Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 7 – Chapitre 6 – Partie 1

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Chapitre 6 : Un atout pour les négociations

Partie 1

Après avoir remis la gestion du donjon aux militaires de la république, nous nous étions précipités vers la ville de Noblebeppu, où Roroa et Tomoe nous attendaient. C’est là que nous attendaient les pourparlers avec le père de Kuu, le chef de la République de Turgis.

Il avait été convenu que les discussions auraient lieu dans une salle de l’auberge où nous étions logés, avec un nombre très limité de personnes présentes. Il s’agissait du résultat de la prise en compte de la situation turgienne, dans laquelle une réunion plus large exigerait de prendre en considération le temps de passer par un processus avec le Conseil des Chefs.

Nous avions pu rentrer à Noblebeppu à midi le jour des pourparlers. Nous étions restés dans le village de montagne près du donjon une nuit après l’extermination des ogres, puis nous étions partis juste avant l’aube, mais il nous avait fallu tout ce temps pour arriver.

Bien que la situation ait été expliquée à l’autre partie, nous avions dû les faire attendre pendant un certain temps.

Quand j’étais descendu du chariot devant l’auberge, Roroa et Tomoe étaient sorties de l’auberge pour nous accueillir.

« Bon retour, chéri ! » Roroa m’avait appelé. « Tu m’as fait peur. »

« Bon retour parmi nous, » déclara Tomoe. « Je suis contente que tu ailles bien, Grand Frère. »

« Je suis de retour, Roroa, Tomoe, » répondis-je.

Quand je les avais tapotées sur la tête, elles avaient tressailli et souri. En les voyant ainsi, j’étais soulagé d’avoir pu revenir sain et sauf.

Avec l’aide de Dece, Juno et d’autres, on pourrait croire qu’il n’y avait finalement pas eu beaucoup de danger. Mais le fait de voir ces ogres macabres qui semblaient sortir de l’enfer, se régaler de ce qui semblait être de la viande humaine m’avait peut-être fait me sentir un peu faible. Après tout, c’était un spectacle traumatisant.

« Ouf, on est là. » En descendant du chariot, Kuu tourna les bras en rond. « Il est déjà midi, ton roi et mon père ont-ils déjà commencé les pourparlers ? »

Nous, les habitants du royaume, l’avions regardé d’un air vide, mais...

Oh, c’est vrai, tout le monde s’en était vite rendu compte. Les seuls ici qui ne le savaient pas étaient Kuu et Leporina.

J’avais fait un sourire tendu et j’avais dit à Kuu : « Non, pas encore. Après tout, l’un des leaders vient juste d’arriver. »

« Hein ? Qu’est-ce que c’est censé... ? » commença Kuu.

Quand Kuu était sur le point de demander, un groupe d’environ cinq personnes s’était dirigé vers nous depuis l’autre côté du chemin. Celui qui les menait était un singe des neiges corpulent, au visage sévère.

Il s’agissait d’une montagne de muscles. Ses pattes et sa barbe avaient fusionné en une sorte de crinière de lion blanc.

Si Kuu était Sun Wukong, cet homme pouvait s’appeler le Roi Singe. Sa robe blanche et sa cape blanche avec des épaulettes lui donnaient l’air d’être la personne de haut rang qu’il était.

Avec des soldats derrière lui, le grand homme se tenait devant nous.

« Hm ? Tiens, tiens, c’est mon père, » déclara Kuu au singe des neiges. « Qu’est-il arrivé aux pourparlers ? »

Oui, comme je l’avais supposé, ce grand singe des neiges était le père de Kuu, et aussi le chef de la République de Turgis.

L’homme avait ignoré Kuu et s’était tenu devant moi. « Ravi de vous rencontrer, roi de Friedonia. Bienvenue en République de Turgis. Je suis le chef de l’État, Gouran Taisei. »

Sire Gouran avait souri. Puis il avait tendu sa main droite. Il avait un visage sévère, mais avec un sourire courtois.

J’avais pris sa main droite. « Je suis aussi ravi de vous rencontrer, Sire Gouran. Je suis le roi Souma Kazuya du Royaume-Uni d’Elfrieden et d’Amidonia. »

Nous avions rassemblé nos mains gauches et nos mains droites jointes pour une poignée de main à deux mains.

En nous regardant agir ainsi, la bouche de Kuu s’était ouverte comme s’il ne comprenait pas ce qui se passait. Finalement, il avait dû s’en rendre compte dans sa tête, parce que les yeux de Kuu s’étaient écarquillé.

« Quoiiii !? Kazuma est roi !? » s’écria Kuu.

« Actuellement, Kuu, tu es impoli avec Sire Souma, » réprimanda son père.

« Non, c’est de ma faute de n’avoir rien dit, » déclarai-je. « Désolé de ne pas vous l’avoir dit, Kuu. Mon vrai nom est Souma Kazuya. J’ai au moins informé votre chef d’État à ce sujet. »

Une fois que je m’étais excusé d’avoir gardé le secret, Kuu avait poussé un soupir. « Quand je pense que... le type que j’ai croisé dans l’atelier de Taru était le roi d’un pays voisin... »

« Je pourrais dire la même chose, » déclarai-je. « Qui aurait cru que le fils du chef de l’État de ce pays viendrait sur un numoth pendant que je parlais affaires avec Taru ? »

Tu parles d’un heureux hasard. Tout ce qu’on pouvait faire, c’était d’en rire avec ironie.

Sire Gouran, qui nous observait, s’était bien amusé. « Si l’on compte les points, je suis le plus confus de tous. Qui aurait cru que mon propre fils collaborait avec un roi étranger ? De plus, il semble que vous nous ayez aidés à subjuguer les monstres qui se sont échappés d’un donjon. Je vous remercie chaleureusement au nom de mon peuple. »

Gouran inclina la tête. Je sentais qu’il était lié à Kuu en raison de sa posture franche.

« S’il vous plaît, levez la tête, » déclarai-je. « Les monstres dans les donjons sont une menace pour l’humanité entière. C’est comme s’il s’agissait d’une catastrophe naturelle, il est donc tout naturel que j’offre mon aide, que ce soit dans le royaume ou dans la république. »

« Eh bien, je suis reconnaissant de vous entendre dire cela..., » Sire Gouran remarqua Roroa, qui se tenait à côté de moi, et cligna des yeux. « Pardonnez-moi. Ne seriez-vous pas la princesse Roroa d’Amidonia ? »

« Oui, Seigneur Gouran. Je suis Roroa Amidonia, » Roroa souleva l’ourlet de son manteau et fit une révérence.

Pendant un moment, ce geste avait été fait avec tant de raffinement que j’avais dû me demander si elle était vraiment Roroa. Avait-elle fait disparaître son argot marchand habituel et avait-elle répondu poliment parce qu’il était le représentant d’une nation ?

Pour nous, qui connaissions la Roroa habituelle, elle ressemblait à un petit tanuki jouant les innocents...

« Savez-vous qui je suis, Seigneur Gouran ? » avait-elle demandé.

« Nous ne nous connaissons pas directement, mais vous m’avez rappelé votre mère, » déclara-t-il.

« Ma mère ? » Roroa inclina la tête sur le côté.

Si je me souviens bien, la mère de Roroa était décédée quand elle était petite, n’est-ce pas ? Je m’en étais souvenu parce que lorsque nous avions organisé des funérailles pour Gaius, il avait été enterré dans la tombe de la famille princière, où sa femme avait déjà été enterrée.

Avec un rire chaleureux, Gouran continua. « Quand j’étais jeune, il n’y avait que des escarmouches mineures, mais j’ai croisé ma lame avec l’armée amidonienne à plusieurs reprises. Dans ce processus, j’ai recueilli des informations sur Amidonia. Vous savez, Sire Gaius était un adversaire redoutable. Rien n’aurait pu être plus gênant. »

« Je... Je vois..., » Roroa avait eu du mal à donner une réponse adéquate.

Il y avait eu un désaccord entre elle et son père. Quand quelqu’un riait et lui racontait des choses à son sujet qui pouvaient être des compliments ou des insultes, elle ne devait pas savoir comment réagir.

Sire Gouran avait continué malgré la réaction de Roroa. « J’ai entendu dire que votre mère était une personne si joyeuse qu’elle pouvait rire du visage sévère de Sire Gaius. J’ai aussi entendu parler de la façon dont vous vous êtes mariées, vous et votre pays avec vous, au roi Souma. Vous avez dû hériter de son audace. »

« Je-Je vous remercie..., » Roroa répondit, en me lançant un regard qui criait, chéri, aide-moi !

Elle semblait troublée par le fait qu’il soulevait des sujets gênants auxquels il lui était difficile de répondre et qu’en vérité, il le faisait apparemment sans mauvaise intention.

Contrairement à Roroa, j’avais été impressionné par Sire Gouran. Même s’il vivait dans ce pays fermé, il n’avait pas été laxiste dans la collecte d’informations sur le monde extérieur.

Eh bien ! À part ça, Roroa était proche des larmes, alors j’avais décidé d’aider à ce moment-là.

« Sire Gouran, devrions-nous commencer les pourparlers maintenant ? » demandai-je.

« Oh, désolé, j’ai été impoli, » déclara Sire Gouran avec une expression extrêmement sérieuse. « Je sais que les pourparlers étaient prévus pour aujourd’hui, mais entre l’asservissement des ogres et le voyage, vous devez être fatigué. S’il vous plaît, détendez-vous pour aujourd’hui, et nous tiendrons les pourparlers demain. »

« ... Eh bien, d’accord, » avais-je dit. « Je vous serais reconnaissant si nous pouvions le faire de cette façon. »

Je ne voulais pas précipiter les négociations, je voulais qu’on prenne notre temps. Et c’était vrai que j’étais fatigué. J’avais donc décidé d’accepter l’offre de Sire Gouran.

Nous restions dans l’auberge, et Sire Gouran et son entourage restaient dans la villa où Kuu avait séjourné près d’ici.

Alors, demain, nous réserverions toute l’auberge pour la réunion.

C’est ici que tout serait décidé.

 

☆☆☆

Cette nuit-là, j’avais utilisé le joyau que j’avais apporté en secret pour contacter Hakuya se trouvant dans la capitale de Parnam. Quand j’avais expliqué la situation à Turgis...

« Franchement... à quoi pensiez-vous ? » demanda-t-il, exaspéré. « Il devrait être impensable pour le roi d’une nation d’aller tuer des ogres. »

C’était la première chose qui était sortie de la bouche de Hakuya.

« Eh bien, je pensais que je devais..., » commençai-je.

« Il semblerait qu’une réprimande de Lady Liscia soit inévitable à ce stade, » poursuit-il.

« Argh... Liscia est-elle là aussi ? » avais-je demandé avec hésitation, mais Hakuya secoua la tête.

« Non. Lady Liscia est déjà allée se reposer dans le domaine du Seigneur Albert, » répondit Hakuya.

« Dieu merci... Je ne voudrais pas l’inquiéter maintenant, » déclarai-je.

Elle portait notre enfant. Je ne pouvais pas me permettre de l’inquiéter indûment.

Mais c’était vraiment dommage de ne pas voir le visage de Liscia et de ne pas entendre sa voix. Je voulais la remercier directement d’avoir eu notre enfant. J’avais l’impression d’être un père qui vit loin de sa famille à cause des affaires.

Hakuya avait l’air exaspéré. « Si vous le savez, je veux que vous soyez prudent. Vous serez bientôt père, Votre Majesté. »

« Je vais prendre ça à cœur..., » déclarai-je.

Il n’y avait rien d’autre que je pouvais dire en réponse. Je devais être honnête avec moi-même et y réfléchir. Cela dit, si je rencontrais une situation identique à l’avenir, je ne savais pas vraiment si je pouvais être prudent ou non.

« Alors, comment se passe le plan de votre côté ? » lui avais-je demandé.

« J’ai déjà reçu l’assentiment de l’autre partie. Les préparatifs sont terminés, mais... Que pensez-vous de Sire Gouran, Sire ? » demanda-t-il.

« Qu’est-ce que vous voulez dire exactement ? » demandai-je.

« Pensez-vous que les pourparlers seront un succès ou non ? » demanda-t-il.

J’y avais un peu réfléchi. Je m’étais souvenu de ce que j’avais vu de Sire Gouran aujourd’hui.

« Il a l’air rude, mais je pourrais aussi voir un côté plus sensible chez lui. Il a l’air d’un guerrier, mais ce n’est pas tout. Si on le sous-estime, il en profitera. Ce n’est pas pour rien le chef d’une nation, » déclarai-je.

« Sire... pour que les négociations se déroulent sans heurts, vous vouliez démontrer la puissance de notre nation, n’est-ce pas ? » demanda-t-il.

« Pour nouer des relations amicales, je veux leur montrer les mérites d’une alliance avec nous, et les démérites de faire de nous un ennemi. Mais à première vue, il ne va pas se laisser intimider par n’importe quoi. Raison de plus pour que le tour que vous avez mis en place soit utile, » répondis-je.

J’avais souri.

« S’il vous plaît, n’y allez pas demain avec ce regard sur votre visage. » Hakuya soupira d’exaspération.

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