Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 3 – Histoire courte en prime 1

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Histoire courte en prime : Le pacte secret d’Aisha et Juna

— Fin du 10e mois, 1 546e année, Calendrier Continental — Château de Parnam

« Aisha, puis-je vous demander de mettre cette commode ici, s’il vous plaît ? » demanda Juna.

« Compris, » répondit Aisha.

Aisha plaça lentement la commode qui était plus grande qu’elle dans le coin de la pièce. Même après avoir porté seule une commode assez lourde pour faire trembler la pièce quand elle l’avait posée, Aisha n’était même pas légèrement essoufflée.

Juna avait fait un sourire désolé à Aisha. « Merci. Et aussi... Je suis désolée. Je ne devrais pas vous obliger à faire ça, à vous qui serez la deuxième reine primaire de Sa Majesté. Vous m’aidez dans mon déménagement... »

Aisha avait ri. « Hahaha, ce n’est pas assez de poids pour me causer de vrais soucis. En outre, Madame Juna, vous serez aussi l’épouse de Sa Majesté un jour, de sorte que nos positions sont égales. »

C’était arrivé il y a quelques jours. Elles étaient toutes les deux fiancées au roi Souma Kazuya d’Elfrieden. Actuellement, seules ses fiançailles avec Aisha avaient été rendues publiques, mais il avait été décidé que ses fiançailles avec Juna seraient annoncées lorsque son travail comme idole serait dans une situation qui serait propice.

Cependant, annoncé ou non, c’était un fait qu’elles étaient ses fiancées, et ainsi une chambre avait été faite au Château de Parnam pour Juna. Pourtant, s’il avait engagé des accompagnateurs supplémentaires pour l’aider, il y aurait eu un risque que les détails de leurs fiançailles soient divulgués au public, alors Aisha utilisait sa force pour l’aider dans son déménagement.

« C’est tout, je crois. Faisons une pause, » suggéra Juna.

« D’accord, » répondit Aisha.

Elles s’assirent après ça toutes les deux à une table et demandèrent à l’un des domestiques qui attendaient dans le couloir d’aller chercher de l’eau bouillante. Juna transféra l’eau que la servante apporta dans une théière en verre avec des feuilles de thé, puis attendit un peu avant de verser deux tasses de thé.

« J’ai reçu de la tisane au Lorelei, le café chantant où j’étais hébergée avant, comme cadeau d’adieu, » déclara-t-elle. « Bien que ce ne soit pas comme si j’allais quitter Parnam. »

« Madame Juna, allez-vous vivre au château à partir de maintenant ? » demanda Aisha.

« Oui. » Juna acquiesça. « C’est proche du studio du Joyau de Diffusion de la Voix, et de plus... si je dois servir d’intermédiaire entre Sa Majesté et Grand-mère, il me semble qu’il vaille mieux que je sois aux côtés de Sa Majesté le plus souvent possible. »

« Hmm... Est-ce vraiment tout ce qu’il y a comme raison ? » Aisha demanda avec un sourire significatif en savourant son thé.

Juna avait abandonné et avait avoué en riant. « Bien sûr, même si je n’avais pas ces raisons, je voudrais être aux côtés de Sa Majesté. »

« Hourra, hourra ! » Aisha sourit, ayant entendu exactement ce qu’elle voulait entendre.

Juna déposa sa tasse de thé, posant ses coudes sur la table en regardant Aisha. « Aimez-vous vraiment Sa Majesté ? »

« Bien sûr, » répondit Aisha. « Le jour de notre première rencontre, j’ai juré corps et âme à Sa Majesté. »

« Mais n’était-ce pas un serment de loyauté en tant que guerrière elfe sombre ? Quand avez-vous commencé à le considérer comme un homme ? » demanda Juna.

« Cela devait être... quand le désastre a frappé la Forêt Protégée par Dieu, » répondit Aisha avec un regard de tendre nostalgie. « Je suis assez confiante en ma propre force quant au fait que je ne perdrais pas contre n’importe quel homme. »

« Je sais. J’en suis bien consciente, » Juna hocha la tête. Il aurait été juste d’appeler Aisha la plus forte du royaume. Ce n’était pas seulement qu’elle ne perdrait pas dans un concours de force contre n’importe quel homme, mais c’était aussi le cas en combat singulier. Aisha pouvait submerger même les vétérans aguerris au combat.

Aisha secoua la tête en silence. « Pourtant, là, ma force ne signifiait presque rien. Alors que mes capacités martiales me permettaient de me frayer un chemin à travers n’importe quel bain de sang, j’étais impuissante devant la puissance de la nature. Quand le village m’a appris la nouvelle, je suis restée là sans savoir quoi faire. C’est alors que Sa Majesté a dit. “Laissez-moi faire !”, » déclara Aisha avec un large sourire. « Il a dit “Je n’ai aucune force, mais je suis en mesure de faire bouger beaucoup d’individus.” Et “S’il y a des vies qui peuvent être sauvées, alors je vais en sauver autant que je le peux”. L’homme que je croyais plus faible que moi, qui avait besoin de ma protection, était plutôt celui qui me protégeait. Cela m’a rendue si heureuse, et il était si fiable... Je me suis accrochée à la poitrine de Sa Majesté et j’ai pleuré. »

« Oui... Je comprends pourquoi vous êtes tombée amoureuse de lui. » Juna était satisfaite. Quelqu’un qu’elle croyait plus faible qu’elle avait montré qu’il était fort d’une autre manière et il avait été capable de la protéger. C’était aussi ce qui avait convaincu Aisha.

« Je voudrais aussi vous poser la même question, Madame Juna, » déclara Aisha. « Vous avez été envoyée par la Duchesse Walter comme agent de liaison, n’est-ce pas ? Vous étiez en contact avec Sa Majesté dans le cadre de votre mission, alors quand êtes-vous venue à désirer ardemment être avec lui ? »

« C’est une bonne question, » dit Juna. « Je pense que dans mon cas, j’ai été attiré par la faiblesse de Sa Majesté. »

« Sa... “Faiblesse” ? » demanda Aisha.

« Oui. Juste avant de lancer l’ultimatum, Sa Majesté se mettait à rude épreuve, » déclara Juna.

Aisha avait séjourné dans la Forêt Protégée par Dieu pendant ce temps, elle n’en avait entendu parler que par les autres, mais elle savait que Souma se sentait épuisé par le conflit à venir avec les trois ducs et la Principauté d’Amidonia.

« Malgré cela, il faisait une belle façade au profit de la princesse Liscia, » poursuit Juna. « Il n’a pas dû vouloir lui montrer sa faiblesse. Le fait de regarder Sa Majesté travailler pour porter le lourd fardeau de gouverner le pays, même avec cette fragilité... J’en suis venue à penser, que ce soit en tant qu’agent de liaison ou non, que je voulais être là pour l’appuyer. »

« Je vois... Ça vous ressemble beaucoup, madame Juna. » Aisha fit un signe de tête satisfait et mit un biscuit à thé dans sa bouche. « Mmf, qu... d j’y p... s de ce.. e f... on... »

« Je ne comprends rien de ce que vous essayez de dire, alors continuez quand votre bouche sera vide, » déclara Juna.

« ... Excusez-moi, » dit Aisha. « Mais quand j’y pense de cette façon, c’est assez mystérieux. Nous aimons toutes les deux le même homme, et pourtant je suis tombée amoureuse de lui pour sa force, tandis que vous êtes tombée amoureuse de lui pour sa faiblesse. »

« C’est tout à fait naturel, » déclara Juna. « Les individus ont autant de visages que la lune dans le ciel nocturne. Un visage fort, un visage faible, un visage doux, un visage cruel... Je suis sûre que si on demandait à Liscia, il y a de fortes chances qu’elle soit tombée amoureuse d’un autre de ses visages. »

« Hee Hee. Je suis sûre que vous avez raison, » déclara Aisha en souriant. Mais elle avait soudain fait une expression sérieuse, se penchant de près et chuchotant à Juna, « D’ailleurs, comme nous sommes déjà seules, j’aimerais parler de ce sujet. »

« “Ce sujet” ? Qu’est-ce que vous voulez dire ? » demanda Juna. Rien ne lui vint à l’esprit, mais elle répondit en chuchotant, prise dans l’atmosphère conspiratrice.

Les yeux d’Aisha s’écarquillèrent, comme pour dire : « Avez-vous oublié ? »

« C’était quand je suis allée à Parnam avec Sa Majesté ! » déclara-t-elle. « Cette fois, quand on est allés au Lorelei, vous me l’avez dit, vous en souvenez-vous ? Quand j’ai demandé : “Si nous étions huit, pensez-vous que nous ne pourrions avoir Sa Majesté qu’un seul jour par semaine”, vous avez répondu : “Si nous nous invitons l’une et l’autre pendant nos journées, nous pourrons avoir plus de temps avec lui”. »

« Ah..., » s’exclama Juna.

Maintenant que vous le dites, je l’ai dit, n’est-ce pas, Juna se souvient. C’était quelque chose qu’elle avait dit à Souma pour qu’elle l’entende, une petite blague pour faire battre son cœur, mais apparemment Aisha avait pris cette proposition au sérieux.

« Mais, même en m’incluant, il n’a que trois fiancées, non ? » déclara Juna. « Vous aurez plus d’un jour par semaine... »

« Non. Sa Majesté est le roi, donc je suis sûre qu’il finira par prendre d’autres épouses pour des raisons politiques, » déclara Aisha. « Ça ne fait pas de mal d’y penser maintenant. »

« ... Je suppose que vous avez raison, » déclara Juna.

Juna avait convenu que plus elle pouvait passer de jours avec Souma, mieux c’était. Plutôt que d’être optimiste quant à l’avenir, il serait préférable qu’elle soit toujours à la recherche de cartes à jouer. C’est quelque chose qu’elle avait appris de l’homme qui sera bientôt son mari.

« Mais vous voudrez des jours où vous l’aurez pour vous toute seule, n’est-ce pas, Madame Juna ? » demanda Aisha.

« Oui. Et si on prenait en considération notre propre condition physique et qu’on planifiait un emploi du temps ensemble..., » répondit Juna.

 

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Ces pourparlers secrets s’étaient poursuivis tard dans la nuit.

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