Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 4 – Chapitre 2 – Partie 2

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Chapitre 2 : Une histoire concernant l’utilisation de crevettes comme appât pour attraper une dorade, mais au lieu attrape un requin

Partie 2

Un mois plus tôt, quand la Cité de Van avait été redonnée à Amidonia...

Julius avait repris la capitale de la principauté, Van, et la zone autour d’elle en empruntant l’influence de l’Empire Gran Chaos. Il était retourné à Van afin de succéder à son père, Gaius VIII, en tant que le Prince Souverain d’Amidonia.

La première chose que les fidèles proches de Julius pensaient faire après être devenus le nouveau souverain était d’enlever toute trace de l’influence d’Elfrieden.

« Il y a eu une dégradation effroyable de la morale publique à Van, » avait dit l’un d’eux avec raideur.

« En effet, » un autre avait convenu de ça. « L’atmosphère austère présente lors de la vie du Seigneur Gaius est la plus appropriée pour notre principauté. Nous devrions réprimer tout ça. »

« Pourquoi ne pas commencer par démanteler le bidonville bâti autour de la place où sont affichées les images du Joyau de Diffusion de la Voix ? » déclara un autre de ses fidèles.

Julius écouta cela en silence, les yeux fermés, tandis que ses serviteurs le poussaient à ramener la ville à son état antérieur. En ce moment, les paroles de cet homme étaient en train de traverser son esprit.

« Si les personnes étouffaient sous le joug de mon oppression, pensez-vous qu’elles voudraient rendre leurs toits et leurs murs plus colorés ? »

Il s’agissait des mots utilisés par Souma Kazuya lorsqu’il lui avait parlé l’autre jour.

« Si un dirigeant est oppressif, les personnes vont essayer d’agir d’une manière qui ne se démarque pas des autres. C’est ainsi, car s’ils devaient attirer l’attention en faisant quelque chose de voyant, on ne sait pas quel genre de catastrophe leur arriverait. Donc, plus les personnes sont opprimées, et moins vous les entendrez se plaindre. Elles ne montrent pas leurs sentiments ou leurs mentalités, gardant leurs véritables sentiments enfouis profondément dans leurs cœurs. Elles ne rêveraient jamais de faire quelque chose comme peindre leurs toits et leurs murs avec des couleurs voyantes. »

Pourquoi..., pourquoi est-ce que je me souviens de ses paroles maintenant... ? Les mots de son ennemi tant détesté avaient poignardé la poitrine de Julius.

« Maintenant, dites-moi, de quelle couleur étaient les couleurs de Van quand vous et votre père étiez là ? » Souma lui avait demandé ça.

Tais-toi ! Julius s’écria intérieurement. Je n’ai pas besoin de toi pour me le dire. Notre Maison Princière a toujours pensé à son peuple.

« Ne l’êtes-vous pas vraiment ? »

Hein !?

Cette dernière voix n’était pas celle de Souma. C’était sa propre voix.

... Est-ce ainsi que ça s’est passé ? Sa propre voix continua.

Il s’agissait d’une question simple. Ce n’était pas que les paroles de Souma avaient fait écho dans son esprit, c’était simplement que Julius lui-même s’était demandé par rapport à ça. Il réfléchissait si ses décisions étaient bonnes ou non.

Julius avait été le prince héritier jusqu’à l’autre jour, et Gaius VIII avait été le seul à prendre toutes les décisions importantes sur les questions de l’État. Du point de vue de Julius, il n’avait fait que suivre les ordres de Gaius.

Cependant, maintenant qu’il était assis sur le trône en tant que Prince Souverain, et il serait obligé de prendre des décisions qui décideraient du sort de la nation à l’aide de ses propres choix. Julius avait, pour la première fois, été libéré du joug de son père, et il commençait à chercher diverses informations.

Julius partageait le point de vue idéologique de Gaius sur l’armée, mais il n’était pas aussi impulsif que son père. Il était le genre intelligent qui pouvait penser en profondeur. Il prendrait des décisions après avoir examiné les diverses circonstances dans lesquelles il se trouvait. Sur ce point, il était plus proche de sa jeune sœur Roroa que de Gaius.

Roroa, hein... Je me demande où elle est et ce qu’elle fait maintenant, se demanda-t-il. Où était sa sœur, qui s’était évaporée avec un groupe sélectionné de bureaucrates avant qu’Elfrieden ait occupé la ville ?

Quand il se surprit à penser ça, Julius ne put s’empêcher de se moquer un peu de lui. Ils ne s’étaient jamais entendus. En plus, il se méfiait qu’elle devienne un jour son adversaire politique. Il était maintenant un peu tard pour s’inquiéter de sa sécurité.

« Votre Altesse ! » Un serviteur avait crié, interrompant ses pensées.

Ramené à ses sens, Julius avait pris une lourde décision. « Très bien. Nous devons supprimer l’influence du royaume. »

« « « Oui, Sire ! » » »

Après avoir reçu leurs ordres, ses subordonnés l’avaient salué et avaient ensuite quitté le bureau des affaires gouvernementales.

En fin de compte, Julius décida de faire abattre et détruire les nombreux changements apportés sous la domination du royaume afin que la principauté puisse revenir à son état antérieur. Il voulait éliminer l’héritage de l’administration précédente au profit de la nouvelle. Ceci aurait dû être la bonne ligne de conduite. Vous pourriez penser qu’il y avait des façons plus calmes de l’avoir fait, mais aucune de celles-là n’était disponible pour Julius.

En ce moment, avant toute autre chose, j’ai besoin de retrouver mon autorité en tant que Prince Souverain, pensait-il.

Les transferts de pouvoir devraient être effectués pendant que l’ancien souverain était toujours en vie et avec un protecteur approprié en place. Quand cela n’était pas fait ainsi, les vassaux rabaisseront le nouveau dirigeant pour sa jeunesse. Plus un pays était fortement autoritaire, plus ce processus de renforcement du soutien devenait important. Cependant, Gaius était mort dans la guerre, et ainsi Julius avait été forcé de devenir prince sans pouvoir consolider sa position. C’est pourquoi il avait d’abord cherché à centraliser le pouvoir autour de lui. Pour cela, il avait besoin d’effacer la valeur de tolérance d’Elfrieden présent dans la diversité de Van.

« Oui... même si on m’appelle un oppresseur, » murmura Julius, portant une expression qui montrait sa tragique détermination.

Tout d’abord, Julius avait émis une ordonnance interdisant de regarder les émissions envoyer par le Joyau de Diffusion de la Voix à quiconque dans tout Amidonia

Avec le joyau de diffusion d’Amidonia ayant été conservé par le royaume, les seules émissions que les habitants pourraient voir viendraient directement du royaume. Naturellement, les étals qui avaient été installés à Van pour les personnes qui regardaient le Joyau de Diffusion de la Voix avaient été enlevés de force. C’était plus facile que prévu, parce que les marchands avaient mystérieusement disparu quand Julius était revenu au pouvoir, donc c’était simplement le fait de démonter leurs étals abandonnés.

Comment les habitants de Van avaient-ils vu Julius alors qu’il démolissait les étals de la place qui était déjà devenue leur marché ?

De plus, comme Souma l’avait anticipé, Julius et son peuple avaient démoli les ponts qui portaient son nom et les noms de ses partisans. Il était inévitable qu’il doive démolir tous les ponts qui longeaient la route que le royaume avait l’habitude d’envahir, mais c’était une pure folie de détruire les autres ponts « parce qu’ils étaient construits par le royaume ». Les ruptures dans le réseau de transport pouvaient être une question de vie ou de mort pour les habitants.

En dehors de ça, il ne distribuait pas la nourriture comme le royaume l’avait fait, et sévissait sévèrement sur les violations de la moralité publique. En particulier, il avait interdit aux femmes de s’habiller, il avait interdit les mouvements artistiques qui avaient infesté Van, et encore beaucoup plus de choses. Il était même allé jusqu’à ordonner de raser les maisons qui avaient des images de Lorelei sur elles.

Les habitants de Van, qui avaient maintenant les libertés qui leur avaient été enlevées, avaient alors dit :

« C’était bien mieux sous le règne du Roi Souma. »

« Nous n’avons pas eu à traverser cette douleur et cette souffrance quand nous étions un territoire du royaume. »

« Avec le royaume, nous avions pu nourrir correctement les enfants. »

« Pourquoi le Seigneur Julius se soucie-t-il moins de son propre peuple qu’un roi d’un autre pays ? »

« Pensez-vous que Sa Majesté le Roi Souma reviendra un jour occuper Van ? »

Et ils avaient tourné un œil rancunier vers le château de Van.

Certaine des choses dont ils étaient irrités n’était pas la faute de Julius. Pour commencer, il y avait une différence de taille entre le territoire et l’économie du Royaume d’Elfrieden et de la Principauté d’Amidonia. Si vous demandiez si la principauté serait capable de fournir le même niveau d’aide que le royaume avait fait alors la réponse serait non. Cependant, les gens ordinaires ne savaient pas ça. En fin de compte, plus Julius essayait de gommer l’influence du royaume dans Van, et plus le cœur des habitants s’éloignait de lui.

Maintenant, quant à la façon dont les zones autres que Van ressentaient ça, les choses ne se passaient pas bien pour eux là-bas. Parce que, comme déjà notée, la mort soudaine de Gaius signifiait que le transfert de pouvoir n’avait pas été correctement géré, et Julius était pris à la légère par les seigneurs d’Amidonia.

C’était venu sous deux formes.

La première était : qui se soucie de la Maison Princière ? Pourquoi devrais-je incliner la tête face à ce morveux ? Certains le regardaient de haut.

La seconde était : ce jeune n’est pas fiable ! J’ai besoin de me défendre par moi-même ! Le genre d’attitude qui ne voulait pas traiter avec lui.

La majorité des nobles et des chevaliers qui possédaient des terres à Amidonia étaient tombés dans cette dernière catégorie.

Pour commencer, dans un pays sous le système féodal, la fidélité était présente envers son suzerain en échange de garanties sur la terre et la propriété. Si le suzerain n’avait pas le pouvoir de fournir ceux-ci, les vassaux devraient défendre eux-mêmes leurs terres et leurs biens. Ils en viendraient à agir non au bénéfice de leur suzerain, mais pour leur propre survie.

Souma avait dit à Julius : « Ceux qui acquièrent difficilement une principauté la garderont facilement. Ceux qui acquièrent une principauté sans difficulté auront du mal à la conserver », paraphrasant les paroles de Machiavel. Comme on pouvait s’y attendre, Julius, qui avait utilisé l’influence de l’Empire pour retrouver Van avec aisance, avait du mal à gouverner.

Il y avait aussi des histoires qui semblaient emblématiques concernant l’effondrement de sa base de pouvoir.

Comme déjà mentionné, Julius avait émis une ordonnance interdisant aux habitants de regarder les émissions provenant du Joyau de Diffusion de la Voix, mais cet ordre avait été suivi seulement dans les zones proches de Van. Partout ailleurs, les habitants avaient apparemment dit : « Qui se soucie de ce que dit un certain ordre provenant de la capitale ? » et ils avaient continué à regarder les émissions.

Quand la confiance dans le centre était ébranlée, chaque ville commençait à rassembler des soldats et des mercenaires pour leur propre usage. Si vous considérez cela, à cette époque, le royaume abolissait les armées des nobles et des trois ducs, créant une Force de Défense Nationale Unifiée. Ainsi, ici c’était un mouvement dans la direction opposée du Royaume.

Le fait que chaque petit seigneur levait sa propre armée était quelque chose que Julius n’aurait pas dû tolérer, mais s’il les empêchait de faire ça, il y avait le risque que les seigneurs se liguent ensemble et se révoltent contre lui.

Cependant, en regardant le résultat final, c’était une chance de laisser le pus sortir. Machiavel aurait fait remarquer que c’était précisément le moment où la cruauté aurait dû être utilisée. Même si cela se traduisait par une révolte, il pouvait éliminer les forces hostiles et intimider ceux qui hésitaient à s’engager à ses cotés à se mettre en ligne.

Cependant, Julius n’avait pas fait ça.

Peut-être était-il le genre à laisser tranquilles les chiens endormis. Ou alors, il ne voulait pas perdre plus de main-d’œuvre quand elle avait déjà été réduite par la guerre. Il n’y avait aucune chance de connaître ses raisons sans lui demander.

Et donc... ce manque de planification était son premier pas dans le bourbier.

Il y a un mois, il y avait eu un soulèvement populaire dans le nord-ouest d’Amidonia.

Cela avait commencé avec des émeutes concernant la pénurie alimentaire.

Cela s’était aussi passé dans le royaume, mais la crise alimentaire s’était aggravée au fur et à mesure que vous vous rendiez dans les zones rurales. Il semblerait que le nord-ouest de Van ait été particulièrement touché, et que des « centaines » ne suffisaient plus pour compter le nombre de morts dû à la famine.

Les habitants du domaine s’étaient tournés vers leur seigneur pour avoir de l’aide, mais le seigneur avait refusé. Parce qu’il avait rassemblé des troupes personnelles, le peu de nourriture qu’il avait dans ses greniers était utilisé pour les maintenir.

L’attitude du seigneur avait fait exploser la colère du peuple, et ils avaient attaqué son manoir. Le seigneur devait donc utiliser les troupes qu’il avait rassemblées contre les habitants de son propre domaine, qu’il avait enragés par son attitude.

Qui plus est, les soldats étaient en grande partie des habitants de son domaine qui avaient eux-mêmes raté beaucoup de repas. Quand ils furent confrontés à des personnes en colère du même domaine, ils avaient rapidement abandonné leurs postes et s’étaient dispersés.

Le seigneur avait réussi à s’échapper de justesse et avait voyagé après ça jusqu’à la capitale princière, Van, où il avait exigé que Julius réprime les émeutes.

Julius avait ensuite réfléchi à la demande. Si les émeutes se prolongeaient, il y avait le risque que les flammes se propagent à d’autres zones où l’insatisfaction couvait. D’ailleurs, s’il faisait preuve de force ici, les nobles tomberaient sans doute dans le rang.

Après avoir fait ce jugement, Julius mena lui-même les forces régulières afin de réprimer la rébellion. Les paysans avaient peut-être été en colère, mais ils n’étaient pas à la hauteur des forces régulières, et la rébellion avait été progressivement réprimée.

Dans les villages du nord-ouest, l’horrible vue des cadavres d’émeutiers paysans couchés dans les rues s’était répandue.

Julius était sur le point de mettre fin à sa répression de la rébellion dans le nord-ouest, mais un autre rapport encore plus surprenant était arrivé.

Les habitants de Van, qu’il avait été laissé vacant, s’étaient soulevés et avaient occupé la capitale. De plus, ils avaient envoyé des messagers au Royaume d’Elfrieden pour leur prêter allégeance et demander des renforts, et le royaume avait accepté leur demande et il avait envoyé immédiatement ses armées.

En d’autres termes, Van avait été réoccupé.

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6 commentaires

  1. kurokagespirit

    Merci pour le chapitre.
    PS:Sur ce coup ci Julius ne pourras même pas demander l'aide de l'empire vu que la force n'a pas été utilisé... Trop drôle ! J'ai éclaté de rire !!

  2. Ahah génial, mais en même temps j'ai un peu pitié de Julius maintenant

  3. Merci pour le chapitre

  4. Merci pour le chapitre.

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