça veut dire que c’est comme un petit ami qui est avec nous ? »

« Euh... Je suppose... je n’en ai jamais eu, alors je ne sais pas..., » répondit Yamada.

Je suspectais qu’elle faisait référence à « je n’ai pas eu de petit ami ». Yamada regardait au loin avec le visage encore plus rouge qu’avant. Les filles de la classe lui jetèrent un regard méprisant et commencèrent à parler des hommes.

Franchement, c’est l’essence de toutes les filles de cette école.

Teneur en sucre de l’air : 10 %. Ce n’était pas seulement ma classe, toute l’école était à l’eau de rose. Non, ça ne me semblait pas juste, il y avait un air de douceur ici. Toute l’école sentait le doux parfum particulier aux filles. La veille avait déjà été suffisante pour moi, et la seconde journée commençait à me rendre malade.

« Mmm..., » commença Yamada.

« Qu-Qu’est-ce qu’il y a, Mademoiselle Yamada ? » demandai-je.

« O-Oh... C-Ce n’est rien. Oubliez ça, » déclara Yamada.

Yamada fit un geste et essaya d’esquiver la question. J’aurais juré qu’elle m’avait regardé, mais là encore, tout le monde me regardait presque toujours.

*Ding dong.*

« Ah, oui. Dans la prochaine période de cours, nous allons traiter des bases du mouvement aérien dans un IS, » déclara Yamada.

Dans l’Académie IS, le professeur principal enseignait toutes les classes sauf l’éducation physique et les matières spéciales. Cela m’avait fait encore plus apprécier le travail acharné de mes anciens professeurs, qui avaient dû aller et venir entre les salles de classe pendant les pauses.

« Hé, hé Orimura ! »

« Par ici ! J’ai une question ! »

« Avez-vous du temps pendant l’heure du repas ? Et du temps après l’école ? Et aussi du temps ce soir ? »

La période d’observation à distance de la bête rare que je représentais n’était apparemment plus nécessaire. Dès qu’Yamada et Chifuyu avaient quitté la salle de classe, environ la moitié, des filles avaient directement couru vers moi. J’aurais pu jurer avoir entendu une certaine personne s’exclamer qu’« une dame britannique ne serait certainement pas la dernière ».

« Ne me le demandez pas toutes en même temps..., » dis-je.

Je ne savais pas quoi faire face à une telle situation. Je voulais aller à la pause, mais ensuite, j’avais vu que la fille tenait un billet numéroté, et cela lui avait sûrement coûté de l’argent. J’avais sûrement été tiré au sort ou quelque chose du genre...

« ... » Houki, mon amie d’enfance, se tenait sur le côté et regardait ce spectacle. Comme toujours, elle avait l’air fâchée, mais j’avais décidé que cela ne voulait pas dire grand-chose. La vie était une expérience enrichissante.

Bon, et maintenant ?

Je voulais aller demander à Houki de m’apprendre quelque chose sur l’IS, mais à ce rythme je devrais me contenter de le lui demander ce soir. J’avais à peine eu le temps de penser cela avant que les regards des filles autour de moi ne commencent à piquer à vif, elles voulaient obtenir des réponses.

« Comment est Mademoiselle Chifuyu à la maison ? »

« Hmm... Cet endroit est un gros gâchis à cause des ho — . »

*Bam !*

« La pause est finie. Retournez à vos sièges. »

Quand est-ce qu’elle était venue derrière moi, et quel était ce choix du moment ? Était-elle en train d’essayer de m’empêcher de divulguer des informations personnelles ? Quoi qu’il en soit, je voulais prévenir ma sœur que si elle continuait à me frapper, elle serait cataloguée comme le personnage secondaire violente et comique — je ne pouvais pas imaginer que quelqu’un voudrait ça.

« Au fait, Monsieur Orimura, il faudra un certain temps avant que votre unité IS soit prête, » déclara ma sœur, toujours sur son ton formel.

« Hein !? » m’exclamai-je.

« Nous n’avons pas d’unités de rechange, donc vous devrez attendre un peu. L’académie vous en fournira un exemplaire pour votre usage personnel, » continua-t-elle.

« ... ?! » J’étais resté sans voix pendant que toute la classe avait commencé à parler.

« U-Une unité exclusive !? Pour une première année ? Il en aura une bientôt ? »

« C’est seulement possible avec le soutien du gouvernement... »

« Oh, wôw... Je suis si jalouse... je voudrais moi aussi avoir ma propre unité... »

Je n’ai rien compris. Pourquoi étaient-elles si jalouses ?

J’avais regardé ma sœur avec un regard vide. Elle avait soupiré et m’avait chuchoté quelque chose. « Manuel scolaire, page six. Lis donc ça. »

« Hmm... “À l’heure actuelle, la technologie des IS est partagée avec un large éventail de pays et d’entreprises, mais la technique de fabrication de son noyau n’a pas été divulguée. Il existe 467 unités IS dans le monde. Tous leurs noyaux ont été créés par Professeur Shinonono, et leur fonction est un mystère complet. — seul le Professeur est capable de les fabriquer. Cependant, elle refuse de fabriquer plus d’un certain nombre de noyaux. Ceux-ci sont ensuite distribués aux pays, sociétés et organisations à utiliser dans la recherche, le développement et la formation. Transférer des cœurs à d’autres entités est en violation de l’article sept du Pacte de l’Alaska et interdit en toutes circonstances.”, » avais-je lu à haute voix.

« Comme vous l’avez lu, vous devriez normalement être affilié avec le gouvernement d’un pays ou une société pour avoir votre propre unité IS. Vous êtes un cas particulier, alors vous aurez votre propre unité pour permettre une collecte de données. Compris ? » déclara ma sœur à nouveau à voix haute.

« E-En quelque sorte..., » répondis-je.

Revenons à ça :

  1. Il n’y avait que 467 unités IS dans le monde.

  2. Seule la Professeur Shinonono peut les fabriquer, mais elle ne les fait plus.

  3. Je reçois un traitement spécial bien que cela soit dans un cas expérimental.

C’était quelque chose comme ça. Cela me paraissait parfaitement logique. En parlant de l’IS, la Professeur Shinonono était...

« Euh, Mademoiselle. Houki Shinonono est-elle liée à la Professeur Shinonono ? » demanda une fille à Chifuyu.

Eh bien, Shinonono était un nom de famille rare, alors cela n’allait pas être un secret pour toujours.

Tabane Shinonono : un prodige de l’âge moderne, et la seule développeuse de l’IS. Elle avait été dans la même classe que Chifuyu, et était aussi la sœur de Houki. Je l’avais déjà rencontrée un certain nombre de fois — elle était un génie à tort et à travers.

« Oui. La Professeur Shinonono est sa sœur, » déclara Chifuyu.

Hé, Prof... pourrais-tu garder les informations personnelles pour toi !?

Par ailleurs, Tabane était recherchée sur la base du droit supranational. Elle n’avait pas exactement commis un crime, mais les nations et les organisations étaient mal à l’aise que la seule personne qui comprenait le système complet de l’IS eût disparu. Bien que je doute qu’elle se soucie de cela. Je me rappelais encore comment elle avait l’air d’être sur le point de « manger » quelqu’un, vraiment, un loup en habits de brebis. Pendant ce temps, ma sœur Chifuyu était juste un véritable loup. Wôw, j’étais impressionné par moi-même. Quelle métaphore parfaite !

« Wôw ! C-C’est fantastique ! Deux personnes dans notre classe ont des proches célèbres ! »

« Hé, qu’est-ce que la Professeur Shinonono aime ? N’est-elle pas un génie ? »

« Shinonono, êtes-vous aussi un génie ? Parlez-moi de l’IS ! »

La classe avait déjà commencé, mais les filles commençaient à se rassembler autour de Houki. C’était très amusant de voir ça. De toute évidence, personne n’allait l’aider.

Hmm, en parlant de ça, est-ce que Houki a déjà utilisé un IS ?

Je ne l’avais jamais vu en piloter un, et ce n’était pas comme si Houki et Tabane avaient eu une...

« Elle n’est rien à mes yeux ! » cria Houki.

J’avais cligné des yeux, alors que ma rêverie s’avorta.

J’avais regardé Houki, les filles autour d’elle étaient tout aussi choquées et confuses.

« Je suis désolée à propos de ça... Mais je ne suis pas elle. Je ne peux rien vous apprendre sur ça, » déclara Houki.

Houki tourna la tête vers la fenêtre et regarda dehors. Les filles semblaient un peu choquées et retournaient à leurs sièges. Houki détesta-t-elle toujours Tabane ? Je ne me souvenais pas d’une fois où je les avais vues ensemble, et j’étais à peu près sûr que la conversation s’était toujours terminée abruptement quand nous avions parlé d’elle.

« D’accord. Il est temps pour votre cours. Yamada, c’est à vous, » déclara ma sœur.

« D-D’accord ! » déclara Yamada.

Yamada semblait aussi inquiète à propos de Houki, mais elle était une professionnelle et la classe commença après ça.

Je suppose que je vais demander à Houki plus tard...

J’avais ouvert mon manuel.

***

Partie 3

« Je suis soulagée. J’espérais que vous n’essaieriez pas de me battre dans une unité d’entraînement, » déclara Cécilia.

Fascinante, cette Cécilia.

Pendant la pause, elle était venue me parler, les mains sur les hanches. Elle devait vraiment aimer cette pose. Ce n’était pas que je me souciais vraiment.

« Eh bien, c’est déjà un peu mieux, mais ce n’est toujours pas correct, » continua Cécilia.

« Pourquoi ? » demandai-je.

« Oh, vous, le mouton ignorant. Très bien, je vais l’enseigner au bas peuple : moi, Cécilia Alcott, je suis la cadette nationale de Grande-Bretagne. À présent, j’ai déjà ma propre unité et cela depuis longtemps ! »

« Euh-Hmm. »

« Êtes-vous en train de vous moquer de moi !? » s’écria Cécilia.

« Non. Je sais que c’est incroyable. C’est juste que je n’ai pas la bonne échelle des valeurs pour ce qui est vraiment incroyable, » déclarai-je.

« C’est exactement pour ça que je dis que vous vous moquez de moi ! » cria-t-elle.

*Bam !* elle avait fait cogner ses mains sur ma table, faisant glisser mes notes.

« Bon — pour réitérer notre leçon de tout à l’heure : il y a 467 unités IS dans le monde. Les quelques personnes qui ont leurs propres unités sont l’élite de l’élite parmi les six milliards d’humains vivants, » déclara-t-elle.

« V-Vraiment... ? » demandai-je.

« Oui, » répondit Cécilia.

« Y a-t-il vraiment six milliards de personnes dans le monde ? » demandai-je.

« Ce n’est pas la partie importante de l’histoire ! » cria-t-elle à nouveau.

*Bam ! * Cette stupide fille avait à nouveau frappé, faisant tomber mon manuel.

« C’est assez ! Arrêtez de vous moquer de moi ! » cria-t-elle.

« Mais je ne le fais pas, » répondis-je.

« Alors pourquoi votre voix semble si inexpressive ? » demanda-t-elle.

Mon Dieu. Pourquoi, en effet ?

« Qu’en penses-tu, Houki ? » demandai-je.

Elle m’avait jeté un coup d’œil. Il lui avait fallu 0,8 seconde pour me communiquer qu’elle ne voulait rien avoir à faire avec moi.

« En parlant de ça, vous êtes la sœur du Professeur Shinonono, n’est-ce pas ? » demanda Cécilia.

Houki regarda Cécilia, qui avait changé le poids de son attaque vers elle.

« Et si c’est bien le cas ? » demanda Houki.

Ne sois pas trop hostile, Houki.

Son regard était si menaçant que Cécilia ne put s’empêcher de reculer. Franchement, Houki serait parfaite pour un gangster.

« Hmm... Je veux que vous vous rappeliez que c’est moi, Cécilia Alcott, qui est la plus capable d’être la représentante de classe ! » déclara Cécilia.

Cécilia replaça ses cheveux par-dessus son épaule, puis se retourna gracieusement, et quitta les lieux. Ses gestes semblaient toujours très impressionnants. Peut-être qu’elle avait un top modèle pendant un moment ?

***

« Houki, » dis-je.

« ... »

« Shinonono, allons déjeuner, » dis-je en changeant ma manière de m’adresser à elle.

Il était important de remonter le moral de tes amis. Houki avait l’air un peu bizarre depuis ce qui s’était passé plus tôt, et je ne pouvais pas oublier ce fait.

« Quelqu’un d’autre veut venir avec nous ? » demandai-je. J’avais lancé l’appât dans l’océan.

« Moi, moi, moi ! »

« Je viendrai ! Attendez-moi ! »

« J’ai fait une boîte à lunch, mais je viendrai aussi ! »

Beaucoup de poissons semblaient avoir mordu. Je voulais que nous nous entendions bien dans la classe. Houki devait probablement ressentir la même chose.

« C’est bon, » déclara Houki, avec désinvolture.

« Viens. Ne sois pas comme ça. Allons déjeuner, y allons-nous ? » déclarai-je.

« Hé-Hé ! J’ai dit que je n’irais pas... Ne lie pas ton bras avec le mien ! » déclara Houki.

Hahaha. Elle était aussi prévisible que toujours. Houki était le type de personne que vous deviez forcer à faire quelque chose qu’elles avaient déjà voulu faire.

« Quoi ? Ne veux-tu pas marcher ? Veux-tu que je te porte ? » demandai-je.

« Qu... ! »

Houki était devenue rouge. Excellent ! Maintenant, elle allait venir avec nous qu’elle le veuille ou non.

« A-Allons-y ! » balbutia-t-elle.

« Une fois que nous serons à la cafétéria, d’accord, » dis-je.

« L-Libère maintenant mon bras ! Nnah! » demanda-t-elle.

Houki se tortilla, et soudain mon bras fut plié au niveau de mon coude. Il y avait une douleur aiguë, et l’instant d’après, je m’étais retrouvé étendu de tout mon long sur le sol.

« ... »

Outch ! Il y avait une douleur concentrée dans mon dos, et les filles autour de nous regardaient ça sous le choc.

« Tu t’es bien amélioré ! » dis-je.

« Hmph. Je dirais plutôt que tu t’es affaiblie. — J’ai appris ça à mes heures perdues, » déclara Houki.

Elle était probablement la seule fille dans tout le Japon qui avait appris les arts martiaux avancés « à mes heures perdues ».

« Eu-Euh... »

« Nous devrions... »

« Je-Je pense que je vais rester ici et manger. »

Les filles que j’avais rassemblées autour de nous se dispersaient comme des bébés-araignées.

Restez ici, idiotes. En premier lieu, je vous ai amené pour le bien de Houki.

« ... »

J’avais dit au revoir au sol et j’avais tapoté la poussière de mes vêtements. Houki s’était tournée dans l’autre sens, comme pour me dire que ce n’était pas sa faute.

« Houki, » dis-je.

« N-N’utilises pas mon prénom. Je t’ai dit ce m..., » déclara Houki.

« Allons manger notre repas, » déclarai-je.

Je l’avais prise par la main et l’avais traînée jusqu’à la cafétéria.

« H-Hé ! Arrête ça ! » déclara Houki.

« Tu n’as qu’à te taire et à venir avec moi, » dis-je.

« Ngh..., » gémit Houki

Houki n’avait pas encore répondu, et à la place, elle m’avait suivi. J’aurais aimé qu’elle le fasse depuis le début. Bon sang.

***

Partie 4

Nous étions finalement arrivés dans la cafétéria. C’était très congestionné, mais nous avions réussi à trouver un endroit où nous pouvions manger.

« Houki, tu vas manger n’importe quoi, non ? Peu importe ce qui est sur la table ? » demandai-je.

« N-Ne parle pas de moi comme un chien ou un chat. J’aime certaines choses plus que d’autres, » répondit Houki.

« Hmm, je nous ai acheté deux spéciaux du jour dans la machine à tickets. Est-ce bon ? Regarde, il y a même du saumon grillé, » dis-je.

« Est-ce que tu m’écoutes !? » s’écria Houki.

« Pas du tout. Sais-tu toutes les difficultés que j’ai dû traverser plus tôt pour réussir ça ? Et tu as tout gâchée, » m’écriai-je. « Et maintenant, qu’est-ce qu’il y a ? Ne veux-tu pas avoir des amies au lycée ? »

« J-Je suis bien ainsi... Je ne t’ai pas demandé de faire ça ! » s’écria Houki.

« Je ne dis pas que tu avais fait..., » commençai-je.

Je m’étais interrompu, car j’étais finalement le suivant au comptoir.

« Ah, excusez-moi. Je voudrais avoir deux plats du jour, s’il vous plaît, » avais-je dit ça à la dame des repas. « Et je vous donne ça en retour, non ? »

J’avais maladroitement remis les jetons de plastique au comptoir avec ma main libre, alors que mon autre cherchait à retenir Houki pour l’empêcher de fuir. Sa compétence d’évasion était au moins aussi élevée que celui d’un Cactuar [1].

« Écoute, d’habitude je ne ferais pas ça même si quelqu’un me demandait ça. Je le fais uniquement, car c’est toi, Houki. »

« Que veux-tu dire... ? » demanda-t-elle.

« C’est évident, non ? Ta famille a pris soin de nous et nous sommes allés ensemble à l’école. Nous étions amis. Laisse-moi faire ça pour toi, » dis-je.

« ... »

Houki fronça les sourcils et regarda le plafond. Elle était devenue un peu rebelle après avoir déménagé avec sa famille. En fait, elle avait toujours été comme ça, Houki s’était peu à peu éloignée des autres quand tu ne la poussais pas vers les autres.

« Euh-Euh... Merci bea..., » commença Houki.

« Voilà, cela arrive ! Deux spéciaux du jour ! » proclama la femme des repas.

« Merci beaucoup. Wôw, ça a l’air vraiment bon ! » répliquai-je.

« Ce n’est pas seulement bon, c’est génial ! » rugit la femme, avec un sourire illuminant son visage.

« Houki, vois-tu une table vide ? » demandai-je.

« ... »

« Houki ? » redemandai-je.

Je l’avais regardée puisqu’elle n’avait pas répondu. Elle semblait encore plus en colère que d’habitude.

« Là bas, » elle avait haussé les épaules, avait pris son repas et était partie. Pourquoi était-elle à nouveau si fâchée ? J’avais suivi Houki et nous nous étions assis à une table.

« En passant..., » dis-je.

« Oui ? » Houki mangeait sa soupe alors qu’elle répondait.

Je regardais en ce moment mon saumon.

« Peux-tu m’apprendre quelque chose sur l’IS ? À ce rythme, j’ai peur de perdre la semaine prochaine, » avouai-je.

« Imbécile ! C’est de ta propre faute si tu as accepté ce défi ridicule, » répliqua Houki.

Je suppose que c’est vrai, mais...

« S’il te plaît, je t’en supplie..., » implorai-je en faisant un geste de prière avec des baguettes toujours en main.

Un homme ne pouvait pas reprendre de ce qu’il avait dit qu’il ferait. Et s’il avait dit qu’il allait gagner, alors il gagnerait.

« ... »

Un silence. Elle m’ignorait et mangeait des épinards cuits dans de la sauce soja. C’était redoutable !

« Hé, Houki, je..., » commençai-je.

« Hé, êtes-vous celui dont tout le monde parle ? » demanda une fille qui était à côté de moi.

Je l’avais regardée. Sur la base de la couleur de son ruban, elle avait l’air d’avoir environ deux années de plus : la première année était bleue, la deuxième jaune, la troisième rouge. Ses cheveux étaient un peu bouclés et faciles à se souvenir. Elle avait l’air très sympathique, un peu comme un écureuil. Le contraste avec mon amie d’enfance réticente était saisissant, et je n’étais pas trop content de ça. Je m’étais dit que deux ans ne l’auraient pas fait paraître plus mature.

Tu vois, Houki ? C’est le genre de sociabilité dont tu as besoin.

« Oui, probablement, » dis-je.

Avec des mouvements naturels et sans effort, elle était venue s’asseoir à côté de moi et avait continué la conversation. « Allez-vous vraiment affronter une cadette nationale ? »

« Oui, c’est bien quelque chose comme ça, » répondis-je.

Franchement, les rumeurs se propageaient rapidement. S’il y avait deux choses que les filles aimaient, c’était les potins et les bonnes affaires.

« Vous êtes encore nouveau dans tout ça, n’est-ce pas ? Combien de temps avez-vous été dans un IS ? » demanda-t-elle.

« Euhh... Probablement pas plus de trente minutes, » répondis-je.

« C’est loin d’être suffisant, » répondit la fille. « Le temps d’utilisation est vraiment important, vous savez ? Et votre adversaire est-elle bien une cadette nationale ? Elle a probablement au moins trois cents heures d’utilisation. »

Je n’avais aucune idée du fait que le temps de pilotage était quelque chose bonne ou mauvaise, donc ça ne signifiait rien pour moi. De toute façon, il était clair que j’allais perdre à Cécilia si je ne faisais pas quelque chose.

« Dites, voulez-vous que je vous apprenne à utiliser l’IS ? Hmm ? » demanda-t-elle.

Elle se rapprochait de plus en plus de moi, mais je ne savais toujours pas son nom. Wôw. Quelle personne agréable elle était ! Certainement beaucoup mieux qu’une certaine amie d’enfance que j’ai eue. Ou, comme le dit le dicton : quand une porte est fermée, vous entrez par la fenêtre.

« Bien sûr, je serai..., » commençai-je.

Je voulais dire que je serais heureux d’accepter, mais j’avais été interrompu.

« Tout est déjà bon ici. Je vais le lui enseigner, » Houki mangeait toujours, mais elle s’était mise à parler. Et, apparemment, elle allait maintenant m’apprendre à utiliser l’IS.

« N’êtes-vous pas aussi une première année ? On dirait que je suis plus expérimentée que vous, » déclara la fille de troisième année.

« Ma sœur est Tabane Shinonono, » déclara Houki, à contrecœur.

Il semblait qu’elle était déterminée à me l’apprendre.

« Shinonono... Quoi !? » L’autre fille avait été complètement abasourdie.

Eh bien, la sœur de la femme qui avait inventé l’IS était assise devant elle. Il était donc impossible de la blâmer pour ça.

« Comme vous pouvez le voir, tout ira bien, » déclara Houki.

« J-Je vois... C’est dommage..., » déclara la fille.

Sa sœur... n’était rien de moins un génie de classe mondiale. La plupart des personnes allaient reculer à la simple mention de son nom. La très belle fille plus âgée était partie, un peu déçue, bien que son geste avait été très apprécié de ma part.

« Quoi ? » demanda Houki.

« Euh... Vas-tu vraiment m’apprendre ? » demandai-je.

« C’est ce que je viens de dire, » répondit Houki.

Les choses se seraient mieux passées si elle l’avait dit dès le départ. De toute façon, j’avais quelqu’un qui allait m’apprendre à piloter un IS. Tout ce qu’il restait à faire était d’y arriver.

« Aujourd’hui, après l’école, » annonça-t-elle sans fioriture.

« Hein !? »

« Viens à la salle de kendo. Je vais vérifier à ce moment-là si tes compétences se sont émoussées, » déclara-t-elle.

« Hé, je pensais que tu allais m’apprendre ce qu’il fallait pour..., » commençai-je.

« Je vais vérifier tes compétences, » déclara-t-elle.

« Bien, bien..., » acceptai-je finalement.

Pourquoi toutes les filles que je connaissais étaient-elles si têtues ? C’était peut-être en raison du genre d’étoile sous laquelle je suis né... Bonté divine !!

 

◇◇◇

« Qu’est-ce que c’est que ça ? »

« Je suis... moi-même pas trop sûr. »

Après l’école, nous étions ensemble à la salle de kendo. Il y avait une tonne de spectateurs et Houki était naturellement contrariée. Nous avions à peine combattu pendant 10 minutes, et j’avais perdu haut la main. Houki avait enlevé son casque et m’avait fixé du regard.

« Pourquoi es-tu devenu si faible !? » s’écria-t-elle.

« J’étudiais pour les examens d’entrée d’une tout autre école, » répondis-je.

« Dans quel club étais-tu au collège ? » demanda Houki.

« Le club “Rentrer à la maison” dans lequel tu vas directement à la maison après l’école. J’ai remporté tous les tournois pendant trois ans, » répondis-je.

En vérité, j’avais dû faire ça, car je devais faire un emploi à mi-temps pour avoir assez d’argent pour soutenir le foyer. Mais je ne voulais surtout pas l’avouer.

« Je vais corriger ça..., » déclara Houki.

« Tu vas faire quoi ? » demandai-je.

« Je vais t’entraîner ! C’est un problème plus fondamental que l’IS en lui-même ! Nous allons nous entraîner pendant trois heures tous les soirs ! » annonça Houki.

« Euh. Cela ressemble quelque peu... et à ce propos, qu’en est-il de l’IS ? » demandai-je.

« Comme je l’ai déjà dit, c’est un problème plus fondamental, » répondit Houki.

Franchement, elle était maintenant tellement en colère contre moi. Je ne savais plus trop quoi dire.

« C’est triste. Tu as perdu au kendo face à une fille... N’es-tu pas désappointé, Ichika !? On n’en est même pas encore à l’IS, et regarde comment tu es ! » déclara Houki.

« Je ne sais pas, je suppose que je n’ai pas fait bonne figure, hein ? » dis-je.

« “Pas fait bonne figure” !? Tu n’es pas en mesure de t’en préoccuper ! Ou est-ce que tu... Aimes-tu être cerné de toutes ces filles ? » demanda-t-elle.

*Crac* assez, c’était assez ! Il y avait des limites, et Houki était finalement allée trop loin.

« Comme si c’était le cas ! Elles me traitent toutes comme un animal rare ! Et cette école stupide me fait même vivre avec une fille ! Je ne sais pas ce que j’ai fait pour..., » commençai-je à crier.

« V-Veux-tu dire que tu as un problème vis-à-vis du fait de m’avoir comme ta colocataire !? » s’écria Houki.

*Bam !* j’avais à peine réussi à bloquer son épée de bambou avec le mien.

Lâche l’affaire, idiote !

Nous ne portions même plus nos casques de kendo. Le niveau de danger était dès lors bien réel.

« C-Calme-toi, Houki. Je ne veux pas mourir, et je suis sûr que tu ne veux pas être une meurtrière, » criai-je. « Tu as encore toute ta vie devant toi, non ? »

Houki forçait avec les deux bras sur son épée pendant que je la bloquais avec un seul. Ma main droite tremblait en la repoussant, tandis que ma gauche enfonçait le casque dans ma poitrine.

« Houki, s’il te plaît. Je vais t’acheter le souper, d’accord ? » demandai-je.

« Hmph... Faiblard ! » déclara-t-elle.

Houki laissa tomber sa position, jeta un regard méprisant et disparut vers le vestiaire. J’étais soulagé d’avoir encore survécu. Je me sentais comme si ma vie était une montagne russe.

Bonté divine...

Houki était devenue vraiment forte. Quand nous étions jeunes, j’avais toujours gagné assez facilement. Ma main commençait à faire mal là où l’épée de Houki m’avait frappé, et cela allait sûrement enfler.

« Avez-vous vu Orimura ? »

« N’est-il pas vraiment très faible, hein ? »

« Peut-il vraiment contrôler un IS ? »

Je pouvais entendre des marmonnements de déceptions parmi les spectateurs.

Merde...

Il n’y avait rien de plus pitoyable qu’un homme perdant face à une femme. Mais surtout, j’étais en colère contre moi-même. — Dans l’état où j’étais, je n’allais protéger personne, encore moins gagner. Je ressentais une sorte de choc et de déception que je ressentais rarement.

« Je suppose que je vais devoir à nouveau m’entraîner, » murmurai-je.

Quand tu es au plus bas de tes capacités, il n’y a nulle part où aller, et j’étais aussi bas que possible.

D’accord, faisons cela. Je refuse de perdre.

Notes

  • 1 Cactuar : Un monstre récurrent dans la série Final Fantasy.

***

Partie 5

Peut-être que j’y suis allée un peu trop fort ?

Je ne pouvais pas enlever ces pensées de mon esprit. Je venais de pouvoir retrouver mon ami d’enfance que je n’avais pas vu depuis six ans. Quand je l’avais regardé, une partie de lui semblait être identique de quand il était un enfant, et une autre partie avait changé avec l’âge. Et dès que je l’avais revu, il avait fait battre mon cœur si vite.

N-Non, ce que j’ai dit était correct. Il s’est laissé aller. Il est clair qu’il n’a pas tenu une épée depuis plus d’un an, sinon je ne l’aurais pas vaincu si facilement.

« ... »

Ichika avait été très fort il y a six ans, et il était toujours aussi sympa.

Je veux dire par là, eh bien... Il avait l’air cool quand il l’a fait...

Ichika avait beaucoup mûri depuis lors. En tant qu’enfant, il était plutôt sale gosse, mais maintenant il semblait beaucoup plus... viril. Et pourtant, il s’était laissé aller. Il devrait avoir honte de perdre si facilement ! Bon sang ! La simple pensée de cette bataille était bouleversante.

Que lui était-il arrivé ? Il était super fort dans le kendo avant ça. Avait-il simplement abandonné ? Ce n’est pas ce qu’un vrai homme devait faire ! On disait que si vous arrêtez de pratiquer pendant trois jours, vous perdiez une semaine d’entraînement — ce qui décrivait parfaitement Ichika. Ce n’était pas seulement une mauvaise technique, son exécution et sa conscience de la situation s’étaient détériorées. Ce retour à la normale allait prendre du temps. Après tout, tout cela était venu à la suite de nombreuses heures de formation. En plus, c’était difficile à gagner et facile à perdre.

Mais il a aussi...

J’avais retiré la serviette entourant mes cheveux et je les avais touchés. Mes cheveux étaient si longs maintenant qu’ils atteignaient presque ma taille même quand ils étaient attachés. J’étais étonnée qu’il m’ait quand même reconnue.

Six ans...

À cette époque, nous n’avions que neuf ans. Nos corps et nos visages avaient changé et grandi, mais j’étais sûre qu’il m’avait reconnue avant même que nous nous soyons présentés.

« Hehe... »

D’une certaine manière, cela m’avait rendue très heureuse. J’avais seulement pu reconnaître Ichika parce que je voyais son nom dans les nouvelles avec sa photo à côté, car sans cela, pour le dire franchement, je n’aurais pas pu dire que c’était lui. Il était devenu si viril !

En fait, on pouvait parfaitement dire qu’il semblait... être un bel homme, maintenant.

J’avais presque laissé tomber ma tasse de thé en raison de la stupeur quand je l’avais vu pour la première fois dans les nouvelles. Ichika avait dit qu’il avait lu que j’avais gagné le tournoi national de kendo dans les journaux, mais il n’y avait probablement pas de photo dans ce genre de rubrique. Pourtant, il avait dit qu’il m’avait immédiatement reconnue. Cela m’avait fait aussi plaisir.

C’est une bonne chose que je n’ai pas changée ma coiffure...

Je l’avais gardée tout ce temps avec l’espoir qu’un jour, il me verrait et le reconnaîtrait.

Mais maintenant, c’est si inconfortable par rapport à l’époque où nous étions des enfants. À notre âge, les garçons et les filles commenceraient à...

« Ahhh... !? »

Je ne pouvais pas vraiment mettre le doigt dessus, mais mon reflet semblait beaucoup plus brillant que la normale, presque comme une personne différente.

« ... »

Mais tout cela n’avait pas de sens. J’étais toujours la même, mais finalement, on ne dirait pas. Peu importe. Ce n’était pas le moment de s’inquiéter de telles choses, quand il y avait des problèmes plus importants à portée de main. Le temps était compté.

Je je dois l’entraîner à partir de demain après l’école. J’ai besoin qu’il soit au moins avec un niveau moyen en maîtrise à l’épée.

Tout le reste aurait été une disgrâce. Cela serait vraiment inacceptable ! J’avais croisé les bras et j’avais incliné la tête vers mon reflet.

En outre... en faisant ça, Ichika et moi serions seuls ensemble et...

« Non ! C-Ce n’est pas ce dont il s’agit ! »

C’est vrai. Il n’y a absolument aucune arrière-pensée, absolument aucune. Je suis pure. Je ne fais que déplorer le manque de compétences d’un camarade de classe. Et parce qu’il est mon camarade, je dois m’occuper de lui. Il n’y a rien d’étrange à ce sujet !

« Tout cela est légitime ! LÉ-GI-TI-ME ! »

***

Partie 6

Il s’agissait maintenant du lundi suivant : le jour de ma bataille avec Cécilia était arrivé.

« Hé, Houki, » dis-je.

« Oui, Ichika ? »

Après une semaine de vie commune, Houki et moi étions retournés à l’utilisation du prénom de l’autre. Peut-être que les six années pendant lesquelles nous n’avions pas vécu ensemble n’avaient pas beaucoup d’importance ? Les situations étaient bonnes.

« N’oublions-nous pas quelque chose ? » demandai-je.

« Je ne pense pas. Ça doit être ton imagination, » répondit-elle.

Eh non. Un problème était resté présent.

« Qu’est-il arrivé au fait de m’apprendre tout sur l’IS ? » demandai-je.

« ... » Elle n’avait rien répondu.

« Ne... m’ignore... pas... maintenant..., » dis-je.

Une semaine s’était écoulée pendant laquelle Houki avait pratiqué le kendo très diligemment avec moi. Le problème était que nous n’avions rien fait d’autre.

« Il-Il n’y avait rien que nous puissions faire à ce sujet. Ton unité IS n’est pas encore arrivée, » répondit Houki.

« Je suppose que... non ! Tu aurais pu au moins m’apprendre les connaissances de base ou quelque chose comme ça ! » m’écriai-je.

« ... »

« Je t’ai dit... de ne pas... m’ignorer..., » recommençai-je à lui parler.

C’était vrai. Apparemment, quelque chose s’était mal passé avec mon unité IS et elle n’était pas encore arrivée. Eh oui, elle n’était toujours pas arrivée. Qu’est-ce qu’ils m’avaient caché ?

« ... »

« ... »

Nous étions tous deux devenus silencieux !

« O-Orimura ! Orimura ! Orimura ! » Yamada n’avait pas vraiment besoin de m’appeler trois fois.

Yamada se précipitait vers nous dans la troisième arène, fosse A. Elle avait toujours l’air d’être sur le point de s’écraser sur le sol avec sa course instable. Cela m’avait rendu très nerveux en voyant ça. Mais cette fois-ci, elle était encore moins stable sur ses pieds.

« Mademoiselle Yamada, pourriez-vous vous calmer ? Et reprenez votre souffle, » déclarai-je.

« O-Oui... Nnahhh... Nnahhh... »

« Et maintenant, arrêtez, » continuai-je.

« Mmn — »

Je l’avais dit sur un coup de tête. Yamada avait cessé de respirer. Son visage commençait à devenir rouge en raison du manque d’oxygène. Elle ne comprenait vraiment pas quand les autres blaguaient.

« ... »

« Pfffouuu! Dois-je retenir mon souffle plus longtemps ? » demanda Yamada.

Oups, j’ai juste oublié de lui dire d’arrêter de respirer.

« Ne plaisante pas avec tes professeurs, crétin. »

*Bam !*

Je me sentais comme si quelque chose avait à nouveau fait disparaître une partie de mon cerveau. La douleur n’était pas une grosse affaire, peut-être autant que l’effervescence d’une boisson gazeuse, mais les dommages à mes cellules cérébrales n’étaient pas une blague. Comme attendu de la représentante du Japon !

« Chifuyu... »

*Wlam !!*

« Je te l’ai dit, c’est Mademoiselle Orimura. Quand vas-tu apprendre ? Si tu n’apprends pas, alors meurs ! »

J’espérais que quelqu’un avait entendu ça. Aucun professeur ne devrait parler comme ça. C’était exactement la raison pour laquelle elle n’avait pas de petit ami, malgré une belle apparence.

« Hmph. Je pourrais me marier dans une semaine si je n’avais pas à prendre soin de mon idiot petit frère, » continua Chifuyu.

Était-elle télépathique ou quelque chose de similaire ? Je ne faisais pas le poids face à Chifuyu, à plus d’un titre.

« D-D-Dans tous les cas, elle est arrivée ! Votre unité IS est ici ! » déclara Yamada.

Elle est ici ?

« Orimura, en costume ! Nous n’avons pas l’arène pour toujours, alors je te veux immédiatement sur le terrain, » déclara Yamada.

Excusez-moi !?

« Ichika, montre-moi que les véritables hommes peuvent surmonter des obstacles aussi triviaux que ça, » déclara Houki.

Attends un peu.

« Euh... Hmm... Ahh..., » balbutia Yamada.

« Vas-y maintenant, » déclara Chifuyu.

Yamada, Chifuyu et Houki m’encourageaient toutes. Les femmes autour de moi étaient comme ça, entre autres choses...

Produisant un son métallique aigu, la baie de stockage de la fosse s’était ouverte. Les portes anti-explosion s’étaient ouverte en diagonale, et au fur et à mesure qu’elles se séparaient, la zone au-delà apparaissait lentement : c’était... blanc. Blanc éclatant, aussi loin que l’œil pouvait voir. L’unité IS était si simple qu’elle était presque aveuglante. Et elle se tenait là, les plaques protectrices ouvertes, en attendant un pilote.

« C’est..., » commençai-je.

« Oui ! Il s’agit de votre unité IS personnelle, Byakushiki ! » répondit Yamada.

Mon IS. C’était un robot inorganique, et pourtant il semblait m’attendre. J’attendais... depuis toujours... pour... cet... instant... J’attendais... depuis... si... longtemps...

« Dépêche-toi ! Va dans ce fichu robot ! Nous n’avons pas toute la journée, tu peux l’initialiser et faire les ajustements pendant la bataille. Sinon, tu perdras. Compris ? » cria Chifuyu.

Alors que j’étais poussé par ma sœur, j’avais touché l’IS d’un blanc pur.

« Hein !? »

Je n’avais pas reçu le genre de choc que j’avais ressenti quand j’avais touché l’unité IS de test. J’avais juste eu l’impression de me fusionner avec lui. J’avais compris, ce que c’était, ce qu’il pouvait faire. J’avais tout compris.

« Donne-toi à fond. Oui, comme ça ! Comme si tu étais assis. Le système déterminera le meilleur ajustement, » j’avais fait comme ma sœur avait dit et je m’étais penché dans mon IS, Byakushiki.

Il m’avait attrapé et avait enveloppé mon corps dans ses plaques protectrices. Il y avait eu un grésillement quand l’air fut expulsé. J’avais ressenti comme si l’unité avait toujours fait partie de moi. J’étais connecté à Byakushiki... C’était comme si ça avait été fait seulement pour moi, et moi seul. J’avais perçu le monde autour de moi plus clairement, comme si la résolution avait été augmentée d’un coup. Tous les capteurs de l’unité s’interconnectaient directement dans mon champ de vision, et j’avais compris intuitivement ce qu’ils signifiaient.

« Oh... »

[UNITÉ ENNEMIE DÉTECTÉE. PILOTE : CÉCILIA ALCOTT. NOM DE L’IS : LARMES BLEUES. SPÉCIALISATION AU COMBAT : TIR À MOYENNE DISTANCE. ÉQUIPEMENT SPÉCIAL DÉTECTÉ]

« Il semble que les hypersenseurs de l’IS fonctionnent correctement. Est-ce que tu te sens bien, Ichika ? » Chifuyu m’avait regardé comme toujours, mais j’avais détecté de légers tremblements dans sa voix et même sa manière de parler était différente. Elle était inquiète pour moi.

« Je vais bien, Chifuyu. Je peux le faire, » répondis-je.

« Je vois, » répondit-elle. Elle était soulagée.

Le changement dans sa voix était si faible que je ne l’aurais pas détecté sans les hypersenseurs de l’IS.

Je ne l’ai probablement pas imaginé. En plus, elle a utilisé mon prénom cette fois-ci.

J’avais tourné mon attention vers Houki. Cependant, je n’avais pas eu à la regarder directement. Tout autour de moi était visible à travers l’IS.

« ... »

Elle avait l’air de vouloir dire quelque chose, mais je ne savais pas trop ce que c’était. Dans des circonstances normales, une sagacité à ce niveau serait impossible.

« Houki. »

« O-Oui ? »

« Je reviendrai, » dis-je.

« D-D’accord. Soit sûr de gagner, » répondit-elle.

J’avais hoché la tête et étais allé vers la porte de la fosse. Byakushiki avait obéi même au plus faible de mes mouvements, et j’avais dérivé vers la porte.

*Sssssss.*

Mes pensées étaient claires, mais dans les profondeurs de mon esprit, Byakushiki traitait une grande quantité d’informations. Je pouvais le sentir essayer de déterminer l’ajustement optimal pour mon corps, et également initialiser le formatage des données utilisateurs. À chaque seconde qui s’écoulait, les couches d’armures avaient changé et s’étaient décalées — il avait réécrit son propre logiciel, et réarrangé les composants de l’IS. Les compteurs affichaient des ordres d’ampleur que je n’avais jamais vue auparavant. Malheureusement, je n’avais pas eu le temps de prêter attention aux processus se trouvant à l’arrière-plan. La porte allait s’ouvrir en 2. 05718422 secondes, et la vraie bataille commencerait.

« Oh, je vois. Vous n’avez pas essayé de fuir, » ricana Cécilia.

Elle avait de nouveau ses bras sur ses hanches. Ça avait l’air plutôt bien, mais cela ne me concernait pas. Ce n’était pas ce que les hypersenseurs m’aient transmis.

***

Partie 7

Son unité IS bleu clair avait été nommée Larmes Bleues. Il possédait quatre ailettes blindées visuellement tape-à-l’œil sur le dos. En tant qu’unité, elle semblait noble, semblable à un chevalier royal. Elle portait un seul fusil de plus de deux mètres : un fusil laser de calibre 67 appelé Starlight Mk. III. À l’origine, l’IS était conçu en pensant à l’espace, donc la lévitation faisait partie de sa conception. Et en raison de la lévitation, l’utilisation de grandes armes difficiles à manier n’était pas rare.

L’arène avait un diamètre de 200 mètres. L’unité avait estimé qu’un tir me frapperait 0,4 seconde après le tir. La cloche signalant le début de la bataille avait déjà sonné, donc elle aurait pu tirer à tout moment.

« Je vais vous donner une dernière chance, » déclara Cécilia.

Elle avait une main sur la hanche, l’autre pointait sur moi. L’arme était dans sa main gauche et elle était toujours pointée vers le sol.

« Dernière chance pour quoi ? » demandai-je.

« Cette bataille est courue d’avance. Si vous ne voulez pas ramper dans la poussière à la fin, je vais vous laisser partir si vous vous excusez ! » déclara-t-elle, affichant le plus large sourire possible.

[AVERTISSEMENT : L’ENNEMI A DÉSENGAGÉ LA SÉCURITÉ DES ARMES. VERROUILLAGE YEUX GAUCHE DÉTECTÉ.]

Je pouvais instantanément traiter l’information que l’IS me donnait, mais tellement de choses s’étaient immédiatement répandues dans mon cerveau que c’en était presque écrasant.

« N’agissez pas comme s’il y avait même un choix possible ! » criai-je.

« Vraiment ? Quel dommage ! Eh bien, dans ce cas..., » commença Cécilia.

[AVERTISSEMENT : L’ENNEMI A ENGAGÉ LE MODE TIR. DÉCLENCHEUR ACTIVÉ ET CHARGE D’ÉNERGIE DÉTECTÉE.]

« Adieu ! »

*Wa—shiiing !*

Le son de son tir perçant dans les airs se fit entendre. Immédiatement après ça, un éclair brillant avait parcouru la distance jusqu’à moi.

« WÔW ! »

La défense automatique de Byakushiki m’avait apparemment protégé. J’avais été capable d’éviter un tir direct, mais le coup de feu avait arraché une partie de mon armure d’épaule gauche qui était encore en train d’être recalculée. Le bourdonnement sonore retardé avait fait claquer mon bras gauche et l’unité IS m’avait transmis un éclair de douleur. Le système de contrôle automatique de l’altitude de l’IS avait envoyé tant de forces G que cela m’avait fait étourdi, mais elles m’avaient empêché de m’évanouir. Cette secousse constante m’avait retourné l’estomac.

[BARRIÈRE PÉNÉTRÉE : 46 POINTS. ÉNERGIE BOUCLIER RESTANTE : 521. DÉGÂTS AU CADRE : MINIMAL.]

Merde, je ne suis pas en harmonie avec Byakushiki.

Généralement, les batailles d’IS étaient terminées une fois que l’énergie du bouclier d’un côté avait été drainée jusqu’à zéro. Cependant, si une attaque avait pénétré la barrière de bouclier, elle pourrait endommager la charpente même. Ce n’était pas lié à la charge de boucliers restants, mais les dégâts physiques infligés à la structure affectaient généralement le combat d’une manière ou d’une autre.

En passant, toutes les unités IS étaient équipées d’un système de « défense absolue » qui empêchait la mort du pilote. Même en prenant des quantités extrêmes de dégâts, cela allait seulement vider le bouclier, du moins, c’était ce que le manuel disait, mais je ne savais pas si c’était vrai. Mon armure d’épaule avait été arrachée parce que l’IS avait décidé que ce n’était pas essentiel à ma survie, et donc le système de défense absolue n’avait pas été activé.

« Maintenant, dansez ! Dansez une valse avec moi, Cécilia Alcott, et Larme Bleu ! » déclara-t-elle.

Un autre tir, puis un autre, et encore un autre. Ils étaient tombés sur moi telle une pluie. Tous les tirs étaient un travail de précision, et le simple fait de tenir face à ça ne durerait que si longtemps. Byakushiki m’avait bombardé de bips, m’avertissant du fait que mon bouclier était en train d’être réduit en charpie.

« N’ai-je pas une arme !? » avais-je crié.

Byakushiki avait immédiatement affiché la liste de mon équipement actuellement installé sur l’unité.

Une liste ? Non, c’est...

« Il n’y a qu’une seule chose ? » murmurai-je.

Tout ce que l’unité m’avait affiché était une « lame de combat rapproché ».

Mon Dieu ! Es-tu sérieux !?

« Peu importe, je vais la prendre ! » murmurai-je.

Alors que je pensais que c’était mieux que de combattre les mains vides, j’avais demandé à ce que la « lame de combat rapproché » apparaisse dans mes mains.

[NOM RÉEL NON CONFIGURÉ.]

*T—ching !*

« Combattre une unité de portée moyenne comme la mienne avec des armes de combat rapproché est le comble de la folie ! » déclara Cécilia, puis elle attaqua immédiatement après ça.

J’avais été capable d’esquiver son tir, mais réduire l’écart de 27 mètres entre nous était une tout autre histoire. Je pourrais aussi bien avoir été de l’autre côté de la planète que cela ne changerait pas grand-chose. Mais...

« Je dois essayer... ! »

Je ne pouvais pas me permettre de me retirer maintenant, la bataille ne faisait que commencer.

 

◇◇◇

 

« 27 minutes. Je suis étonné que vous ayez tenu si longtemps. C’est impressionnant en soi, » déclara Cécilia.

« M... merci..., » répondis-je.

Mon bouclier était à 67, et la structure avait pris des dégâts considérables. Je pouvais encore me battre et utiliser mon épée, mais c’était vraiment réduit.

« Vous êtes le premier qui avez réussi à tenir si longtemps dans leur rencontre initiale avec mes “Larmes Bleus”, » déclara Cécilia.

Cécilia tapota les quatre armes autonomes qui flottaient autour d’elle, comme si quelqu’un tapotait un chien ramenant un frisbee. Les quatre ailettes sur son dos pouvaient se séparer et tirer un laser BT à courte portée, et étaient apparemment aussi à l’origine du nom de « Larmes Bleues ». Plus précisément, les canons flottants avaient été appelés « Larmes Bleues », et donc la structure de l’IS qui les portait au combat avait aussi pris ce nom. Cécilia en avait beaucoup parlé au cours des 27 dernières minutes, même quand personne n’écoutait (merci pour la conférence !)

« Eh bien, que le rideau se lève sur la finale ! » Cécilia se moqua en moi tendant le bras droit.

Les « Larmes Bleues », ou« trucs » comme je les appelais, s’étaient immédiatement éloignés et m’avaient encerclé, ayant reçu leur ordre.

« Ngh...! »

Les différentes larmes au-dessus et en dessous de moi avaient commencé à briller et avaient tiré leurs lasers. En même temps que cela se faisait, Cécilia avait tiré sur moi et j’avais esquivé ou bloqué les tirs de justesse. C’était comme ça que ça se passait depuis un moment.

« Je vais vous tirer sur la jambe gauche ! » annonça-t-elle.

Non ! J’avais déjà perdu mon armure là-bas, un coup de plus allait déclencher le système de Défense Absolue.

L’utilisation de cette énergie aurait consommé toute ma charge de bouclier, ce qui signifiait que je perdrais automatiquement. D’accord, il était temps pour prendre des mesures désespérées.

« HAAAAAAAAAH! »

Avec un fort rugissement et un éclair aigu, j’avais poussé l’unité IS à sa limite et j’avais frappé vers la tête de Cécilia. L’impact lui avait fait perdre son objectif et elle avait fait manquer son tir final.

« Quoi... !? Beau mouvement, mais tout cela n’aura été que vain ! » répliqua Cécilia.

Cécilia recula et elle déplaça sa main gauche. Les larmes qui flottaient avaient immédiatement commencé à voler vers moi.

Je vois, c’est comme ça qu’ils fonctionnent.

J’avais volé à travers le barrage de lasers et frappé l’une d’elles. Mon épée avait traversé le métal dur, une sensation de résistance fut transmise à ma main. Un éclair bleu s’était arqué autour de la coupure, et après un moment, la larme avait explosé.

« Quoi !? » s’écria Cécilia.

J’avais frappé avec mon épée vers une Cécilia choquée.

« Tch...! »

Cécilia s’éloigna de mon coup et déplaça à nouveau son bras. La Larme No. 2 et No. 3 était venue vers moi en volant.

« Vos armes ne bougent pas à moins que vous ne donniez chaque fois des ordres ! Et qui plus est..., » commençai-je.

J’avais prédit les mouvements des larmes et j’avais tranché le propulseur de la larme No. 2.

« Pendant que vous donnez des ordres, vous ne pouvez pas attaquer ! Il faut toute votre attention pour les contrôler, n’est-ce pas !? » demandai-je.

« ... ! »

Les yeux de Cécilia tremblaient. Dans le mille !

Il ne restait plus que deux larmes. Je pouvais facilement prédire leurs mouvements. Elles s’étaient toujours positionnées de telle sorte que mes réactions seraient retardées. L’IS et sa capacité visuelle à grande échelle étaient parfaits. Cependant, j’étais encore un humain, et je ne pouvais pas traiter les choses en dehors de mon champ de vision physique comme étant intuitif. Il m’avait donc fallu quelques millisecondes de plus pour comprendre l’information que l’IS fournissait directement à mon cerveau.

Cécilia comptait là-dessus.

D’un autre côté, cela signifiait que je pouvais forcer mon attention dans des endroits spécifiques. La logique était simple : abuser du fait que les larmes bougeraient selon mes propres mouvements. Dans cet esprit, je serais un pas vers l’avant, au lieu d’un pas vers l’arrière.

Je peux le faire. Je dois juste me concentrer.

Je serrai ma main droite autour de la poignée de mon épée, mon temps passé à m’entraîner avec Houki envahissant mon esprit. La concentration était à la fois l’art et la base du combat à l’épée. Ma capacité en tant que combattant avait peut-être émoussé, mais elle n’avait pas encore totalement disparut. J’avais l’impression que les mouvements de mon IS devenaient plus légers, plus rapides. Je m’attendais à ce que mon unité perde de sa manœuvrabilité en raison de dommages à sa structure, mais la réactivité était en réalité bien meilleure qu’elle ne l’avait été auparavant.

J’ai juste besoin de trouver de moyen de réduire à zéro la distance, et tout sera fini.

L’unité de Cécilia était, comme elle l’avait décrit elle-même, une unité de moyenne portée. Son gros fusil ne serait pas très utile en combat rapproché, et en un coup d’œil, il ne semblait pas qu’elle disposait d’un équipement approprié pour le corps à corps. Peut-être que tout son équipement de combat rapproché était en attente, mais elle devait encore passer du temps pour le sortir. Le chemin de la victoire avait été mis à nu.

***

Partie 8

« Wôw... Monsieur Orimura est vraiment bon..., » Maya Yamada soupira alors qu’elle regardait les moniteurs dans la fosse.

Ichika était bien meilleur que ce que l’on pouvait attendre de quelqu’un qui n’utilisait un IS que pour la deuxième fois. En revanche, Chifuyu regardait les moniteurs en étant de mauvaise humeur.

« Ce crétin. Il devient arrogant, » répliqua Chifuyu.

« Comment le savez-vous ? » demanda Yamada.

« Il serre son poing gauche. Il le fait toujours juste avant qu’il ne commette une erreur stupide, » répondit Chifuyu.

« Hehehe... Les frères et sœurs se connaissent si bien. Vous voyez les moindres détails sur lui, » Yamada disait cela autant à elle-même qu’à Chifuyu, mais cela l’avait déconcertée.

« E-Eh bien... euh... Il est ce genre de frère..., » murmura Chifuyu.

« Oh, devenez-vous toute rouge ? Vous devenez toute rouge ! » s’exclama Yamada.

« ... »

Krrrkk. Chifuyu l’avait prise dans un étau.

« Aieeeee..., » gémit Yamada.

« Je déteste qu’on se moque de moi, » déclara Chifuyu.

« D-D’accord ! D’accord ! J’ai compris ! Relâchez-moi... Ahhh ! » cria Yamada.

Houki ne faisait nullement attention à Yamada et regarda simplement les moniteurs. Son expression était très sérieuse.

« ... »

Elle n’avait pas placé ses mains ensemble et n’avait pas prié. Elle n’était pas ce genre d’individus. C’était en quelque sorte la raison pour laquelle son expression était si complexe.

« Ichika..., » Houki se mordit la lèvre alors que la bataille était à un tournant.

 

◇◇◇

 

J’ai réussi à le faire !

J’avais réduit la distance à Cécilia avant de détruire la larme no. 3. Puis, avec le système anti-gravité de l’IS, j’avais fait un coup de pied circulaire pour frapper la larme no. 4. Cécilia n’allait pas être capable de braquer son arme sur moi à temps. J’étais sûr que je pourrais avoir une occasion de la frapper une fois.

« Je vous ai eu ! » Cécilia souriait.

Merde !

Mon instinct me criait qu’un danger était là. J’avais immédiatement essayé de prendre de la distance entre nous, mais c’était trop tard.

*Whirrr !*

Les plaques d’armure en forme de jupe s’étaient retirées de la taille de Cécilia, et deux objets se’étaient déplacés de dessous ça.

« Je suis désolée, mais il y a six “Larmes bleues !”, » annonça-t-elle.

Je n’allais pas pouvoir les esquiver. Elles n’étaient pas comme les larmes qui avaient tiré des lasers. De leurs côtés, c’était des missiles qu’elles envoyaient.

*KA-BOOM !* j’étais enveloppé dans les flammes rouges et blanches générées par l’explosion.

 

◇◇◇

« Ichika ! » Houki cria face à l’écran.

Chifuyu et Maya avaient également oublié leur combat et regardaient le feu et la fumée sur les moniteurs.

« Hmph. »

Quand la fumée s’était dissipée, Chifuyu avait reniflé. Pourtant, elle avait l’air soulagée. « Cet idiot a été sauvé par son unité ! »

Les derniers nuages de fumée qui dérivent sur l’écran s’étaient dissipés. Et au centre de l’écran se trouvait l’unité d’un blanc pur — sa véritable forme avait finalement été révélée.

 

◇◇◇

 

[FORMATAGE ET AJUSTEMENT COMPLET. S’IL VOUS PLAÎT, PRESSEZ POUR CONFIRMER.]

Q-Quoi !?

Des données étaient diffusées dans ma conscience. Une fenêtre apparut devant mes yeux, au centre de laquelle se trouvait un bouton qui disait simplement « Confirmer ». Je l’avais pressé, ne comprenant pas vraiment ce que cela ferait, et un autre flot de données était alors entré dans mon cerveau. Ou, plus strictement parlant, s’étaient réarrangé en moi. Je l’avais intuitivement compris, et les changements avaient été immédiats.

*Shiiiiiing.*

Il y avait un bruit métallique à haute fréquence. Cela semblait doux, presque apaisant. En l’espace d’un instant, l’IS qui m’enveloppait — non, l’IS était une partie de moi — s’était dissous dans des particules de lumière et se réforma.

« C’est... »

Quand il avait repris forme, les plaques d’armure brillaient faiblement. Tous les dégâts que j’avais subis avaient disparu. Et plus encore, l’IS semblait maintenant beaucoup plus perfectionné et raffiné.

« I-Impossible ! Était-ce la Première Forme ? Ne me dites pas qu’il s’est battu contre moi avec les paramètres par défaut !? » s’écria Cécilia.

La fenêtre plus tôt m’avait dit que le formatage et l’ajustement étaient complets. Donc, c’était ce que cela signifiait. Avec ça, l’unité était enfin, vraiment, mienne. J’avais encore regardé l’IS. Toutes les finitions industrielles rugueuses avaient disparu, remplacée par des surfaces lisses et des lignes tranchantes qui me rappelaient une armure médiévale.

Ce qui avait le plus changé était mon arme.

Mon épée s’appelait maintenant : Yukihira Nigata.

Sa forme m’avait fait penser à un katana, mais elle était plus fortement courbée, et avait une lame plus épaisse. Il y avait un creux plus profond dans le dos à travers lequel la lumière pulsait comme un souffle humain, et d’une certaine manière, elle semblait étonnamment mécanique. Tout spectateur savait exactement qu’elle avait été faite sur mesure pour un IS.

— Yukihira...

Cela avait été le nom de l’épée de ma sœur qu’elle avait utilisé avec son propre IS, et maintenant j’avais le même nom pour la mienne.

Yukihira Nigata.

Est-ce une version améliorée de l’arme de ma sœur ? Mon Dieu ! Tout ne cesse de me faire penser à elle !

« J’ai la meilleure sœur du monde ! » dis-je.

Cela avait été le cas 3 ans avant cela, 6 ans avant cela, et probablement aussi le cas au cours de mes 15 années d’existence. Ma sœur était la meilleure. Pourtant, je ne voulais pas qu’elle me soutienne pour toujours. Il était temps que je me tienne debout par moi-même.

« Je vais prendre désormais soin de ma famille, » déclarai-je avec force.

« Quoi !? Qu’est-ce que vous racontez là ? » demanda Cécilia.

« Et pour commencer, je vais m’assurer que le nom de Chifuyu soit bien connu ! » déclarai-je.

J’étais le frère de l’ancienne représentante nationale. Si j’échouais, cela allait mal se refléter sur elle. Elle avait toujours l’air incroyable dans tout ce qu’elle faisait. Je devais m’assurer que cela reste ainsi. Ma résolution avait ainsi été définie.

« C’est assez drôle, n’est-ce pas ? »

« De quoi parlez-vous ? Argh, finissons-en maintenant ! »

Cécilia avait envoyé les larmes à missiles qu’elle m’avait déjà révélées plus tôt. Ils s’étaient dispersés pour à nouveau m’entourer. Leur vitesse était beaucoup plus importante que les larmes lasers, mais pas assez rapide.

Je peux les voir !

J’avais serré mon poing droit. Je pouvais sentir le poids de Yukihira, et entendre le son de ses mécanismes. Je savais comment l’utiliser. J’avais vu ma sœur l’utiliser d’innombrables fois, même si elle ne m’avait pas voulu. Ses mouvements avaient été gravés dans ma mémoire.

*Bzzzm !*

Une frappe horizontale. Une larme avait été coupée en deux, rapidement dépassée par mon IS, et avait explosé derrière moi. Avant que l’onde de choc ne m’atteigne, je m’éloignais déjà dans la direction de Cécilia. L’accélération de l’unité et la résolution du capteur étaient meilleures que précédemment. Il était aussi beaucoup plus facile de contrôler.

« RAAAAHH! »

Je pouvais sentir que la densité d’énergie dans ma main avait augmenté. Les particules incandescentes enduites Yukihira comme une gaine, sa puissance était maintenant bien plus élevée qu’avant.

Je peux le faire !

J’avais déplacé mon épée vers le haut dans une attaque décisive, visant directement l’abdomen de Cécilia. Mais avant que l’épée ne la touche, une sonnerie avait retenti.

« Bataille terminée. Vainqueur : Cécilia Alcott. »

Hein !?

« Quoi... !? » m’écriai-je.

Je n’étais pas sûr de ce qui était arrivé. Cécilia était directement devant moi, et sa bouche était grande ouverte. Elle était aussi confuse que moi.

La même chose était arrivée au public dans la troisième arène, ainsi que pour Houki, et pour Yamada dans la salle de contrôle.

La seule qui n’avait pas été surprise était Chifuyu.

La bataille s’était achevée et j’avais perdu.

***

Partie 9

« Joli discours avant ça. Tout ce discours, et après, cela finit-il toujours comme ça ? Vous n’êtes qu’un énorme idiot ! »

La bataille était finie. Ma sœur avait mis à jour mon statut d’idiot à énorme idiot, et ce n’était pas une promotion dont j’étais heureux. Pas comme si ma sœur ne m’aurait jamais rétrogradé sur l’échelle de l’idiotie.

« C’est arrivé parce que vous avez utilisé votre arme sans savoir ce qu’elle faisait, » continua Chifuyu. « Maintenant, vous savez comment cela se passe. À partir de demain, vous devrez vous entraîner correctement. Pilotez votre IS quand vous avez du temps. Compris ? »

« D’accord..., » répondis-je. Tout ce que je pouvais faire était un signe de tête. C’était assez déplorable de ma part de perdre après un discours aussi dramatique.

« Maintenant, l’unité IS est en attente, mais nous pouvons vous le donner quand vous le demandez. Pourtant, les règles sont des règles, vous devrez donc lire ceci. Tenez ! » déclara-t-elle.

*Clac !*

Il semblait générer son propre champ gravitationnel. La couverture du livre dit « Livre de règles de l’IS », mais il aurait fait honte à un annuaire téléphonique. C’était incroyablement gros, et les pages étaient fragiles et minces.

« C’est tout pour aujourd’hui. Rentrez dans votre chambre et allez vous reposer ! » déclara Chifuyu.

Il n’y avait pas de douceur dans ses ordres. J’espérais vraiment qu’elle apprendrait que le bâton n’avait pas de sens sans une carotte. D’ailleurs, y avait-il une raison pour moi d’essayer de prendre soin d’elle ?

« J’y vais, » dis-je.

Oh, elle était là. La deuxième victime du déficit clinique d’amour. Elle s’appelait Houki, mon amie d’enfance.

Alors que nous avions commencé à marcher dans la direction des dortoirs, la fatigue avait commencé à se faire ressentir.

« ... »

« Qu-Quoi !? » demandai-je.

Nous marchions côte à côte et Houki me regardait depuis un moment, comme si j’étais une sorte de monstre rare.

« Raté ! »

Arg. Fous-moi la paix, Houki.

Elle était comme une prêtresse qui ressuscitait des aventuriers avec un point de vie au prix d’une fortune, et qui les envoyait dans le donjon sans équipement. Ne disent-ils pas que les humains sont les véritables démons ? Eh bien, vous pourriez dire que je connaissais moi-même un démon.

Vous savez ce qu’ils font dans les chapitres où la situation tournait mal. Votre vieil ennemi revenait en tant que votre allié, votre vieil allié s’avérait être le cerveau diabolique, et le destin du monde reposait sur vos épaules.

« TROUVEZ QUELQU’UN D’AUTRE ! » criai-je.

« Quoi !? » s’écria Houki.

« Rien, » dis-je finalement.

Je l’avais dit à haute voix parce que c’était si important, mais si j’avais su que Houki me regardait fixement, je ne l’aurais pas fait. Toutes les choses vraiment importantes dans la vie ne pouvaient être vues — un écrivain mort avait dit quelque chose comme ça.

« Aujourd’hui, 9 avril, Houki m’a regardé fixement, alors que ce jour est désormais connu sous le nom de “Journée d’Houki”, » déclarai-je.

« En ce moment, te moques-tu de moi ? » demanda Houki.

« Pas du touuut, » répondis-je.

« Cela sonnait sarcastique, » répondit Houki.

« Passs du touuuut. Tu vois, cela semble normal. Ils disent toujours comme ça en Amérique du Sud, » dis-je.

« Hmph... »

Houki avait sorti son épée de bambou. Quoi !? Voulait-elle s’exercer sur les terrains du campus ? Quelle personne diligente ! Le repos était également important si tu veux t’entraîner, Houki. Le fait de s’entraîner tout le temps n’est pas vraiment une bonne chose !

*Bam !*

« Hé ! Qu’est-ce que j’ai fait pour subir ça !? » criai-je.

« Il y avait un crétin qui avait besoin d’être frappé, » répliqua-t-elle.

Elle avait dit cela comme comme quelqu’un qui dirait. « Il pleuvait, alors j’ai utilisé un parapluie ». La violence se glissait dans notre vie quotidienne. Où était le gouvernement quand nous en avions besoin ?

« Es-tu, comme, l’horreur en ville ? Notre prochain tyran ? » demandai-je.

« Une autre frappe ? » me demanda-t-elle.

« Non, je suis désolé. Je me tais, » dis-je.

Houki hocha la tête et rangea son épée de bambou. Elle était plus effrayante que le mont Destin [1]. Là encore, je suppose que le mont Destin lui-même n’était pas très effrayant.

« ... »

« ... »

Houki et moi avions marché en silence pendant un moment. Ce n’était pas comme si nous n’avions rien à dire, mais j’étais toujours en colère contre moi-même pour avoir perdu et ne pouvais pas me résoudre à lui parler.

Dans ces moments-là, je voulais juste prendre un bain. À un moment donné, j’avais dit à Gotanda que m’étendre dans une baignoire était super cool et que vous pouviez tout oublier, mais il m’avait répliqué que c’était quelque chose que seuls les vieillards faisaient. Ce mec n’avait aucun goût pour les bonnes choses de la vie.

Ah, mais la fille à côté de moi est essentiellement l’incarnation des choses les plus raffinées de la vie...

Houki comprendrait probablement ce que je voulais dire. Si vous disiez aux étrangers qu’elle était une voyageuse de l’époque d’Edo, 6 sur 10 la croiraient. — Ma source : Une enquête personnelle.

« Ichika. »

« Hm ? Quoi ? »

Whoa, elle avait entamé une conversation de son propre chef. Était-ce la légendaire télépathie ? C’était utile. Beaucoup mieux qu’un téléphone portable, et il n’y avait pas de frais mensuels. Vraiment génial.

« Euh, es-tu... fâché d’avoir perdu ? » demanda-t-elle.

« Oui, bien sûr. Pourquoi ne serais-je pas fâché d’avoir perdu ? » demandai-je en retour.

« D-D’accord... Alors tout est bon..., » déclara-t-elle.

De quoi parlait-elle ? Que tout allait bien que j’avais perdu ? Wôw, elle était vraiment une fille cruelle !

« N-Nous commencerons demain. Oui. Nous devrons nous entraîner avec l’IS, » Houki continua, et semblait étrangement distante, non, peut-être pas distante, mais agitée.

« Alors, vas-tu m’apprendre comment piloter ? Correctement ? » demandai-je.

« J-Je ne vais pas te forcer. Peut-être que tu devrais plutôt demander à ta sœur, » répondit Houki.

« Non, je ne veux pas que Chifuyu m’apprenne ça. D’ailleurs, cela ressemblerait à du favoritisme, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« T-Tu pourrais aussi demander à une des filles de troisième année de t’apprendre. L’expérience est importante, » répondit-elle.

Pour quelqu’un qui avait esquivé ce sujet plus tôt, Houki semblait beaucoup se débattre maintenant. Et pourquoi me regardait-elle tout le temps, comme si elle attendait quelque chose de ma part ?

« D’accord, si tu ne veux pas le faire, je peux demander..., » commençai-je.

« Je-je ne dis pas que je ne veux pas ! » s’exclama Houki.

Apparemment, elle avait réalisé à quel point elle était agressive, et avait changé sa manière d’agir.

« J-Je, euh... Veux-tu que je te l’apprenne, Ichika ? » demanda-t-elle.

« Oui, j’aimerais bien, » répondis-je.

Ce serait certainement mieux que de choisir une autre fille pour me l’apprendre. J’avais également pensé qu’elle en savait beaucoup sur l’IS puisqu’elle était la sœur de Tabane.

« D-D’accord... Je vois. Je vois. Tout est bon. Hehe. C’est bien, » déclara-t-elle comme si elle était soudainement heureuse.

Est-ce à cause de quelque chose que j’ai dit ?

Elle était si heureuse qu’elle passait ses doigts à travers sa longue queue de cheval.

« D’accord. Alors je t’apprendrai ça, à titre d’exception, » déclara Houki. Elle avait accentué la dernière partie.

Eh bien, j’étais reconnaissant de ce qu’elle faisait. Si je perdais encore contre une fille, cela aurait tué ma fierté d’homme, même si elle était déjà à moitié morte de la bataille précédente. Je serais un zombie en un rien de temps.

« D’accord. Assure-toi d’avoir du temps après l’école demain. Compris ? » demanda Houki.

« Compris, » répondis-je.

De toute façon, je n’allais pas rejoindre un club parce qu’il n’y avait pas d’homme dedans, alors ça me convenait. J’avais embarrassé ma sœur Chifuyu et ça, cela m’énervait plus que tout. Je devais devenir plus fort.

« Au fait, Houki, » commençai-je.

« Hm ? Oui ? » demanda-t-elle.

Oh, elle était de bonne humeur. J’avais décidé de poser tout de suite la question que je voulais lui poser.

« As-tu dû aller à la salle de bain un peu plus tôt ? » demandai-je.

*Bam !* l’épée de bambou m’avait frappé entre les deux yeux.

Notes

  • 1 Mont Destin : Le mont Destin (en sindarin Orodruin ou Amon Amarth, en anglais Mount Doom), appelée montagne du Destin dans l’ancienne traduction de référence, est un volcan de fiction appartenant au légendaire de l’écrivain britannique J. R. R. Tolkien. Il est un lieu central dans l’intrigue du livre Le Seigneur des anneaux.
    C’est un mont situé en Mordor, une région du nord-ouest de la Terre du Milieu (c’est-à-dire au sud-est de la partie de la Terre du Milieu représentée sur les cartes). C’est grâce à son feu que Sauron forge les Anneaux de pouvoir dont l’Anneau unique.

***

Partie 10

*Fssshh.*

La pomme de douche répandait de l’eau chaude sur son corps, des gouttelettes se brisèrent sur sa peau et glissèrent lentement le long de son corps.

Cécilia avait toujours été fière de la beauté élégante dans les proportions bien équilibrées que son corps présentait. Ses jambes étaient longues, séduisantes et bien formées, facilement capables de concurrencer les mannequins, et plus belles que la plupart d’entre elles.

Ses seins étaient un peu modestes comparés à ceux des autres filles blanches de son âge, mais puisqu’ils accentuaient aussi les courbes de son corps, elle pouvait les accepter ainsi. D’un autre côté, comparés à une fille japonaise, ses seins étaient assez grands.

L’eau coula sur sa poitrine alors qu’elle restait immobile, perdue dans ses pensées.

Cette bataille...

Elle ne savait toujours pas pourquoi l’énergie du bouclier d’Ichika avait soudainement atteint zéro. Qui sait ce qui se serait passé si cette attaque finale avait été réalisée ? Cécilia était toujours confiante dans ses capacités et voulait améliorer ses compétences, mais l’incertitude sur ce qui s’était passé la rendait très malheureuse.

J’ai gagné, mais...

Elle ne l’avait pas compris. Il n’y avait pas de plaisir à avoir gagné.

Orimura... Ichika...

Elle repensa à cet homme... Les flammes de la détermination étaient présentes dans ses yeux. Un refus d’abandonner, le désir ardent de réussir. Cécilia s’était soudainement rappelée de son père, comme un contraste frappant.

Mon père attendait toujours que ma mère lui dise quoi faire...

Il s’était marié dans une famille importante et devait se sentir largement inférieur à sa mère. Depuis sa plus tendre enfance, quand Cécilia regardait comment agissait son père, elle était déterminée à ne pas épouser un homme faible comme lui. Et après l’invention de l’IS, son père était devenu encore plus servile. Cela avait commencé à frustrer sa mère, et elle avait pris l’habitude de refuser de lui parler.

« ... »

Sa mère avait été une femme forte. Celle qui avait réussi dans la société, avant même que les femmes aient commencé à dominer complètement les hommes, et avait sa propre compagnie. Elle avait été stricte et austère. Cécilia l’avait toujours considérée comme un idéal.

Oui — c’était le passé. Ses parents n’étaient plus. Ils étaient morts dans un accident trois ans auparavant.

À cette époque, ils vivaient déjà séparés. Cécilia ne savait pas pourquoi ils étaient ensemble ce jour-là. Il y avait eu de nombreuses théories conspirationnistes autour de leur mort, mais elles ne correspondaient pas aux circonstances : un train avait déraillé. C’était une énorme tragédie, et plus d’une centaine de personnes avaient été tuées ou blessées. Et juste comme ça, ses parents avaient disparu. Le temps s’était écoulé rapidement après ça.

Ses parents lui avaient laissé un très important héritage. Elle avait passé beaucoup de temps à apprendre comment elle pouvait le protéger des vautours. Dans le cadre de ses efforts, elle avait reçu un A+ sur le test d’aptitude IS. Le gouvernement avait offert des privilèges étendus pour l’inciter à garder sa nationalité, et elle avait immédiatement accepté. Cela avait été le moyen le plus simple pour elle de protéger son héritage. Elle avait été choisie comme pilote d’essai de première version de l’IS de troisième génération, Larmes Bleues. Afin d’acquérir de l’expérience de combat et obtenir des données, elle était venue au Japon.

Et ici... Elle l’avait rencontré, Ichika Orimura. Cet homme fort dont elle avait toujours rêvé.

« Ichika Orimura... » Elle avait essayé de le dire. Elle pouvait sentir sa poitrine se resserrer lorsqu’elle prononçait ce nom. Son cœur battait la chamade alors qu’elle faisait courir ses doigts sur ses belles lèvres, sur lesquelles reposaient des gouttelettes d’eau. Ses lèvres semblaient vouloir être touchées, et cela l’excitait.

« ... »

Il s’agissait d’une sensation douce et chaleureuse, pleine de bonheur et d’envie. Sa curiosité avait été éveillée. Quel était ce torrent d’émotions qui lui emplissait la poitrine au moment où elle était attentive à ça ? Elle voulait en savoir plus : qu’est-ce que c’était, et à quoi est-ce que cela conduisait ? Elle voulait en savoir plus... à propos d’Ichika.

« ... »

Elle était restée sous l’eau de sa douche pendant un petit moment après ça.

 

◇◇◇

Le lendemain matin, il y a eu une courte période dans la salle de classe, et l’impossible était arrivé.

« Eh bien, le représentant de la classe 1-A sera Ichika Orimura. Ah, c’est bien, on a réglé ça, » annonça Yamada, tout heureuse.

Les filles de la classe semblaient également être très heureuses de cette décision. J’étais le seul dans toute la classe qui faisait un visage sombre. Le seul !

« Enseignante, j’ai une question, » dis-je après avoir levé la main. C’était la bonne façon de le faire.

« Oui, Monsieur Orimura ? » demanda Yamada.

« J’ai perdu la bataille hier, mais maintenant, je suis quand même le représentant de la classe. Comment est-ce possible ? » demandai-je.

« Eh bien..., » commença Yamada.

« Je suis donc hors course ! » déclara une voix féminine provenant de l’arrière.

Cécilia s’était levée et avait mis ses mains sur ses hanches. Elle avait une belle apparence ainsi — OK, peu importe. Pourquoi s’était-elle retirée ? Et elle avait l’air un peu excitée, ce qui n’avait pas vraiment de sens pour moi. Elle avait été tellement en colère jusque-là, et maintenant elle avait l’air vraiment heureuse ? C’était étrange.

« Eh bien, vous avez perdu la bataille, mais c’était tout à fait normal que cela arrive. Après tout, votre adversaire était moi, Cécilia Alcott ! On ne pouvait pas s’attendre à un autre dénouement ! » déclara-t-elle.

Je n’avais pas de mots à dire face à ça. Après tout, j’avais perdu.

« Vous voyez, je regrette d’avoir été dans une colère enfantine, » déclara-t-elle.

Vous, quoi ?

Cécilia avait continué à parler après avoir réfléchi un peu. « J’ai décidé de vous laisser être le représentant... Ichika. L’expérience au combat entraîne un pilote d’IS bien plus que toute autre chose. Il me semble que vous ayez plus besoin de cette expérience plus que moi. »

Quelle bénédiction était-ce ?

A-t-elle vraiment utilisé mon prénom ? Non, cela ne peut pas être le cas...

« Vous comprenez vraiment tout, Cécilia ! » Quelqu’un l’avait applaudie.

« Exactement ! Nous avons le seul homme au monde qui peut piloter. Nous devons le soutenir ! »

« Nous allons apprendre beaucoup de bonnes choses, et nous pouvons vendre les informations aux autres classes. Orimura est le cadeau qui nous rapportera beaucoup ! »

Hé, je ne me souviens pas d’avoir accepté de devenir une marchandise.

« Hélas ! » Cécilia s’éclaircit la gorge et plaça une main sur son menton. Il s’agissait d’une pose différente d’avant. Je me demandais bien ce que cela voulait indiqué ? Cela signifiait probablement quelque chose, mais je n’étais pas sûr de sa signification.

« Comme vous pouvez le voir, je suis supérieure, élégante, belle — non, un être humain parfait. Si je vous enseigne les voies de l’IS, alors le succès sera au coin de la rue... »

*Wham!*

Houki avait fait claquer sa main sur la table et s’était levée.

« Malheureusement, la position d’entraîneur d’Ichika est prise. Il a demandé à moi de le faire de son propre chef, » déclara-t-elle.

Il y avait une quantité d’accentuation étrange sur le mot « moi ». Houki avait foudroyé du regard avec un rare niveau d’hostilité envers Cécilia.

Tu vas lui faire peur si tu la regardes comme ça...

Il y a une semaine, Cécilia s’était retiré de l’affrontement, mais pas aujourd’hui.

Elle avait répondu au regard de Houki en restant naturel. Si je devais dire quelque chose, elle avait même l’air un peu orgueilleuse. « Oh, n’êtes-vous pas la fille Shinonono de Rang C ? Y a-t-il quelque chose que vous avez à dire à une Rang A comme moi ? »

« L-Le rang n’entre pas en ligne de compte. Il me l’a demandé à moi ! I-Ichika a dit qu’il avait besoin de moi ! » déclara-t-elle.

C’était un mensonge.

« Attends, Houki, es-tu de Rang C ? » demandai-je.

« Le rang n’a aucune importance là ! » s’écria Houki.

Elle devenait vraiment furieuse. J’étais apparemment de Rang B. Cependant, le rang était basé sur l’unité d’entraînement, et Chifuyu m’avait dit de ne pas trop en tenir compte.

« Asseyez-vous, bande d’idiotes ! » s’écria Chifuyu.

Chifuyu se dirigea vers Cécilia et Houki et elle les frappa toutes deux sur la tête. Bien sûr, l’ancienne représentante du Japon et la première championne du monde n’avaient peur de rien. Les deux s’étaient assises, attristées face à ça.

Vous pourriez dire, bien fait ! Hahaha !

*Wham!*

« Quant à vous, effacez ce sourire de votre visage, imbécile, » cria Chifuyu sur moi.

D’ailleurs, elle nous frappait avec le registre de présence. J’étais sûr que ma sœur Chifuyu ne le savait pas, mais la tranche du registre était assez dure. Si ma sœur ne le savait pas, moi je le savais très certainement.

« Vos rangs ne valent rien. De la façon dont je le vois, vous êtes toutes de la bleusaille. Comme des poussins à l’intérieur des œufs, en essayant de percer, mais essayant encore de venir au monde, » continua Chifuyu.

Je pouvais voir que Cécilia voulait dire quelque chose à Chifuyu, mais elle ne l’avait pas fait.

« Je vous affirme que toutes les cadettes nationales ont besoin d’étudier comme tout le monde, » continua Chifuyu. « Les personnes disent que les adolescentes doivent être autorisées à effectuer leurs combats immatures, mais je suis la responsable ici, et je n’accepterais pas cette idiotie. »

Je n’avais jamais su que Chifuyu était une personne si stricte au travail. Cela m’avait étonné. Je l’avais seulement connue comme la personne qui grognait quand il y avait trop de sel dans la soupe. Maintenant que je vivais dans les dortoirs, comment se débrouillait ma sœur ?

Je devrais lui rendre visite ce week-end.

Son appartement était-il encombré ? Est-ce qu’elle faisait sa lessive correctement ? J’étais toujours responsable de le faire pour elle. Si seulement elle mettait au moins ses sous-vêtements dans les sacs à linge — ils finissaient toujours par être endommagés quand ils se frayaient un chemin dans la buanderie principale, ce qui bouleversait habituellement Chifuyu.

Tu devrais au moins faire le strict minimum, Mademoiselle, la Membre respectable de la société.

*Wlam !*

« Vous pensiez à quelque chose de grossier, n’est-ce pas ? » demanda Chifuyu.

« J-Je n’ai aucune idée de quoi vous parlez ! » m’écriai-je.

« Hm-Hmm, » Chifuyu était pensive.

*Wlam !* *Bam !*

« Je suis désolé ! » dis-je.

« C’est bien, » déclara Chifuyu.

Un citoyen vertueux, soumis à des abus sans fin... dans quel monde cruel vivais-je... ?

« Le représentant de la classe sera Ichika Orimura. Je crois qu’il n’y a pas d’objections, non ? » demanda Chifuyu.

Toute la classe avait crié avec enthousiasme leur accord. Les besoins du plus grand nombre l’emportaient toujours sur les besoins du petit nombre, mais j’aurais juste souhaité qu’on prenne mon parti pour une fois.

***

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