Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 8 – Chapitre 1 – Partie 2

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Chapitre 1 : La route vers le Nord

Partie 2

Une fois que j’étais sûr que la communication avec Maria avait pris fin, j’avais pris une bouffée d’air et j’avais parlé à la personne derrière moi.

« Tu peux sortir maintenant, Roroa, » déclarai-je.

Roroa avait sorti son visage de l’ombre d’un meuble. « Quoi, chéri, tu m’as remarquée ? »

« J’ai vu quelqu’un entrer en douce du coin de l’œil, » déclarai-je.

Je n’avais pas vu qui c’était exactement, mais en supposant que c’était quelqu’un qu’Aisha, qui gardait à l’extérieur, laissait passer sans problème, et quelqu’un qui se faufilait dans un endroit comme celui-ci, il n’y avait vraiment personne d’autre qu’elle.

« Nyahahaha ! Tu m’as eue, » avec un sourire de gêne présent sur son visage, Roroa était venue jusqu’à moi.

Une fois que Hakuya avait fini de nettoyer après la diffusion de la réunion, s’était incliné et avait quitté la salle, Roroa et moi étions les seuls qui restaient.

Une fois que nous étions seuls, Roroa avait laissé tomber le sourire. « Envoies-tu des troupes au royaume de Lastania ? »

« Oui. J’ai décidé de le faire maintenant, » répondis-je.

« Est-ce ma faute si tu as fini par aller dans le nord ? C’est moi qui t’ai montré cela et qui t’ai donné envie d’y aller, n’est-ce pas, chéri ? » demanda Roroa.

Roroa avait sorti une lettre scellée de sa poche.

Le sceau de cire que j’avais aperçu portait le symbole de la famille princière d’Amidonia. J’avais déjà lu le contenu de cette lettre scellée.

Sachant ce qu’elle disait, j’avais secoué la tête. « Cela a été décidé entre l’Empire et moi, avant ça. Je soutiendrais l’Union des nations de l’Est s’il semblait qu’elles pourraient s’effondrer. Même si cette lettre n’était pas arrivée, je suis sûr que j’aurais envoyé l’armée. Tu n’as pas à t’inquiéter pour ça. »

Je l’avais dit pour lui remonter le moral, mais Roroa n’avait pas répondu quand elle avait ouvert l’enveloppe, avait sorti la lettre et chuchoté en la tenant si fort qu’elle s’était froissée. « Grand Frère... »

J’étais resté silencieux.

L’expéditeur était Julius Amidonia. Il était le fils de Gaius VIII, qui avait été le prince souverain d’Amidonia, ainsi que le frère aîné de Roroa. Il était aussi une personne qui, avec son père Gaius, avait suscité un sentiment revanchiste contre le royaume des Elfrieden, et avait travaillé dans les coulisses pour fomenter la rébellion à l’intérieur du royaume.

Dans la période de confusion qui avait suivi mon accession au trône, Gaius avait envahi le royaume pour profiter de la discorde entre moi et le Général de l’Armée de l’époque, Georg Carmine. Cependant, c’était un piège tendu par Hakuya et moi qui nous étions servis de la fausse mutinerie de Georg, et la principauté était tombée dans le piège.

Plus tard, Gaius était mort dans une bataille près de Van, la capitale de la principauté, et Van avait fini sous le contrôle du royaume.

Gaius étant tombé au combat, Julius avait pris les rênes et assumé son titre de Prince d’Amidonia, puis amené le principal signataire de la Déclaration de l’Humanité, l’Empire du Gran Chaos, pour négocier le retour de Van et de ses environs. Bien que cela ait entraîné le retour de Van, Julius avait également été contraint de payer des réparations et d’imposer un lourd fardeau au peuple de la principauté, invitant ainsi la résistance du peuple et donnant à l’État pontifical de l’Orthodoxie Lunaire une occasion dont il pouvait tirer parti. Ce qu’ils avaient bien entendu fait, incitant les adeptes de l’Orthodoxie Lunaire dans la principauté à se révolter. En les réfrénant, Julius avait perdu encore plus le soutien de son peuple.

Finalement chassé par Roroa, celle qui réunissait le pays à travers un réseau de marchands, il s’était exilé dans l’Empire. C’est tout ce que nous savions de Julius jusqu’à présent.

Cependant, il semble qu’après cela, il ait quitté l’Empire et erré vers divers pays et qu’il se réfugie actuellement dans le Royaume de Lastania.

C’était le Royaume de Lastania, qui subissait maintenant un fort impact en raison de la vague des monstres.

« Pourquoi as-tu fait ça ? » Roroa avait saisi la lettre qu’elle tenait plus fort.

Dans la lettre se trouvaient des mots de préoccupation pour le bien-être de Roroa, ainsi qu’une description de ses actions jusqu’à présent. Puis, avec des excuses pour ses méfaits jusque-là, il demanda poliment à Roroa, qui devait devenir ma troisième reine primaire, de m’encourager, en tant que roi de Friedonia, à envoyer des renforts au Royaume de Lastania. À la toute fin, il avait même dit. « Si le roi Souma souhaite ma tête en échange de cela, cela ne me dérange pas. Alors, s’il te plaît, peux-tu trouver en toi-même la force de sauver la Maison de Lastania, qui a tant fait pour moi ? »

Pour sauver la famille royale d’un petit royaume, il mettait de côté sa honte et sa réputation pour me demander de l’aide, à moi, l’assassin de son père Gaius et à Roroa, et celle qui l’avait exilé. Je n’arrivais pas à relier ce comportement au Julius qu’il avait été en tant que Prince d’Amidonia.

C’est comme ça que j’avais su que Julius était sérieux. En errant dans différents pays, quelque chose avait dû changer en lui.

« Pourquoi... ? N’est-ce pas un peu tard pour ça... ? » Les larmes étaient tombées des yeux baissés de Roroa.

La relation entre Roroa et Julius était compliquée. Bien qu’ils aient été frère et sœur de sang, il y avait eu un fossé infranchissable entre eux. Cela avait été causé par le désir de Julius d’hériter de la quête de vengeance contre le royaume Elfrieden, et le désir de Roroa d’arrêter l’expansion militaire et de reconstruire l’économie et de rendre le pays prospère.

Après la mort de Gaius, Julius avait hérité de la Principauté d’Amidonia et avait essayé de faire disparaître Roroa en tant que rival politique potentiel. Cela s’était soldé par un échec lorsque Roroa avait disparu, et Julius avait commencé à opprimer le peuple jusqu’à ce que Roroa rassemble le pays et à sa place le chasse.

Bien qu’ils furent frère et sœur, ils s’étaient vus comme des ennemis.

Maintenant qu’elle avait soudainement reçu des excuses et une demande de renforts de la part dudit frère, Roroa n’avait pas encore compris ce qu’elle ressentait à ce sujet.

« Que penses-tu de la lettre, Roroa ? » lui avais-je demandé. « Il y a autre chose derrière tout ça ? »

« Ce n’est pas ça... Je ne pense pas, » déclara Roroa, regardant en l’air après s’être essuyé les yeux avec sa manche.

« Avant... mon fier frère n’aurait jamais pensé envoyer une telle lettre. Il n’était pas du genre à montrer ses faiblesses aux gens. Quelque chose d’important a dû provoquer ça. Je ne pense pas qu’il y ait de mensonges dans ce qu’il a écrit, » déclara Roroa.

« C’est conforme à l’information que nous avons obtenue de Mme Maria, » déclarai-je.

Que ses excuses à Roroa soient sincères ou non, le fait est que le royaume de Lastania devait faire face à une crise de la vague des démons. Si Julius était là, il chercherait des renforts.

Roroa poussa un cri de « unyaaaaagh » et se gratta la tête. « Tout ça a un sens, et c’est ce qui n’a aucun sens ! Pourquoi mon frère froid et rationnel m’envoie une lettre qui sonne si humain ? Il est tellement différent d’avant ! Je soupçonne que c’est un imposteur ! »

« Dans mon ancien monde, il y avait un dicton qui disait : “Ne vois pas un garçon pendant trois jours, et regarde ce qui se passe”. Pendant qu’il errait d’un pays à l’autre, quelque chose a dû changer Julius, tu ne le penses pas ? » demandai-je.

« Es-tu sûr ? Je ne vois pas mon frère changer si facilement que ça..., » déclara Roroa.

Quand Roroa avait dit ça et avait incliné la tête sur le côté, je l’avais serrée contre moi. Son corps était si mince qu’elle s’était glissée dans mes bras. Avec un corps aussi délicat que celui-ci, Roroa avait pris une décision qui décidait du sort de la principauté et de son propre destin. Je m’étais remémoré une fois de plus à quel point elle était une fille incroyable.

« Les gens changent, » déclarai-je. « Rencontrer de nouvelles personnes peut nous changer radicalement. Je n’étais qu’un étudiant, mais j’ai rencontré Liscia, j’ai rencontré Aisha et Juna, je t’ai rencontrée, et la chose suivante que j’étais, c’était un roi gouvernant deux pays. J’ai passé un contrat avec Naden l’autre jour, et maintenant je ne suis pas un chevalier dragon, mais un roi dragon. Le moi d’il y a deux ans n’aurait jamais pu imaginer le moi d’aujourd’hui. »

« Tu es un cas spécial, tu ne crois pas, chéri ? » demanda Roroa.

Roroa avait l’air un peu exaspérée quand elle avait dit ça, alors j’avais ri.

« D’accord, c’est juste. Ma situation était peut-être extrême, mais nous nous influençons tous dans une certaine mesure, grandes ou petites. Il y a des choses qui ont changé chez toi depuis que tu nous as rencontrés, n’est-ce pas, Roroa ? » demandai-je.

« C’est sûr qu’il y en a, » dans mes bras, Roroa avait enfin un peu souri. « Depuis que je t’ai rencontrée, chéri, j’ai pu penser à toutes les choses amusantes qu’on peut faire avec l’argent. Avant cela, tout ce que j’avais le temps de faire, c’était de savoir comment l’utiliser efficacement, ou comment faciliter la vie des habitants de la principauté avec lui. J’ai l’impression que ça a donné un coup de pouce supplémentaire à mon amour des festivals. »

« Est-ce un bon changement ? » lui avais-je demandé.

« J’aime que je sois comme ça, » répondit Roroa.

« Alors c’est bien, » déclarai-je.

Puis Roroa serra les bras autour de ma taille. « Tu crois que mon frère a rencontré quelqu’un comme ça, et c’est ce qui l’a changé ? »

« C’est possible. D’après ce qu’il a écrit, ce serait quelqu’un de la Maison Royale de Lastania, » répondis-je.

« Quoi ? Il est allé se trouver une femme à Lastania ou quoi ? » demanda Roroa.

« C’est un peu grossier, » j’avais légèrement frappé Roroa à la tête. « Tu n’avais pas besoin de le dire comme ça... »

Elle s’était mise à rire.

Eh oui, un sourire semblait à tous les coups mieux sur Roroa que des larmes. Si possible, je voulais qu’elle sourie joyeusement pour toujours.

Pour cela... Je devais faire en sorte qu’elle le puisse.

« Hé, Roroa, » avais-je dit. « Si ça te concerne, pourquoi ne viens-tu pas ? Si c’est le cas, tu verras par toi-même comment Julius est maintenant. »

Ma soudaine suggestion avait fait que les yeux de Roroa s’écarquillèrent.

« Je peux aussi venir ? Je ne te servirai à rien sur le champ de bataille, tu sais ? » déclara Roroa.

« Si c’est la norme que nous suivons, je suis pratiquement inutile aussi, mais... nous allons probablement envoyer des dizaines de milliers de soldats cette fois-ci. Il y a aussi des négociations à mener avec l’Union des nations de l’Est, alors j’ai l’intention d’emmener plusieurs bureaucrates. Aussi... Je pense que je vais amener Tomoe, » déclarai-je.

« Whuh !? Tu emmènes aussi Tomoe !? » Roroa avait réagi avec surprise.

J’emmenais Tomoe, qui n’avait que onze ans, dans un pays limitrophe du Domaine du Seigneur Démon, donc je ne pouvais pas lui en vouloir. Pourtant, c’était absolument nécessaire.

« Nous envoyons des troupes dans les pays limitrophes du Domaine du Seigneur Démon, » expliquai-je. « Nous ne savons jamais quand nous pourrions rencontrer les démons, et si nous le faisons, je ne veux pas rater l’occasion d’établir une communication. Pour ce faire, la capacité de Tomoe est essentielle. C’est peut-être un voyage difficile pour une petite fille comme elle, mais j’ai l’intention de l’avoir à mes côtés. »

J’avais posé ma main sur la tête de Roroa.

« Alors t’emmener n’est pas un problème. Je ne te mettrai jamais en première ligne, bien sûr, alors je suis sûr que tu resteras assise à l’arrière jusqu’à ce que nous puissions nous assurer que la situation soit sûre. Le fait de te prendre mettra plus de pression sur le ministre des Finances Colbert, mais, la situation étant ce qu’elle est, je suis sûr qu’il sera d’accord avec cela. J’ai entendu dire que Julius et lui étaient amis après tout, » déclarai-je.

« Tu es sûr... que je peux venir ? » me demanda Roroa, les yeux tournés vers le haut.

Je lui avais fait un grand signe de tête. « Si c’est ce que tu veux, Roroa. »

« Nyahahaha ! Bien sûr, si mon frère est vraiment ainsi et qu’il a changé, je veux le voir, » Roroa m’avait pris ma main sur le dessus de sa tête et l’avait appuyée contre sa joue. « Merci, chéri. Je t’aime beaucoup. »

« Je t’aime aussi, Roroa. Maintenant, on dirait qu’on va être occupés, » j’avais retiré ma main de la joue de Roroa et j’avais lâché un grand bâillement. « C’est après tout notre premier grand mouvement de troupes depuis un moment. Nous ne pouvons pas prendre beaucoup de temps, mais nous devons nous y préparer convenablement. Décider qui prendre, où placer ceux que nous laissons derrière nous, et aussi préparer les provisions et la logistique. Je suis sûr que je vais devoir appeler tous les principaux membres de la Défense Nationale. »

« Eh bien, on dirait que les choses vont s’animer par ici, hein, » dit Roroa avec un sourire content.

On aurait dit qu’elle redevenait la Roroa habituelle.

Je me sentais soulagé, mais il y avait une chose qui m’inquiétait encore.

« Il va falloir... qu’on en parle à Liscia, n’est-ce pas ? » demandai-je.

« Oh... C’est vrai..., » déclara Roroa.

Peut-être parce qu’elle avait senti ma réticence, Roroa avait aussi un regard de malaise présent sur son visage.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

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