Genjitsushugisha no Oukokukaizouki – Tome 3 – Chapitre 3 – Partie 1

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Chapitre 3: Négociations

Partie 1

— 20e jour du 10e mois de l’année 1546 du Calendrier Continental — Château de Van

« Maintenant... J’arrive, Sire ! » cria Aisha.

« Allez-y, épatez-nous, Aisha ! » ai-je répliqué.

Nous étions aux terrains d’entraînement se trouvant à l’intérieur du Château de Van. Dans cet environnement, qui était à ciel ouvert comme l’aurait été un champ de tir à l’arc au Japon, je me tenais face à une Aisha entièrement équipée. Dans son armure légère habituelle, Aisha avait pris position avec sa grande épée pointée vers moi. J’avais des poupées Petit Musashibo de taille moyenne avec moi. (Ceux qui étaient de la taille d’un jouet étaient petits, alors que ceux qui étaient assez grands pour s’adapter à une personne étaient appelés grands.) Cinq de ces poupées de taille moyenne (ci-après dénommé A-E) me protégeaient.

En bordure de vue, je voyais l’arbitre, Liscia, lever la main droite.

À l’instant suivant, Aisha avait fait une grande frappe vers le bas avec son épée. Et une onde de choc clairement visible s’était élevée vers moi et le Petit Musashibo.

J’avais fait placer à l’avant le Petit Musashibo A (équipé d’un bouclier dans les deux mains), en ayant mis en place ses boucliers. Au moment où l’onde de choc nous avait frappés, il y avait eu un clang incroyable, mais en quelque sorte, le Petit Musashibo A avait réussi à rester en place.

« Ce n’est pas encore fini ! » cria Aisha.

Il n’y avait même pas de délai d’attente pour pouvoir reprendre mon souffle. Aisha se tourna sur le côté, tout en gardant la lame de son épée pointée dans ma direction, puis elle poussa de toutes ses forces. Le Petit Musashibo A avait tenté de placer ses deux boucliers superposés afin de se défendre, mais l’attaque d’Aisha avait frappé avec la force d’un bélier, perçant les deux boucliers et le Petit Musashibo A.

Uwah... Elle peut percer deux épais boucliers... ? J’étais presque stupéfaite par la quantité absurde de puissance qu’elle avait, mais Aisha arrêta momentanément de se déplacer.

Alors que je pensais que c’était une chance de gagner, j’avais envoyé le Petit Musashibo B (équipé de deux épées) et le Petit Musashibo C (équipé d’une lance) pour l’attaquer des deux côtés.

Aisha avait alors enfoncé son épée, ce qui empala dans le sol le Petit Musashibo A. Puis elle l’utilisa afin de s’élever dans les airs comme si s’agissait de la roue d’une charrette.

Aisha se tenait sur ses mains au sommet de la poignée de son épée.

« Voilà ! » criai-je.

Avec les deux autres Musashibos restants, le D et le E (tous deux équipés d’arbalètes), j’avais tiré sur Aisha, qui ne pouvait sans doute pas manœuvrer avec les pieds ne touchant plus le sol. Les deux carreaux furent tirés pile vers Aisha.

« Ce n’est pas assez ! » déclara Aisha.

Toujours attachée à sa grande épée qui la maintenait en l’air, Aisha avait fait quelque chose de semblable à l’un de ces coups de pied de capoeira où vous vous tenez sur vos mains (je ne connais pas le nom exact pour eux), en faisant tourner ses pieds et en donnant des coups de pied directement dans les carreaux alors qu’ils volaient vers elle.

« Ho ! » dis-je.

Avec un son de splash, un léger impact sur mon front avait envoyé ma tête en arrière.

Au milieu de mon front, il y avait une boule d’argile écrasée de la taille d’une pièce de 10 yens. Si cela avait été un couteau de lancer ou une pierre, je serais instantanément mort.

Eh bien, il s’agissait d’un match d’entraînement, les carreaux n’avaient pas de pointe de flèches, et nous utilisions de l’argile au lieu de pierres, donc aucun d’entre nous ne pouvait être tué, mais quand même, le fait de perdre était déprimant.

Je m’étais alors assis, abattu.

« Ha ! Merde... Je ne suis même pas un adversaire valable pour vous, n’est-ce pas, » dis-je.

« C-Ce n’est pas vrai..., » bégaya Aisha, essayant en toute hâte de me rassurer.

« Aisha, une analyse précise de sa force de combat est importante, alors vous devriez être honnête avec lui, » déclara Liscia.

Elle avait raison. Je cherchais en ce moment un style de combat qui me convenait. En tant que roi, j’étais en mesure d’être protégé, mais cela ne me ferait pas de mal de pouvoir me protéger, surtout si jamais cela devenait nécessaire. Car après tout, je m’étais tiré de justesse face à Gaius lors de la bataille que j’avais faite il y a pas longtemps.

« Liscia a raison, » dis-je. « Soyez franc avec moi. »

« E-Eh bien, dans ce cas... cela peut sembler dur à entendre, mais même si vous avez fait augmenter les capacités de vos poupées dans des groupes d’aventuriers, elles ne se sont pas si fortes que ça, » déclara Aisha. « J’ai l’impression que si vous leur donniez deux épées et que vous leur aviez demandé de se précipiter sur moi, cela aurait été plus difficile pour moi de traiter avec eux. »

J’avais alors réfléchi à ce qu’elle venait de me dire. « Mes tactiques, Hmm... mais ne les avez-vous pas également bloquées quand je l’ai faite avant ça ? »

« Je suppose que cela signifie que ce que vous auriez pu faire était encore pire que ça ? » déclara Liscia.

« Arg..., » murmurai-je.

Après que Liscia l’avait souligné, j’avais affaissé mes épaules. Puisque ma première tactique ne fonctionnait pas, j’avais essayé d’utiliser une composition basée sur un groupe d’aventuriers telle que celui de Juno, celle avec laquelle j’avais fait des aventures avec le Petit Musashibo, mais... le résultat avait été une misérable défaite.

« Après tout, dans un groupe d’aventuriers, il y aurait un mage, » Aisha avait dit ça sans avoir l’air de trop s’en soucier. « Si ces boucliers avaient été renforcés avec de la magie, j’aurais eu du mal à les percer, et si j’avais eu des sorts lancés sur moi au lieu de flèches, il aurait été plus difficile de répondre face à cela. »

Ce qu’elle avait dit était que cela aurait été plus « difficile » pour elle, plutôt que de ne pouvoir « faire » face à ces choses. Tout cela n’aurait servi qu’à montrer à quel point Aisha était ridiculement puissante.

« Nous pouvons parler de mages autant que vous voulez, mais je ne peux pas utiliser la magie élémentaire ou la magie de renforcement..., » dis-je. Je ne pouvais utiliser aucune magie, donc je ne pouvais pas l’utiliser pour donner un enchantement élémentaire aux armes portées par les poupées que je contrôlais avec les Poltergeists Vivants ou encore être capable de leur faire lancer des sorts de feu ou de glace.

« Peut-être que si j’allais dans une école de magie, ou dans un endroit comme cela afin de m’entraîner, alors pourrais-je apprendre comment le faire ? » demandai-je.

« Non, ce n’est pas possible, » Liscia avait rapidement rejeté mon idée. « Ce que je veux dire par là, c’est que je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un ayant une aptitude en magie noire qui fut capable d’utiliser un autre élément. »

Elle avait ensuite expliqué cela plus en détail. « Les quatre éléments principaux, le feu, l’eau, la terre et le vent, manipulent le magicium se trouvant dans l’atmosphère afin de produire divers phénomènes, et l’élément lumière interfère avec le magicium se trouvant dans le corps afin d’accélérer le processus naturel de guérison ou de permettre de renforcer le corps. L’élément noir n’a aucune sorte de capacité comme ça. Alors... il faut que vous abandonniez cette idée. »

« Il semble donc que je pourrais m’entraîner autant que je le voulais, je ne deviendrais jamais un mage, » dis-je.

Après tout, après que j’eus la chance d’être appelé dans un monde avec de la magie, mais alors... je suis en quelque sorte déçu. J’avais alors fait baisser mes épaules tout en pensant ça.

« Qu’est-ce que vous racontez ? » demanda Liscia avec un regard exaspéré. « Vous savez, l’élément noir n’est pas si commun que ça ! Je n’ai vu jusqu’à maintenant que trois personnes avec cet élément. »

« Trois ? » demandai-je. « En supposant que deux des trois personnes sont Tomoe et moi... Qui est la troisième ? »

« Ma mère. Ou du moins d’après ce que j’ai entendu dire, » répondit Liscia. « Bien qu’elle n’ait jamais voulu me dire quel était son pouvoir. »

Hmm... Dame Elisha peut utiliser la magie noire, Hmm, pensai-je. Dame Elisha est la mère de Liscia. Si je me souviens bien, Dame Elisha était celle qui avait hérité du trône, mais elle est partie en laissant le contrôle du pays à son mari, Sire Albert, n’est-ce pas ? Nous n’avons pas eu beaucoup l’occasion de parler, mais elle sourit toujours et semble être une personne aimable.

« Mais avec les capacités que j’ai, je ne vois aucune possibilité de me défendre..., » dis-je.

« Reposez-vous, Sire ! Je serai toujours là à vos côtés afin de vous défendre ! » déclara Aisha, frappant sa poitrine avec fierté. Alors qu’elle semblait fiable, je commençais à me sentir encore plus pathétique.

« C’est assez misérable pour un héros d’avoir besoin de filles qui le défendent..., » dis-je.

« Que dites-vous après tout ce temps ? » dit Liscia brusquement. « Pour commencer, vous n’avez jamais été un héros. »

Je savais parfaitement qu’elle avait raison... mais ne pourrait-elle pas avec un peu plus de considération pour mes sentiments ? Je pensais qu’elle aurait pu le faire, mais après ça, elle avait dit, « D’ailleurs, le fait de déléguer les tâches que vous ne pouvez pas gérer n’est-elle pas l’une de vos forces, Souma ? Vous nous protégez tous d’une manière que vous seul pouvez faire. » Elle avait souri avec tendresse quand elle déclara la fin.

Aisha acquiesça en signe d’accord. « La princesse a raison ! Sire, vous protégez le pays dans lequel nous vivons tous, alors laissez-nous vous protéger à notre tour ! »

Après qu’elles présentèrent ça ainsi, je me sentais toujours aussi pathétique, mais j’étais un peu heureux. Je pourrais être un roi peu fiable, et seulement un héros de nom, mais j’ai juste besoin de les protéger à ma manière... non, je veux les protéger. Je me sentais ainsi au fond de mon cœur.

« Votre Majesté ! » cria une voix. Puis, je me retournai pour voir Juna en uniforme de marine s’incliner devant moi avec une main posée sur sa poitrine.

« Sire Hakuya vous recherche, » déclara Juna. « Il a dit qu’il souhaite discuter des districts de la ville. »

« D’accord, » dis-je. « J’arrive tout de suite. »

Je m’étais alors levé et j’avais enlevé la terre qui était sur moi. Laissant le nettoyage de la zone aux soldats, j’avais fait venir avec moi Liscia et Aisha jusqu’au bureau des affaires gouvernementales.

Il était maintenant temps pour moi de faire ce que j’étais capable de faire.

***

Au moment où j’étais arrivé au bureau des affaires gouvernementales, Hakuya et le capitaine de la Garde Royale, Ludwin, m’attendaient.

Je m’étais assis à mon bureau, tandis que Liscia, qui avait été ma secrétaire depuis un moment, et Juna, qui faisait la même chose ces derniers temps parce que nous manquions de personnel, se tenaient derrière moi, de chaque côté. Aisha se tenait près de la porte, agissant en tant que garde. Dernièrement, c’était devenu la norme pour nous de travailler avec cette formation.

Une fois que j’avais pu confirmer que tout le monde était prêt, un Hakuya un peu endormi avait exposé une carte des districts de Van qu’il avait préparée. « J’ai terminé ma proposition pour le redécoupage de Van, alors je voulais que vous y jeter un coup d’œil. »

À la demande de Hakuya, j’avais regardé la carte. Les murs carrés de la ville étaient verticaux, tandis que les lignes représentant les routes principales couraient vers le palais princier au centre. Chacune de ces routes principales avait des routes latérales qui partaient avec un angle droit à intervalles réguliers, ce qui lui donnait une grille de carrés, comme un plateau de Go. C’était comme une carte de l’une des anciennes capitales du Japon, Heijo-kyo ou Heian-kyo, que vous pourriez voir dans les manuels d’histoire.

Les résidences des nobles étaient regroupées dans le nord-est, tandis que les ateliers étaient regroupés dans le sud-ouest. Les garnisons pour les gardes avaient été réparties uniformément tout au long, et cela semblait très efficace.

J’étais resté silencieux. Je m’étais penché en arrière sur ma chaise, levant les yeux vers le plafond, puis j’avais soupiré. « ... Hakuya. »

« Oui, Sire, » répondit-il.

« Ceci va trop loin, » dis-je.

En quoi consiste cette mise en page axée sur l’efficacité ? pensai-je.

Ane san rokkaku tako nishiki, je me sentais comme si j’avais besoin de chanter la chanson de la route de Kyoto, ou j’allais me perdre.

En fait, si nous changeons beaucoup trop de choses, il serait plus rapide de brûler toute la ville du château et de repartir de zéro, pensai-je. Essaies-tu de me transformer en Empereur Néron ?

« Je suis désolé, » déclara Hakuya. « Quand j’ai vu le chaos présent dans l’agencement de la ville, j’ai été obligé de le rendre plus efficace... »

Hakuya semblait comprendre ce que je voulais dire par là. Il avait alors souri ironiquement et il pointa du doigt vers les rues principales. « Cependant, en tant que mesure contre les incendies, la ville doit être divisée en districts. Je pense que poser ces routes principales serait une nécessité. »

« Je suis d’accord avec ça, mais, pour tout le reste, j’aimerais que les changements reflètent la volonté des personnes qui vivent ici, » dis-je. « Quel genre de ville veulent-ils faire, comment veulent-ils le rendre plus vivable pour eux ? Je veux que les personnes qui vivent ici pensent à ça. Je veux dire par là que si nous décidons tout nous-mêmes, ils vont probablement y faire opposition. »

« J’ai déjà contacté certains des architectes qui vivent ici, mais... voulez-vous vraiment faire réfléchir les habitants ? » demanda Hakuya avec scepticisme. « Avec l’atmosphère actuelle de la ville, ils sont susceptibles de le transformer en une œuvre d’art avant-gardiste. »

« Une ville artistique, hein... cela pourrait être intéressant à sa manière, » dis-je. Il pourrait aussi être bon d’essayer de construire des galeries d’art et des musées.

... Attends, hein ? Le marché semble déjà se transformer en quelque chose comme Ameyoko. Si je construis un tas de galeries et de musées en plus, j’ai l’impression que Van va se retrouver de plus en plus comme Ueno. Peut-être que je devrais aussi construire un zoo et arrêter pour aujourd’hui.

Si j’empruntais le pouvoir de Tomoe, cela serait facile à accomplir. Je pourrais déjà recréer la Montagne des Singes.

Cependant, Hakuya secoua la tête. « Van sera la ville sur notre ligne de front face à Amidonia. À ce stade, nous ne pouvons pas leur permettre d’avoir trop de chose fantastique présente lors de sa conception. »

« ... Je suppose que non, » dis-je. Car après tout, nous ne pouvons pas compter sur une ville artistique pour être particulièrement défendables.

« Dans ce cas, je suppose que tout en facilitant la vie, nous devrons maintenir la fonction de Van en tant que ville militaire, » dit-il.

« Je suppose que c’est comme ça que ça doit être », dis-je. « S’il vous plaît, faites avancer les choses dans cette direction. »

« Compris, » Hakuya s’inclina et quitta la pièce. Après ça, je m’étais tourné vers Ludwin.

« Comment progresse le déploiement du réseau de transport ? » demandai-je.

« Sire, » dit-il. « L’Armée de Terre et vos forces directement contrôlées dans l’Armée Interdite font tous les efforts pour réaliser cet objectif. Une route pour Van se situant sur territoire du Royaume a déjà été achevée, et nous commençons les travaux des routes vers les petits villages voisins qui sont actuellement sous notre contrôle. Et aussi... nous avons construit huit ponts sur les rivières, mais... »

« Mais quoi ? » le questionnai-je. L’homme semblait évasif.

Ludwin m’avait regardé comme s’il ne comprenait pas ce que je voulais dire. « Sire. À l’heure actuelle, y a-t-il une raison de déployer un réseau de transport jusqu’à Van ? D’accord, je comprends l’importance de la mise en place de routes d’approvisionnement militaires. Cependant, si nous construisons des routes et des ponts vers les villes plus petites se trouvant autour de Van à une époque où l’Empire ne reconnaît pas notre souveraineté ici, cela n’aurait-il pas été inutile quand nous serons poussés à leur rendre ces terres ? »

« C’est vrai... bien sûr, je suis sûr que l’Empire demandera le retour de Van à la Principauté, » déclara Liscia. « Mais c’est un peu exagéré de penser que Julius et sa clique n’utiliseront pas les routes et les ponts que nous construisons. » Elle fronça les sourcils.

« Cela ne sera pas le cas, » Hakuya avait immédiatement rejeté l’opinion de Liscia. « Même si nous retournons Van et que le prince héritier Julius revient ici, il n’utilisera jamais l’infrastructure construite par le royaume. Peu importe ce que c’est, il travaillera afin d’éliminer toute trace de l’influence du royaume dans Van. Il ne peut pas se permettre de les garder par commodité, car il pourrait y avoir un attachement pour le royaume chez le peuple de Van. »

« Pour ma part, j’utiliserais tout ce que je pourrais, Amidonien ou non, » dis-je.

« Hehe. Je suis sûr que vous le feriez, Sire, » Juna déclara ça avec un sourire. « N’avez-vous pas utilisé leur commandant féminin avec la voix rauque en tant que chanteuse ? »

« Oh, vous parlez de Margarita Wonder, » dis-je. « Elle était une bonne trouvaille. »

J’avais initialement embauché Margarita seulement comme chanteuse, mais dernièrement, elle avait aussi organisé les concours de chant amateur. J’avais profité de son courage qui lui avait permis de devenir commandant dans ce pays patriarcal en dépit d’être une femme, et en vue de la façon dont elle parlait franchement, et cela même aux hommes, cela la rendait populaire auprès des femmes partout dans le monde. Oh, j’avais commencé un peu trop à diverger. Bon, oublions Margarita et concentrons-nous pour l’instant sur Julius et ses disciples.

« Je le sais..., » dis-je. « Si c’est ce qui va se passer, alors essayons de jouer un peu avec eux. »

« Jouer avec eux ? » demanda Liscia.

« Nous allons mettre nos noms sur les ponts, » dis-je. « Il y en a bien huit, n’est-ce pas ? Eh bien, nous allons faire sculpter les noms de Pont Souma, Pont Liscia, Pont Albert, Pont Hakuya, Pont Ludwin, Pont Poncho Ishizuka et le Pont Aisha sur leurs rambardes. Si les ponts eux-mêmes disent : “Ce pont a été construit grâce au Royaume d’Elfrieden”, la faction anti-royaume est sûre de les détruire, n’est-ce pas ? »

« Saviez-vous que vous pouviez être un sacré numéro, Souma ? ... » Liscia avait dit avec un soupir, à moitié impressionné, à moitié abasourdi.

Cependant, parce qu’il n’y avait pas d’objection, cette idée avait été réalisée comme je l’avais proposée. Et aussi, pour que cela n’ait pas d’importance s’ils étaient détruits, nous avions confirmé qu’ils ne devaient être construits que pour être robustes, sans aucun aspect artistique.

C’était tout ce qui devait être réglé pour l’instant. Une fois que nous avions vu Ludwin et Hakuya quitter la pièce avec les plans et les politiques que nous venions de décider, Liscia m’avait alors demandé. « Si l’Empire exige que nous retournions Van, pensez-vous toujours qu’il serait difficile de leur refuser ça ? »

Je pouvais seulement hocher la tête en réponse à cette question. « Eh bien, oui... Je n’ai nullement l’intention de changer mon plan d’ensemble, mais je ne peux pas nous voir forcer la main à Madame Jeanne. Ce serait une énorme perte pour l’image de l’Empire. Nous n’avons pas le pouvoir de nous battre avec eux maintenant, donc si l’Empire nous voit comme hostiles, ce serait un échec diplomatique. »

« N’avez-vous pas dit que vous avez rencontré Jeanne Euphoria ? » demanda Liscia. « Est-ce vrai que l’invocation du héros était leur manière de montrer quelques considérations envers notre pays ? »

J’avais alors dit. « Oui, c’est bien ça. »

« Quand vous êtes-vous rendu compte de ça ? » demanda-t-elle.

« Quand j’ai entendu que l’Impératrice Maria était surnommée la Sainte, » dis-je. « Je pensais que quiconque étant considérée comme une sainte ne ferait jamais quelque chose de trop malsain. Cela dit, d’après ce que Madame Jeanne m’a dit, Madame Maria n’aime pas trop avoir ce titre. »

« Avez-vous fait confiance à ce titre ? » demanda Liscia.

« Les personnes adoptent des titres parce qu’ils sont commodes, » dis-je. « Et parce qu’ils sont bien commodes, ils essaieront aussi de les maintenir. »

Dans une nation comme l’Empire qui couvrait une vaste étendue de territoire et incorporait de nombreuses personnes de diverses origines raciales et culturelles, un titre comme « sainte » devait être utile pour accumuler du pouvoir. Parce qu’après tout, cela lui avait permis de hisser le drapeau d’une résistance humaine unie en réponse à la menace du Domaine du Seigneur-Démon. C’est pourquoi Maria avait choisi d’agir comme une sainte, continuant à porter un titre dont elle ne se souciait pas.

« En interprétant la demande de l’Empire sous un jour positif, et en tenant compte de tout cela, cela serait probablement quelque chose comme ça... Voilà ce que je pensais, » dis-je.

C’était quelque chose que je n’étais pas sûr avant d’avoir parlé à Jeanne. Mais après avoir parlé à Jeanne, j’étais certain de ça.

L’Empire Gran Chaos n’était pas un empire maléfique, comme ceux qui apparaissent dans les histoires, ou même une superpuissance orgueilleuse. Il était juste un autre puissant pays, essayant désespérément de se maintenir à flot.

« Voilà pourquoi nous ne pouvons pas baisser nos gardes, » dis-je. « Face à un adversaire sérieux, il n’y a pas de place pour la négligence ou la fierté. »

« C’est vrai, » répondit Liscia. « Nous devons faire face à cela avec résolution. »

Liscia et moi avions tous deux hoché la tête, tout en ayant des regards graves.

Cela sera demain que Jeanne Euphoria viendrait, accompagnant Julius, prince héritier d’Amidonia, en tant qu’émissaire pour négocier le retour de leur territoire.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

  2. Merci pour le chapitre.

  3. Merci pour le chapitre

  4. Merci pour le chapitre.
    P.S :
    Tableau d'un harem lambda :
    Des belles femmes autour du roi illustrant ainsi de sa puissance dans une chambre luxueuse.
    Tableau d'un harem selon Kazuya :
    Des belles femmes et un homme essayant désespérément de se battre devant la montagne de paperasse devant eux.
    Qui est d'accord avec moi ?

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